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  • L'aéroport Ben Gourion menacé: Israël coupé du reste du monde?

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    L’aéroport Ben Gourion menacé : Israël coupé du reste du monde ?

     

     

     

    C’est ce que nous apprenions hier soir déjà mais qui ne semble pas se justifier : des compagnies aériennes, craignant pour la sécurité de leurs passagers, ont interrompu et pas annulé leurs vols en direction de Tel Aviv. Sur le plan psychologique, ceci ne laisse pas d’impressionner mais la venue par avion du secrétaire d’Etat US John Kerry et les vols réguliers d’El Al montrent que la sécurité est assurée dans les airs.

     

     

     

    Cette confrontation armée avec le Hamas a donné lieu à des réactions humaines rares par leur solidarité et leur grandeur d’âme : deux jeunes soldats d’Israël, un franco-américain et un israélo-américain sont tombés au champ d’honneur. Mais ils vivaient seuls en Israël où ils avaient fait leur aliyah. Alertés, les réseaux sociaux ont convié la population  qui a afflué aux enterrements. Faute de quoi, il n y aurait peut être même pas eu un minyam (quorum religieux) lors des obsèques. Dans les deux cas, les présents se comptaient par milliers. Mais hélas, chaque fois qu’il est attaqué, comme aujourd’hui, le peuple juif se retrouve entre soi, seul, pour enterrer ses morts.

     

     

     

    Par ailleurs, Israël semble avoir la haute main tant sur le champ de bataille sur dans le forum diplomatique mondial. Un consensus silencieux semble s’être instauré car à part quelques manifestations anti israéliennes, les chancelleries se tiennent silencieuses ; voyez l’Union Europe qui exige le désarmement du Hamas et du Djihad islamique et condamne les tirs de missiles sur Israël.

     

     

     

    Hier sur I24News, un général israélien a dit ce que tout le monde attendait : certes, les pertes sont douloureuses mais une armée n’est pas motivée par cela mais par l’accomplissement intégral de la mission. Et sur ce point, Israël a décidé de lutter implacablement contre ces tunnels qui aboutissent sur son territoire et où chaque journée connaît au moins une tentative d’infiltration.

     

     

     

    Même les Palestiniens de Ramallah ainsi que les régimes arabes modérés souhaitent en leur for intérieur la défaite du Hamas, au premier rang de ces pays là se trouve l’Egypte. Quant à la Turquie de Recep Tayyeb Erdogan, plus personne ne la prend au sérieux surtout depuis que cet homme perd le sens commun en comparant l’Etat juif aux pires régimes barbares de l’Histoire. En fait, cet homme instrumentalise à des fins politiques ce peuple palestinien qui n’a toujours pas trouvé de dirigeant digne et visionnaire.

     

     

     

    Israël et le reste du monde veulent désormais une démilitarisation compl !te de Gaza, ce qui revient à dire que le Hamas doit s’en retirer. Ce qui explique l’intensification des combats, bien plus d’un apaisement.

     

     

     

    Sans le dire explicitement pour ménager l’effet de surprise, Tsahal a capturé plusieurs dizaines de terroristes du Hamas qui livrent des informations sur le dédale de tunnels sous Gaza. Apparemment, le Hamas joue sa survie. Il y a de fortes chances pour que dans les semaines suivantes, Mahmoud Abbas entre enfin à Gaza, un Gaza débarrassé du Hamas. Les pays arabes, notamment l’Egypte, ont compris que le départ du Hamas priverait l’Iran de sa capacité de nuisance.

     

     

     

    Dans ce contexte, il semble qu’Israël ait encore intensifié sa pression en acheminant encore plus de blindés et de soldats. Le ministre israélien de la défense reconnaît qu’il faut encore une semaine pour accomplir la mission assignée à Tsahal.

     

     

     

    Quand les hostilités cesseront, ce que nous souhaitons tous, il y aura tant d’enseignements à tirer. Notamment sur le caractère asymétrique de cette guerre et sur le rôle joué par les souterrains.

     

     

     

    Rares sont ceux, de par le monde, qui sont conscients du dilemme du peuple juif, revenu sur terre après deux millénaires d’exil, cette terre, à peine équivalente à la superficie de deux départements français de taille moyenne, et que des ennemis implacables lui contestent depuis des décennies. C’est assez incroyable.

     

     

     

    Mais c’est aussi le destin du peuple juif, un destin, certes, prometteur, radieux à la longue, mais difficile pour le moment.

