Vu de la place Victor Hugo - Page 2

  • Benjamin Netanyahou, l’homme (e plus (injustement) haï d’Israël…

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    Benjamin Netanyahou, l’homme (e plus (injustement) haï d’Israël…

    Le spectacle de plus en plus désolant de la réalité politique dans l’Etat hébreu suscite les plus fortes inquiétudes. Mais que se passe-t-il donc ? Pourquoi un homme politique surdoué, à la longévité exceptionnelle, cristallise-t-il sur sa personne une telle détestation, pour ne pas dire une telle haine ? C’est un récent débat diffusé par la chaîne I24News à l’occasion de la première comparution de l’actuel Premier Ministre israélien qui m’incite à prendre la plume. J’ai trouvé insupportable l’attitude de certains opposants qui débordent de haine lorsqu’il s’agit d’évaluer l’action de Benjamin Netanyahou au service de son pays..

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  • Simone Weil, Etude pour une déclaration des obligations envers l’être humain… et autres textes (Gallimard)

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    Simone Weil, Etude pour une déclaration des obligations envers l’être humain… et autres textes (Gallimard)

    J’entendis pour la première fois, en Sorbonne, nom de cette philosophe, née juive mais séduite par le christianisme, , lors du séminaire hebdomadaire de mon maître, le professeur Georges Vajda, sur la pensée juive du Moyen Age. Je ne me souviens plus du prétexte à une telle mention, mais la phrase prononcée par ce savant, il y a plus de quarante ans, s’est gravée dans ma mémoire : Simone Weil qui a tout très bien compris sauf le judaïsme… Cela me trouble aujourd’hui encore, même lorsque, dans un ouvrage récent consacré à l’œuvre d’Emmanuel Levinas, j’expliquai les réserves et les réticences du philosophe du visage à l’égard dette femme qui naquit en 1909 à Paris, suivit les cours d’Alain au lycée Henri IV, rejoignit l’ENS, se présenta avec succès à l’agrégation de philosophie et enseigna à son tour quelques années. Elle décida d’aller travailler en usine afin de ressentir directement ce qu’éprouvaient les ouvriers… En 1940, elle quitta Paris pour Marseille avec ses parents. Elle finit par trouver refuge aux USA et de là partit rejoindre la France combattante du général de Gaulle à Londres. Elle manifesta le désir de se rendre en France occupée afin de rejoindre la Résistance. Cette demande ne fut pas acceptée . Simone Weil était atteinte de tuberculose. Elle cessa de se soigner et mourut en 19433 à Ashford. Les testes réunis dans ce fascicule ont été publiés à titre posthume.

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  • Jacques Attali, Histoires des médias. Des signaux de fumée aux réseaux sociaux, et après (Fayard) (suite et fin)

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    Jacques Attali, Histoires des médias. Des signaux de fumée aux réseaux sociaux, et après (Fayard) (suite et fin)

    Comme je l’écrivais dans le précédent papier, JA lance une enquête très vaste, ne s’arrêtant ni aux frontières physiques ni aux bornes chronologiques. On comprend mieux pourquoi , dans le titre, le terme histoire a un s, se dit au pluriel. Le sérieux de la documentation se constate à la fin de cette œuvre qui couvre plusieurs dizaines de pages. Consacrées à la bibliographie et à l’index. On trouve dans ce livre une masse de connaissances, notamment l’emploi du terme «journaliste» par Pierre Bayle en 1694 et son usage à partir de 1702. Les comparaisons et les rapprochements sont bien vus : par exemple la fin du long règne de Louis XIV qui maintint une censure très sévère de toutes les publications dans le royaume. On apprend aussi que le monarque était très curieux de ce qui se disait ou s’écrivait sur lui, et notamment sur sa maladie, à l’étranger, et surtout en Hollande. Et puis, il y a les célébrités littéraires et philosophiques du XVIIIe siècle, sortes d’intellectuels de leur temps (Voltaire, Diderot, Bayle, etc…). Au fur et à mesure que la philosophie des Lumières progresse dans différents pays, le contrôle de la presse, sous quelque forme que ce soit, se fait moins rigoureux. Le monde connu n’était plus le même. Les monarchies absolues cèdent du terrain et le niveau intellectuel des peuples augmente. Enfin, il y eut ce coup de tonnerre qu’a été la Révolution française. Les idéaux de la Révolution étaient incompatibles avec la négation ou même simplement le contrôle de la pensée. Ce fut une sorte de combat pour la culture (kulturkampf) avant la lettre. Les premières décennies du XIXe siècle montrent que la presse est devenue le grand rempart de la liberté du peuple …

