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  • Franz ROSENZWEIG, Il est grand temps, traduit de l'allemand et annoté par Maurice-Ruben Hayoun

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      Il est grand temps…  (Ps. 119 ; 126)

     

     

                   Considérations sur l’éducation juive d’aujourd’hui (1917)

     

     

     

     

     

     

     

                                        (Lettre ouverte à Hermann Cohen)[1]

     

     

     

     

     

     

     

                                               Par Franz ROSENZWEIG

     

     

     

     

     

     

     

    Si je vous présente aujourd’hui par écrit ces pensées et ces considérations, c’est parce que je ne suis pas certain de pouvoir vous les exposer oralement dans un avenir proche[2]. Et je ne pouvais plus les conserver par devers moi car la vie est brève et chaque instant  précieux. Je les remets donc entre vos mains, vous qu’une écrasante majorité des juifs d’Allemagne qui voit l’avenir de son judaïsme dans le cadre de la communauté nationale allemande, honore toujours comme son guide spirituel. Car que cette conception soit ou non justifiée, elle n’en demeure pas moins la seule hypothèse valable pour prendre connaissance des exigences de l’heure. Et c’est seulement dans le cadre des circonstances actuelles, que les idées clairement exposées ici pourront ou devront recevoir une traduction politique[3].

     

     

     

     

     

     

     

    Dans l’état actuel de l’Allemagne, l’éducation juive dans ce pays se limite, à ce jour,  au cours d’instruction religieuse. En raison de l’urbanisation et de la stratification considérable de la majeure partie  de la population  juive,  ce cours se résume, à son tour, principalement au problème suivant : l’enseignement de la religion juive au lycée, au lycée technique et au lycée professionnel[4]. Mais dans les plupart des milieux, et notamment les plus influents, les choses ont pris une tournure telle que ces deux programmes de «cours de religion» qui ne sont suivis que durant peu d’années, constituent, avec quelques sermons prononcés à la synagogue lors des grandes fêtes religieuses, l’unique source de «savoir juif», glané par les élèves-juristes, et par ceux qui se destinent aux professions de santé et du commerce[5]. La nécessité d’y remédier est connue depuis longtemps et l’on s’y emploie sérieusement depuis quelque temps sans, toutefois, avoir pleinement pris conscience de la spécificité de ce problème, et par voie de conséquence,  avec peu de clairvoyance et d’efficacité.

     

     

     

     

     

     

     

    Les résolutions adoptées lors du congrès rabbinique[6] de l’été 1916 à ce sujet éveillent  l’impression, consciente ou inconsciente,  sans même parler des carences d’une organisation extérieure, que l’on fait face à une difficulté majeure, propre au cours de religion chrétienne, à savoir : comment développer la sensibilité religieuse avec des moyens pédagogiques susceptibles d’agir sur l’entendement ? En vérité, la question de l’enseignement religieux du judaïsme se pose de façon totalement différente. L’enjeu, ici, n’est pas la création d’un domaine où seraient circonscrites les questions mondaines et auquel les autres matières enseignées pourraient introduire l’élève ; ici, l’objectif est de placer l’élève dans une «sphère spécifiquement juive», nettement distincte d’un autre environnement culturel. Pour la population juive d’Allemagne dont il est question ici et qui a, depuis ces trois dernières générations, perdu le sens de ce qu’est un foyer juif, cette sphère n’est disponible que dans le cadre synagogal.  Par conséquent, la tâche qui incombe à l’enseignement de la religion juive ne peut être que celle-ci : recréer entre les prières synagogales et l’individu un contact qui n’est plus automatique puisqu’il n’est plus fourni par son foyer de naissance.[7]

     

     

     

     

     

     

     

