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  • L'Egypte et la guerre civile

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    En Egypte, tout indique la présence d’une guerre civile

    On en reparle en raison de la vente par la France de son avion de combat le rafale, mais en fait depuis dix-huit mois, lors de l’éviction du président islamiste Morsi par l’armée, le nouveau pouvoir du maréchal Al-Sissi a du mal à stabiliser la situation et remettre de l’ordre dans l’économie. Et depuis peu, s’ajoutent à cette situation intérieure difficile des préoccupations externes touchant la Libye et Daesh qui tente d’y avoir une assise.

    La stabilité en Egypte est indispensable pour tout le Moyen Orient. C’est le pays le plus fort, le plus peuplé et le mieux armé même si ses moyens financiers sont presque dérisoires : on dit que la fortune de Bill Gates équivaut à son budget annuel 55 milliards de dollars…

    Comment l’Egypte va t elle payer ces avions et cette frégate que la France lui a vendus ? Il faut présumer l’assistance et la garantie de l’Arabie Saoudite et de certains émirats (excepté le Qatar) qui vont mettre la main à la poche. On sait que Ryad dispose d’une force de frappe de près de 800 milliards de dollars. Ce qui aiguise les appétits et notamment la vigilance du grand voisin iranien qui agit en sous main tant au Yémen, qu’en Syrie et en Bahreïn.

    Il y a aussi un élément qu’on a tendance à laisser de côté alors qu’il est important : c’est l’infantilisme politique des USA qui veulent imposer aux autres le même ordre et les mêmes règles démocratiques qu’en Europe et dans le monde judéo-chrétien. C’est ce qui a poussé les Egyptiens à acquérir du matériel français, et c’est ce qui pousse les Saoudiens à souhaiter une Egypte bien armée, susceptible de s’opposer le moment venu à un Iran à la fois agressif et absolument subversif.

    Les Américains sont de grands enfants, il suffit de voir les bévues commises en Irak. Ils ont enfin compris : ils traînent à anéantir Daesh car ils savent l’état d’impréparation de l’armée irakienne. S’ils débarrassent l’Irak de cette tourmente, c’est l’Iran qui s’engouffrera dans la brèche. Alors, ils attendent. Et durant ce temps, les gens souffrent.

    Les Saoudiens l’ont compris, eux dont la défense de leur royaume repose sur la CIA et l’US Army. Alors il vaut mieux armer l’Egypte et soutenir al Sissi contre les Frères musulmans.

    Ainsi va le monde

  • L'antisémitissme en En Europe, une fatalité?

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    L’antisémitisme  en Europe, une fatalité?

    Ce qui trouble profondément les citoyens français de religion juive, c’est surtout la régularité, la récurrence des actes antisémites graves qui se soldent par la mort de certains de leurs coreligionnaires. C’est aussi cette successivité que rien ne semble pouvoir arrêter au point de rendre hautement incertains les jours à venir : que va-t-il se passer ? Qui donc vont ils de nouveau attaquer ? A quel lieu de culte, à quel lieu de rencontre communautaire, à quel magasin de produits cachers les terroristes islamistes vont ils s’en prendre ?

    Dans ce contexte, on entend des enfants dire à leurs parents qu’ils ne souhaitent plus vivre dans un pays, la France qui est pourtant le leur, où les Juifs sont obligés de se bunkériser, de prier ou de poursuivre leur scolarité derrière des soldats ou des policiers équipés d’armes automatiques et de gilets pare-balles, bref de vivre dans des blockhaus…

    La récurrence de crimes (car il ne s’agit plus de délits puisqu’il y a mort d’homme) a fini de compromettre l’avenir des juifs dans ce pays mais aussi en Europe puisqu’il y a eu Bruxelles et depuis avant-hier Copenhague. Il y eut le meurtre horrible d’Ilan Halimi que chacun croyait être un simple accident de l’Histoire : des délinquants illettrés pensant gagner de l’argent facilement là où ils pensaient le trouver. Ensuite il y eut les meurtres tout aussi abjects d’enfants à Toulouse sous les yeux de leur père qui allait les suivre dans la mort. L’instant axial, le point tournant fut, sans conteste, l’assassinat des journalistes de Charlie-Hebdo suivi du meurtre de la jeune policière municipale et des otage du magasin d’aliments cachers du cours de Vincennes. Les deux précédentes années pouvaient faire croire à une interminable série noire ou à l’existence d’un chef d’orchestre clandestin programmant de tels crimes afin de mettre les services de l’Etat en échec et les citoyens juifs de ce pays sur la défensive.

