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  • Quel sera l'avenir du Front National?

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    Quel avenir pour le Front National?

    C’est la question que peu de gens se posent et qu’il faudrait pourtant se poser, surtout depuis que les récriminations de Jean-Marie Le Pen ont jeté une lumière crue sur le fonctionnement interne de ce parti politique qui ne ressemble à aucun autre…

    Une chose ne laisse pas de frapper l’observateur objectif lorsqu’il regarde les protagonistes de ce conflit aux multiples facettes : c’est la jeune garde, tous quadragénaires, qui défie ouvertement la vieille garde qu’elle entend chasser comme on chasse (hélas) un riche parent devenu impotent mais qui nous  a déjà légué toute sa fortune. JMLP n’accepte pas d’être traité comme un fossile, triste vestige d’une époque passée. C’est exactement ce qui se passe au FN. Et JMLP qui a oublié d’être un idiot, après 60 ans de vie politique, a décidé de résister et de livrer un baroud d’honneur.

    Au plan strictement humain, on peut éprouver de la compassion pour un vieillard qui se déplace difficilement, qu’on    aide à monter et à descendre les escaliers et qui dit tout et n’importe quoi devant les médias qui exultent de trouver un si bon client… Il en est venu à renier sa fille publiquement, au lieu de conserver un minimum de dignité et de reconnaître qu’il a fait son temps. Il pourrait écrire ses mémoires comme le firent tous les grands hommes dont il n’est pas certain qu’il fasse partie. Churchill l’a fait, de Gaulle l’a fait et tant d’autres avant et après eux.

    Comment s’expliquent ces interviews intempestives qui ont précipité sa chute ? Justement ainsi : voyant que son parti lui échappait, que sa ligne était remisée au magasin des accessoires, il s’est livré à des ruades dont il est coutumier. Cela me gêne de le dire mais il manque d’élégance. Il hurle sa haine de sa propre fille et ne veut pas comprendre qu’elle doit rénover le parti qu’il lui a légué.

    C’est le seul point où l’humanité reprend un peu ses droits : un père qui a fait la carrière de sa fille, l’a promue et protégée, a veillé sur elle et voilà qu’au fil des ans, elle s’éloigne de la ligne qui était la sienne, durant des décennies ! Pour le vieux lutteur, c’en était trop. Il a décidé de casser la baraque, si l’on veut bien me passer cette expression triviale. On eût attendu un peu d’amour paternel, lequel se signale généralement par son usage du pardon : même si un enfant vous déçoit ou vous trahit, vous n’oubliez jamais qu’il est de votre chair et de votre sang. Hélas, il n’en fut rien.

    Alors quel sera l’avenir de ce FN ? Que va faire Marine Le Pen, avant ou après le rappel à D- de son père ? Elle va changer le nom de son parti, elle va l’assimiler à un parti populiste, de la droite extrême avec les mêmes centres de gravité : lutter contre l’immigration, le communautarisme et affirmer l’identité nationale de la France. Elle ne pourra pas renoncer à l’Euro contrairement à ce qu’elle affirme à l’intention d’électeurs en proie au désarroi…

    Ce sera une véritable révolution culturelle,  la vieille garde de son père, si tant est que la nature n’aura pas accompli son œuvre, quittera le FN pour créer je ne sais quel groupuscule d’extrême droite, gardien de valeurs sclérosées et retombant dans l’existence de micro partis, essentiellement protestataires.

    Quels enseignement tirerons nous de ce drame humain ? Il ne faut jamais négliger la dynamique de l’Histoire, faute de quoi, celle-ci vous balaie. C’est exactement ce qui vient d’arriver à JMLP. Les liens humains, la parenté ne pèsent pas lourd face aux intérêts représentés par le pouvoir politique.

    Au lieu de tirer sa révérence dignement, JMLP se répand en invectives publiques qui desservent sa fille et ternissent sa propre image.

    Le général de Gaulle disait que la vieillesse est un naufrage

  • La situation judiciaire de Nicolas Sarkozy

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    La situation judiciaire de Nicolas Sarkozy

    On est en droit (c’est le cas de le dire) de se poser la question. Que va t il se passer depuis que la cour d’appel de Paris a validé une partie des enregistrements entre NS et son avocat Thierry Herzog. J’avoue que même le non-juriste que je suis a été étonné par cette décision de justice. Mais c’en est une et il est déconseillé de la contester, toutefois il est permis de s’interroger sur ses conséquences.

