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  • Nicolas Sarkozy est il un justiciable comme le autres?

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    La lettre ouverte de Nicolas Sarkozy aux Français : sur quelques principes relatifs à la quête de justice et d ‘équité

     

     

     

    Ma première remarque portera sur ce qu’on appelle en Suisse alémanique eine unheilige Allianz, une conjonction condamnable au plan moral : l’alliance entre un scandale mettant en cause la justice et le concours de la presse. Si un site journalistique n’avait pas diffusé à grande échelle la transcription d’écoutes téléphoniques, bien ciblées, on n’aurait pas eu cette cascade de réactions : l’ancien chef de l’Etat se sentant injustement traité, voire persécuté pour ne pas dire traqué, a recouru aux grands moyens. Il a pris ce matin et même depuis hier au soir, l’ensemble de la nation à témoin… Il met ses compatriotes en garde, à tort ou à raison, contre les dérives d’une justice qu’il juge partisane et  qui instruit trop à charge. Comment peut-on s’en prendre à lui alors qu’il n’est pas mis en examen et qu’il n‘a donc pas accès au dossier, et, de ce fait, ne peut se défendre selon les voies de recours prévues par la loi ? Sa sortie, si j’ose dire, a déclenché une sèche réplique de l’actuel chef de l’Etat, relayé par ses ministres et les élus socialistes… Et depuis hier soir tard, toute la presse télévisuelle s’en donne à cœur joie, se grise de tous les commentaires, même les plus creux.

     

     

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  • Le feuilleton Nicolas Sarkozy: halte au feu.

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    Le feuilleton Nicolas Sarkozy : halte au feu

    Je ne cherche pas à prendre parti, je ne veux ni accuser ni défendre, mais je dois bien reconnaître que cela ressemble fort à un lynchage médiatique qui n’est pas vraiment le pur fruit du hasard. Pas un jour que Dieu fait, pas une semaine ne passe sans que nous soyons abreuvés de scoops ou d’autres informations sensationnelles sur les affaires judiciaires en cours. Et ces révélations ont toutes un dénominateur commun : la personne de l’ancien président français. Cela nous incite à tirer quelques enseignements et à formuler quelques observations.

    D’abord, les enseignements : on veut bien croire à l’indépendance de la justice et à la séparation des pouvoirs, mais trop c’est trop. Qu’on apprécie NS ou pas, on s’émeut de cette avalanche déversée sur nous par des médias aux aguets. Comment expliquer qu’un site Mediapart, peu suspect d’amitiés sarkozystes ait eu connaissance de telles transcriptions d’écoutes ? Où est passé le secret de l’instruction, la sérénité de la justice qui ne bat pas comme le temps médiatique ou l’esprit partisan ? Et j’ajoute que tant que nous n’avons pas de catalogue complet de l’affaire (ce qui est impossible puisque nous n’avons pas accès à la totalité du dossier), nous ne pourrons pas nous faire une idée d’ensemble. L’image partielle est nécessairement partiale et devrait inciter à la retenue ou au moins à la prudence.

    N’y a t il pas une relation avec les consultations électorales immédiates et à venir ? Cette coïncidence est troublante. Il faut réfléchir avant d’agir : si on tire à boulets rouges sur un ancien président de la république, que risque t il donc d’arriver aux retraités de demain, lorsqu’ils auront quitté les lambris dorés des palais nationaux ? Personnellement, je les défendrai si je juge qu’ils sont victimes d’un véritable acharnement.

    Le traitement de toutes ces affaires exige plus d’impartialité. La respectabilité de la justice est à prix. Et il y a aussi cette étrange peur panique que semble inspirer l’ancien chef de l’Etat à ses adversaires. Un élément de langage revient sans cesse dans la bouche de ses adversaires : la disqualification. Un peu comme si on voulait neutraliser l’hypothèse d’une candidature..