    Tout en ne confondant pas la vigilance, nécessaire, avec l’alarmisme, exagéré ou trompeur, il faut bien admettre que des citoyens qui se sentent menacés à cause de leur origine ethnique ou religieuse, ont du souci à se faire ou, à tout le moins, s’interrogent sur leur avenir.

    Nul n’insinuera valablement que les services de police n’ont pas été à la hauteur, nul ne pourra critiquer la réaction des plus hautes autorités de l’Etat ; c’est bien plus grave, il s’agit de s’interroger sur le refus d’intégration d’éléments qui transitent par le crime et la délinquance avant de se jeter dans les bras d’un fanatisme meurtrier. Comment faire pour assainir la situation dans certaines banlieues ? Comment faire pour saisir toutes ces armes de guerre qui semblent remplir certaines caves et appartements de certaines cités ? Il est tout de même incroyable qu’une fusillade ait pu se produire alors que le Premier Ministre se rendait en visite à Marseille… Au cours du mois d’août, un manifestant criant dans les rues de notre capitale, mort aux Juifs, a pu impunément brandir un fusil AK 47. Interrogées, les autorités de la police ont répondu qu’elle n’étaient pas certaines d’avoir bien vu et qu’il s’agissait peut-être d’une arme factice… La réponse, la vraie, celle qui ne fait aucun doute, est arrivée le 7 janvier à Paris, près du boulevard Richard Lenoir.

    Et comme un malheur n’arrive jamais seul, on apprend que des tombes ont été profanées, des stèles renversées dans cimetière juif de l’est de la France. Les gens se posent cette angoissante question : même les morts ne peuvent plus reposer en paix dans ce pays au seul motif qu’ils sont juifs ? Et les mêmes personnes se disent : mais comment peut-on vivre dans un pays où même les cimetières ne sont plus sanctuarisés ? Alors les synagogues, les cimetières, les magasins, les restaurants,  les écoles, les centres communautaires, toutes et tous requièrent une garde statique pour pouvoir fonctionner : est ce une vie ?

    Qu’ils soient proches des institutions juives ou qu’ils refusent l’embrigadement communautaire, les Juifs qui vivent en France n’ont pas être inquiétés. Il suffit que les autorités de l’Etat portent le fer là où il faut pour que le calme revienne.

    Certes, cette maladie qu’est l’antisémitisme ou la judéophobie ne date pas d’hier. Déjà Hécatée d’Abdère, Apion, le conservateur de la bibliothèque d’Alexandrie, Tacite, et plus près de nous, un philosophe comme Arthur Schopenhauer s’illustraient tristement dans ce domaine de la haine du Juif.

    Je ne crois pas que l’on soit à la veille d’un nouvel exode massif. Certes, de nombreux Juifs partiront s’ils ne l’ont déjà fait. Mais dans leur écrasante majorité, les autres n’ont pas peur et se battront. Le peuple juif a su surmonter de bien plus graves crises, il a échappé à de bien plus terribles dangers. De tous les peuples de l’Antiquité, il est l’un des seuls à avoir déjoué les pièges mortels de l’Histoire et à avoir survécu.

    Les Juifs sont une partie intégrante de la communauté nationale. La seule victoire que les islamistes pourraient remporter, c’est de singulariser les Juifs, les isoler du reste de leurs compatriotes. Le danger, c’est de dire les juifs français, les concitoyens juifs, les juifs de nationalité française, etc… Pas de communautarisme : des Français !

    Les Juifs resteront en France, tout en aimant Israël, c’est leur droit. Tout en nous est français, la culture, les manières, la gastronomie, la langue. Et les paysages.

  • La dernière blague du gouvernement grec d'extrême gauche...

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    La dernière blague du chef du gouvernement grec

    Aujourd’hui, il faudrait parler d’autre chose, notamment des actes antisémites, mais cela crée un climat délétère qu’il vaut mieux ne pas alimenter. Toutes les radios, toutes les télévisions, tous les journaux en font leurs choux gras et c’est normal.

    Je veux parler aujourd’hui de la désastreuse et très comique initiative du gouvernement de M. Tsipras qui entend présenter une facture de 162 milliards d’euros à l’Allemagne représentant la somme des dommages de guerre causés par l’occupation de la Grèce entre 1941 et 1944. Et comme par hasard, cette requête survient plus de 70 ans après la fin des hostilités mais au moment même où l’Allemagne, marraine de la monnaie unique, rappelle la Grèce à l’ordre…

    Comment peut on imaginer pareille blague ? Mais quel gouvernement a bien pu faire une telle chose ? Dans quel cerveau malade une telle revendication a t elle pu germer ?

