Vu de la place Victor Hugo - Page 3

  • Patrice Quélard, Place aux immortels (Plon) (Prix de la gendarmrie nationale)

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    Patrice Quélard, Place aux immortels (Plon) (Prix de la gendarmerie nationale)

    On apprend à tout âge ! J’ignorai jusqu’à l’existence de ce prix institué pour la gloire de la gendarmerie nationale. Et c’est la première fois que ce prix est décerné. Il dispose d’un jury composé de personnalités du monde littéraire ou académique en général, et est présidé par un général, le directeur général de toute la gendarmerie nationale. Pour ma part, je me félicite d’un tel prix qui humanise le métier de gendarme et révèle aussi, par la même occasion, tout ce qu’on lui doit. Le prix justement couronne toute œuvre littéraire qui accorde à ce corps militaire un rôle primordial.

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  • Longue vie à notre cher site francophone, JFORUM.

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    Longue vie à notre cher site francophone, JFORUM.

    Chères lectrices, chers lecteurs, Je prends exceptionnellement la parole, aujourd’hui, car cela fait un peu plus d’une décennie que j’ai l’honneur d’être lu et commenté par vous, presque chaque jour que Dieu fait.

    Et aujourd’hui, je remercie la Providence de m’avoir permis d’écrire mille papiers Sur toutes sortes de sujets, et notamment historiques, politiques, philosophiques et culturels.

    J’ai aussi l’agréable devoir de remercier M. Moshé COHEN-SABAN, président-fondateur, mon grand ami depuis près de vingt-cinq ans. Durant tout ce temps, nous avons fonctionné dans la plus grande harmonie, sans la moindre dissonance. Je rends aussi hommage à tous les collaborateurs de la rédaction et à tous les contributeurs. Grâce à vous tous, JFORUM s’est imposé comme l’incontournable médium francophone à la fois pour la communauté mais aussi ,bien au-delà. Que ce soit en Israël ou en Europe, à Paris évidemment, mais aussi à Bruxelles, à Madrid, en Suisse et en Belgique, JFORUM est visité régulièrement. Techniquement, il s’est modernisé et gagne chaque jour de nouvelles recrues.

    Ce millième papier représente beaucoup pour moi en tant qu’auteur et lecteur de ce site. J’y apprends tant de choses. Depuis sa naissance, JFORUM s’est beaucoup amélioré, développé, a conquis de nouveaux marchés et un lectorat plus diversifié. On y trouve des papiers sur tous les sujets culturels et politiques, nationaux et internationaux, communautaires et extra communautaires. Des ouvrages de philosophie et d’histoire des idées, parus en langue allemande, sont recensés ici, avant même d’être traduits par des maisons d’éditions françaises. C’est un plus qui est appréciable et ce n’est pas le seul...

    Ayant accompagné, comme tant d’autres, cette magnifique aventure depuis le début, je remercie une nouvelle fois M. Moshé COHEN-SABAN de me permettre de marquer ce millième papier d’une pierre blanche. La qualité des contributions est un gage solide pour l’avenir. Mais cet avenir justement est entre vos mains : il faut donc soutenir ce site par tous les moyens, et en tout premier lieu par votre fidélité.

    Longue vie à JFORUM

    M-R.H.

     

     

  • Les Juifs, une tache aveugle dans le récit national (Albin Michel) (sous la direction de Paul Salmona et Claire Soussen)

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    Les Juifs, une tache aveugle dans le récit national (Albin Michel) (sous la direction de Paul Salmona et Claire Soussen)

    Derrière cette expression un peu mystérieuse «une tache aveugle» se cache la non- perception, l’occultation plus ou moins volontaire d’un fait historique avéré. Ici, il s’agit de l’absence d’une référence à la présence juive dans le récit national français. En gros, l’historiographie française a fait l’impasse sur la présence juive en France au fil des siècles. Comment faut il le prendre, comment interpréter cette occultation et quelles en furent les noires ( ?) arrière-pensées ? C’est l’objet de ce remarquable ouvrage.

    Voulait-on éradiquer, historiquement parlant, cet héritage juif qui plonge ses racines profondément dans l’humus national ou s’agit-il simplement d’une ignorance, voire d’un désintérêt ?

