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  • Au Front National Le Pen contre Le Pen?

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    Au Front National, Le Pen contre Le Pen ?

    Ce qui se passe encore aujourd’hui au Front National est une sorte de phénomène de nature météorologique dont la survenue est incontournable : l’ancien contre le nouveau, les idées reçues contre les promesse de l’avenir. En d’autres termes, le vieux leader, agacé par une mise à l’écart progressive mais ferme, a fini par ruer dans les brancards et se livrer à son passe-temps favori : le calembour douteux, même si dans certains cas, et seulement certains, il ne faut pas lui prêter de noires arrière-pensées qu’il n’a pas… toujours.

    Une phrase en guise d’introduction mais aussi pour être bien clair : ce qui m’inquiète dans ce parti, ce n’est pas vraiment ce qu’il est car comme tous ses frères jumeaux il s’adapte et sa nature est plutôt fuyante. Non, ce qui me préoccupe, c’est que les Français dans une proportion croissante et face à l’incurie et à l’impéritie des autres forces politiques, lui accordent leurs suffrages. Il est stupide de prétendre que la France est devenue fasciste ou d’extrême droite à 25% !!  Ce qui est vrai, c’est que de vastes secteurs du corps électoral ne font plus confiance aux partis traditionnels qui ne se sont pas renouvelés et n’ont pas apporté de réponse convaincante  à deux problèmes qui semblent cristalliser la crainte et les phantasmes de nos concitoyens : l’immigration et le chômage. Oserai-je ajouter que pour ces mêmes électeurs, dans immigration il faut ajouter insécurité, que cela soit fondé ou non…

    Qu’a dit le président fondateur du FN ? Il s’est insurgé contre ceux qui clament urbi et orbi leur opposition à son parti et, pour ce faire, il a utilisé une métaphore, en soi inoffensive, mais dont l’arrière-plan politico-historique est des plus sensibles.. Et qui rappelle cette terrible petite phrase qui a sans doute mis fin à sa carrière politique en le stigmatisant à tout jamais, le fameux détail de la seconde guerre mondiale. On peut dire, sans mauvais jeu de mots que ce détail est de taille et qu’il a fait une nouvelle victime, Le Pen père en personne.

    Voilà un homme qui est largement octogénaire, qui semble assez diminué  par rapport aux années précédentes, qui ne fréquente pratiquement plus les plateaux de télévisions ni les studios des radios et qui trouve le moyen de se rappeler à notre mauvais souvenir en émettant publiquement des appréciations aux conséquences dévastatrices pour lui-même… Est-ce une dégénérescence nerveuse ? Sont-ce les prodromes d’une sénilité prochaine ? Toujours est il que la jeune garde qui l’a évincé en est aujourd’hui à réclamer son départ. D’autres hommes politiques ont même proposé sa déchéance du parlement européen… C’est dire les conséquences incalculables d’un mot dont le chef vieillissant aurait pu s’abstenir s’il avait encore le sens des réalités.

    Que va t il se passer à présente ? Au train om vont les choses, et eu égard à l’incroyable capacité de nos sociétés à digérer tout ce qui survient dans le monde, ce nouvel écart de langage sera vite oublié et surtout il ne freinera pas l’inexorable progression électorale du F.N. En revanche, cela aura servi de révélateur : Marine Le Pen aura compris de la manière la plus claire que son père est désormais un obstacle à écarter d’urgence si elle veut progresser. Toute la jeune garde entourant la président du FN a condamné cette sortie verbale. Quant aux Français, ils continueront à voter dans le même sens car ce qui se passe ne répond toujours pas à leur attente : moins d’impôts, moins de chômage, moins d’insécurité et moins d’immigration.

    C’est peut-être injustifié mais c’est ainsi : on ne peut pas dissoudre le peuple car c’est lui qui a le dernier mot.

  • Egypye, enterrement de la démocratie

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    Egypte, l’enterrement de la démocratie… sans tambour ni trompette

    C’est fait, l’Egypte a un nouveau président ou un nouveau pharaon, car si son élection rappelle celle des anciens membres de la nomenlkatura soviétique, ses propres déclarations laissent mal augurer de la suite. En effet, si je résume les propos du nouvel élu rapportés par la presse,  le maréchal-président a dit good-bye à la démocratie, renvoyée, c’est le cas de le dire, ad calendas graecas : au moins vingt-cinq ans, a dit le nouvel élu.

    On peut en tirer de nombreux enseignements. Et en tout premier lieu un constat : tous les peuples, en fonction justement de leur culture et de leur évolution politique, ne peuvent pas prétendre à une part d’adhésion égale aux idéaux démocratiques.. Durant de longues années, une idéologie de gauche a empêché les gens de faire ce constat publiquement au risque d’être traité de réactionnaire. Je me souviens d’un séjour du regretté Philippe Séguin en Tunisie, pays où l’ancien ministre avait vu le jour. Il avait alors dit que le régime jadis en place avait raison de ne pas accorder toutes les libertés généralement en vigueur dans les démocraties occidentales. Il avait alors plaidé pour une adaptation locale des choses. Cette prise de position lui valut de sérieuses prises à parti dès son retour en France. Pourtant, il avait raison.

