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  • Comment fonctionne le couple Hollande-Valls?

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    Comment fonctionne le couple Hollande-Valls ?

    Apparemment ce couple de l’exécutif fonctionne plutôt bien à ses débuts. Les deux hommes ont les mêmes idées, le même objectif et à peu de choses près, la même idéologie, ce qui n’était pas le cas précédemment. En outre, l’entente entre le chef de l’Etat et son premier ministre a réduit au silence ou presque l’actuel ministre du redressement productif qui se voit de plus en plus marginalisé. C’est que les investisseurs désertent l’Hexagone à cause de lui.

    En deux mois ou presque, le Premier Ministre est apparu trois fois au journal de 20 heures, celui de la plus forte écoute. Nous l’avons même suivi hier soir sur TF1 : l’homme est énergique, plein de bonne volonté, désireux d’aller vite et en profondeur, mais remontera t il la pente avec un tel boulet ? Ce n’est pas sûr. Avec tout le respect dû au couple de l’exécutif, on se demande comment fera Manuel Valls pour enrayer la descente aux enfers de François Hollande. Or, Valls a lui-même perdu quatre points depuis son arrivée. Alors, comment faire ?

    Faudra t il gouverner seul, sans le président ? Lui demandera t il de se faire tout petit en attendant des jours meilleurs ? C’est inconcevable, impensable … Pourtant, à moins d’un miracle, rien ne semble atténuer, sans même parler de bloquer, cette impopularité.
    Le problème est que tous les symboles grâce auxquels cet homme fut élu ont volé en éclats. A t il la baraka ? C’est dur à dire mais elle semble absente.

    Il avait parlé d’une république exemplaire, d’un président transparent et proche des Français, il avait nié l’existence de la crise et dit que le seul problème était N.S., il avait promis l’inversion de la courbe du chômage, etc, etc …… Il avait même promis de ne pas augmenter les impôts ! Et les citoyens de ce pays n’ont rien vu venir…

    Faut-il dissoudre ? Mais la gauche ne le permettrait pas et le régime n’y survivrait pas. Pourtant, c’est une idée qui hante les responsables socialistes : comment faire avec l’actuel président ? Certains de ses conseillers, en désespoir de cause, lui ont suggéré d’adopter une posture plus présidentielle, de voyager, de prendre du champ…… Rien n’y fit, il est tout juste à 18% et même son premier ministre perd des points malgré des débuts encourageants.

    M. Hollande a perdu deux ans, ce que les Français commencent à réaliser. D’où leur insensibilité et leur récusation.

    Pourtant, il faut tout faire pour regagner leur confiance.

  • V. Outine et l'Anschluss de la Crimée

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    Vladimir Poutine et l’Ansclusse de la Crimée

     

     

     

    Il n ‘existe pas d’autre terme pour qualifier l’acte irresponsable de M. Poutine en Crimée que celui qui fut choisi par Adolf Hitler pour faire main basse sur l’Autriche, peu de temps avant la seconde guerre mondiale : l’Anschluss. On croyait de telles mœurs absolument révolues et voici qu’un leader politique d’un ancien grand pays les remet d’actualité… Et il fait la même chose que le leader nazi : il fait défiler son armée dans le territoire qu’il a arraché à une pauvre Ukraine, incapable de se défendre. Exactement la même chose qu’en 1938. Il a fait la même chose qu’Hitler en faisant croire qu’un référendum l’appelait à réunir ce territoire à la grande Russie.

     

     

     

    A dire vrai je doute que cette Crimée revienne un jour dans le giron de la mère patrie ukrainienne. Mais il ‘en est pas moins honteux de la part de Vladimir Poutine d’avoir agi aussi cyniquement et aussi cruellement. Au moment où nous composons, l’Ukraine de l’Est est déchiré par des mouvements séparatistes qui veulent démembrer le pays. Les morts commencent à se compter par dizaines et l’armée régulière ukrainienne a réagi avec retard.

     

    Au cynisme éhonté de M. Poutine devrait répondre l’aide tout aussi sournoise de l’OTAN. Il faut aider cette armée ukrainienne à regagner le terrain perdu. Mais c’est à elle de réfléchir aux moyens de nature à rendre l’occupation de leur Crimée très coûteuse et très risquée.

     

     

     

    Le monde libre a aussi un grave problème qui ne se résoudra que dans un peu moins de deux ans : la présence de M. Obama a la Maison Blanche. Voilà un homme qui prouve pour la nouvelle fois (mais sera ce la dernière ?) qu’il n’est pas à la hauteur de la fonction. Qu’aurait fait JFK dans un tel cas ? Mais la question ne se pose pas, tant la comparaison est impossible entre un ludion et une grande phallène …

     

     

     

    A cause de M. Obama, qui fait encore confiance aux USA ? Ni les Etats du Golgfe, ni l’Egypte, ni Israël, ni même la France depuis la volte face au sujet de la Syrie…

     

     

     

    M. Poutine avait un boulevard, il s’y est engagé. Quand on pense qu’il a menacé les USA au cas où ils  violeraient la légalité internationale. Et voilà qu’il démembre un Etat souverain et en annexe une partie

     

  • Pourquoi les Juifs français quittent ils Leur pays pour Israël?