    A l’aune de ce noble concept qu’est l’instruction religieuse, un tel objectif apparaît à la fois petit et limité. Mais celui qui connaît le rôle de filtre et de réceptacle joué par notre liturgie[8] synagogale, et combien tout ceci, d’un point de vue juif, s’est révélé profitable et   bénéfique dans notre histoire intellectuelle vieille de trois millénaires, comprendra que tout ce que nous souhaitons se trouve résumé dans ce petit espace. Admettons, pour en rester à des comparaisons littéraires, que le corpus biblique antique constitue la source et le fondement de tout judaïsme vivant, admettons que les textes talmudico-rabbiniques en soient l’encyclopédie d’une époque ultérieure et que sa période philosophique en représente l’idéalisation la plus raffinée, eh bien la quintessence et le compendium, le  manuel et le mémorial de tout ce judaïsme historique n’en restent pas moins le siddour (rituel de prières quotidiennes) et les mahzorim (les rituels des jours de fêtes).[9]  Celui pour lequel ces deux volumes ne sont pas un livre scellé, celui-là a fait plus que saisir «l’essence du judaïsme», il en a pris possession, un peu comme on incorpore de la vie à son être le plus profond, oui, cet homme là possède un «univers juif».

     

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  • L'étrange silence des media français sur l'affaire de l'enlèvement de jeunes Israéliens

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    Pourquoi ce silence assourdissant des médias français sur l'enlèvement des trois lycéens israéliens? Même des hauts fonctionnaires de l'Etat s'en étonnent, pour ne pas dire, s'en émeuvent. Certes, il y a cette horrible coupe du monde de football qui cannibalise tout le reste: on ne parle plus de la Syrie, ni du Mali, ni du Sahel, juste un peu de l'Irak où tout va mal et pour lequel Barack Obama, fidèle à son tempérament, tergiverse, au point que les médias US se demandent s'il existe vraiment une politique américaine au Proche Orient, tandis la Chine et l'Asie revendiquent exclusivement l'attention de l'unique hyperpuissance au monde.

    Les médias de l'Hexagone se taisent, pourquoi? Est ce in nouveau revirement à l'égard de la politique d'Israël? Est ce une manière de dire que faut de pourparlers de paix, les extrémistes se livrent à ce genre d'exactions? Dans ce cas, ce serait une analyste trop simpliste. Les Israéliens ont autant besoin de la paix que leurs voisins palestiniens. Quoiqu'il arrive, ces deux peuples seront amenés un jour, que je souhaite proche, à vivre en paix et à coopérer. Mais les embûches sur ce chemin vers la paix sont très nombreuses.

    J'en retiendrai deux, principalement: le statut de la ville de Jérusalem et les réfugiés. Voila deux points sur lesquels, les Palestiniens, aiguillonnés par leurs frères arabes, font de la surenchère.

    J'ai déjà eu l'occasion de citer cette phrase d'une grand historien judéo-français concernant Jérusalem: s'il faut rendre Jérusalem à quelqu'un, ce serait aux Jébuséens! Allusion à la conquête de cette ville, qui n'était alors qu'un simple petit village de quelques centaines de personnes, juché sur un piton rocheux, complètement aride… Comme l'atteste la Bible, cette affaire remonte à plus de trois mille ans, or David a les dates suivantes= 1040-970 avent l'ère chrétienne. Où étaient l'Islam à ce moment là?

    Certes, il faut laisser une place aux deux autres religions monothéistes, issus du tronc commun juif ou hébraïque. Et je pense que cela est envisageable.

    La question du retour des réfugiés est nettement plus délicate en raison du risque de changement d'équilibre. La Realpolitik dicte le constat suivant: au sein des frontières reconnues d'Israël vivent près d'1,300.000 israéliens arabes Au sein d'un Etat qui se veut un Etat juif, cela pourrait poser des problèmes à la longue. Mais même cette affaire n'est pas insoluble. Un fait de nature majeure et presque passé inaperçu, mérite la mention: la volont de recruter, sur la base du volontariat, des Arabes chrétiens (pour le moment) au sein de Tsahal. Cele crée une brèche dans ce front du refus absolu qui tenait à contster Israël du sein même d'Israël. Voila une démarche risquée.

    Quant aux musulmans dotés d'un passeport israélien, il eut été très cruel de l'intimer l'ordre de se battre contre ceux qu'ils considèrent comme leurs frères, par la culture, la religion et l'histoire.

