Philo - Page 4

  • La cour de cassation italienne et le multiculturalisme

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           A l'évidence, le verdic rendu par la cour de cassation d'Italie concernant la jeune fille musulmane séquestrée et maltraitée par sa famille en raison de son assimilation des mœurs européennes ne manquera pas de faire des vagues.

     

          On peut comprendre que des minorités ethniques ou religieuses luttent pour préserver leur identité propre ou veillent à ce que leurs adeptes, surtout lorsqu'ils sont encore jeunes, soient préservés de ce qu'elles c onsidèrent comme une contamination condamnable… Mais il faut, pour cela, aplliquer des méthodes ou recourir à des moyens légaux et humains.

     

         Dans ce même pays voisin, seront bientôt jugés des membres d'une famille immigrée ayant tranché la gorge de leur fille et sœur qui avait des relations amoureuses avec un jeune Italien… Que fera la cour?  A l'évidence, elle n'enverra pas un tel signal qui pourrait être très mal interprété par les tortionnaires en herbe mais surtout, aussi, sera vivement dénoncé par les organisations féministes et des droits de l'homme. Et avec raison.
     

  • Autres temps, autres mœurs…

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    Depuis quelques années, un phénomène nouveau se profile avec une insistance toujours plus forte: la commémoration insistante du souvenir d'artistes, d'acteurs et autres virtuoses, dès l'annonce de leur mort.
    Le hasard a voulu que la mort de trois monstres sacrés du cinéma soit presque concomittante: Serrault, Atonioni et Bergmann. Même si les deux derniers dépassent et de loin le premier.
    Qu' l'on ne se méprenne guère: j'ai adoré le premier et m'incline respectueusement devant le talent cinématographique des deux derniers. Mais je dois relever que même le creux de l'été n'explique pas convenablement cet engouement post mortem. Certes, ces hommes nous ont aidé à vivre des moments merveilleux, ont incarné certaines de nos joies et de nos peines, les ont même rendues esthétiques au sens philosophique du terme. Mais tout de même…
    Autre chose: durant l'Antiquité, au Moyen Age, à la Renaissance ou à l'époque moderne, on ne saluait pas de manière aussi bruyante le départ d'hommes illustres ou célèbres. Sovrate, Platon, Aristote, Alexandre le Grand, Maimonide, Averroès, Dante, Saint Thomas, Albert le Grand, Spinoza, Kant, tous ces hommes que nous lisons encore n'eurent pas de telles manifestations. et pourtant ils les auraient méritées.
    Nous vivons peut-être une autre époque: au lieu de demander au cours d'un dîner à sa charmante voisine : avez vous lu ce livre on dit plutôt avez vous vu tel film?
    Voila bien la preuve de la primeur de l'audio-visuel sur l'écrit.

  • Qu'allons nous faire du tour de France?

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    Il y a quelques années, je sortais du ministère de l'Education Nationale et m'engouffrais dans un taxi qui devait me reconduire chez moi. Le chauffeur me parla de son vague à l'âme et de la langueur d'un été maussade… Dans l'égrenage de tout ce qu'il n'allait pas, il siganla deux points positifs; le défilé du 14 juillet le… tour de France!

    C'est dire combien cette performanace sportive jouit d'un grand prestige aux yeux des couches populaires du pays et même de l'Europe entière.

    Que penseraient les orgnaisateurs antiques des jeux d'Athènes et du marathon s'ils apprenaient ce que font nos coureurs pour revêtir le maillot jaune…

    Cela me fait penser à une phrase que Schiller mit dans la bouche de l'un de ses héros dans sa pièce intitulée Les Brigands (Die Räuber). Laissant libre cours à ses désillusions face à un monde ancien voué à disparaître pour laisser place à un univers incertain où les valeurs ne seraient plus les mêmes, lé héros dit: Die Nichtswürdigens werden mit List regieren: les indignes, les sans qualités gouverneront par la ruse…

    C'est un peu ce qui se passe: l'honnêteté et l'effort physique sont remplacés par tout autre chose…

