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  • L'Iran et les USA: des relations diplomatiques un jour?

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    L’Iran et les USA : pas de rétablissement des relations diplomatiques ?

     

     

     

    Est ce que le président Obama s’est fait avoir, a t il conclu un marché de dupes avec les Iraniens dont l’élite dirigeante est en proie à des violentes contestations concernant l’attitude à adopter envers l’hyper-puissance qu’ils qualifient de grand Satan ?

     

     

     

    Il faut avancer avec précaution. Le fameux Guide suprême de la révolution sait qu’il doit naviguer avec adresse entre les différents écueils ; or, le corps des Pasdarans qui a fait un coup d’Etat qui ne dit pas son nom en Iran, est très puissant et violemment anti-américain. Il a fallu que les sanctions produisent leur effet dévastateur pour que les forces conservatrices les plus anti américaines admettent le principe même d’une négociation avec les USA sur le nucléaire.

     

     

     

    Il faut se souvenir que chaque vendredi à la fin de la grande prière la foule, enturbannée et aux cheveux blancs ou poivre et sel crient Merg Israël, Merge America (Mort à l’Amérique et mort à Israël). Comment voulez vous passer d’un tel point de vue à un autre qui serait aux antipodes ? D’où les efforts laborieux du Guide suprême pour dire qu’il n’y a pas d’arrangement possible avec les USA et que les négociations avec eux ne portent que sur le nucléaire. D’où la conclusion logique : on ne normalise pas les relations, on ne rétablit pas les relations diplomatiques avec notre ennemi juré, les Etats Unis d’Amérique !

     

     

     

    Mais est ce bien la pensée profonde du Guide suprême ? Ce n’est pas sûr. On a beau être un homme de Dieu, on n’en doit pas moins tenir compte de la situation socio-économique d’un pays de près de 80. 000. 000 d’habitants avec des besoins, des envies et servitudes. Or, les sanctions ont entièrement mis l’économie iranienne à genoux et la population subit de plein fouet le contre coup de l’érosion monétaire.

     

     

     

    Cette fameuse autorité religieuse suprême sait très bien que chaque matin que Dieu fait, il faut boire, manger, se chauffer, dormir, se vêtir, bref dépenser de l’argent et de l’énergie. Les gens ne se nourrissent pas que de slogans : la propagande n’a jamais calmé la faim ni étanché la soif. A trop nier les évidences, les barbus risquaient d’avoir sur le dos des émeutes populaires et perdre le pouvoir.

     

     

     

    Les différentes factions du pouvoir iranien vont donc respecter un long round d’observation. Le président Rouhani est plus inventif qu’on ne le pense, mais il se sait surveillé. De son côté, il compte sur l’effet bénéfique des investissements étrangers dans son pays et de la vente de ses hydrocarbures dans le monde pour renforcer sa position à l’intérieur : les gens vont penser de lui le plus grand bien et restreindre l’influence de l’autre bord, celui de l’extrémisme et le camp du non.

     

     

     

    Ce n’est pas par hasard que le Guide a renouvelé son soutien aux pays où l’Iran intervient militairement (Syrie, Irak, Bahreïn, Yémen et Liban). Cela signifie en clair : notre politique ne change pas, nous restons fidèles à nos combats et à nos idéaux, les USA ne peuvent pas nous acheter.

     

     

     

    Mais ici encore, on ne sait pas si le Guide ne se laisse pas une petite porte ouverte, derrière la scène, pour faire à des événements nouveaux. Si tout le pays opte pour la main tendue et l’ouverture (ce que ne cesse de répéter Rouhani) alors il se ralliera.

     

     

     

    Et puis, il y a la vie. L’âge, la maladie, les changements brutaux, les changements de régime, toutes choses bien connues dans ces régions du globe.

     

     

     

    Mais dans tout cela on ne discerne toujours pas la stratégie d’Obama qui pense dans des catégories mentales de nature paradisiaque ou, à tout le moins, iréniques.. Or il a affaire à des diables.

     

     

     

    Ou alors est ce un marché de dupes ? Oui. Obama se complaît à dire publiquement que nul ne lui a proposé d’alternative viable. C’est inexact, c’est lui qui pousse le pacifisme congénital des Démocrates jusqu’au bout au point de rater tout rendez vous avec l’Histoire.

     

     

     

    Patience : quinze mois passeront vite.

