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  • Nuit debout place de la République : Attention !!

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    Nuit debout place de la République : Attention !!

    Depuis deux nuits, le gouvernement est confronté à un grave problème dont je ne suis pas sûr qu’il ait pris la vraie mesure : une mobilisation de la jeunesse de France, à laquelle viennent s’agréger toutes sortes de gens insatisfaits de leur vie, de leur travail, bref de leur existence. Cette coagulation de tous les mécontents risque d’être dangereuse pour le gouvernement et notamment pour le couple de l’exécutif. Pourquoi ? d’abord parce que, visiblement, le président et son Premier Ministre ne sont pas vraiment sur la même longueur d’ondes. A l’évidence, la nature conciliatrice du plus grand tricoteur de synthèse du pays ne coïncide pas vraiment avec celle plus enflammée, plus ibérique de Manuel Valls. Souvenez vous de ses déclarations presque guerrières, on ira jusqu’au bout, on ne cédera pas, etc… Et depuis ce temps là c’est la bérézina pour le gouvernement. Il faut donc se rendre à l’évidence, il n’a pas choisi la bonne méthode. Ce fut le cas pour la déchéance de la nationalité, contestée par la propre majorité du gouvernement. On connaît la suite : la droite parlementaire a exploité les divergences entre les deux, enfonçant un coin entre l’Elysée et le parlement. Le président du sénat l’a dit : on a collé au projet initial du Président devant le congrès à Versailles. Sous entendu : revenez au texte initial et on le votera. C’était impossible. Le président a dû renoncer. Comment voulez vous qu’il retire la loi Elkhomry, aujourd’hui ? La seule chose qu’il puisse se permettre, vu l’étroitesse de sa marge de manœuvre, c’est de la vider encore un peu plus de son contenu réellement novateur. En fait, l’action a été très mal engagée. On se demande qui conseille vraiment l’Elysée et qui conseille Matignon …

    Il faut dire que depuis des mois, ce gouvernement gouverne contre une partie croissante de la majorité qui l’a élu. Ceux que l’on nomme les frondeurs conservent une énorme capacité de nuisance et ce sont eux qui sont à l’origine de l’abandon de tenir congrès à Versailles. Il y a aussi les syndicats qui sont vent debout contre toute réforme mettant en cause les droits fondamentaux des salariés. Et il y a, dernier mais non moindre, l’opposition au sein même du parti socialiste qui ne croit plus en Fr. Hollande, veut lui imposer une primaire dans l’espoir qu’il ne franchira pas la barre. Cette situation est inédite.

    Et comme un malheur n’arrive jamais seul, il y a ce mouvement qui a décidé de passer les nuits place de la République et anime des débats sur une autre culture, un autre système, bref une autre voie que celle suivie par ce gouvernement. On n’a jamais connu ce type de contestation en France.

    Espérons que dès le début de la semaine prochaine le gouvernement trouvera le moyen de stopper ce nouveau mouvement de contestation. Surtout à moins de douze mois de la présidentielle.

  • Angela Merkel, les migrants et le terrorisme

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    Angela Merkel, les migrants et le terrorisme

    La chancelière allemande a été contrainte de reconnaître les limites de son action en faveur d’un accueil illimité pour les réfugies. Elle vient de se rendre compte de la complexité de la chose, elle qui pensait naïvement faire de futurs petits Allemands à partir de réfugiés économiques et politiques du Proche Orient. Il n’est pas question de dire que tous les rescapés de la Méditerranée sont des infiltrés de Daesh mais il suffit de quelques dizaines de faux demandeurs d’asile (et c’est certainement le cas) pour perpétrer des coups comme ceux de Paris et de Bruxelles.

    Je suis de plus en plus convaincu que la motivation de la chancelière allemande est essentiellement et d’intention première, économique et nataliste. Elle sait que dans peu d ‘années, l’Allemagne manquera de bras, que sa population ne se renouvelle même plus, en raison d’une natalité en chute libre. Si l’on ne trouve pas de solution, ce serait la ruine pour l’Allemagne. Il est légitime que le chef du gouvernement allemand en soit préoccupé.

