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  • Le dépassement du clivage gauche / droite en France ?

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    Le dépassement du clivage gauche / droite en France ?

    C’est bien là ce qu’il faudrait mais les appareils politiques sont trop attachés à leurs sinécures pour y consentir. Regardez l’attitude de François Hollande qui ne changera rien, alors qu’on vient de subir un tremblement de terre politique, il est entièrement paralysé par une date : 2017. Alors qu’aucun sondage, je dis bien aucun, pas même après les résultats des régionales, ne le place présent au second tour. Cet homme fera tout pour se présenter, même si tous les sondages, qui se trompent rarement, devraient l’en dissuader.

    Le premier ministre semble vouloir prendre des initiatives de recomposition du paysage politique, mais il ne vas pas jusqu’au bout : il veut instrumentaliser l’opposition, l’utiliser pour se renforcer et ensuite la combattre pour la vaincre en 2017.

    La seule chose à faire, mais que F. Hollande ne fera jamais, serait de dissoudre l’Assemblée Nationale, de renvoyer le premier ministre, d’en nommer un autre, issu de la nouvelle majorité et d’attendre tranquillement 2017. Comme la nouvelle équipe ne parviendra pas à redresser la situation, F. Hollande pourrait alors se représenter avec quelque chance d’aboutir… Mais au lieu de jouer franc jeu, Manuel Valls veut parler aux nouveaux présidents de régions ; mais pourquoi ne pas opter carrément pour un gouvernement d’union nationale ? Et au bout de cette aventure, chacun reprend sa liberté.

    Ce serait la clarté. Mais les politiques ne choisiront pas cette voie qui mettrait fin à leur hégémonie et à leur suprématie. En France, les citoyens se plient en quatre face aux hommes politiques qu’ils ont eux mêmes élus.. Les rôles sont inversés !

    Il est absolument incompréhensible que le président de la République ne s’exprime pas, il est incompréhensible qu’il ne réagisse pas à ce tsunami politique qui a porté le FN aux portes du pouvoir. Le PS est une coque vide qui tente péniblement de reprendre la main, LR sont secoués de plusieurs crises profondes, et le FN paraît plus solide et plus fort que jamais.

    Prenons garde, si le pouvoir finasse au motif qu’il a pu sauver les meubles, les ferments de la discorde sont à l’œuvre souterrainement et ne manqueront pas de se manifester un jour ou l’autre. Il faut éviter à la France de violents soubresauts.

  • Du remue-ménage contre Daesh

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    Du remue-ménage contre Daesh

    Si la coalition arabo-islamique que vient de former Ryad a un sens et est vraiment destiné à fonctionner et à ne pas rester lettre morte, alors le royaume wahhabite a enfin compris qu’il jouait sa survie et a décidé de prendre le taureau par les cornes. Le royaume des gérontes a aussi compris qu’il fallait contrer sur le terrain les menées subversives de l’Iran qui commence à se replier et à se retirer en raison des très lourdes pertes essuyées en Syrie dans sa violente confrontation avec Daesh. Notamment au niveau des hauts gradés des Gardiens de la révolution.

    Les Saoudiens ont déjà fourni un gros effort visible, ils ont un jeune ministre da lé défense, ce qui est rassurant. Celui-ci a annoncé la mise sur pied de cette coalition militaire qui ne comprend pas l’Iran. Ce qui montre que tout ce qui se passe en Syrie est en fait la reproduction de l’hostilité à peine dissimilée entre ces deux puissances hégémoniques.

    L’Iran et l’Arabie sont deux puissances dont les intérêts divergent profondément au Proche et au Moyen Orient. Leurs visions respectives de l’avenir sont inconciliables, leur confrontation n’est pas encore directe au plan militaire mais risque de se détériorer rapidement. Ce n’est pas ce que nous souhaitons.

    Une opposition encore plus aigüe existe entre la Russie et la Turquie qui se sent pousser des ailes depuis qu’elle a reçu l’assurance de bénéficier de 3 milliards d’Euros pour fixer sur son sol les réfugiés, les empêchant de débouler sur l’Europe, et depuis qu’elle voit s’ouvrir un chapitre nouveau dans les négociations avec l’UE. Assurément, on peut compter sur la bureaucratie bruxelloise pour faire traîner les choses ; le gouvernement turc le sait mais il utilise ces semblants de succès à des fins de politique intérieure. Mais le plus grave, le plus menaçant, reste la confrontation armée avec la Russie de Poutine, un homme qui ne manquera pas de rendre aux Turcs la monnaie de leur pièce.

