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  • La politique intérieure de la France

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    La situation politique à l’intérieur de la France.

    De plus en plus de commentateurs n’hésitent plus à envisager des changements au plus haut niveau dans ce pays. Un article paru dans Le Figaro d’hier se demandait clairement si François Hollande ne devrait pas s’appliquer à lui-même la règle de clarification qu’il réclamait de l’ancien chef de l’Etat en 2006. En clair, de s’interroger sur sa légitimité au regard des sondages qui restent désespérément bas. Ce matin I-Télé donnait moins de 16% d’opinions favorables et tout juste 41% pour le Premier Ministre. C’est vrai, la situation est difficile mais tout de même.

    La question qui se pose est la suivante : Peut-on gouverner avec des sondages ? Qu’est ce qu’un sondage face à un mandat constitutionnel accordé à un homme politique ou à une majorité parlementaire pour une durée déterminée ? Peut-on arguer juridiquement de l’impopularité sans précédent pour lui demander de dissoudre l’Assemblée, voire de remettre en jeu son mandat ? Aux  Constitutionnalistes de répondre. Pour certains, orientés à droite, la réponse est toute trouvée. Mais il faut souligner que cela pourrait créer un précédent.

    En fait, la démarche la plus consensuelle et qui est prévue par la Constitution, c’est de revenir vers les électeurs. Et en effet, des voix s’élèvent pour douter que les Français aient la patience d’attendre trois ans avant de changer de politique et de régime.

    On se souvient qu’aux lendemains des élections européennes, Français Hollande avait habilement contourné l’obstacle et interprété les résultats comme un désaveu de la politique d’austérité dictée par Bruxelles et Madame Merkel. Il avait alors dit que les institutions étaient fortes, ce que d’autres avaient interprété dans le sens suivant : elles me protègent, quoiqu’il arrive, quels que soient les résultats des élections…

    Qui départagera les protagonistes ? Le peuple ?

    Je me souviens quand j’étais étudiant, il y avait eu un discours de Georges Pompidou déplorant l’instabilité politique du pays et la versatilité de ses électeurs. Il rappelait aussi que la France était le pays qui avait usé le plus de constitutions. Celle de 1958 était censée porter remède à ces maux congénitaux de la France.

    Mais peut on encore, en 2014, soit plus d’un demi siècle après, gouverner la France de cette manière ?

  • L'humiliation méritée du Brésil au mondial

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    L’humiliation méritée du Brésil au mondial

    Certains trouveront peut-être ce titre et l’ensemble de ce papier d’une excessive sévérité. C’est possible mais le but poursuivi n’est pas d’accabler toute une nation mais de la sortir de l’ornière où elle s’est elle-même enfoncée depuis plus d’un demi-siècle. Songez que pour galvaniser les foules et surtout leur sélection, des Brésiliens, et non des moindres, ont dit qu’ils avaient le choix entre la victoire et la mort… Mais quelle imprudence ! Et j’espère qu’aucun esprit faible ou malade ne mettra cette menace à exécution… Comment oser dire de telles choses ? Il faut vraiment avoir une vie vide, peuplée de fantômes et d’illusions, pour s’exprimer ainsi.

    Mais revenons au fond du débat. Le Brésil est une grande nation de 200 millions d’habitants, un géant d’Amérique latine. Une des meilleures nations émergentes. Cette nation n’a réalisé son unité, elle ne s’est soudée que par le football. Jusque là rien à redire. Mais lorsqu’une certaine classe politique de droite comme de gauche, a exploité cette veine inépuisable pour faire ses petites affaires et transformer le football en un nouvel opium du peuple (Luc Ferry dans Le Figaro). Revoyez les émeutes au Brésil où les pauvres gens contestaient des dépenses pharaoniques alors que les secteurs de la sécurité, de la santé et de l’éducation sont cruellement délaissés. Mais pourquoi donc cette immense gabegie alors que les économiquement faibles manquent de tout ?

    Que vont devenir tous ces stades, toutes ces installations flambant neuves, surtout qu’elles rappelleront aux Brésiliens leur humiliante défaite face aux Allemands, si supérieurs en qualité et méthode ? Car le score est irréel, quand je l’ai découvert ce matin sur l’écran de mon téléphone portable, je n’en crus pas mes yeux. 