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  • Jacques Attali, Histoires des médias. Des signaux de fumée aus réseaux sociaux, et après (Fayard) (I)

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    Jacques Attali, Histoires des médias. Des signaux de fumée aus réseaux sociaux, et après (Fayard) (I)

    L’histoire des médias, voici un sujet, toujours d’actualité et au centre de tous les débats, ce qui explique qu’il ne pouvait pas échapper à la vigilante sagacité de Jacques Attali, le Pic de la Mirandole du XXIe siècle… C’est la première tentative que je connaisse qui embrasse un tel sujet dans le spectre le plus large qui soit. Certes, il subsiste, ça et là quelques imprécisions ou inexactitudes (e.g. l’alphabet hébraïque est d’origine assyrienne, appelé lettres carrées, ketav ashouri), mais l’ensemble se tient bien et accomplit son effet : rendre une vaste fresque des médias des origines à nos jours. Aussi bien dans nos vieux pays d’Europe qu’au Japon et en Chine…

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  • Georges Duby, Guerriers et paysans . VIIe – XIIe siècle (Gallimard)

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    Georges Duby, Guerriers et paysans . VIIe – XIIe siècle (Gallimard)

    On se souvient tous, je pense à mes collègues médiévistes, de l’inoubliable historien du système  socio-économique de la France rurale, et même des premiers pas de la socio-culture européenne. L’Europe, ce continent, qui, à la chute de l’empire romain, s’est développé économiquement et culturellement dans au moins deux directions majeures : le nord et l’est et du nord, d’une part, et vers la Méditerranée, d’autre part.

    Avec le présent ouvrage qui date en effet du début des années soixante-dix, Duby nous offre une mini histoire de la France rurale, à partir du VIIe siècle. Le style élégant et sobre est absolument limpide, peut-être avec une légère tendance à écrire des phrases longues où le verbe demeure très souvent assez éloigné du prédicat Mais ce n’est qu’un détail qui ne porte pas préjudice à l’ensemble.

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  • Jacques Arnould, Giordano Bruno. Un génie, martyr de l’Inquisition. Albin Michel, 2021

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    Jacques Arnould, Giordano Bruno. Un génie, martyr de l’Inquisition. Albin Michel, 2021

    Voici un beau livre qui nous introduit dans l’univers philosophique et religieux d’un penseur chrétien, un peu déviant, à la fois théologien et philosophe, membre d’un ordre monastique, celui des Dominicains, qu’il finira par quitter (comme d’ailleurs son propre biographe qui ne manque pas une seule occasion de souligner cette similitude de destin avec lui), tant il avait une exigence très grande vis-à-vis de la vérité. Cette remarque n’est pas banale puisque ce natif (1548-1600) de Nola, dans les environs de Naples, finira sur le bûcher à Rome, précisément pour déviation doctrinale alors qu’il ne faisait que sortir des sentiers battus de la théologie de son temps. Cette indépendance d’esprit étonne de la part d’un homme que certains considèrent comme le dernier représentant de la Renaissance, donc de l’ancien monde, alors que d’autres veulent voir en lui le p ère de la philosophie moderne, un esprit authentiquement critique qui ne se contentait plus de la seule scolastique médiévale…

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  • Du fort est sorti le doux ou comment la Covid 19 a rendu positive l’image de l’Etat d’Israël C’est un résultat indubitable qu’aucune agence de relations publiques n’aurait pu obten

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    Du fort est sorti le doux ou comment la Covid 19 a rendu positive l’image de l’Etat d’Israël

    C’est un résultat indubitable qu’aucune agence de relations publiques n’aurait pu obtenir ni même simplement prévoir : cette terrible pandémie qui se moque de toutes les frontières et de tous les gestes-barrières a donné à l’Etat hébreu la possibilité d’améliorer considérablement son image de marque auprès de l’opinion publique   internationale. Ce qui vaut à Israël ce soudain retournement de situation, c’est sa lutte exemplaire contre l’expansion de la Covid 10 à la fois au sein de ses frontières et aussi bien au-delà puisque même ses détracteurs les plus impénitents le citent désormais en exemple et mentionnent ses hauts faits en matière de vaccination et d’endiguement de la maladie. Je pense à une radio d’état, réputée pour ses opinions de gauche, qui a dû hier et aujourd’hui se rendre à l’évidence : Israël avance sur le bon chemin et constitue un bienfait pour la région.