    Les Turcs devraient se méfier, l’OTAN ne bougera pas si quelque chose survenait. Ils devraient filer doux et méditer les exemples de la Géorgie et de l’Ukraine.

    Vladimir Poutine ne plaisante jamais.

  • Les élections régionales: après le séisme, l'impasse.

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    Après les élections régionales : après le séisme, l’impasse

    Le front National, contrairement aux apparences, a remporté un double succès : il a amélioré son score en voix, plus de six millions et demi, et il a totalement paralysé le paysage politique français. Du jamais vu, absolument inouï. Certes, les partis traditionnels qui se combattent généralement de façon féroce ont pactisé ensemble, ils sont fait voter les uns pour les autres, allant jusqu’à s’exclure de la représentation dans les régions pour toute une mandature, et ce pour un objectif unique, frustrer le FN de ses victoires. Le problème, c’est qu’une telle solution n’est qu’une rustine et cela ne résout pas la question sur le long terme. Enfin, de manière plus générale, rien ne pourra réformer le système politique où parler aux élus revient à parler à un mur.

    C’est exactement ce qui se passe avec la droite et la gauche en France : depuis l’élection de François Hollande, les choses se sont précipitées ; souvenez vous, un an et demi après son élection, les média se demandaient s’il allait aller jusqu’au bout de son mandat. Aujourd’hui, c’est presque la même situation : aucun parti ne crie victoire, pas même la droite qui engrange quelques régions, dont l’île de France, ni même la gauche qui en conserve cinq. On entend l’actuel Premier Ministre, celui là même qui avait brandi le danger de la guerre civile si le FN l’emportait, dire qu’il faut changer, le PS exiger une inflexion, mais quoi et dans quel sens ? Personne ne le dit. Le problème dans ce pays, ce sont les institutions qui protègent trop le chef de l’Etat, même si sa représentativité est touchée. Je ne dis pas sa légitimité.

    En fait, il faudrait tout changer dès aujourd’hui : changer de premier ministre et dissoudre l’Assemblée Nationale . Mais voilà, peu de gens placent l’intérêt national au premier rang de leurs préoccupations. Les hommes et les femmes politiques en France sont trop attachés à leurs privilèges, à leurs sinécures, pourrait-on dire. C’est triste. Il est quasi certain que, malgré toutes ces effusions, les choses continueront comme avant, l’exécutif actuel n’ayant qu’une obsession : 2017.

    Or seuls 24% du corps électoral, voire du PS, souhaitent la candidature de François Hollande. Cela devrait conduire à réfléchir, mais non ce ne sera pas le cas. C4est triste pour la France.

    Il faut cesser de stigmatiser le FN (pour lequel je ne vote pas) et commencer enfin à comprendre et à respecter les Français qui votent pour lui. Je ne sache pas que ce parti bourre les urnes, je ne sache pas qu’il contraigne les électeurs à voter pour lui. C’est une émanation naturelle de la volonté des gens qui souffrent de la pression étrangère, du communautarisme, des atteintes à la laïcité à laquelle tout le monde tient, du chômage, de l’insécurité et de la submersion par des immigrés.

    Ce ne sont pas là des pensées personnelles, mais le reflet de ce que pensent les presque 7 millions d’élections du FN. Ce serait une erreur que de l’oublier.

    Mais que peut faire M. Hollande à part dissoudre et changer de premier ministre ? Rien. Mais il ne le fera pas, ce qui veut dire que le pays va stagner jusqu’en 2017.

     

  • Les régionales, après le séisme, l'imlpasse.

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    Après les élections régionales : après le séisme, l’impasse

    Le front National, contrairement aux apparences, a remporté un double succès : il a amélioré son score en voix, plus de six millions et demi, et il a totalement paralysé le paysage politique français. Du jamais vu, absolument inouï. Certes, les partis traditionnels qui se combattent généralement de façon féroce ont pactisé ensemble, ils sont fait voter les uns pour les autres, allant jusqu’à s’exclure de la représentation dans les régions pour toute une mandature, et ce pour un objectif unique, frustrer le FN de ses victoires. Le problème, c’est qu’une telle solution n’est qu’une rustine et cela ne résout pas la question sur le long terme. Enfin, de manière plus générale, rien ne pourra réformer le système politique où parler aux élus revient à parler à un mur.