    Voulez vous d’autres exemples ? Regardez les élections présidentielles en Syrie et en Algérie ! L’Egypte n’a fait que leur emboîter le pas. Regardez ce qui se passe en Libye où la partition menace et où la Cyrénaïque vit sa vie sans se soucier de ce qui se passe ailleurs dans le pays…

    Mais la question qui se pose est la suivante : que devons faire avec l’Egypte ? Quelle attitude adopter à son égard ? Il faut tenir compte de la valeur et du poids stratégiques de ce pays, le plus important du monde arabo-musulman. Et là encore les USA se trompent en malmenant le pouvoir actuel et en ayant parlé de coup d’état militaire contre Mohammed Morsi. Les Egyptiens l’ont très mal vécu. Ils se sont alors tournés vers d’autres alliés des USA, les plus arriérés, les plus conservateurs, l’Arabie Saoudite, mais aussi les plus riches qui leur ont généreusement accordé leur aide en milliards de dollars.

    Pour la stabilité et la paix dans la région, l’apport de l’Egypte n’est pas crucial, il est vital. Tant que le pays du Nil se range du côté de la paix et de la stabilité, il n y a pas d’inquiétude à se faire, mais si la situation venait à changer, le pire serait à craindre. Il nous faut ménager le régime actuel, travailler avec lui et l’aider à surmonter ses difficultés.

    Le seul problème et il est de taille est le risque d’instabilité intérieure. Le président Al-Sissi a lancé une lutte à mort contre les Frères musulmans qu’il accuse, à tort ou à raison, d’avoir cherché à l’assassiner. Et depuis des mois, on constate de nombreux attentats contre les forces de l’ordre.

    Pourquoi donc le peuple d’Egypte a t il accordé sa confiance à un parti islamiste dès que la liberté de s’exprimer lui fut donnée ? C’est tout le problème. Et le maréchal-président l’a très compris.

  • Au centre de notre vie; le ballon rond ou la prière?

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    Que trouve-t-on au centre de notre vie, le ballon rond ou la prière ?

    L’approche de l’été, la commémoration du Débarquement, l’imminence de la coupe du monde du football et la belle prière des trois grands monothéismes au Vatican nous permettent de nous interroger sur la marche de notre monde et le sens qu’il entend donner à notre vie : où allons nous ? Que faisons nous ? Qui contrôle ce qui se passe, ou devrais-je dire, ce que nous faisons, si cela a encore du sens…

    Au cours des trois derniers jours, on a l’impression d’avoir vécu une parenthèse savamment orchestrée et subtilement mise en scène : une noble dame, plus très jeunes, avançant à petits pas dans les rues de Paris ou prononçant un savoureux discours dans la langue de Molière alors qu’elle avait dit ses tout premiers mots dans la langue de Shakespeare, des vétérans de la dernière guerre évoquant leurs souvenirs d’une voix chevrotante, et dès demain le brusque retour à la retour, sans amortisseur ni remède anti-choc : ai je besoin d’en donner la liste détaillée ? Non point.

    Ce qui m’a incité à partager avec vous ses sombres considérations, n’est autre que le constat suivant : la grande disparité de traitement, à la télévision et à la radio, entre l’absence de deux joueurs français à la coupe du monde de football, et la grande prière qui aura lieu au Vatican ce soir ! On a certes parlé de cette rencontre au grand caractère spirituel mais les minutes qui lui sont consacrées sont sans commune mesure avec les heures cumulées des reportages portant sur des hommes dont l’unique mérite est de marquer des buts sur un terrain de foot et que le vide sidéral de notre vie morale et culturelle a propulsé vers les sommets : quels sont les idoles des jeunes, de nos enfants, aujourd’hui ? Ce ne sont ni Spinoza, ni Levinas, ni Sartre, ni Heidegger ni Socrate, ni même Platon, mais des gens qu’une ancienne ministre de la jeunesse et des sports avait jadis justement qualifiés de «caïds immatures des cités…» Il n’est pas exagéré de parler d’une véritable déchéance morale .

    Comment expliquer cette désaffection de la jeunesse pour les vraies valeurs ? Comment en parler sans ennuyer, sans passer pour un ringard, un pisse-vinaigre (pardon pour cet égard de langage, faute d’équivalent à la charge évocatrice comparable), un décalé, un paumé ? On ne peut pas rejeter la faute exclusivement sur la presse même si sa responsabilité dans cette affaire est très lourde. En fait, c’est une crise civilisationnelle contre laquelle les armes de la religion, de la philosophie et de la littérature s’avèrent impuissantes.  Quelle est la personne aujourd’hui que vous pourriez citer en exemple à vos enfants et qui ne soit ni un acteur, ni un sportif, ni une danseuse ? Regardez comment ces gens qui gagnent des millions et souvent s’expatrient afin de ne pas payer d’impôts, s’expriment à la télévision ? Et pourtant ce sont eux qui toujours font recette…

    Je comprends fort bien que les gens aient besoin de s’amuser et de se détendre. On ne peut pas s’abîmer constamment dans le travail, la recherche et la méditation. Mais il faut un équilibre que nous avons perdu depuis longtemps. Cela ne sert à rien de stigmatiser cette course désordonnée vers le bonheur économique et matériel alors que les chômeurs se comptent par millions et que des ministres, français notamment, parlent de réduire ou de supprimer certaines aides et minima sociaux… La crise économique a dégénéré en crise morale. C’est la une chose bien plus grave. Plus personne ne croit en la politique ni aux politiques, pourtant dans la vie d’aujourd’hui, ce sont eux qui déterminent tout. C’est-à-dire notre vie quotidienne.

