Vu de la place Victor Hugo - Page 9

  • Epicure, Lettre à Ménécée et autres textes. Gallimard, folio.

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    Epicure, Lettre à Ménécée et autres textes. Gallimard, folio.

    S’il est un philosophe grec sur lequel tant d’idées fausses et de rumeurs infondées ont circulé, c’est bien Epicure. Même le substantif ou l’épithète qui en est dérivé, épicurien, a subi bien des contresens puisqu’on a prêté à Epicure l’intention de promouvoir absolument les plaisirs de toute nature alors qu’en réalité il ne cesse de mettre en garde contre l’asservissement de l’homme à des plaisirs qui, s’ils venaient un jour à lui manquer, deviendraient une source inépuisable de tourments. C’est quand l’absence du plaisir nous cause de la douleur que nous avons besoin du plaisir : nous n’avons plus besoin du plaisir…

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  • Adrien Louis, Les meilleurs n’auront pas le pouvoir. Une enquête à partir d’Aristote, Pascal et Tocqueville (PUF)

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    Adrien Louis, Les meilleurs n’auront pas le pouvoir. Une enquête à partir d’Aristote, Pascal et Tocqueville (PUF)

    Voici un sujet ou une problématique qui se situe au cœur de nos préoccupations politiques actuelles. Que vaut la méritocratie ? A-t-elle le vent en poupe ? Faut-il récompenser la distinction, l’éminence, en un mot l’aristocratie dans tous les domaines, politique, économique, littéraire et philosophique ? Les réponses ne sont pas univoques. Car souvent, l’idéologie empêche même de poser cette question, là où l’on veut que le plus grand nombre, qui est rarement la somme de toutes compétences et de toutes les qualités, dicte sa loi au nom de la sacro-sainte règle de la démocratie.

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  • Christiana Figueres et Tom Rivet-Carnac ; Inventons notre avenir (Albin Michel)

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    Christiana Figueres et Tom Rivet-Carnac ; Inventons notre avenir (Albin Michel)

    Ce livre ou plutôt ce catalogue se veut un grand cri d’alarme, lancé par deux personnalités qui prennent très à cœur le changement climatique et l’avenir, largement compromis, selon eux, de notre planète. Le lecteur gentil comme moi ne comprendra pas cette véhémence qui éloigne plus qu’elle n’attire. Mais quand on défend une cause, de manière intelligente, il faut prendre à cœur de ne pas exaspérer ou menacer des pires sanctions d’éventuels lecteurs qui préféreront attendre tranquillement chez eux l’apocalypse qui va s’abattre sur eux et condamner l’humanité à une mort quasi certaine. Puisqu’on ne peut plus rien faire ; alors que si on y va prudemment, on pourrait alors vraiment inventer avenir…

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  • Isaac Babel, Mes premiers honoraires (Gallimard)

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    Isaac Babel, Mes premiers honoraires (Gallimard)

    Mais qui se souvient aujourd’hui du nom d’Isaac Babel, écrivain natif de Russie en 1894 ? Issu d’une famille juive, il se rallie à la révolution bolchevique et rejoint même l’Armée Rouge. Malheureusement, il est arrêté et incarcéré à la suite d’une dénonciation calomnieuse . Critique du système stalinien qui se met en place pour succéder à Lénine, il est fusillé en 1940. Dès lors, une chape de plomb ou un silence de mort s’abat sur lui et sur son œuvre. Mais en 1957 il a droit à une réhabilitation, comme tant d’autres grands écrivains russes tombés en disgrâce du temps du stalinisme.

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  • Les tout premiers pas de la nouvelle administration américaine…

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    Les tout premiers pas de la nouvelle administration américaine…

    Le monde entier scrute la moindre disposition du président Joe Biden, certains pour s’en féliciter (et ils sont les moins nombreux) d’autres pour s’en féliciter (et ils se comptent sur les doigts d’une seule main). Le nouveau président US, un vieux de la vieille qui traîne dans les couloirs du capitole depuis plusieurs décennies, accède enfin au tout premier plan alors que jusqu’ici il était confiné aux seconds rôles. Aujourd’hui, il est contraint de se soumettre à la loi d’airain du réel, du concret et du vivant. Il est obligé de constater que l’anti-trumpisme qu’il a cru pouvoir pratiquer et lui servir de politique, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, butte contre ses limites. On peut tout faire avec du ressentiment, sauf une politique. C’est le niveau le plus élémentaire de la science politique

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  • oëlle Desjardins-Simon et Sylvie Debras, Les verrous inconscients de la fécondité (Albin Michel)

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    Joëlle Desjardins-Simon et Sylvie Debras, Les verrous in inconscients de la fécondité (Albin Michel)

    C’est un sujet très sensible qui est traité ici d’une manière sobre et claire, compréhensible par tous : l’engendrement, la perpétuation de notre espèce, l’attitude à adopter quand on se veut un couple procréateur mais qui doit consulter, faute d’une grossesse spontanée et normale.. Et surtout lorsqu’il existe un problème difficilement décelable dont il fut chercher les racines, parfois même dans notre inconscient. Des différences ténues mais indispensables sont à observer, même quand on ne s’en rend pas compte, entre vouloir un enfant et désirer un enfant Et la lecture de ce petit ouvrage m’a conduit à réfléchir sur les difficultés de l’engendrement rencontrées dans le livre des libres, la Bible. Certes, l’auteur ne se risque pas sur ce terrain là, mais je préfère l’aborder ici.

