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  • La théorie du remplacement présentée par l'extrême droite...

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    Qu’est ce que la théorie du remplacement présentée par l’extrême droite ?

    Ce matin même, en écoutant l’interview de Vincent Peillon, interrogé par Christophe Barbier sur I-Télé, j’ai pris conscience de l’importance de ce qui se présente sous le nom de théorie du remplacement. J’en avais entendu parler par Renaud Camus sur une autre chaîne sans y prêter plus d’attention. Aujourd’hui, je me pose la question, sans être en mesure de déterminer s’il s’agit d’une réalité ou d’un phantasme..

    C’est bien évidemment la question de l’immigration qui se pose, un phénomène qui commence à obséder toutes les populations européennes, sans exception. Même Londres qui adoptait jadis une politique favorable aux communautarismes, divers et variés, change du tout au tout. Les partis xénophobes ou réputés tels ne veulent plus de Pakistanais chez eux. Même les pays nordiques jadis très ouverts et favorables à l’immigration, ont changé du tout au tout. Quant aux pays méditerranéens comme la France, l’Italie et l’Espagne, tous sans exception ont placé le problème de l’immigration non européenne au centre de leurs préoccupations et singulièrement pour les élections européennes.

    Que pensent tous ces partis ou ces pays dits eurosceptiques ? Tous considèrent, à des degrés divers mais tous plutôt fortement, que des populations étrangères, aux mœurs et aux croyances différentes des leurs, s’installent silencieusement sur leurs territoires et œuvrent subrepticement à des changements d’équilibre.. Pour parler plus franchement, ces pays, comme la France avec Marine et Jean-Marie Le Pen sont d’avis que si l’on ne fait rien, les populations étrangères finiront par submerger les pays d’accueil, au point d’y imposer leur conception du monde, leurs croyances, leurs langues et leurs mœurs.. C’est cela la fameuse théorie du remplacement.

    J’avoue n’y avoir jamais pensé mais en me documentant, je me suis rendu compte que cette théorie est très répandue, qu’elle compte de nombreux adeptes et qu’elle va largement déterminer le choix des électeurs ce dimanche qui vient…

    Comment expliquer un tel phénomène ? Il y a un fait qui est irrécusable et qui constitue la pierre angulaire de cette mutation, absolument imprévisible il y a tout juste cinquante ans : c’est le crise économique qui dure, qui change tout et provoque des déclassements pouvant aboutir à une radicalisation de gens qui, il y a encore peu de temps, ne professaient aucune idée radicale.

    Si vous ajoutez à cela un ingrédient incontournable, celui qui est généré par l’envahissement et les déficits causés par les minima sociaux, vous obtenez les clés de la situation actuelle.

    Comment faire pour endiguer cette sensation et ce profond malaise ? Ne plus pratiquer la politique de l’autruche, ne plus stigmatiser les gens et ouvrir les yeux sur un problème réel. Aucune idéologie, aucun parti ne peut ordonner à des peuples de fermer les yeux, de croire qu’ils se sont trompés ou de nier qu’ils ne se sentent plus chez eux.. J’ai entendu il y a moins d’un mois, parler d’un sondage qui soulignait que 61% des Français ne se sentaient plus chez eux en France !! Rendez vous compte : du jamais vu, c’et inouï.

    Les gouvernements de tout bord devraient réagir et ne plus fermer les yeux. Faute de quoi, cette théorie du remplacement qui risque de faire de l’étranger un danger potentiel ira en s’aggravant.

    La meilleure des solutions est de stopper sérieusement l’immigration non européenne, de rendre plus sérieuse et plus motivée, l’acquisition de la nationalité française, pendant un certain temps, le temps d’assimiler convenablement ceux qui déjà sur place dans l’espace européen.

    Oui, il faut une politique européenne de l’immigration. Sinon, tous les efforts isolés ne serviront à rien.

    Cela urge si l’on veut barrer la route à l’extrémisme et à la xénophobie. Mais on peut aussi comprendre que les gens veuillent se sentir chez eux, chez eux.

  • Encore une loi sur la famille

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    Encore une loi sur la famille……

    La cellule familiale gît au fondement de toute société humaine. On ne peut pas s’en passer, même si à chaque époque la vie prend le pas sur la loi, laquelle est condamnée à des rattrapages, à courir derrière l’évolution des mœurs. Vous avez compris, il s’agit d’adapter la loi aux vicissitudes de la vie des ménages, vicissitudes dont les enfants sont généralement les victimes innocentes.. Et c’est précisément des enfants, les oubliés du divorce qu’il est question.

