- Page 2

  • Le FMI a raison, le gouvernement grec actuel doit partir

    Imprimer

    Le gouvernement grec actuel a menti à tout le monde.

    Il sait que son programme est intenable et irréalisable.

    Il a trompé ses électeurs qui, en désespoir de c

    Lire la suite

  • François Hollande aà Alger

    Imprimer

    La lutte anti-terroriste et le voyage de François Hollande à Alger

    En principe, ce voyage est normal et ne revêt aucun caractère particulier. Pourtant, les observateurs veulent y voir quelque chose de plus important que la simple lutte contre le terrorisme, un phénomène auquel Alger est confronté depuis longtemps. Les islamistes algériens grossissent les rangs de la nébuleuse djihadiste depuis les origines et régulièrement, l’armée neutralise des groupes terroristes à quelques dizaines de kilomètres seulement de la capitale.

    Mais que peut faire François Hollande dans ce contexte ? Probablement vérifier la solidité d’un régime dont l’avenir est incertain. Et si on venait à lui livrer des armes très sophistiquées, s’assurer qu’elles ne tomberont pas en de mauvaises mains, comme c’est le cas en Irak et en Libye…

    Même si le président français a passé près de deux heures avec le son homologue algérien, et même s’il a dû rendre hommage à la bonne santé mentale de M. Bouteflika, il y a à Alger une atmosphère de fin de règne et les clans s’affrontent pour sauvegarder leurs positions, voire même se saisir entièrement du pouvoir.

    Comme dans tous les pays de même nature, ce sont les militaires et les responsables sécuritaires qui mènent le pays et ont généralement le dernier mot puisque la volonté populaire n’est pas vraiment respectée.

    Et depuis la chute brutale des cours du prix du pétrole, un élément nouveau est appru : il n y a plus assez de ressources pour garantir la paix sociale par des subventions et des redistributions de la manne d’état.

     

    Mais de là à dire que François Hollande s’est rendu en Algérie pour organiser ou avaliser la succession de Bouteflika, il y a un pas que nous ne saurions franchir.

  • La misogynie des religieux

    Imprimer

    Un 12 juin, il y a cinquante ans, à Jérusalem, l’âme de Martin Buber, philosophe, traducteur de la Bible avec Fr Rosenzweig, et éminent sioniste de gauche, s’envolait vers l’autre monde, après une vie bien remplie : né à Vienne en 1878 dans une famille presque entièrement assimilée de la bourgeoisie juive, il sera appelé à un brillant avenir, même si, à peine âgé de trois ans, sa mère quitte le domicile conjugal pour aller vivre avec son amant. L’enfant ne se remettra jamais de cette séparation et certains critiques vont jusqu’à dire que c’est dans cet événement tragique qu’il faut chercher la racine de son ouvrage majeur, Je et Tu

     Le jeune Martin est alors confié par son père à son grand père, le célèbre érudit traditionnel Salomon Buber qui s’est illustré dans l’édition de vieux textes exégétiques hébraïques. De cette épreuve à jamais traumatisante, l’enfant, devenu adulte fera une force : au cours de la décennie passée dans le foyer si chaleureux de ses grands parents, le jeune Martin grandira à l’ombre d’un couple aussi bienveillant qu’érudit. Le vieil homme enseignera à son petit fils l’amour des textes anciens , la satisfaction qu’on tire du travail bien fait et la sensibilité des hassidim qui vivaient tout près de Lemberg (Lvov), la capitale de la Galicie autrichienne. Mais la grand-mère exercera aussi une influence marquante sur l’enfant : elle choisira les grands classiques allemands qu’il lira dans leur version originale, dotant le jeune homme d’un style ciselé et d’une richesse terminologique impressionnante. Lorsqu’il évoquera ces années là à Lemberg chez ses grands parents, dans ses fragments autobiographiques, Buber dira qu’elles furent bénéfiques malgré le sentiment de solitude qui l’étreignait lorsqu’il pensait à sa mère. Il raconte qu’un jour, alors que sa grand-mère, absente, l’avait confié à la garde d’une jeune fille, à peine plus âgée que lui, il demanda à cette dernière à quel moment, selon elle, sa mère allait enfin revenir pour revoir son enfant. La jeune fille lui dit alors la vérité, sans ménagement : ta mère, lui dit elle, ne reviendra jamais, elle a refait sa vie ailleurs avec un autre homme. Lui, Buber, le philosophe de la rencontre et de la pensée dialogique, une pensée qui met l’accent sur l’échange et la rencontre, créera un terme allemand pour désigner une rencontre ratée, manquée, une rencontre qui n’aura jamais lieu, la sienne avec sa maman : de Begegnung il fera une Vergegnung, le préfixe Ver de ce terme connotant l’idée d’une perte, d’un manque, d’une absence.

    A treize ans, son père qui s’était remarié, vient le chercher pour le ramener à Vienne. L’adolescent en profite pour se réadapter à un milieu qu’il n’avait presque pas connu. Mais il n’oubliera jamais le berceau du hassidisme dans lequel il avait baigné durant ces années décisives. Polyglotte, ayant suivi une scolarité en polonais, mais parlant le haut allemand à la demande da grand mère bien aimée, il maitrisait aussi l’hébreu ancien, trois langues qui lui seront d’un grand secours lorsqu’il deviendra le meilleur connaisseur de la sensibilité hassidique d’Europe centrale et orientale. Il évoque dans ses souvenirs les mois d’été au cours desquels ses grands parents se retiraient dans leur maison de campagne, non loin de quelques communautés hassidiques avec lesquelles Salomon Buber entretenait des relations cordiales. Assister aux prières de ces hassidimes, voir de très près leur dévotion pour leur guide spirituel en lequel ils avaient une confiance absolue, permettra au Buber de la maturité de brosser une image vivante de ces piétistes juifs du XIXe siècle et du début du XXe.