    Quelles leçons tirer de cette défaite ? Voir la vie avec réalisme, chasser les illusions, même vitales,  et affronter les situations sans chercher refuge dans des paradis artificiels. Le Brésil est encore un pays en voie de développement et ce ne sont pas des footballeurs (même de très grand talent) qui y réaliseront un miracle économique. Je me suis toujours demandé comment certains intérêts bien précis avaient pu exploiter avec tant de détermination cet engouement pour le football… Par exemple, qu’est ce qui change dans la vie d’un Brésilien moyen lorsque des joueurs, grassement payés, gagnent une coupe mondiale de football ? Oui, qu’est ce qui change dans sa vie ? Gagne t il plus, assure t il un meilleur avenir à ses enfants, son couple s’en porte t il mieux ? Franchement, j’en doute, j’en doute très fortement. Je crois plutôt que tous ces gens sont victimes d’un conditionnement médiatique : songez à ce que représentent les droits de retransmissions télévisuels, les publicités et les réclames ! Les rues de Genèse et de Paris sont vides en prévision des matchs…

    Tout le monde sait ce que je pense de l’Allemagne et de la culture germanique. J’ai passé ma vie à l’étudier, à la mettre en valeur et à l’encenser, sans jamais confondre nazisme et germanité. C’est un symbole qu’une telle nation ait vaincu une nation comme le Brésil. Quelle détermination, quelle efficacité, quelle discipline. C’est aussi un peu la même chose qui se déroule en Europe, face à la crise économique et à celle de l’Euro… L’Allemagne se distingue aussi bien dans le sport que dans l’économie et la finance… Et à elle au moins on ne fait pas passer des vessies pour des lanternes. Evidemment, on va m’opposer le bonheur, la musique, la joie de vivre…

  • Israël, à la croisée des chemins?

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    Israël, à la croisée des chemins ?

    Les situations les plus inattendues et les plus perplexes se nouent au moment où l’on s’y attend le moins. C’est le cas aujourd’hui en Israël. Mais je ne résiste pas à la tentation de produire une citation tirée du Faust de Goethe. A un moment précis, Faust s’écrie : Ainsi toutes les énigmes se dénouent enfin ! A quoi Méphisto répond avec la diablerie qui le caractérise tant : Certes, oui, mais tant d’autres se nouent…

    Je ne sous entends nullement que le gouvernement de Benjamin Netanyahou est dépassé par les événements mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne les maîtrise plus vraiment.

    Reprenons les choses depuis le début : il y a aujourd’hui trois semaines, trois adolescents israéliens furent kidnappés par des membres du Hamas qui les exécutèrent peu après l’enlèvement dans les environs de Hébron. L’armée israélienne lança une vaste entreprise de ratissage qui ne put que découvrir trois corps inanimés alors que les assassins courent toujours. Tout le pays se plaça derrières les familles des trois victimes juives. Peu de temps après leur enterrement, des extrémistes juifs, on le sait depuis avant-hier, kidnappèrent un jeune arabe israélien de dix-sept ans qu’ils immolèrent par le feu, signant le crime le plus abominable qui ait jamais été commis dans pays… La communauté arabe d’Israël, l’Autorité palestinienne ainsi que l’opinion publique internationale ont exprimé leur juste indignation. Et aujourd’hui, tout en condamnant ce crime odieux, le Premier Ministre donne l’impression de courir après les autres puisque c’est seulement hier qu’il a enfin officiellement adressé ses condoléances à la famille de la victime.

    Je n’entrerai pas, comme d’autres, dans une macabre comptabilité, opposant trois victimes juives à une victime arabe ; je n’établirai pas non plus de rapport de cause à effet. Les tortionnaires de cet Israélien de religion musulmane ont commis un crime abominable qui déshonore la cause qu’ils prétendent défendre. En hébreu aussi on dit que la fin ne justifie pas les moyens.

    Le résultat concret de cet acte barbare et abject est qu’on parle plus de la victime palestinienne alors que plus personne n’évoque publiquement le triple meurtre de ces adolescents juifs, commis de sang froid, avec pour seul objectif cette culture de mort qui caractérise tant les terroristes.

