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  • La fête de Pessah en Israël

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    Cela évoque tant de choses! Célébrer la sortie d'Egypte en Israël, on se trouve à la fois tout près de départ et aussi déjà au point d'arrivée. C'est assez magique. Pas facile à exprimer dans tomber dans le pathos ni des considérations confinant à la piété naïve.

    Est ce que les Israéliens moyens ont la mêmeconscience que les juifs vivant depuis des lustres en diaspora? Ce n'est pas certain. Pour les gens de l'extérieur, célébrer Pessah est encore nimbé de merveilleux et miraculeux.

    Pour les Israéliens, cette manière de faire le récit de la sortie d'Egypte ferait plutôt sourire. Tout le monde la fine ironie de cette bonne histoire où des parents modernes demandent à leur fils de leur raconter ce que leur maître d'école dit au sujet de Pessah. Le jeune écolier se lance dans une description stupéfiante: le colonel pharaon persécute les juifs d'Egypte qui en appellent à Tsahal lequel mène  une opération aéroportée et rapatrie les juifsen terre d'Israël... Les parents se reardent, supéfaits... Ils demandent: c'est vraiment ce qu'il a dit? Non, répond l'écolier, mais si je vous racontais ce qu'il a vraiment dit, vous n'en croiriez pas un seul mot

     

    Tout est dit:la haggada fait dans le merveilleux, le mythe. Mais c'est un mythe fondateur et nous y tenons de toutes fibres de notre être juif. Après tout, ce n'est pas moins bien que Romulus et Rémus, ou la fondation de la ville d'Oran ou d'autres récits qui défient la raison.

    La haggada est le premier midrash du livre de l'Exode. Il faut la prendre comme telle. Ce qui va nous manquer en Israël, c'est le second soir où la famille, puisant dans ses souvenirs ancestraux, récite la haggada en judéo-arabe.

    Ce sont hélas des traditions qui se perdent, la jeune génération ne sait pas l'arabe et ne veut pas l'apprendre. C'est bien dommage.

  • François Hollande,c ettte énigme, sur France 3 hier

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    Que se passe-t-il dans le cerveau de François Hollande ?

    Impossible, ce matin, de ne pas parler de la longue, trop longue émission consacrée hier soir sur France 3 au président de la république française. C’était un journaliste assez flexible dans ses opinions et ses convictions, Franz-Olivier Gisbert, qui était à la manœuvre. Sans vouloir le juger au plan moral, on peut relever qu’il a balayé de ses articles et de ses livres toute l’étendue du spectre politique. Il n’a pas non plus hésité à poser de véritables petites bombes médiatiques, même à l’encontre de personnalités dont on le supposait proche. Mais tout cela est de bonne guerre.

    Que retenir de l’émission d’hier qui était si longue et si contradictoire qu’il est quasi impossible d’en faire une synthèse. A l’image, me direz vous, du personnage auquel elle était consacrée. Mais deux éléments peuvent être considérés comme absolument controuvées : l’homme Hollande est une énigme que peu ont pu ou cru percer au jour. On connaît bien le conseil du célèbre cardinal prodigué aux hommes politiques : simulez et dissimulez toujours. Mais quand on creuse un petit peu, on se rend compte que ceux qui croient avoir trouvé ne font qu’interpréter les choses en lieu et place de les expliquer. Un esprit scientifique, rigoureusement critique, ne confond jamais comprendre et expliquer. Or, la psychologie comprend après coup, elle ne peut pas expliquer, sinon les individus seraient prévisibles, donc programmables. Le déterminisme prendrait alors la place du libre arbitre.

    Hier, c’est la vie entière du personnage qui fut passée au scanner. Rien ou presque ne fut laissé au hasard. Moi, ce qui me frappe le plus, c’est la capacité de dissimulation du personnage. Je ne suis pas loin de suivre FOG quand il suppute que l’affaire Closer a été inconsciemment organisée par le principal intéressé qui n’avait pas apprécié l’insupportable emprise de son amie V. Tr. En tout état de cause, on comprend mieux les demandes pressantes et fort maladroites de cette femme qui avait besoin d’être rassurée. Mais dans son délire, elle a fini par commettre des erreurs impardonnables… Face à cela, l’homme Hollande donnait l’impression de tout encaisser, de tout supporter, alors qu’en réalité il se préparait à se défaire d’une femme qui, certes, l’avait accompagné dans la conquête du pouvoir mais qui devenait embarrassante… La thèse a l’air de se tenir, cela se défend, pourtant nul ne saura jamais si ce psychodrame a été voulu, organisé ou si c’est la conjonction de faits qui en a décidé ainsi. Les Allemands, pour parler d’un incompréhensible, imprévisible concours de circonstances, parlent de Fügung, de choses qui s’imbriquent, s’emboîtent les unes dans les autres, sans que l’on sache pourquoi ni comment..