     

  • Israël entre la hantise du lendemain et celle de l'après demain

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    Israël entre la hantise du lendemain et celle de l'après demain..

    Je passe mon temps, en ce mois de juillet si mouvementé entre lécoute, des heures durant des nouvelles du Proche Orient et la relecture de mes traductions de l'allemand en français de textes peu connus de Franz  Rosenzweig. Cela me change un peu mais cela augmente aussi ma perplexité. Je ne ressens aucune inquiétude , seulement de peine pour les souffrances des hommes des deux côtés de la frontière, tout en étant intimement convaincu du bon droit, du très bon droit d'Israël de se défendre et de mettre fin à ces attaques de missiles et à toutes ces tentatives d'incursion dans son territoire afin d'y semer la mort et la destruction.

    Le Hamas est un mouvement terroriste qui a mené la bande de Gaza à la ruine et la tient en otage depuis des années. Ce n'est pas faire de la polémique que de le rappeler: cette faction armée a pris le pouvoir par la force, ses partisans ont martyrisé leurs frères ennemis du Fatah, les exécutant sommairement ou même en les défénestrant du haut d'immeubles à Gaza... Il est injuste qu'une organisation terroriste inflige à toute une population civile tombée sous sa coupe de tels tourments, alors qu'il représente surtout les intérêts cachés d'une puissance étrangère, l'Iran.

    Tsahal ne peut plus reculer, même s'il a déjà atteint la plupart de ses objectifs, mais ce qui est encore plus frappant, c'est la passivité des gouvernements qui soutiennent l'offensive sans oser le dire publiquement. Y compris les régimes arabes, à commencer par l'Egypte du maréchal Al-Sissi qui ne presse pas pour mettre fin aux hostilités.

    Un dernier point, les pertes civiles et miliaires. Je m'incline personnellement devant les victimes innocentes, collatérales. Les populations civiles de Gza, transformées en boucliers humains, ne méritent pas ce qui leur arrive. Mais je pense aussi et surtout aux soldats d'Israël ui mettent leur vie en péril pour ne pas porter atteinte aux civils. Mais que voulez vous faire contre des terroristes qui profanent leurs lieux de culte en y installant des rampes de lancement de roquettes, dévoient écoles et hôpitaux, et font tout pour susciter l'émoi des nations en poussant des civils sur les endroits bombardés. Mais est ce la première fois? Le Hezbollah, un autre affidé de l'Iran, l'a largement illustré depuis longtemps déjà.

    Que faire? La plupart des Israéliens jugent que leur armée a pour objectif premier de préserver et d'assurer leur sécurité: or, comment s'arrêter alors que dizaines de tunnels aboutissent en territoire israélien?

    Telle est la hantise de Tsahal qui a déjà, au prix de plusieurs morts, neutralisé un grand nombre de tentatives d'infiltrations dans le sud du pays.

    C'est triste et cela me fait penser à la parole du prophète qui disait, il y a déjà plus de deux mille cinq cents ans: shalom, shalom, we eyn shalom: la paix, la paix, mais il n y a pas de paix.

     

  • Le réveil des autorités françaises

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    Le réveil des aurtorités françaises

    J'avoue que c'est l'analyse des images de la télévision sur ce qui s'est passé à Sarcelles qui m'a ouvert les yeux. De véritables scènes de guerilla urbaine. De sinistre mémoire. Les plus vieux parlent de 1938. C'est excessif mais cela reste compréhensible. De partout, on salue mon éditorial d'hier car il est rare que je prenne ainsi parti et siganle de graves inquiétudes.

    Certains parmi les commentateurs, pas forcément les plus intelligent, avouent ne pas comprendre l'attitude du Hamas. C'est pourtant clair pour qui a les yeux ouverts: le Hamas est au bout du rouleau, il n'a plus d'argent pour payer ses fcontionnaires (ses bandes armées), il attire l'attention d'un monde arabe qui se gargarise de communiqués et de propos indignés car tous ces états n'ont pas une très bonne opinion du Hamas.

    Il ne restait plus rien à ce mouvement terroriste, rien que ses installations de guerre qu'il met en action. Le problème est que Tsahal monte en puissance et après avoir gradué sa riposte, considère qu'il doit faire partir le Hamas de Gaza.

    Il y a donc une aggravation de la situation.

