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  • L'attentat de Tunis et ses implications

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    L’attentat de Tunis et ses conséquences

     

     

     

    A l’évidence, l’Etat dit islamique a de fins stratèges qui planifient son extension de par le monde et ont des idées précises quant à la logique de son développement. Il est même assez surprenant que l’attentat de Tunis ne soit survenu qu’hier alors que la Tunisie, maillon faible de la Libye voisine, en état de déliquescence avancée, constituait une cible parfaite et une proie facile pour les djihadistes.

     

     

     

    D’après ce que l’on sait, et il convient d’être prudent puisqu’il a fallu attendre le milieu de la nuit pour apprendre que des Français faisaient partie des morts, les assaillants au nombre d’au moins deux, visaient d’abord le parlement tunisien, tout proche du musée qui fut en fin de compte victime de l’attentat.

     

     

     

    Ironie ou fatalisme de l’histoire, l’une des commissions réunies ce jour là dans l’enceinte de ce parlement, auditionnait justement les chefs de l’armée tunisienne, un corps notoirement sous équipé et mal entraîné, contrairement à une police omniprésente et bien formée. Cela s’explique par la constitution sociale de ces pays : on a peur de l’armée, amatrice de coups d’Etat et on a besoin d’une police fidèle qui surveille la population et déjoue ou décourage toute velléité de troubler l’ordre public

     

     

     

    Les réactions des gouvernants sont à la mesure de la gravité de l’attaque. Mais ce petit pays qui a perdu au moins quatre ans à cause de la venue au pouvoir du parti islamiste Annahda, n’a pas les moyens de se défendre correctement. Il a plus de 800 km de frontière avec l’Algérie d’une part, et avec la Libye d’autre part.

     

     

     

    La Tunisie devra introduire un plan vigipirate, s’occuper de son propre développement et cesser de s’intéresser à des horizons lointains de la solidarité arabe, bref se concentrer sur le développement économique et social. C’est ainsi que les touristes et les investisseurs reviendront.

     

     

     

    Voyons à présent les implications de l’attaque. Vu la dissémination des djihadistes partout dans le monde arabe mais aussi en Europe (sans parler du Proche Orient où se trouve la maison mère), les commentateurs sont alarmistes et disent que les vers  sont dans le fruit. Comment lutter contre des gens qui rentrent chez eux, militairement formés, experts en maniement d’armes et d’explosif s? Même la France n’est pas assurée de ce côté là, et l’on raconte même que des commandos d’élite français, infiltrés en Syrie, s’en sont pris de façon radicale, aux occupants français de deux véhicules tout terrain  qui avaient l’intention de rentrer en France. Les autorités n’ont pas voulu prendre un tel risque.

     

     

     

    En s’attaquant à la Tunisie ; les terroristes espèrent enflammer l’ensemble de l’Afrique du Nord, après le Mali et le Proche Orient. Ils espèrent ébranler ainsi tout le monde arabo-musulman et neutraliser ceux de leurs coreligionnaires désireux de vivre en paix avec les autres, tout en pratiquant tranquillement leur religion. Si l’Algérie est momentanément à l’abri (elle a déjà donné : souvenons nous du combat contre le FIS et les années de sang) en raison de sa puissante armée et de ses devises lui permettant d’acheter des armes aux Russes et aux Français, ce n’est pas le cas du Maroc. Certes, l’Arabie Saoudite aime le royaume chérifien à s’armer, mais cela ne suffira pas. La misère générale fait de tous ces désœuvrés et laissés pour compte des proies faciles pour les djihadistes.

     

     

     

    Il existe, aux frontières de la Syrie, un autre petit royaume bien vulnérable, la Jordanie, qui ne va pas tarder à souffrir… Quand on fait la liste de tout cela, on a le vertige : la Syrie, l’Irak, la Libye, Bahreïn, le Yémen, et maintenant la Tunisie La liste est elle close ? On veut l’espérer.

     

     

     

    Une remarque en fin de compte : les puissances occidentales devraient prévoir, anticiper et prendre les devants. Il est vrai qu’avec un homme comme B. Obama, c’est difficile. Or, on ne peut rien faire sans les USA. Obama va nous faire perdre deux ans à ne rien faire. Même son chef d’Etat-Major interarmes  a déclaré publiquement que des tapis de bombes ne suffiraient pas et qu’il faut des troupes au sol.