    Comme le jeune Martin Buber était à l’abri du besoin, il partit étudier dans diverses universités suisses (à Zurich où il rencontrera sa future épouse Paula) allemandes (Berlin) et autrichiennes (Vienne principalement). Il consacrera sa thèse de doctorat à Nicolas de Cues et s’intéressera de très près à des mystiques allemands comme Jakob Böhme, le savetier de Görlitz. Sa grand-mère qui l’adorait, lui permit de passer plus d’une année dans les grandes villes italiennes marquées par la Renaissance, afin qu’il puisse tranquillement chercher et  trouver sa voie.

    Il ne visera plus une carrière de professeur d’université et préférera vivre de sa plume. Alors qu’il s’affranchissait largement de la tutelle de la tradition juive, si omniprésente dans le domicile du grand père érudit de Lemberg, le mouvement sioniste de Théodore Herzl attira sa attention. Malgré des relations orageuses avec l’auteur de l’Etat des Juifs (Judenstaat), il deviendra l rédacteur en chef de sa publication Die Welt et poursuivra ses activités journalistiques à la tête d’une autre publication au titre encore plus explicite, Der Jude.

    Mais il ne sera jamais un simple militant politique, asservi à la cause qu’il entendait défendre, il sera aussi un philosophe, un homme de lettres et écrira un ouvrage institué Je et Tu, publié en 1923 ; deux ans après l’œuvre majeure de son collègue et ami Franz Rosenzweig, L’étoile de la rédemption (1921). Il explique dans ce livre, traduit très vite en France avec une prestigieuse préface, que l’être ne vit et n’existe que par les autres et que notre moi est constitué par les autres. En ce sens, il influencera considérablement la philosophie d’Emmanuel Levinas qu’il rencontrera maintes fois à Paris après la fin de la guerre.

    Mais parallèlement à cette activité philosophique, basée sur le langage, la rencontre et le dialogue, Buber introduira des millions de lecteurs européens dans l’univers envoutant du hassidisme puisqu’il rendra de manière un peu romancée, la vie et l’activité des grands maîtres de ce mouvement piétiste du judaïsme d’Europe de l’est. Pour se rendre compte du succès remporté par Buber dans ce domaine, il suffit de fréquenter les gares allemandes dont les librairies présentent dans leurs rayons, en format de poche, les Légendes de Rabbi Nachman, Les légendes du Baalshemtov, Le chemin de l’homme selon le hassidisme, etc… Certes, son ancien élève Gershom Scholem, devenu un grand maître, lui reprochera son approche anhistorique, mais l’œuvre de Buber a pu s’imposer et a mis cette sensibilité mystique des XVIII-XIXe siècles à la portée de tous. Buber fut donc le propagateur du hassidisme qu’il sut incorporer er réintégrer à la culture non seulement européenne mais universelle.

    Même s’il n’a pas vraiment respecté les normes du commentaire historique en dépeignant la personnalité et l’activité du fondateur de la secte des hassidim du XIXe siècle, le légendaire Baalshemtov (le maitre du bon Nom divin), il comprendra que le secret de ce fin psychologue résidait dans sa connaissance intime du rapport des choses entre elles. Le second point fort de ce grand thaumaturge que fut le Baalshemtov consistait à faire absorber la magie par la religion. Il avait facilement identifié la crédulité de ses ouailles, mais au lieu de l’exploiter à des fins personnelles, il l’intégra à son système et la mit au service du sentiment religieux vécu par des hommes simples.

    Cette approche a profondément marqué le Buber de l’âge mur : il n’acceptera jamais que le contenu de la Révélation du Sinaï fût une législation. Et ceci transparaitra dans sa conception du judaïsme, aux antipodes de celle de son ami Rosenzweig qui opta pour le respect scrupuleux des commandements bibliques. Pour Buber, au contraire, la divinité va au devant des hommes, elle leur donne un enseignement éthique mais ne cherche pas à leur dicter sa loi. Il y a là un antinomisme qui rappelle un peu les épîtres de Saint Paul, même si Buber a adressé à la religion chrétienne des observations plutôt sévères.

    Le hasard faisant bien les choses, Buber aura rendez vous avec le destin avant sa cinquantième année : en 1925, un jeune éditeur chrétien de Heidelberg, Lambert Schneider, lui proposa de refaire une traduction allemande de la Bible hébraïque. Une version faite selon une sensibilité exégétique authentiquement juive. Buber accepta cette offre si généreuse et qui lui laissait toute latitude dans son travail ; il ne formula qu’une exigence, la possibilité d’œuvrer en partenariat avec Rosenzweig qui commençait à ressentir les premiers effets de la maladie (amyotrophie latérale) et qui l’avait désigné pour lui succéder à la chaire de philosophie et d’éthique du judaïsme à l’université de Francfort sur le Main.

    Les deux amis ne livreront pas une nouvelle version allemande de la Bible hébraïque, ils modifieront en profondeur la langue allemande pour la rendre compatible avec le lexique et la syntaxe hébraïques. A la mort de Rosenzweig le 10 décembre 1929, les deux amis avaient déjà publié plusieurs fascicules de leur traduction et abordaient la littérature prophétique.