    Mais serait il vraiment impossible d'aller de l'avant? Il faut garder espoir.

  • L'impérialisme du foot nous fait oublier la date du 18 juin 40

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    A cause du foot l'anniversaire du 18 juin est passée à la trappe

    Moi-même je ne m'en étais pas rendu, tout pris que 'étais par un travail à achever. C'est un de mes amis préfets de la république qui me l'a rappelée, lors d'un déjeuner auquel il avait eu la délicatesse de l'inviter.

    Comment cela a t il été possible? Le général de Gaulle, l'homme du 18 juin, celui a relevé la tête, a refuser de suivre la voie du déshonneur et de la compromission avec la barbarie nazie, pratiquement oubliée par une presse qui ignore ses devoirs depuis fort longtemps et n'a d'yeux que sur l'audilat et les tirages. Certes, ces deux éléments ne sont pas à négliger, mais tout de même privilégier le foot par rapport à la naisance de la Résistance contre l'occupant nazi, c'est quelque chose.

    Certains élèves ou écoliers ignorent jusqu'au nom du chef de la France libre. Est ce concevable? Mais chaque lycée connaît les noms et prénoms des attaquants des bleus!! Quelle régression!!

    Chaque matin, chaque midi et chaque soir, on nous montre ces joueurs, on nous renseigne sur leurs aist et gestes omme la survie de la nation en dépendait. Même si vous voulez écouter les informations, ce n'est pas possible. En Israël, trois lycéens sont portés disparus, en Syrie, les attentats succèdent aux attentats, en Irak, les djihadistes sont tout près de Bagdad, et nous nous nous laissons bercer ou berner par ces gens.

    Je me soubiens du titre d'un livre de Jean-François Revel, Comment meurent les démocraties……

    A méditer

  • Les trois jeunes Israéliens enlevés: les dangers courus par le Hamas

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    Le Hamas et les trois lycéens enlevés

    Il n'a pas vraiment l'air de s'en rendre compte mais de graves dangers planent sur le mouvement islamiste palestinien s'il ne rend pas au plus vite les jeunes Israéliens vivants à leurs parents et au gouvernement  de Benjamin Netanyahou. Mahmoud Abbas ne s'y est pas trompé lui qui a accusé les ravisseurs de chercher la destruction des Palestiniens. Il a très bien compris l'enjeu: si ces jeunes ne rentraient pas chez ou, bien pire, s'il leur arrivait quelque chose d'irréparable, ce serait la fin du mouvement du Hamas. Jamais Tsahal ne laissera pareil crime impuni. Mais c'est probablement ce que cherchent les ravisseurs qui font probablement partie d'une aile extrémiste du Hamas (sic) si cela peut encore exister, et qui veulent faire capoter les pourparlers de paix, déjà mal en point.

    Tsahal a déjà mobilisé des centaines, voire des milliers d'hommes, aux frontières et a procédé, pour l'instant, à des dizaines d'arrestations. Mais le Premier Ministre Netanyahou a déjà dit qu'il est hors de question de négocier une nouvelle affaire Shalit. Faute de quoi, on aurait des enlèvements chaque jour que Dieu fait.

    Si l'offensive qui se prépare est vraiment lancée, le Hamas en tant que force politique et militaire a du souci à se faire pour la suite de son existence. Même les gens de Ramallah en sont conscients et auront ainsi l'occasion de remplir le vide laissé par le parti islamiste qui n'a aucun agenda politique mais pratique, à intervalles réguliers, la fuite en avant

    La situation peut dégénérer d'un moment à 'autre. Certains en Israël, même des ministres, pensent qu'il faut faire de la vie du Hamas un enfer. Et si ces gens ne se calment pas au plus vite, cela risque bien d'être le cas.
    Mais dans une telle région où la raison n'est jamais suivie, le message sera t il entendu?