    2017 est encore loin, très loin. Sauf événement imprévisible, les choses ne devraient pas changer avant 1016. Tant d’eau coulera sous les ponts. Pourquoi ne pas se concentrer sur le redressement économique du pays, juguler l’inflation, relancer les investissements, assurer la sécurité et stopper l’immigration ? Les affaires polluent le climat politique. Et puis il y a la loi des deux ans dont les effets devraient se faire sentir dès le mois de mai.…

    Il convient donc de restaurer l’image de la justice et de gérer convenablement l’Etat. Faute, l’abstentionnisme sera roi et profitera exclusivement aux extrêmes. La démocratie a tout à y perdre…

  • L'inquiétante disparition du Boeing 777 de la Malaisie

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    l’inquiétante disparition du Boeing 777 malaisien

    L’incident est absolument unique dans les annales : jamais auparavant on n’avait connu une telle chose. Un énorme oiseau, un Boeing 777, qui volatilise, s’évanouit dans les airs, disparaît avec armes et bagages. Sans laisser la moindre trace. Et près de trente pays dont les USA mobilisent tous leurs moyens de détection et de repérage pour découvrir où le pilote, agissant de plein gré ou sous la contrainte, a pu le poser ou le crasher. Et tout mystère, toute énigme non élucidée alimente, qu’on le veuille ou pas, les rumeurs ou les inquiétudes les plus folles.

    Le renseignement militaire israélien est sur les dents. Israël, intrigué par cette anomalie unique en son genre a songé à une attaque plus que sophistiquée sur son territoire et a renforcé les formalités d’approche de son espace aérien. On pense à une sorte de 11 septembre plus astucieux : un avion qui aurait disparu pour réapparaître soudain dans une action terroriste de très grande ampleur…

    Comment en sommes nous arrivés là ? La Malaisie n’est pas à la hauteur alors que le droit international lui fait obligation de mettre tout en ouvre pour retrouver cet aéronef qui lui appartient et qui a quitté sa capitale pour ne plus réapparaître sur les écrans radar. Même le gouvernement a tancé son homologue malaisien qui a fait de la rétention d’informations. Ce gouvernement a eu connaissance d’un certain nombre de faits troublants qu’il a retenu par devers soi et qu’il livre au compte-gouttes. Est ce une attitude responsable ?

    Eu égard à la nature religieuse de ce pays et à la personnalité de l’équipage, il est certain que ce processus est loin d’être cacher. C’est tout sauf clair. Et les pays occidentaux qui se laissent bercer par des illusions feignent d’ignorer qu’on est en pleine guerre des cultures ou, pire, des religions. Le problème est que personne ne sait vraiment comment en sortir. Une crise internationale en chasse une autre, l’instabilité politique se creuse dans tous les pays arabes et musulmans. La France, pour ne parler que d’elle, s’est empêtrée en Afrique et se voit menacée par AQMI… L’appel lancé aux musulmans pour commettre des attentats, la glorification de l’assassin Merah, et bien d’autres choses, ne laissent pas d’être inquiétantes.

    Il s’agit d’une guerre non déclarée mais bien réelle. On ne peut pas continuer ainsi. Une clarification s’impose. Il faudra bien arriver un jour à un ordre international pacifié et moralisé.
    On en est encore loin, mais il faut pousser les feux vers cet objectif.

  • L'Europe et les sanctions anti-Poutine, suite à l'annexion de la Crimée

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    L’Europe et les sanctions anti-Poutine, à la suite de l’annexion de la Crimée

    C’est un fait et M. Poutine ne reculera pas car il joue sa véritable survie politique : chassé d’Ukraine par les révolutionnaires, grugé par un pseudo-accord avec l’Europe que cette dernière  n’a pas respecté car elle fut dépassée par la rue qui ne voulait plus entendre parler des Russes et de la Russie, M. Poutine ne peut plus reculer car trop de choses de choses sont en jeu : le débouché sur les mers chaudes et le fait qu’un gros tiers de la marine de guerre russe soit basé à Sébastopol, l’encerclement croissant de son pays par l’OTAN et le rétrécissement de son influence (e.g. le Proche Orient où le seul pays qui lui reste est la Syrie), tous ces éléments coupent toute retraite à M. Poutine.

    Mais ne nous leurrons pas : la vraie motivation de M. Poutine lui est fournie par la lâcheté des Occidentaux qui déjà à l’époque ne voulurent pas mourir pour Dantzig et qui aujourd’hui refusent de verser leur sang pour la Crimée. Il aurait fallu montrer les dents, faire des préparatifs de guerre, la Russie aurait reculé car elle n’est pas en situation d’affronter les USA et l’UE réunis.