    J’ai commencé par lire avec attention l’éclairante introduction de Paul Salmona qui cite quelques cas flagrants d’oubli volontaire ou involontaire, notamment chez quelques grandes figures de l’historiographie française contemporaine. Il cite le cas d’un livre de Georges Duby qui vient d’être réédité, Guerriers et paysans, chez Gallimard et dont j’ai rendu compte dans la Tribune de Genève… Cette absence de presque toute référence à la présence juive, et donc à l’appartenance des communautés juives à la grande communauté nationale, m’avait frappé ; toutefois, je n’ai pas osé le signaler dans mon compte rendu… D’un autre côté, il faut aussi reconnaître que lorsque Duby rédigeait son important ouvrage, le niveau des études juives dans l’Hexagone était loin d’être celui d’aujourd’hui… Le nombre de chaires universitaires dévolues aux études juives est aujourd’hui assez considérable. Cela n’a pas toujours été le cas… On peut croire qu’il n’avait pas d’éléments ou d’ouvrages sur lesquels il aurait pu s’appuyer pour en faire état.

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  • Louis Maurin, Toujours plus ! Enquête sur ces privilégiés qui n’en ont jamais assez. (Plon)

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    Louis Maurin, Toujours plus ! Enquête sur ces privilégiés qui n’en ont jamais assez. (Plon)

    Il est certains pays qui se caractérisent par un fort unilatéralisme, une seule tendance ou presque, un seul aspect de leur relief ou de leur population ; la France en fait partie depuis toujours. On y trouve constamment la question de l’’inégalité, ce qui entraîne inlassablement une réaction qui a pour nom l’égalitarisme. C’est dire que l’auteur de ce beau livre, Louis Maurin, a bien choisi son sujet. Il y a de quoi faire. Même si l’on y décèle une sorte d’instruction à charge, exclusivement. Néanmoins, le livre offre une grande moisson de faits qui permettent de mieux comprendre la problématique.

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  • Comment gérer le legs religieux… Comment surmonter les antagonismes ?

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    Comment gérer le legs religieux… Comment surmonter les antagonismes ?

    Depuis de nombreuses années nous vivons sous la régime tyrannique des sondages d’opinion. Les sujets les plus vitaux de nos sociétés ne fendent les épaisses couches de l’indifférence que si et seulement si quelques sondages finissent par s’imposer et retenir toute notre attention. Or, en France, nous sommes arrivés à un état que le philosophe Karl Jaspers a qualifié de temps axial (Achsenzeit), c’est-à-dire à un tournant de l’évolution de notre vie culturelle, c’est-à-dire capable d’imprimer une orientation fondamentale, cruciale de notre penser et de notre sentir. De notre devenir. Et c’est toujours la place que peut ou doit prendre l’héritage religieux de notre civilisation. Certes, on va croire que je veux reparler de la laïcité, alors qu’en réalité on a dépassé ce stade préliminaire depuis des décennies. On en est désormais au point de sauver ce qui peut encore l’être. Et ici il s’agit de la question suivante : pouvons nous continuer à penser librement, à réfléchir librement et à publier librement notre opinion en matière religieuse ? Avouons que dans le pays de Voltaire, une telle problématique peut être assimilée à une énorme régression à la fois intellectuelle et spirituelle.

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  • Sophie Delassein, Le dernier testament de Maurice Finkelstein (Le Seuil)

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    Sophie Delassein, Le dernier testament de Maurice Finkelstein (Le Seuil)

    J’avoue avoir un peu hésité avant de me lancer dans la lecture de ce roman, commis avec une certaine grâce par une journaliste œuvrant dans un grand hebdomadaire national (que je ne lis plus depuis des décennies) et écrit dans un style alerte, sobre, sans fioritures. Dans les premières pages, je commençais à me demander où voulait en venir cette femme ashkénaze, la cinquantaine conquérante, et je pensais même qu’elle n’arrivait pas à dépasser le niveau d’une fâcheuse médiocrité quand soudain, à la page 68 précisément, elle a dévoilé la gravité, que dis-je la grande, l’insupportable tragédie de l’existence humaine.

