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  • Les racines chrétiennes ou plutôt judéo-chrétienne de l’Europe

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    Les racines chrétiennes ou plutôt judéo-chrétienne de l’Europe

    Depuis longtemps j’ai été conduit, par mes fréquentations et mes rencontres, à m’interroger sur la culture historique de nos ministres et dirigeants politiques de France et d’ailleurs . Dans contexte, je n’ai jamais oublié la remarque désabusée mais pleine de sens d’un ami préfet de région, aujourd’hui retiré des affaires, qui mit fin à mes illusions sur la lucidité et la culture de nos hommes politiques. Il me tint alors en substance le discours suivant : cher Maurice-Ruben, comme tous les êtres intelligents et cultivés, vous imaginez que ceux qui nous gouvernent, de droite comme de gauche, sont comme vous ; Eh bien, détrompez vous !

    Et je n’ai pu m’empêcher de penser à cette sagace remarque en écoutant les déclarations aventureuses de l’ancien ministre français des finances Pierre Moscovici, aujourd’hui commissaire européen. Et je rejoins sur ce point l’appréciation sensée et très fondée de Renaud Girard dans Le Figaro du 10 Mai : si les racines culturelles de notre contient ne sont pas judéo-chrétiennes, alors d’où viennent-elles ? On se le demande ! En fait, l’ancien ministre, bien qu’énarque, n’a pas révisé ses livres d’histoire. S’il avait lu quelques lignes du philosophe Emmanuel Levinas (ou s’il s’était simplement adressé à l’autre Emmanuel du gouvernement, un certain Macron qui a étudié la philosophie à l’Université, tout en devenant banquier) il aurait trouvé l’éclairante définition suivante de notre continent : l’Europe, c’est la Bible et les Grecs ! Quelle profonde lucidité ! Et j’ajoute pour ma part, moi qui suis à la fois un philosophe médiéviste et moderniste que l’authentique constitution spirituelle de l’Europe n’est autre que le Décalogue, le fameux tu ne tueras point, tu respecteras tes parents, etc… Car au fondement de toute constitution politique gît, comme chacun sait (à l’exception peut-être de Pierre Moscovici qui aurait dû l’apprendre au Talmud Tora), un principe spirituel, L’homme n’est pas seulement un homo economicus mais un être spirituel. Ou pour le dire en termes bibliques, l’homme ne vit pas que de pain (lo al ha-léhém levoda yhyé ha-adam).

    Pourquoi cette amnésie ? Laissons de côté l’ignorance, l’inculture des uns et des autres ; on découvre en creusant un peu une sorte de haine de soi, ce non acceptation de soi, de son histoire et de son patrimoine spirituel. Certes, ce n’est pas à l’auteur de ces lignes dans cette Tribune de Genève, qu’on rappellera les fautes, les crimes graves, impardonnables, inoubliables de cette Europe qui avait nié lors de la Shoah, ses racines vétérotestamentaires et néotestamentaires, perpétrant le plus gigantesque des massacrées de tous les temps. Mais est-il permis, est-il simplement juste de réduire l’Europe à cela ?

    L’Europe chrétienne, nourrie par un humus, un sol nourricier juif, a régénéré les peuples païen, elle leur a appris à vivre, elle leur a enseigné un sens de l’existence humaine sur cette terre, elle leur a appris à mourir, leur inculquant que la mort n’était pas la fin de tout, qu’il y avait un au-delà, une vie après la mort, une immortalité de l’âme. Bref elle implanté dans leur cœur l’idée du monothéisme éthique.

    Un juriste allemand au passé loin d’être sans tache, Carl Scmitt, compagnon de route des Nazis, avait réuni, au début des années vingt, quatre conférences (traduite en français chez Gallimard), auxquelles il donna le titre suivant : Politische Theologie : Théologie politique). Il y expliquait que tous les thèmes politiques de l’Europe moderne étaient le fruit d’une laïcisation, d’une sécularisation d’idées bibliques : solidarité entre les générations, instauration d’un jour de repos hebdomadaire, respect de la vie humaine, respect de la dignité humaine (l’homme créé à l’image de Dieu), sécurité sociale, etc… Même l’idée des Lumières au sujet de l’infinie perfectibilité de l’homme peut se rattacher à l’idée messianique d’un monde meilleur, développée par les prophètes d’Israël. Il est donc permis de parler d’une genèse religieuse de la politique..