    Un autre point, le deuxième, semblait controuvé aux yeux des intervenants et des analystes : 2017 semble irrémédiablement compromis pour François Hollande même s’il reste le seul à y croire. Que se passera- t-il alors ? Nul ne peut le savoir. Tant de choses pourraient se produire qui changeraient nettement la donne. Il suffit de se souvenir que cet homme qui ne semble plus avoir la baraka, n’a pas eu besoin de neutraliser son principal et redoutable concurrent, DSK : ce dernier s’est lui-même neutralisé en se suicidant politiquement… Si j’osais parler comme Jacques Chirac : ce fut le coup de trop… Qui nous dira ce qui aurait résulté d’un duel Hollande / DSK ? Ne prophétisons pas, même si j’ai ma petite idée.

    Le pays, la France, traverse une phase très difficile, l’impopularité de son président est inouïe. Il suffit de se souvenir des manchettes des hebdomadaires montrés hier soir…

    La nomination de Manuel Valls à Matignon relève t elle, elle aussi, d’un savant calcul, visant à émousser les capacités de présidentiable que l’on espère user jusqu’à la corde à ce poste ? Comment le savoir ? Il est sûr que ce soir à l’assemblée nationale ce ne sera pas très facile pour le premier ministre. Certes, la confiance sera votée mais manifestement les députés de gauche montrent que le gouvernement est sous surveillance et qu’aucune confiance n’est acquise. Le soutien au gouvernement devient contingent.

    A eux seuls les socialistes n’ont qu’une voix de majorité. Mais si le moindre député PS s’amusait à faire défection ou à jouer au plus malin, ce pourrait être le drame… Je ne crois pas que cela se produira. C’est la suite qu’il faut craindre.

  • Hommage à Monsieur Jean-Louis Borloo

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    Hommage à Monsieur Jean-Louis BORLOO

    Il ne faut jamais désespérer. Voici un homme que j’appréciais très modérément et dont j’avais soutenu le rival, François Fillon, lorsque Nicolas Sarkozy envisageait de changer de premier ministre. M. Borloo m’apparaissait alors comme un animal essentiellement politique, avide de pouvoir et sacrifiant tout à ses ambitions. Je pensais d’ailleurs, bien au-delà de ce cas individuel, que le monde politique était inamendable, que ces hommes et ces femmes avaient autant besoin de pouvoir que nous de l’air qu’on respire, bref, je pensais le plus grand mal des édiles, et tout a changé hier soir lorsque j’ai appris par la radio que M. Borloo, gravement malade, rendait tous ses mandats et se retirait de la vie politique pour se concentrer sur sa santé. En quelques minutes, tout a changé. Généralement, les hommes et les femmes politiques font tout pour cacher la vérité sur leur état de santé ; quand ils sont mis en examen, ils nient les évidences et s’accrochent à leur fauteuil. Et là, vous avez un homme que rien ni aucune loi ne forçait à démissionner et qui, avec panache, renonce, se retire avec dignité, rendant ainsi à la politique son aura platonicienne qu’elle avait perdue depuis fort longtemps. Voyez le cas de certains chefs d’Etat qui tiennent au pouvoir bien plus qu’à leur vie. Jean-Louis Borloo nous a donné une leçon de dignité et de grandeur morale qu’on attendait depuis longtemps. Quel panache ! Je suis sûr que si l’on donnait aux écoliers de Genève ou de France un tel sujet de dissertation, ils couvriraient d’éloges l’ancien maire de Valencienne, cette petite ville du nord que M. Borloo a sorti de la misère (près de 20% de chômeurs à l’époque !)… Or, cela fait bien longtemps que les hommes et les femmes politiques ont cessé d’être des modèles pour la jeunesse.