    Mais ce qui retiendra le plus notre attention en ce cinquantenaire de la mort de Martin Buber le 12 juin 1965, ce sont ses idées politiques et son militantisme pour imposer un état binational où seraient regroupés Juifs et Arabes. Buber et quelques rares sionistes de gauche luttèrent sans relâche sans obtenir gain de cause. Même si Buber a fait preuve d’un esprit utopiste, il a fait une juste prophétie : un Etat juif ne jouira jamais d’une seule journée de paix totale, face à un monde arabo-musulman qui n’acceptera jamais d’oublier sa frustration.

    Mais en ces cérémonies du cinquantenaire, Buber est toujours respecté à défaut d’avoir été suivi.

     

    Maurice-Ruben HAYOUN

  • La misogynie des religieux

    Imprimer

    Un 12 juin, il y a cinquante ans, à Jérusalem, l’âme de Martin Buber, philosophe, traducteur de la Bible avec Fr Rosenzweig, et éminent sioniste de gauche, s’envolait vers l’autre monde, après une vie bien remplie : né à Vienne en 1878 dans une famille presque entièrement assimilée de la bourgeoisie juive, il sera appelé à un brillant avenir, même si, à peine âgé de trois ans, sa mère quitte le domicile conjugal pour aller vivre avec son amant. L’enfant ne se remettra jamais de cette séparation et certains critiques vont jusqu’à dire que c’est dans cet événement tragique qu’il faut chercher la racine de son ouvrage majeur, Je et Tu

     Le jeune Martin est alors confié par son père à son grand père, le célèbre érudit traditionnel Salomon Buber qui s’est illustré dans l’édition de vieux textes exégétiques hébraïques. De cette épreuve à jamais traumatisante, l’enfant, devenu adulte fera une force : au cours de la décennie passée dans le foyer si chaleureux de ses grands parents, le jeune Martin grandira à l’ombre d’un couple aussi bienveillant qu’érudit. Le vieil homme enseignera à son petit fils l’amour des textes anciens , la satisfaction qu’on tire du travail bien fait et la sensibilité des hassidim qui vivaient tout près de Lemberg (Lvov), la capitale de la Galicie autrichienne. Mais la grand-mère exercera aussi une influence marquante sur l’enfant : elle choisira les grands classiques allemands qu’il lira dans leur version originale, dotant le jeune homme d’un style ciselé et d’une richesse terminologique impressionnante. Lorsqu’il évoquera ces années là à Lemberg chez ses grands parents, dans ses fragments autobiographiques, Buber dira qu’elles furent bénéfiques malgré le sentiment de solitude qui l’étreignait lorsqu’il pensait à sa mère. Il raconte qu’un jour, alors que sa grand-mère, absente, l’avait confié à la garde d’une jeune fille, à peine plus âgée que lui, il demanda à cette dernière à quel moment, selon elle, sa mère allait enfin revenir pour revoir son enfant. La jeune fille lui dit alors la vérité, sans ménagement : ta mère, lui dit elle, ne reviendra jamais, elle a refait sa vie ailleurs avec un autre homme. Lui, Buber, le philosophe de la rencontre et de la pensée dialogique, une pensée qui met l’accent sur l’échange et la rencontre, créera un terme allemand pour désigner une rencontre ratée, manquée, une rencontre qui n’aura jamais lieu, la sienne avec sa maman : de Begegnung il fera une Vergegnung, le préfixe Ver de ce terme connotant l’idée d’une perte, d’un manque, d’une absence.

    A treize ans, son père qui s’était remarié, vient le chercher pour le ramener à Vienne. L’adolescent en profite pour se réadapter à un milieu qu’il n’avait presque pas connu. Mais il n’oubliera jamais le berceau du hassidisme dans lequel il avait baigné durant ces années décisives. Polyglotte, ayant suivi une scolarité en polonais, mais parlant le haut allemand à la demande da grand mère bien aimée, il maitrisait aussi l’hébreu ancien, trois langues qui lui seront d’un grand secours lorsqu’il deviendra le meilleur connaisseur de la sensibilité hassidique d’Europe centrale et orientale. Il évoque dans ses souvenirs les mois d’été au cours desquels ses grands parents se retiraient dans leur maison de campagne, non loin de quelques communautés hassidiques avec lesquelles Salomon Buber entretenait des relations cordiales. Assister aux prières de ces hassidimes, voir de très près leur dévotion pour leur guide spirituel en lequel ils avaient une confiance absolue, permettra au Buber de la maturité de brosser une image vivante de ces piétistes juifs du XIXe siècle et du début du XXe.

    Comme le jeune Martin Buber était à l’abri du besoin, il partit étudier dans diverses universités suisses (à Zurich où il rencontrera sa future épouse Paula) allemandes (Berlin) et autrichiennes (Vienne principalement). Il consacrera sa thèse de doctorat à Nicolas de Cues et s’intéressera de très près à des mystiques allemands comme Jakob Böhme, le savetier de Görlitz. Sa grand-mère qui l’adorait, lui permit de passer plus d’une année dans les grandes villes italiennes marquées par la Renaissance, afin qu’il puisse tranquillement chercher et  trouver sa voie.

    Il ne visera plus une carrière de professeur d’université et préférera vivre de sa plume. Alors qu’il s’affranchissait largement de la tutelle de la tradition juive, si omniprésente dans le domicile du grand père érudit de Lemberg, le mouvement sioniste de Théodore Herzl attira sa attention. Malgré des relations orageuses avec l’auteur de l’Etat des Juifs (Judenstaat), il deviendra l rédacteur en chef de sa publication Die Welt et poursuivra ses activités journalistiques à la tête d’une autre publication au titre encore plus explicite, Der Jude.