    La première remarque vise l’étonnante modération, tout à fait inhabituelle, du principal intéressé même si son co-accusé a aussitôt fait donner ses confrères de l’ordre des avocats qui relèvent avec justesse que les communications entre un conseil et son client sont sacrés : on ne doit pas les espionner. Au sujet de la retenue de NS, il faut se dire qu’il a l’habitude de voir des décisions de justice tourner en sa faveur au bout de quelque temps. Enfin, en tant qu’ancien président de la République, il est tenu à une certaine modération. Faute de quoi, il donnerait le mauvais exemple.

    Mais ce n’est pas le sujet, la vraie question tourne autour de 2017 car ce pays, hélas, a l’habitude de vivre dans une cascade d’élections, l’une chassant l’autre, l’une entraînant l’autre. Or, on n’a plus vraiment besoin d’élections dans ce pays, elles existent déjà en nombre suffisant, ce dont on a besoin et grand besoin, tient en un mot au pluriel : réformes. Et dans ce registre, il faut bien reconnaître que le pouvoir actuel fait de son mieux, mais qu’il se heurte à des conservatismes fortement enracinés. Jusques et y compris dans sa propre majorité, ce qui est un comble. Le meilleur exemple de cette cécité politique ne doit pas être recherché très loin : on le tient avec la loi dite Macron qui  libère tant d’énergie, débloque tant de situations et redistribue du pouvoir d’achat. Et malgré tout cela, il se trouve des gens pour demander son retrait pur et simple…

    Faut-il se résigner à la loi d’airain qui régit notre vie politique à l’approche d’une élection cruciale, en l’occurrence l’élection présidentielle, au motif que cette fonction est la clé de voûte des institutions de la Ve république ? Franchement, je me pose la question. Je n’ai jamais été d’accord avec Arnaud Montebourg  mais je relève chez lui une seule piste intéressante : la réforme des institutions de cette même Ve république.

    Si l’on en croit la doxa courante, l’agenda politique se présente de la manière suivante : espérer que la reprise se fera durablement sentir au cours de cette année 2015, l’année suivante, 2016, on ne fait pas grand chose car on redistribue quelques bons points et en 2017, on ne fait rien de très important, on attend dans l’espoir de ne mécontenter personne. Je précise que cette attitude n’est pas l’apanage exclusif d’un seul parti : la droite et la gauche agissent de la même manière… Et c’est regrettable car personnellement, je m’attends toujours à plus de vertu de la part de la gauche.

    Quand on parle de 2017, comme je viens de le faire, on ne peut pas éluder la question suivante : face à qui M. François Hollande se retrouvera t il ? Il est évident que le président va se représenter, s’il ne faisait pas, certains en viendraient à demander son départ anticipé. Mais fera t il face à Nicolas Sarkozy ou à Alain Juppé ? Sans vouloir jouer au prophète, je pense que c’est NS qui émergera des primaires et se posera alors la question fondamentale suivante : son statut judiciaire lui permettra-t-il de se présenter en 2017 ?

    Ceci nous conduit à nous interroger sur l’essence même de la justice. Les juges rendent la justice, mais ils sont comme nous des hommes, et hormis la religion catholique qui opte pour le dogme de l’infaillibilité pontificale  (laquelle ne me déplaît guère car elle s’appuie sur la notion juive de l’esprit saint lequel peut se prévaloir d’une inerrance  absolue), cette situation ne se retrouve nulle part ailleurs. Au fond, seule la justice divine ne se trompe jamais, car elle sonde les reins et les cœurs.

    Depuis l’Antiquité, on s’est posé la question des rapports entre la justice et la vérité. Cette problématique me passionne et je me souviens même l’avoir évoquée lors d’un intéressant entretien dans le bureau d’une très haute personnalité, située au centre névralgique du pouvoir… Au moment de se quitter, c’est le seul point que cette haute personnalité a évoqué, la relation entre la justice et la vérité.

      Le droit romain, le père de tous les droits car il s’est inspiré de toutes les législations qui lui préexistaient, stipule : Que la justice soit, le monde dut-il en périr (fiat justicia, pereat mundus).