    Mais elle a visiblement sous-estimé les risques. Maintenant, elle tente de faire discrètement machine arrière, sans trop paraître se désavouer. Mais les dégâts sont déjà là et ses alliés au gouvernement commencent à s’agiter. Les résultats des trois dernières élections régionales ont été désastreuses pour la CDU que Me Merkel préside. Les caciques du parti commencent eux aussi à se poser des questions.
    Qu’on nous comprenne bien : tous les hommes sont faits à l’image de Dieu, tous les êtres humains sa valent, tous ont les mêmes aspirations, mais tous n’ont pas la même culture. Et quand nous parlons de culture, nous pensons à l’humanisme, à la solidarité humaine, au fait que notre frère le reste même s’il croit, prie et pense autrement que nous.

    Cela s’appelle le refus de l’exclusivisme religieux. Or, il est une culture religieuse qui commence à poser à toutes les civilisations un problème global. En fait, si l’islam était interprété autrement que selon le mode de Daesh et des salafistes, nous n’aurions pas ces attentats et cette grave discrépance entre notre culture judéo-chrétienne et la leur…

    Madame Merkel a dû comprendre que même le gouvernement français, si ami des monarchies du Golfe et de l’Arabie, commence à s’interroger sur une telle alliance contre nature. Partout, on reconnaît que ces pays financent les salafistes et donc nourrissent les g-futurs adeptes du terrorisme.

    Or, toute religion digne de ce nom n’a rien à voir avec les meurtres, les décapitations, les viols et les exactions de toute sorte.

    Nous savons que la police allemande a déjà interpellé des suspects, mais sera ce suffisant ? Je souhaite qu’une catastrophe du style de Paris ou Bruxelles ne se produise jamais…

  • Il y a 56 ans, un 29 favrier, le tremblement de terre d’Agadir

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    Il y a 56 ans, un 29 favrier, le tremblement de terre d’Agadir

    Aux morts sans sépulture, in memoriam

    Encore un peu et je manquai à mes devoirs les plus élémentaires, à savoir rendre hommage à la mémoire des victimes du tremblement de terre d’Agadir qui fit des milliers de morts et ravagea ma belle ville natale en quelques fractions de secondes. Je suis né à Agadir et ai vécu cette terrible nuit au milieu de laquelle un séisme de forte intensité a réduit en poussière le lieu où j’ouvris les yeux sur le monde pour la première fois. Je me souviens encore très bien du déroulement des événements. Il y avait eu des signes annonciateurs de la catastrophe, des petites secousses qui se produisirent en plein jour, alors que nous étions dans les salles de classe. J’eus la sensation que les entrailles de la terre, le sol sur lequel nous posions nos pieds était traversé de courants électrique. L’institutrice Madame Ouaounou nous fit évacuer précipitamment la salle. Je me souviens de ce jour là : rentré à la maison, je relatai à ma mère avec un large sourire ce qui me paraissait être un événement anodin, rompant la triste monotonie de nos journées. Ma mère ne dit rien, elle leva les yeux, me regarda fixement et en son for intérieur, s’abstint de me dire la gravité de l’événement que nous venions de vivre.

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  • Que va devenir Bachar ? La lourde erreur de la diplomatie française

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    Que va devenir Bachar ? La lourde erreur de la diplomatie française

