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  • Les désorientés d'Amin Maalouf

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     Les désorientés d’Amin Maalouf

                                       C’est lui (Nidal, islamiste dont le frère fut tué sur une barricade au Liban) qui   est au diapason de son temps, et c’est moi qui suis d’une autre époque  (p 372 de l’édition en livre de poche)

                               Voyage dans le temps, à dire vrai,  bien plus que dans l’espace. En apparence, je suis venu renouer avec le pays de ma jeunesse, mais je ne regarde même pas le pays, j’y cherche seulement les traces de ma jeunesse je demeure insensible aux choses et aux personnes que je n’ai pas connues dans ma vie antérieure.. (p 378)

                           Quelle est donc la vraie raison de mon retour vers ce pays bien-aimé dont je redoute d’écrire le nom, comme Tania redoute de prononcer le nom de l’homme dont elle est maintenant la veuve ?  (p 412)

    Je le dis d’emblée : j’ai beaucoup aimé ce livre alors que je lis très peu de romans. Et je ne  regrette pas d’avoir consacré tant d’heures à une lecture que je qualifierais de talmudique, c’est-à-dire détaillée, et un crayon à la main. Certes, ce n’est pas ainsi que se lit un roman, mais ce livre est bien plus qu’un roman. C’est l’épanchement du cœur de son auteur, orphelin de son pays, même si, imitant quelque peu, mais avec talent, le grand Stefan Zweig, il superpose ou juxtapose deux personnages, le narrateur et Adam, dont les développements sont imprimés en italiques… Comme dans les nouvelles de Zweig, il y a une histoire dans l’histoire.

    Comme on peut le voir à partir de l’un des passages cité en exergue, le mot Liban n’est pratiquement jamais cité, c’est le mot Levant qui connaît de multiples occurrences et qui lui ressemble comme un frère jumeau : cinq lettres dans chacun des deux, même si Levant en a une  de plus, le T final, mais qui est une lettre quiescente, elle s’écrit mais ne se prononce pas. Quand j’ai considéré le nom du principal personnage, Adam, je me suis demandé, sans faire appel à la numérologie kabbalistique, s’il ne s’agissait pas, en fait, d’un travestissement des initiales de l’auteur, au début et à la fin de ce prénom, situé aux origines bibliques de l’humanité A(min) M(aalouf)…Un peu, comme si l’auteur voulait remonter aux temps anciens, lorsque son monde existait encore et que la vie y suivait un cours normal, devenu celui d’hier (l’expression figure dans le livre) bien avant que tout ne fût emporté par une implacable guerre civile. La réponse est peut-être fournie par l’auteur lui-même quand vers la fin, il se livre à des considérations désabusées sur son prénom : de l’humanité naissante à l’humanité finissante, en voie d’extinction (p 484)… Le ton est en quelque sorte donné, du début à la fin.

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  • Israël et les médias du monde

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    Israël et les médias du monde

    Tout juste sorti (provisoirement ?) du champ de bataille et pansant ses blessures, l’Etat d’Israël ne connaît pas de répit, il se voit confronté à une opération d’une tout autre nature, aux dimensions internationales, portée dans tous les foyers du monde, dotés d’une radio ou d’une télévision, l’opinion publique internationale.

    Ce sujet n’est pas nouveau et on peut même dire qu’il se renouvelle depuis l’éclatante victoire de Tsahal de 1967. Là, le jeune Etat avait déconcerté tout le monde, oui, le monde entier. Il avait défait et de manière incontestable les armées de tout le monde arabe ; il avait mis en fuite des centaines de milliers de soldats, occupé de larges portions de territoire et se retrouvait même à 101km du Caire… Ce fut l’apothéose. Mais cela n’allait pas durer.

    Dès l’instant où Israël ruinait les stéréotypes du monde chrétien où le juif était persécuté, livré pieds et poings liés à l’arbitraire de ses cruels persécuteurs et tourmenteurs, toutes ces représentations, héritées du Moyen Age et aussi du milieu du XXe siècle, disparurent pour donner naissance à des conceptions aux antipodes des précédentes. Dans l’imagerie chrétienne du combat symbolique de David contre Goliath, les rôles s’inversèrent : David devenait le méchant et ce sont les Palestiniens qui revêtaient les atours  des persécutés. Et fait incroyable, les Israéliens symbolisaient la violence aveugle et jouaient le rôle fâcheux de l’agresseur. Et pour quelle raison ? Parce qu’ils étaient les vainqueurs !  Il ne pouvait pas en être autrement. Le monde se met du côté des juifs lorsqu’ils sont dans la détresse. Vainqueurs de leurs ennemis, ils ne méritent que sarcasmes et condamnations. Et nous ne sombrons pas dans je ne sais quelle victimologie. Mais malheureusement, un tel discours, si convainquant et si clair soit-il ne passe pas. Il suffit de voir les tribunes acceptées par les grands quotidiens européens : ils ne publient que les textes qui se contentent du service minimum quant au soutien apporté à Israël

    Ce raisonnement occidental, biaisé dès ses fondements, colporté et renforcé par les médias internationaux n’en est pas un, c’est une projection d’images qui heurtent notre sensibilité.