    Dans la deuxième partie de ce papier qui se veut un hommage à un homme politique qui a placé avant son intérêt politique, une certaine conception de l’action publique, je voudrais, pour le dénoncer, m’en référer au vocabulaire animal, véritable bestiaire, en vogue dans ce monde si inhumain et si bestial des politiques. On parle de jeunes loups, de grands fauves, de l’absence d’amitié en politique, de larmes de crocodile, de chasser dans les mêmes eaux,  de grandes phalènes, de couper les jarrets, le liste est interminable… Et pourtant, l’opinion accepte cela avec résignation, sans s’élever contre un registre lexical indigne. Tout à l’heure, j’ai écouté Pascal Lamy, un très haut fonctionnaire qui a fait ses preuves depuis l’époque de Jacques Delors, parler du cerveau reptilien d’un très haut, mais très, très haut personnage de l’Etat… Je pense que vous voyez de qui il s’agit.

    Eh bien, M. Borloo vient de nous administrer la preuve du contraire : pour la première fois, un homme rompu aux combats inhumains de la politique, renonce, se retire, et se montre à nous sous son vrai jour avec une résolution non politique mais  authentiquement humaine : réconcilier les valeurs de l’humain avec celles de la politique, qui se présente comme un combat animal, parfois bestial, où il n’y a qu’un fauteuil avec un trop plein de prétendants. Lesquels sont prêts à tout pour arracher la victoire ! Encore un terme indigne : arracher ! Personne, pas même Dieu, n’a le droit d’arracher quoi que ce soit…

    Changer la politique présuppose que l’on change l’homme. Hier c’était impossible, depuis le cas de M. Borloo, on retrouve de l’espoir. Cela devient possible. Mais ne soyons pas naïfs, une hirondelle ne fait pas le printemps. Souvenez vous de deux présidents de la république très malades mais continuant à gouverner malgré un état de santé diminuée..

    Du fond du cœur je souhaite à M. Jean-Louis Borloo un prompt et définitif rétablissement. Et je souhaite aussi, avec mon indéracinable naïveté de philosophe optimiste que toute la classe politique s’inspire d’un si haut exemple. Mais ce n’est pas gagné…

  • Pour le centenaire de la guerre de 1914: Romain Rolland et Stefan Zweig en correspondance..

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    Romain Rolland (1866-1944) et Stefan Zweig (1881-1942) : deux humanistes face à la barbarie de la première guerre mondiale

     

    Depuis quelques mois on assiste à une sorte de renaissance de ces deux auteurs, jadis liés par une amitié si indéfectible que même les horreurs et les folies de la première guerre mondiale n’ont pas réussi à détacher l’un de l’autre. Et pourtant, les tentations et aussi les occasions de se haïr et de s’entredéchirer n’ont pas manqué.  Certes, certains échanges épistolaires entre Rolland et Zweig ne furent pas à l’abri de vives tensions mais les deux hommes ont toujours réussi à le surmonter.

     

    Les maisons d’édition parisiennes semblent s’être donné le mot : Albin Michel vient de publier le premier volume de la correspondance entre Rolland et Zweig ; Gallimard a publié en fascicules distincts de merveilleuses nouvelles de Zweig et une maison, moins grande mais tout aussi talentueuse, Bartillat, vient de faire paraître l’imposant journal de Vézelay (1938-1944) de Rolland, au soir de sa vie. On dispose donc d’un panorama complet de deux intellectuels qui assistent quasi impuissants à la ruine de l’Europe, sombrant dans un abîme de haine et de violence absolument inouïes…

     

    En cette année de centenaire de la guerre de 1914, on se demande comment une telle erreur de jugement et d’appréciation des différents gouvernements, a été possible. Comment deux nations désormais si proches et si fraternelles ont pu s’entredéchirer à ce point… Les journaux intimes ainsi que les correspondances d’hommes célèbres offrent l’opportunité –rare- de découvrir ce qu’ils pensaient vraiment du monde qui les entourait et des événements qu’ils vivaient. Cette remarque s’applique d’autant plus à ces deux hommes qui se faisaient confiance, chérissaient la paix et l’amitié entre leurs deux peuples et ne confondaient jamais patriotisme et nationalisme. Dès la fin de l’année 1914, Rolland rappelle qu’il ne faut pas confondre victoire et valeur. Il publia son célèbre appel Au de la mêlée dans le Journal de Genève  le 15 septembre 1914.