     

  • Au sujet d'Avignon et de son festival

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    D’Avignon et de son festival

    Il me coûte de le dire de cette manière mais c’est une décision bien arrêtée et largement fondée :  c’est la troisième fois que je me rends au festival d’Avignon pour y prononcer une allocution, et je ne pense qu’il y en aura une quatrième.

    La ville ne manque pas de charme, elle bruit des sons d’une jeunesse dynamique et se présente comme la vitrine de tous les talents, réels, supposés ou à venir, mais en réalité elle se repose sur ses lauriers et n’avance plus.

    L’atmosphère générale ne s’est pas seulement popularisée (au sens négatif du terme) elle s’est plutôt largement prolétarisée. Certes, vous trouverez dans la ville, en cherchant bien, quelques bons restaurants et quelques boutiques de bon standing, mais dans l’immense majorité des cas, la qualité laisse à désirer.

    Mais le plus grave, c’est l’absence quais totale d’un système de transports, aggravé par l’éloignement des hôtels, car ceux qui se trouvent dans la ville intra muros sont réservés d’une année sur l’autre. Et alors les taxis, c’est la croix et la bannière. Il faut prévoir un véritable budget : pour environ 48 heures, il a fallu pas moins de 100 € ! Et encore, il fallait les trouver ces taxis. C’est une denrée très rare. Vous devez prévoir votre journée en fonction justement de ces taxis. Pour arriver à l’heure au colloque, il fallait que l’hôtel (correct, sans plus, avec des manières bien provinciales, mais un personnel dévoué) réserve directement les taxis. Pour sortir le soir, il faut calculer comment se rendre au restaurant, et surtout par quel moyen revenir à l’hôtel… Une véritable expédition.

    Je vais vous raconter un fait assez incroyable qui dénote bien et la mentalité des méridionaux et la vétusté des installations : nous avons marché depuis le centre ville jusqu’à la gare centrale, nous disant qu’on y trouverait un taxi. Par chance, il s’en présente un avec une charmante jeune conductrice. Et que nous dit elle dès que nous prenons place ? Monsieur, je m’excuse, mon compteur ne fonctionne plus. La course vous coûtera 15 €, je le sais d’expérience… Plutôt amusant, ce mode de fonctionnement. On n’est pas à cela près. Mais quel esprit !

    Quant à l’ambiance générale du festival, c’est une vraie foire, un tintamarre qui n’a rien à voir avec l’art et la culture. Certes, on croise de temps en temps telle ou telle personnalité célèbre du monde culturel, mais cela ne suffit pas. Et surtout, la ville n’est pas équipée pour recevoir des gens du monde entier : l’esprit provincial, limité et rabougri n’est pas compatible avec une réputation qui se voulait européenne, voire mondiale.

    A la gare TGV, en état de surpeuplement, les familles, des plateaux chargés de nourriture et de boissons dans les mains, cherchaient désespérément des chaises et des tables pour s’y restaurer. En vain ! Franchement, c’était inimaginable. Toutes ces personnes d’un certain âge, ces enfants suivant leurs parents ou grands parents…

    Mais je voudrais relater le fait suivant qui m’a tant marqué ; je quitte ma table pour aller me laver les mains, au bout de l’allée. La dame qui veille à l’entrée me dévisage et me dit sans autre forme de procès : c’est 0,70€. Je fouille mes poches et constate que je dois faire demi tour pour chercher le précieux sésame… En reprenant le chemin, une petite fille d’une quinzaine d’années, très jolie, très bien élevée, les yeux clairs, me dit : pardon, Monsieur, savez vous où sont les toilettes ? Je lui réponds : oui, au bout de l’allée, mais il faut 0,70€ pour y entrer…

    C’est alors que la jeune fille a levé le bras dans un signe de totale impuissance,  de profonde incompréhension… j’ai alors lu dans son regard la peine, le désarroi de la terre entière. Ce geste était celui de l’inadaptation d’une jeunesse qui découvre chaque jour un peu plus la place de l’argent dans notre société. Mais la maman de cette enfant, qui n’était pas loin, avait suivi toute la scène: un large sourire apparut sur son visage.

    Quant à moi, ce fut un très mauvais message que j’emportai avec moi, le regard désolé et poignant de cette petite fille, quittant une ville où je ne pense pas remettre un jour les pieds…. Sauf si elle change.