    Ceux qui nient les racines chrétiennes ou judéo-chrétiennes l’Europe n’ont pas lu les grands maîtres qui ont façonné l’idéologie du continent : Albert le Grand, Thomas d’Aquin, Maimonide, Maître Eckhard, Spinoza ; j’ajouterai, pour ma part, des représentants musulmans de la philosophie grecque : Al-Farabi, Ibn Badja et Averroès.

    Pour ce qui est de l’époque moderne, je me contenterai de citer quelques philosophes allemands, juifs, catholiques ou protestants : Moses Mendelssohn, on l’oublie toujours, fut le pionnier de la laïcité dès 1783 dans son ouvrage Jérusalem ou pouvoir religieux et judaïsme. Kant, Fichte et Hegel ont mis en avant l’universalité de la loi morale. Certes, la conscience morale dépassait la Révélation mais elle en demeurant la fille et l’héritière… Et Hegel, ne l’oublions pas, a écrit un essai biographique (Vrin, 2009) de Jésus… Tous ces penseurs ont démontré la compatibilité de l’identité judéo-chrétienne et de la culture européenne.

    On se souvient que Lionel Jospin et Jacques Chirac s’étaient jadis opposés à la proposition allemande de parler des racines spirituelles et religieuses (geistig-religiös) de notre continent. Grave erreur car quand on a des convictions on se mobilise pour les défendre.

    Je finirai sur une note un peu désabusée : je rends hommage au pape François qui nous incite au partage et à l’ouverture à notre prochain. Mais il ne faut pas exclure le prochain quand il est des vôtres. En ramenant dans son avion quelques syriens musulmans le pape aurait dû offrir le même hospitalité à des chrétiens. L’un n’empêche pas l’autre.

    Ne dit-on pas que charité bien ordonnée commence par soi-même ? Et si l’exemple vient de si haut, alors…

    Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 11 mai 2016

  • Le sort des enfants orphelins ou abaonnés pendant la seconde guerre mondiale

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    Le sort des enfants orphelins ou abaonnés pendant la seconde guerre mondiale

    Comme tant d’autres gens, j’ai suivi l’émission d’hier soir sur France 2 intitulée Après Hitler. C’est-à-dire les conséquences immédiates et à très court terme de la folie hitlérienne.. C’était une émission richement documentée qui nous a appris bien des choses. Une seule réserve : Vincent Lindon n’avait rien à y faire et je ne comprends pas qu’on lui ait confié la lecture de commentaires dont il n’est sûrement pas l’auteur. Mais passons, c’est un détail.

    Ce qui m’a le plus ému, ému je l’ai été par tout ce que j’ai vu et entendu, oui, ce qui m’a tant ému c’est le sort des enfants, notamment allemands qui, d’une voix enfantine, lançaient des appels à la radio pour retrouver des parents qu’ils espéraient encore vivants. C’était déchirant. Les enfants donnaient leurs nom et prénom, leur de naissance et de domicile avant d’avoir été séparés de leurs parents par l’horreur de la guerre.

    Il y eut ire, bien pire puisqu’irrémédiable : le million ou plus d’enfants juifs qui furent gazés, tus de différentes manières, parfois même jetés vivants dans des brasiers lorsque les chambres à gaz étaient indisponibles ou à court de … gaz. L’horreur absolue.

    En plus du souvenir de ces enfants juifs assassinés, j’ai gardé, gravé dans ma mémoire, la voix balbutiante de ces enfants blonds, garçons et filles d’un âge si tendre, qui imploraient qu’on leur rende leurs chers parents.