  • Israël versus Hamas: les enseignements à tirer

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    Les enseignements à tirer de cette confrontation armée entre Tsahal et le Hamas

    Il peut paraître insensé de tirer des enseignements d’un conflit qui repart de plus belle comme un bûcher menaçant. Et pourtant on peut s’y risquer, tant  les conséquences de cette confrontation qui risque de durer encore assez longtemps, sont graves.

    Voyons en premier lieu le champ de bataille : pendant toutes ces années non pas de paix ni de tranquillité mais d’un simple cessez le feu (jamais respecté à cent pour cent), le Hamas a mis au point, sous la férule de ses instructeurs iraniens, une militarisation de la bande de Gaza sans égale. Apparemment, les services israéliens , pourtant réputés parmi les meilleurs, n’ont rien vu, pas même les multiples tunnels aboutissant dans leur propre territoire : apparemment, ils n’ont pas tiré les leçons de l’aventure de Gilad Schalit, lequel avait été enlevé justement par un commando du Hamas entré en Israël par cette voie souterraine. Le creusement de ces tunnels parfois à plus de 20 mètres sous terre n’a jamais attiré l’attention ; or, il fallait des tonnes de béton, des excavatrices, des wagons pour évacuer le sable et les pierres, introduire des madriers et de tiges de soutien des parois, installer un minimum d’éclairage, etc… bref, tout une économie souterraine qui ne faisait pas passer de l’Egypte voisine, uniquement des denrées alimentaires.

    Certes, il ne faut pas accabler les services israéliens car durant le bref intermède islamiste, incarné Mohammed Morsi, les tunnels avec l’Egypte ont été saturés d’armes et de munitions, avec la bénédiction des islamistes qui fermaient les yeux : au cours de ce temps là, le Hamas a pu se renforcer, sans qu’Israël n’ait pu élever la moindre protestation puisque les islamistes au pouvoir n’auraient rien fait et même auraient tout nié en bloc.

    Deuxième point, les missiles et les obus de mortier. Bien qu’ils soient encore très loin de la perfection, les artificiers et les armuriers du Hamas ont, hélas, réalisé, d’incontestables progrès, au point que même sous un tapis de bombes, leurs machines de guerre ont continué à fonctionner, soumises à une mise à feu télécommandée dans des centres de commandement souterrains. La même chose pour leur système de transmission et de communication, Ni Tsahal ni son armée de l’air, ni même ses espions infiltrés dans les rangs mêmes du Hamas n’ont atteint leur objectif.

    Benjamin Netanyahou a mis trop de temps à décréter l’offensive terrestre car on sait aujourd’hui que les engins lance-missiles sont enterrés et ne peuvent être vraiment neutralisés que par des hommes sur place. L’aviation, malgré sa toute puissance, en est incapable. La meilleure preuve est fournie par la capture par les unités d’élite de Tsahal de près de vingt membres du Hamas qui sont interrogés et donnent des informations aptes à mieux savoir comment fonctionne ce lacis de souterrains où les islamistes stockent leurs armes.

    Que faire aujourd’hui ? L’état-major israélien a compris qu’il lui fallait démanteler entièrement cet arsenal qui menace la paix et la sécurité de tout Israël et bien au-delà. La réaction la plus inattendue est venue d’Egypte qui a encore dû subir des attaques des islamistes contre ses soldats, à la lisière de la frontière avec la Libye : plus de vingt soldats ont péri, sans compter d’autres attaques perpétrées contre l’armée égyptienne en plein cœur du Sinaï. Non seulement le maréchal président a téléphoné à B. Netanyahou, mais il a détruit maints tunnels d’approvisionnement avec son pays, bloqué à la frontière de Rafah des centaines de partisans du Hamas, venus soutenir leurs frères d’armes, et même proposé un pacte de cessez le feu ouvertement en faveur d’Israël, ce qui a conduit le Hamas à se tourner vers d’autres, plus compréhensifs, comme la Turquie et le Qatar.

    Ceci me conduit à aborder l’aspect internationale de la crise : les USA de Barack Obama sont absents du conflit. Certes, hier Obama a redit le soutien de son pays à Israël et son droit à exercer une légitime auto-défense. Mais on sent bien que l’homme ne fait que réciter un couplet de circonstance et que sa fin de mandat n’est vraiment pas fulgurante. Cet homme peine à redonner du souffle à son pays et a les yeux tournés vers la Chine et l’Asie. En revanche, les Britanniques ont soutenu Israël fermement, de même que l’Allemagne qui s’interdit, et pour cause, toute démarche hostile envers l’Etat juif. Reste la France dont les hésitations provoquent l’émoi de ses habitants, qu’ils soient juifs ou pas, surtout en ce jour anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv à laquelle Jacques Chirac avait jadis donné un éclat particulier.