    Mais il ne sera jamais un simple militant politique, asservi à la cause qu’il entendait défendre, il sera aussi un philosophe, un homme de lettres et écrira un ouvrage institué Je et Tu, publié en 1923 ; deux ans après l’œuvre majeure de son collègue et ami Franz Rosenzweig, L’étoile de la rédemption (1921). Il explique dans ce livre, traduit très vite en France avec une prestigieuse préface, que l’être ne vit et n’existe que par les autres et que notre moi est constitué par les autres. En ce sens, il influencera considérablement la philosophie d’Emmanuel Levinas qu’il rencontrera maintes fois à Paris après la fin de la guerre.

    Mais parallèlement à cette activité philosophique, basée sur le langage, la rencontre et le dialogue, Buber introduira des millions de lecteurs européens dans l’univers envoutant du hassidisme puisqu’il rendra de manière un peu romancée, la vie et l’activité des grands maîtres de ce mouvement piétiste du judaïsme d’Europe de l’est. Pour se rendre compte du succès remporté par Buber dans ce domaine, il suffit de fréquenter les gares allemandes dont les librairies présentent dans leurs rayons, en format de poche, les Légendes de Rabbi Nachman, Les légendes du Baalshemtov, Le chemin de l’homme selon le hassidisme, etc… Certes, son ancien élève Gershom Scholem, devenu un grand maître, lui reprochera son approche anhistorique, mais l’œuvre de Buber a pu s’imposer et a mis cette sensibilité mystique des XVIII-XIXe siècles à la portée de tous. Buber fut donc le propagateur du hassidisme qu’il sut incorporer er réintégrer à la culture non seulement européenne mais universelle.

    Même s’il n’a pas vraiment respecté les normes du commentaire historique en dépeignant la personnalité et l’activité du fondateur de la secte des hassidim du XIXe siècle, le légendaire Baalshemtov (le maitre du bon Nom divin), il comprendra que le secret de ce fin psychologue résidait dans sa connaissance intime du rapport des choses entre elles. Le second point fort de ce grand thaumaturge que fut le Baalshemtov consistait à faire absorber la magie par la religion. Il avait facilement identifié la crédulité de ses ouailles, mais au lieu de l’exploiter à des fins personnelles, il l’intégra à son système et la mit au service du sentiment religieux vécu par des hommes simples.

    Cette approche a profondément marqué le Buber de l’âge mur : il n’acceptera jamais que le contenu de la Révélation du Sinaï fût une législation. Et ceci transparaitra dans sa conception du judaïsme, aux antipodes de celle de son ami Rosenzweig qui opta pour le respect scrupuleux des commandements bibliques. Pour Buber, au contraire, la divinité va au devant des hommes, elle leur donne un enseignement éthique mais ne cherche pas à leur dicter sa loi. Il y a là un antinomisme qui rappelle un peu les épîtres de Saint Paul, même si Buber a adressé à la religion chrétienne des observations plutôt sévères.

    Le hasard faisant bien les choses, Buber aura rendez vous avec le destin avant sa cinquantième année : en 1925, un jeune éditeur chrétien de Heidelberg, Lambert Schneider, lui proposa de refaire une traduction allemande de la Bible hébraïque. Une version faite selon une sensibilité exégétique authentiquement juive. Buber accepta cette offre si généreuse et qui lui laissait toute latitude dans son travail ; il ne formula qu’une exigence, la possibilité d’œuvrer en partenariat avec Rosenzweig qui commençait à ressentir les premiers effets de la maladie (amyotrophie latérale) et qui l’avait désigné pour lui succéder à la chaire de philosophie et d’éthique du judaïsme à l’université de Francfort sur le Main.

    Les deux amis ne livreront pas une nouvelle version allemande de la Bible hébraïque, ils modifieront en profondeur la langue allemande pour la rendre compatible avec le lexique et la syntaxe hébraïques. A la mort de Rosenzweig le 10 décembre 1929, les deux amis avaient déjà publié plusieurs fascicules de leur traduction et abordaient la littérature prophétique.

    Mais ce qui retiendra le plus notre attention en ce cinquantenaire de la mort de Martin Buber le 12 juin 1965, ce sont ses idées politiques et son militantisme pour imposer un état binational où seraient regroupés Juifs et Arabes. Buber et quelques rares sionistes de gauche luttèrent sans relâche sans obtenir gain de cause. Même si Buber a fait preuve d’un esprit utopiste, il a fait une juste prophétie : un Etat juif ne jouira jamais d’une seule journée de paix totale, face à un monde arabo-musulman qui n’acceptera jamais d’oublier sa frustration.

    Mais en ces cérémonies du cinquantenaire, Buber est toujours respecté à défaut d’avoir été suivi.