  • La situation en Irak dicte un rapprochement entre les USA et l'Iran des Mollahs

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    La siituation en Irak dicte un rapprochement entre les USA et l’Iran des Mollahs

    On ne peut jamais prévoir l’avenir. Et l’Histoire est faite de rapprochements ou d’éloignements aussi inattendus qu’imprévisibles. Ce que l’on entend depuis 48 heures est absolument inouï et si quelqu’un l’avait simplement imaginé dans ses rêves les plus fous, tous ses auditeurs l’auraient regardé avec le plus grand désarroi : un rapprochement, certes objectif et dicté par des faits incroyables, est en train de se produire entre deux ennemis irréductibles : L’Iran des Mollahs et les USA. Depuis plus de trente ans, ces deux pays n’entretiennent plus aucune relation officielle (en dépit de quelques négociations secrètes même du temps d’Ahmaninedjad) et ont même failli se faire la guerre. Depuis l’assaut de l’ambassade US à Téhéran et l’emprisonnement de longs mois durant de tout son personnel diplomatique, rien n’allait plus entre ces deux pays. Et les sanctions économiques et bancaires à l’encontre des Mollahs n’avaient pas arrangé les choses. Sans même parler de la saisie de plusieurs milliards de dollars d’avoirs iraniens dont Téhéran réclamait la restitution, la gorge sèche, sans que cela n’émeuve le moins du monde Washington…

    Il y eut aussi les cyber attaques coorganisées par Tsahal et l’armée US qui paralysèrent les avancées nucléaires des Iraniens.  Et causèrent d’immenses dégâts.

    Certes, M. Obama qui est un exemple parfait de l’attentisme diplomatique US lorsque les Démocrates sont au pouvoir aux USA, avait toujours entretenu une diplomatie  parallèle et discrète, notamment à Oman avec le régime des Mollahs car il espère toujours que la génération montante et l’élection de M. Rouhani instilleront des changements pour aboutir enfin à un changement de régime sur place. C’est un véritable pari sur l’avenir qu’une conjonction absolument imprévue de faits est venu confirmer : la situation déplorable de l’Irak qui risque d’être conquis dans sa quasi totalité par les fanatiques de l’Etat Islamique en Irak et au Levant.

    On sait que depuis son élection, l’actuel premier ministre chiite de ce pays pratique une politique qui évince de tous les postes importants les sunnites, la minorité du pays qui avait porté Saddam au pouvoir et avait abouti de longues années durant à l’oppression des chiites. Depuis la chute de Saddam, Nouri al Maliki se venge et tient les oppresseurs d’hier à l’écart. Ce sont ces mêmes Sunnites qui ont ouvert leurs bras et leurs villes aux islamistes, encadrés par d’anciens officiers de Saddam qui rêvent de prendre leur revanche.

    Téhéran qui s’est nettement rapproché de Bagdad regarde avec inquiétude ce qui se passe à ses frontières et se montre très inquiet sur l’avenir des sanctuaires chiites en Irak. Les USA, sollicités par Nouri al-Maliki veulent bien ralentir l’avance des djihadistes sur la capitale irakienne, appellent de leurs vœux une alliance militaire ponctuelle avec les Mollahs contre les colonnes de l’EIIL fonçant sur la capitale irakienne Apparemment, cette alliance de fait est déjà entrée en action.

    Il est encore trop tôt pour se prononcer sur les conséquences de cette fraternité d’armes (si j’ose dire) entre les ennemis d’hier. Sur place, les Mollahs sont contraints à la plus grande prudence car comment expliquer du jour au lendemain que l’on se bat désormais aux côtés du grand Satan ? Je sais bien que cette nation est l’héritière des plus grands exégètes  que la terre ait jamais portés…… Ils sont même plus forts que les Florentins . Mais tout de même ! Dans ce cas d’espèce, même les raisonnements les plus subtiles, les contorsions exégétiques les plus risquées n’y parviendraient pas. Et surtout, quelles conséquences une telle action militaire combinée aura t elle sur l’avenir des relations avec Israël ?

    On a l’habitude de dire qu’en politique rien n’est jamais définitif. Je pense qu’il faudrait en dire autant en matière de politique étrangère.

    MRH

  • Sommes condamnés à vivre éternellement avec le football?

