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  • Orange, Stéphane Richard et l'Etat d'Israël

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    Orange, Stéphane Richard et l’Etat d’Israël N’ayant pas pris connaissance des termes exacts de la déclaration de Stéphane Richard au Caire concernant sa volonté de retrait par rapport à son partenaire en Israël, je ne puis décider de la nature de cette assertion. Que veut le PDG d’Orange ? Rompre avec un partenaire commercial ou, plus gravement, rompre avec un Etat, Israël, et donc développer un boycott, de sinistre mémoire et qui plus est, heurte frontalement les lois internationales ? Dans un cas comme dans l’autre, la communication du PDG a été lamentable. Comment un homme aussi expérimenté a t il pu être aussi maladroit ? Comment se fait il qu’il ait fait une telle déclaration dans pays arabe, l’Egypte, pays qui a, de surcroit, signé un vieil accord de paix avec son voisin israélien ? L’argument ou le prétexte invoqué est le statut des territoires de la Cisjordanie qui sont considérés comme usurpés par l’Etat d’Israël. Et Orange a été accusée de participer involontaire à cette situation. Cela rappelle le boycott souhaité par les Etats arabes des produits de ces régions. Il semble, cependant, que l’on s’achemine vers un règlement de ce conflit puisque le PDG d’Orange s’est dit prêt à honorer l’invitation du Premier Ministre de se rendre à Jérusalem pour s’expliquer et clarifier ses intentions. Attendons la suite. Mais en tout état de cause ce PDG a été très maladroit. N’oublions pas que l’Etat dispose d’une minorité de blocage dans cette entreprise : 25%

  • La philosophie peut elle contribuer à désamortcer des conflits armés?

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    La philosophie peut-elle contribuer à désamorcer les conflits armés? Vers une résurrection de la symbiose philosophique judéo-arabe … Telle fut la question qu’un petit colloque a tenté de traiter récemment à Tel Aviv avec le concours de France-Culture et de l’Institut français d’Israël. On ne peut pas dissimiler son étonnement, voire son désarroi quand on réalise que le conflit opposant les Juifs et les Arabes, et tout particulièrement les Israéliens et les Palestiniens, perdure depuis des décennies, voire des siècles, alors que ces deux partis partagent tant de choses en commun. Je ne parle pas uniquement d’aujourd’hui, de l’histoire récente depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948, mais de profondeur historique.

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  • Que veut Arnaud Montebour? A quoi sert sa tribune parue dans le JDD?

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    Le pavé dans la mare d'Arnaud Montebourg

    Cet article paru dans le JDD était parfaitement prévisible. Montebourg ne se laissera pas écarter sans rien dire. il entend exister mais s'il dit avoir abandonné la politique. Il a une revanche à prendre sur ses amis qui l'ont évincé et il a bien choisi son moment. Alors que les membres drigeants du PS se préparent à conclure triomphalement leur congrès, il signe une tribune au vitriol avec son ami Matthieu Pigasse, banquier réputé de gauche, et parue dans le JDD.

    Ce congrès aura été caractérisé par une distribution de rôles, ce ne fut pas un congrès fondateur, il s'est contenté de conforter les positions du gouvernement et a mis en avant un seul souci, celui du rassemblement. Mais il n'a pas exercé sa faculté dinnovation ni de proposition, donnant ainsi raison à ceux qui prétendent que le PS est une coque vide, un parti transformé en machine électorale pour faire réélire François Hollande. D'aucuns parlent même d'une désertion des militants, découragés et démoralisés par la politique gouvernementale.

    Il est indéniable que chaque fois que la gauche est au gouvernement, elle se heurte aux ralités économiques et doit dévier de sa ligne initiale.

    C'est exactement ce que lui reprochent nos deux journalistes du dimanche qui n'acceptent pas l'austérité, jugeant que ce n'est pas sur ce programme que Hollade a été élu.

    Mais nous savons bien qu'aucun parti n'applique son programme: celui-ci ne lui sert qu'à se faire élire ou réélire

  • Que représente le parti socialiste français aujourd'hui?

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    Quelle est l’influence du partic socialiste en France aujourd’hui ?

