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  • Nicolas Sarkozy et son discours de Nice

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    Le retour de Nicolas Sarkozy. Le discours de Nice

    Il existe, c’est indéniable, une défiance croissante à l’égard des hommes politiques et de la politique en général. Ceci s’est considérablement renforcé par la visible incapacité du gouvernement français actuel à redresser la situation. Je viens même d’entendre un commentateurs politique avisé dire que François Hollande gère (je cite) le crépuscule de son propre mandat, sachant qu’il ne peut rien faire de décisif… Immédiatement après cela, on a rendu compte du dernier meeting de Nicolas Sarkozy à Nice où l’ancien président a renforcé singulièrement la droitisation de son discours. On sait que dans la France méridionale, le problème de l’immigration maghrébine se pose avec une acuité particulière et NS n’a pas eu de mal à enflammer son public en insistant sur le fait que les Français veulent se sentir chez eux. Donc, on tient un discours qui convient à la sensibilité du moment. Et plus tard, quand il s’agira de rassembler et de ratisser large, on n’hésitera pas à modérer son propre discours pour rallier des électeurs centristes… Peut on faire de la politique avec des sondages d’opinion ? Non point. Et il existe aussi un autre élément qui ruine la crédibilité des hommes politiques, ce sont les luttes intestines, les guerres des chefs, les leaders qui se déchirent mutuellement les entrailles. A droite, c’est connu, il suffit d’ouvrir les yeux pour voir. A gauche, cela devient franchement alarmant : après Martine Aubry qui prend la parole, ce sont des ministres démissionnaires qui ne votent pas le budget. Dans les semaines qui suivent, NS sera élu à la tête de l’UMP et chaque jour que Dieu fait sera l’occasion de critiquer Fr. Hollande. Ce sera un véritable enfer d’autant que les experts prévoient une année 2015 d’une extrême difficulté : aggravation de la crise, du chômage, augmentation des impôts etc… Que se passera t il lorsque Fr Hollande sera pris entre deux feux ? Surtout si la lutte qui s’engage avec Martine Aubry vise le long terme. En effet, si l’on comprend bien ce qui se passe, bien au-delà du sort de M. Hollande, c’est l’avenir du PS qui est en jeu. M. Aubry a compris que le seul vrai danger était Manuel Valls. Elle mise donc sur son renvoi vers le début de 2015. Si elle laisse la ligne Valls Macron libéraliser le PS, elle se retrouvera isolée, rejetée vers les marges. C’est ce qui a motivé sa sortie dans le JDD. Elle ne peut pas supporter François Hollande, ce qui explique qu’elle ne brigue point le poste de Premier Ministre… Et il est évident que sa critique dominicale a cristallisé les députés dits frondeurs… On le voit, malgré les efforts de NS, la droite ne se porte guère mieux que la gauche.

  • Hommage vibrant à la mémoire de Christophe de Margerie

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    Hommage vibrant à la mémoire de Christophe de Margerie

    La disparition si tragique d’un tel homme a plongé la France entière dans la sidération. Cet homme de qualité, ce grand capitaine d’industrie dont la moustache se voulait tout un symbole à la fois de truculence, d’accessibilité et de simplicité a disparu prématurément à la suite d’une série d’incidents tragique et absolument inimaginables. Chef de l’une des plus entreprises au monde, dirigeant plus de 100 000 salariés, interlocuteur des grands de ce monde, intermédiaire même du gouvernement français auprès de régimes parfois infréquentables, Christophe de Margerie était aussi le neveu par alliance du regretté Pierre-Christian Taittinger. Lors des obsèques de celui-ci, c’était Monsieur de Margerie qui avait pris la parole au nom de la famille à l’église avenue Raymond Poincaré.