    On ne vivra jamais par procuration ce qu’endurent les membres séparés du couple d’hier lorsque les enfants sont réduits à une partie séquentielle des parents puisque papa et maman ne vivent plus ensemble, donc ne les élèvent plus ensemble, dans l’harmonie. Généralement, un ou plusieurs éléments étrangers se sont imposés dans ce qui fut jadis le cocon familial.. Et l’enfant ne le vit pas bien.

    Aujourd’hui, on veut introduire une quantité de nouveautés, notamment dans la résidence alternée et la double adresse de l’enfant. Imagine t on une harmonie pour un être en voie de construction s’il a deux lits, deux quartiers, deux vies parallèles qui s’éloignent l’une de l’autre, là où un minimum d’unité reconquise, un minimum d’habitus sont nécessaires ?

    On parle aussi des droits conférés aux beaux-parents en général. Cela peut se défendre et peut améliorer les situations, mais il faut être prudent car il arrive qu’il y ait des abus, notamment de la part d’adultes ayant autorité sur des êtres fragiles et encore jeunes.

    Au fond, la vertu d’une société se mesure à sa façon de traiter les minorités, les vieux et les tout jeunes. C’est-à-dire ceux qui sont faibles et exposés à l’injustice et aux violences de toutes sortes. Mais une société se classe dans l’échelle de la vertu selon son aptitude à conserver ensemble le plus de couples possible : mais pourquoi donc voyons nous des divorces dans des familles avec parfois, déjà, quatre enfants ? Pourquoi cette instabilité conjugale qui frappe si cruellement nos sociétés modernes ?

    Ici, ce n’est plus le législateur qui est interrogé mais le psychologue, le sociologue ou, à la rigueur, le philosophe.

    Pendant ce temps, le législateur empile des lois, encore et encore.

  • Europe ou plus d'Europe

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    Europe ou plus d’Europe ?

    Les prochaines élections européennes risquent de souffrir de la désaffection des électeurs qui veulent infliger un nouveau désaveu à François Hollande auquel ils reprochent de mener une mauvaise politique. C’est un fait constant que les électeurs confondent souvent les enjeux et profitent de chaque occasion offerte pour dire leur mécontentement au lieu de répondre clairement à la question posée. C’est bien la raison pour laquelle le pouvoir se refuse à organiser un référendum pour la suppression des départements et la fusion des régions, jugées en trop nombre et responsables de ce que l’on nomme le millefeuille administratif français.. Alors que faire ? On ne sait.

    En revanche, il faut dire un mot de l’importance de l’Union Européenne pour tous les Etats du continent et singulièrement pour la France. S’il n y avait pas eu l’Euro, l’Hexagone aurait été contraint à de nombreuses dévaluations. Certes, du temps de François Mitterrand, cela permettait de stimuler les exportations tout en alourdissant la facture énergétique de la France. Mais depuis l’introduction de l’Euro, ce n’est plus possible. Un seul problème demeure incontestable : le renchérissement du coût de la vie, impulsé par une monnaie européenne trop forte. Et là, c’est le phénomène inverse : exportations bien plus chères mais facture énergétique moins lourde..

    Marine Le Pen offre un renouveau qui pourrait séduire les électeurs mais sa volonté de quitter l’Euro est assez aberrante. D’abord, chacun sait qu’aujourd’hui cela est impossible et ferait de la France, en cas de mise à exécution, un pays doté d’une monnaie sensiblement équivalente à celle de l’Albanie.. C’est dire combien de tels projets sont de funestes chimères. Cela fait même penser que d’aucuns mettent en avant de tels projets à des fins purement électoralistes…

    En fait, le désamour de l’Europe se focalise sur Bruxelles, sur la Commission Européenne et  la bureaucratie de cette même institution. Les gens rêvent d’une Europe qui s’occupe de leurs vrais problèmes et cesse de produire des règlements, soit moins papivore.

    Enfin, il faudrait que les électeurs fassent clairement le départ entre leur mécontentement vis à vis de M. Hollande et l’enjeu réel de l’élection de dimanche : l’Europe. Cela ne semble pas être le cas car ils veulent envoyer un nouveau coup de semonce au président français. C’est dommage. On ne veut pas, on ne veut plus s’occuper de l’Europe.

    PS: Il faut féliciter les électeurs suisses pour leur réponse concernant un salaire minimum plutôt somptueux. Vive la Suisse qui refuse, quant à elle, de vivre durablement au dessus de ses moyens..

