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  • Le livre de Delphine BAteau, Hollande c'est fini (sic)

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    Les attaques de Delphine Bateau contre le président Hollande

    Quand on voit la une du Parisien, on se demande pourquoi l’actuel président de la République n’a vraiment pas de chance avec les femmes, même au plan politique. On se souvient de l’émoi de l’éphémère ministre de l’écologie D. Bateau, en déclarant publiquement que le budget ne lui convenait pas : elle fut limogée sur le champ alors que Montebourg, abonné aux incartades, a pu rester au gouvernement jusqu’à la fin de l’été sans être inquiété. Mais lui aussi a fini par être renvoyé.

    Est ce que D. Bateau a voulu imiter V. Trierweiler ? A t elle jalousé le foudroyant succès de librairie de l’ancienne campagne de Fr Hollande ? Pense t elle parvenir au même résultat ? Peut-être ! Une chose est incontestable, c’est le titre qui en dit long : Hollande, c’est fini !

    J’ai l’impression qu’on aborde une nouvelle ère des relations au sein des gouvernements, notamment entre le chef de l’Etat et ses ministres. Jadis, il y avait plus de tenue, aujourd’hui, on porte les conflits personnels sur la place publique, l’opinion s’en repaît et les journaux en font leurs choux gras. Ce n’est pas de la transparence car chacun sait que gouverner implique se cacher, dissimuler des choses, bref évoluer dans une sorte de pénombre.…

    Il est vrai que la présidence actuelle repose sur une base qui diminue dangereusement ; le dernier déplacement de Fr Hollande le prouve. On vit une période très particulière d’où seul un coup d’éclat peut nous tirer. Nous avons un président silencieux, un premier ministre qui tente d’occuper le terrain en lançant chaque jour une idée nouvelle que son chef, le président, ne partage pas nécessairement. Il est donc inévitable que tous ceux qui pensent avoir quelque chose à dire s’expriment. Et ce n’est pas toujours à bon escient.

  • De l'austérité de Kippour à l'allégresse de Soukkot

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    De l’austérité de Yom kippour à l’allégresse de Soukkot

    Une journée que le Talmud nomme LE JOUR, l’unique, celui qui compte le plus dans toute l’année liturgique, car de lui dépend notre avenir. Le talmud nomme le traité consacré à Kippour YOMA qui veut dire en araméen, le jour, comme s’il n’en existait pas d’autre. En réalité, c’est celui qu’il ne faut pas rater car en lui la spiritualité d’Israël atteint son point culminant. Aucune autre journée ne lui est comparable.

    Mais il y aune dialectique qui mérite d’être soulignée ici : il ne suffit pas que Dieu dans son infinie miséricorde, accorde son pardon des fautes commises à l’endroit de nos congénères ; le préalable au pardon divin est le pardon humain : il faut que mon prochain, mon frère, même ennemi, m’accorde son pardon pour que l’Eternel valide cet acte en accordant la rémission du péché. Yom kippour  se fait ici bas, hic et nunc. Celui des philosophes juifs modernes qui avait le mieux illustré ce relais se nomme Franz Rosenzweig, lui qui a symbolisé cette action par un triangle dont le sommet est occupé par Dieu et la base par l’homme et l’autre homme. Pour accéder à autrui, on passe par Dieu mais celui-ci n’accorde pas son quitus si l’autre, autrui, ne l’a pas fait au préalable.

    Un autre point doit être rappelé. Celui de l’exigence de sincérité : le talmud est clair à ce sujet : celui qui se dit : je commets un péché et à kippour le pardon me sera accordé ; pour lui, cette journée solennelle de jeûne et de contrition n’accomplira pas l’effet escompté car, à l’origine, son intention, sa kawwana, est viciée. Celui là qui a péché en connaissance de cause, n’obtiendra jamais le pardon.

    Enfin, il y a cette purification de l’homme qui s’obtient après cette longue journée de confrontation avec soi-même, ce véritable examen de conscience. Hermann Cohen, mort en 1918 à Berlin, soulignait la chance, voire le privilège du peuple d’Israël qui n’a pas besoin d’un intermédiaire pour obtenir le pardon de ses péchés, il n’a besoin de personne pour être justifié ou rédimé. La purification est directement effectuée par Dieu. C’était assurément une critique souterraine de la théologie chrétienne qui fait de Jésus un passage obligé..