    On se rend alors mieux compte du drame humain que le régime hitlérien a représenté non seulement pour l’Europe dans son intégralité mais aussi pour la population et les familles allemandes.. La cellule familiale avait été détruite par les idéologues nazis qui serinaient aux gens que le parti était au-dessus de tout. On incitait donc les enfants à aller jusqu’à dénoncer leurs propres parents s’ils estimaient que ceux-ci étaient critiques à l’égard du parti nazi… La nation allemande était devenue une nation soldatique. D’ailleurs, on le voit au nom même que prirent toutes les associations ou clubs nazis : tous intégraient à leurs intitulés le terme de lutte et de combat : Kampf. Kampfbund, etc… C’est cette lutte pour la survie, c’est le mythe du plus fort qui finit par s’imposer. Dans mes précédents articles sur le philosophe Martin Heidegger j’en ai parlé. On paralit souvent de l’éclipse de Dieu, il faudrait dire plutôt l’éclipse ou la disparition de toute notion d’éthique…

    La valeur de toute société se mesure à l’aune de la protection consentie aux faibles, à savoir, aux enfants, aux femmes, aux vieillards, ainsi qu’aux malades en général..

    Ces messages d’enfants orphelins ou abandonnés se sont poursuivis jusqu’au milieu des années 50. Après, on estimait que les enfants étaient devenus des adolescents ou des adultes. Et l’Etat a pris le relais.

    N’oublions pas les enfants des autres pays conquis par les Nazis, notamment l’ancienne URSS qui consentit d’énormes sacrifices tant en vies humaines qu’en destructions matérielles.

  • Le cavalier seul d’Emmanuel Macron

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    Le cavalier seul d’Emmanuel Macron

    On dit souvent : il n’est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, ajoutons : il n’est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Emmanuel Macron fait cavalier seul et joue avec l’idée suivante qui lui semble non extravagante : et si François Hollande n’y allait pas ? Ministre de l‘économie, Macron sait pertinemment bien que l’inversion de la courbe du chômage n’aura pas lieu d’ici la fin décembre 2016. C’est une hypothèse qu’il prend très au sérieux, d’où son agitation médiatique, d’où la fondation de son mouvement qui correspond à ses propres initiales, signe indubitable qu’il roule pour lui-même et pour nul autre. La question qui se pose est la suivante : pourquoi François Hollande hésite-t-il à faire acte d’autorité et à montrer qu’il y a un seul maître à bord, que c’est lui et personne d’autre. Il y avait eu cette phrase qui résumait tout : il sait ce qu’il me doit, sous entendu d’un trait de plume dans le JO de la République Française, je puis mettre fin à ses fonctions.

    Emmanuel Macron le sait et exécute donc une sorte de danse médiévale, appelée le drapier des lanciers : deux pas en avant et trois pas en arrière. Mais arrivera fatalement le jour où ce petit jeu n’obéira plus à aucune retenue et ce sera le clash, l’affrontement.

    Car François Hollande, malgré tous ces défauts, est un fin politique qui a su s’accommoder de tant de choses car un fin politique est quelqu’un qui sait tirer avantage de toutes les circonstances, même les plus défavorables. Il a pris conscience qu’il était menacé depuis le début par Manuel Valls et il a suscité une autre créature, Macron, pour neutraliser un ambitieux qui frappait avec insistance à l’huis de Matignon. Mais voilà, aujourd’hui, les deux challengers jouent chacun sa partition. Il y eut cette déclaration faussement ingénue de Valls à LCP concernant le projet nécessaire pour une réélection et la visite de Macron à Orléans pour exalter la figure de Jeanne d’Arc, privilège régalien, généralement réservé au chef de l’Etat, lequel a rendu visite tôt ce matin au marché d’intérêt national de Rungis… Etait-ce le bon contre-feu ? Je parie que la presse va se concentrer sur Orléans et délaisser Rungis…

    Dans cette triste partie de poker menteur, que va faire la France, que vont faire les Français ? Cette situation ne peut pas durer indéfiniment, le président doit faire acte d’autorité. Il doit rétablir sa suprématie et remettre un peu d’ordre.

    Pourquoi s’étonner qu’il sombre dans les sondages ? La population n’a pas l’impression qu’il est à la barre. Après tout, le président peut dire qu’il ne rempilera pas si la situation le commande, et continuer à gouverner et à réformer pendant cette année qui lui reste. Et qui pour lui, s’il décidait de ne pas se représenter, ne serait pas une année électorale perdue…

    La France est en vacances, insouciante en apparence, les Français se livrent à leur jeu favori, le farniente, et risquent bien de se retrouver un jour dans la situation des Grecs : incapables de rembourser leurs dettes.