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    Pourquoi les Juifs français émigrent ils en Israël ? A propos de l’article du FIGARO de ce 9 mai

     

     

     

    Les journalistes traitent, comme leur nom l’indique bien, des événements du jour. Ils portent à notre connaissance  de simples lecteurs une quantité d’éléments sans avoir parfois le temps d’approfondir. On ne saurait le leur reprocher, faute de quoi il faudrait que ces messieurs-dames fussent des professeurs ou des philosophes. Ce qui est loin d’être le cas. Disons, pour être juste, qu’on leur doit d’être sensibilisé à des sujets ou à des courants d’idées, sociaux, politiques ou économiques, qu’on n’aurait guère relvés sans leur concours.

     

     

     

    Et ceci vaut évidemment de bel article expliquant les motivations de certains Français de confession juive de quitter Paris et les grandes villes de notre pays pour refaire leur vie, ou carrément, en changer en terre d’Israël. Dans l’écrasante majorité des cas, et je tiens à le dire, tous ces gens, du plus jeune ou plus vieux (car, en effet, tant de retraités affectionnent les journées ensoleillées d’Israël), ne rompent jamais avec la France, même s’ils ont parfois la dent dure à l’égard de tous les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, au motif qu’aucun ne combat, ni n’a combattu, comme il se doit, l’antisémitisme.

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  • Peut on faire confiance à M. Poutine?

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    Peut on faire confiance à M. Poutine?

    Ce n'est pas sûr tant l'homme est futant et retors, mais une chose demeure certaine, dès que l'on a touché aux avoirs de ses suppots les plus proches, il a tout de suite compris que le jeu n'env alait pas la chandelle/ Imaginez vous que l'on estime sa fortune personnelle, dissimulée dans des investissements ananonymes; à plusieurs milliards de dollars… Or, pour une fois, les USA n'y sont pas allés avec le dos de la cuiller. S'il prenait fantaisie à M. Poutine de rzfaire ce qu'il a commis; il saura à quoi s'en tenir.

    Reste le cas de la Crimée où les choses sont allées très vite. Certes, certains pays peuvent se réclamer de ce précédent pour expliquer que rien n'est jamais gravé dans le marbre, que tout évolue et que même l'Ukraine est un conglomérat artificiel de régions très différentes les unes des autres.. C'est possible. Mais il demeure que c'est un chef d'Etat ruse qui a osé retracer les frontières héritées de Yakta et de la seconde guerre mondiale.

    A dire vrai, je doute fort que l'on puisse faire rendre gorge à la Russie. Il faut absolument définir avec elle ce que doit être sa place dans l'Europe et dans le monde. Même si je suis réservé à l'égard de M. Poutine, je dois bien reconnaître que son encerclement potentiel par les pays membres de l'OTAN, anciennement membre du Pacte de Varsovie, ne peut laisser personne indifférent. Et puis il y a le spectre du dclin. La Russie n'a plus que 120 millions d'habitants et les prévisions parlent d'une baisse de sa population. Face à elle, les USAA déploient leur superpuissance..

    Il faut donc que l'UE fasse des propositions à l'ancien ours soviétique afin qu'il se tienne tranquille. Il suffit de voir combien la Pologne et les Etata baltes sont gagnés par la peut pour être convaincus de la nécesité d'une entente.

    Pour la Crimée, c'est triste, mais si ses habitants veulent la Russie, que faire?

  • Pour la libération des jeunes filles kidnappées par Boco Haram

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    Pour la libération des jeunes filles kidnappées par la secte Boco Haram

    Pour la première fois depuis fort longtemps, il y a une action de mobilisation internationale de très grande ampleur, contre un outrage fait à la morale, aux bonnes mœurs et à la dignité humaine.

    L’infâme secte fanatique du Nigéria, Boco haram, a osé enlever plus de deux cents jeunes filles ou fillettes qu’elle se propose de mettre en vente à près de 10 Euros pièce (sic), ce qui équivaut à une affreuse résurrection du marché aux esclaves. Sauf qu’ici, il s’agit aussi de prostitution forcée et d’esclavagisme sexuel. Que de telles pratiques aient pu renaître dans le continent africain et que des jeunes filles en soient victimes a produit un véritable électrochoc. De Barack Obama à François Hollande en passant par le premier ministre britannique David Cameron et la quasi totalité des gouvernements du monde civilisé, tous se liguent pour retrouver ces pauvres jeunes filles et les rendre à leurs familles.

    Ce matin tôt, j’ai pu voir sur une chaîne d’information continue, les gesticulations du chef fou de cette secte qui menaçait la terre entière en anglais, et il était atteint de convulsions dues à une prise de drogues dures… Il disait même vouloir attenter à la vie des grands dirigeants occidentaux.