    Un exemple : imaginons une image complaisamment diffusée ad nauseam par les télévisions du monde entier, montrant une femme en train de poignarder à mort un homme… Limité à cette seule scène, l’acte de cette femme est abject et suscite l’indignation générale. Mais si l’on remontait un peu dans le temps et que l’on montrait les images précédentes où l’homme en question est un violeur et la femme se défendant contre une agression, le problème n’est plus le même : la femme qui tue son agresseur n’est plus considérée de la même façon. Voilà, pour parler comme la Bible, le machal et son nimchal, voilà l’allégorie et son interprétation allégorique.

    La saine raison ne peut rien contre l’émotivité, la guerre des images règne sans partage. Et d’ailleurs, qui resterait de marbre devant des gens endeuillés, criant leur douleurs à la face du monde ?

    Nous avons donc affaire à un image du juif qui a radicalement changé. Les Israéliens ne cherchent plus, comme les juifs du monde entier avant sa renaissance, à susciter la pitié ou la commisération du monde entier. Ses soldats sont vaillants et se battent avec leurs armes chaque fois que leur paix ou leur survie est menacée. Et cela a du mal à passer, à être acceptée par les médias du monde entier.

    Très symptomatiques de cet état d’esprit sont les discours tenus hier par Barack Obama et par le secrétaire général de l’ONU : au lieu d’instruire le procès des crimes de guerre commis par le Hamas dont on a tant parlé, ils dirigent leurs accusations contre l’Etat d’Israël. Et comme on l’expliquait plus haut, ils jugent insupportables les images de destruction de Gaza. Ce que je peux comprendre, bien que ce ne soit qu’une partie de la photographie. Mais rien n’est dit sur cette pluie de missiles ayant même provoqué la fermeture de l’aéroport Ben Gourion. Ni sur ces milliers d’habitants du sud d’Israël, confinés, des semaines durant , dans des abris.

    C’est triste. J’espère vraiment que les pourparlers du Caire déboucheront sur une paix durable et le retour de Gaza dans le giron de l’Autorité palestinienne. Après tout, le statut juridique de cette bande côtière n’est pas clair. Et rien ne permet au Hamas d’y régner, mis à part la violence armée. Au lieu d’accuser Israël, l’ONU devriat se pencher sur ce problème juridique international.

     Je conclurai par deux citations bibliques, l’une tirée de la littérature prophétique et l’autre des Psaumes.

    Ha-émét néédérét, la justice (la vérité, l’équité) est absente.  Et tsara hi le-ya’akov u-mimménah ywwash’a : c’est un temps très difficile pour Jacob mais il en sera délivré.

  • Israël-Gaz: question sur le déroulement d'un conflit armé et ses conséquences

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    Israël-Gaza : questions au lendemain d’un conflit armé

    En dépit du caractère ardu des négociations qui s’annoncent, il est très improbable que les hostilités reprennent en raison de l’affaiblissement certain des capacités militaires du mouvement islamiste. Le fait même que le Hamas ait dû se soumettre à la médiation égyptienne, alors qu’il connaît les sentiments réels que lui témoigne le pays du Nil, parle de lui-même. Déjà, le Hamas n’évoque plus de port ni d’aéroport, ni même l’ouverture des points de passage, pour la bonne raison, que l’Egypte elle-même et plus seulement l’Etat d’Israël, tient à sa sécurité et ne veut pas permettre au mouvement islamiste de menacer sa propre quiétude en important des armes ou en permettant des attaques contre ses propres soldats dans le Sinaï.

    Le première leçons que l’on tire de ce conflit porte sur la nature même du mouvement qui gouverne à Gaza. Les habitants de cette bande côtière se sont rendus compte que le Hamas et ses dirigeants sont plus des islamistes que des Palestiniens, ils instrumentalisent la cause palestinienne pour servir leur cause majeure, celle de l’islamisme radical, à savoir le mouvement mondial des Frères musulmans. La chose n’apparaît pas encore très clairement en Occident mais elle est évidente dans le monde arabe modéré, les sunnites notamment, où l’axe se dessine d’une alliance entre ces Etats modérés et Israël : c’est l’une des retombées les plus inattendues de ce conflit..

    Cette prise de conscience des habitants de Gaza qui comprennent enfin que le combat du Hamas n’est pas le leur et que celui-ci les traite comme de la chair à canon, va modifier la donne.

