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  • Inquiétudes au sujet de l'Egypte

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    Inquiétudes au sujet de l’Egypte

    Visiblement le maréchal-président qui a pris le pouvoir sur les bords du Nil ne parvient pas, à l’heure qu’il est, à ramener le calme dans son pays. Un terrorisme qui n’est pas résiduel continue de sévir en Egypte, notamment au Caire et aussi dans le Sinaï où des branches d’Al quaida et de l’Etat islamique s’implantent de plus en plus.  Depuis quelques jours, on a même appris que les élections législatives prévues pour une date assez proche, venaient d’être repoussées sine die. Ce n’est pas un bon signe et cela prouve que la normalisation, à défaut du calme, n’est plus à l’ordre du jour.

    La position stratégique de l’Egypte en fait un facteur essentiel dans la région et même dans l’ensemble du monde musulman. Ce pays a toujours occupé la première place grâce à superficie et à sa population qui approche les 90 millions d’habitants. On se souvient qu’il a toujours réussi à rétablir ses positions et à regagner le terrain perdu : lorsqu’il signa une paix séparée avec Israël, ce pays fut mis au ban de la nation arabo-musulmane, mais petit à petit, il s’est rétabli et aujourd’hui nul ne songe plus à lui contester son rôle pilote.

    Mais la chute du président Moubarak a ouvert une longue période d’instabilité avec l’élection du chef islamiste que l’armée, après un temps d’observation assez long, a fini par destituer. Ce coup d’Etat ne semble pas avoir ramené le calme et la stabilité. A preuve, l’achat massif d’armes par l’Egypte qui aurait plutôt besoin de la création de nouvelles richesses. Dans la région, les choses ne s’arrangent pas et l’Egypte a été contrainte d’adopter une attitude très dure à l’égard de l’enclave de Gaza, dont les dirigeants sont accusés d’attaquer ou d’aider à attaquer l’armée égyptienne dans le Sinaï.

    Que l’Egypte le reconnaisse ou non, il y a dans la population des soutiens au Hamas et aux Palestiniens.

    La répression ne suffit pas. Il faut aussi une solution politique.

  • Benjamin Netanyahou et Barack Obama

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    Benjamin Netanyahou et Barack Obama

    Ces deux hommes d’état font penser à un couple divorcé mais condamné à vivre ensemble. Ils ne se sont pas entendus. Il y a entre eux une sorte de désaccord presque congénital qui va bien au-delà des clivages politiques, l’un est démocrate, donc de gauche (un peu) et l’autre est foncièrement de droite et ne le cache guère. Lors de la dernière campagne électorale, Netanyahou ne s’est pas caché pour exprimer son soutien au candidat républicain à la Maison Blanche. Lequel dut s’incliner face à Barack Obama.

    Mais dans le contexte actuel, les deux hommes portent leur différend sur la place publique. Netanyahou fait une mauvaise manière à B. Obama en se faisant inviter par la majorité républicaine du Congrès qui lui réserva maintes standing ovations au grand dam d’un président peu amène. Devant le Congrès, Netanyahou n’a pas hésité à dire clairement que la politique US vis-à-vis de l’Iran menace la sécurité d’Israël et la paix dans le monde. A cela B. Obama répondit que  le Premier Ministre israélien ne donnait aucune solution qui fût viable et fiable..

    Dès son arrivée à Loud, retour de Washington, Netanyahou lui a répondu de manière encore plus directe. Est il possible de regarder enfin la question de l’Iran d’une manière objective et surtout constructive ?

    L’Iran des Mollahs est un danger pour la paix dans la région et même au-delà à cause de sa politique agressive et de son soutien au terrorisme. Téhéran est militairement présent en Syrie et même en Irak où il prétend défendre les lieux saints de l’islam chiite. Les Iraniens sont présents dans le sud du Liban, mais aussi au Yémen où ils ont orchestré l’occupation de la capitale Sanaa. A Bahreïn ils testent les réactions de l’Arabie Saoudite. En une phrase, ils ne perdent pas une occasion pour avancer leurs pions et devenir la puissance régionale incontestée.

    Cela n’est pas du goût de l’Egypte ni des régimes arabes modérés.

    Telle est la situation. Ne serait il pas temps de donner à l’Iran la place qu’il mérite dans la région, pour peu qu’il manifeste sa volonté de ne pas agresser ses voisins ni même de les menacer ? Téhéran est l’héritière d’une grande nation de l’Antiquité mais ses velléités actuelles d’acquérir l’arme nucléaire sont source d’une profonde inquiétude. Il suffit de voir la course aux armements que sa politique suscite dans la région : l’Egypte a acheté 24 avions de chasse à la France. L’Arabie Saoudite finance le réarmement de l’armée libanaise afin qu’elle puisse enfin faire jeu égal avec la milice chiite pro iranienne, le Hezbollah. Les émirats sont sur le qui-vive.

    Les USA suivent tout ce manège de près mais semblent avoir pris leur décision : se désengager d’une région du monde, le Proche Orient, qui n’est plus leur priorité. L’urgence pour eux, c’est la Chine dont la logique de développement les inquiète. La Chine veut accéder à la parité technologique avec les USA, ce que ces derniers cherchent à empêcher à tout prix.

    Aux yeux des USA, réputés pour leur naïveté démocratique et leur myopie politique, les Etats du Proche Orient, Israël excepté, ne sont pas amendables au plan démocratique. Au lieu de faire preuve de réalisme politique à la Henry Kissinger, ile entendent faire la leçon à ces régimes arabes alliés qui semblent avoir une grande incompatibilité avec la démocratie et le suffrage universel. Scrutez le cas de l’Egypte : un important dirigeant US s’est y rendu en pleine crise pour dire que l’armée a fait un coup d’Etat en écartant Mohammed Morsi du pouvoir. On connaît la suite : le maréchal-président a aussitôt reçu V. Poutine pour lui acheter des armes et il en fit de même à l’égard de la France où il a fait son marché.