    Et puisque nous parlons de la France, évoquons les récents débordements antisémites d’une frange bien définie de la population. Ses militants ont enfreint la décision des autorités et ont violemment manifesté hier à Paris  Auparavant, ils avaient déjà crié dans les rues leur terrible slogan : Mort aux juifs (sic) ! Les autorités ont certes réagi, mais pas vraiment avec la rigueur et la célérité qui auraient convenu. Les éditorialistes ont parlé d’exutoire de toutes les frustrations d’une jeunesse en désarroi, écartelée entre deux appartenances et en gésine d’une cause, celle des Palestiniens, à laquelle elle pourrait s’identifier et qui lui permettrait de manifester contre un système qui la maintient à la lisière de tout…

    Il est indéniable que de telles manifestations, non réprimées alors que non autorisées, auront des conséquences immenses : la France va se vider de ses juifs qui l’aiment et ont toujours cru en elle. Tous les gouvernements ont voulu croire à une politique d’intégration de personnes qui jouxtent les dix pour cent de la population totale, c’est à dire du corps traditionnel français. Dans un excellent article paru dans le journal Le Monde, Arno Klarsfeld a fait l’historique de cette dégradation des relations : l’affaire Merah, le meurtre d’Ilan Halimi, les agressions de juifs dans l’espace public, les prêches violemment antisémites de quelques prédicateurs que l’on tarde à expulser du territoire national, etc… Cela commence à faire un peu trop. Et ce ne sont pas de timides remarques condamnant l’importation ici même du conflit du Proche Orient qui changeront quelque chose.

    En cette journée solennelle de commémoration de la rafle du Vel d’Hiv où l’on combat la barbarie, le gouvernement doit sortir de sa torpeur. Il faut se représenter ce que cela signifie pour les juifs français  d’entendre qu’on appelle à leur meurtre.  Déjà, dans certains milieux, on remet sur la table le débat d’il y a quelques années : les juifs ont ils encore un avenir en France ?

    Personnellement, j’aime la France, je suis un philosophe et un écrivain français et je suis même, me dit-on, l’un des plus jeunes commandeurs de la légion d’honneur.

    Mais moi aussi, aujourd’hui, je me pose des questions. Et il serait bon pour tous que des réponses fussent enfin apportées.

    Faute de quoi il serait trop tard.

  • Divorce entre le Premier Ministre B. Netanyahou et l'opinion israélienne

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    Acceptation d'un cessez le feu: faute politique de B. Netanyahou?

    C'est probablement la première faute de Benjamin Netanyahou. Et cela risque de lui coûter son poste, sauf s'il accède à la demande de la population en lançant cette offensive terrestre que les Israéliens attendent. Cela peut paraâitre paradoxale mais ce sont les habitants des cités méridionales les plus bombardées qui insistent pour refuser tout cessez le feu avec Gaza et souhaite que Tsahal aille plus loin

    D'un autre côté, le Premier Ministre n'a pas tort de faire preuve de retenue mais les variantes dans ses discours montrent qu'il opte pour une gestion politique don flit. Il a commencé par se précipiter sur l'ébauche d'un cessez le feu et le Hamas lui a infligé un double camouglet: en refusant ce même cessez le feu et en redoublant de violence. Aujourd'hui, B. Netanyahou affirme que s'il n y a pas de cessez le feu, il y aura le feu. Mais cela ne suffit pas pour calmer les gens qui lui en veulent. Par ailleurs, il a commis une erreur en limogeant le ministre adjoint de la défense qui l'avait vertement critiqué. Il y a aussi les critiques virulentes d'Avigdor Liebermann qui a déjà dénoncé l'alliance de son parti avec celui du Premier Ministre. Que fera B. Netanyahou? Va t il aussi limoger son ministre des affaires étrangères? Ce serait insensé.

    Les Egyptiens et le Turcs nous dit on se mobilisent pour éteindre l'incendie. Ce ne serait pas suffisant. Cette affaire aura de graves répercussions pour tous. Le Hamas a perdu toute crédibilité politique et ce ne sont pas quelques missiles qui redoreront son blason. Netanyahou devra lui aussi payer le prix politique de ses atermoiements: songez que les sondages donnent plus de 90% aux partisans de poursuivre la guerre. Enfin, Mahmoud Abbas devra montrer ce qu'il sait faire puisque les uns et les autres se tournent désormais vers lui.