    Il faut réagir, ce pays ne travaille pas assez car il est en vacances et quand il œuvre, c’est toujours entre deux élections. Comment briser cette loi d’airain, cette anneau dans une chaîne d’acier ? _

    Jeanne, au secours !!

  • Turquie: le sultan Erdogan se débarrasse sans ménagement de son vizir…

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    Turquie: le sultan Erdogan se débarrasse sans ménagement de son vizir…

    Certains avaient jugé mes précédents éditoriaux un peu secs, voire cassants. Je n’ai nullement exagéré et la suite des événements m’a donné raison : Monsieur Erdogan ne supporte pas la contradiction, il veut régner tout seul et entend finir par présidentialiser son régime, quoiqu’on puisse lui objecter. Par ailleurs, les inquiétudes qu’il suscite sont relayées à un très haut puisque Madame Merkel, qui dirige notamment l’Europe, espère que le départ du Premier Ministre n’entraînera pas l’annulation de l’action de l’UE avec la Turquie concernant les migrants.

    Cette déconvenue de Madame Merkel qui a tout misé sur un allié fantasque va montrer encore plus l’inanité de cet accord avec la Turquie. Cela revient à mettre son cou dans un nœud coulant que Erdogan peut serrer ou relâcher à sa guise : c’est une arme thermonucléaire placée entre les mains d’un homme imprévisible. Le monde entier a vu qu’il jouait double jeu avec l’Etat Islamique. Et les journalistes qui l’ont dénoncé ont été condamnés à de le prison. Hier il y a même eu un attentat qui a heureusement été déjoué. La Turquie a mieux à faire qu’à instaurer un régime autoritaire. Elle devrait s’intéresser à son environnement régional naturel et ne pas se bercer d’illusions concernant une hypothétique adhésion à l’UE…

    L’UE doit changer de politique à l’égard des migrants, la commission de Bruxelles va faire éclater l’Union en cherchant à imposer l’accueil de migrants. Ce qu’il faut, c’est rétablir la loi et l’ordre en Irak et en Syrie, sauver les migrants de la noyade, les soigner et les nourrir, et les renvoyer enfin d’où ils viennent, lorsque leurs pays d’origine seront stabilisés. On ne peut ouvrir les vannes ainsi. Rien qu’en une semaine, la marine italienne affirme avoir sauvé près de 1800 migrants de la mort. C’est très bien.. Et quand on réalise que depuis de début de ces migrations, près de 5000 personnes, hommes, femmes et enfants, ont disparu en Méditerranée, devenue un véritable cimetière pour des morts sans sépulture, on est envahi par un puissant sentiment de honte. Et pourtant, l’Europe n’est plus en mesure d’accueillir et encore moins d’intégrer toutes ces populations si différentes.

    Le pape est dans son rôle quand il dit qu’il faut faire preuve d’altruisme et de générosité mais ce n’est pas lui ni son administration qui doivent séparer le grain de l’ivraie, les vrais réfugiés politiques, d’une part, et les terroristes infiltrés, d’autre part.

    Mais il semble que l’Europe s’éloigne de ses racines, de son humus culturel. L’élection d’un maire anglo-pakistanais à Londres, où la population d’origine étrangère dépasse les 40%, montre que l’on prend une tout autre direction que celle d’une fierté, d’un destin national ou d’une histoire commune enfin totalement assumée.

    Mais, au fond, ce n’est pas si mal, car quatre années passeront vite et on pourra constater si les promesses faites auront été tenues. Je ne parviens pas à comprendre comment a pu être battu un excellent produit du corps traditionnel britannique.

    Londres est elle encore Londres ?

  • François Hollande, quatre ans déjà

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    François Hollande, quatre ans déjà

    C’est presque l’heure du bilan, certains diraient plutôt l’heure de sonner l’hallali. J’ai même entendu ce matin sur une chaîne de télévision un éditorialiste fait un jeu de mots assez désagréable entre bilan et dépôt de bilan. Le même commentateur, généralement mieux inspiré, a même ajouté que l’unique façon pour François Hollande de rentrer dans l’Histoire serait tout bonnement de raccrocher les crampons, de dire publiquement : je n’y vais pas, j’ai échoué sur tous les fronts, je ne me représenterai plus. Et le même d’ajouter que cela lui garantirait une reconversion dorée en conférencier international, invité partout dans le monde, etc… De profundis

    Heureusement qu’il n’est pas allé plus loin, en recommandant par exemple à «l’actuel locataire de l’Elysée» de rendre son tablier sur le champ et de provoquer une crise institutionnelle, avec élections présidentielles anticipées, élections législatives, bref le bouleversement.