    Serait il si compliqué de débarrasser la terre de ce type de fous furieux et de criminels qui en infectent la surface, voire bien plus ? On dispose d’armes hyper sophistiquées, de moyens de détection encore jamais atteints, ne pouvons nous pas neutraliser ce fou et sa bande qui, en un an, ont tué des centaines, voire des milliers de chrétiens des régions où ils sévissent, semant derrière eux la mort et la destruction ? Leur prédilection trouve sa traduction dans la destruction des églises, ce qui confère à leurs actes toute l’apprence d’une guerre de religions..

    Le Nigéria est un pays de très vaste superficie, mais il dispose tout de même d’une armée et de gros moyens militaires : mais pourquoi donc ne rétablit il pas la loi et l’ordre chez lui ?

    Cet acte barbare consistant à enlever des jeunes filles pour en faire non de la chair à canon mais à plaisir pour  des monstres, a suscité en Europe, notamment en France, des réactions inhabituelles de la part de certains… C’est ainsi qu’un parlementaire a émis un twitt dans lequel il constate que l’Afrique n’a pas attendu l’Occident pour introduire l’esclavage ! C’est peut-être vrai historiquement dans certains cas, mais on ne comprend pas très bien l’à propos de cette déclaration.. Que certains négriers aient été des roitelets noirs d’Afrique qui vendaient leurs frères ou leurs compatriotes comme esclaves, ce fait est  malheureusement établi depuis longtemps ; mais on ne comprend pas le rappel de ce fait dans le contexte actuel. Ce qui importe, c’est de voler au secours de ces pauvres captives et de les rendre à leurs familles

    Il faut aussi souhaiter que l’on nous débarrasse une fois pour toutes de ces fous qui salissent tout ce qu’ils touchent et se comportent comme des bêtes sanguinaires et malfaisantes..

  • Comment le plus vieux manuscrit de la Bible hébraïque fut exfiltré par le Mossad de Syrie vers Israël

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    L’hsitoire rocambolesque du plan ancien manuscrit de la Bible hébraïque=

                   ou comment le codex d’Alep fut exfiltré de Syrie vers Israël

    Le livre de Matti Friedman, Le codex d’Alep ou l’étrange destin d’un manuscrit sacré vient de paraître en traduction française aux éditions Albin Michel. Il ne s’agit évidemment pas d’une analyse scientifique offerte par un codicologue réputé à propos de ce manuscrit qui remonte à peu avant l’an mil de notre ère et constitue la version la plus ancienne actuellement disponible de notre Bible hébraïque, c’est-à-dire des vingt-quatre livres du canon juif. C’est dire l’importance vitale de ce manuscrit qui connut un incroyable périple pour finir dans un coffre hyper blindé du Musée Ben Zwi en Israël.

    Le livre de Friedmann se présente comme un vrai thriller, un réel roman d’espionnage, sauf qu’à la fin de l’ouvrage vous trouverez les identités des gens qui prirent part à ce sauvetage d’une nature particulière ; presque aussi important, sinon plus que celui concernant les juifs bloqués en Syrie où le régime les maintenait en semi réclusion afin de les utiliser comme une éventuelle monnaie d’échange. Tout le monde a encore en mémoire les inlassables efforts, tenaces ou continus de M. Roger Pinto et de son organisation SIONA qui déployèrent une campagne puissante en faveur de la sortie des juifs de Syrie, laquelle finit par être couronnée de succès. J’ai moi-même un vendredi soir au Hilton de Tel Aviv pris mon dîner de chabbat avec Danielle tout près d’une belle table dont les nombreux occupants priaient avec un accent séfarade particulier. Après la birkat ha-mazone, je leur demandai quelle était leur origine. La réponse fut celle-ci : nous sommes des juifs syriens qui vivons à New York, à Caracas et à Panama… Mais nous sommes tous nés à Alep.

    Eh bien, c’est à des juifs syriens que nous devons la garde, la conservation, la vénération et le sauvetage de ce vieux manuscrit biblique bimillénaire qu’ils nommaient avec respect, Ha-Kéter, la couronne en hébreu. Ce thème fut développé par un auteur israélien d’origine syrienne, Amnon Shamosh auquel ce journaliste américain a emprunté un peu de l’histoire qui s’est déroulée sur place…

    Pourquoi avoir tant tenu à ce vieux manuscrit et avoir monté une vaste opération des services secrets pour l’arracher à des mains hostiles ? Quelques éléments pour bien comprendre : la langue hébraïque est une langue dite consonantique, c’es-à-dire qu’à l’origine, comme dans les rouleaux de la Tora, les mots ne sont pas vocalisés. Mais on arrive à lire grâce à des matres lectionis (immot ha-keri’a) qui nous renseignent sur la qualité et la nature de la voyelle. Exemple, le yod nous dit qu’il faut lire I et le waw qu’il faut livre O ou OU . Lorsque la Bible hébraïque fut transmise de génération en génération à des familles de massorétes (transmetteurs de la tradition, donc de la tradition écrite), jusqu’à Aharon ben Asher, on vocalisa le texte et on lui donna, à quelques détails près, la forme que nous lui connaissons aujourd’hui.

