Vu de la place Victor Hugo - Page 5

  •  Pour la pérennité  de Sion et de Jérusalem

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    Réflexions autour du jeûne du 9 av

    Cette phrase qui me sert de titre m’a été soufflée par un éminent collègue suisse qui a marqué de son bel enseignement les études juives de ce XXe siècle, si dur et si dramatique pour les juifs du continent européen. Sion et Jérusalem, voiles deux noms qui marquent notre défaite dans l’Histoire mais aussi les symboles de notre renouveau.

    Il est rare que je m’implique à la place d’une recherche historique mais dans ce cas précis, c’est le souvenir que nous commémorons et qui a défini, deux millénaires durant, notre vie ou plutôt notre survie.

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  • Phlip Roth II? Les faits

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    Pjilip Roth, Les faits (II)

     

    Dans cette seconde partie de la recension du livre-confessions de Roth, je voudrais mettre l’accent sur sa relation à la mère er aussi à l’insertion dans la société américaine qui commence toujours, dans nos sociétés évoluées, par le choix d’une université afin de devenir diplômé de l’enseignement supérieur. Roth n’a pas échappé à cette obligation ni dérogé à cette règle. ET c’est ainsi que nous retrouvons le judaïsme au cœur même des débats. J’y fait déjà allusion précédemment mais dans ce chapitre qui est l’un des plus longs du livre, on ne parle que de cela.

     

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  • Jean-François Faü, Conversions des tribus juives au christianisme puis à l’islam ((VII-XIV siècles) (Geuthner

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    Jean-François Faü, Conversions des tribus juives au christianisme puis à l’islam ((VII-XIV siècles) (Geuthner)

    En déposant sur le bureau ce sympathique ouvrage, d’une érudition écrasante mais parfaitement lisible et abordable, je me suis souvenu d’une ou plutôt de deux phrases glanées dans les œuvres d’Ernest Renan, ce grand philosophe-historien français qui avait une approche parfois un peu enthousiaste mais toujours très lumineuse de la dimension historique des événements… Parlant de la situation des juifs dans un univers oriental devenu islamique, il écrivit tranquillement qu’Israël était une tribu arabe (mais pas musulmane) parmi d’autres, et surtout ceci : il ne tne tint qu’à un fil que l’Arabie ne devînt juive… Et la lecture du présent ouvrage m’a démontré combien Renan avait vu juste.

     

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  • Philip Roth. Les faits. Autobiographie d’un romancier. I  (Gallimard)

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    Ce grand auteur américain, d’origine juive,n nous  quittés récemment en 2018 et avait cessé d’écrire six ans avant sa mort. C’est dire combien ce texte est important pour mieux le connaître et apprécier son œuvre. Je dirai d’emblée ici, moi qui avait recensé dans ces colonnes son fameux Good Bye Columbus, que ses démêlés avec certains dirigeants de la communauté juive des USA, ont quelque peu terni son image. Ce n’est pas le lieu de dire qui a eu tort et qui a eu raison, ce qui saute aux, c’est qu’une bonne partie des mérites littéraires de Roth ont été éclipsés par cette terrible polémique. Il est vrai que l’homme a eu une relations peu harmonieuse avec son entourage et l’environnement dans lequel il est né. On a l »impression que parfois il revendique cette capiteuse appartenance juive et d’autres fois qu’il rêve de s’en débarrasser. Cela me fait penser à un célèbre précédent au XIXe siècle en Allemagne : un poète judéo-allemand avait pris pour nom de plume Ludxig Börne afin de mieux passer dans la haute bourgeoisie allemande, et voici ce qu’il dit  au sujet du regard posé sur lui :  certains m’envient d’être juif, d’autres plaignent de l’être, d’autres enfin n’en parlent jamais, mais aucun, je dis bien aucun, ne veut l’oublier…

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  • Les communautés juives en terre d'islam

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    Les communautés juives en terre d’islam, hier et aujourd’hui. Quelques réflexions…*

     

    Ernest Renan, le meilleur titulaire de la chaire d’hébreu et d’araméen que le Collège de France ait jamais eu, ce savant sémitisant passé dans la postérité comme le grand philosophe historien du XIXe siècle français, a souligné dans son Histoire d’Israël (en se servant bien de l’œuvre éponyme de Heinrich Ewald), que cette même histoire d’Israël était à nulle pareille. Et pour quelle raison? Parce que la divinité du Sinaï y occupe une place prépondérante et y joue le principal rôle. Cette caractéristique est si prégnante que l’on en vient à se demander si ce peuple a une histoire normale ou simplement un douloureux destin qui pèse sur ses épaules. Ce peuple a fait au reste de l’humanité un double apostolat: le messianisme et le monothéisme éthique, deux valeurs reprises par le christianisme qui en fit des vérités de portée universelle...