  • Les infirmières bulgares, encore et toujours

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    Il existe une prière aussi vieille que le monde, elle consiste à rendre grâces au Seigneur qui aide à libérer les captifs… Il faut donc se réjouir que le calvaire de pauvres femmes et d'un homme ait pris fin et qu'ils puissent retrouver leurs proches et une vie normale. Mais souhaitons leur tout de même de ne plus jamais remettre les pieds en Libye…

    Si je traite de ce billet dans la rubrique philosophie, c'est parce que je souhaite attirer l'attention sur le caractère hasadeux de ce marchandage: qu'on ne se trompe guère sur mes intentions. Je suis très satisfait de cet heureux dénouemùent mais je considère comme tout le monde que ces prisonniers étaient innocents et qu'on s'en est servi de manière éhonté.

    Les seuls victimes innocentes auxquelles je pense sont assurément les enfants, tant ceux qui sont morts que ceux qui vont devoir vivre aec la maladie. Je pense aussi à leurs parents. Ceux-là doivent être l'objet de toutes nos attentions. Nous devons tous, dans la mesure de nos moyens, les accueillir dans nos établissements de santé, les soigner et les aider de notre mieux.

    Il faut aussi moderniser cet hôpital de Benghazi qui en a bien besoin. Ce matin même, j'écoutais le rapport du professeur Luc Monatgnier qui répétait que les infirmières et le médecin étaient parfaitement innocents… Et pourtant hui années de déten tion!!

    Merci aussi au Président de la République et à son épouse; bravo à l'excellent Préfet Claude Guéant, Secrétaire Général de la présidence française, pour son efficacité, sa compétence et sa discrétion, sans omettre les autorités de l'Union Européenne.

    Quant au Colonel Khadafi, on peut lui offrir une autoroute ou un train à Noël…

  • La numérologie et ses mirages

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    La numérologie et la symbolique des chiffres et des lettres dans la kabbale

    Depuis que le monde est monde, la légende a toujours supplanté l’histoire, le mythe le discours rationnel et l’imaginaire le réel. Aristote, issu de l’école de Socrate, a victorieusement combattu pour imposer, grâce à sa philosophie la supériorité du logos sur le mythos.
    Mais le genre humain préfère le rêve ou, pour parler avec Ernest Renan, l’humanité est incurablement dupe, mieux, elle veut être dupée…
    Depuis hier samedi, le 7 juillet 2007, en d’autres termes, le 7.07.07, les buralistes sont assiégés par les parieurs, les mairies par les mariés et les grands magasins par une foule de clients avides de faire une affaire dont cette constellation numérique pourrait bien leur faire l’aubaine…
    A quoi devons nous un tel engouement, je ne dis pas commet expliquer une tel phénomène pour la bonne raison que la réponse est toute trouvée : à l’imaginaire et à des contre sens séculaires éminemment productifs.
    Que l’on me comprenne bien, loin de moi toute idée d’être un rabat-joie et un destructeur de mythes, de rêves et de légendes qui demeurent une vision subjective, voire subjectiviste, de l’Histoire… Mais tout de même !
    Même si dans les textes fondateurs de notre civilisation, la Bible hébraïque et les Evangiles, certains chiffres sont symboliques, il y a loin de la coupe aux lèvres : certes les chiffres 3, 7 et 10, voire même 12 signifient plus qu’une simple valeur numérique : les sept jours de la créations, les 7 signes du zodiaque les trois anges qui se présentent devant Abraham (ancêtre de la trinité chrétienne), les trois jours avant la résurrection (Osée), les dix plaies d’Egypte, les douze tribus d’Israël etc…
    Mais il y aura surtout l’exégèse kabbalistique de la Tora qui saura s’imposer comme la méthode la plus innovante et la plus révélatrice de l’imagination créatrice. Mais ce ne fut pas la plus véridique, ce qui explique aussi, peut-être, son exceptionnelle longévité

  • Le Monde et le livre de M. Colombani

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    Au fil du Monde Paris, Plon, 2007, 396 pages, 20 €