    Alors que faire ? En ce qui concerne l’Iran, ce pays doit adoucir son régime, changer de politique et réintégrer enfin sa place d’honneur dans le concert des nations. Quant aux USA, leurs dirigeants doivent comprendre qu’une grande nation, gendarme du monde, doit parfois se salir les mains.

    Une politique de retrait n’est pas compatible avec le statut de grande puissance.

  • Religion et culture: vers une déchristianisation de l'Europe et de la France?

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    Religion et culture; vers une déchristianisation de la France et de l’Europe? Ce n’est pas la tarte à la crème, ce n’est pas un thème éculé, usé jusqu’à la corde. Depuis des décennies, la vie sociale en Europe, mais aussi la vie politique, désapprend les valeurs qui gisent au fondement de nos sociétés européennes. Certes, le législateur, dans sa sagesse, a tenté de désamorcer la bombe que représente certains empiétements de la religion sur la vie sociale. Mais aujourd’hui, on réalise qu’on a peut-être commis quelques confusions et que l’on a méconnu la genèse religieuse du politique. Peut-être sommes nous allés trop loin. Dans l’histoire du développement de l’intellect humain, la religion, la magie, le charme de sorciers et des rebouteux a , et de loin, toujours précédé les formes scientifiques de ces mêmes phénomènes, tels que nous les vivons aujourd’hui. Il existe un danger à vouloir priver un pays ou un continent des valeurs spirituelles et religieuses qui ont généré sa culture. Or, de plus en plus d’indices montrent que l’inculture, la mémoire courte, la légèreté et tant d’autres éléments aussi peu recommandables, sont à l’œuvre pour déraciner des civilisations. Tout en me reconnaissant entièrement dans la laïcité, je pense que la tradition chrétienne ou judéo-chrétienne s’enracine dans un ensemble formé par les Ecritures, juives et chrétiennes, qui, au fond, malgré des désaccords théologiques profonds, disent la même chose, quand on s’en tient aux fins dernières, c’est-à-dire à l’eschatologie. Il arrive un moment où une vérité religieuse, même inadéquate au plan historique, finit par acquérir le statut d’une véritable Vérité (wahre Wahrheit). Dans la vie de tous les jours, le calendrier civil a beaucoup emprunté au calendrier rituel. Même les Européens les plus déchristianisés et les plus déjudaïsés, selon les cas, ne peuvent s’en priver. Qui accepterait qu’en Europe, le 25 décembre et le 1er janvier ne soient plus considérés comme des fêtes ? Une nation, comme disait Renan, c’est un lien spirituel, assez indéfinissable, avec lequel on vit mais quand il menace de disparaître, plus rien ne tourne rond. La France et l’Europe ont d’autres problèmes à régler . Et sans l’héritage judéo-chrétien, la France ne serait plus la France. Ni l’Europe l’Europe.

  • L'inexorable ascension de MArine Le Pen

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    L’inexorable ascension du parti de Marine Le Pen

    Pour Marine Le Pen, les semaines se suivent et se ressemblent. Sans qu’elle s’exprime, sans qu’elle se manifeste plus que de raison, son parti grimpe dans les sondages : c’est presque un effet mécanique. Sans préconiser de mesures révolutionnaires et en se contentant de surfer, pour ainsi dire, sur les thèmes de prédilection du FN, elle avance. Et c’est reconnaître que les partis traditionnels de droite comme de gauche, sont en chute libre aux yeux de l’opinion qui leur reproche un discrédit sans appel. Il y a un seul point que le FN maintient contre vents et marées alors qu’il est intenable, voire stupide, c’est la sortie de l’Euro. Ce qui est absolument irréalisable mais auquel le FN se cramponne en sachant très bien qu’on pourra revoir la question en cas de victoire électorale significative. Après tout, dans l’autre camp, celui de l’extrême gauche grecque, on a fini par s’assagir et par s’adapter aux circonstances. Mais voilà, on est au pouvoir et on y reste.

    La désaffection qui frappe dans une égale mesure les deux grands partis représentés au parlement pourrait avoir de très graves conséquences. Les Français sont fatigués, lassés de voir que les promesses électorales ne sont pas tenues, que les hommes politiques ne rêvent que d’une chose, leur réélection, et que l’intérêt général est sans cesse relégué à l’arrière-plan.

    La question qui se pose aujourd’hui est la suivante : comment faire pour stopper cette tendance qui semble très lourde ? Le FN va commencer par les départementales, ensuite les régionales, puis les législatives et enfin la présidentielle. Si l’UMP ne stoppe pas l’hémorragie, elle risque d’être éliminée. La même chose vaut du PS !

    Rendez vous compte : ces deux partis ne se battent plus pour la première mais pour la seconde place. Tant la première place, du moins au premier tour, est acquise au FN.

    Ce parti est il en mesure de gouverner le pays ? Franchement, j’en doute fortement. Aucun de ses leaders nationaux n’en a la capacité, pas même Marine qui n’a jamais été députée, tandis que son père, désormais trop vieux, l’a été.

    Il faut agir sur ces trois leviers dont le FN a fait sa galette : la lutte contre l’immigration, la lutte contre l’insécurité et la lutte contre le chômage.

    C’est là qu’il faut porter le fer. Et le FN l’a très bien compris depuis fort longtemps.