    J’ai toujours eu la plus haute estime pour les capacités intellectuelles et l’habileté diplomatique de Laurent Fabius. Mais je n’ai jamais vraiment bien compris son acharnement, proclamé urbi et orbi, contre Bachar. Il a fait de son départ l’alpha et l’Omega de la diplomatie française en Syrie. Pendant ce temps, les Russes ont mieux compris la situation au point de remettre Bachar en selle et de faire de lui un passage obligé de toute solution politique et même militaire. Pourquoi les Français ont ils maintenu cette position jusqu’au bout au point d’être lourdement démenti par les faits ? Probablement pour complaire aux Saoudiens et aux monarchies du Golfe. Les gérontes saoudiens voulaient exclure Bachar et par souci de nature commerciale et financière, la diplomatie française leur a emboîté le pas. A tort. Puisque Bachar avec le soutien du Hezbollah et des Russes a reconquis Palmyre et que les Irakiens vont en faire autant pour Rakka en Syrie et Mossoul en Irak. Lorsque Vladimir Poutine annonçait à grand renfort de publicité qu’il rapatriait ses forces armées de Syrie, en fait il ne prélevait qu’une infime quantité des forces spéciales et aériennes. Ne dit on pas que le fer de lance de la reconquête de Palmyre était constitué par les forces spéciales russes ? Le problème le plus grave auquel nous soyons confrontés tient à l’animosité des USA à l’égard des Russes. Les Français pensaient naïvement que Obama donnerait son accord, ce qu’il a refusé de faire. C’est dommage bien que l’on puisse comprendre cette attitude : comment pactiser avec un homme qui a démembré un pays voisin ? Comment travailler de conserve avec Poutine alors qu’il a annexé la Crimée ? Mais les Français ont eu tort de s’arcbouter sur le cas de Bachar. Aujourd’hui, l’idée a fait son chemin : l’armée syrienne se bat sur place et Bachar est son chef : impossible de l’ignorer. Espérons que l’on ne persistera pas dans l’erreur : il faut dissocier le cas de Bachar de tout le reste. Je ne vois pas comment il pourrait se maintenir au pouvoir après de telles effusions de sans de son propre peuple.

  • Bible et poésie de Michael Edwards, Editions de Fallois

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    Bible et poésie de Michael Edwards, Editions de Fallois

    J’ai lu ce livre avec l’impatience que l’on devine et en un laps de temps assez court, non pas que le sujet ne fût pas important mais simplement en raison de mon vif intérêt pour la littérature biblique. Et j’ai perçu sous la plume de l’éminent auteur, le seul Britannique membre de l’Académie française, en plus de son attachement viscéral à une certaine forme de catholicisme, (il parle de sa conversion à cette religion), une véritable passion pour le sujet traité.

    Ce livre est le résultat d’une série de conférences prononcées en différents lieux mais sa cohérence est tout à fait acceptable ; je me suis posé la question de l’intitulé du titre : Bible et poésie… Et pas Poésie biblique ni la Poésie dans le Bible. La raison est vite trouvée et nous vient des pages sagaces que l’auteur consacre au langage en général lequel possède plusieurs facettes dont certaines nous demeurent secrètes, comme le prouve, du reste, l’approche des kabbalistes juifs ou chrétiens, et aussi, on dirait même, surtout, les poètes. M. Edwards relève avec justesse que la première intervention du premier homme ne se fait pas n’importe comment (Dès que le premier homme ouvre la bouche, il le fait en vers…) Et la Bible qui se présente, tant chez les Juifs que chez les Chrétiens, comme la parole de Dieu, confère à la langue, de ce seul fait, une indéniable solennité, une sorte d’allusion à un état de langue presque adamique que nous aurions perdu, ce verbe qui a justement servi à Dieu lors de la création. Il y a là une nostalgie ou un espoir de cet univers divin disparu qui survit tant bien que mal dans un niveau de langue que l’on qualifie volontiers de poétique. Le verbe créateur, le logos, ne saurait s’apparenter à ce qui apparaît prima faciae du langage.

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  • Les sept péchés capitaux et la tradition juive

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    Les sept péchés capitaux et la tradition juive

    Le christianisme est né dans une matrice juive. C’est son moule originel. La prière la plus emblématique du christianisme est le Pater Noster lequel reprend presque mot pour mot le kaddish juif et hébraïque.

    Développer la notion de péché, de transgression. Toute culture religieuse est fondée sur deux plans : ce qu’il est recommandé de faire et ce qu’il est interdit de faire, sous peine des pires sanctions. C’est un véritable système binaire

    Pourquoi capital ? S’agit-il des manquements les plus graves ou les plus sévèrement condamnés, donc les plus châtiés ?

    Le chiffre sept est un chiffre symbolique : les sept jours de la semaine, les sept signes du zodiaque , les sept ans de la jachère, les sept jours au cours desquels on ne consomme que du pain azyme pendant la Pâque juive

    Le chiffre sept est aussi considéré par la tradition juive comme étant l’équivalent de la nature, c’est-à-dire un stade inférieur à celui de la Tora, censée incarner le niveau de la spiritualité.

    Pourquoi avoir listé les péchés capitaux au point d’en faire une doctrine cardinale de la théologie chrétienne ?