    C’est la première fois que se dégage en France une telle unanimité dans l’hommage à un homme qui avait parfois sa façon de parler et d’agir. Notamment dans ce pays où pour une grande partie des hommes et des femmes, le patron est l’ennemi absolu. Ils ne voient pas que grâce à des hommes de cette trempe, lesquels ne sont des enfants de chœur, faute de quoi ils n’auraient jamais accédé à de tels poste, la France a pu conserver un groupe énergétique si performant. Un certain esprit syndical qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez se retient encore un peu, mais on a déjà entendu les déclarations immondes d’un député socialiste qui a laissé passer une rare occasion de se taire. Qui a jamais entendu parler de cet homme avant sa déclaration si déplacée ? Personne et l’actuel Premier Ministre a demandé énergiquement que des sanctions soient prises contre ce triste sire. Même les salariés modestes du group Total ont témoigné de l’excellence de leur président si tragiquement disparu.

    Dans la Manche, là où le défunt président de Total possédait une résidence secondaire et là où il reposera désormais, l’unanimité est de règle : tous se souviennent d’un homme ouvert, accessible et simple, en dépit de son statut de grand patron. Certains se souviennent l’avoir vu déambuler en short et en chemisette dans son jardin avec enfants et petits enfants.

    En fait, il faudrait qu’existent des hommes politiques comme lui, des hommes compétents et déterminés.

    Puisse t il reposer en paix. Nous avons une pensée émue et sincère pour sa famille.

  • Titre de la notHollande, Valls, MAcron, le trio à la manœuvre contre Martine Aubrye

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    Hollande, Valls, MAcron, le trio à la manœuvre contre Martine Aubry

     

     

     

    C’est le véritable événement marquant de ce week end qui vient de s’écouler, grâce à ce JDD qui s’arrange toujours pour que les fins de semaines dans ce pays aient souvent une forte connotation politique. Pour une fois, Fr. Hollande a senti le danger et en a mesure l’aspect inquiétant. Il ne faut pas oublier que c’est M. Aubry qui l’avait défié lors des primaires au PS. Donc, de très mauvais souvenirs des deux côtés. C’est aussi M. Aubry qui avait dirigé le PS. C’est encore elle qui, aujourd’hui, dénonce en termes virulents la politique menée depuis plus de deux ans. C’esr un signe, un encouragement pour ceux des députés socialistes, dits les frondeurs, qui contestent la politique gouvernementale. Les frondeuers sont ravis que leur spiritus rector se manifeste enfin, vu qu’elle est la plus capée (si j’ose dire) de tous les leaders socialistes. Elle est là pour rappeler la doxa socialistes, si malmenée par Fr Hollande depuis son arrivée au pouvoir. Elle est aussi là pour respect du dogme. Certains disent même que depuis son accession au pouvoir le PS serait devenu une coque vide, aucune force de proposition, une simple courroie de transmission. Même J-Ch. Cambadélis le pense, il juge qu’il arrive deux ans trop tard, allusion désagréable, mais amplement justifiée, au ratage inénarrable de son prédécesseur . Il est vrai que le bilan de celui-ci est assez indéfendable, d’où son exfiltration vers le gouvernement avec un petit poste aux affaires européennes. Que va t il se passer ? Probablement une guerre ouverte entre une partie du PS qui se découvre un nouveau chef en la personne de M. Aubry, et le pouvoir actuel. Les suites risquent d’être désastreuses, d’où la montée au créneau du nouveau trio , président, premier ministre et ministre de l’économie… Cele signifie qu’en plus d’A. Montebourg et Hamon, il y a un nouveau noyau de résistance contre la politique économique de Fr. Hollande. Cela signifie que si le président actuel commet l’erreur de se représenter en 2017 il aura face à lui deux opposants de taille et un PS qui devient de plus en plus réticent à son égard. Tout ceci pour dire que l’événement de ce weel end est loin d’être anodin.

     

     

     

    Mais quand donc la France, si grand et si belle, comprendra t elle qu’elle l’est tout autant, voire plus, dès lors qu’elle est unie ?

     

  • Titre de la noteJean-Luc Mélenchon, Martine Aubry, Gérard Larcher et les autres..