    J’ignore la bonne solution, je crois, cependant, que l’ancien moule s’est brisé, qu’il faut réfléchir autrement et songer à des solutions absolument nouvelles. De plus en plus de gens vont passer du régime actif à celui de la retraite, tout en étant en bonne santé et en regorgeant d’énergie. Que faire pour assurer à ces futurs dizaines de millions d’inactifs une vie normale et décente, alors qu’ils peuvent encore travailler, quand ils le souhaitent, encore au moins une bonne quinzaine d’années ?

    Je ne crois pas à la pertinence de la fameuse phrase attribuée à André Malraux et répétée en tout lieu ad nauseam : la religion et la spiritualité ne réussiront pas à s’imposer d’elles-mêmes. Y croire, c’est s’imaginer qu’on reviendra un jour sur la libéralisation des mœurs et la permissivité. C’est trop tard, les robes longues ne sortent aujourd’hui des penderies que pour les grandes soirées de gala…

    Comment voulez vous que les gens s’intéressent à une prière collective des monothéistes ce soir alors qu’au même moment, ou peu après, se déroulera ce match de football que des millions de gens attendent avec impatience ? On signale qu’il ne reste plus aucune place dans le stade Pierre Mauroy de Lille…

    Cela se passe de commentaire.

  • La France entre le déni et le rêve

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    La France entre le déni et le rêve………

    Les peuples ont une psychologie bien à eux. Ils ne veulent pas connaître la vérité, surtout lorsqu’elle est plutôt désespérante. C’est le cas de la France d’aujourd’hui dans l’espoir que celle de demain saura se sortir d ‘affaire et réaliser de vraies performances économiques.

    Prenons quelques exemples pour caractériser ce désarroi que même un été chaud et ensoleillé ne saura dissiper, hélas : la défection d’un joueur au football, certes remarquable au plan professionnel, même s’il n’a pas toujours irréprochable sur le reste, occupe la plume de tous les commentateurs ! Rendez vous compte alors que des problèmes graves se présentent, voilà de quoi on parle ! A cause d’une lombalgie d’un joueur qui a mal supporté son éviction d’un prix mondial de football (on lui souhaite du fond du cœur un prompt rétablissement) la France risque de faire une mauvaise performance au Brésil ! Et j’en passe : la plupart des manchettes des journaux titrent là-dessus. Que faire ? Rien car c’est ainsi.

    Mais ce qui est encore plus frappant, c’est la façon dont on détourne l’attention des gens des vrais problèmes. On met en avant la percée diplomatique et les quelques mots échangés entre le président US et son homologue russe. Mais en réalité, la France ne sera nullement associée à quelque règlement que ce soit, et, de plus, on ne voit pas comment les choses pourraient s’arranger, puisque Poutine a annexé la Crimée et Obama parle de nouvelles sanctions encore plus dures contre la Russie.

    Que reste –t-il à la France ? La reine Elizabeth II qui n’a pas vraiment l’intention de céder sa place à son fils le prince Charles et qui effectue une interminable visite à Paris. C’est très bien mais dans l’intervalle, les décisions à prendre peinent à venir. Les problèmes de la première banque française avec la justice US, la situation à l’UMP et au PS, la crise du chômage, le fronde des députés de la majorité, etc…

    Je comprends que l’on parle de la finale de la coupe de tennis à Roland Garros, de la coupe du monde du football au Brésil, du 14 juillet et du tour de France.

    Mais la France et les Français, on en parle quand ?

  • Les cérémonies du soixante dizième anniversaire du Débarquement en Normandie et leur instrumentalisation politique et médiatique

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    Que l’on me comprenne bien, et je souhaite d’emblée couper court à un éventuel malentendu : je m’incline respectueusement et avec gratitude devant le sacrifice suprême consenti par des milliers et des milliers de soldats alliés, qui sont venus de tous les pays du monde pour libérer la France de la botte nazie. Je salue aussi avec une émotion  non feinte l’hommage enfin rendu, après 70 ans d’attente, aux victimes civiles (plus de trois mille dès le premier jour, le 6 juin) dues aux bombardements massifs de la flotte et de l’aviation alliées sur la Normandie.

    Mais il faut savoir faire preuve de pudeur et de retenue : les seuls à devoir être mis en avant et à être l’objet de tous les égards sont les vétérans et non les hommes politiques, d’ici ou d’ailleurs, qui tentent d’instrumentaliser ces cérémonies pour se remettre en selle ou faire oublier leurs échecs. Certes, il faut accueillir les invités de marque, mais tout de même, quand on voit l’insistance mise à décrire l’aspect vestimentaire d’une grande dame, Sa Majesté la reine Elisabeth II, on se demande s’il s’agit d’un défilé de mode ou d’un hommage rendu à ceux et à celles qui y laissèrent leur vie ce jour là, il y a 70 ans ! Et je ne parle même pas de ce double dîner qui a fait les choux gras de la presse tant continentale qu’insulaire, voire transatlantique…

    Et ce matin, dès la première heure, tous les écrans de télévision sont occupés par ces commémorations et par rien d’autre. Une nouvelle fois, la presse mondiale fait le procès d’un travers bien français : la commémoration, les défilés pompeux, les exhibitions organisées, même dans d’autres milieux. En France, ce n’est pas que le président du moment qui affectionne de descendre les Champs Elysées en grand pompe, il y a aussi les footballeurs ou les rugbymen, et pire encore, même lorsqu’ils n’ont pas gagné mais sont parvenus en finale : ce sont les Français qui ont inventé la notion de vice champion du monde. Incroyable ! Ou on gagne ou on perd… Mais voilà, on vit sur le passé, sur la grandeur qui n’existe plus, voire même on l’entretient copieusement.