    J’insiste sur ce point : la récupération de cet unique témoin qu’est le Kéter était une garantie de la fidélité de notre Bible à la tradition de nos ancêtres, faute de quoi nous n’aurions pu nous appuyer que sur des copies plus récentes, plus proches de nous et donc, moins fiables. Comme on suppose que les massorètes en question opéraient à Tibériade puisqu’ils reprirent le système vocalique en vigueur dans cette ville d’Israël, on peut imaginer que le Kéter partit ensuite de cette cité vers l’Egypte où des migrants juifs le transportèrent et que, suite à des troubles ayant éclaté sur place, il fut transféré secrètement en Syrie où les rabbins le cachèrent et veillèrent jalousement sur lui.

    Le professeur Ben Zwi, grand ethnologue et second président de l’Etat d’Israël, avait bien avant la refondation de l’Etat d’Israël, tenté de mettre la main sur le Kéter, voire de le rapatrier en Palestine mandataire. Mais en vain. Il buta sur des difficultés dont les moins fortes n’étaient pas dues à la communauté juive de Damas où le Kéter était caché.

    Je ne peux pas tout vous raconter car cela relève du roman d’espionnage. Ce manuscrit a vraiment eu de la chance, surtout suite à des incendies de la synagogue où il était caché, incendies provoqués par des émeutiers arabes furieux du vote de partage de l’ONU en 1947.

    Friedman a pu s’entretenir avec des témoins vivant depuis lors en Israël. Du temps où ils vivaient dans le pays de Syrie (Aram Tsova), ces témoins des faits étaient très jeunes. Ils lui ont raconté comment les Syriens les empêchaient de sortir du pays, voire même de voyager d’une ville à l’autre au sein même des frontières..

    Lorsque des envoyés de Terre sainte arrivaient à Alep, jadis sous mandat français, on n’imagine pas la réticence des dirigeants communautaires locaux qui étaient constamment sous leur garde. Ne croyez pas qu’ils permettaient un accès direct et facile aux experts du futur Etat d’Israël : Au début, ils ne voulaient même pas qu’on photographie le Kéter. Lorsqu’ils comprirent enfin qu’il y allait de la mémoire et de l’authenticité de la tradition religieuse de tout Israël, ils e radoucirent et se montrèrent plus souples.

    L’incident le plus grave eut lieu à Alep lorsque le conseil de l’ONU vota le partage de la Palestine en deux parties, l’une juive, l’autre arabe. Ces derniers, notamment les Syriens proclamèrent le Djihad et incendièrent la grande synagogue d’Alep, détruisirent des centaines d’oratoires et brutalisèrent nombre de juifs. Le gouvernement syrien, mais aussi égyptien, se firent menaçants en disant que la naissance d’un Etat juif ruinerait la sécurité et même la vie des juifs résidant en terre d’Islam.

    La propagande arabe se fit encore plus méchante puisque la radio syrienne clamait à longueur de journées que les «sionistes arrachaient les bébés palestiniens des ventres de leurs mères…» On imagine les longs cortèges de volontaires voulant aller se venger des sionistes, comme ils disaient.

    Lorsque la synagogue d’Alep fut réduite à un tas de cendres, les gens, juifs et Arabes, pensèrent que le Kéter avait été la proie des flammes. A part quelques feuillets, il n’en fut rien : habillé d’une djellaba arabe dont le capuchon était rabattu sur sa tête, à la mode arabe, le shamash (bedeau) de la synagogue alla le sortir de sa cachette et le dissimula sous sa vaste robe orientale. Dans les rues avoisinantes, les pillards du lieu saint le saluaient en arabe, pensant, grâce à on accoutrement, qu’il était l’un des leurs.

    Ayant échappé miraculeusement à la destruction par le feu, le Kéter emprunta des chemins détournés pour revenir au lieu qu’il n’aurait jamais dû quitter : la terre d’Israël et la religion juive.

    Au fond, ces pérégrinations du Kéter sont à l’image des hauts et des bas de l’histoire d’Israël : comme le Kéter, il a maintes fois échappé à la disparition physique, comme lui, il fut balloté d’un endroit à l’autre, d’une pays à l’autre, comme lui, il ne dut son salut qu’aà un véritable petit miracle de l’Histoire. Et comme lui, il est désormais en Israël où on le conserve avec plus de précautions que les réserves d’or d e Fort Knox.

    On finira sur une évocation chapitre XXXI de Jérémie, beau texte qui parle de Rachel en pleurs, refusant de se laisser consoler à cause du départ de ses fils en captivité. Le prophète lui intime l’ordre de sécher ses larmes et de cesser de pleurer.

    Car, lui promet il, il y a un avenir pour ta suite et tes fils reviendront sur leur territoire.

    Comme le Kéter.

  • François Hollande chez Jean-Jacques Bourdin

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    François Hollande a t il réussi son passage chez Jean-Jacques Bourdin ?