    C’est exactement ce qui se passe avec la droite et la gauche en France : depuis l’élection de François Hollande, les choses se sont précipitées ; souvenez vous, un an et demi après son élection, les média se demandaient s’il allait aller jusqu’au bout de son mandat. Aujourd’hui, c’est presque la même situation : aucun parti ne crie victoire, pas même la droite qui engrange quelques régions, dont l’île de France, ni même la gauche qui en conserve cinq. On entend l’actuel Premier Ministre, celui là même qui avait brandi le danger de la guerre civile si le FN l’emportait, dire qu’il faut changer, le PS exiger une inflexion, mais quoi et dans quel sens ? Personne ne le dit. Le problème dans ce pays, ce sont les institutions qui protègent trop le chef de l’Etat, même si sa représentativité est touchée. Je ne dis pas sa légitimité.

    En fait, il faudrait tout changer dès aujourd’hui : changer de premier ministre et dissoudre l’Assemblée Nationale . Mais voilà, peu de gens placent l’intérêt national au premier rang de leurs préoccupations. Les hommes et les femmes politiques en France sont trop attachés à leurs privilèges, à leurs sinécures, pourrait-on dire. C’est triste. Il est quasi certain que, malgré toutes ces effusions, les choses continueront comme avant, l’exécutif actuel n’ayant qu’une obsession : 2017.

    Or seuls 24% du corps électoral, voire du PS, souhaitent la candidature de François Hollande. Cela devrait conduire à réfléchir, mais non ce ne sera pas le cas. C4est triste pour la France.

    Il faut cesser de stigmatiser le FN (pour lequel je ne vote pas) et commencer enfin à comprendre et à respecter les Français qui votent pour lui. Je ne sache pas que ce parti bourre les urnes, je ne sache pas qu’il contraigne les électeurs à voter pour lui. C’est une émanation naturelle de la volonté des gens qui souffrent de la pression étrangère, du communautarisme, des atteintes à la laïcité à laquelle tout le monde tient, du chômage, de l’insécurité et de la submersion par des immigrés.

    Ce ne sont pas là des pensées personnelles, mais le reflet de ce que pensent les presque 7 millions d’élections du FN. Ce serait une erreur que de l’oublier.

    Mais que peut faire M. Hollande à part dissoudre et changer de premier ministre ? Rien. Mais il ne le fera pas, ce qui veut dire que le pays va stagner jusqu’en 2017.

  • La campagne des régionales en Ile de France : dérapages verbaux.

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    La campagne des régionales en Ile de France : dérapages verbaux.

    Est ce la publication de sondages le donnant battu qui a conduit le candidat PS aux élections régionales à accuser sa concurrente de tels propos ségrégationnistes ? Je ne sais, mais cela augure mal de la suite des événements et d’une certaine nervosité dans le camp de l’actuel président de l’ Assemblée nationale.

    Les mutations se font toujours ainsi, on commence par lancer des idées, et on attend leur retentissement. Ici, le cas est mal choisi même si son objet est bien réel. La vaste région de l’ïle de France n’est plus homogène depuis fort longtemps, on peut même dire que les populations peuplant les différents territoires sont très différentes quant à leurs origines sociales, ethniques, voire religieuses. Et le département de Seine Saint-Denis, surtout à la suite des sanglants événements récents, est généralement pointé du doigt. Mais ajoutons d’emblée quelque chose afin de ne pas être mal compris : l’écrasante majorité de ces populations ne saurait être taxée d’extrémisme et moins encore de terrorisme.

    D’un point de vue sociologique, on ne peut pas nier que des vastes portions de la population française d’origine ont quitté ces lieux, laissant ces quartiers à une population nouvelle qui y a fait souche. Du coup, cela transforme la physionomie du quartier. Ce constat n’est pas toujours fait avec bonne foi, certaines idéologies développant, par exemple, cette fameuse théorie du grand remplacement. Une théorie que certains salafistes imprudents et provocateurs, proclament qu’elle est la leur, urbi et orbi.

