Vu de la place Victor Hugo - Page 2

  • ürgen Habermas, Une histoire de la philosophie. (I) La constellation occidentale de la foi et du savoir. Gallimard.

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    Jürgen Habermas, Une histoire de la philosophie. (I) La constellation occidentale de la foi et du savoir. Gallimard.

     

    Il s’agit de la traduction  française de l’œuvre immense du grand philosophe d’Outre-Rhin Jürgen Habermas, qui compte deux volumes. Le seul reproche que l’on puisse faire à cette œuvre monumentale, c’est le corps de caractères très réduit, rendant la lecture fort difficile. Mais cela s’explique par le prix de revient des deux volumes qui sont imprimés selon le même mode. Malgré tout, cette entreprise reste un événement de taille dans l’histoire de la philosophie.

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  • John A. Lynn II, Une autre guerre.  Histoire et nature du terrorisme. Passés composés.

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    John A. Lynn II, Une autre guerre.  Histoire et nature du terrorisme. Passés composés.

     

    Voici une véritable somme sur la question encore controversée des origines et de l’essence du terrorisme. Il n’existe pas un, mais plusieurs types de terrorisme. Nous avons affaire avec une formidable polysémie du terme qui, on va le voir, s’applique à tant de situations différentes. L’un des principaux mérites de cette somme consiste à montrer que la définition de ce phénomène effroyable désigné par un seul vocable est malaisée. Le but de ces actes terroristes est plus facile à circonscrire : il s’agit de faire peur, de frapper de sidération le groupe ethnique ou le pays visé en lui infligeant des souffrances au-)delà du supportable.. L’autre trait caractéristique du terrorisme est de s’en prendre, de manière aveugle, à des non combattants car, quand vous attaquez l’armée d’un ennemi déclaré ou mystérieux, vous vous en prenez à un corps constitué, armé et entrainé dont la vocation est justement de protéger, de veiller sur l’ordre public et le bien-être de la population..

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  • Israël, les nuages s’amoncellent dans le ciel politique…

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    sraël, les nuages s’amoncellent dans le ciel politique…

     

    Quel que soit le résultat du prochain vote du budget par la  Knesset, la coalition au pouvoir à Jérusalem fera face à de graves turbulences dans les mois à venir, car même si l’opposition n’a que peu de chance de débaucher un ou plusieurs députés de la coalition, le problème risque de jaillir de son propre sein… Comme l’écrivait Clausewitz, les conflits ne naissent pas de la volonté des hommes mais de la rupture d’équilibre. L’accord de  coalition, signé entre l’actuel Premier ministre Benett et son collègue Lapide prévoir une alternance au bout de deux ans et demi, date à laquelle le ministre des affaires étrangères Yaïr Lapide devra lui succéder à la tête du gouvernement israélien.

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  • Franz-Olivier Giesbert,  Histoire intime de la Ve République : Le sursaut, Gallimard

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    Franz-Olivier Giesbert,  Histoire intime de la Ve République : Le sursaut, Gallimard

     

    La lecture de ce beau livre est passionnante. C’est de l’histoire immédiate, vécue par tant d’hommes et de femmes. Ce n’est pas encore une histoire très lointaine, éloignée des préoccuperions de nos contemporains.

     

    Pourtant, en en entamant l’attentive lecture, on croit avoir  la berlue : sommes nous en train de lire FOG ou simplement un décalque des thèses d’Éric Zemmour sur le déclin, voire la faillite de notre pays ? C’est l’impression contre laquelle je me suis assez mal défendu en lisant les prolégomènes de ce livre. E.Z. ferai il des émules ? Pourquoi pas ? Mais j’invite vraiment les lecteurs à ramarder cela de près, ils verront que je ne grossis nullement le trait.

     

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  • Milan Kundera, Un Occident kidnappé.  Ou la tragédie de l’Europe centrale. (Le Débat) Gallimard  

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    Milan Kundera, Un Occident kidnappé.  Ou la tragédie de l’Europe centrale. (Le Débat) Gallimard

     

    Vous ne lirez pas ces textes si forts sans une certaine émotion. Tant d’eau a coulé sous les ponts depuis 1983,  mais la gravité de l’enjeu persiste. Certes, l’URSS n’existe plus et le danger d’une invasion a disparu. Il faut se remettre dans l’atmosphère de l’époque où les missiles étaient braqués sur l’Europe occidentale tandis que la partie centrale et orientale du continent vivaient sous la botte de l’armée Rouge. L’Europe était alors plus divisée que jamais. On craignait que les blindés soviétiques, massés aux frontières de la RDA, ne déferlent sur les membres européens de l’OTAN. Mais ceci ne sert que de toile de fond à cette belle plaquette.