     

    Oui, c’est la question que l’on peut se poser légitimement au moment où s’ouvre à Poitiers le 77e congrès de ce parti. Pour certains de ses membres, m’accession au pouvoir a été fatale au PS qui serait, selon eux, une coque vide. Pour d’autres, Jean-Christophe Cambadélis ne serait qu’une marionnette qui prendrait ses ordres à l’Elysée. Mais tous s’entendent pour dire que le PS n’est plus une force de proposition et qu’il s’est transformé en machine électorale au service d’un homme.

     

     

     

    Qu’en est il au juste ? On ne peut pas nier que le PS a des difficultés avec une culture de gouvernement et son éloignement du pouvoir a laissé libre cours à des théoriciens qui réfléchissaient très loin de la réalité. Ce qui explique les tensions entre ceux qui pensent dans le secret de leur cabinet et ceux qui agissent et se heurtent constamment aux contingences quotidiennes.

     

     

     

    D’où les réserves des rebelles du PS, appelés les frondeurs qui demandent avec force la réalisation des promesses de campagne de celui qui siège à l’Elysée et qui devrait, selon eux, se soumettre à une primaire pour la désignation du futur candidat du PS pour 2017.

     

     

     

    François Hollande a tout de même réussi un rétablissement spectaculaire : il y a un an les commentateurs s’interrogeaient bruyamment sur sa capacité à aller au bout de son mandat. Aujourd’hui, personne, pas mêmes ses adversaires les plus acharnés, ne se pose la question. Ce n’est pas rien. Reste la question de la présence au second tour car tous partent du principe en sera. A mes yeux, ce n’est pas si sûr, surtout depuis les démêlés de la fille avec son père qui semble vouloir tout casser si on cherche à l’exclure du parti, ce qui est virtuellement le cas.

     

     

     

    Enfin, si le PS n’investissait pas François Hollande, qui d’autre irait se battre pour 2017 ? La seule alternative crédible n’est autre que Manuel Valls. C’est le seul élément qui peut troubler l’ordre du jeu.

     

     

     

    C’est compliqué, la politique, alors attendons et voyons. Il est vrai que les Républicains cultivent de manière congénitale la division et les haines sont si recuites dans ce camp là que tout est possible. Même une réélection de François Hollande

     

  • La vie ou la mort pour Vincent LAmbert?

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    La vie ou la mort pour Vincent Lambert ?

     

     

     

    Je n’aimerais vraiment pas être l’un des dix-sept juges de la cour européenne des droits de l’homme qui doit rendre ce matin deux décisions sur le cas de Vincent Lambert, ce tétraplégique de 38 ans, victime d’un horrible accident de la route qui l’a privé de toutes les fonctions de l’être humain. Au point que sa propre famille se déchire : son épouse et ses frères et sœurs, à une exception près, sont pour la cessation des soins, tandis que sa mère opte, ce qui est normal, pour le maintien en vie.

     

     

     

    Je ne prendrai pas parti ce serait folie, et je plains les juges de Strasbourg qui devront rendre leurs décisions, sauf si, fidèles à leur formation de juriste, ils se retranchent derrière des subtilités, incompréhensibles de tous, mais applicables dans de tels cas. Souvenez vous du premier arrêt du Conseil d’Etat sur le foulard islamique ! Les Sages du Palais Royal avaient refilé la patate chaude (passez moi l’expression) aux chefs d’établissements…

     

     

     

    Qui peut décider de la vie et de la mort ? Pas même les médecins dont l’avis est nécessaire au plan clinique mais non suffisant au plan moral.

     

     

     

    En fait, il s’agit presque d’une aporie morale. De quelle éthique se réclameront les juges de Strasbourg pour qualifier ce qui se passe ? Doit on dire que le malade doit vivre dans son état ou le contraire qu’il faudrait cesser de le nourrir ? Dans les deux cas, la question est in-jugeable, indécidable.

     

     

     

    Pourtant, cet homme est bien là, les yeux grand ouverts : implore t il qu’on le laisse en vie ou, au contraire, qu’on lui permette de mourir enfin, comme le demandent certains membres de sa famille.

     

     

     

    Je commence, en ma qualité de philosophe, la recevabilité de l’attitude de certains théologiens qui décident de s’en remettre à Dieu dans de tels cas. Mais même dans ce cas, la transcendance a besoin toujours besoin d’un vecteur humain pour se faire connaître et comprendre de nous, simples mortels.