    Pour conclure, disons que yom kippour anticipe le monde à venir, l’avènement messianique, la vie dans l’au-delà. Ces 27 heures  de jeûne ne se vivent pas à l’aune du temps habituel, profane, elles sont uniques en soi.Une sorte d’éternité avant la fin des temps

    Tout comme la ronde des saisons, les fêtes juives de Tichri s’achèvent avec la joie de Soukkot, la fête d’une humanité réunie autour de la crainte et de l’amour de D-. Nous sommes passés de la solennité de Rosh ha-Shana à l’austérité de Yom Kippour, et nous en venons, enfin, à la joie de Soukkot qui symbolise le destin providentiel du peuple d’Israël : si les lois de l’histoire avaient fonctionné à plein, nous dit un passage talmudique, les juifs auraient dû être balayés par les vicissitudes de leur propre histoire. Mais D- en a décidé autrement : il compare le destin de ce peuple à la frêle constitution de cette cabane couverture de verdure d’où tout métal ferreux doit être absent, symbole de l’abandon confiant à Dieu. Qu’il pleuve ou qu’il vente, que le toit de la soukka soit soudain emporté par une rafale de vent, peu importe, la providence divine est censée être là pour assurer la protection de ceux qui s’abritent sous elle.

    Heinrich Grätz, le père de l’historiographie juive moderne, a dit avec raison que l’histoire du peuple d’Israël n’était pas uniquement miraculeuse mais surtout providentielle : La soukka, c’est la Providence divine. Elle semble absente ou simplement lointaine, mais le plus souvent elle agit, même si, au cours de l’histoire juive récente, un homme comme Martin Mordekhaï Buber a pu parler de l’éclipse de Dieu.

    Les sages du talmud ont développé tout un traité éponyme sur cette question de la soukka. Il y a ce fameux bouquet festif  (tige de palmier, cédrat, branche de saule et de myrte) Si l’on veut dire la vérité, il faut bien reconnaître que la signification symbolique de ces quatre espèces demeure inconnue ou s’est probablement perdue. Alors, les talmudistes ont suppléé à ce manque par une interprétation éthico-pyschologique en mettant au centre du débat l’unité intrinsèque du peuple d’Israël.

    En constituant un bouquet festif à partir de ces quatre espèces issues du monde végétal, on lie ensemble les différentes strates supposées du peuple juif ou simplement du genre humain. Le philosophe allemand Kant aurait parlé de la capacité liante du concept, ici on parle de la responsabilité collective où chaque membre du peuple d’Israël prête ce qu’il a à son frère moins bien doté que lui.

    Ainsi le fruit, le cédrat a, à la fois une odeur et une saveur, d’autres sont inodores et insipides, d’autres , enfin, ont soit l’un soit l’autre. Mais ensemble, ils constituent un tout acceptable. Quelle belle leçon de tolérance et qui brise cette arrogance intellectuelle dont nous nous rendons parfois coupables, sans nous en être vraiment conscients.

    Si je voulais en tirer une leçon d’anthropologie sociale, je dirais que nous tenons ici un bel exemple de solidarité humaine : celui qui dispose de tout doit céder un peu de ce qu’il a à ceux qui n’ont rien, ceux qui sont imparfaits doivent pouvoir compter sur ceux qui sont mieux lotis qu’eux. Et réciproquement.

    Un dernier exemple : le talmud évoque l’étonnement des peuples idolâtres qui reprochent à D- d’avoir scandaleusement favorisé le peuple d’Israël en le guidant et ne le préservant de tant de dangers. Le talmud dit qu’en prenant connaissance de cette doléance, Dieu partit d’un grand éclate de rire, rappelant que la soukka a été construite en plein désert qui n’appartient à personne,  et donc reste accessible à tout le monde. Ceux qui veulent s’y abriter sont les bienvenus, mais pour cela il faut la foi en D-. Le talmud souligne que jamais, au grand jamais, quelqu’un qui est en quête de D, n’est revenu bredouille. Pour la bonne raison qu’il siège au plus profond du cœur de chacun : reviens vers ton cœur et l’Eternel ton D reviendra vers toi…

    La Révélation eut lieu, elle aussi, dans le désert. A la portée de tous. Aucune obligation n’a été stipulée pour y prendre part. On a l’impression que les talmudistes ont voulu répondre aux critiques qui jugeaient inacceptable cet accaparement de D-.