    Non, il faut savoir raison garder. La situation est délicate et même les thuriféraires du président de la République ne peuvent pas le nier, sous peine de n’être pas suivi ni pris au sérieux par personne.

    Il faut reconnaître que quelque chose n’a pas fonctionné dans ce quinquennat, c’est la communication, trouver l’oreille des Français ; on a l’impression que les communiquants de l’Elysée n’ont pratiquement jamais appuyé sur le bon bouton. Aucun prédécesseur de François Hollande, pas même Nicolas Sarkozy accusé maintes fois d’être clivant n’a été aussi bas dans les sondages. N’étant pas superstitieux mais philosophe rationaliste, je ne crois pas à une malédiction quelconque. Mais force est de constater que mis à part la réponse, digne et courageuse du président aux attentats, on n’a pas trouvé le ton juste. Et en ces moments tragiques, le pays tout entier était uni derrière son président. Et il y eut cet intermédère désolant autour de la déchéance de nationalité. Pourquoi ?

    Et ceux qui ont encouragé le président à cette prestation télévisée qui, de l’avis de tous, même des caciques du PS, fut une exécution capitale, l’ont envoyé au casse-pipe, sans casque lourd. Et je ne parle même pas de la petite phrase : ça va mieux ! Même le complément, tardif alors qu’il se voulait simplement correctif, n’a rien arrangé ! Oui, cela va mieux mais pas pour tout le monde.

    Mais alors pourquoi l’avoir dit selon la première version, la seule qui s’est incrustée dans l’esprit des concitoyens ? Autant de détails cruciaux qui relèvent de la compétence des spin doctors, les communiquants… Mais qui conseille le président ?

    Et comment en sommes nous arrivés là ? Pourquoi donc toutes les réformes, dont certaines sont bonnes et utiles au pays, sont-elles torpillées avant même que d’être portées sur les fonts baptismaux ? Regardez les projets de lois Macron et présentement el-Khomri ? La ministre du travail est sympathique et touchante mais était-elle de taille à porter une telle loi qui a fini par porter son nom ? Il eût fallu confier cette tâche à un authentique poids lourd du gouvernement, et cela dit, sans misogynie ni réserve d’aucune sorte sur la personne !

    Alors comment s’explique cette situation que nous vivons où sondage après sondage, le président ne remonte pas ? Pourtant, il travaille, il voyage, il laboure le pays, il est intelligent, ce n’est pas un homme politique de seconde catégorie, tout au contraire il a passé une décennie à la tête du PS, inventant sans discontinuer des synthèses, même les plus improbables et les plus inattendues, éventant tous les complots dont cette formation a toujours été friande…

    Aujourd’hui encore, alors que le président jouit d’un alignement extrêmement favorable de toutes les planètes (l’Euro favorable aux échanges,, le pétrole moins cher, la baisse du chômage, la baisse de la dette, etc…), rien n’y fait : il ne remonte toujours pas dans les sondages.

    Certains expliquent même qu’il n’est plus audible quoiqu’il fasse car les Français qui l’ont élu ne lui pardonnent pas d’avoir changé de politique, tournant le dos à ses promesses d’il y a quatre ans. Mais cet argument est irrecevable au motif que tous les hommes politiques l’ont fait avant lui ! N’oubliez pas qu’on vit dans le pays d’un certain Jacques Chirac, immortalisé par cette phrase d’un cynisme politique insurpassable : les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

    On a pardonné cela à Chirac et à tous ses prédécesseurs. Pour François Hollande, cela ne passe pas. Pourquoi ?

    Il faut aussi signaler la carence d’un grand absent, le PS devenu une véritable coque vide. Je trouve que l’actuel Premier Secrétaire représente un indéniable progrès par rapport à son prédécesseur, mais cela ne se concrétise pas dans des propositions, des projets de loi, etc… Au plan humain, Jean-Christophe Cambadélis est un homme bien, pondéré, mesuré, mais on le sent mal à l’aise, un peu gêné aux entournures. Quand on fait de la politique, il ne faut pas avoir un cœur pantelant : il faut être froid et déterminé.