    Mais pour couper court à tout malentendu, je dois rappeler que les atrocités commises par l’Allemagne hitlériennes sont inoubliables et que les victimes ont droit à une réparation qui n’atteindra le niveau requis. Je dois préciser aussi que je soutiens les demandes de toutes les victimes tant polonaises, françaises que grecques.. Et aussi juives. Sans oublier tous les pays occupés par les armées national-socialistes.

    Mais je suis choqué de constater que cette demande grecque intervient au moment où l’Allemagne refuse que le nouveau gouvernement d’Athènes se dérobe à ses engagements et espère se servir de cette ficelle un peu trop grosse pour ne pas honorer sa signature, ou celle de ses prédécesseurs. Certains esprits grecs qui se croient aussi intelligents que Platon et Aristote réunis relèvent que cette somme représente la moitié du déficit grec… Par un coup de baguette magique, voilà la dette grecque soulagée de la moitié du fardeau ? Et cela grâce à l’Allemagne qui doit payer.

    C’est incroyable !! L’Allemagne a déjà indemnisé les citoyens grecs qui ont été brutalisés ou tués par les Nazis. C’est-à-dire leurs descendants. L’Allemagne en a fait de même, notamment avec Israël et les Juifs réfugiés aux USA. Comment oser lui présenter de nouvelles demandes, 70 ans après les faits ?

    Je pense que cette trouvaille est une vraie blague mais qui ne fait rire personne. L’Allemagne a le passé qu’elle a, mais la nouvelle Allemagne a réussi la Vergangenheitsbewältigung, la maîtrise du passé. Il est particulièrement inconvenant (unangebracht) d’imputer à d’autres la cause de ses propres turpitudes. Après avoir fanfaronné des semaines durant, ce nouveau gouvernement grec se heurte à des difficultés réelles. Il a trop promis pour pouvoir tenir toutes ces folles promesses. Mais voilà, le goût du pouvoir a prévalu par rapport à une juste appréciation des choses.

    Les Grecs devraient faire attention. Je ne veux pas chanter les mérites du gouvernement allemand, mais sans notre voisin d’outre-Rhin, cela fait belle lurette que l’Euro aurait disparu. C’est un mauvais procès qui peut rouvrir des blessures que l’on croyait cicatrisées. Il est dangereux de plier le passé à ses propres désirs à et à sa propre volonté. Attention à un sentiment anti allemand dans une Europe unie et réconciliée avec elle-même.

    Cela me fait penser à une autre tentative, tout aussi maladroite et mal venue de la part de la Pologne : lorsqu’il s’est agi de la pondération des voix au parlement européen, la Pologne a argué qu’elle avait été amputée d’un partie de sa population à cause de la seconde guerre mondiale et qu’elle aurait pu avoir plus de députés : c’est vrai, plusieurs millions de Juifs polonais ont été tués, hélas, par les Nazis. Mais on ne devrait pas utiliser les morts sans sépulture dans de sordides calculs politiques.

    Un dictum talmudique énonce intelligemment : met assour be-hana’a : il est interdit de tirer profit d’un mort…

    M. Tsipras devrait méditer cette phrase.

  • Poutine ne respectera pas l'accord

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    Vladimir Poutine ne respectera jamais le document signé de sa main Au risque de passer pour un oiseau de mauvais augure, il faut reconnaître que nous avons un accord en lequel personne ne croit vraiment. C’est assez triste car durant la nuit, il y a déjà eu des victimes ukrainiennes et probablement aussi chez les séparatistes, terme qui masque mal une intervention russe armée qui ne livre pas son nom. Ce sont des dizaines et des dizaines de blindés russes qui franchissent la frontière à la faveur de la nuit mais que les satellites d e l’OTAN ont repéré sans peine. En fait, Poutine a fait de l’Ukraine une question de vie ou de mort pour son régime et ce qui revient au même pour son pays. J’ai suivi hier un débat sur FR3 entre une universitaire et un conseiller économique qui déplorait les sanctions et le manque à gagner. Certes, les sanctions ne sont pas indolores pour les Européens mais tout de même elles causent de gros dégâts dans l’économie et les finances de la Russie. Cette dernière est affectée doublement grâce à un fruit du pur hasard : l’essentiel des exportations russes est constitué par le pétrole dont les prix ont chuté de moitié. C’est cela qui cause le plus de soucis aux Russes et affectent leur monnaie. Si vous y ajoutez les sanctions qui commencent à produire leur effet, vous avez alors une image fidèle de la situation. Poutine ne dit pas la vérité lorsqu’il affirme que toutes ces choses ne gênent en rien son pays. Le pays est sérieusement atteint par la fuite des capitaux, la chute du rouble et le ralentissement économique général. L’homme a donc besoin de succès à l’extérieur et doit donner, à ses yeux, une leçon à de pauvres voisins désarmés stimule la fierté nationale russe. Ainsi il pourra dire : la Russie se fait respecter à l’extérieur. Je le répète : il faut faire comprendre aux Ukrainiens qu’ils ne pourront pas adhérer à l’OTAN tant que Poutine sera au pouvoir. Ils peuvent tout juste entrevoir une appartenance à l’UE. Il y a aussi un point dont on parle peu : tout autocrate qu’il soit, Poutine subit aussi des pressions de son armée qui a dû faire profil bas tout au long de tous ces revers de la diplomatie russe. ET en Ukraine, c’est bien elle qui est à la manœuvre.