    Cette image de la cabane (soukka) hante l’inconscient du peuple d’Israël ; elle connaît de nombreuses occurrences dans la littérature prophétique, notamment chez Isaïe dans son premier chapitre qui compare la solitude de la fille de Sion à une cabane dans une vignoble, abandonnée par tous et oubliée de tous. Le prophète Amos, en con neuvième chapitre, parle de la cabane de David qui est chancelante (soukkat David ha-nofélét). Qui menace de s’effondrer sans jamais s’effondrer… On retrouve aussi cette image de la cabane ou du pavillon de paix dans la liturgie nocturne où D- étend au-dessus de nous sa main protectrice (ha-porésh sukkat chalom alénou).

    On peut dire que cette fête de soukkot, appelée fêtes tabernacles, est la plus riche en symboles. Pour redonner la parole à Rosenzweig : en s’y abritant, le peuple d’Israël sacralise le temps, il anticipe l’éternité. Celle des temps messianiques.

    Maurice-Ruben Hayoun

     

     

  • Titre de la noteEn France, il est très risqué de toucher aux allocations familiales

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    En France, il est très risqué de toucher aux allocations familiales

    C’est l’un des paradoxes de ce pays : les réformes se doivent de commencer chez l’autre, le voisin, et jamais chez soi même. Tout en voulant que cela change. Quel changement ? Tout changement, à condition que cela touche l’autre et jamais soi-même. En somme, une France rétive au changement. Celui qui avait le mieux compris cette nature profonde de ce pays et qui n’a presque jamais osé prendre la moindre initiative dans ce sens n’est autre que Jacques Chirac qui se contentait d’enterrer toute velléité de réforme dès qu’un manifestant, porteur d’affiche, pointait le bout de son nez..

    Dans son essence, l’idée du gouvernement qui se rend compte que le modèle social français n’a plus de très beaux jours devant lui, n’est pas mauvaise. Il n’est pas insensé de dire qu’un foyer fiscal aisé n’a guère besoin d’aide aux allocations familiales tandis que des milieux économiquement faibles où réduits au chômage devraient bénéficier plus largement de ces transferts de l’Etat.. Pourtant, c’est à une véritable levée de boucliers que l’on assiste, à droite comme à gauche. La même chose vaut de la proposition de revoir les indemnités d’assurance-chômage. Il en a été question hier ici même : les réactions vont toutes dans le même sens : la condition du chômeur n’est guère enviable.

    Pour ce qui est des allocations familiales, la chose est nettement plus complexe car cela touche la famille, toutes les familles dans leur diversité. Et le Conseil constitutionnel retoquera sûrement toute réforme qui paraîtra pécher contre ce principe sacro-saint de l’universalité. En effet, si l’on disait que telle famille gagne suffisamment d’argent et ne devrait pas recevoir d’aide, on pourrait rétorquer que cette même famille aisée contribue, par l’impôt direct et indirect, tout aussi largement au budget global de la communauté nationale. Ce serait alors un traitement discriminatoire de certaines catégories de Français ou d’étrangers selon des motifs financiers ou simplement économiques. Or, dans ce pays, c’est un principe intangible : tous les hommes naissent libres et égaux en droit…

    Conclusion, le gouvernement va devoir battre en retraite plus vite que prévu. L’étrange déclaration du président de la République à Milan milite dans ce sens. Certes il parlait du chômage, mais on propos semblait viser des déclaration quelque peu inopportunes de son Premier Ministre. Assistons nous à une différence, à une divergence de vues entre les deux têtes de l’exécutif ou s’git il de quelque chose de plus grave ? Par exemple, des jalons pour 2017 ?

    L’avenir nous le dira.

  • Titre de la noteLes chômeurs sont ils trop indemnisés et trop longtemps ?

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    Les chômeurs sont ils trop indemnisés et trop longtemps ?