    Au fond, comme le faisait remarquer un historien avisé ce matin sur BFM télé, cette page n’est pas vraiment à la gloire de la France puisqu’elle fut battue et occupée et qu’il fallut un vaste coalition mondiale de libérateurs pour la remettre sur pied. La Résistance elle-même, malgré son dévouement remarquable et l’héroïsme de ses membres, n’y serait jamais parvenue toute seule..

    Ces remarques désabusées ne sont pas celles d’un rabat joie. C’est bien de rappeler à un peuple que sa liberté et son indépendance peuvent être en danger du jour au lendemain, c’est bien de former la jeunesse aux valeurs du patriotisme et de la bravoure qui sont aux antipodes du chauvinisme et du nationalisme.

    Je le répète, ce sont les survivants et les familles des victimes qui doivent faire les discours et relataient l’enfer qu’ils vécurent ces journées là. J’ai revu hier soir, pour la énième fois ce film remarquable Le jour le plus long : on y voit, grâce à cette superproduction US, le dévouement et l’esprit de sacrifice de ces soldats, jusqu’à ce bref mais poignant dialogue entre deux officiers alliés. L’un demande si l’on doit rappeler les bateaux afin de procéder à une évacuation générale des troupes, l’autre le reprend sèchement et dit qu’on ira jusqu’au bout, c’est-à-dire la victoire….

    Voilà une belle leçon de résistance et de courage, d’hommes qui se battent au péril de leur vie, et ne jouent pas à conserver le pouvoir ou à se refaire une popularité sur le dos des autres.

    La presse étrangère, surtout celle des pays dont les dirigeants sont présents ce jour à Ouistreham, ne se prive pas de se moquer de la France et de fustiger son goût immodéré pour cette gloriole qui accompagne toutes ces exhibitions. Et elle fait un rapprochement désagréable avec la vraie situation économique et sociale du pays. Certains ont même la malice de parler du score du FN aux dernières élections. Il y a donc un hiatus entre ce que nous vivons ce jour et la crise morale profonde que traverse le pays.

    Il faut rendre hommage à ceux qui ont donné leur vie pour que la France et l’Europe soient enfin débarrassées de la peste brune. Quand je pense que dès le lendemain du Débarquement les Nazis ont fusillé près de 100 résistants à la prison de Caen. Quand je pense que cette ville a été rasée au deux tiers et que les Britanniques ont mis six semaines à la libérer tant la résistance des occupants fut forte.

    Cette commémoration, mieux ajustée, doit aussi nous aider à comprendre la nécessité vitale d’une entente parfaite entre la France et l’Allemagne. Hélas, la parité entre ces deux pays n’existe plus et des termes comme le moteur ou le couple franco-allemand appartiennent à un passé révolu.

    La France doit se livrer à un examen de conscience, elle doit faire un retour sur soi. La philosophie allemande appelle cela eine Selbstbesinnung, une sorte de héshbone ha-néfésh.

    Enfin, de tels événements doivent être le fruit d’une collaboration étroite entre les forces vives de la Nation et les pouvoirs publiques. Tous les régimes, tous les gouvernements doivent en tenir compte.

  • La France est elle devenue un pays à la dérive?

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    La France est elle devenue un pays à la dérive ?

    C’est bien la question que tout le monde se pose, ici comme ailleurs, depuis qu’on a constaté la décomposition de l’UMP à laquelle le PS, au pouvoir, n’a rien à envier. Depuis qu’il a perdu l’élection présidentielle et qu’il n’a plus de chef, l’UMP est paralysée et le désamour dont souffre le pouvoir socialiste ne lui profite guère et va en bloc au Front National. Quant au PS, la chute de François Hollande dans les sondages et le peu d’espoir de voir survenir une embellie économique ont parachevé d’en faire une coque vide. Par ailleurs, son groupe parlementaire à l’Assemblée est au bord de l’éclatement.. c’est donc un paysage apocalyptique !

    La France traverse donc une crise profonde ; cela a commencé par une crise économique et cela se poursuit par une crise morale. Plus personne ne croit à la politique ni aux politiciens. Jamais un président de la Ve république n’avait atteint de tels abîmes d’impopularité comme l’actuel locateur de l’Elysée. Même les journaux réputés de sensibilité de gauche comme Libération et Le Monde se distancient du gouvernement et de sa politique.. Mais un malheur n’arrive jamais seul, voilà que l’ancien président semble avoir décidé de hâter, d’accélérer son retour, ce qui ne va pas manquer de faire l’effet d’un coup de pied dans la fourmilière..

    C’est trop tôt et dans l’UMP l’écurie des présidentiables piaffe d’impatience, une impatience qui va se transformer en hostilité s’ils se sentent talonnés par leur ancien chef auquel ils ne souhaitent vraiment pas bonne chance. Pour le moment, les intentions de l’ancien chef de l’Etat ne sont pas claires : veut il la présidence de l’UMP pour en faire sa machine de guerre en vue d e reconquérir le pouvoir ou cherche t il simplement à se dispenser d’une primaire pour 2017 ?

    Dans les deux cas de figure, cela va provoquer une véritable panique à l’UMP. Car NS peut très bien faire un constat de déliquescence et signer l’acte de décès de l’UMP. IL créera un autre parti avec les militants qui lui seront restés fidèles..