  • La présence d'unprélat libanais dans la délégation du Pape François en Israël

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    La présence d’un prélat maronite libanais dans la délégation du pape en Israël

    Dans quelques jours, le Pape François se rendra en visite officielle en Israël. En soi, ce n’est pas un scoop, ce qui l’est, en revanche et fait déjà couler beaucoup d’encore au Liban et dans des pays limitrophes, c’est la présence, aux côtés du Pape, du prélat libanais Bechara Raï. Sauf erreur de ma part, c’est la première fois qu’un dignitaire religieux maronite se rend dans l’Etat juif. Certes, on spécifie bien qu’il n’aura pas de contact officiel avec des personnalités israéliennes : mais tout de même il se rendra à Jérusalem qui est la capitale de l’Etat juif.

    Les journaux libanais proches du Hezbollah crient au scandale mais le prélat semble tenir bon et répète à qui veut bien l’entendre qu’il ne se laissera pas dicter sa conduite. Il précise cependant qu’il n’enfreint aucune loi et que ne personne ne pourrait lui interdire de rencontrer, par exemple, ses ouailles qui ont quitté le Liban sud dans les fourgons de Tsahal.

    En fait, le Liban et Israël sont en état de guerre larvée. Et certaines sanctions sont prévues pour dissuader les Libanais de se rendre en Israël, même si l’on sait que de nombreux contacts, avoués ou inavoués, existent entre les deux Etats.

    Il existe cependant un thème fort délicat et que le prélat maronite abordera sûrement avec ses ouailles réfugiées en Israël : l’enrôlement dans Tsahal d’Arabes chrétiens, à l’instar des Druzes, qui font preuve d’une fidélité à toute épreuve à l’égard de l’Etat juif, notamment dans les rangs des garde-frontières. Postes hautement sensibles s’il en est. La même chose vaut des jeunes Bédouins qui se spéculaient dans la détection des infiltrations dans le pays. Que dira le prélat lorsque le sujet sera abordé ? C’est un sujet très sensible.

    Il n’est pas exclu que la paix survienne un jour grâce à des religieux, animés d’un esprit d’harmonie et de concorde. Et le christianisme d’Orient, issu du tronc originel abrahamique et juif, pourrait très bien jouer ce rôle dans un avenir qu’on espère proche.

    L’état de guerre n’est pas un état normal, c’est l’état de paix qui l’est.

  • Jérôme Kerviel, grâce pour l'ancien trader

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    Jérôme Kerviel, grâce pour l’ancien trader..

    Si cela continue, si cela se poursuit sur cette même lancée, cette affaire va devenir l’affaire du siècle, une cause célèbre ! Pourtant, le cas de cet ex trader Jérôme Kerviel ne laisse personne indifférent. Et il faut reconnaître aussi que la presse joue un rôle considérable dans cette affaire. Sans son concours, personne ou presque n’en aurait entendu parler. Depuis ses procès à répétition, intentés contre la Société Générale (laquelle adopte  intelligemment un profil bas en disant qu’elle n’a aucun pouvoir pour ou contre l’exécution de la peine de prison décidée par les cours de justice), les journaux nous tiennent au courant de l’évolution et de la vie du célèbre marcheur qui se trouve encore en Italie (où il fut reçu par le pape François qui a fait un très beau geste d’amour du prochain et de manifestation d’indulgence. Après tout, l’humanité tout entière est une humanité pécheresse et nous sommes tous, d’une certaine manière, les descendants de Caïn, le meurtrier de son frère Abel.

    Alors que faut il faire ? Devons nous nous mobiliser chaque fois qu’un homme est condamné par la justice pour un délit qu’il a commis et lui éviter ainsi l’emprisonnement auquel il est désormais astreint après avoir épuisé toutes les possibilités d’appel ? Cela est impossible et l’on sait que chaque jour que D- fait, tant de gens sont enfermés dans les geôles de Suisse et de l’Union Européenne.. Pourquoi M. Kerviel constituerait-il une exception ? J’avoue ne trouver aucune bonne raison et pourtant je serais très enclin à demander que grâce lui soit faite, ou, au moins puisqu’il est difficile de l’innocenter entièrement, d’aménager sa peine en quelque chose d’autre. Quoi, comment ? Je l’ignore, étant philosophe et non juriste. Mais je vois les sourcils des juristes purs et durs se froncer..

