Vu de la place Victor Hugo - Page 7

  • Les leçons du 9 Av : de l’acte de contrition à l’acte de résilience…     Analyse doctrinale du rouleau des Lamentations

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    Les leçons du 9 Av : de l’acte de contrition à l’acte de résilience…

        Analyse doctrinale du rouleau des Lamentations

     

    La lecture, de rigueur en cet été qui tarde à s’installer durablement, du rouleau des Lamentations (dit en hébreu meguillat Qinot) conduit à s’interroger sur ce qui fait l’originalité ou l’authenticité du peuple d’Israël, un peuple dont l’existence dans ses  moindres détails,  a toujours été coextensive à celle de Dieu lui-même. Ce qui explique que l’inconduite de ce peuple, si souvent renouvelée au cours de son histoire mouvementée, voire tragique, ait provoqué l’ire divine de manière absolue.

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  • Martin Heidegger, Réflexions XII-XV. Cahiers noirs ‘#939-1941) Gallimard (IV)

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    Martin Heidegger, Réflexions XII-XV. Cahiers noirs ‘#939-1941) Gallimard (IV)

     

    Je poursuis la lecture attentive de ce si riche volume des Cahiers noirs, où Heidegger a désormais choisi d’exprimer sa pensée sous une forme qui tourne le dos à celle du traité et   de la thématisation, comme il l’annonce lui-même. On sent, en cette fin de volume, une forte volonté de se confronter avec les auteurs allemands classiques. Mais la palme des citations revient sans conteste à Hölderlin (le meilleur des Allemands), à Nietzsche et parfois aussi à Herder et Kant. On trouve un passage assez long où l’auteur marque ses réserves face à certains aspects (surtout chrétiens) de la pensée de Sören Kierkegaard…

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  • Martin Heidegger, Cahiers noirs (volume 3) Années 1939-1941. Réflexions XII-_XV (III)

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    Martin Heidegger, Cahiers noirs (volume 3) Années 1939-1941. Réflexions XII-_XV (III)

    Je poursuis mes glanes dans ce riche volume des Cahiers noirs de Heidegger. Dans le paragraphe §27 je découvre une intéressante remarque concernant le sens du message qu’un penseur ou un poète adresse à quelqu’un, l’auteur recommande de vérifier d’abord à quel genre de public le dictum en question est adressé. Plusieurs possibilités s’offrent alors à nous.

    Voici un passage de ce paragraphe : Quand on demande ce qu’est au fond, ce qu’ un penseur, un poète dit, il faut du même coup e en priorité se demander qui est celui à qui il a à dire quelque chose. Peut-être n’a- t-on à faire qu’à un importun arborant le masque de l’humilité qui, avant même de proprement entendre, a déjà transformé fallacieusement tout ce qui est dit en quelque chose de tel qu’on n’ai plus à l’utiliser pour enjoliver, enrichir ou dissimuler sous un voile une vérité dont on s’est déjà assuré. Mais celui qui pose la question pourrait aussi bien être quelqu’un qui écoute, prêt à se jeter en personne et de tout son être, dans ce qui fait de ce qui est dit quelque chose de digne de question et à devenir soi-même un questionnant…

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  • Martin Heidegger, Cahiers noirs (volume 3) Années 1939-1941. Réflexions XII-_XV (II)

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    Martin Heidegger, Cahiers noirs (volume 3) Années 1939-1941. Réflexions XII-_XV (II)

    Je poursuis la lecture attentive de ce volume des Cahiers noirs allant de 1939 à 1941. Il est des passages où le philosophe ne peut que faire allusion à ce qui se passe autour de lui, ou non loin de lui, sur de grands théâtres d’opérations militaires. Et cela l’incite à s’interroger comme il le fait dans ce paragraphe § 9 : La victoire sur l’ennemi ne prouve pas encore que la vainqueur est dans son droit. Mais cette vérité n’est déjà plus d’aucun effet, lorsque le droit est interprété non seulement comme ce que la victoire confirme et renforce, mais bien et avant tout, comme ce qu’elle pose et constitue : le droit est alors la puissance du vainqueur, la puissance de la surpuissance.

    De si ombreuses considérations ne peuvent provenir que de graves dysfonctionnement à un niveau très élevé, peut-être même au niveau d’une guerre ravageant tout le continent européen. C’est qu’on est en 1939 : le liquidation de la Tchéquie, de la Pologne et l’invasion de la Belgique et de la France ne remontent pas à un loin passé mais sont d’une actualité brûlante.

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  • Martin Heidegger, Cahier noirs (volume 3) Années 1939-1941. Réflexions XII-_XV (I)

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    Martin Heidegger, Cahier noirs (volume 3) Années 1939-1941. Réflexions XII-_XV (I)

    Inépuisable Heidegger. Je ne compte plus les recensions de livres qu’on lui doit ou qui lui sont consacrés. Dans ce tout nouveau volume, j’ai lu attentivement la très éclairante préface du traducteur. J’en profite pour le féliciter de la qualité de son travail. Et des conseils judicieux qu’il donne pour appréhender le mieux possible la pensée de ce philosophe qui a révolutionné le penser philosophique. Il montre tout d’abord la nature des chemins ou des passerelles que l’auteur de Sein und Zeit emprunte pour déployer sa pensée. Réflexions (Überlegungen) Pensées (Gedachtes) etc…

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  • Oscar Wilde, Le protrait de Dorian Gray (Gallimard, édition bilingue)

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    Oscar Wilde, Le protrait de Dorian Gray (Gallimard, édition bilingue)

    Voici un classique de la littérature européenne qui fit couler beaucoup d’encre en son temps et valut quelques graves déconvenues à son auteur, sans le contraindre à abandonner ce à quoi il a cru sa vie durant. Certes, nous ne sommes plus dans l’ambiance victorienne dont l’auteur dénonçait les hypocrisies, la double morale et le système social. Ce n’est plus la même époque, et bien que l’homosexualité figure constamment à l’arrière-plan de tout ce qui arrivé aux différents héros, on a appris à y voir aussi autre chose, par exemple la critique des relations humaines, leur dégradation, l’existence d’une ploutocratie et d’une aristocratie oisive, bref une société stratifiée qui n’existe plus nulle part… Et plus, tout en arborant fièrement ses opinions largement iconoclastes, notre homme a tout de même eu recours à un confesseur catholique avant le grand départ pour un un monde meilleur ?