    Le Proche Orient dispose de sa propre logique, de son propre vision des choses. Descartes n'y a pas droit de cité.

  • Israël et le cessez le feu: la surenchère du Hamas

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    Un cessez le feut en Israël?

    Toute tentative de restaurer le clame (je n'ose pas dire la paix qui est hors de portée) est la bienvenue, mais ce qui frappe, c'est la raction des habitants du sud d'Israël ui veulent que leur armée aille jusqu'au bout et neutralise une fois pour toutes leurs belliqueux voisins qui troublent depuis des lustres leur vie quotidienne.

    Il y a paradoxalement la résurrection d'un nouvel axe israélo-égyptien, le Hamas étant considéré par Le Caire comme une entité hostile, alliées à ceux qui tuent des soldats égyptiens dans le Sinaï et partisans de l'ancien régime de l'islamiste M. Morsi.

    Les exigences du Hamas sont démesurées et absolument inadéquates à sa situation militaire et économique; chacun sait qu'il s'est résolu à un gouvernement d'union nationale en raison de ses caisses vides, seule Ramallah pouvait payer le salaire des fonctionnaires du Hamas sur place. L'Iran a ralenti son aide ne la prodiguant qu'aux groupes les plus radicaux des islamistes. Paradoxalement une fois de plus,le Hamas fait figure de groupe modéré face aux autres.

    Mais Israël agit il vraiment au bien de ses intérêts à long terme en acceptant ce cessez le feu? Certes, les Egyptiens n'ont repris dans leur proposition d'arrêt des hostilités aucune des demandes du Hamas. Figurez vous que celui-ci exigeait l'ouverture de tous les points de passage, l'installation d'un corridor maritime, la construction d'un aéroport… Et peut -être même une réplique de la Tour Eiffel au centre de Gaza!!

    Les Egyptiens qui en veulent plus au Hamas qu'à Israël n'ont pas jugé de telles demandes réalistes alors que le Hamas est au bord de l'effondrement total. Il est évident que la sortie de crise remettra au centre du jeu le président palestinien qui a compris depuis belle lurette que rien ne se fera qui ne prenne en compte les intérêts légitimes d'Israël.

    J'ai écouté ce matin I24News et un ancien ambassadeur d'Israël en Egypte a bien dit que depuis sa création son pays n'a jamais bénéficié de paix (shalom) mais d'une tranquillité relative (shékét).

    Ce qui pose problème, c'est la récurrence de ces troubles: si Tsahal se retient, il y aura une sorte de calme relatif que le Hamas mettra à profit pour se réarmer. Je ne vois pas d'autre issue.

  • La relation dialectique entre la puissance et la paix

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    La relation dialectique entre la puissance et la paix

    Dans les temps que nous vivons, dans cette actualité brûlante qui voit s'éloigner l'horizon de la paix et de la sécurité, une petite réflexion sur ce que disent les Psaumes au sujet de la guerre et de la paix nous paraît s'imposer. Nous savons qu'il y a 150 Psaumes dans la Bible hébraïque et un de plus dans la tradition chrétienne.

    Il en est un qui apparaît régulièrement dans la liturgie juive quotidienne et même plusieurs fois, dans les paroles qui clôturent l'action de grâce après les repas. C'est le Psaume 29, verset onze: Dieu donnera la puissance à son peuple, Dieu bénira son peuple par la paix.

    Comme c'est souvent le cas, ces Psaumes, attribués généralement, pour une large part au roi David, démêlent en quelques formules les situations les plus complexes. En l'occurrence, les relations dialectiques entre la puissance et la paix, objectif final de toute activité humaine digne de ce nom.

    Les relations entre les hommes ne sont pas iréniques. Il y a des conflits, des guerres parfois et le tout est de parvenir à un état de paix après ces événements tragiques. Je rappelle que lorsque le roi Georges d'Angleterre a annoncé à la radio à son peuple le Débarquement en Normandie le 6 juin 1944 il a conclu son propos par cette belle citation du Psaume (29;11) qui résume bien le fond de sa pensée: on fait la guerre poiur ramener à la raison un ennemi implacable, coupable de menacer ses voisins et de vouloir les asservir ou les exterminer. May the lord give strengh to his people, may the lord bless his people with peace.

    On connaît aussi l'adage latin, si vis pacem …… Si tu veux la paix, prépare la guerre. C'est une triste vérité qui doit s'imposer à tout être sensé, hormis les pacifistes bêlants.