    Au Ps prévalent au moins autant sujets d’inquiétude ! Les sondages disent que seuls 3% des électeurs souhaitent que Fr Hollande se représente en 2017. D’autres signalent que le PS ne sera pas présent au second tour. D’autres vont même jusqu’à dire que ni Fr Hollande ni N S ne seront présents en 2017 : ce serait Manuel Valls pour le PS et Alain Juppé pour l’UMP…

    On le constate, c’est un vrai tremblement de terre qui risque de profiter aux extrêmes. Le problème est que ceux qui ont en charge la conduite des affaires ne se rendent pas compte de l’état du pays. Le moral n’a jamais été aussi bas et la côte de popularité du chef de l’Etat ne remonte guère.. Il n y a toujours pas de croissance, le chômage ne baisse même plus et le système est bloqué : la résistance des institutions est aussi leur paralysie : trois ans sans que rien ne bouge : est ce que le peuple va le supporter ?

    Que Dieu protège la France.

  • Les prisons, école du radicalisme islamiste?

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    Les prisons, école du radicalisme islamiste ?

    L’administration pénitentiaire le savait depuis bien longtemps et l’avait signalé en bonne et due forme aux autorités qui avaient temporisé et comme d’habitude, fini par ne rien faire. Aujourd’hui, le drame sanglant de Bruxelles nous met tous devant nos responsabilités : il faut agir contre ce fléau, on ne peut plus attendre.

    Les témoignages d’anciens détenus sont éloquents, on a pu les suivre ce matin  sur I-Télé : les appels à la prière, les emprunts de livres séditieux dans les bibliothèques carcérales, sans même parler des cybercafés où l’on peut consulter des sites exhibant des décapitations ou donnant les recettes pour fabriquer une bombe et commettre des attentats.

    On se souvient que le sinistre Mohammed Mera avait soulevé l’indignation d’une mère musulmane de Toulouse au motif qu’il avait contraint son enfant à visionner avec lui des scènes atroces sur internet. Le jeune garçon s’en était plaint à sa mère qui avait adressé maintes mises en garde à Mera…

    Que faire ? Faut il interdire les prières collectives ? Faut il mettre à l’isolement les meneurs ? Faut il donner plus d’instructions aux aumôniers musulmans des prisons ?

    Un député de l’UMP, ancien directeur adjoint du ministère  de l’intérieur du temps de Nicolas Sarkozy a déposé un projet de loi pour lutter contre ce fléau qui représente un danger réel. Il prévoit le blocage d’accès à de tels sites. Sera-ce suffisant ? Il est permis d’en douter. C’est toute une politique qu’il faut revoir et s’attacher à ce seul point nodal dont tout le mal découle : pourquoi ces jeunes musulmans qui basculent dans la délinquance croient ils trouver en ce terrorisme islamique la panacée, la réponse à tous leurs problèmes ? Pourquoi se détournent ils si entièrement de la socio-culture française qui leur a tout donné sur le sol de France ?

    J’en ai personnellement une petite idée mais il semble que les postulats des pouvoirs publics s’enracinent dans des approches qui ne sont pas en adéquation avec le mal dont souffre le pays. Certes, une large portion de la population française est encore animée par des clichés et des préjugés. Et trois fois hélas, cette attitude ne facilite pas les choses. Il y a ce quasi confinement dans des banlieues reculées, éloignées de tout où le seul moyen de gagner  sa vie est l’économie souterraine qui parvient à attirer même des enfants de moins de 15 ans !

    Cette absence d’intégration favorise l’apparition d’une quantité de phantasmes puisque les seules institutions de la République avec lesquelles ces gens sont en contact sont soit les bureaux de pôle emploi soit l’administration pénitentiaire et la justice. Quand vous vous trouvez dans une telle situation, vous devenez une proie facile pour le premier prédicateur venu qui n’a aucun mal à vous convaincre que vous êtes victime d’une injustice criante, que le salut ne viendra que de Dieu, etc…, du djihad et ainsi de suite.

    L’Etat français tente de combattre ces dérives par des instruments juridiques car nous sommes un Etat de droit. C’est juste et c’est bien, mais il faut aussi aller sur le terrain religieux, théologique et philosophique. Il faut s’en référer à l’islam des Lumières au Moyen Age, avec al-Farabi, Avicenne et Averroès. Il faut faire connaître l’œuvre d’ibn Tufayl qui fut, je le rappelle, le premier, au milieu du XIIe siècle, à avoir fait la critique philosophe des religions révélées. C’est remarquable.

    Mais nous ne devons pas occulter le fait que ces grands philosophes, sincèrement attachés à leurs traditions religieuses, tenaient aussi à la Raison. Mais ils n’eurent plus d’héritiers ni de continuateurs de leur ligne de pensée. Selon le grand islamologue Bernard Lewis, le Moyen Age a fait irruption dans cette culture après les Lumières… En d’autres termes, il y eut un renversement de tendance qui explique en partie la situation actuelle.

    C’est ce défi qu’il convient de relever et malheureusement on n’en prend pas le chemin avec des mesurettes. Pour y parvenir, il faut un consensus national car c’est une affaire qui touche tout le pays.

    Si on ne le fait pas, on se prépare des lendemains difficiles.

    Maurice-Ruben HAYOUN

    In Tribune de Genève du 4 juin 2014

  • Vers un gouvernement mixte Hamas-Fatah?

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    Vers un gouvernement d’union nationale Hamas-Fatah ?