    Difficile de répondre à cette question, même si l’impression de rattrapage pèse nettement sur cet exercice dans lequel les politiques, de tout bord excellent : expliquer que ce qu’ils ont fait était nécessaire, qu’ils auraient dû en faire plus, mais que justement le pays n’était pas prêt. Bref, que ce n’était pas de leur faute…

    L’impression qui prévaut et qui n’est guère positive pour François Hollande, c’est qu’il est trop tard, que le mal est fait, que les dégâts occasionnés à personne et à son action semblent irréparables. Certes, il a essayé de réagir, de reprendre son fameux couplet moi président et en disant six fois amateurisme…… Mais cela ne suffit pas : aucune des personnes interrogées n’a déclaré être satisfaite ou reprendre confiance. Alors que c’est ce que souhaite l’actuel président très ardemment.

    Au moment où je compose, les commentateurs dissèquent sans pitié le décalage, voire le déphasage, le hiatus entre le programme sur lequel le candidat fut préféré à NS et les grandes lignes de la politique actuelle : en d’autres termes, le président n’est pas libre de pratiquer la politique qu’il juge bonne pour le pays au motif que sa majorité ne pense pas comme lui. La majorité actuelle devient un handicap pour le président.. Ce qui expliquerait largement la nomination de Manuel Valls à Matignon. Mais cela a accentué ce qu’il faut bien nommer un divorce entre le président et la majorité socialiste au parlement.
    Quel paradoxe ! Evidemment, François Hollande ne l’a jamais dit clairement, mais il l’a laissé entendre. C’est ce qu’il avait dit le 14 janvier en soulignant que ceux qui n’ont pas encore vu qu’il était social démocrate n’ont vraiment rien compris. Mais voilà ce ne fut le teneur du discours politique de sa propre campagne. Inadéquation entre un homme devenu pragmatique par la force des choses et une majorité qui veut traduire concrètement son programme économique et social..

    On en est là. Un président que sa majorité à l’Assemblée empêche de faire la politique qu’il juge bonne pour le pays. D’où tous ces atermoiements et ces moments d’hésitation..

    A t il réussi à convaincre ? Les prochains sondages ne le diront très sûrement. Mais ne nous leurrons pas : il ne faut pas s’attendre à des miracles.

  • François Hollande, un président seul et isolé?

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    François Hollande, un président seul et isolé ?

    Impossible, ce matin, de parler d’autre chose, je veux dire la date anniversaire de l’élection de M. Hollande (déjà deux ans !) que les Français dans leur écrasante majorité semblent regretter amèrement. Il ne s’agit pas ici d’une impression personnelle, mais toutes les télévisions, tous les éditorialistes sont d’accord pour signaler les sondages particulièrement défavorables. Exceptés, évidemment, le porte-parole du gouvernement et le président socialiste du groupe PS à l’Assemblée, qui, ex officio, disent que tout va bien.

    Les chiffres des sondages sont sans appel : plus de 35% des électeurs de M. Hollande reconnaissent aujourd’hui qu’ils se sont lourdement trompés et qu’ils ne voteront plus pour lui. Plus de 81% jugent qu’il ne fait pas l’affaire… Des chiffres absolument inédits, inouïs. Certains éditorialistes s’en donnent à cœur joie et soulignent les manquements aux promesses : je ne serai pas le chef de la majorité, l’inversion de la courbe du chômage, je ne serai pas clivant comme N.S., moi président, etc).. Bref, c’est une véritable exécution capitale et c’est dommage à la fois pour le président et pour la France.

    M. Hollande a-t-il été bien inspiré de donner cette interview au JDD où il parle de retournement ? Ce n’est pas si sûr… Les économistes de tout bord ont mis à mal les promesses du chef de l’Etat, mais ce n’est pas tout ! Signe des temps, hier, sur Canal Plus, un journaliste humoristique, est allé jusqu’à demander à Manuel Valls s’il voulait bien garder Fr. Hollande comme président ! C’est que les deux hommes ne se situent pas au même niveau dans les sondages : 18% pour l’hôte de l’Elysée et 58% pour le locataire de Matignon… Un tel couple pourra t il continuer à fonctionner normalement, avec un tel écart ? Cette question a occupé les meilleurs commentateurs de la chose politique, lesquels ont passé en revue les différentes voies pour sortir de cette impasse..

    Commençons par les plus pessimistes, puisque la France semble être la Terre promise de la délectation morose : pendant les trois ans qui lui restent, s’il va jusqu’au bout sans changement de fond (type dissolution de l’Assemblée), rien ne permettra une croissance suffisante pour infléchir sensiblement le chômage. 1% de croissance ne suffira pas pour créer des emplois, stimuler les recettes fiscales et redonner envie aux consommateurs de consommer. Les experts objectifs jugent que seul un taux de croissance de plus de 2% sur de nombreuses années permettra de créer des emplois marchands et de changer significativement la donne.. Or, M. Hollande a lui-même dit (et on pense qu’il faut lui faire crédit sur ce point) qu’il ne se représenterait pas s’il perdait sur le front du chômage… Certes, mais comment vivre pendant ces trois ans, puisque rien ne peut bouger ?