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    Jean-Luc Mélenchon, Martine Aubry, Gérard Larcher et les autres..

     

     

     

    Hier soir, retour à la maison juste à temps pour écouter la belle prestation de Mélenchon chez Laurent Ruquier. Comprenez moi bien, je ne vote pas pour cet homme politique mais j’avoue qu’il a réussi à nous toucher par sa sincérité (apparente ? feinte ?) e par la ferveur de son attachement à l’idée de peuple. Même si un cinéaste d’origine gitane et fort sympathique lui a demandé très intelligemment de redéfinir cette notion de peuple qui, selon l’interpellateur, n’existerait plus de nos jours..

     

     

     

    Quelle répartie, ce Mélenchon, quel humour mais aussi quelle comédie ! Les journalistes, notamment la gentille petite Salamé a tenté de dresser une digue sur le chemin de ce flot de paroles impétueuses, tout ce qu’elle réussit à faire fut d’être emportée elle aussi avec tout le reste. L’homme ne laisse pas indifférent, surtout lorsqu’il parle de ses blessures personnelles, de ses déconvenues électorales face à Marine Le Pen. Ses interlocuteurs lui firent cruellement remarquer que ceux dont il parle et qu’il entend défendre, l’ont quitté par apporter leurs suffrages à la présidente du FN. Ce dont il a dû convenir sans joie..

     

     

     

    Les Français adorent ces joutes politiques où ils peuvent houspiller leurs élites politiques sans trop de danger puisqu’il n’en sort jamais rien.

     

     

     

    Ce matin ce sont deux autres voix qui se font entendre : d’abord celle de Martine Aubry dans le JDD et sur I-Télé, celle de Gérard Larcher, le nouveau président du Sénat.

     

     

     

    Madame Aubry décoche finalement des traits violents à l’encontre de la politique du gouvernement. Plus aucun doute n’est possible, elle a pris la tête des frondeurs et je crains fort que ce soit le signal du rejet du budget : elle a compris que si les frondeurs se contentaient de faire des démonstrations de force sans agir, ils perdraient tout crédibilité aux yeux de l’opinion..

     

     

     

    Gérard Larcher à eu des mots peu amènes pour la maire de Lille, allant jusqu’à parler de naphtaline en ce qui concerne les préconisations de la dame des trente-cinq heures.  Mais le plus important est ailleurs : quand on lui a demandé s’il pensait que François Hollande irait jusqu’au bout de son mandat, il a fait une réponse à la fois claire et ambiguë, ce qui prouve que la question obsède les politiques et au premier chef le troisième personnage de l’Etat, celui là même qui, en cas de vacance du pouvoir, doit suppléer à l’absence du chef de l’Etat…

     

  • Titre de la noteLe phénomène MACRON n’empêche pas des sondages accablants pour le gouvernement français

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    Le phénomène MACRON n’empêche pas des sondages accablants pour le gouvernement français

     

     

     

    Ce matin, I-Télé présente un sondage du JJD signalant que 81% des Français (sympathisants de gauche compris) pensent que le gouvernement actuel ne sait pas où il va. En effet, la cafouillage se strouve à tous les étages. Certes, il y a à l’évidence une répartitions des rôles : Macron fait une soi disant boulette, Valls l’avant précédé dans la même voie et Hollande recadre l’ensemble, pour ménager sa base socialiste.. C’est bien, mais c’est un jeu dangereux car il faudra  ensuite une guide des égarés, pour parler le philosophe juif du XIIe siècle, Maimonide.

     

     

     

    En revanche, ce qui est intéressant, c’est ce qu’on apprend sur la sociologie politique de ce pays qui vieillit, s’arc-boute sur ses privilèges et ne réalise toujours pas qu’il n’est plus une grande puissance. Qui a oublié la phrase perfide de Henry Kissinger disant que la France était une grande puisse … de taille moyenne !!