    Dans la foulée de ces événements, notamment l’arrestation de nombreux militants du Hamas en Cisjordanie, le Hamas de Gaza et les multiples  groupuscules terroristes sur lesquels il prétend n’exercer aucun contrôle, saisissent la balle au bond, si j’ose dire, et tirent de nombreux missiles contre le sud d’Israël. D’une manière assez incompréhensible et contrairement à ses habitudes et à sa nature même, le Premier Ministre actuel d’Israël temporise, charge les services égyptiens d’une tentative de médiation avec le Hamas dans le but évident d’éviter une confrontation armée de grande ampleur. Apparemment, les pourparlers secrets ont échoué et le Hamas qui semble être en chute libre sur place, joue son va tout de crainte d’être débordé par plus extrémiste que lui…

    Benjamin Netanyahou n’est pas un poltron, il a fait partie des unités d’élite de l’armée et son propre frère avait commandé l’attaque d’Entebbe au cours de laquelle il mourut en héros. Alors pourquoi cette retenue alors que des ministres de son gouvernement rêvent d’en finir avec l’enclave terroriste de Gaza ? Même Avigdor Liebermann, son allié de toujours, a tenu à dénoncer son alliance avec le likoud, le parti du Premier Ministre… Ou bien n’est ce qu’une posture ? Il est vrai que le ministre des affaires étrangères est connu pour ses positions extrêmes : il n’est pas loin de penser que Tsahal tarde à mettre de l’ordre à Gaza en neutralisant l’appareil politico-militaire du Hamas sur place. Et aujourd’hui, le situation est favorable grâce aux bouleversements  intervenus en Egypte…

    Eh bien, même ainsi, le Premier Ministre s’est contenté d’envoyer l’armée de l’air au lieu de lancer une vaste offensive des trois armes contre Gaza. Comment s’explique donc son attitude ? Les USA qui se détournent du Proche Orient depuis qu’Obama est là, n’ont pas exercé de pression. Il ne semble pas que le maréchal-président égyptien ait une quelconque volonté de sauver le Hamas, allié de ses ennemis jurés, les Frères musulmans ……

    Reste une seule hypothèse : la crainte que le Hamas ne restaure son autorité en appelant à l’union nationale autour de lui, en cas d’attaque majeure israélienne. Netanyahou aurait donc opté pour la politique des petits pas, permettant à Mahmoud Abbas de se préparer à cueillir Gaza comme un fruit mûr… Je ne vois pas d’autre explication, sauf si Tsahal a jugé que l’opération était trop risquée. Mais cette hypothèse ne tien pas puisque l’armée avait lancé plomb durci dans des conditions encore plus difficiles.

    En tout état de cause, il faut agir vite et efficacement car la saison touristique a déjà commencé et certains s’interrogent sur l’opportunité de voler vers Tel Aviv, surtout si le Hamas n’est pas définitivement neutralisé d’ici là.

    Nous n’en avons pas encore fini avec les énigmes…

    Maurice-Ruben HAYOUN

  • Le nouveau Penser de Franz Rosenzweig, suite et fin; traduit par Maurice-Ruben HAYOUN

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    Le nouveau Penser (suite et fin)

     

    traduit de l'allemand par Maurice-Ruben HAYOUN

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  • Le nouveau Penser, Das neue Denken de Franz Rosenzweig, traduit de l'allemand par Maurice Ruben HAYOUN

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                      Das neue Denken de Franz ROSENZWEIG       

                                         Le nouveau Penser :

     

                              Quelques compléments à «l’Etoile de la rédemption»

     

    Remarque préliminaire de l’éditeur : Cette contribution de Franz Rosenzweig est partie intégrante de ce qu’il y a d’essentiellement nouveau et de vraiment  décisif, d’un point de vue spirituel, et l’un des  devoirs de ce périodique est de le faire connaître. Cela mettra donc un terme aux réserves parvenues à mes oreilles et émises, par ci, par là, et selon lesquelles « ce livre est trop difficile». « L’étoile de la rédemption» dont traite cet article fait partie de ces rares ouvrages appelés à donner une impulsion à la spéculation philosophique. Tout le monde est loin d’aimer ou de supporter une telle poussée. Mais les lecteurs de ce périodique, et nous savons qu’ils ne sont pas peu nombreux et qu’ils refusent de se désintéresser de ces questions qui hantent l’humanité depuis toujours, en tireront un grand profit, notamment en accordant à ce sujet l’attention qu’il mérite : par voie de conséquence, ils jetteront un autre regard sur «L’étoile de la rédemption». Les difficultés rencontrées dans l’élucidation de cette œuvre s’expliquent par la volonté de l’auteur de s’abstenir de toute polémique qui aurait révélé  l’aspect novateur de cette œuvre et, par dessus tout, ce qui la distingue de ce qui existait précédemment. Et pourtant, conformément au jugement de Goethe,  «toute œuvre philosophique est parcourue par un fil polémique, si ténu soit-il.» L’article qu’on va lire cherche à donner à ce fil une  plus grande visibilité.