    Toutefois, les Occidentaux semblent avoir franchi un nouvelle étape depuis que Laurent Fabius menace de bloquer la livraison des navires porte hélicoptères de type mistral, ceux là mêmes qui permettent la projection de forces d’invasion. S’il ne s’agit pas d’une opération de communication et si cela s’avère, alors on peut espérer. Mais Fabius lie cette mesure à une autre qui devrait être prise par la Grande Bretagne dont on sait que les places financières abritent les avoirs des grands oligarques russes. Si cela se produisait, la Russie serait à genoux en moins de six mois. Mais David Cameron le fera t il ? Avec de telles mesures, l’Europe remet la Russie de M. Poutine à sa vraie place et lui montre que les lignes rouges sont réellement infranchissables. C’est le seul langage compris par le maître du Kremlin ; de plus, une sérieuse mesure de rétorsion économique chasserait, à terme, M. Poutine du pouvoir car cet homme s’est définitivement déconsidéré par deux points en matière de politique étrangère :

    a)     s’être fait l’allié inconditionnel du boucher de Damas qui aura bientôt à son passif près de 200 000 morts ou disparus

    b)     le viol des frontières de l’Ukraine et l’annexion de la Crimée.

    En fait, il y va de la crédibilité de l’Europe et de l’Occident en général. Souvenons nous de la déception de la Pologne, liée à la France par un pacte de défense et qui se vit envahir par les Nazis alors que la France restait l’arme au pied.

    En fait, dans ce bas monde où ne règnent que les rapports de force, seul un petit pays du Proche Orient sait se faire respecter : il ne passe sur rien. Chaque fois qu’il est attaqué, il rend coup par coup. S’il ne le faisait pas, il aurait disparu depuis longtemps. Heureusement qu’il ne compte pas sur l’ONU pour le défendre…

    Rendez vous compte ! Ban Ki Moun a dit son inquiétude. Vous comprenez ? Son inquiétude !!!

  • La Crimée sous la botte russe

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    La Crimée est sous la botte russe..

     

    Quand on compare la gravité de cette annexion scandaleuse avec les mesures de rétorsion prises par les USA et l’UE, on se dit que M. Poutine a gagné et que les Ukrainiens sont bien seuls. Cela rappelle des souvenirs historiques stupéfiants . Si l’on érige le principe de M. Poutine en règle admise partout dans le monde, alors aucun pays de l’ancien glacis soviétique n’est à l’abri. On pensait que M. Poutine avait les nerfs un peu plus solides. Ayant réalisé qu’une révolution authentiquement populaire avait jeté à bas un pouvoir corrompu et oligarchique, comme il les affectionne, M. Poutine s’est juré la perte du gouvernement de Kiev et redoute que l’exemple soit contagieux et ne déborde dans son propres pays. C’est que la situation n’est pas rose à Moscou. Le rouble n’est pas bien placé et l’économie marque le pas.. Les sanctions économiques devraient mettre le pays à genoux et surtout contraindre M. Poutine à assouplir sa position. En tout état de cause, l’homme fort du Kremlin a, à cette occasion, révélé sa vraie nature, celle d’un agent secret brutal et peu soucieux des règles internationales. Il a agi un peu comme Hitler avait agi avec les Allemands des Sudètes…… Les Russes de Crimée jouent le même rôle. Mais l’homme pourrait en dire autant de maintes anciennes républiques aujourd’hui indépendantes mais jadis membres de l’URSS.. M. Poutine pourrait se prévaloir de la présence et des doléances de ces gens pour intervenir partout où bon lui semble En clair, cela veut dire que si l’Europe et les USA ne l’arrêtent pas de suite, il ne s’arrêtera pas de lui-même. Il faut reconnaître que le Kremlin ne peut pas accepter sans assurance ni contrepartie l’adhésion de tous les pays de son arrière)cour à l’OTAN. La Russie se sent encerclée. Et si l’Ukraine adhérait à l’OTAN Après avoir adhéré à l’UE, ce qui est inéluctable, Poutine en perdra le sommeil.. Si l’on veut que cessent les entreprises de déstabilisation de l’Ukraine, l’UE doit donner des garanties à Poutine. Faute d e quoi, ce dernier se vendra corps et âme aux Chinois, ce qui serait encore plus grave et potentiellement explosif.. A méditer..

  • La France et la délégitimation de la classe politique

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    La France et la délégitimation de la classe politique

     

     

     

    C’est devenu, depuis des semaines, le leitmoyiv des rédactions de tous les organes de presse : les Français ne croient plus en la politique, jugent le personnel politique corrompu et incompétent et répugnent à aller voter la semaine prochaine et aussi la semaine d’après. Comment d’expliquent ce soudain ras le bol ?

     

    D’abord par le climat général et l’inefficacité du gouvernement actuel, lequel comprend certes des personnalités de bonne volonté mais qui ne traduisent pas dans les faits les aspirations du peuple. Les gens ont dit dans la presse qu’ils n’avaient pas l’impression d’être entendus. Vous connaissez sûrement cette métaphore dite par une vieille dame à la radio. Avant les élections les murs vous parlent (allusion aux affiches qui couvrent les villes lors des campagnes électorales, mais après les élections vous parlez à un mir (allusion aux politiques qui font la sourde oreille, une élus et profitant du système..)