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  • La comédie du pouvoir : réflexions (désabusées) sur l’exercice du pouvoir…

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    La comédie du pouvoir : réflexions (désabusées) sur l’exercice du pouvoir…

    Depuis plusieurs mois, je me suis abstenu volontairement de jeter le moindre regard sur ce qui se passe autour de soi, au plan politique. Car les nouvelles étaient désespérantes. Les gilets jaunes, les soubresauts concernant la réforme des retraites, l’état pré insurrectionnel du pays , la crise dite indigéniste, les violences policières ou présumée telles, bref aucun coin de ciel bleu dans le paysage politique. Et les Français qui se livrent, sans la moindre retenue, à leur sport national préféré : râler, exprimer leur mécontentement alors qu’ils vivent dans un véritable pays de Cocagne. Mais il ne faut pas incriminer les citoyens car il ne dépend pas d’eux seuls que le pays soit mieux gouverné. Cette tâche incombe au personnel politique, aux élites, aux élus, lesquels oublient souvent leurs promesses une fois que leur élection a été assurée. Comment faire pour remédier a ce déséquilibre, à l’Hy bris ?

    Il existe un écart qui se transforme en gouffre entre, d’une part l’aile libérale montante et l’état de la société, d’autre part, laquelle ne chemine pas nécessairement pas vers le progrès mais tend à conserver les acquis. Dans chaque société il y un divorce entre le philosophe et l’homme politique : nous ne sommes plus dans cette belle république platonicienne où le chef de l’Etat était aussi un philosophe, à la recherche la Vérité.

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  • HAYOUN, M-R. REgrad de la Tradition juive sur le monde, Genève, Slatkine, 2020

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    La Collection Les Architectes de la Sagesse est fière de publier Regard de la Tradition juive sur le Monde. Cet ouvrage est né de la plume de l’un des grands philosophes et historiens de la pensée juive contemporaine, le professeur Maurice-Ruben Hayoun. De nationalité française, né en 1951 dans la ville marocaine d’Agadir, il fut professeur des universités à Strasbourg, Bâle, Heidelberg et chargé de cours au Département de philosophie de l'Université de Genève.

    Spécialiste de la philosophie juive en général et de la philosophie juive médiévale en particulier, ce professeur l’est également de la pensée judéo-allemande moderne (de Moïse Mendelssohn à Gershom Scholem) et de la philosophie arabo-musulmane de l'Age d'Or (Averroès, Ibn Badja, Avicenne).

    Le judaïsme n'est pas seulement une religion, c'est aussi une culture, écrit Maurice-Ruben Hayoun dans le livre que vous tenez en main. Et cette culture ne cesse d’irriguer les autres. Sans elle, chaque Européen, quelle que soit sa religion ou ses conceptions philosophiques, serait amputé d’une part essentielle de son identité.

    L’étude est le mot-clef dans le judaïsme. L’humain est ainsi mis en tension pour qu’il s’efforce de comprendre ce qui lui paraît incompréhensible, d’appréhender ce qui le dépasse, de saisir ce qui lui échappe. D’interroger encore et toujours.

    Saisir le regard du judaïsme sur le monde conduit à se forger ses propres outils pour travailler à l’amélioration de nous-mêmes et de la société. En ce sens, le professeur Hayoun est l’un de ces Architectes de la Sagesse qui nous peuvent nous permettre de mieux habiter cette planète en pleine tourmente.

     

    Jean-Noël Cuénod

    Directeur de la collection Les Architectes de la Sagesse

     

     

     

     

     

    La Collection Les Architectes de la Sagesse est fière de publier Regard de la Tradition juive sur le Monde. Cet ouvrage est né de la plume de l’un des grands philosophes et historiens de la pensée juive contemporaine, le professeur Maurice-Ruben Hayoun. De nationalité française, né en 1951 dans la ville marocaine d’Agadir, il fut professeur des universités à Strasbourg, Bâle, Heidelberg et chargé de cours au Département de philosophie de l'Université de Genève.

    Spécialiste de la philosophie juive en général et de la philosophie juive médiévale en particulier, ce professeur l’est également de la pensée judéo-allemande moderne (de Moïse Mendelssohn à Gershom Scholem) et de la philosophie arabo-musulmane de l'Age d'Or (Averroès, Ibn Badja, Avicenne).