    Peut-être était ce pour s’émanciper du modèle juif et élaborer une théorie principalement chrétienne tout en gardant présent à l’esprit ce paradigme juif.

    On peut évoquer deux modèle juifs qui auraient pu gésir au fondement de ces sept péchés capitaux :

    1. l’un est une référence scripturaire, c’est-à-dire un emprunt à la tradition écrite du judaïsme, donc la Bible. Et là il s’agit nécessairement des Dix Commandelments ou Décalogue ; lequel en commandement positifs et en commandements négatifs.
    2. L’autre source émane de la littérature talmudique et provient des sages de l’Antiquité. Il s’agit des sept lois dites noachides, c’est-à-dire des fils de Noé, le rescapé du Déluge et donc le père d’une humanité nouvelle, débarrassée de ses souillures lesquelles étaient si affreuses qu’elles avaient incité le créateur à détruire sa création. Fait caractéristique : ces lois destinées à l’humanité civilisée, mais non bénéficiaire de la Révélation du Sinaï au cours de laquelle fut remis le Décalogue, sont au nombre de sept.

    Est ce que cette coïncidence est le fruit du hasard ? Je ne le pense pas. Mais là où les sept péchés capitaux portent principalement sur le domaine de la psychologie humaine, les lois destinées aux Noachides exigent la foi en Dieu, le respect des parents, prohibent le meurtre et l’adultère, interdisent de consommer le membre d’un animal encore vivant, ordonnent l’établissement de tribunaux pour rendre la justice.

    Il s’agit des grandes lignes d’un vivre ensemble. Par rapport au Décalogue, on peut dire que l’on parvient au chiffre sept des péchés capitaux si l’on fait abstraction des trois premiers commandements : a) je suis l’Eternel ton Dieu qui t’ai fait sortir d’Egypte b) tu n’auras pas d’autre Dieu que moi c) tu ne te feras aucune idole…

    Les sept commandements restants peuvent se rapprocher des sept péchés capitaux dans la mesure où ils couvrent à peu de choses près le même espace.

    Bien entendu, on doit faire abstraction du commandement qui ordonne le respect du repos et de la solennité du sabbat.

    Et si l’on examine de près les péchés en questions, on se rend compte qu’on quitte le terrain proprement religieux pour aboutir à un domaine annexe, celui de l’éthique.

    Les relations entre le religieux et l’éthique ont toujours préoccupé à la fois les théologiens et les philosophes. Depuis Aristote dans son Ethique à Nicomaque, on peut lire que l’homme est animé par deux types de vertus ou de qualités, éthiques et dianoétiques, c’est-à-dire respectivement psychologiques et intellectuelles. Et Aristote indique en passant que les qualités intellectuelles d’un individu peuvent parfois compromettre gravement l’exercice de ses facultés intellectuelles. On peut parler d’une altération des facultés mentales empêchant l’individu.

    Sauf erreur de ma part, ces péchés capitaux qui mettent précisément en garde contre la colère, l’orgueil, la luxure, la gourmandise, l’avarice, l’envie, la paresse, etc… constituent l’idéal d’une humanité éthique. Certes, la foi en Dieu n’est pas mentionnée mais il est évident qu’elle va de soi, la question ne se pose même pas.

    Si j’ai parlé des deux textes, l’un biblique, l’autre extra biblique, c’est-à-dire talmudique, je dois aussi m’en référer à d’autres textes qui contiennent pratiquement les mêmes prescriptions.

    Il existe un traité talmudique très populaire par lequel on comme toujours l’instruction des jeunes enfants, il s’agit des Pirké Avot (Chapitres ou dicta des Pères) qui distillent les mêmes recommandations trouvées dans les sept péchés capitaux. Un exemple : le timide, nous dit-on n’apprendra rien de l’enseignement qu’on lui dispense et le nerveux ou le coléreux sera toujours un mauvais enseignant… Celui qui mange trop, pèche par gourmandise : lors de ses obsèques, il y aura dans sa tombe plus de vers de terre pour ronger son cadavre. En revanche, l’homme qui sait se dominer, qui fait preuve de retenue en toutes circonstances vaut bien plus qu’un héros qui conquiert toute une ville à lui seul.