    C’est alors que les plus subtiles mais aussi les plus audacieux des commentateurs échafaudent des plans dont le premier, le plus invraisemblable serait (je dis bien serait tant cela me paraît invraisemblable) : dans le plus grand secret, M. Hollande réunit deux ou trois de ses collaborateurs les plus fidèles et concocte avec eux un message à la nation où il renonce à ses fonctions… Ceci est impossible et ne ressemble guère au tempérament d’un homme qui sait faire face à l’adversité : souvenez vous de ses deux dernières années à la tête du PS ! Il a tenu bon alors que chaque matin que Dieu faisait, il y avait des complots ourdis contre lui…

    Le second plan est plus classique, si j’ose dire : la majorité du PS est traversée par une fronde profonde motivée par la peur des députés de subir, à cause de M. Hollande, le même sort que leurs collègues maires qui ont mordu la poussière. Ce matin sur I-TELE une journaliste a rapporté les propos peu amènes d’un député PS sur le président de la République, je n’ose les reproduire ici dans leur teneur initiale…

    Donc, la majorité refuse de voter, le budget par exemple, car cela ne correspondrait pas à ce qu’attendent ses électeurs.. Le président en tire les conséquences et il convoque de nouvelles élections qui se soldent par un ras de marée de la droite et du FN : près de 420 députés ! Moins d’un député PS sur trois parvient à sauver sa tête… Le président appelle un Premier Ministre issu de cette majorité qui gouverne.

    La question que tout le monde se pose est bien celle-ci : fera t il mieux, réussira t il ? Au fond, tout gouvernement français est pris entre le marteau ( Bruxelles et ses exigences) et l’enclume (les désirs des électeurs)…

    Pendant des décennies, tous les gouvernements, je dis bien tous, ont laissé filer les déficits, adopté un ton paternaliste avec les électeurs, surchargé la barque de l’Etat-providence, vanté les mérites du modèle français, omettant de signaler que c’était à crédit. Le problème est qu’un jour, on finit par devoir rembourser le crédit.

    Et ce jour a fini par arriver.

  • Titre de la noteL’Ukraine, la Russie et l’Union Européenne : une mésentente cordiale

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    L’Ukraine, la Russie et l’Union Européenne : une mésentente cordiale

    Au lieu de s’en tenir aux sanctions économiques et financières qui sont si nécessaires mais gu !re suffisantes, l’UE devrait nouer des contacts avec la Russie de M. Poutine et lui donner des assurances : l’Ukraine ne sera ni membre de l’UE ni, surtout, de l’OTAN. Comprenez la position de M. Poutine. Il sait que la Russie est l’ombre d’elle-même, qu’elle ne fait plus le place face aux USA qui ne cessent de se renforcer et voici que les Occidentaux organisent en sous main la chute du tyran Yanoukovitch et installent à ses protes une sorte de nouvelle base militaire de l’OTAN. C’est la crainte de l’encerclement qui ressurgit. N’oubliez pas que c’est en Ukraine que l’URSS stockait ses armes nucléaires et ses sous marins en Crimée … Comment penser que M. Poutine serait resté inerte ? Par ailleurs, comme me le faisait remarquer mon ami Luc Ferry, l’Ukraine n’a pas encore le niveau pour intégrer l’UE. Et en outre, sa partie orientale est très, trop russophone et russophile pour se couper d’un allié naturel et se tourner vers une UE plus occidentale et plus lointaine. Tant que l’US ne négociera pas avec la Russie pour lui donner des assurances et même des gages, on va vers le bain de sang en Ukraine. Il faut réfléchir à cela et très vite…

  • Les Juifs viennois à la Belle Epoque

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    Les juifs viennois à la Belle époque*..

    Voici un thème à la fois historique et philosophique qui méritait d’être traité avec beaucoup de soin. Vienne, capitale de l’empire austro-hongrois, siège de la fameuse double monarchie qui continue d’alimenter la nostalgie et même le mythe d’une sorte d’Age d’or des nationalités et des langues vivant en bonne intelligence les unes avec les autres, a un passé qui n’a plus rien à voir son présent. Et la période dite de la Belle Epoque a connu l’éclosion de tant de génies dans tous les domaines. C’est d’une certaine manière  ce qui constitue la belle substance de ce livre paru aux éditions Albin Michel.