    Le judaïsme n'est pas seulement une religion, c'est aussi une culture, écrit Maurice-Ruben Hayoun dans le livre que vous tenez en main. Et cette culture ne cesse d’irriguer les autres. Sans elle, chaque Européen, quelle que soit sa religion ou ses conceptions philosophiques, serait amputé d’une part essentielle de son identité.

    L’étude est le mot-clef dans le judaïsme. L’humain est ainsi mis en tension pour qu’il s’efforce de comprendre ce qui lui paraît incompréhensible, d’appréhender ce qui le dépasse, de saisir ce qui lui échappe. D’interroger encore et toujours.

    Saisir le regard du judaïsme sur le monde conduit à se forger ses propres outils pour travailler à l’amélioration de nous-mêmes et de la société. En ce sens, le professeur Hayoun est l’un de ces Architectes de la Sagesse qui nous peuvent nous permettre de mieux habiter cette planète en pleine tourmente.

     

    Jean-Noël Cuénod

    Directeur de la collection Les Architectes de la Sagesse

     

     

    La Collection Les Architectes de la Sagesse est fière de publier Regard de la Tradition juive sur le Monde. Cet ouvrage est né de la plume de l’un des grands philosophes et historiens de la pensée juive contemporaine, le professeur Maurice-Ruben Hayoun. De nationalité française, né en 1951 dans la ville marocaine d’Agadir, il fut professeur des universités à Strasbourg, Bâle, Heidelberg et chargé de cours au Département de philosophie de l'Université de Genève.

    Spécialiste de la philosophie juive en général et de la philosophie juive médiévale en particulier, ce professeur l’est également de la pensée judéo-allemande moderne (de Moïse Mendelssohn à Gershom Scholem) et de la philosophie arabo-musulmane de l'Age d'Or (Averroès, Ibn Badja, Avicenne).

    Le judaïsme n'est pas seulement une religion, c'est aussi une culture, écrit Maurice-Ruben Hayoun dans le livre que vous tenez en main. Et cette culture ne cesse d’irriguer les autres. Sans elle, chaque Européen, quelle que soit sa religion ou ses conceptions philosophiques, serait amputé d’une part essentielle de son identité.

    L’étude est le mot-clef dans le judaïsme. L’humain est ainsi mis en tension pour qu’il s’efforce de comprendre ce qui lui paraît incompréhensible, d’appréhender ce qui le dépasse, de saisir ce qui lui échappe. D’interroger encore et toujours.

    Saisir le regard du judaïsme sur le monde conduit à se forger ses propres outils pour travailler à l’amélioration de nous-mêmes et de la société. En ce sens, le professeur Hayoun est l’un de ces Architectes de la Sagesse qui nous peuvent nous permettre de mieux habiter cette planète en pleine tourmente.

     

    Jean-Noël Cuénod

    Directeur de la collection Les Architectes de la Sagesse

     

     

     

     

     

    La Collection Les Architectes de la Sagesse est fière de publier Regard de la Tradition juive sur le Monde. Cet ouvrage est né de la plume de l’un des grands philosophes et historiens de la pensée juive contemporaine, le professeur Maurice-Ruben Hayoun. De nationalité française, né en 1951 dans la ville marocaine d’Agadir, il fut professeur des universités à Strasbourg, Bâle, Heidelberg et chargé de cours au Département de philosophie de l'Université de Genève.

    Spécialiste de la philosophie juive en général et de la philosophie juive médiévale en particulier, ce professeur l’est également de la pensée judéo-allemande moderne (de Moïse Mendelssohn à Gershom Scholem) et de la philosophie arabo-musulmane de l'Age d'Or (Averroès, Ibn Badja, Avicenne).

    Le judaïsme n'est pas seulement une religion, c'est aussi une culture, écrit Maurice-Ruben Hayoun dans le livre que vous tenez en main. Et cette culture ne cesse d’irriguer les autres. Sans elle, chaque Européen, quelle que soit sa religion ou ses conceptions philosophiques, serait amputé d’une part essentielle de son identité.

    L’étude est le mot-clef dans le judaïsme. L’humain est ainsi mis en tension pour qu’il s’efforce de comprendre ce qui lui paraît incompréhensible, d’appréhender ce qui le dépasse, de saisir ce qui lui échappe. D’interroger encore et toujours.

    Saisir le regard du judaïsme sur le monde conduit à se forger ses propres outils pour travailler à l’amélioration de nous-mêmes et de la société. En ce sens, le professeur Hayoun est l’un de ces Architectes de la Sagesse qui nous peuvent nous permettre de mieux habiter cette planète en pleine tourmente.