    Plus tard, dans sa Philosophie du droit, Hegel souligne que la justice rétablit le droit mais, par dessus tout elle sert le bonheur des hommes. Elle n’est pas là pour détruire le monde ni l’existence des hommes.

    Il faut s’inspirer d’un si haut exemple, car ce qui arrive aux uns pourrait bien arriver aux autres demain ou après-demain.

    La France est un état de droit. Et lorsqu’une décision ne nous convient pas, il existe toujours des recours. Le Psalmiste dit quelque part que le ciel embrasse la terre, ce qui signifie métaphoriquement que l’équité et le droit se confondent.

  • Quelle sera la durée de vie du nouveau gouvernement israélien?

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    Combien de temps durera le gouvernement de Benjamin Netanyahou?

    C’est la question que tout le monde se pose… Une voix de majorité après tant de négociations, de contacts et de pourparlers. En fin de compte, la victoire de B. Netanyahou ne fut pas si éclatante ni si large. Certes, la coalition travailliste ne faisait pas le poids mais on se rend compte que le camp de la droite est désuni. Le principal responsable n’est autre que Avigdor Libermann qui, avec ses six députés, aurait pu donner plus d’air au Premier Ministre lequel ne débordait pas d’enthousiasme en annonçant son accord avec Naftali Bénett.

    Pour porter remède à cette instabilité gouvernementale, il faudrait réformer de fond en comble le système politique israélien. Or, c’est chose quasi impossible. Le système majoritaire bipolaire, droite / gauche ne peut pas exister dans ce pays. Il y a trop de petits partis qui sont des partis-charnière et qui exploitent sans honte les difficultés de constituer une majorité gouvernementale. On l’a vu lors du précédent gouvernement : le Premier Ministre avait rassemblé une coalition hétéroclite dont les principaux ministres ne cachaient pas leur volonté de comploter contre lui. Et au moment qu’il a jugé favorable, le Premier Ministre a convoqué de nouvelles élections, pensant qu’il pourrait se débarrasser des gêneurs.. Au vu des résultats, on se rend compte qu’il n’en fut rien.

    On se retrouve, pour ainsi dire, à la cas départ, avec les mêmes difficultés : car chaque parti ne représente que des intérêts particuliers, notamment les partis religieux. Je ne remets pas en cause la légitimité de ces partis qui ont droit à une représentation, ce que je critique, c’est l’absence de ces sensibilités là dans les grands partis. Le likoud devrait avoir une branche religieuse et le parti travailliste devrait en faire autant. Sinon, on est condamné à toujours faire des gouvernements de coalition. D’où l’instabilité gouvernementale, et d’où ces sempiternelles querelles d’ambitions personnelles.

    Les fondations de partis en Israël me font penser à la création de religions dans le Proche Orient ancien : c’est une véritable inflation !

    Israël est un grand pays démocratique, c’est même le seul de tout le Proche Orient actuellement. Et au train où vont les choses, cela ne va pas s’arranger.

    Mais il y a chez ce peuple, unique en son genre, une indiscipline chronique, voire congénitale remontant jusqu’à Moïse. Il faudrait que cela change enfin. Mais cela ne tient pas qu’aux hommes politiques qui sont surtout des politiciens dans ce pays.

    Quand vous entendez des Israéliens se confronter aux critiques ou aux opinions d’autrui, vous réalisez aussitôt que ce sont des dialecticiens consommés qui ont réponse à tout. Mais il ne faut pas leur en vouloir car, entourés d’ennemis, menacés d’annihilation, ils ont dû s’adapter aux exigences d’un univers hostile, qui génère un nouveau caractère, une nouvelle manière d’être au monde.

    Tout se tient. Et on se rend compte que la politique extérieure sera toujours le thème numéro I de la politique… intérieure.

    Ce pays devrait peut-être générer un nouveau concept le mettant à l’abri de ces contingences. Cela passe par une refondation intégrale des rapports avec les voisins. Et pas dans le sens qu’on suppose à première vue.

  • L'Europe et l'immigration de populations non européennes

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    L’Europe et l’immigration de populations non-européennes

    Qu’on se l’avoue ou non, ce problème est crucial et va déterminer la vie des centaines de millions de citoyens de l’Union Européenne, et même au-delà. Depuis quelques semaines, des milliers de migrants tentent d’accoster en Sicile et nous devons avoir une pensée émue pour les centaines de migrants victimes de naufrages organisés, sciemment ou involontairement par des passeurs criminels qui pratiquent un véritable commerce triangulaire.