    L’armée israélienne a exhibé à la télévision des manuels de la guérilla urbaine où l’on explique clairement aux terroristes qu’il faut se servir de la population comme d’un bouclier humain, heurter la conscience de la communauté internationale en montrant des enfants morts ou blessés et en soulignant que l’éthique de Tsahal lui interdit de dégager une grande puissance de feu en raison des dommages collatéraux.

    Un autre point généralement oublié par les médias : la demande insistante du Premier Ministre Benjamin Netanyahou en faveur de la reconstruction de Gaza, l’offre à cette population civile de certaines garanties de paix et de sécurité, la possibilité d’y développer des industries et de donner du travail  et un avenir meilleur à tous. Cette reconstruction en général et ce développement économique en particulier doivent éclairer un horizon totalement bouché par la guerre qui ressurgit tous les deux ans. En clair, Israël demande fermement la démilitarisation de cette bande côtière, au besoin, il  est même prêt à l’imposer, et le désarmement de la branche armée du Hamas. Après tout, ce groupe terroriste peut suivre la même évolution que le Fatah ou l’OLP : ils ont commencé par être des terroristes avant de devenir au fil des décennies, un simple mouvement politique dont l’appareil sécuritaire collabore vraiment avec les services israéliens.

    En tout état de cause, il faut redonner un espoir et des perspectives d’avenir à ces quelques 2 millions d’hommes et de femmes vivant dans cette région.

    Enfin, il y a toute une série de questions ou de remises en question en Israël même.

    a)    contrairement aux affirmations des autorités civiles et militaires, Tsahal ignorait tout de ces tunnels qui débouchaient au sein même des localités juives dans le pourtour de Gaza. Pourtant, l’affaire Schalit aurait dû donner l’alarme, sonner l’alerte, il n’en fut rien. Je rappelle que la première grosse perte de Tsahal (8 hommes dans un véhicule ancien et non blindé) est survenue à ce moment et aurait pu être évitée. Et les cinq réservistes, stationnés à 1400 mètres de Gaza qui furent exécutés par des assaillants surgis d’un tunnel. Comment l’Etat major de la zone sud n’a t il pas inspecté toutes les positions pour vérifier leur état de préparation et mettre les soldats en état d’alerte maximum ? On constate avec tristesse le résultats de cette impéritie. Comment a t on pu agir avec tant de laisser-aller ? Il faudrait tout de même que cet Etat major rende des comptes ou au moins s’explique. Ce ne sont  pas des accusations mais des questions.

    b)    La position politique d’Israël n’est pas claire et ne l’a jamais été dès le début du conflit. Cette imprécision a éclaté au grand jour lors de l’opposition entre le Premier Ministre et son ministre des affaires étrangères.  L’échelon politique a mis du temps à se décider et à aucun moment il n’a pris de décision tranchée. Les tunnels ne sont devenus la première préoccupation de Tsahal qu’après ces incidents sanglants évoqués plus haut. C’est seulement à cet instant que leur destruction est devenue un impératif absolu. Enfin, le gouvernement ne savait pas s’il devait anéantir le Hamas ou simplement l’affaiblir, de peur que des extrémistes encore plus fanatisés que lui ne lui succèdent… Cette indécision, cette irrésolution, ont pesé lourd. Certes, en tacticien consommé, Benjamin Netanyahou a su adopter une position à géométrie variable. A-t-il convaincu ? Ce n’est pas sûr. Les lendemains de guerre sont toujours les plus périlleux quant à la survie tous les gouvernants.

    Je connais des gens qui me sont très proches et qui résident à 6km à vol d’oiseau de Gaza. Ces gens qui n’envisagent pas de rentrer chez eux et ne sont guère convaincus par des assurances données par des hauts gradés qui, il y a encore trois semaines, ignoraient tout ou presque de la réalité des tunnels…

    Enfin, à aucun moment, Israël n’a cherché à chasser le Hamas de Gaza. C’est son affaire, mais que veut il au juste ? Là est la question.

    Mais pour l’instant, il faudra bien négocier pour réduire l’influence du Hamas sur place et remettre en selle Mahmoud Abbas. Et dans ce cas, on doit s’attendre à ce que se pose la question d’un Etat palestinien… Avec tout ce que cela implique.

  • Le retour en force de l'Egypte sur la scène du Proche-Orient

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    Le retour en force de l’Egypte sur la scène du Proche Orient

    Ceci est en soi une bonne nouvelle car cela conforte les partisans de la paix et laisse espérer plus qu’une trêve, un véritable cessez le feu. Mais une hirondelle ne fait pas le printemps et il y a fort à parier que le Hamas qui a déclenché toute cette opération ne voudra pas apparaître battu et tentera, d’une manière ou d’une autre, de relancer les combats.

    Mais les fais sont têtus : il y a d’abord la médiation égyptienne qui a fini par s’imposer, reléguant au second plan l’autre tendance, celle des Qataris et des Turcs, qui affichait de trop grandes sympathies pour le Hamas, lequel n’est plus à son aise car il sait bien que ceux qui accueillent les pourparlers ne sont vraiment pas ses amis. Et pourtant, s’il veut sauver ce qui peut encore l’être, il doit se plier aux méthodes de l’Egypte et à son aréopage.