     

     

     

    L’actuel président américain s’est trompé sur tout : l’Iran, l’Irak, la Syrie, la Libye, et last but not least… Israël

     

     

     

    Il existe une phrase qui se trouve à la fois dans la sagesse grecque et aussi dans le Psaume 118 : Que Dieu m’aide concernant mes amis, mes ennemis je m’en charge…

     

     

     

    MRH in Tribune de Genève du 19 mars 2015

     

  • Les élections législtaives en Israël

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    Les élections législatives en Israël

    Comme c’est devenu si souvent le cas, les suffrages ont démenti les sondages : une certaine presse et une certaine position éditoriale avaient fait croire à un total discrédit de Benjamin Netanyahou. On a même assisté hier à un spectacle ubuesque, les deux partis revendiquant la victoire, notamment ce pauvre Isaac Herzog, dépourvu du moindre charisme, affirmant devant une foule en délire qu’il était prêt à gouverner le pays.

    Quelques heures plus tard, ce fut au tour de Netanyahou de prendre la parole et là les téléspectateurs ont pu noter la différence. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, Netanyahou a l’expérience et la stature d’un homme d’Etat, ce que n’est vraiment pas le cas de son concurrent moins heureux.

    Certes, il faut réduire le coût de la vie en Israël, les prix des loyers et des logements sont prohibitifs, surtout pour ceux des Israéliens qui ne disposent pas de devises fortes (dollar, Euro), ce qui est le cas pour une écrasante majorité de citoyens. Et sur ce plan précis, donc  social, le Likoud vainqueur doit faire des progrès s’il veut gouverner encore quelque temps.

    Le parti travailliste n’a pas réussi sa percée, il a été usé par une trop longue position dominante et n’a pas trouvé la recette miracle du renouvellement. Le Likoud reste relié au succès parce qu’il a bien compris que le souci majeur des Israéliens restait les Arabes, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

    Les électeurs arabes sont devenus la troisième force politique du pas, ils se sont unis car l’union fait la force. On les crédite de presque 13 sièges, ce qui équivaut au score des petits partis : c’est considérable. Le nouveau Premier Ministre devra assouplir sa position envers les Palestiniens. Ce ne sera pas chose aisée.

    Il faut dire un mot de la personnalité politique de Madame Livni : voilà une femme qui est passés par quatre formations politiques en quatre ans ! On se demande vraiment si cette personne, qui se veut respectable, a vraiment des convictions, autres que la volonté persistante de rester ministre et de goûter aux joies et aux honneurs du pouvoir. Il ne s’agit pas de dénigrer quoi que ce soit en cette dame, si charmante et si élégante, mais on relève un solide penchant pour la variation politique. Pour qui donc Madame Livni a t elle voté ? Pour elle-même, sans contredit.

    Benjamin Netanyahou va donc former le nouveau gouvernement d’Israël. Comme toujours, ce sera une coalition de la droite et du centre droit, sans oublier les partis religieux.

    Certains plaisants en Israël attendent avec impatience le message de félicitations qu’Obama se doit d’envoyer au chef d’un gouvernement ami…

  • La loi et la grâce dans le judaïsme et le christianisme

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             CONFÉRENCE À LA MAIRIE DU XVIE ARRONDISSEMENT

                            La loi et la grâce dans la

                     Bible hébraïque et les Evangiles.

    Il s’agit de la principale pomme de discorde entre le judaïsme et le christianisme.

    Opposition réelle ou artificielle, résultant de la volonté de Saint Paul de ne pas décourager  les païens susceptibles de rejoindre les rangs de l’Eglise naissante et d’en renforcer l’influence ?

    Questions terminologiques :

    Comment se dit LOI en hébreu biblique et rabbinique ?

    Tora, mitswa, hok, édut, mishpat : ces termes recouvrent des réalités différentes, le terme générique par excellence étant TORA mais qui  signifie aussi enseignement, doctrine, règle de vie. C’est-à-dire un concept qui ne se limite pas à la question juridico-légale. Celle d’une pratique religieuse pénible et scrupuleuse.

    Comment se dit GRÂCE en hébreu biblique et rabbinique

    Héséd, no’am, hen (terme spécifique qui inspirera tant Martin Luther, lequel le traduira en allemand par GNADE dans un sens très paulinien.