     

     

     

    Dans le cas qui nous occupe, cas qui vont se multiplier vu le vieillissement de la population et la longévité, nous voyons des yeux le mur de esprit. On ne peut pas aller plus loin : comment prendre une vie quand on ne l’a pas soi même donnée ?

     

     

     

     

     

     

     

  • Ségolène Royal, superstar du gouvernement

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    Ségolène Royal, superstar du gouvernement de Manuel Valls Quelle revanche, quel retournement de situation ! On s’y croirait presque ! En regardant l’image du couple royal espagnol accueilli par le président Hollande et Ségolène Royal, on pensait que le couple français s’était reformé, reconstitué. Oubliés les épisodes avec Me Trierweiler ou avec d’autres actrices ou comédiennes… Ségolène Royal a fait preuve d’une maîtrise exceptionnelle, ce qui lui vaut les galons d’une grande femme politique. Après avoir été rejetée, ridiculisée, bafouée publiquement, la voilà qui revient sur les devants de la scène, un peu comme une bouée de secours d’un président qui n’est pas le bien aimé des sondages, qui butte sur le chômage et est encore impopulaire.. Le président a t il soudain besoin de l’aide de la mère de ses quatre enfants ? Probablement mais on ne peut pas déchiffrer les émotions d’un tel homme politique. Il demeure, cependant, que l’image de ce couple accueillant le roi et la reine d’Espagne dépasse le simple jeu de rôles. Me Royal savoure son triomphe, elle qui avait été rejetée, se retrouve à la tête d’un grand ministère et joue le rôle d’une représentante –personnelle du président. Il se murmure même, dans certains milieux, qu’elle aurait toutes ses chances dans le cas où l’actuel président ne souhaiterait pas se représenter, elle pourrait constituer une bonne formule de remplacement. Je n’e sais trop rien, mais en tout état de cause, ce rétablissement, ce retour, est magistral et illustre l’adage selon lequel, en politique on n’est jamais mort et que tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir…

  • Comment lutter contre l'Etat Islamique?

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    Comment lutter contre l’Etat Islamique ? C’est la question que devra traiter la conférence de Paris qui se tient ce jour dans la capitale française, en l’absence d’un membre important, le plus important peut-être, le secrétaire d’Etat John Kerry, victime d’une grave chute de vélo à la frontière franco-suisse. La chose est tellement grave qu’on parle de son remplacement car il risque d’être immobilisé durant près de six mois. Certains se sont sentis intrigués par ce qu’ils nomment une sorte d’activisme de la diplomatie française et cherchent à l’expliquer par l’axe Paris-Ryad-Emirats arabes unis. L’achat d’avions rafale, la promesse de nombreux investissements dans l’industrie française expliqueraient cet empressement de Paris. Cela est peut-être fondé si l’on passe en revue le nombre de gestes intervenus ces dernières semaines. Mais ce rapprochement franco-arabe s’explique aussi par la défiance croissante que les monarchies pétrolières et même des régimes arabes modérés comme l’Egypte, ressentent à l’égard de l’Amérique d’Obama qui mise tout sur l’Asie et avance à marche forcée vers un accord avec l’Iran sur le nucléaire. Les Arabes du Proche Orient se sont donc cherchés une autre puissance susceptible non point de remplacer l’hyperpuissance US mais au moins de sauver les apparences. Deux faits sont à considérer : le ministre Fabius qui signale que la France sera très vigilante et qu’elle exige le droit de visiter les sites militaires iraniens de suite, et non au terme de 24 jours… Et enfin, les appels du président français à l’action contre l’Etat Islamique. Et nous en arrivons à la conférence de Paris. Que faire sans les USA ? Pas grand chose, or tant que le locataire de la Maison Blanche s’appelle Obama, il n y aura pas de troupes US au sol. Cette décision est si incompréhensible que même le chef de la division iranienne al-Qods s’en est alarmé et a déclaré publiquement que les Américains n’ont rien fait pour empêcher l’avancée de l’E.I.… C’est dire ! Pourtant, certains mouvements se dessinent qui laissent augurer un changement des Russes à l’égard de Bachar dont l’armée commence à s’essouffler sérieusement : cela fait quatre ans qu’elle se bat sur plusieurs fronts. Le roi Salman d’Arabie Saoudite fait l’analyse suivante : l’Iran, en raison de son ingérence dans les affaires intérieures de ses voisins, doit être chassé du Proche Orient. Pour le faire, il faut que l’armée des ayatollahs subisse un cuisant revers en Syrie. Si l’on déroule les conséquences de proche en proche, c’est le Hezbollah qui sera, à terme, condamné, un autre suppôt des Iraniens sur place. Et ainsi, selon les Saoudiens, leur propre régime ne sera plus menacé. Car, il faut bien le reconnaître, c’est la grande stratégie iranienne, ses pions avancent lentement mais inexorablement. Qui a raison ? Je l’ignore mais ce que je relève une nouvelle fois, c’est que la paix et le calme ne sont pas prêts de s’installer dans cette région du monde. Toujours la même…