     

     

     

    On l’a vu quand les paras ont sauté sur Kolwesi, il y de nombreuses décennies, on le voit pour l’Irak et la Syrie où il faut battre Daesh et on le voit même aujourd’hui pour éradiquer le virus ébola : tant que les Américains n’avaient pas donné le signale du départ, tout était à l‘arrêt.  On ne peut rien faire sans les USA. Même l’Allemagne a eu du mal à rassembler des avions transall pour expédier des armes aux Kurdes d’Erbil…… La France a mobilisé cinq ou six avions rafale contre l’Etat Islamique. Washington, en une nuit, mène à bien près de 20 frappes ajustées au mètre près.

     

     

     

    Il y a surtout le style de gouvernement. Comment voulez vous qu’on y comprenne quelque chose. Il faut plus de lisibilité mais ce qui est plus grave, c’est la découragement qui gagne. ON a vu de grands restaurants de province fermer plus de la moitié de la semaine, et, ensuite, mettre définitivement la clef sous la porte. Motif invoqué : trop de difficultés, trops de taxes, trop de rigidité dans le code du travail, etc… Alors, Emmanuel Macron peut faire ce qu’il veut mais pour peu qu’un député socialiste menace de jouer au frondeur et du plus haut sommet de l’Etat, on revient sur la réforme proposée.

     

     

     

    Il faut fair attention : un mai 68 pourrait intervenir en plein hiver, d’autant 2015 ne connaîtra pas d’embellie économique.

     

     

     

    Il faut changer de cap, il faut changer, il faut bouger.

     

  • Le principe des allocations familiiales en France

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    Le principe des allocations familiales en France

    Ce matin un éditorialiste d’I-Télé a parlé de la dictature des déficits. Pourquoi ? Pour expliquer que le gouvernement actuel était aux abois. Il doit se soumettre aux demandes de sa majorité et des exigences de Bruxelles. Or, les deux sont souvent contradictoires et également coercitifs. Donc,  il n’existe pas de plan clair que le gouvernement puisse suivre en toute autonomie. La même chose vaut pour le budget. Toutes les apparentes cacophonies des membres du gouvernement suivent en réalité un objectif : prouver indirectement à Bruxelles mais aussi à Berlin qu’on fera tout pour aller vers des  réformes structurelles, la chose dont Paris a justement le plis besoin.

    Le gouvernement ne fait pas une bonne affaire, non pas qu’il soit mal inspiré dans sa recherche d’économies mais il va donner l’impression qu’il n’aime pas la famille et qu’il tourne délibérément le dos à une politique familiale orientée vers la natalité depuis le général de Gaulle en 1945. Quand on pense aux récentes manifestations de la manif pour tous, on juge l’affaire un peu risquée.

    Quelle est la mesure qui pourrait sauver la France et la tirer de la morosité ? A part un renoncement de François Hollande (nous ne sommes pas pour un coup de force institutionnel) ; il ne reste qu’un gouvernement d’union nationale. Mais pour cela il faudrait une dissolution qui conduise au palais Bourbon une nouvelle majorité dont le Premier ministre pourrait très bien être Alain Juppé qui est Hollande-compatible… Ce serait alors un changement profond de politique.

    On peut faire des économies mais pas sur les ménages ni surtout sur les dépenses des enfants, la France de demain. En outre, en séparant ainsi entre les familles aux revenus différents, on scinde la société. Tout ce qui divise n’est pas bon, à un moment où ka France doit se rassembler.

    Est ce que le pays peut continuer sur sa lancée. Il est permis d’en douter. Un exemple : en 2015, donc dans quelques semaines, la France devra emprunter sur les marchés pas moins de deux cents milliards ( !!!!) : A quel taux d’intérêt ? Les trouvera t elle ?

    Il faut passer aux choses sérieuses. Il est encore temps. Il faut penser aux intérêts supérieurs de la nation.

  • Où réside l'intérêt bien compris de la Turquie?

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    Où est l’intérêt bien compris de la Turquie ?