     

    Maurice-Ruben HAYOUN

  • La misogynie des religieux

    Imprimer

    Un 12 juin, il y a cinquante ans, à Jérusalem, l’âme de Martin Buber, philosophe, traducteur de la Bible avec Fr Rosenzweig, et éminent sioniste de gauche, s’envolait vers l’autre monde, après une vie bien remplie : né à Vienne en 1878 dans une famille presque entièrement assimilée de la bourgeoisie juive, il sera appelé à un brillant avenir, même si, à peine âgé de trois ans, sa mère quitte le domicile conjugal pour aller vivre avec son amant. L’enfant ne se remettra jamais de cette séparation et certains critiques vont jusqu’à dire que c’est dans cet événement tragique qu’il faut chercher la racine de son ouvrage majeur, Je et Tu

     Le jeune Martin est alors confié par son père à son grand père, le célèbre érudit traditionnel Salomon Buber qui s’est illustré dans l’édition de vieux textes exégétiques hébraïques. De cette épreuve à jamais traumatisante, l’enfant, devenu adulte fera une force : au cours de la décennie passée dans le foyer si chaleureux de ses grands parents, le jeune Martin grandira à l’ombre d’un couple aussi bienveillant qu’érudit. Le vieil homme enseignera à son petit fils l’amour des textes anciens , la satisfaction qu’on tire du travail bien fait et la sensibilité des hassidim qui vivaient tout près de Lemberg (Lvov), la capitale de la Galicie autrichienne. Mais la grand-mère exercera aussi une influence marquante sur l’enfant : elle choisira les grands classiques allemands qu’il lira dans leur version originale, dotant le jeune homme d’un style ciselé et d’une richesse terminologique impressionnante. Lorsqu’il évoquera ces années là à Lemberg chez ses grands parents, dans ses fragments autobiographiques, Buber dira qu’elles furent bénéfiques malgré le sentiment de solitude qui l’étreignait lorsqu’il pensait à sa mère. Il raconte qu’un jour, alors que sa grand-mère, absente, l’avait confié à la garde d’une jeune fille, à peine plus âgée que lui, il demanda à cette dernière à quel moment, selon elle, sa mère allait enfin revenir pour revoir son enfant. La jeune fille lui dit alors la vérité, sans ménagement : ta mère, lui dit elle, ne reviendra jamais, elle a refait sa vie ailleurs avec un autre homme. Lui, Buber, le philosophe de la rencontre et de la pensée dialogique, une pensée qui met l’accent sur l’échange et la rencontre, créera un terme allemand pour désigner une rencontre ratée, manquée, une rencontre qui n’aura jamais lieu, la sienne avec sa maman : de Begegnung il fera une Vergegnung, le préfixe Ver de ce terme connotant l’idée d’une perte, d’un manque, d’une absence.

    A treize ans, son père qui s’était remarié, vient le chercher pour le ramener à Vienne. L’adolescent en profite pour se réadapter à un milieu qu’il n’avait presque pas connu. Mais il n’oubliera jamais le berceau du hassidisme dans lequel il avait baigné durant ces années décisives. Polyglotte, ayant suivi une scolarité en polonais, mais parlant le haut allemand à la demande da grand mère bien aimée, il maitrisait aussi l’hébreu ancien, trois langues qui lui seront d’un grand secours lorsqu’il deviendra le meilleur connaisseur de la sensibilité hassidique d’Europe centrale et orientale. Il évoque dans ses souvenirs les mois d’été au cours desquels ses grands parents se retiraient dans leur maison de campagne, non loin de quelques communautés hassidiques avec lesquelles Salomon Buber entretenait des relations cordiales. Assister aux prières de ces hassidimes, voir de très près leur dévotion pour leur guide spirituel en lequel ils avaient une confiance absolue, permettra au Buber de la maturité de brosser une image vivante de ces piétistes juifs du XIXe siècle et du début du XXe.

    Comme le jeune Martin Buber était à l’abri du besoin, il partit étudier dans diverses universités suisses (à Zurich où il rencontrera sa future épouse Paula) allemandes (Berlin) et autrichiennes (Vienne principalement). Il consacrera sa thèse de doctorat à Nicolas de Cues et s’intéressera de très près à des mystiques allemands comme Jakob Böhme, le savetier de Görlitz. Sa grand-mère qui l’adorait, lui permit de passer plus d’une année dans les grandes villes italiennes marquées par la Renaissance, afin qu’il puisse tranquillement chercher et  trouver sa voie.

    Il ne visera plus une carrière de professeur d’université et préférera vivre de sa plume. Alors qu’il s’affranchissait largement de la tutelle de la tradition juive, si omniprésente dans le domicile du grand père érudit de Lemberg, le mouvement sioniste de Théodore Herzl attira sa attention. Malgré des relations orageuses avec l’auteur de l’Etat des Juifs (Judenstaat), il deviendra l rédacteur en chef de sa publication Die Welt et poursuivra ses activités journalistiques à la tête d’une autre publication au titre encore plus explicite, Der Jude.

    Mais il ne sera jamais un simple militant politique, asservi à la cause qu’il entendait défendre, il sera aussi un philosophe, un homme de lettres et écrira un ouvrage institué Je et Tu, publié en 1923 ; deux ans après l’œuvre majeure de son collègue et ami Franz Rosenzweig, L’étoile de la rédemption (1921). Il explique dans ce livre, traduit très vite en France avec une prestigieuse préface, que l’être ne vit et n’existe que par les autres et que notre moi est constitué par les autres. En ce sens, il influencera considérablement la philosophie d’Emmanuel Levinas qu’il rencontrera maintes fois à Paris après la fin de la guerre.