    Il faut analyser objectivement ce qui se passe et ne pas fulminer des anathèmes ni proposer des solutions incantatoires : le problème est réel et la question se pose ; la France est en train de changer, et ce n’est pas le goût de tous. D’où les scores incroyables, dès le premier tour, réalisés par le FN : du jamais vu, c’est inouï. Même un inconnu du FN fait plus de 18% dans la région Île de France…

    Quand vous vous promenez dans certaines villes de Seine Saint Denis, certains accompagnateurs étrangers vous demandent où nous sommes vraiment. Pourquoi ? Parce qu’on a laissé se constituer des ghettos où les gens issus d’un même pays restent entre eux, où leurs commerces spécifiques prolifèrent, leurs lieux de culte etc…

    En tout état de cause, parler des problèmes n’est pas les créer. Certes, la crise économique qui sévit depuis tant d’années n’arrange pas les choses. Mais le parti devrait y réfléchir à deux fois avant de prendre des décisions pour 2017. Il faut tenir compte de la réalité sinon celle se venge.

  • L’étrange plaidoyer de Manuel Valls concernant le FN

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    L’étrange plaidoyer de Manuel Valls concernant le FN

    Manuel Valls ne réalise pas que sa position politique n’est pas vraiment fondé car il  ne répond jamais à la question suivante : en quoi le FN est il moins légitime que LR ou le PS, ce dernier parti gouvernant avec moins de 17% d’opinions favorables. Nicolas Sarkozy a été mieux inspiré tout en étant intéressé : il a dédouané les électeurs de ce parti (près de 30% de l’électorat) tout en disant que leur suffrage n’était pas immoral. Enfin, il a dit ce qui tombe sous le sens : si ce part devait menacer la république, pourquoi ne pas l’avoir interdit depuis trente ou quarante ans ? Et surtout comment se fait il que les Français, sincères, authentiques et patriotes lui accordent leurs suffrages, élection après élection ?

    Le problème est ailleurs, il se niche dans la politique du pouvoir depuis tant d’années, de droite comme de gauche, et à ce sujet, le silence assourdissant de l’actuel président de la république, ne présage rien de bon. Des membres de la famille Le Pen, sans pratiquement aucune expérience politique aux responsabilités, ont renversé des politiciens blanchis sous le harnais et menacent même de leur ravir leurs places. C’est du jamais vu. Au lieu de faire un grand mea culpa, l’actuel Premier Ministre s’en prend à un parti qu’il accuse de tous les maux, ce qui n’empêche pas ce même parti d’avancer.

    Il suffit pourtant d’ouvrir les yeux et les oreilles. Sans même parler du résultat des élections, si vous écoutez ou si vous voyez ce qu’endurent les Fran !ais de souche, vous comprendrez que beaucoup d’entre eux ne se sentent plus chez eux. Je renvoie une nouvelle fois à ce fameux sondage, qui remonte à quelques mois : 61% des Français ne sentent plus chez eux en France. Ce qui explique que des villages à 300km de Paris qui n’ont jamais vu ni un Arabe ni un Africain ni un réfugié, vrai ou faux, ont voté pour le partie de Marine Le Pen aux régionales..

    Les Français vont sûrement renforcer la tendance et Sarkozy n’a pas eu tort de parler de la France de toujours. Les Français ont toujours été accueillants, ils ont accueilli la terre entière et les enfants des immigrés d’hier et d’avant hier étaient reconnaissants envers celle qu’ils considèrent comme la père patrie. Jetez un coup d’œil sur les annuaires du collège de France ou de la Sorbonne. A ce moment là, la France se sentait encore française.

    Si Manuel Valls veut que cela change, il faudrait que la France redevînt française. Ce ne sont pas des vœux personnels, mais une analyse objective de la situation. Redonnez aux Français le sentiment qu’ils sont chez eux en France, que leur pays n’est pas ouvert aux quatre vents, que l’identité française n’est pas synonyme de haine de soi. Et le FN connaîtra un étiage. La France peut être fière de son passé, et aussi croire en son avenir .