    Les observateurs, même bien intentionnés à l’égard de ce grand pays se demandent avec insistance pendant combien de temps encore la Turquie pourra t elle mener une telle politique dont on ne discerne pas très bien les contours véritables ? On l’aura compris, la passivité étrange de l’armée par rapport à ce qui se passe dans la ville frontière de Kobané inquiète grandement les puissances occidentales.

    Les Turcs surveillent ce qui se passe à leurs portes comme on surveille le lait sur le feu. Ils ont de graves problèmes avec les séparatistes kurdes du PKK et selon une logique bien rôdée les ennemis de nos ennemis sont nos amis : en clair, les combattants islamiques s’en prennent aux Kurdes qui sont contre nous les Turcs, eh bien, nous fermons les yeux sur leurs agissements puisque le PKK attaque nos troupes dans les montagnes, montent des attentats dans des villes turques, alors pourquoi voulez vous que nous les défendions ? Tel est, à peu de choses près, le raisonnement des Turcs. On peut les comprendre, mais c’est un raisonnement à courte vue et qui manque  de profondeur.

    Bien que la place de cette grande nation ottomane ne soit pas en Europe, ce que chacun sait sans jamais oser le dire clairement, ce pays est le seul allié musulman de l’Occident au sein de l’OTAN et à ce titre nous devons l’aider et coopérer avec lui. Cette nation comprend un fort pourcentage de Kurdes qui se sentent aussi turcs mais qui réclament légitimement des droits spécifiques car ils se veulent une minorité respectée. Il faudrait donc revoir les rapports entre les différentes composantes de cette grande nation, repenser même la vie nationale, donner une certaine autonomie à des régions peuplées majoritairement de kurdes, bref détendre les relations et ne plus réprimer aveuglément certaines velléités autonomistes.

    A cela les autorités turques répondent avec raison que renforcer les kurdes reviendrait à se préparer des lendemains douloureux : si on aide les Kurdes militairement à Kobané, où s’arrêteront-ils ? Est ce que cela ne va pas leur monter à la tête ? Ne vont ils pas tenter d’aller plus loin, en exigeant purement simplement une indépendance et un Etat à part ? C’est un risque, c’est incontestable.

    Ce sont ces craintes qui expliquent partiellement l’attitude du gouvernement d’Ankara et la passivité de l’armée qui assiste, l’arme au pied, aux assauts islamistes contre Kobané, à quelques milliers de mètres de la frontière.

    Il n’est pas vraiment permis à des mortels de faire de vastes projets sur l’avenir. Qui sait à quoi ressemblera cette région mouvementée dans vingt ou trente ans ? Les révolutions technologiques qui se préparent ruineront tous nos systèmes de défense actuels… Les autonomies des minorités iront de soi : c’est pourquoi la Turquie actuelle devrait se moderniser aussi sur un plan institutionnel. Beaucoup d’eau coulera sous les ponts du Bosphore avant que les Kurdes ne puissent s’organiser en un Etat libre et indépendant. Il est vrai que ce peuple est le grand oublié du traité de Versailles, mais il peut encore, par des moyens pacifiques, se faire entendre.

    Il y a une présence kurde dans plusieurs pays limitrophes de la Turquie : la Syrie, l’Irak et même l’Iran. On voit mal ces différents pays desserrer l’étau en même temps. Seul le Kurdistan irakien jouit aujourd’hui d’une autonomie digne de ce nom…

    En fin de compte, le régime turc devrait modifier son approche des choses. Il devrait comprendre que son intérêt bien compris n’est pas d’aider (directement ou indirectement) les forces de l’Etat Islamique, mais de prendre langue avec les organisation kurdes démocratiques et modérées. Pour rebâtir une nouvelle grande Turquie, en paix avec tous ses voisins et avec elle-même.