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    Sommes nous condamnés à vivre éternellement avec le football et les footballeurs ?

    On peut légitimement se poser la question : pourquoi donc impose t on le ballon rond au centre de nos vies ? Regardez les télévisions du monde entier, pas une seule ne fait l’impasse sur ce qui se passe au Brésil, un pays certes émergent mais qui fait encore partie du tiers monde et qui a englouti des milliards dans des opérations de prestige au lieu d’en faire profiter une population qui assume au quotidien les difficultés de la vie. Et pourquoi ? Parce que la vie dans nos sociétés contemporaines a été vidée de toute  valeur spirituelle ou religieuse.

    Cet engouement, pour ne pas dire ce fétichisme, a déjà fait basculer nombre d’équilibres dans les sociétés où nous vivons. Mais pourquoi donc des nations si intelligentes et si développées hissent au rang de héros des gens si étranges et dont le seul mérite est de savoir taper dans une balle ? Comment peut on ériger en modèles des gens dont le niveau d’instruction, d’expression et de pensée est ce qu’il est ?

    Que l’on me comprenne bien : je me livre à aucune allusion désobligeante mais je m’interroge seulement sur la place prise par ce phénomène dans nos vies. Un exemple de cette disparité de traitement dans l’actualité : au moment où nous composons, des milliers de gens, en Syrie, en Irak, voire même en Afghanistan meurent sous les balles des terroristes, quittent leurs maisons et deviennent des réfugiés… Eh bien, les journalistes leur consacrent quelques phrases et le tour est joué en quelques seconde, alors que les mêmes consacrent de longues et ennuyeuses minutes à évoquer le cas de ce joueur du Bayern, exclu du jeu pour cause de lombalgie… Je lui souhaite un prompt rétablissement mais tout de même les nouvelles devraient rétablir un certain équilibre.

    Mais la cerise sur le gâteau revient à ce journaliste qui en est venu à exprimer le vœu des plus hautes autorités de l’Etat pour se requinquer politiquement : que la France fasse un bon score et cela redonnera du cœur  aux Français ! Seigneur, à quoi cela tien !!

    Comment voulez vous que les nations civilisées d’Europe servent de modèle aux autres ? Le sport, c’est bien mais il est lui aussi, comme la politique, gangréné par tant de défauts, voire de maladies.

    Il convient de l’assainir et de le régénérer.

  • La France serait elle redevenue ingouvernable?

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    Les grèves en France : ce pays serait il redevenu ingouvernable ?

    Décidément les mauvais génies de la France sont de retour : des syndicats minoritaires bloquent tout un pays, menacent la tenue en bon ordre du bac, sanction des études du collège et du lycée en France, commandant l’accès à l’enseignement supérieur. Et tout cela pourquoi ? Parce qu’une poignée de cheminots que la troupe et la police auraient pu mater sans difficultés, prennent en otage des millions d’usage, au nom, si fortement prétendu, du service public.

    Depuis l’époque oubliée de Georges Pompidou, on disait déjà que la France était coupée end eux, et pas uniquement dans un sens météorologique. Il y a dans ce pays des forces opposées aux réformes, arcbouté sur un corporatisme à toute épreuve et qui n’hésite pas à mettre l’ensemble du pays à genoux pour faire triompher ses revendications salariales ou statutaires.  On se souvient des négociations sur les retraites ; chacun savait, tant au gouvernement d’alors que chez les syndicats, que ce pays ne pouvait plus poursuivre sur sa lancée, vivre à crédit, laisser filer les déficits et qu’un jour il faudrait bien faire les comptes et redresser la barre. On n’y est pas arrivé. Imaginez un pays avec plus d’une dizaine de régimes privés, public, semi privés, semi public, semi privé et dont certains salariés partent en retraite à cinquante ans ou à cinquante cinq ans. Et qui veulent une retraite à taux plein ainsi que cinq semaines de vacances d’été sans compter les innombrables vacances d’hier, de Pâques et les week ends (je veux dire les ponts et les viaducs.