  • Faire confiance à l'Iran?

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    Peut on faire confiance à l'Iran?

    Il est difficile de se frayer un chemin vers la vérité dans ce maquis de réactions, de commentaires, de déceptions et de soupirs de soulagement. Un accord est bon après qu’l a été mis en application. Même le meilleur accord sur le papier est condamné à rester lettre morte s’il n’est que partiellement ou franchement mal appliqué. C’est pourquoi, avant toute chose et une fois les premières réactions émotives exprimées, on doit se concentrer sur l’avenir et voir quel meilleur parti on peut tirer de la situation nouvelle : je veux dire, en termes plus clairs, que l’Etat d’Israël qui a des craintes légitimes, doit aussi veiller à ne pas tomber dans l’isolement le plus total.

    Certes, qui, mieux que les dirigeants politiques et les généraux d’Israël, est à même d’apprécier de manière juste la gravité de la menace ? On comprend parfaitement les soucis de Benjamin Netanyahou qui se mobilise contre un accord qui lui paraît dangereux pour son pays.

    Mais, allons plus loin et détaillons quelques points positifs de cet accord qui constitue tout sauf une victoire pour Téhéran et le régime des Mollahs. Il faut en tout premier lieu comprendre la psychologie orientale : même quand on a dû céder sur tout ou presque, même si on a été contraint d’accepter l’inacceptable, il est vital de se préserver d’une chose, la pire de toutes : perdre la face ! D’où les scènes d liesse dans les rues de la capitale iranienne où, du reste, personne ne tient de discours vindicatif mais où chacun atteste du caractère insupportable des sanctions : le pays tout entier en est réduit au système D, les jeunes, surtout eux, rêvent de vivre à l’occidentale, de voyager, de s’amuser, de communiquer sur Face book etc…

    C’est du reste ce qui a guidé le président Obama dans sa recherche assidue d’un accord avec les Iraniens. La jeunesse qui représente un pourcentage non négligeable de la population n’adhère aux idéaux des Mollahs que du bout des lèvres. C’est bien ainsi qu’il faut interpréter la joie des Iraniens : ils pensent plus à la levée progressive des sanctions qu’à la grande stratégie de leur gouvernement : acquérir, grâce à l’arme nucléaire, une hégémonie incontestée dans la région, satelliser l’ensemble du Proche Orient arabo-islamique en intervenant partout où cela lui semblera nécessaire.

    Le président Obama le sait et n’a pas hésité à décevoir ses alliés traditionnels que sont les régimes arabes modérés et l’ami israélien (qui est très mécontent) en misant justement sur ce fait qui semble un pari risqué. On lui reproche même de faire plus de prospective que de la politique étrangère froide et calculatrice. De la Realpolitik.

    Les concessions faites par Téhéran qui est asphyxié par les sanctions sont loin d’être négligeables : acceptation de la levée très progressive des sanctions lesquelles seront rétablies en cas d’infidélité de Téhéran à ses engagements, restitution par tranches des sommes considérables bloquées depuis des années, maintien de l’embargo sur les armes pendant au moins cinq ans, réduction drastique du nombre des centrifugeuses de l’ancienne génération et mise à l’écart de celles de la nouvelle et, dernier mais non moindre, l’inspection de tous les sites, même militaires, jusques et y compris ceux qui, en apparence, n’ont rien à voir avec les recherches nucléaires.

    Les puissances occidentales, les USA en tête, spéculent (le terme n’est pas fort) sur les mutations sociologiques profondes que cette ouverture offerte à l’Iran va occasionner au sein de société civile de ce pays, si tant est qu’elle existe sous un tel régime. Depuis l’avènement de la république islamique, les Iraniens ont été coupés du reste du monde, il est donc normal qu’ils s’enflamment à l’idée de rejoindre enfin le concert des nations. Lorsque l’Iran retrouvera pleinement ses capacités économiques (vente libre de son gaz et de son pétrole) l’attraction des investisseurs sera irrésistible dans un pays qui manque de tout et où l’achat d’une pièce détachée pour une automobile relève d’un tour de force quotidien. Les Mollahs ont fini par comprendre qu’ils ne pourraient pas se maintenir éternellement au pouvoir dans de telles conditions : les frustrations de la population qui vit avec tant d’amertume l’érosion de sa monnaie, pouvaient donner lieu à des émeutes, voire même à une tentative de soulèvement populaire.