    La Cour de Cassation a eu l’intelligence ou la bonté d’annuler le remboursement de la somme réclamée par la Société Générale et cette dernière a elle aussi fait preuve d’une relative mansuétude en n’insistant pas trop sur cet aspect financier controversé et qui l’aurait largement discrédité aux yeux de l’opinion, au motif qu’aux yeux de cette dernière, l’image des banques n’est pas très bonne.. En effet, il paraissait inhumain de condamner un homme au remboursement d’une amende si astronomique que même s’il avait sept vies comme un chat il n’y serait pas parvenu. Dans une civilisation judéo-chrétienne comme la nôtre, la civilisation européenne, il fallait faire preuve d’un minimum de compassion.

    Reste la prison. Apparemment, cette peine d’emprisonnement est inéluctable. Car la justice est la même pour tous. Si l’on intervient pour cet ex trader, pourquoi ne pas en faire autant pour le laissé pour compte du coin qui brûle des voitures, agresse des passants ou commet des cambriolages ? Ce serait bien évidemment, mais seulement si l’on vivait dans un univers angélique, ou au moins irénique..

    Alors j’ai pensé à la vieille tradition talmudique qui avait déjà perçu la différence entre la rigueur implacable du jugement et la grâce dispensatrice de multiples bienfaits susceptibles de profiter au genre humain. Il y a une anecdote au cours de laquelle un propriétaire de vignes refuse d’acquitter à ses ouvriers journaliers leur salaire au motif qu’ils ont brisé un fût de bon vin, ce qui lui occasionna une perte substantielle d’argent. Les ouvriers portent l’affaire devant une cour de justice où le propriétaire se retranche derrière son bon droit en répétant à maintes reprises : c’est la loi ! Ils ont brisé le tonneau de vin, je compense ce manque à gagner en ne les payant pas ! Le tribunal répond : c’est la loi, certes, mais nous sommes aussi un tribunal d’équité, nous pratiquerons dans ce cas un verdict de grâce et non verdict de rigueur. Dans leur situation, ces ouvriers journaliers ne disposent de rien d’autre pour survivre et assurer la subsistance de leurs familles. Si tu les prives de leur argent, de quoi vont ils vivre ? Toi, le propriétaire des vignes, tu dois leur verser leur salaire.

    Telle fut la sentence de ce tribunal qui a procédé à la mitigation des peines : la rigueur a été tempérée par la grâce. En hébreu la rigueur implacable du jugement se dit DINE et la grâce si vantée par les Evangiles, se dit le HESSED. D’où l’expression latine : ex mera gratia, par pure grâce. Il y a entre ces deux notions opposées une sorte de dialectique qu’il convient de saisir. Mais c’est très subtil. Car la loi est la même pour tous, c’est l’universalité de la législation, on ne fera pas d’acception de personne. Mais on peut appliquer la loi avec discernement. Pour cela, il n’est pas interdit aux autorités de ce pays de faire jouer la jouer la notion de grâce présidentielle avec une pression exercée sur la partie civile qui s’estime lésée et qui a eu gain de cause.. La banque concernée se grandirait aux yeux du monde et à ses propres yeux en tenant le discours suivant : nous avons été lésés, les cours de justice de notre pays nous ont donné raison, elles ont condamné le coupable à une peine d’emprisonnement. Justice a été rendue. Nous avons gagné.

    Mais dans un souci d’apaisement et d’humanité, nous voulons tirer un trait et demandons que cette peine puisse être aménagée.

    Une telle attitude porte un nom : elle est magnanime. Dans un passage du livre d’Ezéchiel, celui là même qui mit sur pied la notion d’individualisme religieux (aucun homme ne paiera pour les fautes commises par un autre…) le texte donne la parole à D- en personne. Et vous savez ce qu’on lui fait dire : Je me montrerai grand et saint… (Ezéchiel 38 ;23)

    Il n’est pas interdit de s’inspirer d’un si grand exemple.

  • Les deux têtes de l'exécutif français

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    Les deux têtes de l’exécutif français…

    Les dernières déclarations de Manuel Valls portant sur l’exclusion de l’impôt sur le revenu non plus six cent mille mais près de deux millions de foyers fiscaux tranche avec deux années de gouvernement Hollande-Ayrault.  En changeant de Premier Ministre l’Elysée a changé de politique. Les mauvais esprits vont jusqu’à dire que le Premier Ministre a imposé sa vue de la situation au président en arguant du désastre économique et social ambiant. Il lui aurait même expliqué que sa réélection était entièrement compromise, voire même la suite du quinquennat, si l’on ne changeait pas immédiatement de politique..