    Le reste de ces Chapitres des Pères trahit de grandes similitudes avec la morale stoïcienne, ce qui est aussi le cas des péchés capitaux, sauf que la philosophie grecque ignore absolument la notion de péché, juge impensable l’idée même de Révélation et la notion de monothéisme éthique.

    Or, c’est justement ce monothéisme éthique qui transparaît à travers ces sept péchés capitaux. Ce qui est, selon moi, hautement intéressant, touche aux relations entre le fruit de la religion, donc de la Révélation, et le fruit de l’éthique, donc de la spéculation humaine. Une spéculation qui n’a plus besoin de s’appuyer sur la Révélation, donc sur un héritage religieux.

    Cette confrontation entre l’héritage religieux et l’héritage éthique nous conduit vers des philosophes allemands tel Kant mais aussi Martin Buber et Franz Rosenzweig.

    Je résume succinctement la belle formule kantienne : le ciel étoilé au-dessus de ma tête et la loi morale gravée dans mon cœur…

    Dans son livre Je et Tu qui reste à ce jour un succès planétaire, Martin Buber a insisté sur l’importance de l’autre homme, celui auquel on dit tu et sans lequel nous ne pourrions pas dire, donc nous n’existerions pas, ce qui fit dire à Emanuel Levinas : Mon moi, ce sont les autres. C’est évidemment la phrase la plus emblématique de toute philosophie éthique.

    Dans son Etoile de la rédemption, Rosenzweig va encore plus loin. A ses yeux, l’éthique est ce qui unit toute l’humanité croyante. Et surtout il tente de réduire cette séparation irréductible entre judaïsme et christianisme. A la fin de son grand’ œuvre, il écrit explicitement que Dieu a besoin du Juif et du Chrétien, et que judaïsme et christianisme prennent une parte égale à la vérité.

    D’une certaine manière il rapproche donc cette tablette que sont les sept péchés capitaux des tables de la loi.

     

  • L’eglise de France devrait suivre l’exemple de l’abbé Grosjean

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    L’eglise de France devrait suivre l’exemple de l’abbé Grosjean

    C’est l’article de Jean-Marie Guenois dans Le Figaro qui a attiré mon attention sur ce jeune prêtre, dit atypique, alors que tous ses collègues de son âge ou moins jeunes devraient lui ressembler. Sous ma plume, une telle adhésion ne laissera d’étonner quelques esprits chagrins tandis que d’autres me reprocheront de me mêler de la paroisse du voisin au lieu de me cantonner à la mienne… Mais peu importe, le cas de cet abbé me semble emblématique. Il est un authentique éveilleur des consciences.

    On ne trouvera pas en moi un ami ni un adepte des intégristes catholiques, ce serait folie. Mais depuis des années je réfléchis sur ce silence, d’aucune diront cette léthargie de la haute hiérarchie catholique de France et ne réussis toujours pas à comprendre. Les prélats, avancés en âge et donc moins susceptibles de s’enflammer pour leur sacerdoce, entrainent de larges pans de leurs diocèse dans une sorte d’endormissement qui pourrait avoir des conséquences fatales si l’on n’y mettait pas le holà Alors comment s’explique cette langueur dont l’église de France semble être affectée depuis des décennies et qui profite largement à une autre religion, plus entreprenante et plus nerveuse ?

    Je ne vois qu’une raison historique : nous vivons encore l’après-coup de la loi de séparation qui cherchait à combattre un cléricalisme de très mauvais aloi et qui semblait presque prendre en otage la vie politique du pays, surtout à une époque à la partie saine de l’église (celle rejetant l’antisémitisme et honorant les racines juives de l’église) n’était pas vraiment en position de force ni même majoritaire. L’église a donc peur de se voir reprocher cette main mise indue et d’un autre temps. D’où cette excessive prudence dont d’autres avec les attentats et le prosélytisme ne s’embarrassent guère.