  • La guerre en Europe avec Vladimir Poutine

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    La guerre en Europe avec Vladimir Poutine…

    Comme on pouvait s’y attendre les négociations de Minsk qui se sont poursuivies toute la nuit n’ont rien donné et ne donneront rien, même si les hommes d’Etat tenteront de sauver les apparences. C’était prévisible : Vladimir Poutine, en bon ex agent du KGB, pense qu’on essaie d’encercler son pays, d’en réduire la puissance et l’influence et que la disparition de l’URSS fut le pire moment de l’histoire de ce XXe siècle. Mais ce cauchemar a en quelques sorte, produit des métastases : les anciens pays satellites, l’ancien glacis comme la Pologne et les Etats baltes ont rejoint l’Europe et rallié l’OTAN, plaçant les armées occidentales au plus près du cœur de l’empire russe. Pour Poutine, c’est un acte de guerre auquel il répond par un autre acte de guerre. Il ne battra pas en retraite, ira jusqu’au bout car il joue sa survie politique, peut-être même plus. Il n’hésitera pas à envahir toute l’Ukraine s’il le faut. Et l’Europe ne parle pas d’une même voix. Pour l’Espagne et le Portugal, par exemple, l’Ukraine, c’est très loin et cela n’intéresse personne. Ce que veulent les citoyens de ces deux pays, entre autres, ce sont des débouchés sur les marchés des consommateurs russes.

    Alors, que faire ? Il faut armer solidement les Ukrainiens, renforcer les positions de l’OTAN en Pologne et dans les Etats baltes et renforcer durement, et toujours plus, les sanctions économiques. Les deux chefs d’Etats européens ont fait preuve de naïveté en croyant que Poutine allait céder. Pour bien montrer qu’il ne céderait pas, il est arrivé le dernier à Minsk et il a quitté le premier la table des négociations.

    Les USA ne vont pas tarder à tirer les leçons d’une telle attitude : on ne peut pas ne pas réagir face à un homme qui modifie les frontières héritées de la seconde guerre mondiale par la force, annexant des provinces d’un Etat limitrophe et envahissant ce même Etat en prétendant qu’il s’agit de séparatistes locaux, réclament un rapprochement avec la Russie

    La défiance est telle à l’égard de la Russie que même la Pologne n’a pas invité ses dirigeants lors de la commémoration de la libération du camp d’Auschwitz, précisément libéré par ces mêmes soldates… russes ! La Pologne a renforcé son arsenal militaire propre car elle sait, d’expérience, que personne ne volerait à son secours en cas d’attaque. Et voilà où nous en sommes dans l’est de l’Europe, à cause du sieur Poutine.

    Même si, avec de la poudre aux yeux, on tentait de faire croire à un non échec de Minsk, la solution ne sera pas trouvée : songez que Poutine a transformé la frontière avec l’Ukraine en une véritable passoire, faisant passer armes et soldas qui luttent sur le territoire relevant de Kiev. N’oublions pas un autre élément dont il fut question ici même il y a moins d’un an : Poutine compte sur les minorités russes des différents Etat anciennement soviétiques pour y intervenir et imposer une conduite diplomatique pro-russe. Cela rappelle d’étranges souvenirs avec un tyran sanguinaire, responsable de la mort de plus de cinquante millions de morts entre 1939 et 1945.

    On ne peut plus attendre les bras croisés.

  • Qui peut faire plier Vladimir Poutine?

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    Qui peut bien faire plier Vladimir Poutine?