    Mais ne nous leurrons pas, l’Europe et le monde civilisé ne sont plus ce qu’ils étaient il y a tout juste quelques décennies. Cela touche tous les pays de notre continent : la France a un parti qui fonde ses succès électoraux sur le refus de cette immigration non voulue, le pays a même eu un ministère de l’identité nationale, ce qui eût été une impossibilité absolue il y a seulement quelques années… Quand on voit des petits Français votaient pour le FN alors qu’auparavant ils accordaient leurs suffrages au PS, voire au PC, on voit bien que tout a changé.

    Tous les autres pays, victimes de cette immigration, ont des partis dits populistes. Tous, absolument tous. Mais que l’on ne s’y trompe pas : les sociétés occidentales ne veulent plus de cet apport qu’elles ne peuvent plus gérer. Partout, on parle de réduire les dépenses sociales, les frais de santé, de scolarisation, etc… occasionnés par cet apport intempestif. Même les élus de gauche se font plus prudents dans cette question. Un sondage dont j’ai déjà fait état mais que personne n’a commenté depuis, annonce que 61% des citoyens ne se sentent plus chez eux en France, leur pays. Ils se demandent au nom de quelle loi ils doivent accueillir la misère du monde.

    Le maire de Saint-Denis, chef-lieu de la région de Seine-Saint-Denis a lui-même reconnu la gravité de la situation dans une cité, jadis lieu de couronnement des rois de France, cohabitent plusieurs dizaines de nationalités… Il n’est pas rare que des parents, même simplement issus des classes moyennes inférieures, se serrent la ceinture pour placer leurs enfants dans des institutions privées où tous les élèves parlent le français comme langue maternelle.

    Une importante personnalité de Franche-Comté m’ a confié que dans certains quartiers défavorisés de sa ville, des enfants ne connaissaient le nom que de deux ou trois animaux domestiques… Et il n y avait même pas assez d’argent pour les conduire au zoo…

    Il faudra donc résoudre ce problème. Comment ? En trouvant les moyens de fixer les gens chez eux. L’argent que l’on dépense en Europe devrait être transféré dans ces pays ravagés par la guerre, la pauvreté et la corruption.

    La corruption, c’est tout le problème.

    Mais il saute aux yeux que les pays d’Europe ne pourront pas supporter éternellement une telle charge, sans ployer sous ce fardeau.

    N’oublions tout de même pas le devoir d’un minimum de solidarité humaine, pierre de touche de la civilisation judéo-chrétienne.

  • Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen

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    Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen On ne sait plus par quel bout prendre ce problème. Pourtant, la question est relativement simple : un homme qui a consacré toute sa vie à monter un parti politique, à s’identifier à lui, à ne vivre que pour et par lui, se voit déposséder de son pouvoir, de son autorité, et est chassé comme un vulgaire imposteur, par sa propre fille, qui porte toujours son nom, dont il a fait la carrière et qui, aujourd’hui, pour des raisons de génération et de volonté d’accéder au pouvoir, tourne le dos à son père, voire le met sur la touche et l’exclut pratiquement de la structure politique qu’il a lui-même fondée ou cofondée, il y a plus de quatre décennies. Il y a quelque chose de pathétique dans toute cette affaire qui n’est pas à la veille de son dénouement. Le vieux leader, prié de prendre la porte ou de cesser de polluer le nouveau discours politique de son parti, se bat sur les radios et sur les plateaux de télévisions. En effet, Jean-Marie Le Pen n’a pas digéré (pardon) le virage politique entamé par sa propre fille, il n’admet pas que l’on tourne le dos à ses conceptions pétainistes et, selon certains, raciste et xénophobes.. Marine Le Pen n’aurait jamais eu la présidence du FN sans le soutien et les méthodes musclées de son père. Mais vu son âge et vo son entourage, elle a décidé de changer de fond en comble l’ADN de ce parti, dévolu par héritage. Au début, JMLP a fait de la résistance mais sans plus. Il a dit, par exemple, qu’il aurait constitué un tout autre bureau politique, qu’il aurait promu d’autres gens, qu’il en aurait écarté d’autres, etc… Bref, les différences entre le père et la fille n’étaient pas encore d’insurmontables divergences : mais elles le sont aujourd’hui. Je voudrais dire un mot de ce drame humain, car il ne faut pas diaboliser des êtres, même si non ne partage pas leurs idées politiques. Et ce, pour plusieurs raisons : d’abord, il y a plusieurs millions de Français qui partagent les idées du FN, que cela plaise ou non. Et depuis plus de deux ans, la côte de popularité de MLP s’envole. Les gens semblent désabusés par des promesses électorales non tenues, le chômage qui augmente, le pouvoir d’achat qui baisse, l’insécurité et l’immigration. Or, ce sont justement ces thèmes qui sont devenus l’étendard du FN et qui retiennent le plus l’attention des gens. Quand on voit MLP souffrir en répondant aux questions des journalistes qui lui parlent de l’exclusion de son propre père, ordonnée par les instances du parti qu’elle préside et qu’il a lui-même fondé, on ne peut qu’éprouver de la compassion. Comment s’explique la violente réaction de JMLP contre sa propre fille ? Il est indigné par cette captatio benevolae, cette captation d’héritage, au point de demander publiquement qu’elle change de nom… Avoir cru que ce vieux lutteur allait céder sans coup férir était une pure naïveté. Cet homme a passé sa vie à se battre et l’âge, aujourd’hui, n’arrange rien. Allons nous vers une scission du FN ? C’est peu probable, mais vers une épuration des séquelles de l’ancienne idéologie de ce parti, sûrement. JMLP l’a bien compris et livre donc sa dernière bataille pour ne pas assister, les bras croisés, à la disparition de son bien. Il est probable que certains caciques livreront un dernier baroud d’honneur avant que la paix des cimetières ne recouvre le champ de bataille. MLP tient fermement les rênes du pouvoir dans son parti. Ce n’est plus la même génération, ni le même parti. Elle veut le pouvoir et ne comprend plus la posture exclusivement contestataire et protestataire de son père. Elle veut plus . L’avenir nous dira s’il a fait le bon calcul.

  • De Baltimore à Trappes: l'échec de l'intégration de populations entières

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    De Baltimore (USA) à Trappes (France): l’échec de l’intégration de populations entières

    Ce n’est pas la même chose, ce n’est pas la même situation ni la même problématique, mais les similitudes sont nombreuses. Toutefois, similitude ne veut pas dire identité.

    Commençons par Baltimore : depuis des années, voire des décennies, la police et les services de sécurité des différents états US ont de graves problèmes avec la population dite afro-américaine, en claire, les gens de couleur noire. Il faut se garder de toute déclaration ou analyse susceptible de nous faire passer pour des xénophobes ou des racistes. Ce que nous essayons de faire, c’est de démêler un écheveau presque inextricable et qui pourtant se résume à quelques interrogations :

    a)    pourquoi, même dans des villes où le maire, les juges et le chef de la police sont noirs, de tels drames se produisent ?

    b)     pourquoi s’agit il toujours de victimes noires, considérées à tort ou raison (je n’en sais rien) comme des délinquants ou des criminels ?

    c)     enfin, comment obvier à de tels drames ?  devons nous recourir à un traitement culturel ou social, ou tout simplement agir par la répression policière puisque toutes les autres méthodes auraient échoué ?

    Venons en au drame qui s’est produit dans la région parisienne. On a du mal à admettre en France que des violences armées se produisent de plus en lus fréquemment au bas d’immeubles de banlieues. Et que des armes de guerre circulent sans peine, qu’on peut les acquérir sans trop de difficultés et surtout que des individus n’hésitent pas à s’en servir, alors qu’ils sont aussi jeunes que leurs victimes.

    Je viens d’apprendre le prénom de la jeune victime de 14 ans ; c’est là l’indice qui pointe vers l’échec de l’intégration. Un peu comme à Baltimore où la victime ne fait pas partie des WASP mais de la population afro-américaine, sujette à une certaine discrimination ou vivant dans des quartiers criminogènes. Et le mot quartier ou le mot cité suscite dans nos esprits une certaine connotation bien définie.

