Vu de la place Victor Hugo - Page 3

  • Yves Roman, Cicéron. Fayard

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    Yves Roman, Cicéron. Fayard

    Belle biographie d’un grand orateur qui a cru en son talent philosophique et en sa force de persuasion intellectuelle en vue de changer la vie politique et orienter ses concitoyens sur une autre voie que celle de la démagogie et de la violence. C’est la recherche de cette fameuse troisième voie. On connaît la suite ; le pouvoir en place prit ombrage de sa grande et insolente popularité et ne supporta plus ses critiques acérées : il fut donc victime d’un assassinat politique (commandité par Marc Antoine), accompagné de terribles mutilations, comme si on avait voulu le punir par où il avait péché…

    Le premier défi qu’eut à relever ce jeune prodige de l’art oratoire fut de choisir entre la latinité et l’hellénisme et de concilier ses deux attachements, à la philosophie, d’une part, et à le rhétorique ou au droit, d’autre part. Cicéron était conscient de la supériorité de la culture grecque, notamment dans le maniement des concepts philosophiques. Il cherchera pourtant à prouver qu’on peut aussi philosopher latin…

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  • Philippe-Joseph Salazar, Suprémacistes : Enquête mondiale chez les gourous de la droite identiraire (Plon)

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    Philippe-Joseph Salazar, Suprémacistes : Enquête mondiale chez les gourous de la droite identiraire (Plon)

    Le sous titre est plus éclairant que le titre en soi : il s’agit d’une défense identitaire de la race blanche en ces temps d’immigration massive et contenue à partir de l’Afrique Noire ou du Nord, sans oublier quelques pays du Moyen Orient, ravagés par la guerre. Or, les états démocratiques que nous sommes ont les mains liées par des législations nationales et internationales qu’elles respectent quoi qu’il arrive. Même au risque de voir leur identité culturelle se dissoudre dans ce vaste mouvement de grandes invasions. C’est l’essentiel du concept de grand remplacement, si cher au Français Renaud Camus.

    Il est intéressant de relever la fluidité terminologique en français et en allemand, pour désigner ces grands mouvements migratoires. En français, ce sont les grandes invasions, et en allemand ce sont les grands déplacements (Völkerwanderungen) ou migrations

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  • Philippe-Joseph Salazar, Suprémacistes : Enquête mondiale chez les gourous de la droite identiraire (Plon)

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    Philippe-Joseph Salazar, Suprémacistes : Enquête mondiale chez les gourous de la droite identiraire (Plon)

    Le sous titre est plus éclairant que le titre en soi : il s’agit d’une défense identitaire de la race blanche en ces temps d’immigration massive et contenue à partir de l’Afrique Noire ou du Nord, sans oublier quelques pays du Moyen Orient, ravagés par la guerre. Or, les états démocratiques que nous sommes ont les mains liées par des législations nationales et internationales qu’elles respectent quoi qu’il arrive. Même au risque de voir leur identité culturelle se dissoudre dans ce vaste mouvement de grandes invasions. C’est l’essentiel du concept de grand remplacement, si cher au Français Renaud Camus.

    Il est intéressant de relever la fluidité terminologique en français et en allemand, pour désigner ces grands mouvements migratoires. En français, ce sont les grandes invasions, et en allemand ce sont les grands déplacements (Völkerwanderungen) ou migrations

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  • Quelques réflexions sur la liturgie de Yom kippour…

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    Quelques réflexions sur la liturgie de Yom kippour…

     

    Quelques réflexions sur la liturgie de Yom kippour…

    Il arrive que l’on puisse tirer profit de situations calamiteuses. Ainsi de la nécessité de prier à Kippour, seul ou dans un cercle très restreint afin d’éviter des contaminations. Comme on récite seul toutes les prières, et Dieu sait qu’il y en a, on leur prête attention plus qu’à l’ordinaire. Ce fut mon cas hier puisque j’ai préféré prier seul et me conformer au conseil que je m’ étais permis de donner à tous nos coreligionnaires. A t il été suivi ? Nous le saurons dans les prochaines semaines.