    C’est la question que toutes les chancelleries se posent : un homme cynique, rompu aux rapports de force exclusivement, ne cède que s’il y a plus fort que lui face à lui. Or, si l’Allemagne et la France sont déterminées, ce n’est pas vraiment le cas du reste de l’UE. Poutine n’est pas un enfant de cœur, mais tout de même les Occidentaux sont allés le chatouiller d’un peu trop près. En allemand on dit, wir sind ihm zu nahe getreten. Et maintenant voyez ce qui se passe : il s’implante en Egypte car les USA dans leur stupide infantilisme renâclent à livrer des armes à l’armée égyptienne empêtrée dans des répressions sanglantes dans le Sinaï, les Russes sont déjà en Syrie où ils soutiennent le régime de Bachar , enfin, ils sont aussi implantés en Iran.

    La Russie est l’ombre d’elle-même, elle n’est plus une superpuissance mais il ne fallait pas la pousser dans ses derniers retranchements. Il ne fallait pas s’avancer jusqu’au cœur de l’ancien régime soviétique. La ligne rouge à ne pas franchir, c’est l’adhésion à l’OTAN. On peut comprendre l’hostilité des Russes.

    Par ailleurs, on craint une attaque surprise contre l’un des Etats baltes. Depuis Staline, ces Etats sont une proie facile pour leur géant voisin. Ces Etats avaient déjà été victimes de la convoitise russe tout au long de leur histoire.

    Il m’étonnerait fort que dans cette constellation, Poutine puisse céder. Seules des sanctions économiques aggravées et des livraisons d’armes massives à Kiev pourraient l’inciter à réfléchir avant d’agir. Or, aujourd’hui, ses armées ont conquis avec l’aide de quelques séparatistes une large portion de territoire ukrainien et la Crimée a déjà été annexée officiellement. C’est un bras de fer qui s’annonce. L’économie russe a été atteinte ainsi que le rouble, mais ce ne sera pas suffisant. Si l’on veut éviter la guerre tout court il faut intensifier la guerre économique.

  • Quel procès pour DSK?

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    Quel procès pour DSK?

    Personne ne relève plus devant ce procès qui envahit les actualités, voire même les pollue que le procureur de la république n’a pas jugé bon d’offrir des réquisitions et que c’est le fait d’un ou de plusieurs juges qui ont exigé que ce procès ait lieu, même si chacun sait que DSK sera relaxé.

    Qu’est ce qui est en jeu ici, qu’est ce qui fait débat ? Les relations de certains hommes politiques qui se croient au dessus des lois et font n’importe quoi. La justice entend les rattraper, mais dans ce cas précis, on se trompe de débat.

    On a déjà maintes fois rappelé que les tribunaux ne sont pas l’antichambre du confessionnal et qu’il ne faut pas confondre la loi et la morale. Or, c’est précisément au nom de l’éthique que le procès est organisé. Nous avons déjà dit que la conduite de DSK est scandaleuse, mais au regard de la loi, elle n’est pas répréhensible. Personnellement, cet homme me pose un problème éthique grave mais ce n’est pas suffisant pour le faire comparaître devant une cour de justice. Que savons nous de ce qui se passe dans l’intimité d’un homme et d’une femme, même mariés ou simplement amants ? Qui nous dira ce dont a besoin une femme pour avoir un orgasme ou un homme pour entrer durablement en érection ? Si l’on se mettait à chercher, on découvrirait des choses bien surprenantes…

    Sur la prostitution on a dit et écrit bien des choses. C’est une attitude humiliante, rabaissante, surtout lorsque ces femmes sont exploitées, contraintes sous la menace de se prostituer. Mais que dire de celles qui se prostituent le cœur léger en disant qu’au moins une telle activité dans des milieux choisis leur procure une vie bien agréable ?

    Existe t il une législation interdisant à des femmes d’arrondir leurs fins de mois de cette manière ? A mes yeux, c’est moralement répréhensible mais nous vivons une époque où nul repère n’est plus indéplaçable, inamovible. La défense de DSK est la même : il ne savait pas, il pensait avoir affaire à des femmes désireuses de vivre leur fantasmes jusqu’au bout, bref de s’amuser. Aucune des dames en question ne pourra prouver que le principal intéressé savait. Donc DSK s’en tirera.

    Mais quid de la faute morale, véritable signe, flétrissure de Caïn, gravée au fer rouge sur son front ? Il lui faudra vivre avec. C’est cela la vraie punition, le vrai procès. Le reste n’est que spectacle. Après tout, toutes les femmes se trouvant dans la misère ou la gêne financière ne se prostituent pas. Alors, pourquoi se plaindre ? Il faut combattre la prostitution organisée. Pour le reste, c’est une question de conduite morale ou immorale.