     

    Il y a ensuite l’impéritie et l’absence d’emprise sur le réel. Pendant la camapgne présidentielle, le candidat Hollande affirmait haut et fort qu’il n y avait pas de crise, qu’il n’augmenterait pas les impôts et que tout irait mieux s’il était élu… Les gens, même les socialistes constatent qu’il n’en est rien. Alors que faire ?

     

    Par impuissance, les gens se disent qu’ils n’iront pas voter car cela ne sert à rien. Cette attitude est dangereuse pour la démocratie. Il faudrait une moralisation de la vie politique et que les gens cessent de dire : Oui, c’est de la politique.
    Certes, je ne crois pas à un retour à la politique platonicienne, mais un effort s’impose. Faute de quoi, c’est un parti de l’extrême qui l’emportera.

     

  • Un ancien président de la république fran!çaise est il un citopyen comme les autres?

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    Un ancien président de la république française est il un citoyen comme les autres ?

    Non point, telle est la réponse qui s’impose à tout esprit clair et ordonné, et c’est bien ce qui aurait dû s’imposer au pouvoir s’il avait su prendre l’exacte dimension des choses. Faute de l’avoir fait, il se retrouve sur le banc des accusés alors qu’il permet aux juges de travailler indépendamment, sans interférence, semble t il des autorités.

    Mais pourquoi donc a t on persévéré dans cette voie et pour quelles raisons précises le Premier Ministre a t il fourni une version différente de sa ministre de la justice ? Il est certain que les jours de la garde des sceaux place Vendôme sont comptés, quand ce ne serait qu’en raison du remaniement que chacun annonce pour avril.

    Certains journalistes pointent l’inexpérience de la plupart des membres de ce gouvernement qui ne sont ni organisés ni vraiment dirigés. Sans porter de jugement de valeur sur ce état de choses, il faut bien reconnaître que l’affaire des écoutes de N. Sarkozy a été mal engagée. Certes, les juges travaillent indépendamment du pouvoir mais ils doivent respecter les règles du droit. Or, il se trouve d’éminents juristes pour contester la méthode employée : un ancien président de la République n’est pas, concrètement, un justiciable comme les autres.

    Les esprits moyens vont bondir en arguant que nul n’est au-dessus des lois. Dont acte, mais chacun sait que lorsque des personnages haut placés ont un problème, même de santé, ils ne vont pas urgences comme tout le monde mais au Valde grâce où ils font l’objet de soins particuliers.

    En soi, cela ne me gêne pas personnellement car je me souviens de la phrase de Goethe (Wir sind nicht gleich, noch können wir es werden : nous ne sommes pas égaux ni ne pourrons le devenir…) Il fut savoir faire le départ entre les citoyens lambda que nous sommes tous et les personnalités, les élus, les riches industriels, les grands savants et ainsi de suite. Mais dans la patrie des droits de l’homme ; on a tendance à confondre égalité et égalitarisme..

    Et ce n’est pas tout, maints très hauts fonctionnaires vous le diront sous le sceau du secret : en France, on n’a pas quitté la monarchie. Les pouvoirs du président de la république (depuis de Gaulle) sont sensiblement équivalents à ceux d’un monarque républicain.

    Comment voulez vous que dans ce cas, les anciens présidents soient traités comme tout le monde ? Exception française oblige 

  • Les Turcs contestent le régime islamiste actuel

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    La Turquie s’emporte contre le régime autocratique de son premier ministre

    En effet, des émeutes ont éclate hier et avant-hier dans les grandes villes de Turquie lorsque la nouvelle de la mort d’un tout jeune homme fut connue. Ce jeune garçon a été atteint par le tir direct d’une grenade lacrymogène. Au terme d’une longue hospitalisation, il est mort et son enterrement a donné lieu à d’immenses rassemblements. En fait, ce n’est pas la mort de cet enfant (que nous déplorons tous, évidemment) qui a mis le feu aux poudres, ce n’est que la goutte d’eau qui fit déborder le vas : une majorité de Turcs ne veulent plus de ce gouvernement islamiste autoritaire et qui les désarçonne par ses changements brutaux et sa conduite  désordonnée des affaires. On a déjà eu l’occasion de parler des changements inattendus en matière de politique étrangère et sers interventions inavouables dans la vie privée de ses concitoyens.  Aujourd’hui, ce sont les juges et les policiers qui paient pour avoir débusqué des malversations dans le cercle intime du pouvoir. N’oublions pas la condamnation à la prison à vie de l’ancien chef d’état major de l’armée turque, une mesure qui ne laissera pas indifférent la haute hiérarchie militaire du pays sur la base d’informations plutôt incomplètes.