    Il me semble que l’église doit suivre l’exemple de ces jeunes prêtres, adeptes d’un renouveau religieux respectant les croyances d’autrui et propageant le message authentique de Jésus (moi qui suis juif comme lui), à savoir, l’amour, le respect et la solidarité avec tout ce qui est à l’image de Dieu. Comme les autres grandes cultures religieuses, le christianisme a commis des erreurs, voire même des fautes graves. Et je sais personnellement de quoi je parle. Mais aujourd’hui, l’église doit chasser cette mauvaise conscience, elle doit prouver qu’elle ne vit plus dans une sorte de repentance perpétuelle, cela suffit, elle a déjà maintes fois demandé pardon. Elle ne va tout de même passé sa vie à genoux.

    Elle doit re-catéchiser les gens nés chrétiens. Je suis éberlué en voyant que des jeunes se convertissent à une autre religion, sans même connaître suffisamment la leur. Comment quitter quelque chose qui nous accompagne depuis la naissance, sans même avoir appris à le connaître ? Je suis sidéré quand j’apprends que de jeunes Bretons et Normands changent de religion et vont même donner leur vie sur des théâtres d’opérations où ils n’ont rien à faire…

    L’église ne saurait elle plus réunir, retenir et éclairer ses enfants ? C’est le minimum que l’on puisse attendre d’elle. Elle peut et doit respecter l’ordre républicain, mais elle ne doit pas oublier de se faire aussi respecter. L’église d’aujourd’hui ne compte plus de prêtres capables de recréer une affaire Finaly. Ces temps là sont révolus. Mais la France reste la fille aînée de l’Eglise. L’abbé Grosjean ne semble pas l’oublier chaque jour que D- fait.

  • Les grèves en France : le risque d’un soulèvement social existe

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    Les grèves en France : le risque d’un soulèvement social existe

    Je m’explique : hier et avant hier j’étais à Marseille pour participer à un colloque sur les sept péchés capitaux. De retour à Paris, gare de le Lyon, je me retrouve nez à nez avec des manifestants battant le pavé et une myriade de CRS et de Gardes mobiles armés jusqu’aux dents. Il pleuvait, il faisait froid et pas un seul taxi à l’horizon, je prends mon courage à deux mains et remonte l’autre avenue, sous la pluie, cela durera une heure, sans succès, pas un seul taxi et toutes les rues bloquées. De guerre lasse et la goutte au nez je m’en reviens tristement dans la file d’attente des taxis. Il faudra attendre près d’une demi heure avant de pouvoir m’embarquer dans un taxi me ramenant à Victor Hugo. J’ajoute que dans la file d’attente il y avait des femmes avec des bébés en larmes et vieilles dames trainant laborieusement des valises… Parfois la douleur déformait leur visage.

    Pourquoi ai je rappelé cela ? Parce que je pense que la France traverse une crise bien plus profonde qu’on ne le croit généralement. Ces grèves à répétition, ce refus des réformes , cet entêtement à rejeter tout changement, sont les signes avant-coureurs d’une grave crise sociale. Et ce qui m’y conduit, c’est la phrase d’une jeune étudiante qui a été citée tout à l’heure : elle a dit que l’on ne voulait pas de cette société qu’on nous prépare. Du coup, j’ai pensé à mai 68 qui a prospéré sur un humus comparable à ce que nous vivons. C’est-à-dire à des contestations et à des manifestations à répétition. Rendez vous compte : les protestataires finissent une manifestation mais auparavant ils ont décidé de la date de la prochaine sur la place publique. Depuis un mois, cela ne s’arrête pas. Comment faire et que faire ?

    Certes, l’exécutif actuel traverse de grandes difficultés, mais un autre aurait il eu plus de succès ? C’est peu probable ? La France qui a voté il y a quatre ans ce qu’elle a voté, voterait-elle de la même manière aujourd’hui ? L’exécutif a été affaibli par cette affaire de déchéance de nationalité et a dû reculer. C’est bien dommage car on avait besoin de cette loi sur un plan symbolique. En fait, les divergences entre l’assemblée nationale et le séant ont été amplifiées pour satisfaire à une arrière-pensée politique : empêcher François Hollande de se prévaloir du rôle hautement envie et recherché de père protecteur de la nation, une nation rassemblée autour de son chef. Cela aurait permis au président de repartir sur de nouvelles bases et l’aurait en meilleure posture pour candidater en 2017. Et qui sait, cela l’aurait peut-être aidé à se faire réélire.