    Maurice-Ruben HAYOUN

  • La France et ses deux Prix Nobel

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    La France et ses prix Nobel

    L’attribution à deux Français des prix Nobel de littérature et d’économie est incontestablement un succès pour le pays, mais quid de son gouvernement ? Déjà, les déclarations ironiques font  rire la cantonade ; on entend dire un peu partout que la France est malade de son économie alors qu’elle abrite les économistes parmi les meilleurs au monde. D’autres vont encore plus loin en écrivant que les deux têtes de l’exécutif tentent, sans trop de succès, de récupérer ce prix pour tenter de se refaire une santé politique…

    Ceci nous conduit à l’exaspération du Premier Ministre qui souhaite la disparation de ce qu’il nomme avec raison un dénigrement constant du pays tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Ce n’est pas faux, mais encore faut il exposer toutes les dimensions du problème. Certes, la France a des atouts, des richesses, des virtualités mais aussi tant de problèmes, de retards pris sur les réformes. De plus, même les  citoyens les plus ordinaires reconnaissent sans peine que le pays est à l’arrêt, vraiment en panne et que la marge de manœuvre de ses dirigeants est proche d’une valeur voisine de zéro… Il est donc normal que l’on dissocie dans cette affaire le succès de deux hommes de la situation générale du pays.

    La grande inconnue reste le vote du budget. La commission européenne ne va sûrement pas avaliser ce budget sans rien dire. D’autant que la France va redemander  un nouveau délai pour se mettre en règle avec les 3% de déficit requis. Le problème est que cet objectif ne sera pas atteint avant plusieurs années et s’il l’est vraiment, ce sera au prix de très lourds sacrifices. En fait, le corps électoral n’a pas eu en 2012 le bon réflexe : une majorité de votants a souhaité le départ de N.S. et le nouvel élu a perdu littéralement deux ans. Même son ancienne compagne Ségolène Royal l’a déclaré récemment dans les colonnes du journal Le Monde.

    La meilleure solution serait de tout changer en procédant à la dissolution de l’Assemblée Nationale. Cela ouvrirait des perspectives nouvelles. Au fur et à mesure que les jours passent, la population a l’impression que l’après-Hollande a déjà commencé. En donnant au pays une impulsion nouvelle, l’actuel président de la République se donnera une nouvelle chance. Alors qu’aujourd’hui, les gens n’attendent qu’une chose : c’est que cela change.

    Ce n’est pas une perspective réjouissante. Il faut redonner espoir à ce pays… Et deux prix Nobel, cela ne suffit pas.

     

  • La France à la veille de revirements déchirantsTitre de la note

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    La France à la veille de revirements déchirants

     

     

     

    Tous les signaux clignotent dans la même direction : la France entend revenir sur toutes les largesses que son système social pompeusement baptisé modèle social accordait sans discernement à ses nationaux comme aux étrangers résidant sur son territoire. Il est question de graduer de manière dégressive les versements effectués aux chômeurs, il est aussi question de réduire les allocations familiales et de réformer plus largement le code du travail, voire même de revenir sur l’acquisition automatique de la nationalité française.

     

     

     

    Hier soir, dans un restaurant où j’ai mes habitudes, j’ai entendu une femme normande, qui est tout sauf une extrémiste, dire qu’il n’était pas normal d’accueillir tant d’étrangers impécunieux et de leur verser tant de minima sociaux, normalement réservés, en bonne logique, aux gens qui travaillent et qui sont des nationaux. Son interlocutrice lui répliqua en citant un cas, lu dans un journal local, d’un Africain entré en France avec ses trois épouses et devenu père de près de vingt fils et filles, devenus français par la loi du sol… Dans ce même contexte, une fois revenu à la maison, on écoute Hervé Mariton dire dans l’émission de  Laurent Ruquier que la France bute sontre ses limites, qu’elle est à bout (le mot est de lui), qu’il revoir la loi sur le regroupement familial et le mode d’acquisition de la nationalité française.