  • Maître Michel Halperin in memoriam

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    Maître Michel HALPERIN in memoriam

    Dans cet hommage rendu à un homme que j’admire, je dois d’emblée dire que je n’ai pas eu la chance de le connaître et de le fréquenter depuis très longtemps. Pourtant, nous étions devenus des amis et la nouvelle de sa disparition soudaine m’a surpris car, tout en le sachant souffrant, je ne m’attendais guère à terrible nouvelle.

    En mobilisant mes souvenirs, j’ai tenté de découvrir à quel moment j’ai pour le première fois entendu parler de Maître Michel Halperin. Et le résultat ne tarda pas à s’imposer à moi : ce fut à Genève chez ma sœur aînée Annie Abihssira qui me montra des photographies prises lors d’une soirée de gala… Accompagné des commentaires de ma sœur qui tressait des couronnes Michel pour ses qualités d’orateur, je pus le découvrir : un homme au regard perçant mais bienveillant, souriant, visiblement sûr de lui tout en étant attentif aux autres… Bref, un homme dont je découvris sans surprise qu’il était avocat, l’un des meilleurs, sinon le meilleur de tout Genève où Dieu sait que cette profession est largement représentée…

    Nommé professeur à l’Uni de Genève, aux côtés de mon éminent collègue et ami Alain de Libera, dès 2003, pour y enseigner la philosophie juive, ses sources gréco-arabes et ses prolongement judéo-allemands (de Moïse Mendelssohn à Martin Buber en passant par Franz Rosenzweig), le nom de Maître Michel Halperin revenait souvent dans les conversations de mes élèves les plus anciens, des expatriés français, d’anciens PDG ou hommes d’affaires à la retraite. Ils avaient dû recourir aux services d’un grand juriste doublé d’un fin politique respecté de tous.

    Lorsque j’eux moi aussi besoin d’une information précise dans un dossier, le nom de Michel Halpérin s’imposa à moi. Je lui téléphonai donc depuis Paris et laissai un message, désespérant d’avoir de ses nouvelles. Quelle ne fut ma surprise lorsqu’il m’appela, en cette même journée, à peine quelques heures après que je m’étais manifesté. Et après avoir répondu à mes questions, il eut l’élégance de me dire qu’il regrettait bien que sa trop grande charge de travail l’empêchait d’assister à mes conférences hebdomadaires…  Dès lors, je décidai de lui faire parvenir à Genève tous les livres que je publiais. Il en était toujours très heureux  et ne manquais jamais d’en accuser réception en me disant sa joie de lire et d’apprendre… On sentait chez lui attachement profond et sincère à cette tradition ancestrale qu’il connaissait bien et à laquelle il adhérait de toutes les fibres de son être, tout en étant très ouvert à d’autres conceptions du monde. Si je voulais résumer sur ce point précis l’attitude de ce grand Monsieur, je dirais qu’à ses yeux, la compatibilité entre l’identité juive et la culture européenne était parfaite. N’oublions pas qu’il fut l’élève du grand rabbin Alexandre Safran (ZaL)

    Après maints échanges par lettre, téléphone et mel, ce fut ma remise des insignes de chevalier de la Légion d’Honneur au professeur Charles Mela qui nous permit de nous voir et  de passer un moment ensemble. C’est aussi à cette occasion que ma femme et moi eûmes la joie rencontrer sa chère épouse, Madame Esther Halperin. Dès lors nous devînmes des amis. Michel me félicitait pour mes livres, pour mes passages à la télévision dans l’émission Genève à chaud de notre ami Pascal Décaillet ou encore pour les émissions tôt le lundi matin à Radio-Cité.

    On le voit, la divine Providence avait, semble-t-il, confié à d’humaines mains le soin de nous rapprocher. J’ajouterai un autre élément qui resserra nos liens, sans que nous ne le sachions nous-mêmes. Je veux parler du rôle joué par la sœur et le frère de Michel, et surtout par  leur oncle, le professeur Jean Halperin que je connaissais depuis longtemps en raison de son éminent rôle dans la préparation des colloques des intellectuels Juifs français à Paris. Le regretté Jean Halperin était venu m’écouter chez le rabbin François Garaï lorsque je fis au GIL une conférence sur la philosophie d’Emmanuel Levinas qu’il connaissait à la perfection. Malgré son grand âge, le professeur Halperin fut le premier à intervenir et à enrichir mon propos. Mais toujours à la façon de cette grande famille, avec distinction et élégance. Et c’était sa nièce, donc la sœur de Michel et de Daniel qui se chargeait de régler les questions d’intendance.