    L’Egypte du président al-Sissi conforte sa position régionale, rien ne peut se faire sans elle. Mais il y a plus, le Moyen Orient étant la zone la plus dangereuse du monde, tout y change très vite. C’est ainsi que la vallée du Nil (expression empruntée à Heinrich Heine : Das Niltal) est passée d’un régime pro-islamiste, ami du Hamas, à un nouveau régime terriblement hostile à ce mouvement. Le maréchal-président a même fait savoir que les Frères musulmans dont le Hamas fait partie, ont ourdi au moins deux complots afin de le tuer. Ce qui explique qu’il ait pris son temps (presque un mois !) avant de réagir et de tenter de mettre fin au conflit.

    Un nouvel axe se met en place dans la région, un axe qui aurait, il y a tout juste quelques mois, suscité la plus grande perplexité chez les observateurs patentés de cette région : les régimes arabo-musulmans modérés (Arabie Saoudite, les Emirats arabes, les pays du Golfe, Qatar excepté) ont pris conscience de ce qui se passe à leurs portes en Libye, en Syrie et en Irak, sans oublier le Liban. Les extrémistes, tant chiites que sunnites, font peser de lourdes menaces sur tous ces pays qui commencent à voir en Israël, par la force des choses, un ami et un allié objectif. Avoir les mêmes ennemis crée des liens assez forts L’Egypte, grand puissance arabe de la région, a choisi son camp et aucun changement n’est prévisible avant longtemps, tant les positions sont tranchées. L’armée, pilier du régime et colonne vertébrale du pays, ne changera pas de position, sauf cataclysme majeur que rien ne laisse prévoir.

    L’Egypte et l’Arabie Saoudite, deux alliées de choix, sont du côté d’Israël, ainsi que la petite Jordanie qui subsiste grâce au puissant appui américain. Or, à ses portes, la Syrie se déchire et, plus loin, l’Irak tombe progressivement sous la coupe d’al-Nosra qui vient d’avancer et d’infliger une lourde défaite aux Peshmergas. Le maréchal al-Sissi sait bien que les Arabes ne pourront pas arrêter ce déferlement extrémiste s’ils continuent à disperser leurs forces et à voir en Israël un ennemi majeur.

    Ce n’est plus le cas. L’Histoire réserve parfois des surprises. Et celle que nous vivons présentement, en est une et de taille. Je ne dois pas oublier dans ce camp des modérés l’autorité palestinienne, en dépit du grand âge de son chef actuel. Il fait partie de cet axe modéré, à la recherche d’un arrangement avec son puissant voisin israélien.

    Il est probable que le Hamas n’acceptera pas de se laisser désarmer et de démilitariser la zone de Gaza. Et alors la guerre reprendra.

    C’est bien dommage car ces peuples ont  le droit de goûter enfin à la paix et de régler leurs différends autrement que par la force armée. Mais voilà, on est au Proche Orient, un territoire où nul n’a jamais entendu parlé de René Descartes.

  • Comment le philosophe allemand Franz Rosenzweig a expliqué son retour au judaïsme

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    Comment le philosophe allemand Franz Rosenzweig a expliqué son retour au judaïsme

    On a déjà eu l’occasion de parler de cet éminent penseur, auteur de l’Etoile de la rédemption, parue en 1921, et qui mourut prématurément en 1929 suite à une paralysie de tous ses muscles. Cet homme avait traversé une grave crise religieuse qui le mena au bord de la conversion, comme ses deux cousins germains, Hans et Rudolph Ehrenberg, les petits fils d’un grand pédagogue réformiste Samuel Méir Ehrenberg qui, selon les dires de Léopold Zunz,  alors élève de l’établissement dirigé par cet homme, fit passer cette école du Moyen Age à l’époque moderne, en un après-midi ! En quoi faisant ? En réduisant drastiquement la part des matières traditionnelles au profit des disciplines dites profanes. Mais lorsqu’il reviendra clairement au judaïsme et aux pratiques juives, Rosenzweig exprimera un certain mépris pour un homme qui, volontairement ou involontairement, prépara l’apostasie de ses propres petits enfants…

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  • La (mauvaise) conscience juive face à la guerre..

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    La (mauvaise) conscience juive face à la guerre……

    Chaque jour qui passe renforce la position d’Israël au plan militaire mais a tendance à le miner au plan éthique. Non point que cet état, en butte à d’insupportables attaques, se conduise mal, mais simplement parce que les impératifs de sa légitime défense le contraignent à prendre des mesures que sa vocation historique et ses idéaux spirituels lui interdiraient en temps normal.