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  • Pierre Nora, Jeunesse (Gallimard)

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    Pierre Nora, Jeunesse (Gallimard)

    La publication des Mémoires d’un homme comme Pierre Nora est forcément un événement. C’est incontestablement un beau livre qui touchera tous ses lecteurs. Voici des souvenirs d’enfance et de jeunesse (mais pas uniquement) qui font partie de notre histoire et qui sont vécus par un homme dont l’action, depuis des décennies, a été de se confronter à l’histoire, et d’écrire l’histoire. Or, dans ce type d’exercice, c’est l’histoire qui se confronte à la mémoire, nécessairement sélective, modificatrice et parfois arrangée.

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  • Patrice Quélard, Place aux immortels (Plon) (Prix de la gendarmrie nationale)

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    Patrice Quélard, Place aux immortels (Plon) (Prix de la gendarmerie nationale)

    On apprend à tout âge ! J’ignorai jusqu’à l’existence de ce prix institué pour la gloire de la gendarmerie nationale. Et c’est la première fois que ce prix est décerné. Il dispose d’un jury composé de personnalités du monde littéraire ou académique en général, et est présidé par un général, le directeur général de toute la gendarmerie nationale. Pour ma part, je me félicite d’un tel prix qui humanise le métier de gendarme et révèle aussi, par la même occasion, tout ce qu’on lui doit. Le prix justement couronne toute œuvre littéraire qui accorde à ce corps militaire un rôle primordial.

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  • Longue vie à notre cher site francophone, JFORUM.

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    Longue vie à notre cher site francophone, JFORUM.

    Chères lectrices, chers lecteurs, Je prends exceptionnellement la parole, aujourd’hui, car cela fait un peu plus d’une décennie que j’ai l’honneur d’être lu et commenté par vous, presque chaque jour que Dieu fait.

    Et aujourd’hui, je remercie la Providence de m’avoir permis d’écrire mille papiers Sur toutes sortes de sujets, et notamment historiques, politiques, philosophiques et culturels.

    J’ai aussi l’agréable devoir de remercier M. Moshé COHEN-SABAN, président-fondateur, mon grand ami depuis près de vingt-cinq ans. Durant tout ce temps, nous avons fonctionné dans la plus grande harmonie, sans la moindre dissonance. Je rends aussi hommage à tous les collaborateurs de la rédaction et à tous les contributeurs. Grâce à vous tous, JFORUM s’est imposé comme l’incontournable médium francophone à la fois pour la communauté mais aussi ,bien au-delà. Que ce soit en Israël ou en Europe, à Paris évidemment, mais aussi à Bruxelles, à Madrid, en Suisse et en Belgique, JFORUM est visité régulièrement. Techniquement, il s’est modernisé et gagne chaque jour de nouvelles recrues.

    Ce millième papier représente beaucoup pour moi en tant qu’auteur et lecteur de ce site. J’y apprends tant de choses. Depuis sa naissance, JFORUM s’est beaucoup amélioré, développé, a conquis de nouveaux marchés et un lectorat plus diversifié. On y trouve des papiers sur tous les sujets culturels et politiques, nationaux et internationaux, communautaires et extra communautaires. Des ouvrages de philosophie et d’histoire des idées, parus en langue allemande, sont recensés ici, avant même d’être traduits par des maisons d’éditions françaises. C’est un plus qui est appréciable et ce n’est pas le seul...

    Ayant accompagné, comme tant d’autres, cette magnifique aventure depuis le début, je remercie une nouvelle fois M. Moshé COHEN-SABAN de me permettre de marquer ce millième papier d’une pierre blanche. La qualité des contributions est un gage solide pour l’avenir. Mais cet avenir justement est entre vos mains : il faut donc soutenir ce site par tous les moyens, et en tout premier lieu par votre fidélité.

    Longue vie à JFORUM

    M-R.H.

     

     

  • Les Juifs, une tache aveugle dans le récit national (Albin Michel) (sous la direction de Paul Salmona et Claire Soussen)

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    Les Juifs, une tache aveugle dans le récit national (Albin Michel) (sous la direction de Paul Salmona et Claire Soussen)

    Derrière cette expression un peu mystérieuse «une tache aveugle» se cache la non- perception, l’occultation plus ou moins volontaire d’un fait historique avéré. Ici, il s’agit de l’absence d’une référence à la présence juive dans le récit national français. En gros, l’historiographie française a fait l’impasse sur la présence juive en France au fil des siècles. Comment faut il le prendre, comment interpréter cette occultation et quelles en furent les noires ( ?) arrière-pensées ? C’est l’objet de ce remarquable ouvrage.

    Voulait-on éradiquer, historiquement parlant, cet héritage juif qui plonge ses racines profondément dans l’humus national ou s’agit-il simplement d’une ignorance, voire d’un désintérêt ?

    J’ai commencé par lire avec attention l’éclairante introduction de Paul Salmona qui cite quelques cas flagrants d’oubli volontaire ou involontaire, notamment chez quelques grandes figures de l’historiographie française contemporaine. Il cite le cas d’un livre de Georges Duby qui vient d’être réédité, Guerriers et paysans, chez Gallimard et dont j’ai rendu compte dans la Tribune de Genève… Cette absence de presque toute référence à la présence juive, et donc à l’appartenance des communautés juives à la grande communauté nationale, m’avait frappé ; toutefois, je n’ai pas osé le signaler dans mon compte rendu… D’un autre côté, il faut aussi reconnaître que lorsque Duby rédigeait son important ouvrage, le niveau des études juives dans l’Hexagone était loin d’être celui d’aujourd’hui… Le nombre de chaires universitaires dévolues aux études juives est aujourd’hui assez considérable. Cela n’a pas toujours été le cas… On peut croire qu’il n’avait pas d’éléments ou d’ouvrages sur lesquels il aurait pu s’appuyer pour en faire état.

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