    C’est la question que les gazetiers se posent avec insistance depuis que le Premier Ministre français a fait une déclaration approximativement dans ce sens à Londres, lors d’un déjeuner en présence de journalistes britanniques. Plusieurs questions se posent : d’abord, la chose ne sera pas d’actualité avant 2016 et relève en fait des négociations antre les partenaires sociaux, comme on dit dans ce pays. Ensuite, il semble que cette déclaration, si elle s’avérait, pourrait bien n’être qu’un ballon d’essai, envoyé pour tester les uns et les autres, voir si l’on peut aborder la question, une question si sensible, ou simplement passer à autre chose. Certains observateurs s’attardent sur d’éventuelles arrière-pensées politiques de l’auteur de la petite phrase, un peu comme s’il posait les jalons d’une candidature pour 2017, au motif que le ciel électoral de l’actuel chef de l’Etat s’assombrit de plus en plus. On relève que Martine Aubry rencontre l’ancien premier ministre et, fait plus grave, la parution du livre de Delphine Bateau au titre évocateur : Hollande, c’est fini ! Telle était la une du Parisien de ce matin… Certes, ce journal n’est pas la lecture obligée des élites françaises mais il est lu par l’électorat populaire dont il constitue parfois l’unique relation à la lecture. C’est dire…

    Sans revenir sur le sort qui semble s’acharner sur l’actuel chef de l’Etat, on doit scruter le  drame du chômage de plus près. Perdre son emploi est un drame, l’écrasante majorité des chômeurs souffre le martyre, sont déclassés, méprisés par les membres de leurs familles, bref le ciel leur tombe sur la tête. J’ajoute que c’est un drame au niveau du couple : maintes familles se disloquent parce que le père a perdu son emploi. Certes, ce n’est pas le sida ni un cancer généralisé, mais cela y ressemble.

    Alors pourquoi cette phrase de Manuel Valls ? Probablement, parce qu’une opération vérité vient d’être enclenchée et que l’exécutif vient enfin de s’apercevoir que les finances publiques ne pouvaient plus correspondre aux exigences de ce que l’on nomme un peu pompeusement le modèle social français… On ne peut plus vivre avec un déficit abyssal de l’assurance chômage et de l’assurance maladie. Sans stigmatiser les chômeurs qui, je le répète, sont d’abord des victimes, le système doit changer. Dans les pays voisins, l’indemnisation couvre au maximum six mois, ce qui est hautement angoissant et a, pour seul avantage, d’accélérer la reprise d’un emploi. Mais aujourd’hui, c’est très dur, en France on est indemnisé quatre fois plus longtemps, 24 mois !

    Certains abus ont été commis avec la complicité de tous les gouvernements précédents, indépendamment de leur tendance politique : par exemple, on plaçait en arrêt-maladie tant de salariés qui étaient en fait en pré-retraite. Fatalement, à la longue, les comptes ont fini par exploser. Aucun pays n’a pu continuer à agir de la sorte.

    Alors que faire ? Certes, on peut assainir les comptes, introduire plus de rigueur et de contrôle, mais sans jamais stigmatiser les chômeurs. Tous les professionnels vous le diront : ceux qui ont perdu leur emploi se privent de voiture, d’assurance, d’internet, de vacances, de loisirs, bref se serrent considérablement la  ceinture. Fallait, de surcroit, leur causer des soucis ?

    Je viens d’écouter un diplomate turc parler de ce que font les USA en Syrie ; il a usé d’une métaphore bien suggestive que je répète ici : ne vous contentez pas de tuer les moustiques, asséchez plutôt le marécage. En clair : attaquez vous à la base, prenez le taureau par les cornes, éradiquez le mal à la racine.

    C’est plus facile à dire qu’à faire. Il faut, qu’au sommet de l’Etat, on prenne conscience que la situation est grave et qu’on doit faire preuve d’inventivité. Est ce que le pays pourra vivre encore deux ans dans cette situation ?

    Les chômeurs, notamment de longue durée, n’ont pas demandé à perdre leur emploi. Ils ne souhaitent qu’une chose : en retrouver un.