     

    L’étoile de la rédemption fut publiée en son temps sans préface. J’en ai été dissuadé par les séquelles de ce caquètement après la ponte de l’œuf et l’attitude humiliante, voire  incorrecte de certains à l’égard d’un lecteur qui n’avait encore rien fait, ni même pu entamer la lecture du livre. Nul, pas même le paisible Kant, n’a pu échapper à ce danger, sans parler de ses bruyants successeurs, Schopenhauer y compris. Les pages suivantes ne cherchent pas à rattraper une erreur que j’ai été bien inspiré de commettre jadis ; elles ne seront jamais imprimées ni au début ni à la fin de cet ouvrage. Elle se veulent simplement une réponse à l’écho suscité par  la parution de ce livre il y a maintenant quatre ans. Je ne répondrai pas à ceux qui l’on rejeté car ce n’est pas mon affaire. En revanche, je répondrai à l’écho positif que mon ouvrage a trouvé. Car là où l’on vous a fermé la porte au nez, vous n’avez rien perdu. Mais là où l’on vous a accueilli en ami et avec les honneurs, vous pouvez, voire même vous devez, suivant les règles de la bienséance, vous révéler sous votre vrai jour, au moment adéquat, après avoir bénéficié durant un temps de cette approche conventionnelle qui finit par prendre une forme plus hospitalière : survient alors l’instant critique où ce qui était conventionnel devient plus personnel, ou ne le devient pas. Il faut être pleinement conscient du fait que cet inéluctable moment de vérité met en jeu toutes ces agréables relations sociales, savourées jusqu’ici, sans poser la moindre question.

     

    Si je fais abstraction du petit cercle d’auteurs qui auraient pu le rédiger aussi bien voire mieux que moi, l’accueil dont ce livre a bénéficié, s’explique vraiment par cette «confusion» sociale intégrale. Il a été acheté, et chose plus inquiétante, il fut lu en tant que «livre juif». Non lu,  ou pire encore comme nous l’avons relevé, quand il fut lu, il passa pour le livre de cette frange de la jeunesse juive en gésine de l’ancienne loi, de différentes façons. Personnellement, cela ne me pose pas de problème. Les pharisiens du Talmud et les saints de l’Eglise en avaient pleinement conscience : l’entendement de l’homme a le même rayon d’action que son agir, et cela vaut aussi pour se faire comprendre : ceci est tout à l’honneur de l’humanité. Mais un tel préjugé a suscité chez les lecteurs des difficultés dont on aurait pu faire l’économie et chez les acheteurs une déception superflue.  Les pages suivantes aimeraient alléger les difficultés rencontrées par les lecteurs et aussi amoindrir la déception des acheteurs qui s’imaginaient avoir fait l’acquisition d’un beau livre juif mais qui, à l’instar d’un de nos tout premiers critiques, durent constater « qu’il n’était pas destiné à l’usage quotidien des membres de toutes les familles juives.»  Je ne saurai  mieux définir «L’étoile de la rédemption» que ce critique qui a dit de manière lapidaire : ce livre n’a vraiment pas été conçu pour l’usage quotidien de tous les membres de chaque famille juive. Ce n’est absolument pas un «livre juif», en tout cas pas selon l’idée que s’en font ces  acheteurs juifs qui m’en ont terriblement voulu. Certes, cet ouvrage traite du judaïsme mais guère plus que du christianisme ou de l’islam. Il n’a même pas la prétention  d’être une sorte de philosophie de la religion. Et comment aurait il pu l’être alors que le terme religion n’y connaît pas d’occurrence. Il se veut un simple système de philosophie.

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  • L'étoile de la rédemption de Franz Rosenzweig, un livre juif?

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    L’étoile de la rédemption de Franz Rosenzweig est il un livre juif ?