     

     

     

    Souvenons nous : il y encore quelques années de telles affirmations, marquées du sceau de l’infamie, étaient réservées au discours d’un certain parti que tout le monde dénonçait pour ses outrances et ses mesures xénophobes, etc… Aujourd’hui, vous les retrouvez dans la bouche de Monsieur tout le monde. Le pouvoir, de droite comme de gauche, aura bien du mal à ramener le calme dans les esprits car la crise économique a servi de révélateur. Sans jouer à l’oiseau de mauvais augure, on peut dire que la croissance et le plein emploi ne reviendront jamais plus, du moins plus comme avant. Les meilleurs économistes en perdent leur latin, mais le pouvoir politique qui le sait bien, refuse de le dire clairement. On assiste d’ailleurs son inquiétant effritement. Chaque jour que Dieu fait nous permet d’assister à une reculade du gouvernement : plus d’écotaxe car les routiers menacent de paralyser le pays. Les bonnets rouges de Bretagne ont fait tâche d’huile, demain ce sera les agriculteurs avec leurs engins agricoles et leurs tracteurs, après-demain la SNCF ou la RATP.

     

     

     

    Le pays devient ingouvernable. Il y a quelques semaines, lors d’une réception dans la résidence d’un ambassadeur européen, un journaliste assis derrière moi et qui écoutait deux ministres parler m’a glissé à l’oreille le mot suivant : en Allemagne on n’appelle plus la France Frankreich mais Krankreich, le pays malade

     

     

     

    C’est terrible, pour le pays qui a abrité les pourparlers de paix à la fin de la grande guerre et où l’on avait appelé la Turquie l’homme malade de l’Europe.

     

     

     

    Il faut réagir avant qu’il ne soit trop tard. Si l’élection présidentiel avait lieu demain, l’actuel président ne passerait pas et vous savez bien qui serait élue…

     

  • Eric Zemmour et son livre Le suicide français

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    Eric Zemmour et son dernier livre, Le suicide français

     

     

     

    Je n’ai pas lu et ne pense pas le lire vraiment, car de toutes parts on en parle, sur les radios, dans les journaux et sur les télévisions. Je sais à peu près ce qu’il contient. Pendant cinq ans j’ai suivi presque chaque semaine ce cher Zemmour sur On n’est pas couché de Laurent Ruquier et connais bien ses idées qui n’ont pas changé depuis. Je ne les partage pas toutes, mais simplement quelques unes.. Alors, je n’ai pas lu le livre car j’ai d’autres choses à faire, je n’ai pas l’intention de le lire car j’ai mieux à faire et pourtant je m’arroge le droit d’en parler ainsi que de son auteur ! Ce n’est pas logique…

     

    Si, ça l’est. Car l’auteur est un personnage du monde politico-médiatique qui s’est forgé un renom et s’est taillé une place que bien des confrères lui envient, ce qui apparaît nettement dans leurs critiques si peu amènes, frôlant parfois des territoires aux contours un peu inquiétants. En fait, l’époque qui couronne périodiquement de tels personnages couronne les journalistes et les call girls ou simplement des vedettes du foot ball. Au moins, même s’il a échoué à maintes reprises au concours d’entrée à l’ENA et a raté une carrière de haut fonctionnaire dont il rêvait, Zemmour a au moins fait quelques études à la Fondation des sciences politiques, ce que ni Zidane ni Zlatane n’ont fait..

     

    Partant, je préfère Zemmour même si je ne vois en lui qu’un simple journaliste, un peu au-dessus de la moyenne, mais un simple journaliste qui tente de passer pour un philosophe ou un historien. On est loin des Raymond Cartier, des Raymond Aron etc…

     

     

     

    Alors comment s’explique ce succès que je ne lui envie guère et pour lequel j’aurai même tendance à le féliciter ? Ma réponse est : c’est l’époque qui favorise l’émergence de tels ouvrages et de tels personnages. Aujourd’hui, on veut tout faire simplement et vite, ce qui est impossible pour des esprits sérieux. On ne va pas au fond des choses, on sautille sur les problèmes. Mais voilà où sont les esprits sérieux, circonspects, attentifs aux détails, ayant scrupuleusement lu tous ceux qui ont écrit sur leur sujet avant eux ? Ils ont disparu ou s’ils existent encore ils sont devenus invisibles et inaudibles car les télévisions et les radios les ignorent. Et pourquoi ? Parce que l’audience de tels savants n’existe plus.