    Le dernier livre de Jean-Marie Colombani, véritable chant du cygne du dirigeant d’un grand journal qu’il fut contraint de quitter, laisse une impression insaisissable. Lecteur de ce journal depuis l’âge de seize ans, un an avant de passer mon bac, je puis témoigner que les articles qui y étaient publiés ont constitué mon indispensable lecture quotidienne (un peu dans le sens de Hegel qui parlait de la prière quotidienne du lecteur de journal), l’essentiel de mon ouverture sur le monde, jusqu’à aujourd’hui, c’est-à-dire quarante ans après…
    Je puis donc porter une appréciation mesurée sur l’évolution de ce grand journal, passé des mains d’un grand Monsieur comme Hubert Beuve-Méry à celles de Messieurs Edwy Plenel et Jean-Marie Colombani. L’évolution, au cours de toutes ces années, s’est apparentée à une rupture car le journal donnait souvent la parole à des journalistes d’investigation dont le style tranchait nettement par rapport à ce qu’avait été la grande tradition de cette publication. Mais tout n’était pas négatif. Toutefois, cette orientation n’était pas du goût de tous et petit à petit les recettes se firent plus rares, forçant les dirigeants à remédier à certaines outrances que la brièveté de ce billet m’empêche de détailler. Le divorce, prévisible intervenu entre les deux dirigeants du journal précipita le dénouement. Dès lors, il paraissait évident que le départ du premier serait inéluctablement suivi de celui du second… Il est vrai que certains ouvrages consacrés au fonctionnement interne de ce journal jetèrent une lumière crue qui n’arrangea pas ses affaires.
    Il n’est pas question ici de critiquer qui que ce soit, ce serait déloyal et déplacé à la fois. D’autant que le journal fait peau neuve Mais je dois bien reconnaître que durant deux décennies au moins, j’ai eu du mal à retrouver le journal de ma jeunesse et de mes années d’étudiant, quand, avec mes amis et mes camarades qui étudiaient à la Fondation des Sciences Politiques, nous passions des week-ends entiers à commenter les éditoriaux de Sirius, de Pierre Viansson-Ponté (Ah ! qu’elles étaient belles ces envolées reprises dans un volume intitulé Des jours entre les jours…) et de quelques autres… Nous les lisions et les relisions, tant le style était ciselé et le vocabulaire bien choisi Et je dois bien reconnaître qu’en ce temps là, on gardait vraiment les articles du Monde.
    Mais tout a changé, même Le Monde. Non qu’on ne reconnaisse point à ce journal et ses dirigeants (passés ou actuels) le droit d’évoluer eux aussi avec leur temps… Mais il faut savoir faire le départ entre le pouvoir et le contre-pouvoir, entre la critique et le parti pris, entre des positions critiques mais toujours sensées et des postulats idéologiques qui sont loin de faire l’unanimité des lecteurs… En somme, plus d’analyses objectives et sobres, et moins de partis pris et d’opinions personnelles.
    Souhaitons donc par courtoisie à l’auteur de ce livre une large diffusion de son écrit et au Monde de repartir du bon pied sans jamais confondre les notions de pouvoir et de contre-pouvoir.

  • L'université au sein de la société française

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    Université et société. On croirait lire du Léo Strauss, le grand spécialiste du libéralisme ancien et moderne qui écrivit en 1951 un brillant petit ouvrage intitulé Persécution et art d'écrire… De quoi s'agit-il? Du fossé qui se creuse toujours entre le développement du progrès social, d'une part, et les avancées de la pensée philosophique d'autre part.

    C'est dire combien l'évolution du système universitaire est à surveiller comme le lait sur le feu dans les sociétés contemporaines, et singulièrement en France où Madame Valérie Pécresse, aidée par M.M. Sarkozy et Fillon, est parvenue à proposer une réforme sans jeter des milliers d'étudiants et de professeurs dans les rues du pays.