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  • Marcel Gauchet,  La droite et la gauche.  Histoire et destin. (Le Débat). Gallimard,

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    Marcel Gauchet,  La droite et la gauche.  Histoire et destin. (Le Débat). Gallimard,

     

    Passionnante enquête sur l’origine de ces deux vocables qui résument à eux seuls toute l’évolution de la philosophie politique, pas uniquement en France mais partout dans le monde. Comment en est-on venu, même de nos jours, à résumer et à classifier les tendances politiques par des emplacements spatiaux tels que la droite et la gauche. Et qui allait donner l’expression politique : de droite ou de gauche… C’est sur l’origine de cette dévolution, à la droite le conservatisme, à la gauche le progressisme, que porte ce livre, écrit par l’un de nos meilleurs spécialistes de philosophe politique.

     

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  • Joël Chandelier, D’Alaric à Léonard (400-1450). L’Occident médiéval. Belin

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    Joël Chandelier, D’Alaric à Léonard (400-1450). L’Occident médiéval. Belin

     

    Voici un livre splendide, un beau livre, qui préconise une approche fine et intelligente d’une problématique dont peu de gens sont conscients, à savoir, que signifie vraiment l’expression Moyen-Âge et son épithète dérivée, médiéval. De nombreux lecteurs confondent allègrement médiéval et moyenâgeux… Et cela est éminemment regrettable car le Moyen Âge, pris globalement, c’est-à-dire couvrant tout l’espace -temps requis, est d’une infinie richesse, en dépit de son esprit parfois timoré, de son inféodation à la religion chrétienne, véritable culte solidement établi dans tout ce qui se rattache à l’Europe et à sa culture. Donc aussi à sa religion.

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  • Olivier Grenouilleau, Christianisme et esclavage. Gallimard (suite et fin)

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    Olivier Grenouilleau, Christianisme et esclavage. Gallimard (suite et fin)

     

    A la fin du papier précédent, j’évoquais le monde nouveau dans lequel devait être examinée la reconfiguration de ce thème aux implications si nombreuses qu’est la réduction à la servitude. Dans cette dernière partie, on examinera, entre autres,  comment l’esclavage s’est déporté vers d’autres cieux (les colonies, les États Unis d’Amérique, l’Afrique, etc…) De fait, tant l’église que les pouvoirs temporels en Europe ont  œuvré en faveur de l’abolition. Cette démarche est nettement perceptible quand on prend soin d’observer les différents indices qui jalonnent les différentes législations visant à humaniser la chose pour l’abolit progressivement et de manière définitive. Mais la traite négrière avait encore, hélas, de beaux jours devant elle.

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  • Olivier Grenouilleau, Christianisme et esclavage, Gallimard (II)

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    Olivier Grenouilleau, Christianisme et esclavage, Gallimard (II)

     

    On a vu dans le précédent papier que l’Église chrétienne, bientôt héritière de tout l’empire romain, suite au célèbre faux de la Donatio Constantini,  a dû gérer, si j’ose dire, deux impératifs contradictoires. Certes, abbayes et monastères possédaient de nombreux esclaves (dont certains s’étaient même convertis à la religion du Christ) et devaient concilier des intérêts opposés : un commandement d’ordre religieux traitant une seule humanité, sans distinction aucune (homme libre / esclave), qui se reconnaissent dans le message du Christ et les réalités incompressibles de la conjoncture et de la vie économiques. Lorsque l’Église chrétienne n’a plus connu de persécutions et a pu vivre sa religion au grand jour, il restait la question de l’esclavage dont la solution ne dépendait plus que d’elle. Et d’elle seule. On rencontre alors une nouvelle méthode, du moins, nouvelle, en apparence, celle de l’affranchissement pieux. En abolissant cet assujettissement du corps au maître, l’esclave ne peut pas jouir de l’autonomie de son esprit, or, cet état est un préalable à toute vie religieuse et à l’adhésion à une religion. Mais, dans sa tentative presque désespérée de concilier des inconciliables, certains théologiens chrétiens ont souligné que même dans cette situation ancillaire, l’esclave pouvait préserver son autonomie intellectuelle et avoir aussi une vie spirituelle totalement  libre, ou presque…

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  • Éric  Zemmour, antidote à la haine de soi…   On pourrait aussi changer de titre et chercher une périphrase équivalente : France cherche président crédible désespérément…   Tellement les événements que nous vivons chaque jour que Dieu fait sont uniques

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    Éric  Zemmour, antidote à la haine de soi…

     

    On pourrait aussi changer de titre et chercher une périphrase équivalente : France cherche président crédible désespérément…

     

    Tellement les événements que nous vivons chaque jour que Dieu fait sont uniques en leur genre. On nous l’a répété ad nauseam : un simple journaliste politique, un écrivain, auteur de best-sellers rameute des foules de plus en plus nombreuses , parmi lesquelles certains paient même pour venir le voir et l’écouter. Là où les représentants de la classe politique, blanchis sous le harnais, peineraient à rassembler un peu plus de deux cents personnes, Éric Zemmour joue, si j’ose dire, à guichets fermés. A Versailles où un certain nombre d’éléments objectifs auraient milité en faveur d’un accueil moins enthousiaste, le non encore candidat a réuni environ mille quatre cents personnes, toutes ravies de l’écouter et d’échanger avec lui.

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