    L’étoile de la rédemption, en allemand originel Der Stern der Erlösung et en hébreu Kokhav ha-Guéoula, est un livre difficile à lire et surtout à comprendre, au motif que son auteur, un jeune juif désorienté mais à nouveau solidement arrimé à sa tradition juive ancestrale après avoir victorieusement surmonté une très grave crise religieuse, a cherché à déconstruire les catégories de la philosophie occidentale depuis Thalès jusqu’à Hegel. Il avait écrit cet ouvrage volumineux sur des cartes postales fournies par l’armée, et griffonnées dans les tranchées de Macédoine. Le jeune soldat mobilisé pour la première guerre mondiale, très loin de chez lui, avait adressé ses méditations à sa mère. Rentré chez lui, il transita par quelques hôpitaux afin de regagner ses foyers et de remanier tout ce matériau épars qui donna finalement cette Etoile de la rédemption.

    Né en 1886, Rosenzweig n’avait pas encore trente-cinq ans lorsqu’il fit paraître cette œuvre, certes peu connue du grand public mais qui occupe une place de premier plan dans la pensée juive contemporaine. Pour bien la situer dans l’esprit des lecteurs, il suffit de rappeler que même Levinas a contracté auprès de cet auteur, prématurément disparu en 1929, une dette immense. Lors d’une interview avec le défunt journaliste Christian Delacampagne, publiée dans le journal Le Monde il y a plus de trente ans, l’auteur de Difficile liberté avait eu cette phrase : j’ai pillé Rosenzweig… Que l’on ne s’y méprenne pas ; reconnaître sa dette envers un devancier ne signifie pas avoir commis un plagiat, bien au contraire. C’est rendre à César ce qui est à César ou tout simplement respecter un principe talmudique, rendu très populaire par les commentaires de Rachi : quiconque cite un texte au nom de son auteur apporte la rédemption au monde (ha-mévi davar be shem omro mévi gueoula la olam…) Et d’ailleurs dans son mémorable texte Les bâtisseurs (Die Bauleute) Rosenzweig revient sur ce principe sur lequel se fonde toute probité intellectuelle.

    Lorsque l’Etoile de la rédemption parut, les gens firent alors une confusion dont non seulement le public mais l’auteur aussi eut à se plaindre. Il l’explique ouvertement dans ce grand texte philosophique Le nouveau Penser que je viens de traduire de l’allemand et que j’ai publié dans La Tribune de Genève.

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  • Titre de la noteErri de Luca, Première heure : Les maçons…

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    Erri de Luca, Première heure : Les maçons…

    C’est une nouvelle fois de cet auteur italien non-juif, mais doté d’une grande sensibilité judéo-hébraïque, puisqu’il a appris l’hébreu biblique à la seule fin de pouvoir lire les textes bibliques dans leur originalité, que je voudrais vous reparler. Et c’est encore à mon auditeur de l’université de Genève, M. Joseph Rueff, que je le dois.

    De quoi s’agit-il dans cette brève mais émouvante nouvelle intitulée Maçons ? Eh bien de nombreuses occurrences dans la Bible hébraïque de cette idée de construire, de bâtir, de réparer, bref d’apporter du positif sur terre, mais pas toujours avec de bonnes intentions, comme dans le cas de la tour de Babel sur laquelle je reviendrai dans un instant.

    Il existe cependant un exemple plus ancien, voire archaïque où Dieu en personne répare, reconstruit ou referme ce qu’il avait lui-même défait. Il s’agit de la création d’Eve à partir de la côte d’Adam. Après avoir opéré tel un chirurgien, Dieu recoud, referme la blessure par des points de suture. C’est le premier acte réparateur du livre de la Genèse puisqu’il se situe aux origines de l’histoire humaine : sans la présence de ce couple paradisiaque, pas de postérité, pas de descendance humaine. Mais là il s’agissait d’êtres vivants. Le vrai maçon va intervenir plus tard et dans un tout autre esprit.

    C’est le mythe de la tour de Babel  et ce qui est intéressant c’est que l’auteur italien a lui-même travaillé sur des chantiers avec des équipes internationales où l’ingénieur ne comprenait pas la langue de ses ouvriers et inversement. Pour avancer dans un projet, pour bâtir ensemble, il faut avoir une langue commune afin que les instructions données par le bâtisseur en chef soient suivies à la lettre par les exécutants. Or, la divinité qui se sentit menacée dans son empyrée par une humanité ingrate et stupide, n’a rien trouvé de mieux à faire, en guise de contre attaque, qu’à semer la zizanie entre les maçons et que de brouiller les rapports entre eux. En quoi faisant ? En introduisant la multiplicité des langues, rendant impossible toute avancée de la tour, fût-ce d’un millimètre. La conséquence immédiate fut la dispersion, d’où le nom de génération de la dispersion (dor-hapelaga) qu’il faudrait peut-être mieux appeler la génération de la division et de la dissension. En araméen talmudique, quand on veut dire qu’un Sage n’est pas d’accord avec la décision adoptée, on utilise le terme ou-peliga de (le désaccord de…).