    Allons nous vraiment vers un tel gouvernement réunissant dans une même entité les frères ennemis ? Une telle formation est annoncée pour aujourd’hui, mais comme cela arrive habituellement avec de telles organisations proche orientales, il y des obstacles de dernière minute. Quelles sont les chances de viabilité d’un tel gouvernement ? Il suffit de se reporter aux réserves des gouvernements israélien et américain pour répondre à une telle question. Les hommes de Ramallah vivent presque en bonne intelligence avec l’Etat d’Israël qu’ils ont reconnu depuis belle lurette alors que les terroristes du Hamas ne ratent pas une seule occasion de clamer leur volonté d’en finir avec l’entité sioniste, ainsi qu’ils nomment leur puissant voisin..

    Comment donc former un gouvernement à l’aide de membres qui ne sont d’accord sur rien, les uns ont signé des accords que les autres dénoncent avec virulence ? Je sais bien que le Proche Orient est une région du monde où le cartésianisme n’est pas la chose du monde le mieux partagée, mais on espérait qu’après tant d’années de luttes sanglantes on parviendrait enfin à un accord et que même une paix boiteuse serait préférable à la guerre.

    Mais il faut aussi faire la part des choses : les Arabes nous ont habitués à faire le contraire de ce qu’ils disent, afin de sauver la face et de ne pas ruiner leur prestige aux yeux des masses nourries d’antisémitisme et de haine d’Israël. Même le Hamas a besoin d’Israël qui fournit à Gaza de l’électricité, des médicaments, des centraux téléphoniques et tant d’autres choses.. Personnellement, je m’en félicite étant entendu qu’aucun état de guerre permanent ne saurait perdurer indéfiniment. Mais il faut une grande dose d’espoir pour continuer d’y croire.

    Ce qui semble plus préoccupant, c’est l’attitude ambiguë d’une administration US en fin de parcours et à bout de souffle : Barack Obama et sa politique étrangère butent contre leurs limites, l’actuel locataire de la Maison Blanche peine à trouver un second souffle. Il se désengage sur tous les fronts et même ses alliés traditionnels ( Arabie, états arabes modérés) ne lui font plus confiance, sans même parler d’Israël qui attend impatiemment le départ d’Obama et le retour d’un meilleur président US, de préférence issu des rangs républicains. La même crise de confiance prévaut  avec d’autres alliés comme le Japon, la Thaïlande et la Corée du sud… Visiblement, Barack Obama  aura du mal à finir son mandat. Les Républicains lui font la vie dure et s’inquiètent de la perte accrue d’influence des USA dans le monde. Ils ont assisté impuissants à l’attitude incompréhensible de leur président face à Vladimir Poutine qui a osé modifier le tracé des frontières en Europe alors qu’il était intangible depuis la fin de la seconde guerre mondiale… Des sénateurs US ont exprimé leur stupéfaction mais cela n’a rien changé. Il faut dire que depuis la reculade en Syrie, la crédibilité américaine a été sérieusement atteinte.

    Certes, il faut reconnaître que le chaudron syrien peut réserver des surprises et depuis l’attentat sanglant de Bruxelles certains comprennent mieux la réserve des USA : comment frapper Assad si des mouvements terroristes et islamistes devaient prendre sa place et transformer le pays en base de départ pour commettre des méfaits partout dans le monde ?

    Tout ceci est peu rassurant. Espérons que le reste du monde écoutera Israël et adoptera une attitude prudente face à ce gouvernement palestinien dont les douleurs de l’enfantement laissent mal augurer de son efficacité..

    Cela dure depuis tant d’années et tant d’autres choses pourraient être réalisées. Des œuvres de paix, de développement et de coopération.

     

  • En lisant les cahiers d'Albert Camus…

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                                      En lisant les caernets d’Albert Camus :

    Si vous parcourez comme je l’ai fait avec un plaisir infini ces différents cahiers d’Albert Camus, réédités par Gallimard, ne manquez pas de lire, en même temps ou aussitôt après, un émouvant texte de souvenirs, rédigé par l’un de ses amis d’Alger, Abel Paul Pitous.. Certes, ce texte qui ne couvre pas plus de quatre vingt dix pages, a sûrement été réécrit par les éditeurs mais cela ne lui a pas fait perdre un zeste de son incontestable sincérité. Il s’agit d’un homme, ayant le même âge que Camus, qui habitait la même rue que lui, qui fut scolarisé dans la même école élémentaire que lui et surtout qui jouait au football avec lui et se livra parfois à des contorsions pour le faire admettre comme gardien de but dans l’équipe d’une école dont il n’était pas l’élève. La vie ou l’intelligence des deux amis de classe et de voisinage finit par les séparer, leurs études les éloignèrent l’un de l’autre lorsque Camus, élève supérieurement doué, alla au lycée et réussit son bac haut la main tandis que le jeune Pitous partit en apprentissage… Mais ils continuèrent de se voir jusqu’au début des années trente.

    Le témoignage de ce condisciple de Camus est assez poignant sans être mièvre et nous fait découvrir le milieu exact où vivait le futur Prix Nobel de littérature. Ce document se présente comme une lettre qu’on envoie à un ami passé à l’éternité mais que l’on n’a pas oublié. Pitous y mêle la nostalgie à l’admiration : on sent un peu de gêne mais jamais de jalousie ni d’envie. On a l’impression qu’il se dit : j’ai durant de longues années partagé la vie d’une sommité, d’une célébrité future de la littérature et pourtant ce jeune garçon si frêle, maladif et dont la famille était aussi miséreuse que la mienne, est devenu une étoile au firmament de la culture mondiale. Avec lui, j’ai joué au football, avec lui j’ai partagé le maigre sandwich que nos mères nous remettaient pour déjeuner… C’était un bon camarade, solidaire, conscient de ses talents sans jamais être arrogant, un ami, un bon camarade.