    Je commencerai par évoquer  cet héritage unique et exemplaire d’Israël, le peuple qui a donné à l’humanité croyante ou incroyante le Décalogue, véritable charte de l’humanité civilisée, et conclurai en donnant la parole à des acteurs plus proches de nous.

    Ernest Renan, excellent connaisseur de l’histoire de l’ancien Israël et titulaire de la chaire d’hébreu et d’araméen au Collège de France, avait noté le profond dilemme de ce peuple qui, pour avoir voulu écrire l’histoire de l’humanité, s’est vu interdire de continuer à exister en tant d’entité propre. Et c’est une interrogation citée dans le premier livre du Pentateuque, le livre de la Genèse, que je citerai d’emblée : Suis-je le gardien de mon frère ?  A cette exclamation de l’assassin de son propre frère, Abel, exclamation précédant l’introduction d’un ordre éthique universel, toute la tradition juive répond positivement : oui, nous sommes les gardiens de nos frères…

    Et cet état d’esprit imprègne aujourd’hui encore toute la mentalité de ce peuple d’Israël qui ne s’est pas contenté de faire refleurir le désert mais a aussi redonné vie aux valeurs universalistes de ses vieux prophètes. Encore une petite phrase de Renan, qui lui a d’ailleurs coûté très cher jusqu’à la fin de ses jours , en raison de la réaction vindicative d’une certaine église catholique : le christianisme, écrivait le philosophe-historien de Tréguier, existait huit siècles avant Jésus, il naquit avec le prophète Isaïe dont les rappels à l’ordre éthique universel sont récurrents dans le livre qui porte son nom.

    C’est ce même prophète qui a développé cette allégorie d’un âge d’or de l’humanité qui fait désormais partie du patrimoine de l’humanité civilisée ;  le loup et l’agneau, le lion et le bœuf, le nourrisson et le serpent, qui cohabitent, plus personne ne représentera un danger pour l’autre. Et toute cette humanité affluera sur la montagne de Sion, la connaissance de Dieu inondera toutes les consciences et marquera l’avènement de la paix universelle… Le germaniste que je suis ne peut s’empêcher de signaler qu’Isaïe, par ses appels à la paix universelle, par ce pacte de paix (berith chalom) a précédé Kant (mort en 1804) de près de deux mille six cents ans… On se souvient de cette belle phrase lyrique du sage de Königsberg, que je résume : le ciel étoilé au-dessus de ma tête et la loi morale gravée dans mon cœur… Et ne voyez dans ces rappels aucun esprit apologétique.

    Oui, la loi morale gravée dans mon cœur : tel est le dilemme d’un Etat qui se veut juif, donc fidèle à certaines valeurs qui lui ont permis de traverser les siècles et de parvenir à ce jour, malgré toutes les menaces et les tentatives d’extermination.. Un passage talmudique s’est penché sur ce miracle de la survie de ce peuple et les Sages ont conclu que le plus  grand mérite d’Israël n’est pas d’avoir, envers et contre tout, vécu conformément à la Tora de Dieu (même si cela est fondamental) mais de n’avoir jamais douté de la foi et de la confiance (ha-Emouna we-ha-bittahon) en son Dieu…… En d’autres termes, Israël a placé sa foi en son Créateur bien au dessus de sa propre survie.

    Israël a toujours eu mauvaise conscience lorsqu’il se confrontait victorieusement à ses ennemis, fussent-ils habités des pires intentions à son égard. C’est ce qu’on constate aujourd’hui : alors que personne ou presque ne l’exige de son armée, Israël décrète des trêves unilatérales, même si l’avant-dernière lui a coûté la vie de trois de ses soldats, victimes d’une traitreuse attaque à un moment où les hostilités devaient s’arrêter.

    Le meilleur exemple de cette répugnance vis-à-vis de la guerre et de son cortège d’horreurs nous est livré par un passage du midrash relatant la sortie d’Egypte et qui me fut jadis expliqué dans ma ville natale alors que j’avais environ 7 ou 8 ans : Dieu, nous dit-on, est triste d’avoir dû noyer la cavalerie égyptienne qui s’était lancée à la poursuite de son peuple qu’il venait de libérer du joug de l’esclavage. Et pour bien marquer cette ombre au tableau, alors que l’on aurait dû s’enorgueillir de cette belle victoire, on ne lit, en signe de demi deuil, qu’une partie du Hallél (prière d’hommage à Dieu, composée des Psaumes 115 à 118).  Dieu, conclut le midrash, ne se remet pas d’avoir dû sacrifier certains de ses fils, les Egyptiens !!! 