    La moisson est riche et j’ai eu la bonne surprise de découvrir ici, sous la plume d’un collègue germaniste, une assez bonne connaissance du milieu juif de l’époque, de la Science du judaïsme qui domina la formation des guides spirituels de cette époque, et même des éléments de l’histoire rabbinique en Autriche. C’est ainsi que vous lirez quelques lignes sur les maîtres qui formèrent les intellectuels juifs, les hommes politiques et les rabbins de cette Belle Epoque. Quelle joie de découvrir dans un tel livre, des pages entières sur Adolf Jellinek et son frère Hermann, homme politique qui connut une fin tragique. Jellinek qui était un grand érudit rabbinique, précurseur de Gershom Scholem en matière de recherches kabbalistiques, se faisait appeler Prédicateur à Vienne (Prediger zu Wien), ce qui montre la gravité de la crise dont souffrait le judaïsme de l’époque : certains rabbins ne voulaient même plus porter ce titre publiquement. Pour mieux connaître cette époque, on peut se reporter à mon QSJ ? La science du judaïsme (Presses Universitaires de France, 1995). Je ne peux pas reprendre ici ce qu’avais déjà écrit dans ce Que sais-je ? On peut aussi lire Les Lumières de Cordoue à Berlin (Pocket 2006-7)

    Il y a, quand on parle de la ville de Vienne de cette époque, des noms absolument incontournables : Sigmund Freud évidemment, Gustav Mahler, Arnold Schönberg, Arthur Schnitzler et Stefan Zweig, sans oublier Théodore Herzl, Karl Kraus et Martin Buber. La liste n’est pas exhaustive.

    L’élection de Karl Lueger à la mairie de Vienne fut gagnée à la suite d’un programme visiblement antisémite. Il est vrai qu’à ce moment là, au moins un habitant sur cinq de la capitale autrichienne était un fils d’Israël.  Et parfois même l’aspect vestimentaire et la langue (les Allemands parlaient avec mépris de mauscheln).. les trahissaient de très loin. Ce qui n’empêcha pas Lueger de s’entendre en sous main avec les banquiers, les journalistes et les intellectuels juifs de sa ville.. Les juifs de cette époque étaient répartis, grosso modo, en trois catégories : les assimilationnistes, les orthodoxes ou simplement les conservateurs, et les sionistes. Mais il ne faut pas oublier un dernier membre qui s’était invité de lui-même à la fête, l’antisémitisme, devenu dans la Vienne de cette époque, un véritable code social. Ceux qui étaient nés juifs et qui avaient une certaine ambition sociale s’empressaient par tous les moyens d’estomper leur ascendance afin de la rendre indétectable, tant ils en avaient honte. Voyez le cas de ce génie musical de son temps, Mahler, qui s’était pourtant converti afin de pouvoir être nommé à la tête de l’opéra de Vienne. Rien n’y fit ! Certains antisémites continuaient de découvrir dans ses œuvres des traits inassimilables de son essence juive ! Sa propre épouse Alma, qui était loin d’être un parangon de fidélité disait de lui qu’il était un judéo-chrétien alors qu’elle se voulait, elle, une pagano-chrétienne…

    Je ne résiste pas à la tentation de citer un passage tiré d’une lettre de Gastav Mahler à sa femme Alma, en date du 31 mars 1903 alors qu’il se trouvait dans un hôtel à Lemberg (Lvov) :  Le plus drôle, ce sont ces juifs polonais qui vont et viennent comme ailleurs le font les chiens. C’est un spectacle très distrayant. MON DIEU, C’EST A CES GENS LÀ QU’IL FAUDRAIT QUE JE SOIS APPARENTÉ…

    Ceci se passe de commentaire, ou plutôt une seule phrase conviendrait : un homme comme Buber qui a passé les treize premières années de sa vie dans la même ville de Galicie autrichienne, chez ses grands parents, a porté un témoignage d’une toute autre nature. Et de ce voisinage si fécond mais que déplore Mahler, il a tiré, lui, de superbes ouvrages sur le hassidisme, sans se laisser arrêter par la crasse, la misère et de le dénuement, sachant fort bien que ces gens, ballottés d’un endroit à un autre, n’avaient pas choisi ce mode de vie..

    Zweig que les lecteurs connaissent tant à présent, fait preuve de plus de mesure et de circonspection. Tout en reconnaissant qu’à ses débuts les sionistes de Vienne l’ont bien aidé (Buber et Herzl) il veut prendre ses distances avec leurs idéaux :  Mais cela fait partie de mon être –peut-être est ce une qualité, peut-être est ce un défaut--  que d’être dépourvu de tout fanatisme, de refuser toute partialité, toute univocité. C’est pourquoi le sionisme et la Palestine ne me sont jamais apparus comme étant LA solution, mais comme l’une des idéologies les plus pertinentes et les plus stimulantes qui existent à l’intérieur du judaïsme…… Mais je ne voudrais pas pour autant que le judaïsme abandonne son universalité et sa supranationalité pour se figer entièrement dans la dimension hébraïque et nationale. Il y a toujours eu deux partis à l’intérieur du judaïsme : l’un qui voyait le salut dans le Temple, et l’autre, qui, au moment du siège de Jérusalem, disait que si ce temple venait à être détruit, c’est le monde entier qui se transformerait en Temple…… (pp 220-221).

    Zweig n’est pas l’unique écrivain célèbre mentionné dans cet ouvrage, l’auteur évoque aussi, plus ou moins longuement, Kraus, Freud et Schnitzler.