    M. Hollande avait il le choix ? C’est peu probable. Certains socialistes avouent même en privé qu’ils ne se laisseront plus prendre par un tel jeu : se faire élir sur une politique et en pratiquer une autre, si favorable aux patrons et si austères envers son propre électorat.

    Mais le mal est bien plus profond et ne se limite plus aux seuls socialistes. Le peuple tout entier a perdu confiance. C’est la bataille que M. Valls va devoir livrer avec des résultats incertains : peut on inverser non plus la courbe du chômage mais la tendance, rendre de l’espoir aux Français, les ré -enchanter à nouveau. Cela s’avère très difficile, comme si ces deux ans dont on attendait tant ont douché tous les espoirs.

    Les élections européennes sont perdues d’avance, sauf miracle absolument irréalisable. En septembre, la présidence du Sénat sera perdue et reprise par la droite, suite aux municipales…… On parle de reporter les régionales, mais ce sera très difficile car la droite hurle au scandale. Elle réclame un referendum dont la gauche ne veut point, sacahnt que le peuple ne répondra pas à la question mais sanctionnera le pouvoir..

    Su quelqu’un voit une issue à cet imbroglio, qu’il nous le dise.. Certains vont jusqu’à souhaiter un départ de l’exécutif, mais ce serait une crise institutionnelle encore jamais vue.

  • Les peuples et les jeux du stade

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    Les peuples et les jeux du stade

    L’idée m’en est venue ce matin, tôt en écoutant le lot de mauvaises nouvelles que les grands organes de presse du monde se chargent de nous distiller à chaque heure du jour et de la nuit.. La mauvaise nouvelle du jour pour le gouvernement français actuel, c’es la croissance nulle enregistrée par l’INSEE, alors que le discours officiel prévoyait quelque chose de mieux.

    N’importante quel foyer ou collectivité se ferait des soucis, se demandant ce qui allait se passer devant une telle déception. Les gouvernements, eux, réagissent tout autrement en pratiquant la diversion ou le divertissement.

    La diversion consiste à parler de tout autre chose, à amuser la galerie et à faire semblant qu’on n’est au courant de rien..

    Le divertissement offre, quant à lui, un spectre bien plus large. On se dit qu’il faut tenir jusqu’à la venue des beaux jours. Que les gens se chargeront de préparer leurs vacances pour sortir la tête hors de l’eau et l’exposer au soleil. On se dit que le festival de Cannes est là, que la coupe du monde de football va en passionner plus d’un, l’empêchant d’aller manifester contre le chômage ou la vie chère. Peu importe qu’à la rentrée, les feuilles d’impôts vont être là et qu’il faudra s’en acquitter..

    Les recette n’ont pas changé : que ce soit à Rome ou à Athènes, c’est l’homme qui faudrait resculpter. Comme on le dit en allemand : wir scheitern immer am Menschen..

  • Camille LEPAGE, journaliste française assassinée: hommage posthume

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    Camille Lepage, journaliste française tuée en Centrafrique : hommage posthume

    Ce matin, comme tous les matins que Dieu fait, les télévisions du monde entier déversent sur nous un flot ininterrompu de mauvaises nouvelles, de déchirements et de malheurs. Ce matin, c’est une nouvelle abominable qui nous parvient de la Centrafrique : l’assassinat d’une très jeune fille, une journaliste, Camille Lepage, qui n’avait pas encore trente ans et à laquelle sa mère vient de rendre un hommage d’une bouleversante dignité.. Pas un cri, pas une larme, un témoignage plein d’amour et de souffrance retenue. Quelle dignité !

    Il nous arrive parfois de vilipender la presse en raison de sa course effrénée derrière les nouvelles les plus sensationnelles.. C’est juste, mais on oublie parfois que derrière le terme presse il y a des vérités humaines, des individus, jeunes ou moins jeunes, qui risquent leur vie pour informer, pour éclairer et pour que des hommes, comme nous, ne meurent pas, ne soient pas torturés, dans un silence dicté par les raisons d’Etat.

    Camille Lepage en fait partie. Quelle tristesse ! Le cours d’une si jeune vie tranchée de cette manière. Que dire, que faire ? J’avoue que les mots me manquent.

    Reposez en paix Camille, vous venez de quitter brutalement un monde qui ne tourne plus rond et où les conflits succèdent aux conflits..