    Certains ont cru jouer au plus fin en mettant en avant l’état de guerre, les chefs de guerre, etc… rien n’y fit : pas une voix ne s’est reportée sur le parti au pouvoir aux dernières élections, pas une seule. Et même la COP21 n’y changera rien, c’est dommage car ce pays mérite bien mieux.

    AU risque de me répéter : quand j’ai vu les visages radieux des votants dans les régions où le FN est en pôle position, j’ai enfin compris : de vrais Français qui ne se reconnaissent plus en des partis traditionnels. ET que pensent ils quand ils entendent un Premier Ministre les inciter à voter pour ses propres adversaires politiques d’hier !

    Il faut se ressaisir.

  • Moïse revisité par Thomas Römer

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    Moïse revisité par Thomas Römer (Patis, Bayard, 2015)

    Le lecteur profane qui parcourt ces textes de la Genèse et de l’Exode en pensant presque à autre chose ne se rend pas compte des difficultés ni des questions qu’ils soulèvent. C’est pourquoi même les non spécialistes doivent lire doucement ce dernier livre de M. Thomas Römer qui est l’un des meilleurs biblistes français actuels.

    Son sujet principal, central, voire majeur, n’est autre que Moïse, sa naissance, ses origines véritables, son adolescence et la découverte de son «hébréité». Les gens cultivés savent ce que la Bible hébraïque doit à l’Egypte. Mais peu se rendent compte, en passant de la Genèse à l’Exode, que les deux livres divergent fondamentalement quant à leur attitude à l’égard de l’hyper puissance de l’époque ; on passe franchement d’une égyptophilie remarquable à une égyptophobie caractérisée.

    Pourquoi, comment ? L’explication se trouve peut-être chez les hauts fonctionnaires de la cour du roi Josias qui furent chargés de faire œuvre d’historiographes ; ce sont eux, vraisemblablement, qui retouchèrent le portrait de cette figure semi légendaire de Moïse, trouvée dans des sources anciennes, après de successifs remaniements, notamment de la part des sources sacerdotales ou deutéronomistes

    1. Rômer a eu la bonne idée de retraduire lui-même les premiers chapitres du livre de l’Exode. Il dissèque (c’est le mot qui convient) chaque verset, traquant le moindre indice pointant vers une source primitive ou attestant un remaniement de la part de rédacteurs ultérieurs. : là où les vieux scripteurs ont patiemment construit une image, une histoire ou simplement des mythes fondateurs (e.g : la sortie d’Egypte), notre auteur déconstruit tout aussi patiemment à la recherche d’indications fiables sur les milieux producteurs ou une éventuelle datation.

    Certes, certains rapprochements me laissent songeur, mais tous suscitent dans mon esprit de nouvelles idées auxquelles je n’avais jamais pensé auparavant. Par exemple, le compte-rendu, éminemment judéophobe de Manéthon, prêtre égyptien hellénisé du IIIe siècle avant notre ère, qui parle d’un chef lépreux conduisant des nomades sauvages hors d’Egypte : en effet, lorsque Moïse converse avec Dieu, celui-ci lui enseigne deux ou trois miracles à produire devant le Pharaon. Et lorsque Moïse retire son main, elle retrouve sa couleur de peau initiale après avoir été lépreuse quelques instants auparavant. Mais ce fameux chef avait été identifié avec Joseph et non avec Moïse. Est ce suffisant pour dire que l’auteur du passage de l’Exode connaissait cette accusation ?

    Mais il s’agit de détails, les vraies questions portent sur les origines réelles de Moïse, ses relations avec la fille du Pharaon, tous deux anonymes, la rencontre providentielle avec la sœur du nouveau-né et la coïncidence non moins miraculeuse qui fait de sa mère putative la femme qui va l’allaiter. Ensuite, il y a ces versets sibyllins concernant l’évolution du jeune prince qui grandit, qui sort vers ses frères…

    A t il reçu une éducation au palais de son grand père le Pharaon ? ET que veut-on dire en lisant que la fille de ce dernier considérait Moïse comme son fils, ? Est ce une façon de nous dire qu’il l’était vraiment et que toute cette histoire de corbeille sur le Nil n’était qu’une mascarade ?