    La classe politique et les luttes partisanes en général nous font perdre de vue l’essentiel. Et on appelle cela la démocratie. Churchill avait raison en en donnant la définition qu’il en avait donné : le pire des systèmes à l’exclusion de tous les autres… Je me demande s’il ne faut pas réformer tout cela, je me demande s’il ne faut pas repenser la démocratie, la justice, la défense et tout le reste. Quand vous pensez que les terroristes du Bataclan et de Bruxelles dont on a retrouvé les traces ADN et les empreintes digitales, donc contre lesquels nous disposons de preuves irréfragables, sont appelés, les terroristes présumés ! C’est une offense à la mémoire des victimes.

    Et cela aussi contribue à gonfler le mécontentement intérieur. On besoin d’une gouvernement fort, d’un paysan uni et rassemblé. Sinon, c’est l’explosion.

     

  • Le 4 avril, renvoi des réfugiés vers la Turquie : un nouvel Exodus à l’envers ?

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    Le 4 avril, renvoi des réfugiés vers la Turquie : un nouvel Exodus à l’envers ?

    L’image s’est imposée à moi d’un coup. J’ai vu les premiers bateaux chargés de réfugiés les retirant de Grèce, cingler vers la Turquie voisine. Et on sait l’état des droits de l’homme dans ce grand pays à l’écrasante majorité musulmane. C’est d’ailleurs assez étonnant de voir que tous ces réfugiés, eux mêmes islamiques, dédaigner de rester sur place et regardant éperdument vers l’Europe judéo-chrétienne comme un véritable eldorado. Mais derrière les dénominations religieuses, les origines ethniques se trouvent une pâte humaine, partout la même, même si les fossés culturels sont indéniables. C’est toujours le sempiternel débat entre la nature et la culture : tous les mêmes, oui, mais tous si différents et chacun défendant bec et ongles son autochtonie…

    Mais ce cocktail assez atypique de l’île grecque Lesbos, de la Chypre voisine, du Proche Orient, des bateaux, tout cela m’a rappelé le drame de l’Exodus, lorsque des survivants de l’Holocauste voulaient forcer le passage vers la Terre promise , la terre de leurs ancêtres et que la Grande Bretagne mandataire les refoulait. Voire les avait renvoyés pour les parquer dans l’île de Chypre. Il n y a pas si longtemps, sur une terrasse de café de Netanya j’ai croisé une dame d’un certain âge, mariée à un Britannique, et qui me confia être née sur l’île de … Chypre, suite au refoulement de ses parents fuyant l’Europe.

    Bien que je ne sois pas favorable à l’accueil de réfugiés en Europe, en raison des problèmes qu’un tel afflux ne maquera pas de provoquer, notamment l’incapacité à s’intégrer à une civilisation judéo-chrétienne, j’éprouve de la tristesse en pesant à ces pauvres gens qui voient s’éloigner leur rêve. Ils lui tournent le dos. Au fond, l’Europe, c’est, dans leur tête, la Terre promise, le lieu où leurs peines, leurs craintes, leurs dangers auraient cessé… Et voilà que l’Europe, menacée d’être submergée, se plie au chantage turc et conclut un accord avec l’ancien empire ottoman. Sur le dos justement de ces réfugiés : la Turquie a utilisé les réfugiés comme moyen de pression. Elle a fait comprendre qu’elle était incontournable, de la même manière qu’elle a commencé par fermer les yeux sur Daesh. Ce n’est que récemment qu’elle a un peu changé d’attitude, mais il y a encore peu, elle bombardait plus le PKK que Daesh.

    L’accord n’est pas bon et on ne peut pas supprimer les visas pour les Turcs, sans poser de graves problèmes à notre continent. Ce qu’il faut faire, c’est continuer de s’en prendre à Daesh, le battre et restaurer une vie normale pour des millions de gens qui ont dû fuir la guerre.

    Mais voilà, le président Obama refusait de s’engager davantage et s’il le fait depuis quelque semaines, c’est simplement pour contrebalancer l’énergique intervention russe qui a modifié la situation sur le terrain. L’Américain courait le risque de se voir reprocher son inaction, face à d’incontestables succès russes sur le terrain. On l’a encore vu pour la ville de Palmyre. Les Irakiens, eux aussi, se lancent à la reconquête de Mossoul, tandis que l’étau autour de Rakka, pseudo capitale des islamistes se resserre.