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  • Eva Gruberova & Helmut Zeller, Diagnostic de la haine antijuive (Judenhass) Munich, Beck Verlag, 2021

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    Eva Gruberova & Helmut Zeller, Diagnostic de la haine antijuive (Judenhass) Munich, Beck Verlag, 2021

    Les deux auteurs se penchent sur le retour d’une maladie si typiquement allemande selon eux, la haine antijuive. Après avoir sillonné tout le pays germanique, et être allé jusqu’à Vienne, les deux auteurs en concluent que l’affirmation d’une existence juive normale en Allemagne relève d’un wishful thinking, une vue de l’esprit. On est encore très loin de la normalité. Car, précisent-ils, pour pouvoir vivre sur le sol allemand, les juifs doivent prendre de sévères mesures de sécurité et être toujours sur le qui-vive… En une phrase, les institutions juives et les individus juifs doivent être constamment protégés afin de parer aux menaces pesant sur eux, du seul fait de leur dénomination religieuse. Les auteurs soulignent aussi que cet antisémitisme est enraciné dans l’esprit des classes moyennes, auquel est venu s’allier une haine antijuive émanant de migrants et de réfugiés arabo-musulmans nouvellement installés au bord du Rhin

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  • Andrée Viollis, Criquet, Gallimard (1934, 2021)

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    Andrée Viollis, Criquet, Gallimard (1934, 2021)

    Andrée Viollis est le nom de plume d’une écrivaine-journaliste (1870-1950), aussi célèbre dans l’entre-deux-guerres qu’Albert Londres. Elle fut aussi très appréciée pour ses grands reportages autant que pour sa défense de la condition féminine. C’est d’ailleurs le sujet du présent roman que les éditions Gallimard ont décidé de rééditer. J’avoue avoir reçu le livre spontanément, sans l’avoir demandé, me méfiant naturellement ou presque de ce genre de militantisme féministe. Mais le livre se laisse lire, offre un dénouement acceptable, son autrice sachant ne pas dépasser la mesure, tout en se faisant l’adepte convaincue d’une certaine cause qui se résumerait ainsi : votre genre peut être différent de votre sexe. Et votre statut de femme ne doit pas un handicap. En gros, cette personne, devenue Criquet, naquit fille alors qu’elle a toujours rêvé d’être un garçon. Jadis, on jetait sur cette question le manteau de Noé en disant : mais c’est un vrai garçon manqué… C’était bien plus grave que cela puisqu’aujourd’hui (je viens de l’entendre sur France-Inter) il suffit, en Espagne, de faire une simple demande administrative pour changer de genre. En l’occurrence, si Criquet ressuscitait, elle n’endurerait pas le même calvaire qui fut le sien à l’époque.

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  • Cervantès, Cortazar Fuentes, Marias. Nouvelles en espagnol (Gallimard)

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    Cervantès, Cortazar Fuentes, Marias. Nouvelles en espagnol (Gallimard)

    Ce fut une bonne idée éditoriale de réunir en un même volume et dans une édition bilingue ces quelques nouvelles rédigées par différents auteurs hispanophone, depuis l’époque médiévale jusqu’à nos jours. Elles nous introduisent dans des mondes oubliés avec des mœurs si différentes des nôtres actuellement.

    J’ai bien apprécié la première nouvelle écrite par Cervantès et publiée en 1613 sous le titre Le poids du sang. Je ne résiste pas à la tentation de la résumer à grands traits ici et à en décrypter le message profond d’un monde où la pression sociale, les interdits religieux, bref les pesanteurs sociologiques emprisonnaient l’individu (et surtout les femmes) dans un terrible carcan. Mais cette nouvelle a aussi un message en sous-texte : il existe une Providence qui confie à d’humaines mains le soin de remettre les choses à leur place, revient sur des injustices commises et jamais réparées et célèbre la foi, quoiqu’il arrive, en un ordre éthique universel. Enfin, l’amour rédempteur y joue un grand rôle. Ce dernier élément est la colonne vertébrale de la nouvelle.

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  • ean-Jacques Rousseau sur la religion. Anthologie présentée et commentée par Alfred Dufoiur (Le Cerf, 2021)

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    Jean-Jacques Rousseau sur la religion. Anthologie présentée et commentée par Alfred Dufoiur (Le Cerf, 2021)

    Avec le présent volume, d’une érudition écrasante mais digeste pour le lecteur attentif ,nous tenons enfin une contribution de qualité, et peut-être même définitive concernant la foi de Jean-Jacques Rousseau, le célèbre Citoyen de Genève (1712-1778) dont les nombreux écrits bouleversèrent le mode de pensée de l’Europe et donc du monde civilisé.

    Je trouve cette anthologie particulièrement bien inspirée et bien réalisée, notamment par sa mise en exergue de passages, plus ou moins longs, plus ou moins univoques, qui résument la pensée théologique ou simplement religieuse de l’auteur. Je commence par citer la toute première : J’ai cru dans mon enfance par autorité, dans ma jeunesse par sentiment, dans mon âge mûr par raison, maintenant je crois parce que j’ai toujours cru/… J’étais croyant, j’ai toujours cru.

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