    Pour construire, il faut s’entendre, au propre comme au figuré. Et pour cela, il faut parler la même langue. Ce qui signifie placer les mêmes concepts derrière les mêmes mots. C’est ce trouble grave qui a causé la division de l’humanité en cultures  différentes qui sont peut-être sa richesse mais aussi le drame de sa désunion qui perdure.

    Dans la littérature prophétique et dans les Psaumes, on parle souvent de construire et de maçons et le contre exemple, c’est la construction du temple de Jérusalem par Salomon mais que le livre des Chroniques, inconsolable en constatant que ce ne fût pas David en personne, attribue à ce dernier in petto, le rôle principal dans l’érection de cet édifice.

    Dieu lui-même est souvent présenté comme la muraille, voire la muraille de feu qui entoure son peuple Israël afin de le protéger contre des ennemis qui cherchent sa destruction. Et chaque fois qu’il y aune brèche dans cette muraille, Dieu cherche un maçon pour boucher ce trou et s’il ne trouve personne (Amos 9) il le fait lui-même.

    Dans la Bible hébraïque, lorsque les matriarches ont des difficultés à enfanter, elles s’adressent à leurs servantes dans l’espoir qu’elles seront EDIFIEES par elles. Ici, il y a un jeu de mots entre BEN (fils) et BANO (édifier, construire). C’est le cas de la matriarche Sarah, épouse d’Abraham, qui parle de Agar dans l’espoir qu’elle donne à son mari un fils afin d’être «édifiée par elle.»

    Ces sens connexes, fils et construire ou bâtir, n’ont pas échappé aux vieux maîtres des sources juives anciennes, qui disent ceci : n’appelle tes fils que ceux qui te bâtissent, c’est-à-dire te construisent, poursuivent ton œuvre, dans ton sillage. (Banayikh ella bonayikh).  On parle donc ici d’une filiation spirituelle, ce qui est d’ailleurs la chose la plus importante.

    Je me souviens de tête d’un échange talmudique très ironique entre un groupe d’érudits juifs (deux célèbres convertis au judaïsme)  et des descendants du grand pontife Aaron. Les deux convertis font sentir à ces derniers qu’il ne sert à rien de se prévaloir d’une si illustre ascendance si l’on en trahit l’esprit, si l’on n’en incarne pas la filiation spirituelle.

    Mais ce qui m’a le plus frappé, c’est la rencontre inconsciente de l’Italien avec un illustre philosophe juif, Franz Rosenzweig, auteur d’un très beau texte, quelques années avant sa mort (en 1929), Les bâtisseurs (Die Bauleute), publié ici même dans ma traduction française. Rosenzweig s’y adressait son collègue et ami Martin Buber pour lui expliquer l’importance du respect des lois concrètes de la Tora. Et Rosenzweig se réclamait explicitement de cette lecture talmudique de Banayikh et Bonayikh..

    Il fallait relever ce point de convergence entre un philosophe éminemment juif et religieux et un auteur italien non-juif, mais profondément imprégné d’une très forte sensibilité biblico-hébraïque, lui qui avait appris par cœur le texte en hébreu d’un passage prophétique parlant d’ériger un édifice qui ne soit ni un mur de séparation ni une enclave dans un espace non prévu à cet effet.

  • Les multiples conséquences de la défaite des Bleus au Brésil

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    Les conséquences de la défaite des Bleus au Brésil

    En effet, ces conséquences sont de différentes natures. Elles vont de l'amélioration de l'opinion qu'on a des joueurs à des répercussions sur la politique intérieure en France:

    a) L'équipe de France jadis critiqué de manière acerbe tant par les pouvoirs publics que par les Français a refait son retard et jouit désormais d'une belle aura aux yeux de l'opinion, en dépit de ce coup d'arrêt que l'Allemagne vient de lui asséner. Mais tant les joueurs que leur entraîneur n'ont pas démérité et repartent la tête haute. Ils se sont bien conduits, bien battus mais n'avaient pas le niveau face à une Mannschaft infiniment supérieur en qualité, en efficacité et surtout en technicité.