    Et tout cela en s’adressant à Camus lui-même puisque cette lettre lui est destinée comme un courrier d’outre-tombe. La photo qui orne la couverture du livre nous montre un jeune Camus, à peine âgé de douze ou treize ans, habillé comme les enfants de mineurs dans des corons. A cette différence près qu’à Alger il y avait toujours du soleil, contrairement au nord de la France où le ciel bas et le crachin, quand ce n’est le froid mordant de l’hiver, achèvent de rendre triste une vie déjà bien difficile.

    Les anecdotes vraies sont nombreuses dans ce petit livre. Il en est une qui m’a particulièrement ému : le jeune Pitous doit aller en fin d’après midi après le match de foot à une réunion amicale. A cet effet on lui a acheté un costume tout neuf avec , précise t il, un pantalon long, comme les grands, comme adultes, alors que d’habitude tout ce petit monde circulait en culottes courtes. Je ne sais comment, le beau costume de Pitous est volé dans les vestiaires ou ce qui en tient lieu et il rentre avec ses chaussures crottées à la maison, espérant pouvoir trouver au moins un short ou quelque chose d’équivalent. Et voilà que sa maman avait remis ses deus seuls shorts à la teinturerie (en Algérie, les gens disaient : au dégraissage !). Malheur ! Que faire ? Camus et un autre camarade arrivent et trouvent un Pitous désemparé, en plein désarroi. Mais les deux garçons étaient, eux, bien habillés, endimanchés. Camus propose de suite une solution : nous partons mais nous revenons au plus vite afin de ne pas te laisser seul et pour passer la soirée avec toi. Et voici qu’en un temps record, les deux copains réapparaissent en short, d’un aussi mauvais état que celui de Pitous. Tant de solidarité, tant de dignité même dans un milieu si miséreux.

    Et ce thème de la misère nous servira de transition pour la suite, c’est-à-dire les cahiers dont il faut dire un mot. Tout n’est pas d’un niveau exceptionnel mais on peut relever quelques perles. Il faut aussi souligner la misère noire de la mère de Camus, veuve de guerre, obligée de faire des ménages pour joindre les deux bouts. Mais encore une fois, que de dignité ! Pitous reproduit les échanges avec les oncles de Camus qui étaient des illettrés (l’un des deux était même un ivrogne) et leur discours était incompréhensible, mais que de droiture, que de solidarité, que de soin de leur sœur, la mère de Camus…

    Pitous expliquait dans sa lettre posthume qu’on avait tout pris à ces pauvres gens, tout sauf leur dignité qui était chevillée à leur corps.  Lorsque la mère de Camus relève que leur réduit est si sombre, il lui répond : en hiver, ce sera très triste… Pas de plainte, pas la moindre révolte, pas de remise en cause d’un ordre social si inique, surtout dans une société coloniales.

    Le 21 octobre 1937 (il a déjà 24 ans) Camus se plaint de devoir voyager pauvrement, de se contenter d’un repas par jour, de compter et recompter le peu d’argent qu’il a, etc… Que d’énergie dépensée quand on n’a pas les moyens.

    Voici ce que Camus disait de la politique et des politiques en1937… La crise du politique doit, à mon humble avis, remonter au moins à Platon, le père de la cité parfaite qui n’a jamais existé autrement que dans son cerveau. Les érudits lisent tout ; c’est ainsi qu’en me plongeant dans le premier Carnet d’Albert Camus, j’ai relevé un certain nombre de déclarations intéressantes sur Luther, Kierkegaard, le protestantisme, etc… mais la plus prophétique me semble être celle-ci qui achève de discréditer entièrement la politique et les politiques :

    Chaque fois que j’entends un discours politique, ou que je lis ceux qui nous dirigent, je suis effrayé depuis des années de n’entendre rien qui rende un son humain. Ce sont toujours les mêmes mots qui disent les mêmes mensonges. Et que les hommes s’en accommodent, que la colère du peuple n’ait pas encore brisé les fantoches, j’y vois la preuve que les hommes n’accordent aucune importance à leur gouvernement et qu’ils jouent vraiment, oui, qu’ils jouent avec toute une partie de leur vie et de leurs intérêts soi-)disant vitaux… (Albert Camus, Carnets I Mai 1935-Février 1942, pp 55-56 Gallimard, folio, 2013)

    Cela se passe de commentaire ; on se croirait en mai 2014 !!

    Et voici une autre citation tout aussi éloquente :

    La politique et le sort des hommes sont formés par des hommes sans idéal et sans grandeur Ceux qui ont une grandeur en eux ne font pas de politique. Ainsi de tout. Mais il s’agit maintenant de créer en soi un nouvel homme. Il s’agit que des hommes d’action soient aussi des hommes d’idéal et les poètes industriels. Il s’agit de vivre ses rêves  -- de les agir. Avant, on y renonçait ou s’y perdait. Il faut ne pas s’y perdre et n’y pas renoncer. (Ibid. p 87.