  • L'Etat islmaique aux portes de la Turquie

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    L’Etat islamique aux portes de la Turquie

    L’hypothèse d’une offensive terrestre se précise, les frappes aériennes butent contre leurs limites : c’est le message de Laurent Fabius à l’Assemblée ce jour et c’est aussi le vœu du président turc Erdogan. On ne comprend pas bien les raisons pour lesquelles les frappes sur cette ville kurde à la frontière syro-turque (Kobané ou ayn el arab) n’interviennent que très tardivement. Ces pauvres kurdes se battent seuls ou presque contre quelques milliers de fantassins un peu dépenaillés mais solidement encadrés par les officiers issus de la fameuse Garde républicaine de Saddam Hussein. Le plus grave, c’est que la nouvelle armée irakienne, constituée presque totalement de Chiites, a fui sans demander son reste, livrant d’imposantes quantités d’armement ultra modernes US à leurs ennemis qui ont su les utiliser, d’où leur avancée foudroyante, et d’où aussi, leur tactique d’enfouissement de leurs artillerie lourde afin d’échapper aux frappes. Au lieu de prendre la poudre d’escampette  au premier coup de feu, les soldats auraient dû, comme toute bonne armée, minait les arsenaux qu’lle abandonnait à l’ennemi…

    Comment en est on arrivé là ? Je viens d’écouter sur BFM TV un général français dire qu’au fond nul ne connaît les plans véritables des USA. Les américains choisissent leurs cibles sans se concerter avec personne, ils ne mettent pas leurs alliés de la coalition arabe et européenne au courant de leurs objectifs réels. Mais leurs arrière-pensées politiques sont transparentes : ils ne voulaient trop aider les Kurdes car les Turcs, membres de l’OTAN et surveillant les kurdes comme le lait sur le feu, ces derniers pourraient avoir des idées d’autonomie et de remembrement de leurs anciens territoires éparpillés entre l’Irak, l’Iran, la Syrie et la Turquie.

    Le président turc s’anime enfin et réclame une offensive terrestre parce que l’Etat Islamique est à ses portes. Mais ne nous affolons pas : si les puissances de la coalition l’avaient vraiment voulu, ils auraient liquidé en deux ou trois jours les vingt mille hommes que totalisent l’EI sur le terrain. L’armée turque n’est pas très performante mais elle est très nombreuse : plus de 700 000 hommes, parmi lesquels quelques divisions d’élite, susceptibles de ramener à la raison les djihadistes ; mais voilà, il y a encore peu de temps, la Turquie, comme le Qatar (mais un peu moins) menait un double jeu à l’égard des insurgés islamistes. Mais pourquoi donc empêchent ils les Kurdes d’aller prêter main forte à leurs frères de l’autre côté de la frontière ? Et pourquoi leurs d’assaut font ils du sur place au lieu de se porter au devant des terroristes et de leur infliger la défaite qu’ils méritent ?

    Les Etats, disait Karl Marx, sont des monstres froids, ils n’obéissent qu’à leur intérêt. Et pendant tout ce temps, les Kurdes, comme les chrétiens d’Orient, se font massacrer…

    Alors allons nous vers une offensive terrestre ? C’est une évidence ! Nul n’a jamais cru que l’armée irakienne, même vertébrée par les bérets verts US pourraient se mesurer valablement aux anciens de la Garde Républicaine de Saddam. La même chose pour ces gentils peshmergas qui suscitent notre compassion à défaut de mériter notre admiration pour leur ardeur au combat. Le déséquilibre est trop grand : pensez aux centaines de véhicules blindés et aux chars d’assaut récupérés par les djihadistes, et que peuvent faire des hommes, courageux mais peu armés, avec leurs armes légères ?

    Une fois de plus, M. Obama adopte une posture idéologique ou doctrinaire au lieu de passer à l’action. Tôt ou tard, il devra, comme ses alliés occidentaux, engager des troupes su sol. C’est une grave erreur de ne pas l’avoir fait il y a des semaines de cela. S’il avait agi plus tôt, on aurait évité les massacres des chrétiens et des yazidis, les ventes de femmes sur les marchés de Mossoul, etc…

    Des deux côtés de l’atlantique,  Diogène a besoin d’une solide lampe torce pour découvrir d’authentiques hommes d’Etat…

    MRH

  • Titre de la noteHamon, Duflot, Montebourg, Hollande et les autres…

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    Hamon, Duflot, Montebourg, Hollande et les autres…

    Ce n’est pas encore une guerre ouverte mais cela y ressemble. Cinq anciens ministres (si on ajoute Fillipetti et Cahusac) se mettent à critiquer celui qu’ils ont servi pendant les deux premières années du quinquennat. Et l’inévitable se produit ; alors que François Hollande, du temps où il ambitionnait de se représenter en 2017, comptait ne pas avoir de rival ni de concurrent sur sa gauche, voit désormais se dresser sur sa route Duflot et Montebourg, assez pour lui faire perdre ces 3%, susceptibles de l’écarter du premier tour. Certains disent clairement que pour les contestataires soit du gouvernement soit de l’assemblée nationale, on est déjà rentré dans l’après-Hollande. C’est un peu l’impression qui se dégage des déclarations d’Arnaud Montebourg, hier après-midi. Il est vrai qu’un homme si agité ne pouvait pas rester coi durant plus de cinq semaines. Il est vraiment allé au bout de sa patience. Et il a fini par dire tout le mal qu’il pensait de la politique suivie jusqu’ici par le gouvernement.