    b) au plan de la main mise insupportable de ce mondial sur toute l'information, la conséquence la plus positive est que les philistins de la culture et les spécialistes de football qui tiennent des discours d'analphabètes depuis des semaines, encombrant injustement les écrans de télévision, vont enfin rejoindre l'obscurité qu'ils n'auraient jamais dû quitter. C'est déjà ça. Car cela devenait insupportable.

    b)la défaite face à l'Allemagne est symbolique. Certes, ce grand pays voisin est notre notre ami, notre allié et nous entretenons avec lui de multiples elations. Mais au regard du symbole et de l'allégorie, c'est aussi, un peu, le défaite de François Hollande face à Angela Merkel. L'actuel chef de l'Etat tente désespérément de s'organiser avec d'autres pays du sud de l'Europe face à une chancelière championne de la rigueur et des équilibres budgétaires. Mais là encore sans succès. C'est un symbole: même l'Italie à laquelle le chef de l'état français tente de s'allier a vu son éqquipe rentrer bredouille, chez elle, alors que l'Allemagne tient le haut du pavé et va aller en demi finale contre le Brséil. Peut-même viendra-t-elle; comme jadis.

    d) les conséquences politiques sont encore plus déterminantes et auront des répercussions de longe durée. il est de notoriété publique que François Hollande espérait une meilleure performance de l'équipe des Bleus afin de pouvoir annoncer enfin une bonne nouvelle aux Français. Comme sur le front du chômage, cet espoir s'est fracassé sur des faits têtus. Le président aurait alors pu stimuler une reprise d'optimisme, mettant du baume au cœur des Français, qui en ont bien besoin. En lieu et place de cela, il devra compter avec une population durement frappée par le chômage, ponctionnée par les impôts du mois de septembre et abordant la rentrée avec morosité.

    En conclusion, jamais le pays n'avait connu un horizon si intégralement bouché au point que certains n'hsient plus à évoquer la possibilité d'une dissolution de l'Assemblée puisque la majorité qui s'y trouve ne reflète plus le réel rapport de forces dans l'opinion.

    Cette hypothèse est moins chimérique que celle d'un départ de l'actuel chef de l'Etat. En revanche, dans un cas comme dans l'autre, une nouvelle candidature pour 2017 semble fortement compromise. Même aix yeux du PS. Si l'on fit une analyse froide et factuelle, il semble plutôt que deux hommes ont des chances de devenir l'un ou l'autre, candidats du Ps: le premier est le chef du gouvernement et le second ministre de l'économie..

  • Le cas Sarkozy et la justice

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    Le cas Sarjozy et la justice

    Vous connaissez la France et les Français: ce sont des spécialistes de l'exception à la règle. Tous professent l'égalité universelle des citoyens devant la loi, mais tous admettent de multiples exceptions. C'est exactement ce qui vient de se passer avec cette saga politico-judiciaire de ces derniers jours.

    Je commencerai par dire ce qu'un homme aussi pénétrant que Winston Churchill avait dit au jusiet de la justice: dès qu'un homme a conscience que la justice est absente ou qu'elle tourne délibérément le dos à l'éuité, les poignards sortent de leur gaîne.. En termes imagés, c'est ce qui se passe aujourd'hui.

    Certes, l'institution judiciaire est ) placer au-dessus de tout, mais les juges le sont ils aussi? Les juges sont ils des citoyens comme les autres, avec des préférences politiques, des demandes socio-économiques à faire valoir où doivent ils, au contraire, dans l'exercice de leurs fonctions, être des âmes désincarnées, rendant la justice en pensant aux réalités éthériques du monde supérieur de la vérité. En somme, si l'on voulait cela, il faudrait admettre un nouveau dogme, celui de l'infaillibilité judiciaire.

    Et ce n'est pas faire injure aux magistrats de ce pays et d'ailleurs, que de dire que nous en sommes loin. Le cas Sarkozy n'est pas un cas comme les autres, de même que trois bouts d'étoffe de couleur, respectivement, bleure blanche et rrouge ne forment pas le drapeau tricolore pour lequel des millions d'hommes sont morts ou se sont battus… C'est un SYMBOLE. Et on ne touche pas aux symboles. En clair, un ancien président de la République n'est pas un justiciable comme les autres, la preuve c'est qu'après son mandat, il continue à bénéficier d'un bureau avec des fonctionnaires pour son secrétariat, d'une voiture avec chauffeur et gardes du corps.