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  • Pierre Hadot, N’oublie pas de vivre…Goethe et la tradition des exercices spirituels (Albin Michel)

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    Pierre Hadot, N’oublie pas de vivre…Goethe et la tradition des exercices spirituels (Albin Michel)

    C’est à une très agréable promenade, jalonnée de belles citations grecques et latines que nous invite le brillant helléniste du Collège de France, Pierre Hadot dont je découvre grâce à ce livre que son érudition germanique égale son expertise hellénistique. En effet, le défunt spécialiste de l’Antiquité grecque a minutieusement étudié les œuvres de l’auteur de Faust. Il connaît les ressorts secrets de son œuvre et sut entrer dans le cœur même du rapport de Goethe au monde, à la vie et à la nature. Un homme amoureux de la vie et du monde, vénérant la Nature avec un N majuscule, évitant l’érudition desséchante et la cuistrerie.

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  • Erri de Luca, Aller simple suivi de l’hôte impenitent (Gallimard, Folio)

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    Erri de Luca, Aller simple suivi de l’hôte impenitent (Gallimard, Folio)

    Nos lecteurs ont déjà lu ici même des critiques très élogieuses des livres de l’auteur, un Italien autodidacte, polyglotte et assez bon connaisseur, dit-il, de l’hébreu biblique. Mais jusqu’ici je ne me suis occupé que de nouvelles et de romans de l’auteur. Avec le présent ouvrage consacré à la poésie, c’est une autre paire de manches .

    L’auteur entonne une longue complainte, toujours émouvante, qui dénonce l’attitude inhumaine de l’Europe, et singulièrement de son pays, l’Italie, à l’égard des migrants qui jonchent les fonds marins. La Méditerranée est devenue un cimetière marin. Il est difficile de faire un commentaire linéaire d’un si long poème. J’ai donc sélectionné quelques vers qui me paraissent assez clairs. Même si l’ensemble n’est pas uni de façon mogique. Difficile d’agir autrement.

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  • Fédor Dostojevski, Les nuits blanches (Gallimard folio)

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    Fédor Dostojevski, Les nuits blanches (Gallimard folio)

    Quand on a achevé la lecture de cette belle nouvelle, œuvre de jeunesse de l‘auteur, on se dit qu’aucun écrivain n’échappe à un processus de maturation ou dévolution, généralement dans le bon sens. C’est le cas aussi de l’auteur des Frères Karamazov qui avait aussi publié des œuvres moins marquantes dans la littérature universelle. L’histoire ici est assez simple quoique très belle : celle d’une rencontre des plus improbables dans les rues de Saint Petersburg , au cours d’une soirée entre mai et juin, une période au cours de laquelle la nuit ne dure que très peu d’heures, permettant à la ville de baigner dans un crépuscule presque romantique. C’est ce qui va arriver au narrateur, jeune homme de 26 ans, qui rencontre une belle jeune femme dont il va tomber follement amoureux. Le trait, disons le d’emblée, est aussi un peu autobiographique puisque dans la vraie vie, D. va s’éprendre de l’épouse d’un instituteur qu’il finira par épouser quand elle deviendra veuve…

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  • Katajun Amripur, Khomeini, Révolutionnaire de l’islam (Der Revolutionär des Islams). Einee Biographie) (Munich, Beck, 2020) ( suite et fin)

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    Katajun Amripur, Khomeini, Révolutionnaire de l’islam (Der Revolutionär des Islams). Einee Biographie) (Munich, Beck, 2020) ( suite et fin)

    Durant son long exil irakien, le futur maître de l’Iran eut le temps de se radicaliser et d’établir les fondements théoriques d’un état islamique. On note une forte radicalisation par rapport aux thèses émises dans le précédent écrit, La divulgation des mystères. Vu l’étendue de cette recension, je ne pourrai pas entrer dans les détails, mais je peux en résumer les thèses principales : Khomeiny considère que la lettre du Coran d’une part, les faits et gestes du Prophète, d’autre part, sont les deux sources auxquelles l’état islamique doit s’en référer. De même, il considère, en interprétant certains versets sacrés que le Prophète avait bel et bien nommé Ali, son cousin et gendre, comme successeur. Khomeiny est absolument sûr de son fait et c’est bien cette thèse qu’il défend dans ses leçons sur l’état islamique. A ses yeux, le Coran a réponse à tout, il n’existe pas une seule problématique importante qu’il n’ait abordée au point d’en fournir la solution. Enfin, l’idée selon laquelle l’islam doit se tenir loin de la politique, en somme de ce que nous nommons de nos l’islam politique, constitue vraiment un obligation de nature religieuse.

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