    La puissance permet de se défendre, sans oublier que l'étape suivante est celle du rétablissement de m'harmonie entre les belligérants d'hier ou d'avant-hier.

  • REjet de la politique ou haine des politiciens?

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    Rejet de la politique ou haine des policitiens ?

    Le président du Conseil économique, social et environnemental, M. Jean-Pierre DELEVOYE, vient de donner une interview à I-Télé, au cours de laquelle il a dressé le portrait de ce qu’il faut bien nommer une société bloquée avec des citoyens qui ne croient plus en rien, des politiciens qui ne sont plus des hommes politiques et qui ne pensent qu’à jouir du pouvoir, des syndicats qui se font déborder par leur base et un patronat qui se laisse guider par le seul intérêt de ses entreprises.

    On n’a jamais eu une France dans un tel état. Jamais nous n’avons connu dans ce pays une telle désespérance. Jamais la conscience d’une chute inexorable, d’un dépérissement inéluctable, n’a été aussi forte. Les classes moyennes, clé de voûte du corps traditionnel français, ont été mises à mal par le chômage et la baisse de leur pouvoir d’achat. Elles sont en voie de paupérisation, certes, pas absolue mais relative. Cependant, le phénomène risque de s’aggraver. Les enfants, même diplômés, ne trouvent pas de travail et doivent rester chez leurs parents, les usines ferment et pendant ce temps là, au lieu de réunir les forces vives de la nation, les responsables se complaisent dans les commémorations et se réfugient dans un incompréhensible hommage au passé. La position de la France, tant en Europe que dans le monde, s’affaiblit et l’avenir immédiate, même sur deux ou trois ans, semble morose. Mais ce qui est le plus préoccupant, c’est  l’absence de projet politique et la faillite des structures politiques. Faut-il tout changer, faire table rase de ce qui existe ?

     Le discours d’Arnaud Montebourg, passé presque inaperçu, est symptomatique à bien des égards et marque sûrement un virage. Certes, l’homme fait parler de lui, hésite sur sa présence au gouvernement, mais ne dispose ni d’un mandat électif ni de troupes. Il émet sa petite musique mais ne constitue pas encore de véritable danger pour le pouvoir. Pour le moment, la compétition avec le premier ministre n’est pas aggressive…

    Selon M. Delevoye, les cadres ou les élites de cette nation n’ont toujours pas compris qu’il fallait changer de structures, innover et aller à la découverte de voies encore inédites. Mais ce qui est le plus frappant, c’est la concomitance des naufrages : l’UMP menacée de disparition, le PS guettée par l’implosion et en proie déjà à la division, les syndicats prisonniers d’une posture stérile, seule Marine Le Pen tire son épingle du jeu.

    L’interviewé  a dénoncé avec force le cynisme de certains qui ambitionnent de figurer en second en 2017, face à Marine Le Pen, assurée, selon eux, d’être présente au second tour, tant le nombre des mécontents augmente.

    Il est dur d’entendre de telles analyses au moment où l’Europe entière, et pas uniquement la France, s’apprête à inaugurer la grand transhumance estivale… Une chose est incontestable : le pouvoir politique, au plus haut niveau, n’a pas pris conscience de la gravité de la situation. D’où son impopularité abyssale qui ne connaît pas de freine.

    Que faire ? Prendre des décisions courageuses, rendre la parole au peuple et s’appliquer à soi-même la règle démocratique. Les observateurs les plus experts doutent qu’une telle désespérance puisse perdurer encore des années.

  • La confrontation armée entre Israël et le Hamas

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    La confrontation armée entre Israël et le Hamas

    La situation devient de plus en plus compliquée, non pas qu’il y ait le moindre doute sur l’issue du conflit ou la victoire d’Israël, mais les coulisses de ce conflit laissent entrevoir une vérité hallucinante : apparemment aucune des deux parties ne veut la guerre et s’y trouve engagée, à son corps défendant, pour ainsi dire.