    Hanina dans Exode 34 ; 6-7 (D. dit : je gracierai qui je voudrai et j’aurai pitié de qui je voudrai avoir pitié… (wehannoti et asher ahon, we rihamti et asher arahem)

    Le tournant de la vie spirituelle et religieuse du judaïsme à l’avènement du christianisme : l’action décisive de Saint Paul, anciennement Saül de Tarse. Notamment dans la fameuse Epître aux Galates.

    a)justification, sanctification de l’homme devant Dieu (en hébreu : nitstadak)

    b)en finir avec la loi dans le sens réducteur que lui donnait Saint Paul

    c)  en apprenant que les Galates pratiquent à nouveau le commandement de la circoncision, S. Paul est furieux et s’exprime très directement : Qu’ainsi n’advienne ! vous êtes fous ! Vous étiez dans l’esprit et voilà que vous retombez dans la chair. Il faut une circoncision du cœur (symbolique) et non point de la chair.

    d) Rédigée entre 49 et 52 cette épître plaide en faveur de la justification par la foi (que la Grâce est seule à pouvoir accorder) et non par les œuvres.

    e)S. Paul n’hésite pas à parler de la malédiction de la loi. SI, dit-il, vous continuez à accomplir concrètement les commandements, alors Jésus-Chr. Serait mort pour rien. (Un raisonnement que les Juifs restés fidèles à la synagogue ne pouvaient guère saisir. Et qui suscita de violentes controverses dont les évangélistes se furent l’écho. Notamment les attaques contre les Pharisiens, un terme dont le sens polémique a éclipsé tous les autres sens…

    f)    Ne pas oublier l’incident d’Antioche avec Céphas qui est attablé avec des païens et qui s’éclipse, de peur d’être pris à parti

    Pour Paul qui s’exprime dans le même sens tant dans l’Epître aux Hébreux, aux Romains et aux Ephésiens, la réalité est toujours la même. Je résume avec mes mots : Jésus est mort pour nous, par son sacrifice il nous a délivrés du joug de la loi. Donc, la foi en Jésus serait supérieure au respect de la loi de Moïse.

    Cette opposition se profile nettement derrière les propos de S. P. : Jésus serait supérieur à Moïse. On le sent bien dans le style des scripteurs : on vous a dit que, mais moi je vous dis ceci…

    L’homme sera justifié par les œuvres de la foi. Deux manières de comprendre cela :

    a)concept luthérien : devenir les enfants de D.

    b)concept historique : demeurer les fils de D ?

    Mais on peut aussi dire que la loi et la grâce sont deux voies provenant de D.

    Interprétation de Jean 1 ; 17 : car la loi a été donné par Moïse et la grâce et la vérité par Jésus.

    Rappel d’un principe rabbinique un peu oublié : D. préfère le cœur (en araméen de l’époque ; Rahamana libba ba’a

    Violente diatribe contre les pharisiens : Luc 11 ; 37—44

    Les deux montagnes de la Bible : le Sinaï et la colline de Sion : métaphore lourde de conséquences

    Pour SP : la grâce, c’est l’esprit.  Galates 5 ; 25 si nous vivons par l’esprit, alors marchons aussi selon l’esprit.

    Conclusion : l’antinomisme de S.P. On ne devrait plus opposer ces deux concepts. L’homme ne peut pas vivre sans loi. Mais ce n’est pas tout, il lui faut aussi la grâce.

  • Mais où est donc passé Vladimir Poutine?

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    Mais où est donc passé Vladimir Poutine ?

    C’est la question que le monde entier se pose. Ce qui signifie pas seulement en Russie. Toutes les hypothèses, même  les plus folles, celle de la maladie, voire même de la mort ou d’une révolution de palais sont évoquées. Certains, notamment en Ukraine, poussent la plaisanterie macabre jusqu’à organiser des funérailles pour le maître du Kremlin. Il est vrai que cette situation est étrange. Tous les rendez vous du président russe ont été annulés sine die. Que penser ? La télévision d’Etat qui sait que le président russe ne permet aucun écart concernant sa vie privée, voire intime, tente, tant bien que mal, de colmater la brèche et d’allumer des contre-feux. L’énigme reste entière : on ne sait pas ce qu’est devenu le président russe.

    Je ne crois pas à l’événement heureux expliquant cette absence et qui veut que Poutine serait auprès de sa compagne qui aurait mis un enfant au monde dans un pays étranger, en l’occurrence la Suisse… Je ne crois pas plus à une révolution de palais car Poutine est un ancien du KGB et a dû prendre ses précautions . Ce qui paraît plus vraisemblable, c’est peut-être un soudain accident de santé, provoqué par une brusque aggravation de la situation économique (baisse du prix de pétrole, chute vertigineuse du rouble, valse des étiquettes etc…). A cela s’ajoutent les drames militaires en Ukraine où les supplétifs russes font la guerre au nom de  l’ancien grand frère.

    Le problème posé par cette disparation théorique ne se serait pas posé s’il n’y avait pas eu cette excessive personnalisation du pouvoir.