    Ici, à Trappes, il s’agit sans doute d’un acte de rétorsion ou de vengeance entre bandes rivales, impliquées dans le trafic de drogue. La police, quoiqu’elle en dise, a laissé certains quartiers devenir des lieux de non-droit. C’est le cas dans l’exemple qui nous occupe.

    Mais ce n’est pas le plus important, ce qui nous préoccupe c’est de savoir pourquoi on a échoué et quel traitement il faut prendre pour porter remède à ce mal endémique. Je ne suis pas sûr qu’il s’agisse d’un problème s’expliquant socialement par le chômage, la désespérance de banlieues coupées de tout, pas de lien, pas de fenêtre sur un avenir meilleur, pas de formation professionnelle, etc…

    Je penche pour l’aspect culturel au sens le plus large : ces populations, bien que nées en France, n’y vivent pas tout en y habitant. Elles ne s’identifient pas à l’histoire de ce pays, à la citoyenneté et à la laïcité. Les valeurs de la société ambiante ne leur parlent pas, ils se sentent exclus et réagissent en se marginalisant eux-mêmes, comme pour répondre à la marginalisation de la société par une seconde marginalisation. En quelque sorte, ils s’enferment à double tour… Est ce la solution ? Nullement ! On l’a vu dans le cas de la radicalisation d’individus dont on aurait pu penser qu’ils suivaient un cursus normal. Il y a donc un problème de compatibilité de cultures.. Et qui dit culture dit aussi mœurs et religion, place de la femme dans le corps social, croyances profondes, sens de l’existence, dignité de l’Homme, refus de l’exclusivisme religieux…

    Comment concevoir que des gens qu’on a recueillis, nourris (à défaut de les élever), fait bénéficier de tous les avantages de l’Etat-Providence aient pu pointer leurs armes contre le pays nourricier, protecteur et accueillant ?

    Quand je pense à l’attentat prévu contre les églises de Villejuif, déjoué par hasard, comme si la divine Providence avait confié à d’humaines mains le soin de prévenir un nouveau bain de sang… Le problème est plus grave qu’on ne le pense.

    Aucun gouvernement de droite come de gauche n’a osé appeler le problème par son nom, de peur de renforcer le sentiment de xénophobie diffuse qui parcourt avec insistance la société française, et au-delà, la société européenne.

    C’est là tout le problème : le multiculturalisme est il compatible avec l’identité culturelle de l’Europe ?

  • Le 1er mai en France

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    Le 1er mai en France

    Ce pays devrait travailler un peu plus. Le 1er mai n’est plus vraiment la fête du travail, le jour où les salariés du pays présentent leurs revendications, veulent l’amélioration de leurs conditions de travail et aussi, ce qui est légitime, une augmentation de salaires… Depuis des lustres, le 1er est devenu le début d’un long weekend prolongé où le pays tout entier est sur les routes , les trains ou les airs. Je comprends fort bien que les Français veulent se distraire, partir en vacances et se reposer, mais le mois de mai est un véritable fromage de gruyère… Pourquoi ? Parce que c’est le mois au cours duquel on travaille le moins. D’ici une semaine, c’est le 8 mai, encore un long weekend en perspective. Et ce n’est pas fini.

    Il faudrait songer à se remettre au travail et cesser de vivre à crédit. Il y a quelques mois un diplomate européen de haut rang me disait qu’il était impossible de réclamer une retraite à taux plein et partir en vacances trois fois par an.. . Le même diplomate a, pour ainsi dire, récidivé, en me disant que la France était une Grèce qui ne dit pas son temps et qu’elle ne serait visiblement pas en situation de combler ses déficits.

    A première vue, la remarque paraît exagérée, mais quand on y réfléchit un peu, on se dit que la remarque n’est pas entièrement dépourvue de fondement.

    Alors que faire ? Certains conseillent de réduire le code du travail à sa plus simple expression. Ils ajoutent qu’il faut imiter les Britanniques et les Allemands qui ont des taux de chômage nettement plus bas. Or, une telle réforme dans l’hexagone n’a aucune chance d’aboutir. Et les pouvoirs publics le savent très bien, à droite comme à gauche..

    Le problème est que le pays sera rattrapé par la dette et les déficits, au niveau de l’Euro et que l’Allemagne ne supportera pas indéfiniment la lourde charge de le maintenir hors de l’eau.

    Et que se passera t il à ce moment là ? Je préfère ne pas l’imaginer.