    Que va t il se passer désormais ? D’abord, il faudra bien que les Iraniens s’arment de patience car, dans le meilleur des cas et si le Congrès US avalise l’accord, ils devront attendre des mois avant de percevoir un léger mieux dans leur vie quotidienne.

    Peut-on miser, comme le fait Barack Obama, sur cette souhaitable évolution du régime iranien ? En d’autres termes, les Mollahs sont ils assez étourdis pour conclure un marché de dupes, un marché menant, à terme, à leur affaiblissement, voire à leur disparition pure et simple de la scène politique ? Il est difficile de répondre à ses questions.

    Mais une chose demeure certaine : l’application des clauses de cet accord va entraîner à Téhéran bien plus que des grincements dents. Peut-être même une confrontation feutrée entre le président Rouhani et le guide suprême Khamenei. Qui en sortira vainqueur ? La suite nous le dira.

  • Tsipras, chronique d'un désastre

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    Tsipras : le commencement de la fin ? La chronique d’un désastre

    C’est ce que diront les historiens : aucun parti d’extrême gauche n’aura pu subsister en Europe . Pourquoi ? Parce que l’idéologie ni même la volonté populaire n’ont jamais pu faire reculer les faits qui sont têtus. C’est pourtant Lénine, un autre agitateur, quoique bien plus talentueux puisque son affaire a tout de même perduré sept décennies, qui l’a dit.

    C’est presque émouvant si ce n’était surtout tragique : un Premier Ministre qui entend faire plier les Européens, continuer à faire la fête aux frais des autres, qui se retrouve dans la situation peu enviable, d’un homme qui  doit signer un accord un pistolet collé à la tempe. Pourquoi ? Parce qu’il vient quémander quelques dizaines de milliards d’Euros pour que son pays ne soit pas asphyxié. Il est évident que dès que les choses se seront calmées, il sera chassé du gouvernement et même de la direction de son parti que les Grecs, épuisés et écœurés par la classe politique clientéliste et corrompue, ont choisi pour les diriger.

    Il faut d’abord faire le procès de l’extrême gauche : jamais elle ne pourra diriger un pays en respectant les thèmes promus lors de la campagne électorale. Sauf si elle agit comme Castro à Cuba, mais même là, je ne donne pas dix-huit mois à Raoul Castro pour disparaître, dès que les libertés seront rétablies, que les Cubains pourront rentrer et sortir de leur pays en toute liberté.

    Tsipras n’est pas Castro et la Grèce n’est pas Cuba.

    La zone Euro ne pourra pas garder la Grèce trop longtemps, chacun le sait mais on essaie de masquer une évidence. Ceux qui ont aidé Tsipras à avoir un peu d’argent et à rester ont des arrière-pensées politiques concernant leur propre situation intérieure ; si le grexit a vraiment lieu, alors leur tour viendra, mais si on se barricade et ont fait tout pour que la Grèce reste, alors on a une sorte d’auto-immunité, une assurance-vie pour une durée incertaine, mais tout de même.

    Dernier point : Tsipras a signé tout en sachant que même si son parlement donne son accord, le pays ne pourra pas honorer ses engagements, ni constituer ce fonds de 50. 000 000 000 € servant de garantie. Même si on ramassait l’or de toutes les églises orthodoxes du pays, on n’y arriverait pas. Même si toutes les femmes grecques remettaient leurs bijoux cela ne suffirait pas. Même si on vendait le port du Pirée, les aéroports, les usines, les bâtiments publics. Cela ne suffirait pas…

    Comment voulez vous que ce pays rembourse, dans de telles conditions, le FMI et la BCE ?

    La seule chose qu’on puisse faire, c’est organiser, accompagner le grexit.

    Si Tsipras veut se réfugier dans un monastère d’une île lointaine, pour supplier le Christ de lui accorder la rémission de ses innombrables péchés et mensonges, il faut lui faire grâce.

    Ezéchiel (chapitre XVIII) dit bien que Dieu ne veut pas la mort du pécheur mais seulement son repentir…

  • L'accord avec la Grèce: un emplâtre sur une jambe de bois

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    L’accord avec la Grèce : un emplâtre sur une jambe de bois

    Que la Grèce quitte la zone Euro, ce n’est pas la fin du monde ! Ceux qui ont mis tout leur poids dans la balance pour parvenir à un accord qui n’en est pas un, ont commis une lourde erreur : la Grèce, son économie, sa culture, son système, ne sont pas compatibles avec les règles de la zone Euro.