    Mais cela ne règle rien car les partis de droite sont eux aussi en cours de reconstruction. Certes, nul ne pourra barrer la route à Nicolas Sarkozy dans sa reconquête de l’UMP. Chacun le sait et lui-même le sait. C’est la seconde partie de la fusée qui se révèle plus ardue. Est ce que la présidence d’un parti est du niveau d’un ancien président de la République ? Et, par ailleurs, est ce que l’accumulation des affaires judiciaires ne va pas être un sérieux caillou dans sa chaussure ? La droite court donc le risque de renouer avec son péché mignon, la guerre des chefs. Certains au PS semblent s’en amuser et s’en réjouir. Mais cela n’arrange pas les affaires de la France qui semble être en panne et attendre dans le désordre et la fatalité qu’une impulsion forte soit donnée et qu’on entre dans une ère nouvelle.

    Toutes les élections qui se sont succédé ont donné  l’avantage à la droite, voire à l’extrême droite qui vient de faire son entrée au Sénat. Le PS devrait se remettre en question plus sérieusement ; tous ses alliés l’ont quitté ou sont affaiblis, la côte de popularité du président issu de ses rangs, stagne à moins de 15%, du jamais vu sous la cinquième république. Et surtout des voisins de la zone Euro qui commencent à regarder ce pays avec des yeux ronds…

    Et n’oublions pas le vote du budget qui sera le vrai marqueur, un marqueur qui décidera de l’avenir du gouvernement de Manuel Valls. Jeudi dernier, se tenait la fête de l’unité allemande à l’hôtel de Beauharnais. Le Premier Ministre français était là et a répondu au discours du ministre allemand des affaires étrangères, Frank Walter Steinmayer. Ce dernier a diplomatiquement dit à Manuel Valls qu’on comptait bien sur la France et sur sa volonté de réformes structurelles. Il a insisté là dessus. Car si la France tarde trop, elle va tout simplement décrocher pour un long moment..

    Sans le dire clairement, le ministre allemand avait à l’esprit la somme pharaonique de l’endettement de la France, plus de deux mille milliards ! Aucun pays au monde ne peut avancer avec un tel boulet au pied. Si cela continue, le service de la dette oblitèrera bon nombre de recettes fiscales. Alors que faire, oui, que faire pour sortir de cette spirale infernale ? On le redit sans trop y croire qu’un gouvernement d’union nationale serait le bienvenu… Peine perdue. A moins que le vote du budget ne réserve une surprise qui remettrait la balle au centre

  • Titre de la noteIl est presque impossible de parler sereinement de la manif pour tous et des questions qui en découlent..

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    Il est presque impossible de parler sereinement de la manif pour tous et des questions qui en découlent..

     

     

     

    Pourtant, je vais tenter de le faire tout en protestant par avance de ma bonne foi et en me protégeant de certaines mésinterprétations fondées sur le contestable principe : qui n’est pas avec moi est contre moi.. Ce raisonnement n’est nullement philosophique.

     

     

     

    Je commencerai par prendre acte des changements des sociétés contemporaines. L’homosexualité que je respecte a, par son affirmation presque totale et sans retenue, entièrement fait bouger les fondements mêmes de nos sociétés. Un certain modus vivendi s’est installé, chacun campant sur ses positions, mais avec une sorte d’accord secret entre les parties : on ne va pas plus loin, le mariage pour tous est ans la loi ( même ses adversaires promettent d’y revenir en cas d’alternance), en revanche, pas d’adoption et surtout pas de gestation pour autrui… C’est à peu près ainsi que je résumerais la situation, dans l’espoir de ne pas m’être trompé..