    Ce qui m’a frappé en récitant toutes ces prières relevant de rubriques et de styles très différents, c’est que toutes sollicitent l’ouïe   divine. Certes, on parle aussi de la vision quand on demande à Dieu de scruter la gravité de notre situation et de nous tendre une main secourable (pekah énéykha u reé). Mais la plupart du temps, c’est à l’oreille divine que l’on s’adresse. En principe, toutes les religions monothéistes révélées vouent un culte à la divinité, fondée sur la parole (forcément la prière, l’oraison) que Dieu , dans sa miséricorde, écoute et entend. C’est que la Révélation divine elle-même est un phénomène non point visuel mais acoustique, auditif. C’est l’oreille qui prend connaissance des préceptes divins, d’où la célèbre expression, généralement mal traduite, na’assé we nishma (il faut traduite ainsi : nous ferons et seront à l’écoute)). Et le texte biblique précise même, pour être sûr d’être bien compris, vous n’avez vu aucune image (condamnation du culte imagé), seule une voix que vous avez perçue.

    Or, l’une des toutes premières prières de la veille de kippour se déploie sous la forme d’un refrain qui rappelle toutes les occasions historiques où Dieu à répondu aux demandes de son peuple. Au lieu de dire celui qui a répondu ou qui répond (wéha-oné), je préfère dire Celui qui exauce ou qui a exaucé). Quand on répond ou lorsqu’on exauce, c’est en réponse à quelqu’un qui a formulé une demande ou récité une prière. On prie pour quelque chose ou pour quelqu’un et cette prière, cette oraison, s’adresse à quelqu’un, en l’occurrence à la divinité.

     

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  • Goethe, Faust. Seconde partie de la tragédie. Edité par Jean-Louis Barbèges (Gallimard)

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    Goethe, Faust. Seconde partie de la tragédie. Edité par Jean-Louis Barbèges (Gallimard)

    Les œuvres complètes de Johann Wolfgang Goethe, Premier ministre de Weimar, couvrent un peu plus de quarante volumes. Et son Faust, œuvre de toute une vie, domine tous ses autres écrits. On peut parler du couronnement de toute une œuvre C’est aussi une œuvre qui fait partie du patrimoine culturel de l’humanité car la pièce de théâtre qui porte ce nom emblématique FAUST, incarne la tragédie qui peut être le lot de toute vie humaine. C’est la douloureuse distance qui peut séparer la réalité de l’idéal, le vice de la vertu et le péché de l’acte méritoire. On a souvent souligné le caractère quasi liturgique de cette œuvre nourrie de tant d’idées théologiques chrétiennes mais aussi de tant d’auteurs du paganisme grec. On a aussi évoqué le personnage de Job qui finit par désespérer de tout comme le Faust de la vieillesse , enfoui sous des donnes de livres qui ne réussirent pas à lui délivrer le fin mot de l’existence humaine. Mais Goethe nous étonne quand on lui demande la teneur de son message, l’idée de base qui gît au fondement de on œuvre ; il répond parfois ainsi : faut il vraiment qu’il y en ait une ? Et cette réponse, si étonnante soit-elle, est frappée au coin du bon sens. Il s’y trouve tant d’idées, tant de réminiscences et tant de postulats humains qu’on ne peut pas résumer cette œuvre

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  • Faut il vraiment prier dans une synagogue le jour de Kippour…

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    Faut il vraiment prier dans une synagogue le jour de Kippour…

    Est ce vraiment une obligation religieuse incontournable ? La question, fait débat depuis quelques semaines puisque la circulation du virus ne faiblit pas , voire s’est même aggravée. Que devons nous faire ? Au moment de Pourim, voilà tout juste quelques mois, nous nous sommes rendus en masse dans les offices synagogaux pour écouter la lecture du rouleau d’Esther. Certains ont même accepté l’invitation de partager le repas de Pourim, le lendemain. On connaît la suite quelques semaines plus tard. Ce fut une pandémie de première grandeur qui coûta la vie à bien des gens. Je résumerai le choc par une phrase du Premier ministre Benjamin Netanyahou, prononcée peu avant la Pâque juive : Pessah ne sera pas Pourim. De mémoire d’homme, on n’avait jamais rien entendu de semblable, tant le danger était grand. En effet, les gens sont restés sur place, les familles n’ont pas pu se réunir lors de cette fête qui commémore pourtant le premier événement historique du peuple d’Israël en sa qualité de peuple, animé d’une vision et porteur d’un projet, l’installation en terre promise.