    La plupart de ceux qui manifestent contre l’opération militaire à Gaza, si peu nombreux et si ignorants soient-ils de l’antique tradition juive qui relate de tels faits, ont, malgré tout, été imprégnés par cette tradition : le respect, la sacralité de la vie, l’universalité de la loi morale, la négation de tout racisme en notant que si Dieu, en dépit de sa toute-puissance, n’a créé qu’un seul Adam au lieu d’en fabriquer un peu plus, c’était  pour que nul ne puisse se prévaloir d’un lignage supérieur à celui de son voisin…

    Le drame, car c’en est un, c’est que les critiques et les ennemis d’Israël ignorent ou feignent d’ignorer cette tradition qui se situe aux origines de la morale. Dois-je renvoyer à un livre de Fr. Nietzsche, La généalogie de la morale, où l’auteur reconnaît (de manière critique) le rôle d’Israël dans la naissance de la préoccupation éthique et aussi, de la mauvaise conscience.

    Et justement, parlons en de cette mauvaise conscience ! Voici deux déclarations de personnalités israéliennes vivant ou ayant vécu au cours du XXe siècle. Golda Méir, leader charismatique d’Israël qui a formulé ce sentiment d’une manière que jr résume en substance : nous ne pardonnerons jamais aux Arabes de tuer nos enfants, mais nous leur pardonnerons encore moins de nous contraindre à tuer les leurs…  Toujours le noble souci de rester au niveau de l’exigence morale.

    La deuxième personnalité n’est autre qu’Amoz Oz, célèbre écrivain dont les opinions politiques de gauche sont notoires. Sollicité par un journaliste allemand de la Deutsche Welle pour une interview, il exprima deux questions avant de répondre à celles de son interlocuteur: Que feriez vous chez vous, demanda Amos Oz, si le voisin d’en face tire sur votre appartement à la mitrailleuse lourde en mettant un bébé sur ses genoux ? Que feriez si le même creuse un tunnel pour vous surprendre dans votre sommeil et tuer votre famille, toujours en ayant pris soin de placer un autre nourrisson sur ses genoux, dans le cas très probable, où vous répondrez à son attaque ?

    Tel est le dilemme d’Israël qui se voit contraint de répondre à ces attaques qui l’indignent mais qu’il doit pourtant les repousser. Et il se voit condamné, mis au ban, alors que son ennemi qui ne respecte rien ne suscite pas la moindre réprobation.

    Certains disent qu’il y a des défaites qui honorent ceux qui les subissent dignement alors qu’il y a des victoires qui disqualifient au plan moral ceux qui les remportent. Par des moyens odieux

    Il faut espérer que comme dans le cas de Samson (qui opérait lui aussi il y a plus de trois millénaires dans la région de la pentapole (Gaza, Gat, Ekron, Ashdod, Ashkelon) (livre des Juges, ch. 13-14), l’amer finisse par donner la douceur du miel et que la guerre disparaisse pour faire place à la paix.

  • Il y a cent ans, l'Allemagne de Guillaume II déclarait la guerre à la France...

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    Il y a cen ans, jour pour jour, l’Allemagne impériale déclarait la guerre à la France

    Oui, on a peine à y croire, tant de choses ont changé dans cette Europe qui perdit le nord et s’infligea à elle-même de multiples plaies, les unes plus sanglantes que les autres. Deux grandes guerres, à moins de trente ans d’intervalles, et encore des millions de morts et de blessés et évidemment le plus grand génocide dans l’histoire de l’humanité, la Shoah. Et ceci est d’autant plus incroyable que tout ceci aurait pu être évité, comme nous le démontrait un colloque à l’ambassade d’Allemagne à Paris, sur la faillite de la diplomatie. Lors de la discussion avec les intervenants, les deux ministres des affaires étrangères des deux pays, France et Allemagne, un orateur souligna que les germes de la seconde guerre étaient présents dans la première, notamment dans le traité de Versailles qui nourrira la haine et le ressentiment dans le pays voisin. Avec la venue d’Hitler et la ruine du continent.

    L’Europe jouit d’une paix totale depuis soixante-dix ans, c’est peu et c’est beaucoup car le reste du monde est pour ainsi dire, à feu et à sang, surtout au Proche Orient où les esprits semblent embarqués pour une guerre d’au moins cent ans. Voyez ce qui se passe en Syrie, en Libye, au Liban, à Gaza, sans même parler de l’Afrique noire où les guerres ne le cèdent même plus à des épidémies encore plus meurtrières.

    Quand on constate l’étendue de l’entente entre les deux ennemis d’hier, l’Allemagne et la France, on tente d’expliquer pour quelles raisons la même paix ne règne pas ailleurs entre des ennemis d’hier et d’aujourd’hui. En dépit des différences de sensibilité et de culture, ces deux pays participent d’un même système de valeurs et se rattachent à un même berceau culturel, la Grèce antique, et à un même credo religieux, le christianisme et le judéo-christianisme. Contrairement à ce certains pourraient penser, cela suffit à créer des liens. Voir la vie de la même manière, même si l’on a suivi des cursus différents, peut favoriser les rapprochements.