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  • Jean Boccace (1313-1375) et les femmes célèbres (Beck Verlag, Munich)

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    Jean Boccace (1313-1375) et les femmes célèbres (Beck Verlag, Munich)

    La France et l(Allemagne diffèrent sur bien des points. Chacun le sait mais rares, très rares sont les écrivains français qui écrivent aussi en allemand et qui font l’objet d’un traitement exquis de la part de leurs éditeurs d’outre-Rhin. Je fais partie de ces quelques élus, et chaque année, pour mon anniversaire et pour les fêtes de fin d’année, je reçois immanquablement un beau livre en guise d’hommage de mon éditeur. Et grâce à cette libéralité, j’ai pu découvrir des auteurs sur lesquels je ne me serai jamais penché par moi-même, tant ils étaient éloignés de mes préoccupations philosophiques. Et, à ma grande honte, Jean Boccace en fait partie, ou plutôt en faisant partie puisque le livre-cadeau de cette année est Les femmes célèbres (Von berühmten Frauen) et m’a permis de combler cette regrettable lacune…

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  • Bruno Le Maire, L’ange et la bête. Mémoires provisoires. Gallimard

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    Bruno Le Maire, L’ange et la bête. Mémoires provisoires. Gallimard

    De grâce ! Que personne ne m’accuse d’être un jésuite ou un talmudiste qui sur interprète tout ce qu’il lit, mais vous avouerez avec moi que le titre de cet ouvrage ministériel est un peu chargé. D’abord une citation des Pensées de Pascal, connu pour sa misanthropie, ensuite l’épithète provisoires pour des mémoires qu’on rédige généralement bien après la cinquantaine… Ou est-ce à dire que nous assistons à un nouveau départ dont le présent texte ne serait qu’un prélude ? C’est que nos hommes politiques français nous ont habitués à ce pragmatisme à trois termes : a) je lance discrètement une campagne électorale pour accéder à l’échelon suprême b) je démens les rumeurs et c) je publie un livre pour donner le change et parler –en apparence- de tout autre chose.

    Apparemment, ce n’est pas encore le cas ; et, en tout état de cause, les premières pages de ce livre sont bien écrites. C’est un style travaillé sans être ampoulé, les idées sont claires, le ton un peu subjectif malgré tout, mais on sent que l’auteur trace les grandes lignes d’une sorte de philosophie politique. Comment diriger un pays, un ministère ou tout autre chose ? Ce n’est pas une philosophie politique à la Hegel puisque ce dernier divinise l’Etat alors que notre homme veut promouvoir tout autre chose, redonner une spiritualité à la France… C’est la première fois de ma vie que je lis pareille chose : la politique aurait pour vocation de donner une spiritualité à la France !! Quel courage ou quelle naïveté ? Cette sage résolution est nourrie par le spectacle émouvant d’une cathédrale qui brûle sous les yeux du jeune ministre. C’est le meilleur symbole de la fugacité de l’existence humaine et de la vanité des projets terrestres, en général.

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  • De l’inceste dana la Bible… Réflexions sur un débat d’actualité.

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    De l’inceste dana la Bible… Réflexions sur un débat d’actualité.

    Dans l’histoire de la pensée philosophique en Europe, dans le monde de l’histoire des idées, un fait perdure depuis bien des siècles, depuis la Renaissance au moins, époque à laquelle la spéculation n’était plus enfermée dans le strict carcan de l’église catholique. Je dis bien catholique et non pas chrétienne car la Réforme est généralement accompagnée par l’humanisme. Mais je ne fais pas ici le procès du cléricalisme ni de la police religieuse de la pensée, ce n’est plus d’actualité. Ce que je veux dire, c’est que la Bible allait connaître un interminable purgatoire au point de ne plus faire partie du paysage intellectuel. Il faudra des siècles pour replacer l’anthropologie biblique au centre de la spéculation philosophique contemporaine. Nous en sommes là car aujourd’hui encore aucune pensée fondée sur l’héritage biblique n’a obtenu droit de cité, si ce n’est dans des revues ou des maisons d’édition à caractère confidentiel. Cet aveuglement est incompréhensible. On peut, on doit combattre la férule cléricale si elle s’avisait de vouloir à nous nouveau nous régenter ou simplement nous embrigader, mais on ne devrait pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

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