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  • rri De Luca, Impossible (Gallimard)

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    Erri De Luca, Impossible (Gallimard)

    C’est une œuvre plus philosophique que littéraire ou romanesque que nous nous offre l’auteur italien bien connu dans notre pays ; elle se situe dans un cadre assez insolite, puisqu’il s’agit du cabinet d’un juge d’instruction. Et pourquoi donc ? Pour la bonne raison qu’il y a eu, lors de l’escalade d’une montagne dangereuse, mort d’homme et que la victime d’une chute au fond d’un ravin avait eu maille à partir avec un autre randonneur, bien des années auparavant… Or, il se trouve que tant la victime que le suspect se connaissaient et avaient eu un grave différend politique ayant entrainé l’arrestation et la condamnation de tout un réseau de militants révolutionnaires. En d’autres termes, ce qui est présenté comme un accident, la chute d’un randonneur au fond d’un ravin montagneux, est peut-être un assassinat qu’on a voulu déguiser en accident. D’où l’interrogatoire du suspect par un juge d’instrument qui mène l’enquête. Il faut ajouter que la rencontre est le fruit d’une coïncidence incroyable, l’auteur préfère dire ; impossible, d’où le titre de l’ouvrage. Et c’est vrai car il y avait un e chance sur dix millions pour que deux hommes ayant fait partie d’un même groupe révolutionnaire se retrouvent à quelques centaines de mètre l’un de l’autre, à escalader la même montagne. On comprend donc les soupçons du juge dont l’auteur se plaît à souligner la jeunesse, l’inexpérience et la fragilité. En plus d’un retour sur les années de plomb de l’Italie, c’est une critique à peine voilée de la justice en tant qu’institution sociale.

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  • Pierre-André Taguieff ; Hitler, les Protocoles des sages de Sion et Mein Kampf (PUF)

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    Pierre-André Taguieff ; Hitler, les Protocoles des sages de Sion et Mein Kampf (PUF)

    Inépuisable antisémitisme nazi ou de quelque autre provenance que ce soit, mais chaque publication de notre éminent collègue et ami PAT est un événement qu’il convient de saluer à sa juste valeur. En l’occurrence, il s’agit d’explorer et d’étudier l’influence exercée par la lecture de ce célèbre faux, confectionné par des cercles proches de la police secrète tsariste, les Protocole des sages de Sion. Par de tels faits qui déshonoraient leurs auteurs, on entendait prêter aux juifs de noires arrière-pensées qu’ils n’avaient point, à savoir dominer le monde et asservir tous les peuples à leur autorité. Or, quiconque a, ne serait-ce que de très élémentaires notions d’histoire juive, sait qu’une telle affabulation relève d’un imaginaire morbide er totalement débridé. Mais les lecteurs de ce torchon ont été très nombreux dès sa parution vers 1920 en langue allemande ; parmi eux, on compte Adolph Hitler qui annonce dans son propre ouvrage Mein Kampf, volume I) qu’il a lu ce livre et y a trouvé de la matière qu’il incorpore à sa propre pensée déjà sursaturée d’antisémitisme.

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  • Tractations secrètes entre Washington et Téhéran… ?

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    Tractations secrètes entre Washington et Téhéran… ?

    Je dis cela à la suite d’une déclaration apparemment anodine du président Donald Trump, passée entièrement inaperçue par la grande presse américaine ou européenne : Téhéran et Washington pourraient négocier en secret d’ici au mois de janvier.. Pourquoi cette inattention ou ce manque d’intérêt ? Parce que les grands médias nourrissent une telle aversion pour l’actuel président US, accusé de tous les maux et de toutes les bassesses que même si on leur disait que Trump, semblable à Jésus, marche sur l’eau, ils lui reprocheraient de ne pas savoir nager !!

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  • Goethe, Les années de voyage de Wilhelm Meister (Gallimard)

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    Goethe, Les années de voyage de Wilhelm Meister (Gallimard)

    Si au moins deux hautes personnalités peuvent prétendre résumer à elles seules toute la spiritualité et la littérature germaniques, ce sont sans l’ombre d’un doute, Martin Luther et Goethe. Le Ces deux géants dominent tous les siècles, suivants même si d’autres penseurs et d’autres écrivains, se sont, à leur tour, illustrés.

    Le premier a traduit la Bible en allemand et toute l’histoire de la littérature allemande est tissée d’emprunts plus ou moins avoués à cette œuvre que même des philosophes juifs comme Franz Rosenzweig nommaient sans complexe, notre benne Bible de Luther (unsere gute Lutherbibel). Ce n’est pas peu dire, venant de la part d’un penseur qui consacra sa vie à l’étude des textes juifs. Quant à Goethe (1749-1833), ses œuvres sont entourées d’une sorte de halo canonique qui en fait des textes classiques. Je n’en citerai que quelques uns parmi les plus connues :. Les souffrances du jeune Werther, œuvre de jeunesse marquant une crise spirituelle, ses deux volumes consacrés aux Années d’apprentissage de Wilhelm Meister et à ses Années de voyage, sans oublier son Faust, œuvre de toute une vie.

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