    Mais mes pensées vont aujourd’hui à celles et à ceux qui se demandent avec angoisse s’ils vont pouvoir se rendre dans les centres d’examen pour subir les épreuves du bac. J’imagine que ces grévistes ont un des enfants ou, à défaut, un cœur. Que ne pensent ils à ces centaines de milliers de jeunes (près de 700 000) qui, par leur faute, sont entrés dans un état de fébrilité, peu compatible avec le passade d’examens qui vont déterminer leur avenir.

    Dans tout autre pays au monde, ces grévistes auraient fait une pause. Mais il faut dire aussi que la passivité, les atermoiements, l’absence de courage des gouvernements successifs ont largement développé le sentiment d’impunité. Si les débutés votaient l’intervention de l’armée, les choses rentreraient dans l’ordre en moins d’une nuit. Mais voilà pour ce faire, il faudrait avoir des hommes politiques courageux et non pas des hommes qui gouvernent sur la foi des sondages.

    Il faut réagir .

  • A travers l'Irak, c'est l'ensemble du Moyen Orient qui est menacé

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    A travers l’Irak, c’est tout le Moyen Orient qui est menacé…

    C’est ce que l’on récolte après la politique à courte vue de Nouri al-Maliki qui a mené  une politique de ségrégation à l’égard des sunnites lesquels se sont sentis rejetés et ont ouvert leurs bras et les portes de leurs villes aux membre d’al-Quaida. Le résultat est là sous nos yeux : ce n’est ni la stratégie ni la bravoure des terroristes islamistes qui expliquent leur avancée foudroyante, mais la volonté des populations sunnites locales de secouer le joug du chiite al-Maliki. Certes, la majorité chiite a souffert le martyre sous Saddam, mais aujourd’hui il est parfaitement suicidaire de les rejeter. La preuve, les villes d’Irak qui tombent les unes après les autres, au point que certains quartiers du nord de Bagdad sont déjà menacés. Or, si les terroristes peuvent compter sur l’aide des populations sunnites locales, alors les carottes sont cuites.

    Ce qui est grave ; ce sont les répercussions sur l’ensemble de la région. C’est si grave que même l’Arabie Saoudite ne sera pas épargnée. Quant à la Syrie, Bachar bientôt faire figure de héros de la démocratie et de muraille contre l’intégrisme. Quel retournement de situation

    Et pendant ce temps, Obama, qui n’a rien vu venir, s’interroge et p !se le pour et le contre pour agir ou laisser mettre al-Maliki à genoux. Mais l’Iran veille et s’il intervient pour sauver les chiites, l’Arabie ne le permettra pas.……

  • Les islamistes vont ils conquérir l'Irak?

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    Al-Quaida va t elle conquérir l’Irak ?

    Les nouvelles en provenance de l’Irak ne sont vraiment pas bonnes. L’Etat islamique en au Levant et en Irak a déployé une offensive fulgurante qui lui a permis de conquérir des villes dans le pays de Saddam Hussein et de foncer en direction de Bagdad. L’armée irakienne ou ce qui en tenait lieu s’est débandée et est en fuite. Et savez vous ce que fait l’inénarrable premier ministre chiite Nouri al Maliki, eh bien, au lieu de réorganiser son armée, de la galvaniser et de prendre la tête d’une contre offensive, il menace de punir les déserteurs et fait appel à des brigades de volontaires…

    Il arrive que l’on se pose des questions angoissantes sur le mode de fonctionnement de certains peuples et de certains dirigeants de cette région du monde ! Mais quand on le fait, on se voit reprocher d’être anti ceci ou anti cela, alors qu’il n’en est rien. Ce fossé culturel s’avère infranchissable…

    Toute la faute retombe sur les choix impertinents du premier ministre actuel qui pratique une véritable politique de ségrégation à l’égard des sunnites dont les chiites ont eu, c’est indéniable, à souffrir du temps de Saddam. Mais on peut tout faire avec du ressentiment, sauf une politique ! Cet homme n’a pas évolué et n’a rien vu venir. Souvenez vous, il y a encore quelques mois, il accusait les Kurdes de velléités séparatistes au motif qu’ils défendaient leur Kurdistan et voilà qu’aujourd’hui il leur lance un appel au secours. Le même homme menaçait alors les Peshmergas de dures sanctions..