    Une autre passage retient sérieusement l’attention, il s’agit de deus sages-femmes, aux noms difficiles à identifier et dont l’épisode revêt un caractère crucial : les deux femmes se moquent du monarque auquel elles expliquent que les femmes hébraïques accouchent très vite et seules (ce sont des bêtes, ki hayyot hénna) et on se demande comment elles ont cette crainte de Dieu (Elohim).

    Dans ce même contexte, Th. Römer s’arrête un instant sur le rôle de ces femmes étrangères qui ont joué un grand rôle dans la survie de Moïse et du peuple d’Israël en général. IL rapproche de cela l’incident du début de l’Exode lorsque Dieu veut attenter aux jours de Moïse en personne ! C’est bien Sepphora qui sauve la vie de son mari en procédant à la circoncision et en marquant le cercle de sang qui éloigne le démon ou la divinité ennemie. Ne nous posons pas la question des avoir si une femme, non-juive de surcroît, avait le droit de procéder à cet acte rituel et s’il était effectué dans les conditions requises. Il s’agit probablement, comme dans l’histoire de Joseph (encore un grand «Egyptien»), de montrer que le monde non-hébreu n’est pas nécessairement mauvais, qu’on peut s’en rapprocher et y trouver des éléments pouvant servir la bonne cause.

    L’autre épine dorsale de ce livre concerne évidemment la sortie d’Egypte avec les plaies, le miracle de la Mer rouge, le passage à pied sec des Hébreux et la noyade de l’armée égyptienne dont les chars lourds se sont probablement embourbés dans les marécages… Mais ces explications rationalisant es n’intéressaient pas nos rédacteurs antiques.

    L’institution de la Pâque et la confusion entre deux événements originellement distincts, le sacrifice de l’agneau pascal et la consommation de pain azyme sont examinés avec grande attention. Bömer cite même une fois Martin Buber qui avait repris une explication des spécialistes de son temps : la Pâque, avant d’être orientée vers le Dieu d’Israël, était une fête champêtre entre bergers lesquels partaient de chez eux pour plusieurs jours ou plusieurs semaines… Or, le pain qui se conservait le mieux dans leur besace était l’azyme, un pain non levé.

    Mais le livre de l’Exode précise bien que la veillée pascale est à Dieu, et que le sacrifice pascal est lui aussi à Dieu. Sous entendu, ce n’est plus une orgie païenne où l’on boit et mange pour fêter le retour des beaux jours.

    Tout peuple se crée une série de mythes fondateurs qui finissent par devenir des moments importants dans sa vie. Mais alors ce n’est plus de l’histoire mais une mémoire. Or, celle-ci ne conserve que des traces de ce qui s’est passé.

    Lisez ce livre de Th. Römer, vous y apprendrez beaucoup de choses

     

    Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 8 décembre 2015

  • Délégitimer le Fron National: Mission impossible?

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    Délégitimer le Front National : mission impossible

    Il faut bien se rendre à l’évidence : rien n’arrête ni n’arrêtera le FN. Visiblement, les Français ne veulent plus du pouvoir actuel ni des forces politiques traditionnelles. Nous vivons, que cela nous plaise ou non, l’émergence d’un nouvel environnement politique où des politiciens blanchis sous le harnais ne représentent plus rien et se font renverser avec des scores incontestables par de jeunes nouveaux venus !

    Franchement, la messe est dite et le volontarisme de Manuel Valls ou les astuces de François Hollande n’y changeront rien. C’est la nième fois qu’ils perdent les élections, c’est la énième fois qu’ils cherchent des échappatoire, mais rien n’y fait. Et cette attitude de retrait est véritablement suicidaire : un parti qui gouverne et qui reconnaît que ses listes doivent se retirer dans trois très grandes régions françaises , privant ses militants de tout élu dans des zones qui totalisent près de 15 millions de Français.