    Un dernier point : existe t il une relation entre cette éclipse de Poutine et l’assassinat de l’opposant russe la semaine dernière ? L’avenir nous le dira.

  • Pour ou contre Benjamin Netanyahou

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    Pour ou contre Benjamin Netanyahou?

    C’est probablement le tour de force que la gauche unie sous la houlette de Isaac Herzog et de Tsippi Livni a réussi : faire de l’enjeu de la consultation électoral le maintien ou non de Netanyahou au pouvoir. En réalité, cette coalition, dépourvue de charisme, a déplacé le centre de gravité vers l’acceptation ou le rejet d’une personne. Elle espère susciter une usure du pouvoir au sein de la population. Trois tours, cela suffit. Pourquoi un quatrième ? C’est le raisonnement des leaders de la gauche. Sera-t-elle suivie par l’électorat ? On ne va pas tarder à le savoir.

    Mais quoiqu’on pense de la gauche israélienne, il faut tout de même reconnaître qu’elle a un programme dont les deux axes majeurs sont les suivants : au plan intérieur, lutter contre la vie chère, notamment la crise et la cherté du logement et au plan extérieur, les négociations avec les Palestiniens. Deux points sur lesquels la population israélienne a tant de choses à dire. Non pas que la gauche coalisée puisse faire mieux, mais au terme de toutes ces années, un nombre croissant d’électeurs réclame un changement à la tête du pays.

    Netanyahou crie au complot. Il accuse les USA de Barack Obama de vouloir sa tête et de le considérer comme un obstacle sur la voie de la paix et de la normalisation. Mais les choses peuvent évoluer autrement. L’aspect sécuritaire est omniprésent dans l’action de l’actuel Premier Ministre, mais, disons le honnêtement, il le sera tout autant, par la force des choses, si l’autre coalition de gauche accède au pouvoir. La politique extérieure, donc la sécurité, est le point numéro un de la politique intérieure. C’est un pays qui, comme le prophétisait Martin Buber, n’a pas connu un seul jour de paix complète et assurée, depuis sa naissance… Tous les gouvernements qui se sont succédés à sa tête n’ont rien pu y changer.

    Que peut on attendre de Herzog et de Livni ? Je doute fort qu’ils puissent apporter ce que la population réclame. Les défis devant lesquels Israël se trouve ne peuvent être affrontés que par des personnalités fortes et déterminées. Il reste encore presque un an et demi à B. Obama , ce temps durant lequel tant de choses peuvent se produire. On a vu lors de ce dernier week end que les USA ont enfin modifié leur politique pro iranienne et déclarent aujourd’hui, par la voix de John Kerry, qu’ils misent sur l’Egypte et les régimes arabes modérés. Il  y a quelques semaines, ils n’avaient d’yeux que pour l’Iran dont ils voulaient faire la puissance régionale majeure, au mépris de l’Egypte et de l’Arabie Saoudite.

    Mais le système électoral israélien peut réserver des surprises, car le président de l’Etat peut inviter le parti susceptible de former une coalition à constituer un gouvernement. C’est à la fois la force mais aussi la faiblesse du système israélien.

    Bibi va t il repasser ? On le saura dès ce soir ou au plus tard, demain matin.

  • Le sacre de l'Egypte, enfin?

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    Le sacre de l’Egypte, enfin ?

     

     

     

    La conférence qui s’est ouverte à Charm El Cheikh sous la présidence du maréchal égyptien Al Sissi marque peut être un tournant dans les relations entre les USA et les régimes arabes modérés de la région. Enfin, le Secrétaire d’Etat John Kerry a prononcé les paroles que les Egyptiens et leurs alliés attendaient : les USA tiennent au renforcement de l’Egypte et veulent bien soutenir son rôle de puissance régionale.

     

     

     

    Il faut dire que l’Amérique de M. Obama n’avait plus le choix. L’ombre menaçante de l’Iran des Mollah se profilait avec une très grande insistance dans le Moyen Orient. La diplomatie américaine à bout de souffle ne savait plus que faire et certains soutiennent qu’elle n’a pas changé d’attitude fondamentalement, mais qu’elle maintient simplement deux fers au feu.

     

     

     

    Dans le papier d’avant-hier, on avait décrit la déception des régimes arabes pro-occidentaux qui craignent pour leur avenir. L’axe Le Caire-Ryad-Emirats semblait en disgrâce à Washington qui est pressé de signer un accord, même mauvais, avec l’Iran. L’embellie durera t elle longtemps ou est ce un simple intermède ?