    Certes, nous sommes tous sensibles à la gêne subie par des êtres humains dans ce pays qui s’est lui-même asphyxié en votant pour un premier ministre irresponsable qui vient de se coucher devant ses créanciers alors qu’il avait débarqué à Bruxelles comme un conquérant. Le voila condamné à rentrer chez lui, la tête basse et après avoir fait droit à toutes les requêtes des Européens.

    Les Allemands ont parfaitement bien compris que Tsipras a une obsession : recevoir les milliards dont il a besoin pour faire tourner la boutique grecque. Les Allemands ont eu raison de refuser de donner un chèque en blanc à un premier ministre qui ne restera sûrement plus très longtemps à son poste, un dirigeant qui leur a menti, les a trompés, voire même injuriés. Comment ose t on cracher au visage de ceux qui vous prêtent de l’argent à fonds perdus ? Comment leur reprocher de s’assurer qu’ils seront un jour remboursés ?

    Tsipras ne pourra pas faire valider les décision du sommet européen par son parlement. Même les membres de son gouvernement ne vont pas le suivre. Je trouve très légitime la volonté allemande d’obtenir la constitution d’un fonds de garantie, susceptible de rembourser les créanciers : cela se fait chaque fois qu’un débiteur est soupçonné de ne pas vouloir honorer sa signature. Et ce fonds doit être placé sous un contrôle étranger et non point grec. Rappelez vous que les différents grecs ont payé des agences pour falsifier les comptes de leur nation. Du jamais vu ! Ici, c’est plus l’esprit d’Ulysse  que celui de Platon qui est l’œuvre…

    Mais le cas grec sera réglé dans les semaines suivantes. Ce n’est pas le problème, tout le monde sait que l’Euro en Grèce vit ses dernières semaines. Tôt ou tard, l’accord ne sera plus respecté : comment voulez vous redresser un pays qui en est à son troisième plan d’aide ? Et dont l’endettement couvre deux années pleines de PIB ? Et qui en plus n’a aucune structure étatique moderne, tant la corruption et le népotisme y règnent sans partage ?

    Le vrai problème c’est le relâchement du lien franco-allemand. On ne peut plus masquer la divorce entre les deux voies que l’Europe peut suivre : une voie allemande, fondée sur la rigueur et la fermeté, une voie franco-italo-lusitano-espagnole qui n’a pas de principes bien déterminés. Et qui parle vaguement de morale, de solidarité, d’aide, de compassion, etc…

    Le problème actuel de l’Europe est culturel bien plus qu’économique ou monétaire.

    Ce fut une erreur d’admettre la Grèce dans la zone Euro.

    Pour son bien, je le répète, elle doit en sortir. Les Allemands ont hélas raison.

  • La dernier service à rendre à son pays; Tsipras devrait partir

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    Le dernier service que Tsipras peut encore rendre à la Grèce, c’est de partir !

    Ainsi est pris qui croyait prendre ! A force de jouer au plus fin, de surprendre pour ,pour surprendre, de se vouloir imprévisible, on finit par jouer aux apprentis sorciers et à se prendre à son propre jeu. La politique, cher Tsipras n’est pas un jeu, ce n’est pas une partie de poker, surtout quand on a en face de soi l’Allemagne protestante, économe de ses deniers, attachée viscéralement aux principes de l’orthodoxie comptable, quelque chose que votre nation, jadis grande et respectée, a oublié depuis fort longtemps. L’Allemagne de Luther, de Kant et de Hegel n’aime pas ce qui est imprévisible (unberechenbar). Et combien je la comprends !

    En plus, c’est elle qui contribue le plus à la stabilité et à la croissance de l’économie européenne. Il était impensable que l’Allemagne continue d’alimenter le tonneau des danaïdes, cela équivaudrait à remplir d’eau la mer Egée.

    Tsipras a cru que l’Union Européenne était obligée de le soutenir avec ses déficits abyssaux et son irrespect incroyable des règles. Aujourd’hui, même après avoir capitulé en rase campagne, et avoir, avec l’aide inadéquate des Français, soumis des propositions identiques au fameux plan Juncker, la Grèce fait face à un mur, celui de la défiance : la parole de son Premier Ministre n’est plus crédible, elle est même entièrement discréditée.