    Ce qui me semble manquer un peu dans ce livre plutôt bien fait, bien informé et situé dans la bonne moyenne des travaux universitaires, c’est l’absence d’une certaine empathie juive avec les personnages traités. Je m’explique : il ne faut pas nécessairement incarner une sensibilité juive, si diversifiée soit-elle, pour percer au jour l’exact positionnement de tous ces personnages. Non point. Mais de la lecture des citations produites dans ce livre, et elles sont nombreuses et plutôt longues, je ne tire pas les mêmes conclusions.. Le cas de Schnitzler ne laisse pas d’être intéressant, notamment dans sa relation un peu compliquée avec Herzl. Je ne trouve pas dans les commentaires une présentation convaincante de la sensibilité juive du personnage. La même impression prévaut quand on se penche sur les descriptions données de Karl Kraus qui semble défier toutes les grilles de lecture univoque.. Et il y a aussi la notion de haine juive de soi-même, le livre de Théodore Lessing que j’ai traduit il y a près d’un quart de siècle et que j’ai réédité il y a peu chez Pocket, en l’augmentant considérablement. Mais je suis d’accord sur un point : cette haine juive de soi-même fait de celui qui en est affecté un antisémite juif.

    Il existe un autre texte fort instructif, pour ne pas dire révélateur, et que j’ai aussi traduit il y a de nombreuses années, c’est le parnasse judéo-allemand (Deutsch-jüdischer Parnass) de Moritz Goldstein qui, dès 1912, peu de temps avant son mariage (sic) décrivait avec exactitude l’inconfort moral et psychologique des juifs, encore juifs ou assimilés ou même convertis, dans la société germanique en général. Mais, je le répète, les nuances sont tellement subtiles, les déclarations parfois si contradictoires qu’il faut plus qu’une mise bout à bout ou côte-à-côte pour en extraire la vérité humaine.

    Cette remarque vaut aussi de la vie d’Arnold Schönberg. J’ai bien apprécié son échange de lettres avec Kandinsky et sa fière réponse qui montrait qu’il n’était pas prêt à se traîner aux pieds des antisémites pour arriver à ses fins.. Mais ce qui est encore plus marquant, c’est son reniement de la religion chrétienne à laquelle il s’était précédemment converti pour reprendre dès 1938 à Paris la foi de ses ancêtres.. Déjà Schnitzler et même Freud avaient réalisé que le rapport des premières générations (celles des pères) aux idéaux d’Emancipation et d’intégration ne concordaient plus avec ce que vivaient leurs fils.. Comme le disait joliment Marthe Robert, ici citée, cet antisémitisme violent a condamné les juifs à une sorte de «confinement social», les poussant à se réunir, à se retrouver entre eux, au motif que la majorité compacte les rejetait.

    Concernant Freud et ses problèmes identitaires (qui se disait tout de même juif quand on le questionnait), le livre de Yosef Hayim Yerushalmi est ce que j’ai lu de mieux sur la question (Le Moïse de Freud) pour la bonne raison que cet auteur a une empathie qui va de soi, une proximité naturelle à l’âme juive. Concernant Freud, on dirait aujourd’hui en hébreu moderne ceci : be-hovo shakhna néféch yéhoudit). Même les réponses qu’il fait quand on lui demande de signer un texte en soutien à une institution juive de Palestine sont acceptables et reflètent une incontestable sincérité. Ce n’est tout de même pas un simple fruit du hasard sur la première présentation de sa théorie de l’interprétation des rêves se fit devant une sorte de loge juive (les Bné Brith, ce qui signifie les fils de l’alliance, formule liturgique désignant les Juifs).. Quand il évoque la nouvelle Université hébraïque de Jérusalem (1923) il dit bien notre université, montrant ainsi qu’il s’identifiait pleinement à cette entreprise de renaissance et de reconstruction spirituelles. Lors de nombreux entretiens il a toujours mis l’accent sur sa culture germanique tout en spécifiant qu’il était aussi juif. Certes, toute la question est de savoir ce qu’il plaçait derrière ce terme. Dans le fameux rêve, intitulé Mon fils le myope, je ne suis pas certain que l’auteur la bonne interprétation de auf Geseres ou de auf Ungeseres… Certes, il y a certainement, à la base, la forme yiddish de l’hébreu GESERAH, décret funeste, malédiction venue d’en-haut, calamité s’abattant sur le peuple juif… Mais que voulait-il dire dans ce rêve ?

    A Vienne, la définition de l’identité juive a toujours offert presque autant de difficultés que l’identité autrichienne.

    Le présent ouvrage consacré à un sujet aussi vaste et aussi délicat mérite  d’être lu avec attention car il apporte un certain nombre d’éléments et de faits indispensables à la compréhension de cette question qui demeure très disputée.

    Maurice-Ruben HAYOUN

    Jacques Le Rider, Les juifs viennois à la Belle Epoque. Paris, Albin Michel, 2013