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  • Ke nouveau gouvernement français; les leçons à en tirer

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    Le nouveau gouvernement français : les leçons à en tirer

    Bien sûr, il faut souhaiter bonne chance à ce gouvernement dont les Français attendent beaucoup et notamment qu’il jugule le chômage, rétablisse le pouvoir d’achat, réinstalle la sécurité et traite efficacement la dette. Est ce que les conditions sont réunies pour parvenir à un tel objectif ? La question se pose sérieusement. Mais il y en d’autres que le récent remaniement dont ce gouvernement est issu pose avec acuité : ne faut il pas changer les institutions, passer de la Ve à la VIe république ? Revoir les pouvoirs quasi monarchiques du chef de l’Etat ? Il est la clef de voûte de l’ensemble, il peut même dissoudre l’assemblée nationale, ce qui, d’une certaine manière, le place au-dessus de la volonté populaire. C’est lui qui décide à quel moment il peut remercier le premier ministre. Enfin, il a, sans le dire vraiment, deux domaines réservés, la défense car il est le chef des armées et la politique étrangère qu’il est le seul à déterminer en fin de compte. Tous ces dispositifs étaient vraiment nécessaires du temps du général de Gaulle et étaient appelés à lutter efficacement contre l’instabilité politique. Aujourd’hui, près de 60 ans après 1958, cela ne s’impose plus puisque la France est devenue, comme les autres pays voisins, une province parmi d’autres au sein de l’U.E.

    Et cela pose assurément les limites de la marge de manœuvre de M. Manuel Valls. D’ailleurs, le gros défi du nouveau pouvoir est avant tout la négociation avec Bruxelles et la nécessité dictée par l’Europe de combattre les déficits : la maison France n’est plus maîtresse chez elle…

    Par ailleurs, est ce qu’on peut remanier comme on l’a fait il y a quelques jours ? Est ce qu’on peut ainsi remercier un gouvernement et son chef alors que ce dernier n’a fait qu’appliquer, avec des fortunes diverses, les instructions du président ? Voilà une mentalité française que les voisins ne comprennent pas. Certains n’hésitent plus à dire que la France n’a pas quitté le régime monarchique… Demandez à la chancelière allemande ce qu’elle en pense…

    Il faudra donc changer les institutions. Je ne crois pas que le gouvernement actuel soit en mesure de le faire. Il faudra pourtant en passer par là.

    Une dernière interrogation : ce nouveau gouvernement sera t il en mesure de gagner les prochaines élections européennes ? D’après tous les sondages connus, c’est hors de sa portée. On a déjà entendu un ancien ministre critiquer son parti, le PS, qu’il traite de coque vide. Cela pose aussi la question du maintien de Harlem Désir à sa tête. On ne peut pas dire qu’il ait brillé par des initiatives courageuses et innovantes, se contentant d’emboîter le pas à un gouvernement inexpérimenté et paralysé par d’innombrables couacs.

    Le changement, c’est ce que les Français aiment et pourtant ils le redoutent et le nouveau gouvernement qu’on leur offre ressemble étrangement au précédent.

    Il faut prendre les problèmes à bras le corps, le taureau par les cornes. L’Union Européenne n’attendra pas la France éternellement

  • Le départ des écologistes du gouvernement français: une excellente nouvelle

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    Le départ des écologistes du gouvernement français : une excellente nouvelle

    Les écologistes auront prouvé leur immaturité politique et leur impéritie gouvernementale jusqu’au bout. Ils sont osé, dans leur aveuglement, lancer un anathème qui ne dit pas son nom contre le premier ministrable Manuel Valls. Et pour une fois, le chef de l’Etat français a fait acte d’autorité puisqu’il a passé outre et a nommé qui il voulait à Matignon.

    Jean de la Fontaine nous a appris que la grenouille ne devrait jamais se croire aussi grosse que le bœuf, malheureusement l’autorité suprême des écologistes n’a pas dû achever son cycle scolaire jusqu’au bout. C’est un peu dommage, mais cela nous libère des couacs et des déclarations absolument irresponsables.