    Il a commis les mêmes erreurs avec les USA au point que ceux ci ont retiré leurs troupes combattantes de ce pays. Et aujourd’hui, si dans les heures qui viennent, les USA ne mitraillent pas les colonnes djihadistes fonçant sur Bagdad, le drapeau d’al-Quaida flottera sur édifices de la capitale irakienne. Voilà où Nouri al Maliki a conduit son pays : dans l’impasse.

    Et il ne faut pas oublier sa politique de rapprochement avec l’Iran, l’ennemi juré des USA et d’Israël.

    Le monde arabo-musulman est en état de choc. Partout gronde la colère et les pouvoirs en place sont en sursis. Que faire ? Même la survenue de la démocratie donne lieu à des débordements et à des violences. Mais imaginez vous un pays comme l’Irak aux mains d’al-Quaida ? Dans un Proche Orient qui ressemble à une poudrière ? C’est impossible.

    Les USA vont intervenir et après la défaite des djihadistes, Nouri al Maliki sera remplacé. Mais le jour d’après, que se passera t il ? Dieu seul le sait…

  • Franz Rosenzweig, Les Bâtisseurs. De la loi. A Martin Buber

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    Les bâtisseurs, A Martin BUBER

                                                              De la loi

    Pour Monsieur Elie CHETRIT qui est lui aussi, à sa façon, un bâtisseur.

    Tous tes fils seront des disciples de Dieu et grande sera la paix de tes fils (Isaïe 54 ;13). Ne lis pas banayikh, tes fils mais plutôt bonayikh, tes bâtisseurs.

    Très estimé ami,

    En lisant vos Discours sur le judaïsme, je m’étonne de voir qu’ils forment aujourd’hui un petit recueil de toute une décennie et que vous êtes devenu le héraut et le défenseur de nos générations, la mienne autant que la suivante. Dans le vif débat dans lequel une première lecture de ces Discours  a entraîné nos pensée, on pouvait perdre de vue ce fait ; mais en les parcourant de nouveau à tête reposée, sans en faire une lecture objective mais avec, comment dire, une certaine excitation autobiographique, il nous apparaît alors clairement que ce sont là nos propres mots que vous avez été le premier à prononcer.

    Comme le montre l’introduction, vous avez été vous aussi sous l’emprise d’une rétrospective autobiographique en relisant  globalement ces huit discours. Non pas dans l’esprit d’une rétrospective historique  car vous n’aviez pas encore le recul nécessaire, ni par rapport à vous même ni par rapport aux Discours en question. Il s’agit plutôt  d’un examen personnel du passé à l’aune du présent et en vue de l’avenir. Vous savez combien je me sens justement proche de l’auteur de cette introduction. En la lisant pour la première fois il y a quelques mois, j’accueillis en toute bonne foi l’assurance que votre état d’esprit actuel à partir duquel vous vous penchiez sur le chemin parcouru ne représentait pour vous qu’une  clarification et non pas une conversion. C’est seulement ayant maintenant ces paroles en mémoire que je procède à une relecture de vos propos d’alors et que je comprends comment vous avez pu dire ce que vous avez dit et que vous êtes le seul à pouvoir le faire. C’est que la parole ne demeure pas l’apanage exclusif  de son auteur ; celui auquel elle s’adresse, celui qui l’entend et ceux qui la relèvent, tous ceux là  en deviennent les copropriétaires. La fortune que cette parole connaît auprès de ces personnes est bien la leur, voire même bien plus que ce qu’entendait son auteur originel en la prononçant. Or, pour les auditeurs et les lecteurs de ces Discours, cette nouvelle introduction résonne plus comme une conversion que comme une simple clarification. A vos yeux, il ne s’agissait que d’une clarification car vous êtes resté le même, mais pour vos paroles il s’agissait bien d’une conversion, une authentique métamorphose.

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