     

     

     

    Aujourd’hui, la question qui se pose ou se repose est celle des mères porteuses. Et je voudrais dire que Hagar, la mère d’Ismaël dans la Bible, peut être considéré comme la première mère porteuse de l’Histoire. Et les fameuses tablettes de Nuzi, près de la ville de Kirkouk actuelle, le confirment : quand une princesse se mariait et qu’elle ne voulait pas d’enfant ou refusait tout simplement la moindre étreinte amoureuse, la règle disposait qu’elle devait fournir à son époux une de ses dames de compagnie ou servante, apte à accomplir la vie conjugale et donner au mari des héritiers..

     

     

     

    Pourrait-on se réclamer de ces mœurs pour avaliser une éventuelle GPA qui considérerait les tablettes de Nuzi comme de lointaines avant-gardes ? Je ne le crois pas car les problèmes posés dépassent –et de loin, ce qui se passait alors dans la lointaine Mésopotamie : je rappelle qu’Abraham, sil a vraiment existé, se situerait vers 1850 avant l’ère chrétienne, c’est-à-dire il y a presque quatre mille ans…

     

     

     

    Qu’on le veuille opu pas, qu’on le sache ou pas, et qu’on l’accepte ou pas, notre civilisation judéo-chrétienne fait fond sur la Bible, Ancien et Nouveaux Testament compris. Or, dès les premiers versets de la Genèse, se dresse devant nous une image miniature du monde et des relations entre les êtres humains. On y parle de la vie en couple, c’est-à-dire du mariage entre un homme et une femme. On y lit expressément : c’est pourquoi on quittera père et mère pour adhérer (davak) à son épouse, et ils (les deux) constitueront une même chair (we-hayou le-bassar éhad).  C’est d’une clarté et d’une simplicité bibliques indiscutables.

     

     

     

    Mais on peut ne pas être d’accord sur le principe. On peut aussi rejeter le verset du Lévitique qui condamne fermement l’homosexualité. Et il n’est pas question dans cet éditorial de condamner qui que ce soit : je ne fais que rappeler des principes bibliques pour ceux qui y croient.

     

     

     

    Et les scripteurs bibliques ne s’imaginaient sûrement pas que c’est le modèle même de la FAMILLE que l’on voulait faire évoluer en admettant, par exemple, la GPA. Je voudrais le répéter : on comprend bien le désir d’enfants par tous, tous les types de couples, encore faut-il prendre en compte le désir et le droit de l’enfant. C’est à mes yeux, le seul obstacle.

     

     

     

    Ma mère nous a quittés quand j’avais 54 ans et aujourd’hui encore je pleure son absence ; chaque fois que j’évoque sa mémoire, même en public, j’éclate en sanglots. Je n’imagine donc pas que l’on puisse compter sans cela.. Que dire à un enfant qui demande où est sa mère ?

     

     

     

    En fin de compte, je répète une nouvelle fois, presque sans illusion, mon respect pour tous, tout en marquant mes préférences.

    J’espère donc du fond du cœur ne froisser personne et que nul ne fulminera d’anathème. Il convient de ne pas remplacer par les arguments par des invectives. On dépassionnerait le débat. Et ce serait déjà quelque chose.

     

     

     

    MRH in TDG du 5 octobre 2014

     

  • Yom Kippour, le jour du pardon, des propitiations

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    Yom kippour, le jour du pardon,  le jour des propitiations

    Dans quelques heures, les juifs du monde entier, même les plus éloignés du culte synagogal, vivront durant 24 heures une journée particulière, celle du jeûne, de la prière et de la rémission des péchés. Une journée que le Talmud nomme LE JOUR, l’unique, celui qui compte le plus dans toute l’année, car de lui dépend notre avenir. Le talmud nomme le traité consacré à Kippour YOMA qui veut dire en araméen, le jour, comme s’il n’en existait pas d’autre. En réalité, c’est celui qu’il ne faut pas rater car en lui la spiritualité d’Israël atteint son point culminant. Aucune autre journée ne lui est comparable.