    Beaucoup de gens respirent, notamment les professionnels du logement et d’autres secteurs apparentés. Ils auront enfin un ministre raisonnable avec qui parler. En fait, il faudrait que le parti écologiste disparaisse et que toutes les formations politiques s’en partagent les dépouilles en instillant de l’écologie dans ses programmes respectifs. Il peut y avoir une écologie de droite ou de gauche, voire du centre , mais plus cette écologiste gauchistes, anti-production, anti-progrès et anti-croissance… Bref des gauchistes qui rêvent, comme les Grünen allemands, d’imposer leurs idées par tous les moyens.

    Chacun se souvient de la comparaison de cet homme politique allemand qui disait : les écologistes sont comme la pastèque : vert à l’extérieur et rouge à l’intérieur.

    Quand on représente quelques pourcents sur l’échiquier politique, et encore !- on ne doit pas prétendre dicter sa loi au reste de la nation.

    Il faut faire confiance au nouveau Premier Ministre car il représente vraiment l’espoir du pays et, plus crument, la dernière cartouche de François avant une aventureuse dissolution. Si certains s’amusaient à lui refuser la confiance mardi matin, ce serait une catastrophe. Ce serait la fin. Il faut donc faire preuve d’esprit d’ouverture et tout faire pour sortir ce pays de l’ornière dans laquelle il s’est enfoncé.

  • Le nouveau gouvernement de la France: une quadrature du cercle?

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    Le nouveau gouvernement français : une quadrature du cercle ?

    A en juger d’après les réactions de droite comme de gauche, les nouvelles initiatives de François Hollande ne sont pas la panacée. La brève allocution du chef de l’Etat français a éveillé l’impression qu’il ne savait pas très bien où aller, que la ligne manquait de clarté et de visibilité et que la nomination de Manuel Valls n’était qu’un expédient.

    Difficile de se faire une idée claire de ce qui se passe. Visiblement, le président français a senti et enfin compris à la suite du désastre des élections  municipales que le pays ne le suivait guère sur la voie qu’il avait choisie. Il a donc tenté d’y remédier mais, comme toujours, il a dû naviguer entre différents écueils afin de ne mécontenter personne. Une telle attitude, si louable soit-elle, présente l’inconvénient d’irriter tout le monde car on ne comprend pas bien où veut aller le chef de l’Etat français.

    La question qui se pose est la suivante : Manuel Valls va t il réussir à sortir la France de l’ornière ? C’est ce que chacun ici souhaite mais ne ce n’est pas gagné d’avance. Il y a face aux nouveau Premier Ministre, des impératifs de nature contradictoire : comment redresser le pays en général sans lui imposer une cure d’amaigrissement très amère ? comment complaire à Bruxelles tout en limitant la pression fiscale, devenue insupportable ? comment faire reculer le chômage ?

    Certains hauts fonctionnaires qui partagent la même sensibilité politique que le régime actuel proposent une étonnante exégèse de l’initiative de François Hollande, à savoir l’envoi de Manuel Valls à l’hôtel de Matignon.

    Selon ces hauts personnages proches du PS, le président aurait fait le calcul suivant et décidé de prendre le taureau par les cornes : il a compris qu’il n’arriverait à rien de concret en s’en tenant à la politique des emplois aidés, des mesures étatiques éculées. Mais pour ne pas braquer l’aile gauche de son parti, il fait mine d’ajouter un volet de solidarité au pacte de responsabilité. Il renforce en apparence la présence de ministres de gauche / gauche mais laisse son premier ministre proposer des mesures libérales au parlement. L’aile gauche ne les votera pas mais ce sera un appel pour certains députés de droite qui voleront au secours d’un premier ministre en butte à l’opposition de son propre camp… Si les choses empirent, ce qu’escompte le président,  le gouvernement ne disposera plus d’une majorité à l’Assemblée, ce qui rendrait la dissolution inéluctable… La nouvelle assemblée élue comptera près de 400 députés de la droite rassemblée, ce qui permettra à François Hollande vivre une cohabitation tout en espérant que le peuple de la gauche se rendra compte en 2017 qu’après tout il vaut François Hollande que Nicolas Sarkozy…

    Quelle construction. Quel échafaudage politique ! Mais ceux qui connaissent les rouages politiques savent que ce n’est pas invraisemblable. En fait, nous le répéterons jusqu’au bout : il faut un gouvernement d’union nationale qui prenne à bras le corps les problèmes de ce pays au lieu de perdre encore un ou deux ans à tourner autour du pot…