     

     

     

    Les USA ont la puissance mais ils n’ont pas toujours la sagesse qui devrait aller de pair avec leur grande force. L’Egypte, son président l’a rappelé hier sur place, a un rôle de puissance régionale à jouer. Certes, comme tous les régimes arabes de la région, son attachement à la démocratie n’est pas à toute épreuve, mais que faire ? On fait avec ce qu’on a.

     

     

     

    Les monarchies pétrolières du golfe ne sont pas démunies d’atouts face aux USA. Et selon nous, elles sont plus fiables que l’Iran qui n’est pas un régime aussi stable qu’il y paraît. Les Mollahs ne sont pas à l’abri d’une vague de colère et de mécontentement qui mettrait fin à leur pouvoir.

     

     

     

    Et puis il y a encore et toujours cette sourde rivalité entre Arabes et Perses. On se souvient que Saddam en avait joué lors de sa confrontations armée avec Téhéran.

     

     

     

    Peut-on faire confiance à l’Amérique d’Obama ? Le seul fait de poser la question laisse peu de doute sur la nature de la réponse.

     

  • La folie meurtrière de l'E.I.

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    La folie, la frénésie meurtrière de l’Etat Islamique

    Ce que le monde entier a pu découvrir, sans être flouté, sur I24News, est littéralement sidérant. C’est la stupeur : un enfant de 12 ans exécutant d’une balle en plein front un jeune Arabe israélien qui avait rejoint Daesh et qui était accusé d’être un infiltré du Mossad dans l’organisation islamique. Cet Etat Islamique n’a plus rien à proposer, rien à offrir… Tout ce qu’il sait faire, c’est filmer des exécutions. Et là il atteint le fond de l’abîme de l’horreur. C’est l’horreur absolue : des arabes exécutant d’autres arabes, et maintenant par des enfants. Aucune cause au monde, aucune morale, aucune idéologie ne saurait avaliser de tels actes. Il faut réagir. Les musulmans du monde entier devraient condamner de telles horreurs.

    Les parents de la victime, habitants de la vieille ville de Jérusalem, étaient effondrés et ont nié toute implication de leur fils de 19 ans auprès du Mossad. Par delà cette nouvelle exécution, se pose la question de la survie de cet E.I. qui na d’islamique que le nom et qui tente de dissimuler sa barbarie derrière ce paravent.

    Des familles de musulmans britanniques ont découvert avec effroi que leurs filles, des adolescentes de 16 à 18 ans avaient tout quitté pour rejoindre la Syrie, sans rien dire, du jour au lendemain. La même chose vaut de certaines familles françaises de confession musulmane qui, alors qu’elles étaient surveillées par la police, ont pu rejoindre la Syrie par la Turquie qu’elles avaient ralliée en faisant un détour par Madrid.

    Mais à présent, l’Etat islamique doit faire face à une vigoureuse contre-offensive, du moins en Irak. Il a perdu Tikrit et les villages environnants. La reconquête de Mossoul deuxième ville d’Irak, n’est plus qu’une question de semaines ou de jours. Rappelons que c’est la ville qui a donné son nom à la mousseline des vêtements féminins… Etre tombée dans une telle barbarie ! C’est absolument incroyable…

    La visite du chef d’Etat-major interarmes de l’US Army n’est pas étrangère à ce redressement de l’armée irakienne qui consent enfin à sa battre au lieu de détaler comme des lapins, laissant derrière soi armes et munitions, alors que toute armée, même en déroute, détruit tout derrière elle, afin que l’ennemi ne s’approprie pas ses équipements. L’affaire sera donc bientôt réglée en Irak. Mais quid de la Syrie ?

    Les réalistes, les partisans de la Realpolitik, optent pour une alliance objective avec la Syrie de Bachar, même pour une alliance qui ne veut pas dire son nom. Enfin débarrassée de l’ennemi commun, on aide l’aile modérée de l’opposition à conquérir le pouvoir et la Russie aidant, on exfiltre Bachar vers une république musulmane d’Extrême Orient… où les potentats locaux ne l’inquiéteront jamais.