    Certes, de ce côté ci du Rhin, vous ne trouverez jamais un Bismarck français dont l’adage sera affiché dans toutes les classes de toutes les écoles, du genre : l’homme n’est pas sur terre pour être heureux, mais pour accomplir son devoir… Un slogan comme celui-ci est l’exergue d’une nation soldatique, ce que la France n’a jamais voulu être, même si parfois, grâce à France Info, j’entends des chants mobilisateurs dont je ne pouvais pas soupçonner l’anti germanisme… Autres temps, autres mœurs.

    J’ai déjà eu l’occasion de parler longuement ici même de la correspondance de deux grands intellectuels, l’un autrichien, l’autre français, Stefan Zweig et Romain Rolland. Ce dernier, réfugié à Genève où il travaillait en tant que bénévole pour le comité international de la Croix Rouge, fait part à son ami de l’horreur que lui inspire une telle guerre.

    J’ai écouté tout à l’heure sur I-Télé un reportage faisant intervenir de très jeunes étudiants français et allemands qui doivent mesurer l’étendue de l’horreur et s’engager en faveur de la paix partout dans le monde et pas uniquement en Europe.

    Tout s’exporte, et très vite, et notamment la haine de l’autre.

  • Titre de la noteMême en temps de guerre, même en période de forte tension, l’attachement déraisonnable des juifs tunisiens à leur ancienne patrie…

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    Même en temps de guerre, même en période de forte tension, l’attachement déraisonnable des juifs tunisiens à leur ancienne patrie……

    Entre deux communiqués de guerre sur J24News, je viens de voir un reportage de Stéphane Calvo sur les visites récentes de touristes israéliens à Djerba et à la Ghriba, réputés être des sites juifs parmi les plus anciens du monde. Le reportage est, comme d’habitude, bien fait, les commentaires pertinents et mesurés, mais l’effet produit sur moi l’est nettement moins.

    Résumons la situation pour être le plus objectif possible : du temps du président Ben Ali, les choses étaient plus simples entre Israël et la Tunisie car l’ancien potentat alliait une rigueur de façade à un grand pragmatisme qui lui permettait de ménager l’allié américain et de faire de son petit pays un havre ensoleillé pour les touristes d’Europe. L’arrivée du soi disant printemps arabe a changé la donne en portant au pouvoir des islamistes qui ont fini par se faire renvoyer dans leurs foyers par le peuple tunisien. Un exemple du fanatisme de ces gens : ils voulaient inscrire au troisième ou quatrième alinéa de leur constitution l’exclusion de toute normalisation avec Israël qui entretenait pourtant  avec leur pays des relations discrètes mais bien réelles, notamment au plan touristique.

    Cette année, en dépit des événements (non pas présents mais anciens) une agence de voyage israélienne a tout de même organisé ce pèlerinage sur ces sites juifs réputés fort anciens.. Jusqu’ici tout va bien. Mais quand on voit les effusions, l’émotion de ces dames et de ces hommes sur la terre où ils ont vu leur jour, on ne comprend pas que des citoyens israélien d’origine judéo-tunisienne se comportent de la sorte. Surtout, quand on se souvient des circonstances de leur départ précipité de ce pays et des menaces pesant jadis sur eux.

    On ne comprend pas cet attachement déraisonnable à un pays qui clame encore haut et fort cet amour et cet attachement à une terre, venant de personnes qui durent quitter précipitamment leur pays natal, laissant tout derrière eux. Et qui reviennent clamer, la larme à l’œil, leur attachement à ce pays qui les a rejetés en raison de leur religion..

    Que l’on me comprenne bien : on peut comprendre de tels sentiments et il est même bon de les éprouver. Mais de toutes les communautés exilées (galouyot), les juifs tunisiens sont les seuls à nourrir un attachement  aussi déraisonnable à un pays qui les a rejetés. Et qui continue de le faire. La Tunisie tirait du tourisme et de la cueillette des olives, donc de l’huile, l’essentiel de ses revenus. Le geste fait tient donc compte, au plus haut point, de cet intérêt vitale pour le pays.

    Je dois néanmoins rendre hommage à cette ministre tunisienne du tourisme, accusée en pleine session du parlement local presque de collusion avec l’ennemi sioniste (sic) : je ne fais que citer. Certes, elle est venue saluer les touristes israéliens mais a refusé de se montrer avec l’organisatrice à la télévision. Elle aussi, je la comprends et tiens à lui rendre hommage car seuls les êtres de bonne volonté peuvent rétablir la confiance et la fraternité entre les hommes. Elle s’est bien défendue dans sa réponse, arguant qu’on ne pouvait pas discriminer des gens, des visiteurs, en raison de leur appartenance religieuse. Il est vrai que cette talentueuse jeune femme a été formée en Allemagne et n’a donc pas d’œillères.