    Mais parallèlement à cette activité philosophique, basée sur le langage, la rencontre et le dialogue, Buber introduira des millions de lecteurs européens dans l’univers envoutant du hassidisme puisqu’il rendra de manière un peu romancée, la vie et l’activité des grands maîtres de ce mouvement piétiste du judaïsme d’Europe de l’est. Pour se rendre compte du succès remporté par Buber dans ce domaine, il suffit de fréquenter les gares allemandes dont les librairies présentent dans leurs rayons, en format de poche, les Légendes de Rabbi Nachman, Les légendes du Baalshemtov, Le chemin de l’homme selon le hassidisme, etc… Certes, son ancien élève Gershom Scholem, devenu un grand maître, lui reprochera son approche anhistorique, mais l’œuvre de Buber a pu s’imposer et a mis cette sensibilité mystique des XVIII-XIXe siècles à la portée de tous. Buber fut donc le propagateur du hassidisme qu’il sut incorporer er réintégrer à la culture non seulement européenne mais universelle.

    Même s’il n’a pas vraiment respecté les normes du commentaire historique en dépeignant la personnalité et l’activité du fondateur de la secte des hassidim du XIXe siècle, le légendaire Baalshemtov (le maitre du bon Nom divin), il comprendra que le secret de ce fin psychologue résidait dans sa connaissance intime du rapport des choses entre elles. Le second point fort de ce grand thaumaturge que fut le Baalshemtov consistait à faire absorber la magie par la religion. Il avait facilement identifié la crédulité de ses ouailles, mais au lieu de l’exploiter à des fins personnelles, il l’intégra à son système et la mit au service du sentiment religieux vécu par des hommes simples.

    Cette approche a profondément marqué le Buber de l’âge mur : il n’acceptera jamais que le contenu de la Révélation du Sinaï fût une législation. Et ceci transparaitra dans sa conception du judaïsme, aux antipodes de celle de son ami Rosenzweig qui opta pour le respect scrupuleux des commandements bibliques. Pour Buber, au contraire, la divinité va au devant des hommes, elle leur donne un enseignement éthique mais ne cherche pas à leur dicter sa loi. Il y a là un antinomisme qui rappelle un peu les épîtres de Saint Paul, même si Buber a adressé à la religion chrétienne des observations plutôt sévères.

    Le hasard faisant bien les choses, Buber aura rendez vous avec le destin avant sa cinquantième année : en 1925, un jeune éditeur chrétien de Heidelberg, Lambert Schneider, lui proposa de refaire une traduction allemande de la Bible hébraïque. Une version faite selon une sensibilité exégétique authentiquement juive. Buber accepta cette offre si généreuse et qui lui laissait toute latitude dans son travail ; il ne formula qu’une exigence, la possibilité d’œuvrer en partenariat avec Rosenzweig qui commençait à ressentir les premiers effets de la maladie (amyotrophie latérale) et qui l’avait désigné pour lui succéder à la chaire de philosophie et d’éthique du judaïsme à l’université de Francfort sur le Main.

    Les deux amis ne livreront pas une nouvelle version allemande de la Bible hébraïque, ils modifieront en profondeur la langue allemande pour la rendre compatible avec le lexique et la syntaxe hébraïques. A la mort de Rosenzweig le 10 décembre 1929, les deux amis avaient déjà publié plusieurs fascicules de leur traduction et abordaient la littérature prophétique.

    Mais ce qui retiendra le plus notre attention en ce cinquantenaire de la mort de Martin Buber le 12 juin 1965, ce sont ses idées politiques et son militantisme pour imposer un état binational où seraient regroupés Juifs et Arabes. Buber et quelques rares sionistes de gauche luttèrent sans relâche sans obtenir gain de cause. Même si Buber a fait preuve d’un esprit utopiste, il a fait une juste prophétie : un Etat juif ne jouira jamais d’une seule journée de paix totale, face à un monde arabo-musulman qui n’acceptera jamais d’oublier sa frustration.

    Mais en ces cérémonies du cinquantenaire, Buber est toujours respecté à défaut d’avoir été suivi.

     

    Maurice-Ruben HAYOUN

  • l'Iran soutient Bachar

    Imprimer

    L’aide de l’Iran des Mollahs à la Syrie de Bachar

    En raison de la série de revers subis par les troupes loyalistes syriennes, l’Iran a dépêche des milliers de ses forces paramilitaires au secours du régime menacé de Damas. On parle de milliers de combattants plus ou moins aguerris envoyés par avion à Damas même où ils sont censés former un anneau défensif autour de la capitale. Car l’armée syrienne est essoufflée après quatre années de combats incessants. Le président syrien a lui-même dû en convenir en disant qu’il y avait des victoires mais aussi des défaites. Mais le plus grave dans toute cette affaire, c’est la démoralisation des soldats syriens qui savent que l’Etat islamique n’aura aucune pitié pour eux s’ils venaient à tomber entre ses mains : ce sont des milliers de prisonniers qui furent égorgés, notamment les soldats de l’armée de l’air, responsables de mort de milliers de civils suite aux barils de poudre explosive qu’ils jettent sur les zones bombardées. Il suffit de penser à ce qui s’est passé dans la ville de Rakka.

    Récemment, le président iranien a dit que son pays soutiendrait Bachar  jusqu’au bout. Pourquoi cet empressement de Téhéran auprès de l’allié syrien ? C’est très simple : s’il perdait la Syrie avec l’effondrement du régime de Bachar, l’Iran perdrait du même coup sa tête de pont de la région et ce serait la fin de ses rêves de leadership dans la région. Voire plus : son affidé libanais, le Hezbollah serait coupé de ses bases arrière et tomberait comme un fruit mûr à la première attaque israélienne car il ne serait plus ravitaillé par Ttéhéran à partir des ports et aéroports de Syrie.