     

     

     

    Alors analysons les raisons du succès ou du tintamarre autour d’Eric Zemmour ? Dois je répéter que je l’en félicite puisque chaque époque a ses gourous et qu’au fond lui n’a fait qu’appliquer une certaine idée du métier qu’il pratique. Et le public aima cela car il confond souvent les nouvelles du monde avec l’information spectacle. Aujourd’hui, la moindre mise en examen, la moindre catastrophe ici ou ailleurs, le moindre enlèvement, le moindre braquage de bijouterie, etc fait la une des journaux qui ne donnent plus d’informations mais font la chasse aux scoops !

     

     

     

    Eric Zemmour l’a très bien compris. Avec l’esprit méthodique qui le caractérise, il a rapidement décelé les failles du système et a réponse à tout devant ses contradicteurs, lesquels, il faut le reconnaître, sont nettement malicieux et jaloux du succès d’un confrère qui les dépasse. Non pas par le talent mais par l’ingéniosité et le goût de la provocation. Il me semble même qu’ici, l’élément biographique peut servir de principe explicatif général : il y a la famille, la transplantation, l’adaptation à une société un peu nouvelle, et il y a aussi, ne le nions pas, un certain courage qui se confond avec ce goût du défi et de la provocation : en nageant à contre)courant, on se fait forcément remarquer.

     

     

     

    Même si la comparaison est imparfaite, cela me rappelle un vieux souvenir : en 1977, jeune doctorant que j’étais, je lisais à mes heures perdues Le testament de Dieu de BHL. Evidemment, je ne pouvais pas être d’accord avec un auteur qui parlait élégamment de choses qu’il ignorait parfaitement. Mais une campagne de presse inouïe a fait le reste . Je me souviens très bien des critiques fondées de vieux doctes, tombées en désuétude, car ces savants n’avaient pas vu qu’on changeait d’époque et que ce n’était plus un déshonneur  de lancer un tel ouvrage comme une marque de savonnette (Pierre Vidal-Naquet)… Qui, dans ce peuple de France qu’on dit en déclin, se souvient de ce militant anti-colonialiste, ce grand historien et helléniste de l’EHESS ? En revanche, nul n’ignore qui est BHL… Mais voilà, après une période de purgatoire, PVN resurgira parce qu’il a une œuvre et ne s’est pas contenté de diffuser des tracts…

     

     

     

    Un dernier exemple, plus noble cette fois, puisque tiré du Guide des égarés de Moïse Maïmonide (1138-124) qui déplorait l’avachissement intellectuel et l’ignorance crasse de son temps : Si, dit-il, tu tentais d’arracher à sa torpeur un homme (il s’agit évidemment de la léthargie engendrée par l’ignorance et l’inculture) et que tu lui posais la question suivante : veux tu  connaître les mystères de la création ? Veux tu connaître la vérité sur l’essence divine ? Aimerais tu aussi connaître le fin mot de la destination de l’homme, etc ? Cet homme, répond Maimonide, dirait : 0h, oui, je veux, je veux absolument. Et Maimonide de conclure ainsi : mais si vous lui dîtes ceci : auparavant, il faut que tu apprennes la grammaire, la logique, les mathématiques, les science propédeutiques, la physique, la métaphysique et enfin de compte l’éthique. Si tu persévères dans ces études qui te prendront des années et des années tu connaîtras tout. Le feras tu ?

     

     

     

    Vous devinez quelle fut la réponse… Si vous avez trouvé la bonne réponse vous comprendrez le phénomène Zemmour pour lequel, dois je le répéter, je ne nourris aucune animosité.