    Je puis donc dire que par maints fils, je connaissais bien Michel. Car notre dernière rencontre à Genève nous fut offerte par son frère le Dr Daniel Halperin qui m’invita à venir parler du livre de l’Ecclésiaste lors d’un dîner-débat dans le cadre d’un association communautaire qu’il préside. Michel n’avait pas pu se libérer pour y assister mais deux jours plus tard alors que ma femme et moi rentrions par avion à Paris, nous  le rencontrâmes à l’aéroport car il faisait le même trajet. Une fois sur place, Michel nous proposa son taxi pour quitter l’aéroport. Arrivé à Passy, Danielle lui proposa de boire un café à la maison. Il accepta volontiers et nous restâmes une bonne heure ensemble. Je profitais de l’opportunité pour lui offrir l’un de mes derniers Que sais-je ?. Il m’en demanda un second exemplaire pour son frère Daniel, que je lui remis avec plaisir. Ce qui prouve de manière éclatante son amour fraternel. Au cours du trajet, il appela sa fille au téléphone et ici aussi on sentait vibrer l’intensité de l’amour d’un père pour sa fille.

    Ce fut notre dernière rencontre. Il avait pourtant l’air remis de sa maladie et ce fut une affreuse surprise pour ma femme et moi d’apprendre sa mort. Un homme de cette qualité ne disparaît pas entièrement en quittant cette terre. Ses œuvres témoignent pour lui. Et pour longtemps.

    Je voudrais citer ici deux références tirées de deux traditions différentes mais non opposées : la première nous est enseignée par tradition juive et veut que les œuvres d’un disparu plaident pour lui, comme le disait le prophète Isaïe dès le VIIIe siècle avant notre ère : Voici sa salaire est avec lui et son œuvre le précède… La seconde provient d’Ernest Renan, le grand philosophe-historien du XIXe siècle aux duquel la définition de la résurrection est la suivante : continuer de vivre dans le cœur de ceux qui vous ont aimé.

    Et pour Michel on peut dire, sans crainte d’être contredit, qu’ils furent et sont toujours très nombreux.

  • L'élection législative partielle dans le Doubs

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    L’élection législative partielle dans le Doubs

     

     

     

    Le résultat de cette élection, quel qu’il soit ne manquera pas d’occuper la plume des journaliste et de revendiquer l’attention des spécialistes durant de longues semaines. Car il préfigure ce qui risque de se produire dans les prochains mois et reflète le rapport de forces entre la majorité et l’opposition. Mais aussi, bien au-delà, au sein même des rapports entretenus entre l’UMP et le FN.

     

     

     

    Car le vrai coup de tonnerre c’est l’élimination du grand parti d’opposition qu’est l’UMP par le FN qui s’est autoproclamé principal parti d’opposition au pouvoir actuel. La majorité n’est menacée que par une chose, l’éventuelle victoire du FN, ce qui, personnellement, m’étonnerait car le report de voix des abstentionnistes du premier tour et même des votants se fera principalement au profit du candidat du PS. Mais si c’était l’inverse qui se produisait alors, dans ce cas, tant le PS que l’UMP auraient quelques soucis à se faire.

     

     

     

    Si le PS gagne, ce qui est selon moi probable, de larges perspectives s’ouvrent alors à lui et pour son candidat en 2017. Sans même parler du fait qu’après douze élections législatives partielles perdues, la victoire change rait enfin de camp pour revenir dans celui du PS. Même le rapport de forces pour l’élection présidentielle changera au profit, évidemment, du président Fr Hollande puisqu’il dira qu’entre le PS et le FN il n’y a plus personne. Ce que disaient les dirigeants de l’UDR du temps de Georges Pompidou : entre nous et le part communiste, il n y a rien ! Donc, votez pour nous.

     

     

     

    Au plan intérieur, le FN représente un danger quasi mortel surtout pour l’UMP. Car si cette tendance devait perdurer, celle qui place le parti lepeniste avant celui de N. Sarkozy, la frange la plus droitiste de l’UMP rejoindrait sans complexe le FN puisque seule la victoire a de nombreux  pères alors que la défaite est toujours orpheline.  Dans ce cas de figure, N. Sarkozy aurait de plus en plus de difficultés à rassembler ses troupes et à les disposer en ordre de bataille. Compromettant ainsi ses chances pour 2017.