    Puis je oublier un autre grand malheur, celui qui a coûté la vie à des centaines de mineurs en Turquie, à la suite d’une explosion suivie d’un incendie à près de 2000 mètres sous terre.. Ce matin, c’était glaçant de voir extraire un à un le corps des victimes. Que de deuils, que de malheurs en perspective.

    Là aussi, je ne sais que dire. Au fond, face à tous ces malheurs, les haines, les inimitiés, les rancœurs, les jalousies ne veulent plus dire grand chose.

  • Chanter (ou ne pas chanter) la Marseillaise

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    Chanter (ou ne pas chanter) la Marseillaise en public…

    On aurait tort de minimiser ce qui apparaît en fait comme un simple détail. Je ne dis pas que les paroles de l’hymne national français sont inattaquables, parfaites et adaptées au temps présent. Songez à la terrible phrase : qu’un sang impur abreuve nos sillons… Non, ce que je dis, c’est que ce document est devenu un monument et on ne touche pas aux monuments, surtout lorsqu’ils sont situés au cœur même de l’identité nationale.. Or, ce sujet suscite des polémiques car certains s’en servent pour en attaquer d’autres (notamment des adversaires politiques) tandis que d’autres s’exposent inutilement, prêtant ainsi le flanc à la critique..

    Tout le monde aura compris que l’on pense à l’actuelle ministre de la justice, mais son cas vient se surajouter à d’autres épisodes qui ont suscité l’indignation. Je pense aux joueurs de l’équipe de France de football.  Un certain nombre de joueurs qui sont africains ou d’origine maghrébine ont ostensiblement refusé de chanter l’hymne d’une nation qui leur a tout donné, une reconnaissance, de l’argent et par dessus tout, l’honneur insigne de la représenter dans les grandes compétitions internationales. Comment porter le maillot bleu tout en rejetant le pays que cela représente et pour lequel vous tentez de remporter la victoire ?

    Pour le cas de l’actuelle Garde des sceaux, sans même vouloir prendre parti ni départager les protagonistes, il faut bien reconnaître que son passé ne plaide pas vraiment pour elle. Ses adversaires politiques se souviennent des critiques acerbes qu’elle adressait jadis à la France. Certes, il ne faut pas remonter au Déluge ni à Mathusalem , mais quand vous êtes une personnalité politique, il faut être prudent. N’oubliez pas que la dame en question s’est même présentée à l’élection présidentielle et que certains lui imputent la responsabilité de l’échec de Lionel Jospin… Ce qui n’est pas rien !

    Mais revenons à la Marseillaise. On se souvient tous du succès de librairie remporté par un auteur sur ce qu’il nomme avec raison l’identité malheureuse…   Il y a même de la haine de soi, au lieu de s’assumer, de vivre son histoire et de s’identifier à elle.

    C’est là tout le problème : qu’on chante ou qu’on ne chante pas l’hymne national, ce qui fait défaut, ce qui fait débat, c’est de ne pas aimer la France. Certains habitent en France mais refusent d’y vivre.

    C’est là tout le problème.

  • Ce qu'Albert Camus disait de la politique et des politiques en... 1937!!

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    En lisant les caernets d’A. Camus : ce qu’il disait de la politique et des politiques en1937…

    La crise du politique doit, à mon humble avis, remonter au moins à Platon, le père de la cité parfaite qui n’a jamais existé autrement que dans son cerveau. Les érudits lisent tout ; c’est ainsi qu’en me plongeant dans le premier Carnet d’Albert Camus, j’ai relevé un certain nombre de déclarations intéressantes sur Luther, Kierkegaard, le protestantisme, etc… mais la plus prophétique me semble être celle-ci qui achève de discréditer entièrement la politique et les politiques :

     

    Chaque fois que j’entends un discours politique, ou que je lis ceux qui nous dirigent, je suis effrayé depuis des années de n’entendre rien qui rende un son humain. Ce sont toujours les mêmes mots qui disent les mêmes mensonges. Et que les hommes s’en accommodent, que la colère du peuple n’ait pas encore brisé les fantoches, j’y vois la preuve que les hommes n’accordent aucune importance à leur gouvernement et qu’ils jouent vraiment, oui, qu’ils jouent avec toute une partie de leur vie et de leurs intérêts soi-)disant vitaux… (Albert Camus, Carnets I Mai 1935-Février 1942, pp 55-56 Gallimard, folio, 2013)

    Cela se passe de commentaire ; on se croirait en mai 2014 !!