    Du côté du Hamas qui entend le chant du cygne, il n y a plus rien à perdre. Et ce n’est sûrement ce mouvement terroriste qui va se laisser arrêter par une effusion de sang. Il n’a plus aucune base populaire, les mouvements radicaux armés, nés dans son sillage, ne lui obéissent plus et ont fini par l’entraîner dans cette confrontation. Par ailleurs, il a perdu tous ses soutiens car partout il a fait le mauvais choix : en Syrie, Bachar se maintient et gagne du terrain, en Egypte, poumon de Gaza, leur ami Morsi a été renversé et croupit dans une geôle de l’armée. Enfin, l’Iran a considérablement ralenti son aide car l’actuel président essaie de se tirer de cette mauvaise passe que traverse son pays depuis des décennies. Il y a aussi les possibilités que les USA font miroiter au président Rouhani lui faisant comprendre que le soutien au terrorisme ne lui rapporte rien d’autre que des désagréments. Les Iraniens, essence même de duplicité, passés maîtres dans l’art de l’exégèse de n’importe quel texte, ont changé de camp. Ils n’ont plus qu’une obsession : se sortir de la nasse dans laquelle Ahmaninedjad les avait enfermés en se focalisant stupidement sur le nucléaire. Enfin l’union nationale avec le Fatah a privé le Hamas du peu de pouvoir qu’il lui restait. Même pour payer ses fonctionnaires et surtout ses bandes armées, il a dû se soumettre au bon vouloir de Mahmoud Abbas.

    Israël a gradué sa riposte ; il est encore trop tôt pour dire s’il a eu raison ou tort. L’avenir, l’avenir proche nous le dira. Le premier ministre israélien avance sur des œufs, très prudemment : s’il avait voulu en finir avec le Hamas il aurait réagi autrement. Selon l’adage populaire, on sait ce qu’on a, on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve.

    Mais même si Israël est dans son droit et défend la sécurité de ses citoyens, même si l’Union Européenne et l’ONU espèrent, sans le dire, que le Hamas sortir vaincu de cette confrontation, et malgré les erreurs d’analyse de Barack Obama qui n’est vraiment pas à la hauteur, en dépit de tous ces éléments, la bataille médiatique est la plus risquée. Qu’un incendie se déclare dans une ville côtière israélienne, que des sirènes retentissent à Jérusalem, Tel Aviv ou Haïfa, et les médias en font leurs choux gras.

    Pour ma part, j’apprécie bien la retenu dont fait preuve le service de communication de Tsahal, économe en déclarations et efficace sur le champ de bataille. Même I24News n’est pas à la hauteur que ce soit lors de débats ou lors de la diffusion de bulletins d’information. Tout ceci manque de sobriété et de professionnalisme. Et c’est dommage car le plus grand joueur, toujours absent du champ de bataille mais omniprésent dans les médias, c’est l’opinion publique internationale.

    Si le monde suivait un cours normal, Israël aurait dû bénéficier d’une immense vague de sympathie après l’assassinat des trois jeunes adolescents et cette pluie de missiles tombant sur ses villes… Et pourtant, il n’en est rien.

    Comme je l’écrivais dans un précédent papier, Israël est à la croisée des chemins. Il ne peut plus admettre que chaque fois, après deux, trois ou cinq ans, il doit faire face à des actes hostiles de la part du Hamas ou du Hezbollah. Cela me rappelle un développement de l’ancien premier ministre Itzhac Shamir qui n’est pas mon maître à penser et qui n’était pas un grand penseur, mais un bon observateur de la scène proche orientale. Voici en substance ce qu’il disait avec résignation : la nuit est la nuit, le jour est le jour, les juifs sont les juifs, les Arabes sont les Arabes… Tous les dix ou quinze ans, on fait une bonne guerre et on a la paix…… Et au bout de ce temps, cela repart de nouveau……

    Est ce qu’Israël sera condamné à vivre ainsi continuellement ? J’en doute.  Au bout de soixante-dix ans, le monde arabo-musulman n’a toujours pas accepté Israël qui a pourtant des droits immémoriaux sur cette terre. Imagine t on l’inanité de cette attitude qui a coûté tant de vies et causé tant de dégâts matériels ? Imagine t on un instant à quoi ressemblerait aujourd’hui la région si l’on avait choisi la paix au lieu de la guerre ?

  • Faut il remanier ou supprimer certains passages de la liturgie juive?

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    Faut il remanier ou supprimer certains passages lirurgiques juifs ?

    La dernière livraison de l’excellente revue SENS (n° 390, pp 445-457) de mes amis Bruno Charvey et Yves Chevalier m’a permis de lire un intéressant article concernant la liturgie juive dans ses relations avec l’amitié judéo-chrétienne.  Son auteur, rabbin à Bruxelles, a déployé de louables efforts pour exposer le problème. Ayant écrit un Que sais je ? intitulé La liturgie juive, il me paraît bon d’intervenir sur ce sujet.