     

     

     

    Outre le grave danger incarné par le FN, en raison de ce phénomène de capillarité évoqué plus haut, il y a la sourde opposition intérieure, au sein même de la direction du parti, incarnée par M.M. Juppé et Fillon, deux hommes qui ont un grave compte à régler avec l’actuel président de leur formation politique : le premier qui n’a pas oublié comment il fut évincé de la présidence d’un parti qu’il entendait diriger et qui dut s’exiler au Canada après une infamante condamnation, le second qui a supporté, cinq ans durant, les brimades, voire les humiliations gratuites de l’Elysée… Ses maux de dos récurrents n’avaient pas d’autre origine ! Et je l’avais maintes fois croisé devant le portail de l’immeuble de son médecin traitant…

     

     

     

    Dans le Livre des Proverbes on trouve l’original hébraïque de l’adage qui a donné dans notre langage, la formule suivante : Car tu ne sais pas de quoi demain sera fait (car tu ne sais pas ce que le jour va accoucher= kil o téda’ mah yéléd yom). Qui aurait pu prévoir , même les 6 janvier au soir ce qui allait se produire dans notre capitale le 7, en début d’après-midi ?

     

     

     

    Ce drame a donné naissance à ce qui s’appelle aujourd’hui l’esprit du 11 janvier : quatre jours après ces horreurs vécues en direct à la télévision, notre pays devenait le centre du monde et le point de ralliement de l’humanité civilisée. Un défilé qui s’annonçait fort modeste avec très peu d’hôtes étrangers s’est miraculeusement mué en une marche majestueuse où les Français furent des millions à marcher dans les rues de nos villes et de nos villages. Ce faut un inoubliable hommage à la République mais aussi aux valeurs de liberté et de fraternité. Sans oublier la laïcité.

     

     

     

    Si le pouvoir sait s’y prendre, et nous espérons qu’il le saura, il pourra faire de cet esprit du 11 janvier un espace éthique transcendant les clivages et les luttes partisanes.

     

     

     

    La France est grande et belle, elle l’est encore plus quand elle est unie et rassemblée.

     

     

     

    Maurice-Ruben HAYOUN in La Tribune de Genève du 8 février 2015

     

  • La Russie et l'Ukraine: les lignes rouges de Poutine

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    La Russie et l’Ukraine : les lignes rouges de Poutine

     

     

     

    L’entremise des deux dirigeants allemand et français dans ce terrible conflit russo-ukrainien est un véritable test du poids de l’Europe, en général, et pas simplement de la diplomatie européenne. Vont ils réussir là où les USA n’ont pas réussi ? Vont ils faire plier Poutine ? C’est peu probable, mais c’est très louable et respectable d’avoir essayé. Poutine, on l’a déjà dit précédemment, estime avoir été floué par les Occidentaux qui ont négocié la veille le maintien de Yanoukovitch au pouvoir pour, dès le lendemain, aider les émeutiers à le chasser de son palais et à installer un gouvernement pro européen à Kiev. L’ancien espion Vladimir Poutine ne l’a pas oublié. Dès lors, il a engagé et armé des mercenaires, ukrainiens ou pas, qui tentent de se constituer en zones autonomes, indépendantes du pouvoir central. Les démentis n’y feront rien : Poutine entretient des troupes dans le pays voisin dont il s’est juré le dépeçage s’il tentait de s’allier à l’Europe. Il y voit une menace à long terme pesant sur son pays. La ligne rouge pour le nouveau tsar, c’est l’adhésion de l’Ukraine à l’OTA N. il est prêt à tout pour l’en empêcher et ce que l’on a vu jusqu’ici n’est qu’un petit avant-goût. C’est pourquoi il faut, dans l’immédiat, donner des assurances à Poutine, si l’on veut arrêter les massacres et les destructions dont l’Ukraine pourrait ne pas se remettre. L’arme des sanctions des USA et de l’UE devrait être renforcée, c’est la seule chose qui puisse faire fléchir Poutine car le rouble est en chute libre, les réserves de la Banque de Russie ne sont pas inépuisables et la valse des étiquettes touche la grande majorité de la population. Cet homme est le seul qui ait osé modifier les frontières européennes par la force, au mépris des lois internationales. Voyez le cas de la Crimée qui ne reviendra pas de sitôt dans le giron de Kiev. Enfin, il faut doter l’armée ukrainienne d’armes efficaces et puissantes, capables de repousser les séparatistes armés par Moscou. Il faut renoncer à faire de l’Ukraine un pays membre de l’OTAN. Cela ne passera pas. En tout cas pas aujourd’hui. Ce serait déjà miraculeux si l’on arrêtait cette inutile effusion de sang.