    Décidément , cette partie du monde, là où Dieu s’était pourtant révélé, ne connaîtra jamais la paix. On a l’impression que la confrontation des civilisations, le choc des cultures, sont devenus plus durs.. Là, on aurait besoin de grands leaders, animés d’une grande vision et porteurs d’un grand projet, on trouve des bricoleurs qui gèrent à la petite semaine, comme les grands pays de l’UE.

    Que faire ? Faire en sorte à ce que le drame de l’Exodus ne se reproduise plus, ramener les gens chez eux, sans les chasser, leur assurer un minimum de sécurité et de vie meilleure. Mais l’Europe ne peut plus intégrer personne. Il faudra aussi préciser les frontières de l’UE. Il n’est pas question d’avoir une frontière commune avec les républiques du Caucase ou la Syrie.

  • La nébuleuse terroriste qui s’étend sur toute l’Europe…

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    La nébuleuse terroriste qui s’étend sur toute l’Europe…

    Les terribles attentats de Bruxelles semblent avoir eu un effet à la fois cathartique et déclenchant sur l’ensemble de la nébuleuse terroriste. On a l’impression qu’on vient enfin de donner un grand coup de pied dans la fourmilière et que toutes les métastases existant aussi bien Espagne, en Italie, en Angleterre qu’ en France, ont été identifiées. C’est peut-être même ce sentiment de désarroi qui explique l’attentat de Bruxelles, si l’on en croit le testament de certains assassins. Ils se sont sentis acculés, traqués et ont compris que leur neutralisation n’était plus qu’une question de jours. Alors, ils sont passés à l’action et leur réseau a fini par être anéanti. Pourquoi avoir tant attendu avant de faire le m ménage ? C’est la question qui risque de créer bien des remous dans un avenir très proche. J’avais été l’un des premiers à attirer l’attention sur ce point très controversé : mais pourquoi donc ce sinistre quartier de Bruxelles, devenu un véritable islamistan, a t il pu servir de base aux terroristes ? Désormais, la question est ouvertement posée et ce n’est pas un hasard si deux ministres belges concernés ont spontanément remis leur démission qui fut, pour l’instant, refusée. Nous ne sommes pas en train de porter des accusations ; il est simplement question de souligner que les attentats de Paris et ceux de Bruxelles ont été le fait d’un même réseau, d’une même équipe, avec les mêmes méthodes, les mêmes moyens.

    La nébuleuse terroriste, écrivons nous dans le titre de ce papier : en effet, même si l’Etat Islamique est en train de s’effondrer (et ces dernières vingt-quatre heures montrent que le compte à rebours a vraiment commencé) il dispose encore de multiples réseaux dormants dans tous les pays d’Europe. Et, ne l’oublions pas, il y a la Libye où ses hommes prennent pied et à partir de ce pays l’EI pourra menacer les pays du sud de l’Europe.

    Nous espérons que les USA et l’UE ne laisseront pas les terroristes s’installer durablement en Libye avant de tenter de les en déloger. Ce ne sera que plus difficile. Mais en clair, même si l’EI disparaissait –et c’est bien ce qui est en train de se produire- il aura une capacité de susciter des attentats un peu partout dans notre continent.

    L’un des responsables belges de l’antiterrorisme a dit que l’extinction totale de toutes ces cellules dormantes prendrait des décennies. Et il a hélas raison. On a trop attendu.  La Belgique a trop tardé à réagir. Aujourd’hui, tout le monde s’est engouffré dans la brèche. Je l’avais écrit parmi les premiers. Mais aujourd’hui, les médias les plus importants ne se gênent plus pour le dire. Certes, il ne faut pas accabler nos amis belges, il faut respecter la période de deuil. Mais il faut aussi appeler un chat un chat. Comment avoir laissé Molenbeek se transformer en place forte des terroristes ? Je n’oublie pas que c’est de Belgique que sont venus les terroristes qui ont fait 130 morts à Paris en novembre de l’année dernière.

    Puisse l’Europe sortir renforcée de cette terrible épreuve.