    Un mot peut-être de ce rejet de la gauche mais aussi de la droite par une très large portion du corps électoral… Je l’emprunte à Bruno Le Maire qui fait preuve de lucidité dans son autocritique. En fait, le PS n’est pas le seul à mordre la poussière, les Républicains eux aussi font grise mine, eux aussi  pensaient moissonner plusieurs régions et n‘en remportent aucune. Même en Île de France, leurs résultats sont mitigés et la gauche pourrait l’emporter. L’enseignement est clair : Marine Le Pen et sa nièce Marion Maréchal Le Pen sont les deux grandes gagnantes de la consultation. Et il faut bien reconnaître qu’elles récoltent ce que leur père et grand père a semé. Encore une fois que cela nous plaise ou non. C’est le FN qui a gagné. Jean-Marie Le Pen fut hélas le premier à dire, il y a des années, dans certaines banlieues , les islamistes allaient s’armer… Que cela nous plaise ou non, il faut regarder les choses en face…

    Mais pourquoi donc et comment ? Je n’ai pas la réponse, je ne suis qu’un observateur mais j’ai bien regardé les sourires et les soupirs de soulagement des votants pour le FN : c’est la France profonde, catholique et qui veut le rester, qui a peur, qui ne se sent plus chez elle en France à cause du communautarisme, des attaques contre la laïcité, des reculs de la République… Tous disent qu’il y a trop d’étrangers, de population allogène et criminogène, de chômage, de fraudes par les étrangers, etc… Ont ils raison ou ont ils tort ? A de plus experts de juger, mais il faut bien reconnaître que l’exécutif aura du mal à redresser la barre.

    Que répondre à des Français qui se plaignent de l’insécurité, de l’islamisme, du chômage, de la submersion des migrants ? Si vous dînez en ville, vous entendrez toutes sortes de choses, on croit même rêver parfois tant les récits sont incroyables.

    Une chose demeure incontestée, la France veut se retrouver, elle ne veut plus accueillir personne, au contraire elle veut retrouve ses racines judéo-chrétiennes, européennes et ne plus être ouverte aux quatre vents. C’est ce que Nicolas Sarkozy a nommé la France de toujours. Une vraie France qui se développe dans le sillage naturel de son Histoire pluriséculaire.

    C’est un peu triste mais vote après vote, la tendance se confirme. Et surtout comment M. Hollande peut il continuer à gouverner avec si peu d’adhésion du peuple ? Même son embellie dans les sondages ne touchait que son fonction de nature tutélaire et pas d’adhésion à sa politique. Sinon cela se serait fait sentir dans les votes, notamment celui d’hier qui a aggravé l’écart. Est il normal que le parti au pouvoir soit toujours à la troisième place ? S’il y avait un vote demain, moins de 40 députés socialistes reviendraient au Palais Bourbon. Mais cela signifie surtout qu’à dix-sept mois de l’élection présidentielle, le candidat socialiste ne sera pas présent au second tour… Et comment s’appuyer sur une majorité qui n’est plus la majorité mais une minorité ?

    Ne faut il pas agir, donner un électrochoc au pays en changeant de premier ministre et en dissolvant l’Assemblée ? Si François Hollande temporise encore et trouve des astuces, la France profonde qui confirme son rejet ne le lui pardonnera pas.

    C’est triste de voir la classe politique ainsi défaite. De simples militants d’un parti qu’on tente de délégitimer sont aux portes du pouvoir. Une seule explication qui vaut ce qu’elle vaut : le ras le bol des Français, leur exaspération croissante. Voyez ce qui s’est pas passé en PACA, dans le nord et dans le grand est : les scores des challengers ont impressionnants. Ce n’est plus une vague, c’est un raz de marée. Peut-être est il plus sage de remettre le pouvoir en d’autres mains avant que les Français, furieux et revenus de tout, ne le leur arrache.

    La France est une vieille nation qui sait faire preuve de patience mais elle ne restera pas calme indéfiniment. Les observateurs sont unanimes : l’embellie sondagière de François Hollande ne s’est pas traduite en intentions de vote pour son parti. C’est même le contraire qui s’est produit.

    Répétons le une nouvelle fois : rien ne peut faire baisser le Front National car les Français ont perdu patience avec la droite et surtout la gauche. François Hollande a cru sauver la mise en se concentrant sur l’international et son nouvel habit de chef de guerre.

    Les résultats sont éloquents. Peut-il continuer dans la même voie ? La question est hélas posée.

  • L’attentat terroriste sur le sol US/ Barack Obama est il l’homme de la situation ?

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    L’attentat terroriste sur le sol US/ Barack Obama est il l’homme de la situation ?