    Comment sortir de la nasse ? Un acte d’autorité, comme remercier certains ministres, ne serait-il pas la solution. Mais François Hollande que tous trouvent subtil n’est pas assez méchant. En politique cela peut devenir fatal.

    Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 6 mai 2016

  • Les policiers sont des citoyens comme les autres. Ne les rejetez pas

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    Les policiers sont des citoyens comme les autres. Ne les rejetez pas

    Depuis le début du quinquennat de François Hollande, les citoyens de ce pays se sont retrouvés confrontés à un état presque pré-insurrectionnel. Loin de moi l’idée de dire que le président actuel de la République en est la cause, mais il en est responsable car les changements, notamment sociétaux impulsés, ont suscité des oppositions massives et durables au sein du corps social traditionnel. Je pense surtout au mariage pour tous. Certains commentateurs ont émis l’opinion d’une sorte de diversion programmée par le pouvoir, car pendant que les gens se battaient contre telle réforme ou telle autre, on oubliait les vrais problèmes : en somme, le social aurait fait oublier l’économique, à savoir le chômage, l’emploi, le pouvoir d’achat, les impôts et tout ce qui touche à la vie quotidienne des Français…

    Est ce vrai ? Je laisse à d’authentiques spécialistes le soin de répondre. Mais une chose est indubitable : la société française est devenue plus crispée, plus intolérante, plus contestataire et s’oppose , presque les armes (non létales, Dieu merci) à la main, aux forces de l’ordre, dont les membres se sentent injustement détestés, voire même haïs par des casseurs qui s’acharnent sur eux. On recense plusieurs centaines de blessés parmi les forces de l’ordre, du jamais vu, et dans de très rares cas, Dieu merci, les blessures sont d’une extrême gravité.

    Que se passe t-il donc ? A l’évidence, la vie est plus dure. Décrocher un emploi même en CDD, est devenu très ardu. Pour les jeunes, l’entrée sur le marché du travail est devenue un véritable parcours du combattant. Pour les parents, voir leurs enfants décrocher un emploi, même précaire, même aléatoire, relève parfois du miracle et cela touche tous les milieux. Je me suis même rendu compte que certains jeunes ont du mal à manger à leur faim. Dans des quartiers du XVI arrondissement de Paris, certains jeunes qui y travaillent, font la queue devant des boulangeries pour acheter des sandwichs à l’aide de tickets-restaurants. Il y a une trentaine d’années, les petits restaurants de quartier offraient des menus accessibles aux petites bourses et les gens mangeaient assis, tranquilles et contents. Aujourd’hui, on ne compte plus les gens qui dévorent leurs sandwichs en marchant ou en s’asseyant sur des bancs publics La conclusion est sans appel : il y de plus en plus de travailleurs pauvres : qui travaillent mais dont le salaire ne leur permet plus ni de se loger ni même de manger correctement.

    Je me suis moi-même rendu compte de la nouvelle situation : pour conserver le même pouvoir d’achat d’il y a une décennie, il faut travailler deux fois plus : les journaux, les maisons d’édition et les invitations pour des conférences se raréfient ou baissent de niveaux ou encore mettent un temps fou à vous payer. Quand ces rentrées sont un plus, pas de problème mais quand les gens en ont besoin pour joindre les deux bouts, cela devient intenable.

    Et nous en venons à la loi travail qui semble soulever une grande tempête. Il est difficile, même si on est pour réformer la France en profondeur, d’ignorer les préoccupations des gens. Ils ont peur de sombrer dans la précarité et ensuite dans la misère. Ils ont l’impression que les employeurs et le patronat en général pourront utiliser les licenciements comme des variables d’ajustement : le carnet de commandes est plein, on maintient les effectifs, il tarde à se remplir, on dégraisse.

    Quand les gens manifestent leur crainte, voire leur mécontentement, les policiers sont appelés à la rescousse pour neutraliser les casseurs qui se mêlent aux défilés alors qu’ils n’ont rien à y faire. Comment en venir à bout, tout en respectant l’état de droit et en recourant à un usage modéré de la force ?