    Mais il y aune dialectique qui mérite d’être soulignée ici : il ne suffit pas que Dieu dans son infinie miséricorde, accorde son pardon des fautes commises à l’endroit de nos congénères ; le préalable au pardon divin est le pardon humain : il faut que mon prochain, mon frère, même ennemi, m’accorde son pardon pour que l’Eternel valide cet acte en accordant la rémission du péché. Yom kippour  se fait ici bas, hic et nunc. Celui des philosophes juifs qui avait le mieux illustré ce relais se nomme Franz Rosenzweig lui qui a symbolisé cette action par un triangle dont le sommet est occupé par Dieu et la base par l’homme et l’autre homme. Pour accéder à autrui, on passe par Dieu mais celui-ci n’accorde pas son quitus si l’autre, autrui, ne l’a pas fait au préalable.

    Un autre point doit être rappelé. Celui de l’exigence de sincérité : le talmud est net à ce sujet : celui qui se dit : je commets un péché et à kippour le pardon me sera accordé ; pour lui, cette journée solennelle de jeûne et de contrition n’accomplira pas l’effet escompté car, à l’origine, son intention, sa kawwana, est viciée. Celui là qui a péché en connaissance de cause, n’obtiendra jamais le pardon.

    Enfin, il y a cette purification de l’homme qui s’obtient après cette longue journée de confrontation avec soi-même, ce véritable examen de conscience. Hermann Cohen, mort en 1918 à Berlin, soulignait la chance, voire le privilège du peuple d’Israël qui n’a pas besoin d’un intermédiaire pour obtenir le pardon de ses péchés, il n’a besoin de personne pour être justifié ou rédimé. La purification est directement effectuée par Dieu. C’était assurément une critique souterraine de la théologie chrétienne qui fait du passage par Jésus un passage obligé..

    Pour conclure, disons que yom kippour anticipe le monde à venir, l’avènement messianique, la vie dans l’au-delà. Ces 24 ou 27 heures qui viennent ne se vivent pas à l’aune du temps habituel, profane, elles sont uniques en soi.

    Une sorte d’éternité avant la fin des temps

  • Georges Steiner sur Israël, les juifs et le judaïsme

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    Les étranges déclarations de Georges Seiner dans son livre d’entretiens, Un long samedi

    En lisant des extraits du livre d’entretiens de Georges Steiner et de Laure Adler, extraits portant sur les juifs, le judaïsme et l’Etat d’Israël, publiés par Flammarion sous le titre Un long samedi, j’ai éprouvé un certain malaise. Je me suis aussitôt souvenu d’un colloque à l’Abbaye de Cluny où j’avais pu discuter longuement avec ce très brillant universitaire, même si la minceur de ses connaissances philosophiques, en notamment en matière de sciences du judaïsme (Bible, littérature talmudique ou midrachique, histoire juive, philosophie juive, médiévale et moderne, sans même parler de mystique) m’avait un peu étonné. Et les extraits qu’on peut lire dans le dernier numéro du Figaro-Magazine n’ont pas dissipé ce malaise, bien au contraire ils l’ont renforcé. Certes, il y a les circonstances présentes, le grand âge, une certaine forme d’oubli dans un univers qui ne s’arrête pas, avance sans cesse, alors que votre ardeur, comme disait Bossuet, s’éteint. Mais certains jugements que je ne souhaite pas extraire de leur contexte pour ne pas les mésinterpréter sont vraiment sujets à controverse.

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  • Martin Heidegger et l'antisémitisme

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    Martin Heidegger, l’homme et l’œuvre ; une solution talmudique

    Depuis quelques jours, les journaux ne parlent que de lui, ce grand philosophe allemand dont l’œuvre est incontestablement importante, voire incontournable aux yeux de certains, et qui continue de défrayer la chronique au motif qu’on édite ses cahiers noirs où il consignait, pour lui-même, ses pensées les plus intimes, même les plus compromettantes, sans les destiner à la publication. Du moins, pas de son vivant.

    Dans ces cahiers noirs ( car leur couverture était de cette couleur) on trouve des déclarations largement antisémites mais pas seulement : il y a aussi des appréciations peu flatteuses sur les Français. Par exemple : ne disait-il pas que lorsqu’un Français commence à philosopher, il se met aussitôt à parler allemand ? C’est une manière assez inélégante de dire que l’Allemagne, contrairement à la Franc, est la patrie des philosophes et des poètes et que nous devons nous mettre à l’école des penseurs et des chantres d’outre-Rhin quand nous nous risquons dans ces deux domaines, celui de la philosophie et de la poésie. Il est vrai que la France n’a jamais eu un Kant ni un Hölderlin..

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