    Nous comprenons absolument le document Schäuble qui demande un retrait de la Grèce de la zone Euro d’une durée de cinq ans, peut-être même plus afin que le pays de Socrate et de Platon redevienne un pays normal, un Etat organisé, avec un prélèvement des impôts et des taxes, une grille indiciaire de la fonction publique, un cadastre, bref les modes de financement d’un organisme moderne. Et non plus un système D élevé au niveau de toute une nation.

    Au plan philosophique il est intéressant de voir que c’est le pays de Goethe, pourtant historiquement amoureux de l’Europe du sud (Italie et Grèce), qui met au centre des discussions la notion de Vertrauen, de confiance : peut-on faire encore confiance à quelqu’un qui a dit devant son parlement que lui-même ne croyait pas aux mesures qu’il préconisait ? Alors comment s’imaginer qu’il applique ce en quoi il ne croit pas ? Cette phrase a été correctement analysée par M. Wolfgang Schäuble qui a utilisé les mêmes méthodes que Tsipras : il a, sans tambour ni trompette (ohne Sang und Klang), mis en circulation son document préconisant le retrait temporaire de la Grèce de la zone Euro, sans l’éjecter de l’Union Européenne, ce maintien devant lui permettre de bénéficier de certaines aides comme des pays du tiers monde…

    Les Grecs ont soudain trouvé à qui parler, eux qui pensaient affronter des personnes âgées, des négociateurs diminués ont été servis. Il suffisait de scruter le visage livide du ministre grec pour comprendre que les dès étaient jetés (die Würfel sind  geworfen worden). Est ce que l’Europe est injuste ? Ferait elle soudain preuve d’un rigorisme de mauvais aloi ? Non point ! Cela fait des mois que Tsipras joue avec les nerfs de l’Europe et aujourd’hui il annonce des mesures que son parlement ne votera certainement pas ; ce qu’il recherche, c’est l’obtention d’une rallonge de plusieurs dizaines de milliards pour que son pays échappe à une asphyxie dont il est lui-même responsable.

    Mais la crise grecque a servi de révélateur, et ce de manière assez inquiétante. Ceci concerne la démarche française qui, au lieu de coller à l’Allemagne et à son orthodoxie financière, se rapproche des Grecs, les défend , les aide même à organiser leur défense en leur apportant le concours de hauts fonctionnaires  français…

    Les observateurs se perdent conjectures concernant la bonne interprétation de cette démarche. Est elle dictée par des raisons de politique intérieure ? Certains disent que 2017 est bien présent dans l’esprit du président et qu’il envoie ainsi un message à la gauche de la gauche. Ce serait imprudent car cela nuirait au rapprochement avec l’Allemagne, une alliée précieuse dont nous ne pouvons pas nous passer.

    D’autres observateurs, tout aussi peu charitables, vont encore plus loin et suspectent la France de penser à elle-même en faisant semblant d’aider la Grèce : le pays de Molière et de Victor Hugo serait le prochain sur la liste puisqu’il tarde à faire les réformes structurelles qu’on lui demande…

    Un dernier mot sur cette dialectique entre la solidarité et la fermeté en Europe et dans la zone Euro : comment manifester sa solidarité avec des gens dépensiers, qui creusent leur déficit national, tourne le dos aux réformes et se disent que les autres paieront pour leurs frasques ? C’est la fermeté qui s’impose face à un tel comportement. L’Allemagne et les autres pays du front de la fermeté ne doivent pas céder car Tsipras ne fera pas ce qu’il prétend vouloir faire.

    Nul ne fait correctement ce qu’il ne veut pas faire. Goethe le disait dans le prologue de son Faust :

    Tut es nicht, wenn ihr es nicht fühlt : ne le faites pas si vous ne le sentez pas.

    Tsipras devrait méditer cette phrase pleine de sagesse et de bon sens.