    L'autonomie des universités est bienvenue, mais ceux qui tentèrent de s'y opposer, craignaient que cette nouvelle politique ne génère des inégalités, comme si tout dans la vie avançait d'un même pas. Une université vieille de 8 siècles et située au cœur d'une capitale mondiale ne saurait évoluer comme un autre établissement, si méritant soit-il, mais de création récente et placé dans un lieu, disons, moins favorisé. Ces deux strcutures ne sauraient se comparer puisqu'elles ne sont pas comparables.

    Restait l'idée d'introduire un zeste de sélection juste à l'entrée en première année du Master, c'est-à-dire en quatrième année. Cette disposition fut retirée du projet de loi et ce n'est pas si mal, si cela doit permettre une adoption clame et tranquille de la nouvelle loi.

    Il faut vraiment adresser des félicitations largement méritées à Me Pécresse qui, malgré son jeune âge et son inexpérience en matière d'enseignement, est parvenue à passer avec succès et haut la main son premier examen de passage.

    C'est cela aussi l'art d'écrire un projet de loi et de le bien négocier…

  • Israël, la Palestine et le Liban

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    Le Moyen orient ne connaîtra donc jamais le repos. Nous n'osons même plus parler de paix, tant cet horizon paraît lointain. Alors que les missiles kassam pleuvent sur la petite ville de Sedérot et que la'armée d'Israël riposte avec vigueur, les Libanais se voient une nouvelle fois confrontée à des troubles graves qui, comme par enchantement, éclatent au moment où l'affaire du tribunal international entre dans sa phase ultime.

    Que faudrit-il faire pour que cette région du monde qui a offert à l'humanité le monothéisme éthique et le sentiment religieux en général (Ernest Renan) connaisse enfin la paix?

    Comment faire admettre l'existence de l'Etat d'Israël à ses voisins? Comment expliquer que le développement et le progrès peuvent tenir lieu de bien d'autres choses et offrir une nouvelle conception de l'univers?

    Il fuadrait alors reprendre la fameuse idée de Henry Kissinger qui parlait de «percée conceptuelle», expliquer aux gens qui se haïssent qu'il existe quelque chose au-delà de la haine et de la guerre. Que le développement et le progrès de l'humanité sont aussi infinis que la perfectibilité de l'homme.

    Excès d'optimisme? Naïveté? Peut-être… On reçoit le lointain écho du cri de désespoir du vieux prophète hébraïque du VIe siècle: shalom, shalom, we-eyn shalom. La paix! la paix, Mais il n'y a pas de paix.



  • Nicolas Sarkozy et la mentalité française

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    D'entrée de jeu, le nouveau Président de la République, a insisté sur ses origines immigrées: il a, dès les premières heures de son élection, rappelé que la France lui a tout donné et qu'il entendait, lui aussi, tout lui rendre. Sauf erreur de ma part, c'est bien la première fois que nous avons un président de la république dans cette situation.
    Ceci explique peut-être le syle de l'homme et sa façon de procéder. Je fais assurément allusion aux vacances écourtées du Président élu sur un yacht à Malte. Qu'y a-t-il de choquant là-dedans? Dans l'héxagone, nous avons toujours caché les avoirs et la fortune de nos grands dirgeants, comme si le legs sévérement égalitariste de la Révolution française nous interdisait de le faire. Avocat, M. Sarkosy n'a jamais été fonctionnaire, n'est pas sorti du moule de l'ENA ou d'un autre grand institut où l'on formate les élites dirigeantes françaises.
    C'est dire que le nouveau Président aura beaucoup à faire, lui qui veut changer le pays.Or, un tel programme revient à transformer la mentalité des habitants. C'est un pari périlleux mais Ô combien exaltant! Le meilleur de tous les Français, le général de Gaulle s'y était essayé et chacun, aujourd'hui, est libre d'apprécier, à sa guise, les limites ou l'étendue de son succès.
    Le nouveau Président est en train de mieux mesurer les fameuses pesanteurs sociologiques dont ses prédécesseurs ont parlé; mais nul doute qu'il ne renoncera pas aisèment. Nous lui souhaitons bonne chance dans cette courageuse entreprise de rénovation de la France