     

    Jean-Noël Cuénod

    Directeur de la collection Les Architectes de la Sagesse

     

     

     

     

     

    Maurice-Ruben HAYOUN, Regard de la Tradition juive sur le monde, Genève, 2020, Slatkine édition.

     

     

     

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  • Elie Wiesel, Le crépuscule, au loin (Grasset)

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    Elie Wiesel, Le crépuscule, au loin (Grasset)

    Dès que j’ai entamé la lecture de ce beau roman, moi qui en lit fort peu et qui préfère la philosophie et l’histoire des idées, je me suis fait à moi-même la réflexion suivante : ce livre est une histoire multiple, rehaussée d’une saveur fortement mystique… Et dès la page 43, mon appréciation se trouve confirmée par un échange entre le psychiatre et un visiteur. Qu’on en juge : Au commencement fut la folie, dit le docteur Benedictus de son air éternellement grave. Pas le verbe ? demande Raphaël. Non, la folie…. Et en bas de page, in fine : Vous vous exprimez en mystique et non en psychiatre…

    Et en effet, on se retrouve plongé dans du grand Wiesel, ce mélange de réel et d ‘imaginaire, cette incursion du rêve éveillé dans la vie de tous les jours, l’étiolement de la frontière entre ce que l’on vit et ce que l’on croit ou rêve.. Témoin, cette scène horrible où les hordes nazies débarquent dans une localité polonaise où toute la population (donc juifs et non-juifs) est convoquée sur la grande place. Pour décourager tout acte de résistance, les nazis présentent un juif au visage ensanglanté suite à de la torture, accusé d’avoir porté atteinte à la vie d’un soldate allemand. UN gibet est vite dressé et l’on pend le pauvre homme que le personnage principal croit reconnaître, ce vieillard aux yeux éteints qui passe pour un fou mais qui se sent lui, pleinement lucide. Mais voilà qu’après l’exécution par pendaison, l’homme, censé avoir été mis à mort, réapparaît aux côtés de ce même Raphaël. Est ce une vision ou une hallucination ?

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  • John Steinbeck, Des souris et des hommes (2Dition bilingue, Gallimard)

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    John Steinbeck, Des souris et des hommes (2Dition bilingue, Gallimard)

    Cette collection bilingue que diffuse Gallimard a la main très heureuse. Ce n’est pas la première fois qu’elle tire d’un oubli immérité des œuvres classiques de la littérature mondiale. Et cette histoire Des souris et des hommes en fait absolument partie. Contrairement à la plupart des commentateurs et des critiques littéraires, je pense que par-delà le fameux rêve américain qui est ici soumis à rude épreuve, il s’agit plutôt d’un conte presque philosophique. En tout cas d’une réflexion allant bien au-delà d’une histoire de souris et d’hommes.

    Le titre reflète bien le contenu du livre mais occulte quelque peu le profond enseignement qu’il nous offre : il y a derrière la rudesse de la vie, derrière la volonté de survivre dans un univers implacable, aux lois d’airain, des ilots de beauté, de désintéressement et de bonté , même dans les lieux les plus sordides, les situations les plus inextricables de notre bas monde.

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  • Robert-Noël Castellani, Vers l’apocalypse. L e syndrome de Tubalcaïn (Les impliqués éditeu

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    Robert-Noël Castellani, Vers l’apocalypse. L e syndrome de Tubalcaïn (Les impliqués éditeur)

    Ce livre m’a bien plu dès les premières pages, en raison de sa liberté de ton et de sa franchise.. Il se propose de déconstruire le mécanisme par lequel le Pouvoir , quel qu’il soit, tente, généralement, de dominer les populations du globe. Mais l’originalité de ce livre se situe aussi, selon moi, ailleurs : il réintroduit largement et avec discernement l’anthropologie biblique dans les débats politiques ou sociétaux les plus modernes. Ce qui est un tour de force puisque toute pensée qui s’inspire, en toute indépendance vis-à-vis des dogmes, de sources bibliques, est d’emblée considérée comme suspecte dans notre pays. Laïcité oblige.

    Ici, l’auteur avance étendard déployé car, dès le titre, on peut lire le nom et les qualités (sic) d’un personnage biblique, premier fabricant d’armes létales au monde, puisqu’il manie à longueur de journée, le fer et le feu, et aussi, hélas, par voie de conséquence, pourvoyeur de chair à canon, avant la lettre. Le dernier terme de la table des matières n’est autre que l’épithète : biblique. Et on reparle du premier meurtre de l’Histoire, Abel tué par son frère Caïn, dont l’auteur, de ce livre, préfet honoraire de la République, souligne la signification de la racine hébraïque (QNH, posséder, acquérir).

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