  • Tsipras avale son chapeau, la fermeté des Européens a fini par payer

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    Tsipras a avalé son chapeau : la fermeté des Européens a fini par payer

    Le feuilleton grec n’est pas fini, mais Tsipras n’a pas gagné, l’Europe n’a pas encore triomphé mais elle est sur la bonne voie. Tsipras s’est déconsidéré aux yeux de son propre peuple. Ce qui compte au terme de ces semaines folles, ce sont les défauts de la construction européenne qui sont apparus de manière si flagrante. On va tenter de tirer les leçons de cette crise provoquée par un petit pays, mal géré, très mal gouverné et aussi tenant d’une vieille tradition de filouterie et de malversations. En un mot, le pays de la corruption où même d’anciens gouvernements ont payé des instituts de notation pour camoufler les déficits. Bref, une filouterie d’Etat. Du jamais vu en Europe.

    Commençons par une considération d’ordre très général : la tentation oligarchique est irrésistible. Que veux je dire ? Simplement que même des partis qui se targuent d’être de gauche ou d’extrême gauche font tout pour s’accrocher au pouvoir qui est si doux, même s’ils doivent se renier, revenir sur leur engagement et faire le contraire de ce qui avait été promis. Voyez Tsipras qui sollicite l’avis du peuple lors de ce référendum bouffon… Alors qu’il reçoit une confortable majorité, moins de quinze jours plus tard, il est étranglé et propose de faire exactement le contraire de ce pour quoi il avait été élu. La tentation oligarchique, c’est un petit groupe qui monopolise le pouvoir et ne se soucie plus de ses électeurs, mais exclusivement de son bien-être personnel. Et ceci vaut de tous, y compris de l’extrême gauche, voyez Syrisa !

    Le premier enseignement à tirer est le suivant : l’Euro n’est pas encore très bien installé, la Grèce l’a montré, et il est impératif de ne pas garder la Grèce en son sein si elle n’est plus en mesure de tenir ses engagements. Il n’est pas sûr que Tispras traduise dans les faits ses intentions de réforme, c’est pourquoi il faut le mettre sous perfusion mais ne lui donner en aucun cas des dizaines de milliards dont il pourrait se prévaloir pour crier victoire… Il faut un goutte à goutte  permettant l’arrêt immédiat de la transfusion en cas de non respect du traité.

    Le second enseignement touche la nature de notre vieille Europe. Nos dirigeants sont vieux et mous. Heureusement que les dames (Merkel et Lagarde) étaient bien là. Regardez comment ce politicien sans scrupule arrivait à Bruxelles, la démarche victorieuse, un large sourire aux lèvres, alors qu’il devait comparaître, en qualité de mauvais débiteur devant ses créanciers. Cette asymétrie au niveau de l’âge a beaucoup joué. Certes, le monde et l’Europe entière ne se font guère d’illusion sur la nature profonde de ce pays et la duplicité essentielle de ses dirigeants actuels, mais on a mis tant de temps à démasquer Tsipras et ses acolytes. J’en veux pour preuve l’attitude de l’ancien et étrange ministre des finances qui n’a jamais voulu négocier sérieusement et qui a joué avec les nerfs des dirigeants européens. Il était absent hier soir lors du vote du parlement, ce qui signifie qu’il aura un compte à régler avec son ancien camarade.

    Le troisième enseignement : les gens bien élevés croient souvent que les dirigeants politiques sont très avisés, très intelligents et très compétents. Hélas, il n’en est rien ! Cela fait des années qu’on aurait dû démasquer les Grecs. On m’a donné des détails incroyables sur l’art qu’on les Grecs d’échapper à l’impôt, de partir plus tôt et plus avantageusement à la retraite, de ne pas imposer les puissants armateurs, etc… Et tous ces faits auraient dû éveiller les soupçons des Européens scrupuleux et intègres comme nos amis allemands.

    Quand je pense aux mauvais traitements journalistiques infligés à ce pauvre Wolfgang Schäuble qui ne faisait que rappeler les mauvais payeurs (keine Zahlungsmoral) à l’orthodoxie financière ! On l’a traité de tous les noms, on la accusé de vouloir humilier les Grecs, comme si ces derniers n’étaient pas eux mêmes responsables de leur propre déchéance et isolement.

    A dire vrai, je doute que le feuilleton grec trouve vraiment un dénouement rapide et heureux. Il faudrait user du même cynisme politique que Tsipras : on le laisse s’engager dans le train de réformes nécessairement impopulaire, on lui donne de l’argent avec parcimonie, le mécontentement de la population ira croissant et ses propres amis de Syrisa le chasseront du pouvoir. Car, au fond, pourquoi conserver un premier ministre d’extrême gauche pour de telles réformes ? C’est contre nature. La droite est mieux placée pour cette tâche.