  • Le dernier succès électoral de Marine Le Pen

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    le tout dernier succès électoral de Marine Le Pen

     

     

     

    Les médias et les partis politiques devront bien en tenir compte et dessiner leur stratégie anti FN à l’aune de ce qui s’est passé hier dans une petite ville du Vaucluse : le FN  dont l’élu avait été invalidé a été réélu dès le premier avec un score incontestable, pas très loin des 60%. Bien entendu, le parti va étendre ce succès aux dimensions d’un test national : rien d’étonnant à cela, les Français aimant vivre constamment entre deux élections.

     

     

     

     Dans ce pays, la paix ou le cessez-le-feu électoral ne règne jamais. Chaque fois qu’un parti perd, il se met en campagne et espère gagner au prochain coup. Mais dans l’intervalle, comment va le pays ? Qui le gère ? Sauf à le gouverner contre l’autre partie, on ne peut rien faire : c’est une partie de la France qui gouverne le pays contre l’autre partie. Et c’est ainsi depuis des décennies. Cela ne changera jamais : vous ne ferez pas des Français des Suisses. Bien que voisins, les deux peuples tranchent nettement l’un par rapport à l’autre.

    Mais revenons au cas d’hier et de ses résultats. Aucun gouvernement, de droite comme de gauche, n’a voulu saisir à bras le corps les problèmes auxquels sont confrontés les Français dans leur vie quotidienne. Pourtant, les préfets de la République savent de quoi il retourne. Ils savent que la population française, surtout dans ces régions ensoleillées, ne supportent plus de ne plus être chez elle,, ne reconnaissent plus la France tant certains quartiers allogènes (à leurs yeux) sont devenus criminogènes.. Certains sont même allés jusqu’à parler de zones de non-droit…

     

     

     

    Ces récriminations sont telles, elles ont pris une telle dimension qu’on en vient aujourd’hui à contester le principe même du regroupement familial (selon le FN les Africains en ont considérablement abusé) et le droit du sol. Il y a seulement quelques années, nul n’aurait osé imaginer pareille chose !

     

     

     

    Les exemples sont nombreux. Et le FN a, au plan européen, un allié de poids mais très inattendu, le Premier Ministre David Cameron qui dit tout haut ce que des millions de gens pensent tout bas : non au tourisme social, suppression des pompes aspirantes, baisse généralisée des prestations sociales, bref la fin de l’Etat-Providence (Welfare State).

     

     

     

    En gros, si d’ici décembre, date des élections régionales, on n’a pas pris les mesures que des millions de Français attendent, il y aura de nouveau une victoire du FN.

     

     

     

    Rendez vous compte : un important parti de droite qui vient tout juste de  changer de nom, a décidé, avant toute autre chose, et toutes affaires cessantes de parler dans un grand débat national, d’un thème, d’un seul, l’islam ! On se serait attendu au chômage, au pouvoir d’achat, à l’immigration, à l’Europe… Non, c’est l’islam, comme si cela était le point nodal de tous les problèmes de l’époque.

     

     

     

    Le gouvernement actuel, comme tous les précédents, a des mérites et des défauts. Et nul ne peut prouver que d’autres auraient fait mieux. Mais la question sérieuse qui se pose est la suivante : pourquoi ne prend il pas des mesures pour inverser ce penchant du pays vers la lepenisation ?

     

     

     

    Il faut se reporter à l’excellent article de Robert Badinter sur ce même thème, paru dans un grand quotidien du soir, il y a quelques années… Il y parlait d’une lepinisation des esprits en marche.

     

     

     

    Nous y sommes.

     

     

     

    Maurice-Ruben HAYOUN in TDG du 1er juin 2015