    Tous ceux qui suivent ce blog savent quelle est ma réponse à la question : l’actuel occupant de la Maison Blanche qui ne part hélas que dans onze mois, n’est pas à la hauteur de la situation. IL tergiverse sans cesse et se confine constamment dans des postures idéologiques. Comme il n’a été élu que grâce à la défiance témoignée à son prédécesseur et comme il n’a été élu, aussi, qu’en promettant de sortir son pays des bourbiers d’Irak et d’Afghanistan, il se refuse absolument à se déjuger et à envoyer des troupes au sol. En restant fidèle à ses inconséquences il ne protège plus vraiment le peuple US alors que c’est sa mission première.

    Quand il ne sera plus là et que les historiens analyseront qu’il a instillé des troupes sur place à des doses homéopathiques, au lieu de frapper un grand coup, l’histoire portera sur ce président le jugement qu’il aura mérité.

    Si l’on avait eu un républicain dans le bureau ovale, cela fait longtemps qu’il aurait envoyé sur place une division aéroportée qui aurait tout nettoyé. Or, ce que nous vivons est très inquiétant : le monde libre a un leader, les USA et ces derniers sont menés par un homme qui hésite et tergiverse. Ce qui devait arriver est arrivé : Daesh contamine désormais des gens en Amérique même : quatorze morts et des dizaines de blessés sont à déplorer. Obama aura beau tenté de minimiser ce grave incident, rien ne se serait produit s’il avait agi en Syrie plus vite et plus fort.

    On a eu en France le même problème, l’actuel ministre des affaires étrangères se tuant à répéter que Bachar doit partir avant toutes choses. Eh bien, il n’est pas parti et en prime, nous devons l’aider, pour le faire partir plus tard. Nouvel exemple de posture idéologique avant une analyse saine et objective des réalités sur le terrain.

    On a encore perdu deux ans et qui sait, peut-être aurions nous pu éviter tous ces morts.

    La politique, ce n’est pas la loi et les prophètes. Cela évolue, cela bouge. Et pas toujours dans le sens qu’on veut ou espère.

  • La sortie d’Egypte, événement historique ou mythe fondateur ? Les grandes lignes de la conférence d’hier à la mairie du XVIe arrondissement de Paris

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    La sortie d’Egypte, événement historique ou mythe fondateur ?

    Les grandes lignes de la conférence d’hier à la mairie du XVIe arrondissement de Paris

     

    La Bible, lecture théologique de l’Histoire.
    Acteur central et exclsuif : Dieu 

    Problème central : Moïse

     

    Versets à considérer :

    Moïse grandit

    Moïse sortit vers ses frères

    il s’installa a Madian

    il s’assit aux abords d’un puits

    il fut pour elle comme un fils

    on ne sait rien de la jeunesse de Moïse

    Elle le nomma Moshé, car je l’ai tiré des eaux, d’où savait elle l’hébreu ?

    Moise s’enfuit d’Egypte, prélude à l’Exode ?

    La sortie d’Egypte, l’Exode, premier événement du peuple d’Israël en tant que peuple.
    On ne parle plus de tribus, de conglomérat de tribus qui se font parfois la guerre, ce ne sont les plus enfants de Jacob du livre de la Genèse, c’est le peuple d’Israël

    Le stade tribal est définitivement dépassé pour donner lieu à une construction nationale : une foi commune, une conscience commune et un objechif commun : arriver en terre promise afin de s’y installer. un vrai peuple digne de nom.

    Un peuple nouveau, Israël, émerge du creuset égyptien, comme si l’esclavage en Egypte qui devait durer à l’origine plus de 4 siècles était nécessaire pour forger la conscience nationale de ce ramassis d’anciens esclaves.

    D’ailleurs, le texte hébraïque semble donner raison à cette vision des choses puisqu’il précise que la génération du désert, constitué d’esclaves rebelles et très indisciplinés est morte avant l’arrivée en terre promise. C’est un peu un aveu d’échec : Moïse, victime collatérale de cette crise n’a pas réussi à les assagir.

     

    Toute religion abesoin de mythe fondateur.
    Toute religion a besoin de recourir à du surnaturel.

    Mais toute religion a aussi raison de le faire, afin de solidifier son essence propre. et de construire la dessus sa propre tradition.

    L’Histoire n’est pas la mémoire.
    Et la mémoire n’est pas l’Histoire