    Quand je pense qu’il écrivait cela en 1937……

    Lorsque la guerre éclate, Camus ne peut pas être mobilisé car il est malade et le conseil de révision le réforme définitivement. Il note un échange avec un lieutenant qui dit textuellement ceci : mais ce petit est très malade, nous ne pouvons pas le prendre. Camus commente ; ce petit a 27 ans et a une vie… Et je sais ce que je veux (p 156)

    Voici ce qu’il écrira le 7 septembre 1939 : Ce monde est écœurant et cette montée universelle de lâcheté, cette dérision du courage, cette contrefaçon de la grandeur, ce dépérissement de l’honneur

    Je ne peux pas ne pas évoquer la visite de Pitous dans le cimetière du petit village de Lourmarin. Il a beau chercher la tombe de son ami, il ne la trouve pas. Jusqu’au moment où il croise un couple qui lui indique une tombe des plus modestes, non surmontée d’une croix. Un Prix Nobel modestement enterré au point qu’on ne trouve pas même son lieu de sépulture. Quelle humilité.

    Camus a souhaité une sépulture correspondante à sa manière de vivre : avec humilité.

    Gloire à sa mémoire, lui dont tous les lycéens de France et de Navarre ont étudié et expliqué les textes.

  • L'auteur de l'attentat du Musée juif de Bruxelles, un Français arrêté avant hier?

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    Si  le Français, natif de Roubaix et âgé de 29 ans , est vraiment l’auteur de la tuerie de Bruxelles, c’est très grave..…

     

     

     

    La nouvelle est tombée de manière tout à fait inattendue : sans rien dire, les service du contre terrorisme ont arrêté un Français de Roubaix, probablement issu de l’immigration ou converti à l’islam et qui a séjourné en Syrie les années précédentes. Il était, lors de son interpellation, en possession d’une kalachnikov et d’un revolver semblables aux armes ayant fait quatre morts au Musée juif de Bruxelles.

     

     

     

    Si cela s’avérait, ce serait très grave et accréditerait la thèse de la dangerosité des cellules dormantes constituées de jeunes djihadistes revenus de Syrie en Europe afin d’y commettre des attentats, comme on l’a vu dans la capitale belge.

     

     

     

    Plus aucun membre de la communauté juive française ou d’ailleurs, plus aucun citoyen européen, quelle que soit sa dénomination religieuse, ne restera insensible à cette découverte : ces gens, résidant sur le sol européen, ne vivent pas dans les pays occidentaux où ils ont vu le our, ils ne font qu’y habiter. A quelles fins ? Afin d’y semer la destruction et la mort. Evidemment, nous ne parlons que d’une infime minorité mais comme chacun sait, il suffit d’un fanatique pour créer des drames, semer la mort et la destruction.

     

     

     

    Les autorités ont mis trop de temps à réaliser ce qui se pasait. Même Manuel Valls a réagi avec retard et son successeur a certes pris la mesure du danger mais peine à réagir. En Europe, les régimes sont tous de nature démocratique, mais il faut savoir réagir pour protéger les populations. La police le sait bien, les armes à feu circulent dans les banlieues et dans certaines cités de grandes villes parfaitement identifiées. Et pourtant, on tarde à agir. Que se serait il passé si le drame s’était produit en France ou en Suisse ?

     

     

     

    Vous vous souvenez sûrement de la une du Figaro il y a quelques semaines qui parlait de l’émigration massive et continue des Juifs de France en direction d’Israël : eh bien, cela va reprendre avec cet argument puissant qui serait le suivant : l’assassin était un Français, si cela, je le répète, devait s’avérer.

     

     

     

    Il ne fait pas jeter l’opprobre sur toute une communauté ou sur une appartenance religieuse. Les fanatiques ou les fous furieux peuvent surgir partout. Mais, hélas, les victimes ou les cibles, dans ce contexte précis, sont toujours les juifs.

     

    Les plus anciens parmi vous se souviennent peut-être de l’article que j’avais publié dans Le Figaro lors de l’attaque d’un lycée juif de la banlieue parisienne. Le titre de cet article était le suivant : Ne confondons vigilance avec alarmisme. Aujourd’hui, je pense qu’il faut s’alarmer. La situation a changé.

     

     

     

    Est ce que les autorités de ce continent ont fait preuve de laxisme ? Je l’ignore mais je peux dire que les mesures prises ne sont pas suffisantes. Ce que l’on redoutait s’est produit depuis longtemps : les djihadistes de Syrie sont de retour dans leur pays de naissance et commettent des attentats sanglants. Rien qu’en France, selon des indications parues dans la presse, ils seraient près de 800 à s’être rendus en Syrie. Certains sont morts au combat, d’autres sont sûrement revenus. Déjà, il y a quelques semaines, la sœur de Merah a semé la consternation lorsqu’on s’est rendu compte, tardivement, qu’elle avait déjoué la surveillance pour rejoindre son compagnon en Syrie avec ses enfants. Et au nez et à la barbe de la police.

     

     

     

    Je suis inquiet pour la suite. Je vois déjà les craintes légitimes de gens qui se sentiront menacés, même si les autorités ont renforcé la surveillance autour des bâtiments et des lieux de culte de la communauté juive.

     

     

     

    Allons nous assister au déut d’un exode massif vers Israël ? Est ce les terroristes vont réussir à vider la France de ses juifs et contraindre ces derniers à s’éloigner d’un pays et d’une culture auxquels ils sont attachés ?

     

     

     

    J’espère que non mais je reste inquiet. Cela signifie qu’une nébuleuse terroriste existe, s’organise et peut commettre des attentats sanglants.

     

     

     

    Il faut aussi féliciter les services qui ont mis la main sur ce Français qui demeure pour l’instant un suspect sur lequel pèsent de très graves charges.