    Le seule problème qui se pose est celui-ci : que faire le jour d’après ? Les USA pensent, et c’est tout le problème , se désengager de toute la région et laisser les mains libres à l’Iran des Mollahs. Ils s’en cachent à peine et sont, pour la forme, allés rassurer leurs alliés arabes du Golfe en leur offrant le parapluie nucléaire US. Mais ceux ci ne sont pas dupes : l’Egypte, l’Arabie et les Emirats ont compris que les USA veulent faire de l’Irak une sorte de protectorat de l’Iran chiite, un Irak nucléarisé à terme, dont un Israël déjà nucléarisé ( ?) et très avancé technologiquement n’aurait rien à craindre. Les rodomontades anti-israéliennes du régime ne seraient qu’un paravent propre à rassurer les masses et à les convaincre que les Mollahs n’ont pas changé de politique… Du moins, lors de la grande prière du vendredi. L’Iran deviendrait ainsi une nouvelle puissance régionale. Ceci est une rupture de tous les équilibres. Obama ne connaissait pas les théories de Clausewitz pour qui les conflits ne naissent pas de la volonté des hommes mais de la rupture d’équilibres…

    Est ce que cette politique va réussir ? Ce n’est pas certain, en tout cas pas intégralement. Il faut du temps. Or, un prochain président US du côté républicain n’acceptera jamais ce deal avec l’Iran des Mollahs. Les Israéliens feront tout pour faire capoter ce plan. Quant au camp arabe modéré, allié objectif d’Israël, il n’acceptera jamais ce marché de dupes.

    Décidemment tout le monde prépare l’après Obama, un président US dont l’action ne laissera pas une impérissable empreinte dans l’histoire du monde.

  • Ma madeleine à moi

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    Où sont donc stockés nos souvenirs d’enfance?

    Un être humain n’est rien sans son passé. Ce serait alors ce que les Allemands appellent un Luftmensch, un déraciné, un aérien, un sans  sol nourricier.

    Tout le monde connaît la madeleine de Proust. Mais chacun peut vivre cette fameuse madeleine à sa façon. C’est ce qui vient de m’arriver avec de la morue séchée et salée que ma mère cuisinait si bien à l’époque de ma prime enfance et de mon adolescence.

    Pour me changer les idées, sortir un peu de mes livres de philosophie et de théologie, et aussi pour me rendre utile et agréable, il m’arrive d’aller faire des courses. Cela me révèle un aspect du monde qu’un penseur, penché sur ses livres et ses manuscrits, court parfois le risque d’oublier. Ne dit on pas que la réflexion philosophique nous détache du monde, voire même nous apprend à mourir ?

    Le spectacle de gens, jeunes et moins jeunes, arpentant les allées des centres commerciaux et des supermarchés, les dialogues entre les clientes et le poissonnier ou encore les demandes de vieilles dames à la boulangerie. Pain pas trop cuit, tranché ou non tranché, réservation d’une brioche pour le samedi après-midi en prévision de la visite tant attendue des petits enfants, voici tout ce que vos oreilles perçoivent… Certes, ce n’est pas du niveau de Maimonide, Kant, Hegel ou Rosenzweig, mais c’est bien la vie de tous les jours.

    Ce jour là, je pensais à tout autre chose . Je venais de m’arracher à la lecture ardue d’un passage fort compliqué de L’étoile de la rédemption de Franz Rosenzweig que je ne saisissais toujours pas. Et pourtant, sa lecture m’avait envoûté. Je devais acheter des fruits et des légumes, mais aussi du poisson. Comme il n’y avait pas de fil d’attente à l’étal de poissons, je commandai deux morceaux de dos de cabillaud. J’avais déjà mis mon butin dans mon sac quand je vis de splendides morceaux de morue séchée. C’était la première fois que j’en voyais dans ce beau supermarché de Passy. Je restai soudain immobile devant ces morues.

    Je n’avais pas encore dix ans quand se produisit ce tremblement d’Agadir qui m’arracha à ma ville natale, changea mon existence du tout au tout et m’installa à Paris où je suivis une trajectoire qui n’était probablement pas celle qui eût été la mienne sans cette secousse tellurique qui fit des dizaines de milliers de victimes.

    Chaque vendredi soir et chaque samedi matin, en l’honneur du sabbat, ma mère achetait cette morue séchée et salée, elle la faisait frire avec de la panure et la servait à table, arrosée d’une sauce rougeâtre à base de vinaigre afin de la rendre plus tendre. Les entrées sont très nombreuses dans ces repas festifs en cette fin de semaine où les Juifs pratiquants font relâche en l’honneur du sabbat, afin d’en marquer le repos et la solennité.