    Les policiers m’ont donné l’impression de se plaindre un peu du pouvoir politique qui tarde à leur donner des instructions, ne met pas à leur disposition des canons à eau, d’autres véhicules anti-émeutes, etc… C’est le syndrome Malek Oussékin… Et on peut le comprendre.

    Alors que faire ? Il faut considérer les policiers comme les autres citoyens. Certes, il ne faut pas oublier qu’une jeune étudiant de 21 ans a perdu l’usage d’un œil à la suite d’un tir d’un flash-ball. C’est extrêmement grave et ce n’est pas la première fois. Mais accuser toute la police de tels manquements serait injuste.

    La situation est délicate, on se demande s’il ne faut pas, au préalable, une évolution politique. Mais que vaudrait un changement politique sans une nette amélioration économique du plus grand nombre ?

     

  • Suppression des visas pour l’entrée des Turcs en Europe: L’Union européenne ne doit pas céder

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    Suppression des visas pour l’entrée des Turcs en Europe: L’Union européenne ne doit pas céder

    Tout le monde critique le double jeu de la Turquie qui soutient en sous main les ennemis de la coalition occidentale au motif que c’est ce double jeu qui sert le mieux ses propres intérêts nationaux. Or, ses intérêts reviennent à annihiler toute tentative d’ériger un futur état kurde indépendant. D’un autre côté, c’est d’insérer l’Europe, qui se refuse à l’admettre en son sein, dans un corset d’acier pour lui imposer ses propres vues et lui soutirer des milliards. Et comme Madame Merkel suit son propre jeu et impose au reste de l’Union ses propres vues, Les Turcs ont su profiter de cette faille. Mais le plus grave, ce n’est pas l’argent, ce sont les Turcs qui peuvent désormais entrer en Europe sans visa. En fait, ce n’est pas bien grave, mais cela signifie qu’ils viendront et resteront. C’est une manière d’imposer son entrée concrète dans l’Europe ; une fois que les gens seront là, comment faire pour les renvoyer chez eux ? Madame Merkel confond un peu trop ses propres intérêts avec ceux de l’ensemble de l’Union. Il est évident que certains pays européens très catholiques comme la Pologne, la Hongrie et quelques autres n’accepteront pas d’ouvrir leur pays à une invasion étrangère. Que va faire la France ? J’ai entendu des députés européens français exprimer les plus sérieuses réserves concernant ces facilités accordées à un Etat turc dirigé par des islamistes. Je ne pense pas que les référendums sur l’entrée de la Turquie au sein de l’UE seront favorables à ce pays. Même les diplomates européens à Paris sont d’avis que l’on ne respectera pas ces promesses faites à une Turquie en position de force. Il faudra attendre que la situation se règle en Syrie, que les flux migratoires se stabilisent, voire se tarissent et l’Europe négociera avec ce voisin instable en position de force. Personne n’acceptera que 85 millions de Turcs entrent en Europe. Pour faire partie de l’UE il faut partager un minimum de valeurs communes avec l’humus culturel de ce continent. Or, on voit que l’actuel président turc n’hésite pas à faire embastiller des adversaires politiques, des journalistes indépendants et des Kurdes indépendantistes. L’UE risque d‘éclater sur l’épineuse question turque : on peut accorder des facilités commerciales à la Turquie mais sans l’admettre au sein de l’UE. Elle est une puissance régionale dont la zone d’influence s’étend des anciennes républiques musulmanes soviétiques à la Syrie et à l’Irak. Vous voyez l’Europe ayant une frontière commune avec l’Irak et la Syrie, deux pays arabo-musulmans en pleine déliquescence ? C’est impensable. Madame Merkel va subir des déconvenues électorales dans quelques mois. Aucun pays ne pourra réussir le pari qu’elle engage.

  • Que va devenir la loi travail?

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    Que va devenir la loi travail?

    Visiblement, cette loi est mal partie. D’abor, le nom qui lui est donné abusivement n’est pas juste. Madame El-Khomry est très touchante, très émouvante, mais elle n’a pas les épaules assez larges pour porter une telle loi. N’y voyez aucun machisme ni aucune réserve, une telle législation nécessite un certain coffre et une certaine expérience. Or, sans être désagréable, le compte n’y est pas.