    Les Français sont les donc les rois de l'exception à la règle, et pourtant ils adirent les règles. Cela vient de René Descartes.

    Jamais les juges n'auraient dû demander aux policiers d'interroger NS pendant 14 heures, jamais on n'auraiut dû lui signifier sa mise en examen peu avant trois heures du matin. Jamais les autorités n'auraient dû parler publiquement de dossier.

    Pourtant, c'est tout le contraire qui a été fait. Et désormais le feuilleton de l'été sera formé par cette affaire. Tous les amis juristes que j'ai consultés, de droite comme de gauche, retiennent que le dossier contre NS ne contient pas de preuves tranchantes et que cette mise en examen risque fort d'être annule.

    Alors, pourquoi toute ce tintamarre? La France y a perdu de sa dignité. Il faut faire très attention car cette affaire a créé un précédent dont j'espère que personne n'osera se prévaloir lors d'une alternance.

  • Israël et le Hamas: une vengeance?

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    La découverte du corps inanimé d'un adolescent palestinien dans une forpet près de Jérusalem.

    Si la piste d'extêrmistes israéliens devait s'avérer, ce serait terrible. Peu importe que les médias se soient  tus après le rapt et l'assassinat froidement de trois adolescents juifs par des terroristes arabes. Je ne dirais pas que ce déséquilibre dans le traitement de l'événement me choque, je dirais simplement que je ne veux entrer dans cette comptabilité macabre du genre ils en ont trois, les autres n'en tué qu'un seul, etc.. Non, on ne veut pas de ce genre de comparaison. Le conflit entre ces deux parties est très ancien et ne réglera pas de sitôt. C'est un fait, ce n'est qu'un constat.

    Mais la haine est là, et ne recule devant rien. La couverture par les médias m'a inspiré une petite réflexion qui montre combien les belligérants se sont éloignés, par la force des choses, des principes fondamentaux. D'abord, le rapt d'enfants, d'adolescents montre bien que c'est une guerre totale qui commence, même si les Palestiniens n'en sont pas à leur coup d'essai: souvenez vous du acr des enfants de Ma'alot attaqué par des terroristes et qui fit de nombreuses victimes parmi des écoliers.

    Mais parlons de l'idée de vengeance et de ses implications. Vous savez qu'il existe dans la Tora des commandements positifs (mitswat assé) et des commandements négatifs. Dans le premier cas on est tenu d faire, et dans le second on est tenu de s'abstenir. Or le commandement positif est croissez et multipliez vous, tandis que le premier commandement négatif de cette même Tora est: tu ne te vengeras pas et tu n'exerceras pas de représailles. C'est le premier point.
    Mais dans cette Tora on trouve aussi dans le livre de l'exode la fameuse règle d'œil pour œil, dent pour ent, qui fut mal interprétée comme étant la la loi du talion (lex talionis). Les sages du Talmud ont eu beau expliquer qu'on n'avaiat jamais commandé de crever l'œil de quelqu'un ni de lui arracher la mâchoire, mais que tous les hommes avaient la même valeur devant la loi, qu'il étaient égaux devant la loi et qu'on ne pouvait dire que le sang de cet homme était plus rouge que celui d'aun autre (c'est la métaphore utilisée par le Talmud.

    Mais voila, la Tora évolue dans un univers où règne ou doit régner un ordre éthique universel. Ce n'est pas exactement le monde où nous vivons et où d'autres lois sont en vigueur.

    Ce qui veut dire que quand Israël est virtime d'un attentat ou d'un tir de missiles, Tsahal réagit immédiatement, même si, en l'occurrence il semble attendre par tactique.

    Les Evangiles font dire à Jésus qu'il faut tendre la joue gauche… Mais tout de même! Aucun Etat, pas même chrétien, n'adopte une telle règle. Ce serait là un pacifisme bêlant qui équivaudrait à une disparition pure et simple.

    Alors que faire? Franchement, je ne sais pas. Même des négociations de paix n'y chngeraient rien, même un partage de territoires ne règlerait pas le conflit

    Pourtant, il existe d'incontestables évidences historiques: la monarchie davidique unifiée remonte à 1040-970 pour Jérusalem et le pays d'Israël. Cela remonte donc à exactement 3054 ans. C'est un vrai bail.