    La notion de tefillah ne reflète pas vraiment l’unique notion de prière, elle en englobe beaucoup d’autres. Et dans l’inauguration du temple de Jérusalem par le roi Salomon, on totalise pas moins de cinq ou six autres termes pour désigner une sorte d’abandon confiant à Dieu. Le-pallel signifie soumettre son cas à quelqu’un, en l’occurrence à Dieu. C’est ce qui ressort d’un passage du premier livre du prophète Samuel qui souligne que si un différend oppose deux êtres, il est facile de trouver une solution, mais si l’homme se trouve confronté à Dieu, il en va tout autrement.

    Cette prière juive a évolué au cours du temps mais elle a toujours comporté trois parties statutaires, c’est-à-dire indispensables : le shéma Israël, les dix-huit bénédictions (qui en comptent en réalité dix-neuf) et le tahanum, prières pénitentielles et pétitions privées, afin de laisser à l’âme de l’individu un espace où exprimer ses propres demandes privées, sous forme d’oraisons jaculatoires (par exemple, la prière pour une guérison : El na réfa na lo : Seigneur ! guéris le…).

    C’est dans le traité talmudique de Berachot que l’on peut prendre connaissance de la genèse de certaines prières. Et en particulier une d’entre elles qui pose problème puisqu’il s’agit de la malédiction des minnim (apostats ? Hérétiques ? Judéo-crhétiens, Délateurs calomniateurs ?), désignée par l’euphémisme bénédiction des minnim (bénédiction des hérétiques). Le talmud parle de Samuel le jeune qui l’aurait rédigée. Mais le même folio talmudique attire notre attention sur la distinction à observer entre deux verbes hébraïques qui ne veulent pas dire la même chose : hitkin (fonder, instituer) et hisdir( mettre en ordre).

    Au fond, qui était désigné par le vocable MIN n’est pas vraiment controuvé aujourd’hui car cette appellation a pu recouvrir différentes catégories de «déviants» religieux, par rapport à l’axe centrale de la pensée rabbinique. Ce fut une époque où le judaïsme rabbinique était en formation et il fallait se poser en s’opposant. L’une des méthodes destinées à couper court à tout syncrétisme religieux fut de réciter cette prière à haute voix afin d’éloigner des synagogues les judéo-chrétiens.

    La question qui se pose et qui fut même très nettement posée par les partisans de la réforme en Allemagne au XIXe siècle fut la suivante : devait on maintenir une telle partie de la prière ? Des rabbins théologiens comme Samuel Holdheim et Abraham Geiger jugeaient que cette séparation hermétique d’avec les autres (notamment pour la prière terminale Aléinou) n’avait plus lieu d’être puisque les juifs devenaient une confession, une communauté religieuse et non plus une communauté nationale, un peuple.

    Si l’on pouvait bien articuler une défense pour cette birkat ha-minnim et dire, comme Mendelssohn, qu’elle ne visait pas les chrétiens mais les païens et les idolâtres, il en allait tout autrement puisqu’Israël s’attribuait ici le seul culte divine qui fût juste et agréé par Dieu. Ce qui, effectivement, pourrait porter atteinte au dialogue interreligieux et faire le lit d’un exclusivisme de même nature. Cette seconde prière est nettement plus ancienne que la précédente et n’a pas manqué d’évoluer avec le temps. Le rabbin Daniel Meyer cite certains rituels de prière pour l’illustrer.

    Mais ici aussi il faut repérer avec minutie la date de naissance afin d’identifier ceux que l’on dénonçait comme des idolâtres. Je dois rappeler que cette prière de aleinou est fondamentale et qu’un groupe de juifs brûlés à Blois en 888 moururent en martyrs en la chantant. Depuis des temps immémoriaux, elle clôture les trois prières quotidiennes. Au fil des siècles, on lui adjoignit même un supplément qui commence par :’al kén nekawweh la (C’est pourquoi nous plaçons en toi notre espoir…)

    Alors, faut il faire le ménage ? Les adeptes de la réforme entreprirent de le faire depuis 1818, date de la première publication du nouvel rituel de prière du temple de Hambourg..

    Mais je ne sais pas si nous devons les imiter.

    Au mois d’octobre 2014 doit paraître mon livre sur Le judaïsme libéral : Les grandes étapes d’une évolution religieuse (Hermann, 2014). Voir notamment le chapitre III de cet ouvrage.