    Hormis cette question de personnalité, le projet de loi était très bon à l’origine, avant d’être vidé de son contenu. Or, même les frondeurs du PS refusent de voter le texte en l’état. La droite, quant à elle, juge le texte dénaturé puisque le gouvernement a dû céder sur un certain nombre de points.

    Il est difficile de rentrer dans le détail mais certains points étaient de nature à transformer en profondeur les relations entre employeurs et employés. Notamment quand on privilégie les ententes au sein de l’entreprise, au détriment des accords au plan national. Les syndicats se sont sentis marginalisés.

    Il y a aussi les facilités de licenciement qui ne passent pas. Les syndicats et la gauche ne veulent pas qu’une entreprise multinationale puisse dégraisser ses effectifs en France tout en ayant une exploitation florissante à l’étranger. Enfin, il y a la surtaxassions des CDD. Cette mesure arrachée à Manuel Valls a braqué durablement le Medef qui souhaite désormais le retrait de la loi.

    Que va t il se passer à l’Assemblée ? Selon le dernier comptage il manquerait 40 voix pour l’adoption de la loi. Va t on retirer le texte ? Ce serait catastrophique pour l’image du président et de son gouvernement. Après le retrait de la loi sur la déchéance de nationalité, ce serait le coup de grâce. Le gouvernement est donc à condamné à vivre entre le marteau et l’enclume : soit recourir au 49,3 soit plier et dénaturer le texte encore plus.

    Ja France reste rétive au changement. C’est ainsi, on n’y peut rien, la preuve !

  • Le culte rendu à Jeanne d’Arc et les racines chrétiennes de la France éternelle

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    Le culte rendu à Jeanne d’Arc et les racines chrétiennes de la France éternelle

    Vive Jeanne d’Arc, vive la pucelle d’Orléans. Tout le spectre politique, l’extrême gauche exclue évidemment, se retrouve en elle, ne lui découvre que des qualités et s’affiche, pour ainsi dire, avec elle. Cela marque aussi l’acuité de la crise identitaire en France. Un grand parti politique d’opposition a d’ailleurs trouvé un slogan qui fera florès : la France de toujours, ce qui évoque la France éternelle, celle que les habitants de ce pays connaissaient avant que leur pays ne soit ouvert aux quatre vents, contraint d’accepter des vagues migratoires que certaines n’hésitent pas à comparer à des submersions.

    Comment voir en Jeanne une pionnière dans ce combat contre la dés-identification de la France ? L’idée qu’on y puise ces jours-ci est la suivante : la pucelle d’Orléans a mené une bataille victorieuse contre l’occupation d’une partie du territoire par une puissance étrangère. Ce que des partis, bien connus, assimilent à une présence communautariste excessive. On voit bien à qui ils font allusion.

    Si l’on observe bien les unes des journaux, les informations à la radio et les conversations entre amis, on se rend immédiatement compte que c’est une culture religieuse, une seule, toujours la même, qui est en cause et fait l’objet d’un rejet de plus en plus affirmé. Si demain matin il y avait un référendum en France sur la question, les Français (et pas seulement eux) voteraient à une écrasante majorité pour la préservation de l’identité nationale contre ce qu’ils considèrent comme un grave danger. Et le discours, évidemment très orienté de Jean-Marie Le Pen ce jour va dans le même sens. Il reprend à son compte l’idée et l’image du grand remplacement de la population autochtone chrétienne par des gens venus d’ailleurs, avec leurs coutumes, leurs traditions et leur mode de vie qu’ils tentent d’imposer sur place.

    Il faut que les gouvernants prennent garde, à droite comme à gauche. Cette affaire doit être réglée, il ne faut pas la sous estimer car il y va de la cohésion sociale. Si l’écrasante majorité de la population française ne veut plus des communautaristes, il faut en tenir compte et tarir, assécher les canaux de l’immigration légale et illégale. Il ne faudrait pas que cela devienne un thème majeur de la prochaine campagne présidentielle.. Mais surtout pas de politique de l’autruche.

    Regardez ce qui s’est passé en Corse il y a quelques jours. Il ne faut pas que cela s’étende. Il convient d’agir et de faire en sorte que la France reste la France, chrétienne, judéo-chrétienne, que ses fêtes soient respectées, tout comme ses pratiques et ses traditions.