    Ainsi l’affront fait à l’Europe, à la face du monde, aura été lavé.

  • Comment parvenir à un débat religieux équilibré?

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    Comment parvenir à un débat religieux équilibré?

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  • Ne pas faire confiance à Tsipras

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    Ne pas faire confiance à Tsipras…

    Les Européens ne devraient pas faire crédit aux promesses de Tsipras qui a le toupet de leur demander une rallonge de plusieurs milliards alors qu’il était déjà endette jusqu’aux oreilles (pour parler comme les Allemands).

    Malheureusement, la seule solution qui s’impose et  qui finira par être adoptée, tôt ou tard, c’est le départ de ce pays de la zone Euro : cette Europe du sud dont la Grèce est le pire des fleurons, n(a pas la même culture que l’Europe du nord. Ce n’est pas demain qu’on changera la mentalité des gens de ce pays. Savez vous que dans certaines régions de Grèce comme d’Italie les gens n’achèvent pas la construction d’une maison, pourtant habitée à la seule fin de ne pas payer la taxe foncière. Savez vous que la plupart des hôtels de Grèce usent de tous les expédients pour ne pas être payés par cartes de crédit et préfèrent les espèces. Incroyable !

    Comment dans ces conditions lever l’impôt ? Comment établir la taxe foncière sans cadastre ? Comment régulier la fonction publique quand on sait qu’il n’ y a pas de grille indiciaire ?

    Comment voulez vous réformer un pays qui n’a pas d’état depuis près d’un siècle ? Comment faire payer des impôts à l’église orthodoxe ?

    Bref, c’est le tonneau des Danaïdes. Il faut que les Grecs sortent de la zone Euro ou que Tsipras parte. Même s’il promet de faire les réformes, il prendra l’argent sans faire les réformes. En fait, on est condamné à le soutenir comme la corde soutient le pendu.

     

  • La Grèce est chassée de la zone Euro

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    La Grèce est chassée de la zone Euro.

    Même si Tsipras essaie de faire durer son petit jeu de pokerman, les dés sont jetés : la commission européenne dit avoir préparé un scénario détaillé de la situation suivante : la Grèce hors de la zone Euro. Enfin, les Européens se ressaisissent et se décident à mettre dehors un homme qui a fait fortune en utilisant le fameux tonneau des Danaïdes.  C’est un puits sans fond. Même les petits pays comme la Lituanie ou d’autres intiment à la Grèce l’ordre  de cesser de faire la fête avec l’argent des autres. Mais il ne sert à rien de refaire des historiques laborieux et ennuteux dont les télévisions nous abreuvent matin, midi et soir.

    Il suffit de relever simplement que le nouveau ministre grec des affaires est venu à Bruxelles les mains vides. Tsipras ne fera guère mieux ce jour à Strasbourg et Christine Lagarde avait raison de dire qu’il faut se conduire comme des adultes. Tout le monde, à part quelques entêtés, dit que la Grèce doit aller ailleurs Et Tsipras cessera d’apparaître comme un magicien, sauveur de son pays. La BCE n’a pas le droit d’alimenter sans fin ce pays en billets de banques. On va leur donner une aide humanitaire comme à un simple pays du tiers monde. Ce n’est pas aux Européens de payer pour la Grèce d’autant que son redressement prendra au moins vingt ou trente ans. On ne va tout de même pas les perfuser durant tout ce temps.

    Qu’ils aillent ailleurs, qu’ils réimpriment la drachme. Le seul problème sera de libeller dans une autre monnaie leur gigantesque dette. Eh bien, provisionner cette créance nous quittera moins cher, à la longue, que d’entretenir ce pays dans l’avenir. Lorsqu’ils seront livrés à eux-mêmes, les Grecs pourront toujours couronner leur sauveur roi de tous les Hellènes. Il est évident, en lisant la presse allemande de ce matin, que les Allemands préféreront perdre quelques dizaines de milliards en arrêtant les frais plutôt que de poursuivre cette tragi-comédie à l’infini.

    Le vice-chancelier l’a dit avec lucidité ; Tsipras hat die letzten Brücken eingerissen.