    Or, le nouveau roi Salman fait le calcul suivant : sans l’Iran, le calme reviendrait dans toute la région et la péninsule arabique. Si Bacahr tombe, ce serait une cuisante défaite pour l’Iran qui serait expulsée de la région. Or, l’Arabie combat les visées subversives services iraniennes partout, à Bahreïn et au Yémen, sans même parler de la Syrie et du Liban. Si l’Iran sort victorieux de cette confrontation, ce serait, à terme, la fin des états arabes modérés de la région. Même la Turquie de Erdogan a fini par comprendre cette stratégie. Or le grand plan secret des Iraniens est de neutraliser les monarchies sunnites qui la gênent dans la réalisation de ses rêves hégémoniques.

     

    Malheureusement, le président Obama ne fait pas la même analyse que le roi Salman : il mise sur l’Iran bien plus que sur les gérontes moyenâgeux de Ryad. C’est une erreur grave d’Obama qui est encore en poste pendant un peu plus d’un an.
    Que ces mois à venir passent vite.

  • l'Iran soutient Bachar

    Imprimer

    L’aide de l’Iran des Mollahs à la Syrie de Bachar

    En raison de la série de revers subis par les troupes loyalistes syriennes, l’Iran a dépêche des milliers de ses forces paramilitaires au secours du régime menacé de Damas. On parle de milliers de combattants plus ou moins aguerris envoyés par avion à Damas même où ils sont censés former un anneau défensif autour de la capitale. Car l’armée syrienne est essoufflée après quatre années de combats incessants. Le président syrien a lui-même dû en convenir en disant qu’il y avait des victoires mais aussi des défaites. Mais le plus grave dans toute cette affaire, c’est la démoralisation des soldats syriens qui savent que l’Etat islamique n’aura aucune pitié pour eux s’ils venaient à tomber entre ses mains : ce sont des milliers de prisonniers qui furent égorgés, notamment les soldats de l’armée de l’air, responsables de mort de milliers de civils suite aux barils de poudre explosive qu’ils jettent sur les zones bombardées. Il suffit de penser à ce qui s’est passé dans la ville de Rakka.

    Récemment, le président iranien a dit que son pays soutiendrait Bachar  jusqu’au bout. Pourquoi cet empressement de Téhéran auprès de l’allié syrien ? C’est très simple : s’il perdait la Syrie avec l’effondrement du régime de Bachar, l’Iran perdrait du même coup sa tête de pont de la région et ce serait la fin de ses rêves de leadership dans la région. Voire plus : son affidé libanais, le Hezbollah serait coupé de ses bases arrière et tomberait comme un fruit mûr à la première attaque israélienne car il ne serait plus ravitaillé par Ttéhéran à partir des ports et aéroports de Syrie.

    Or, le nouveau roi Salman fait le calcul suivant : sans l’Iran, le calme reviendrait dans toute la région et la péninsule arabique. Si Bacahr tombe, ce serait une cuisante défaite pour l’Iran qui serait expulsée de la région. Or, l’Arabie combat les visées subversives services iraniennes partout, à Bahreïn et au Yémen, sans même parler de la Syrie et du Liban. Si l’Iran sort victorieux de cette confrontation, ce serait, à terme, la fin des états arabes modérés de la région. Même la Turquie de Erdogan a fini par comprendre cette stratégie. Or le grand plan secret des Iraniens est de neutraliser les monarchies sunnites qui la gênent dans la réalisation de ses rêves hégémoniques.

     

    Malheureusement, le président Obama ne fait pas la même analyse que le roi Salman : il mise sur l’Iran bien plus que sur les gérontes moyenâgeux de Ryad. C’est une erreur grave d’Obama qui est encore en poste pendant un peu plus d’un an.
    Que ces mois à venir passent vite.

  • Plaidoyer en faveur d'un Premier Ministre

    Imprimer

    Plaidoyer en faveur d’un Premier Ministre

    Quel tintamarre pour pas grand’ chose. Shakespeare aurait dit : Much ado about nothing. Il était assez inattendu que des enfants d’un homme politique soient ainsi au centre d’un polémique qui les dépasse nettement et assistent à la stigmatisation publique de leur Premier Ministre de père.

    Est ce qu’on compte les heures supplémentaires que le Premier Ministre offre à la France, sacrifiant ainsi le peu de temps qui lui reste pour ses enfants et pour sa vie privée en général ?

    Certes, les hommes politiques ont fait un choix, celui de servir et de se dévouer, mais ils n’en restent pas moins des êtres humains. Mettons nous un instant à la place de ces deux fils (que je ne connais point) et qui se voient désignés  à la réprobation publique parce que leur père a voulu partager avec eux un instant de détente et de bonheur. Que ressentent ils en écoutant la radio, en regardant la télévision et en lisant les journaux ? Ils vivent un vrai calvaire en se voyant traîner dans la boue pour un simple aller-retour Paris-Berlin-Paris.

    Franchement, je ne voudrais pas être à leur place. Certes, le Premier Ministre qui n’a pas  que des amis, y compris au sein même du PS, a commis une maladresse en clamant urbi et orbi qu’il allait s’absenter du congrès du PS à Poitiers pour aller assister au match de foot entre Barcelone et le Juventus de Turin… Et il a ajouté , qu’il reviendrait le lendemain pour écouter le discours de clôture du Premier Secrétaire de son parti. Certains y ont vu de la superbe, une sorte de manifestation de toute puissance à la Louis XIV… Mais surtout une occasion rêvée de mettre les bâtons dans les roues d’un homme qui, visiblement, aspire aux plus hautes fonctions.

