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  • Michel Houellebecq, Sérotonine (Flammarion) : entre cynisme et tendresse

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    Michel Houellebecq, Sérotonine (Flammarion) : entre cynisme et tendresse

    Il est très difficile pour un philosophe d’analyser un roman car il risque de sur interpréter certains thèmes, assez récurrents dans l’œuvre de Michel Houellebecq (désormais M.H.) et de leur conférer une importance qu’ils n’ont peut-être pas eu dans l’esprit de leur concepteur, mais qui tous gravitent autour de l’accès au bonheur, des relations erratiques entre les hommes et les femmes, la volonté de tout centrer autour du sexe avec parfois d’émouvantes réflexions (quasi philosophiques) sur le sens à donner à la vie en général. Ce qui domine dans l’œuvre de cet écrivain doué et qui dispose d’un style plutôt bon, c’st le mal-vivre, le temps qui passe inexorablement, avec cette attente douloureuse d’une vieillesse à laquelle nul n’échappe, les ennuis de santé (notamment l’appétence sexuelle qui baisse pour ensuite disparaitre en totalité…), bref tout ce qui sépare le bonheur du malheur, la vie agréable d’un fardeau insupportable, pouvant vous mener au suicide pur et simple. Particulièrement cruelles sont les descriptions de l’usure corporelle des femmes jadis aimées et qui ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes. D’autres fois, les femmes sont présentées comme des substances abrasives au contact desquelles l’hommes finissent eux aussi par dégénérer…

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