    Mais j’avoue, quand je relis les discours des gens d’Ennahda et même de l’actuel président tunisien, ne pas comprendre cet attachement étrange pour un pays qui poursuit Israël d’une haine quasi inexpiable. Et qui a maintes fois, dans passé récent, exprimé sa solidarité avec le Hamas, ennemi juré de l’Etat hébreu.

    Ce sont des mémoires brisées, des vies déchirées, des destins brisés. Mais tout de même, il faut cesser de dire que ces sites sont les plus anciens et remonteraient à l’époque de la déportation en Babylonie ou après la destruction du second temple.

    Je me souviens de quelques déclarations bien senties d’Ernest Renan sur l’ignorance qui fait le lit de la légende. Et le public non cultivé offre à son âme non pas des pâturages de rêve mais un rêve de pâturage. Mais les briques à l’œuf ou le complet poisson sont profondément enracinés dans l’imaginaire culinaire des uns et des autres.

    Renan disait qu’on lit sa foi dans les textes sacrés plus qu’on ne l’y puise……

  • Titre de la noteCe très récent sondage qui place Marine Le Pen en tête du premier tour de la présidentielle

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    Ce très récent sondage qui place Marine Le Pen en tête du premier tour de la présidentielle

    La nouvelle fait l’effet d’une bombe et même le gouvernement semble frappé de langueur en l’apprenant. Marine Le Pen est en tête du premier tour de l’élection présidentielle, si celle-ci devait avoir lieu ce dimanche. Certes, comme le soulignent les spécialistes, il y a encore trois ans ou presque, et d’ici là, les choses peuvent changer. Mais il faut bien reconnaître que Marine surclasse même Nicolas Sarkozy qui la talonne (moins d’un point) alors que le président de la république et le premier ministre sont loin derrière, à égalité, avec 17%… Quelles leçons devons nous en tirer ?

    D’abord, que personne ne sait vraiment de quoi demain sera fait. Nul ne sait vraiment si ce peuple français, si prompt à s’embraser, va admettre que l’on gouverne ainsi encore trois ans, au cours desquels nulle embellie n’est en vue…… Il ne faut jamais oublier l’explosion sociale de mai 68 que personne n’avait vu venir. Or, aujourd’hui, même le chef de l’Etat et ses ministres ne dissimulent plus leur pessimisme, voire leur impuissance. Certes, un autre gouvernement n’aurait peut-être pas fait mieux. Mais dans les deux camps, à droite comme à gauche, des voix s’élèvent pour dire, pour des raisons absolument différentes, que l’on a perdu deux ans, parce qu’on a sous-estimé la crise, proposé des solutions qui n’étaient pas les bonnes et laissé filer à la fois le chômage et les déficits.

    Il est vrai que le chef de l’Etat, errare humanum est, a commis l’imprudence de parler avec insistance d’inversion de la courbe du chômage ; aujourd’hui, deux ans après, il reconnaît s’être trompé. Et tous prévoient une rentrée non seulement difficile, mais agitée. Que va t il se passer ? Je l’ignore mais je souhaite que le pouvoir ne songe pas à remettre sur le tapis une réforme sociétale (du style, le vote des étrangers aux élections locales…), ce qui nous plongerait dans un nouveau malstrom dont le pays n’a vraiment pas besoin.

    Mais pour l’avenir, que faire ? Je l’ignore aussi. Si les choses empirent, il faudra bien admettre que l’actuelle majorité parlementaire est en décalage par rapport à la majorité sociologique. Ce que les institutions de la Ve République, datant de 1958, voulaient préserver, est il encore valable aujourd’hui ? Cette protection de la fonction suprême, envers et contre tout, fait problème aujourd’hui.

    Le seul scenario réaliste, si tant est qu’il le soit aux yeux du principal intéressé, serait une dissolution-surprise qui conduirait une écrasante majorité de droite au parlement. Déjà le Sénat va repasser à droite en septembre, en raison de l’éclatante défaite de la gauche aux élections municipales.. Si le président dissout, il se condamne à une cohabitation de choc pendant près de trois ans. Un doute subsiste : la droit, appelée à Matignon, voudra t elle cohabiter avec M. Hollande ? Certains disent que non. Alors faire ?

    Pourtant, si l’on conduit le raisonnement de manière cynique, c’est ce changement de majorité qui offrirait à l’actuel président l’éventualité d’une réélection en 2017 : dans le cas où il dissoudrait et dans le cas où la droite nouvellement majoritaire accepterait de dépêcher l’un des siens à Matignon, la situation socio-économique du pays sera t elle meilleure ? C’est là toute la question… Mais alors le président pourrait en appeler à l’opinion et dire qu’il a tout essayé, mais en vain. En une phrase : qu’il n’est pas le responsable.

    Mais si la situation devenait perdurer, en l’état, le président peut se faire du souci pour 2017.

    Mais ne dit-on pas qu’avec des si, on pourrait mettre Paris en bouteille.