    Ce fut plus qu’un défaut de communication, ce fut une erreur d’appréciation. Mais ce n’est pas pendable et je trouve inconvenant d’avoir forcé le Premier Ministre à une action de contrition. Certes, chaque mot était pesé au trébuchet mais le mal est fait : le Premier Ministre sort affaibli de cette affaire qui, pourtant, n’en était pas une…

    Voyez comment sont les hommes politiques ! Ils passent leur temps à se guetter, à s’épier les uns les autres et se réjouissent à chaque mise à mort de leurs adversaires. On le dit bien : pas d’amitié en politique ! C’est triste car des êtres civilisés comme nous aimeraient être représentés et gouvernés par des hommes et des femmes qui ont un cœur sensible.

    On en est encore très loin, hélas.

    Je me demande parfois, si le Messie arrivait un jour : englobera t il dans son action rédemptrice même les politiques ? A mon avis, ils seront astreints à un très long processus de purification… avant d’être admis dans l’assemblée des Justes et des Vertueux…

  • Le pari perdu du président Erdogan

    Imprimer

    Le pari perdu du président Erdogan

    Il se voulait le nouveau sultan charismatique de l’empire ottoman, mais il a tristement perdu la majorité au parlement et devra désormais cohabiter avec une autre obédience politique, donc revoir ses ambitions présidentialistes à la baisse. Les Turcs ont fini par comprendre qu’après 13 années de pouvoir total, cet homme devait être recadré : ce qui fut fait puisque le parti pro-kurde a remporté 13% des suffrages exprimés. Il fera son entrée au parlement avec près de 80 députés.

    Difficile de prétendre dans ce cas que son parti a gagné les élections ; certes, il est le premier mais n’est plus le vainqueur. Apparemment, les Turcs ont compris que leur pays était fait de diversité et que le régime actuel a tendance à trop aller dans le même sens. Le pays souhaite donc le dialogue et non plus la confrontation.

    Même au plan international, la Turquie a voulu un rôle qu’elle n’a pas les moyens d’assumer : diriger le Moyen Orient arabe alors que l’empire ottoman n’a pas laissé que de bons souvenirs dans les mémoires des anciens sujets de l’empire.

    Y compris au niveau européen, les Turcs ont compris qu’il fallait désinvestir et chercher ailleurs. Peut être du côté de la Russie et des anciens Etat de l’ex URSS.

    Mais la Turqyue a intérêt à rester membre de l’OTAN

  • Les migrants à PAris; Peut on recevoir la misère du monde?

    Imprimer

    Les migrants et la France: Peut on recueillir chez soi la misère du monde?

    Bien plus que l’avion Falcone du Premier Ministre français pour un déplacement footballistique à Berlin, on ne parle plus que de l’évacuation musclée des CRS de quelques campements de migrants au cœur même de la capitale française. Dans cette affaire, il faut faire preuve d’esprit calme et de sang froid, ce qui exclut de diaboliser ou d’insulter l’autre qui défend une opinion opposée à la nôtre.

    A quoi, fais-je allusion ? Aux protestations de ceux qui critiquent l’action des forces de l’ordre. Je voudrais faire une distinction nette entre nos vœux et nos moyens : dans ce contexte, je l’incline respectueusement devant ces riverains du XVIIIe arrondissement de la capitale française qui se sont portés au secours des migrants leur offrant des couvertures pour la nuit et des plats chauds afin qu’ils ne soient malnutris. C’est bien et ce sont là nos valeurs judéo-chrétiennes qui nous font obligation d’aider les pauvres et les étrangers, de les nourrir et de les soigner autant que faire se peut.

    Mais pouvons nous, devons nous aller bien au-delà et promettre à ces rescapés de la Méditerranée qu’ils seront les bienvenus en France, un pays où sévit un terrible chômage ou la sécurité sociale souffre d’un déficit abyssal et où des centaines de milliers d’enfants sont contraints de vivre sous le seuil de pauvreté ?

    Non point. Nous devons simplement recueillir ces migrants, les secourir en haute mer, les ramener au rivage, de les remettre en état et tout faire pour qu’ils rentrent chez eux ou aillent tenter leur chance ailleurs. Cela va faire bondir certains cœurs sensibles mais il faut bien dire les choses. Ici bas, sur terre, ce n’est pas une comptabilité divine qui a cours, c’est une adaptation parfaite entre les recettes et les dépenses qui a force de loi : allez demander à ces millions de retraités qui touchent moins de 600€ mensuellement pour vivre, alors qu’ils ont passé le plus clair de leur temps à travailler !

    J’ai entendu Madame la maire de Paris dire qu’il fallait ouvrir un site d’hébergement PROVISOIRE dans la capitale : ce serait la pire des initiatives car cela ferait fonction de pompe aspirante, ce serait un Sangatte (Calais) en plein Paris.

    Il faut traiter le problème à la source, et prendre le taureau par les cornes. Il faut aider tous ces êtres humains, qui sont comme nous, à vivre dans leur pays d’origine, d’où la guerre, la corruption, les révolutions et la misère les ont chassés.

    Il faut leur faire comprendre que l’Europe n’est pas l’eldorado qu’ils imaginaient. Partant, ouvrir un foyer d’hébergement reviendrait à offrir aux migrants une adresse dans la capitale.

    Je n’ignore pas qu’il est malaisé d’allier humanité et fermeté, pourtant nous n’avons pas le choix. Il y a déjà tant de mal à réussir l’intégration de populations n on européennes. Il serait très aventureux d’aller encore plus loin dans un échec déjà patent.