    Je me souviens de ces couchers de soleil qui m’impressionnaient le samedi en fin de journée, mon père me tenant par la main pour aller à la synagogue et écouter le sermon du grand rabbin, qui était accessoirement son neveu, et après le prière, consommer la troisième collation (sé’ouda shelishit). Inquiet devant cet horizon rougeoyant, je demandai à mon père ce que cette apparition pouvait bien être. Au lieu de me parler du coucher de soleil, il me servit une légende talmudique sans m’en indiquer la provenance. Et comment aurait-il pu le faire à l’intention d’un enfant de cinq ou six ans ? La légende en question nous apprend ceci : dès le vendredi, avant le coucher du soleil, l’enfer se vide de ses occupants qui peuvent jouir eux aussi de la quiétude du sabbat. Mais dès le lendemain, toujours au coucher de soleil, les condamnés regagnent leur enfer pour continuer à y expier leurs innombrables fautes et péchés. En prenant connaissance d’une telle explication je fus saisi d’effroi. Je m’en souviens encore, j’éclatai en sanglots, effrayé par une telle histoire.

    Durant l’office clôturant le sabbat, j’avais remarqué qu’avant d’allumer la lumière (car durant le sabbat il est interdit de mettre en action la moindre énergie, même électrique), on prenait son temps en lisant un certain couplet de la liturgie. Plus tard, lorsque l’écrivis moi-même avec mon collègue autrichien une introduction au talmud et au midrash, j’appris que l’on prolongeait cet instant afin que les condamnés pussent profiter de quelques minutes de repos supplémentaire… Et tout cela parce qu’un enfant avait demandé à son père de lui expliquer les raisons de cet horizon soudain si rouge !

    Mais la vie dans cette paisible station balnéaire de l’atlantique sud ne se limitait pas à cela. Il y avait la douceur du climat, la quiétude d’être un peu hors du monde avec des autochtones accueillants et bienveillants.

    Toutes ces réminiscences s’imposèrent à mon esprit devant cet étal de morues séchées. Sans vraiment le réaliser, je fis demi tour et demandai à la vendeuse la moitié d’une morue, car en acheter une entière  allait bien au-delà de mon appétit et de celui de ma femme…

    La vendeuse me demanda si je souhaitais faire débiter en petits morceaux cette morue. Mais comme le poisson était trop rigide, elle se tourna vers son collègue, qui répondait au nom bien caractéristique de Moustafa : encore une immersion dans des souvenirs vieux de plus d’un demi siècle… Je fixai cet homme qui découpait la morue. Ce geste que j’avais vu accomplir dans la cuisine de notre maison à Agadir m’arracha au temps présent ; la jeune femme me demanda si je souhaitais autre chose… Je mis quelque temps à lui répondre.

    En déambulant dans les allées du supermarché, je n’étais plus à Passy, je regardais sans voir, j’écoutai sans comprendre. Je revoyais des scènes, disparues à tout jamais, notamment cette grande table familiale où mes frères et sœurs entourions nos parents. Cette morue séchée m’a rappelé tout cela au point que je me suis demandé où j’avais pu conserver toutes ces impressions qui s’étaient gravées dans ma mémoire.

    Je revoyais le visage de mon père, si sérieux et si scrupuleux quand il s’agissait des prières et du respect de la tradition juive. J’entendais sa voix récitant la bénédiction du pain et du vin. Je ne savais pas, à l’poque, (j’avais un peu plus de cinq ans), que mon père lisait les textes provenant d’Isaac Louria, le fondateur de la kabbale de Safed au XVIe siècle. Et que la plupart de ces textes en araméen provenaient du Zohar, la Bible de l’ancienne kabbale, celle de Moïse de Léon. Soudain, mes lèvres se mirent à bouger car la mélopée de cette récitation parentale s’imposa à moi. C’était assez extraordinaire.

    Arrivé à la caisse, la caissière dut ouvrir le sac de poisson afin d’en relever le prix. Découvrant son contenu, elle me demanda comment je comptais préparer la morue ; je répondis que je ne savais pas faire la cuisine mais que ma femme s’en chargerait. Elle me dit que dans son pays (elle était africaine) on consommait fréquemment de la morue séchée et salée…

    Je la regardais avec beaucoup de nostalgie. C’était la première fois de ma vie que j’éprouvai au plus profond de moi-même la congruence des souvenirs, leur parenté et leur force évocatrice. En fait, l’humanité commune à tous.

    Aristote a écrit dans sa Métaphysique que la mélancolie était le mal des philosophes. On se sent parfois submergé par des vagues de nostalgie ; c’est l’impression qui se dégage d’un livre autobiographique comme Le monde d’hier de Stefan Zweig.

    Chaque homme vit dans plusieurs mondes à la fois. Mais il n’en possède pas les clés. Car les portes s’ouvrent toutes seules, pour peu qu’elles en décident. Et cela tient à un hasard absolument imprévisible.

    Maurice-Ruben Hayoun

  • L'armée tcahdienne, seul rempart contre Boco haram

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    L’armée tchadienne, seul espoir de l’Occident contre Boco haram

    Cela se confirme, cette armée du Tchad est la plus aguerrie, la mieux entraînée et aussi la plus disciplinée des armées africaines. Elle s’est formée elle-même, mais depuis quelque temps elle reçoit le soutien décisif de l’armée française qui a installé son PC opérationnel dans sa capitale N’djamena. Il y a quelques jours les hordes de Boco haram ont attaqué un village tchadien semant la destruction et la mort sur son passage. Les assaillants ont surpris les villageois dans leur sommeil, ils ont abattu les bêtes et les survivants n’ont dû leur salut qu’à la fuite. L’armée tchadienne a donc toutes les raisons de se battre et elle le fait courageusement. C’est la seule à avoir pu affronter les rebelles islamistes victorieusement sur le terrain. C’est la seule qui, dans un convoi de plus de quatre cents véhicules, s’est lancée dans le Niger et attaque Boco haram.

    Les autres armées africaines sont de simples gardes prétoriennes appelées à faire des coups d’état. Lorsque ces gouvernements se disent prêts à envoyer des troupes au combat, ils ne disposent ni d’équipement ni de moyens de transports pour envoyer leurs troupes sur zone. L’ONU s’en est bien rendue compte.

    La stratégie du groupe islamiste est de chasser les Occidentaux hors d’Afrique et d’instaurer la shari’a sur place. On se demande avec quel argent, avec quels moyens ces terroristes, violeurs et kidnappeurs de jeunes écolières, peuvent acquérir tant d’armes, voire même des véhicules blindés et des chars d’assaut. D’ailleurs, l’armée tchadienne a récemment exhibé un de ces véhicules pris à l’ennemi.

    De partout monte la menace des intégristes. D’Afrique noire, du proche Orient, les foyers de la rébellion prospèrent. On ne peut rien faire sans l’appui et la participation des USA. Mais ce pays n’a plus à sa tête des hommes d’Etat dignes de ce nom. L’élection d’Obama fut une erreur que les USA paieront pendant des années. Leur inaction en Afrique, leur impéritie au Proche Orient couteront cher. Quand ils se révèleront, ce sera trop tard. Avec tous ces milliards investis en Irak, ces pertes en vies humaines, des deux côtés, voilà où nous en sommes, uniquement parce qu’Obama a voulu adopter une posture de démocrate…

    Une stratégie de repli n’est pas compatible avec le statut de grande puissance. Puissent les mois qui restent à Obama à la tête des USA passer très vite.

  • Le Front National est il vraiment le premier parti de France?

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    Le Front National est il vraiment devenu le premier parti de France?

    C’est peu probable, même en s’en tenant à l’objectivité la plus parfaite. Certes, le vote FN n’est plus exclusivement protestataire mais est devenu un parti d’adhésion. Non pas au programme socio-économique de ce parti, qu’on ne connaît toujours pas, avec exactitude, mais c’est l’expression d’un malaise persistant des couches sociales les plus défavorisées et d’une classe moyenne inférieure qui s’est paupérisée à la suite d’une crise interminable. C’est cela qui crée le trouble et renforce l’idée chez certains que tous les partis ont failli, qu’ils pensent qu’à eux, qu’ils vivent bien mieux que leurs mandants et qu’il serait temps, toujours selon ces gens, de donner enfin sa chance à ce parti qui n’a jamais eu le pouvoir. Ce qui explique que sans rien faire, ni rien dire, sans même apparaître fréquemment sur les écrans des télévisions, Marine monte, grimpe dans les sondages, par un effet quasi mécanique. Ce n’est pas plus compliqué que cela. D’où l’affolement légitime du gouvernement actuel qui réalise, un peu tard, qu’on atout essayé contre le FN, mais en vain. Que faire ? Résoudre les problèmes posés par la crise. Or, cela ne dépend pas que du gouvernement actuel et même un autre ne s’en serait pas mieux tiré.

    Quant à la possibilité pour Marine de devenir chef de l’Etat, cette hypothèse n’est plus du tout écartée d’une revers de main. Elle n’est plus fantaisiste.

    La première chose à faire est de rassurer les Français et de leur faire comprendre qu’ils sont chez eux en France.
    Allez dans la rue, sortez dans les marchés, écoutez les conversations dans les bars et les restaurants, et vous verrez que les gens se posent la question quand ils prennent le métro, se promènent ou rentrent chez eux.
    C’est un peu triste, mais faire ? Le gouvernement fait ce qu’il peut.