    Bref, le mécontentement grandit en Turquie dont l’économie donne des signes de faiblesse et la monnaie perd de sa valeur. Et que fait l’actuel Premier Ministre ? Il crie au complot international. Mais ce qui va compromettre l’avenir politique du premier ministre, c’est le vaste scandale politico-financier qui éclaboussé ses proches. Au parlement, l’opposition a réclamé sa démission, du jamais vu.

    Il y a aussi, ne l’oublions pas, la guerre en Syrie qui obère l’avenir de la Turquie : 800 km de frontière avec un pays à feu et à sang dont les habitants fuient les horreurs de la guerre. Et M. Erdogan a échoué sur deux fronts de politique étrangère : il n’arrive pas à se faire admettre en Europe et on le comprend car l’Europe n’est pas seulement un continent, c’est une culture dont M. Erdogan ne partage pas les valeurs fondamentales. Et enfin, sa tentative de prendre la tête du monde arabo-musulman en instrumentalisant les Palestiniens et en rompant avec Israël a échoué : les Arabes se souviennent encore de la domination ottomane dans la région…

    Si l’homme avait été plus calme et plus pondéré, il aurait cherché à retrouver un second souffle, se serait rapproché de Washington et de Jérusalem, reconnaissant ainsi ses erreurs. Eh bien, il a fait tout le contraire et le résultat des élections municipales risque d’en apporter la preuve tangible. Visiblement, dix ans de pouvoir ont émoussé la capacité de l’exécutif turc.

    Il serait bon qu’une impulsion nouvelle fût donnée et que la Turquie, grand pays, renouât avec une vieille tradition de tolérance, d’amitié et de coopération. Cela paraît difficile avec le régime actuel.

  • Fête de Pourim ou jour de Mardochée?

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    Eu égard à la nullité de l'actualité politique et étant donné l'approche de la fête de Pourim (carnaval), j'ai préféré vous soumettre cette étude.


    Fête de Pourim ou  jour de Mardochée ?

     

    Quelles sont les vraies origines de cette célébration extra biblique (comme Hanoukka et Tisha be-av) qui a si fortement conquis la sensibilité juive au point que personne ne se pose même plus la question ? Pourim (ou le jour de Mardochée pour parler comme les Evangiles) ne figure pas dans les calendriers liturgiques prévus par le chapitre 23 du Lévitique, et en dépit de cela, même la tradition talmudique, généralement incarnée par des sages à l’esprit rassis, affirme qu’à l’époque messianique, tous les textes de la Tora auront perdu leur valeur prescriptive, à l’exception du Pentateuque et du rouleau d’Esther ! Bien plus tard, après la clôture de la littérature talmudique, le fondateur du mouvement hassidique HaBaD, Shnéour Zalman de Liadi (ob. 1812) a jugé qu’à l’époque messianique, l’obscurité sera transformée en lumière. En termes plus clairs, il jugeait miraculeux le basculement du roi Assuérus qui était passé de la haine exterminatrice à l’attitude la plus favorable et la plus conciliante à l’égard des juifs de son immense empire. Un peu comme on dit de Dieu qui prouve ainsi à un être humain l’amour qu’il lui porte : il transforme ses ennemis en amis.

     

    Je pense que c’est là tout le mystère et le message de ce rouleau d’Esther qui ne laisse pas de nous étonner et dont la canonicité n’allait pas de soi puisque les Sages du talmud n’ont pas manqué de s’interroger sur son degré de sainteté : rend-il les mains impures (metammé et ha yadayim) oui  ou non ? Un autre détail qui a, selon moi, toute son importance : pour quelle raison ce rouleau d’Esther est il le seul des vingt-quatre livres à ne pas figurer dans la bibliothèque de Qoumran ? Nous savons pourtant que le judaïsme hellénistique en a gardé trace dans deux versions et que les Septante adoptent une version qui ne coïncide pas mot pour mot avec le texte massorétique que nous déclamons à la synagogue pour le 14 Adar…

     

    La fête de Pourim ou le jour de Mardochée (qui s’est comporté comme un véritable exilarque : resh galouta) puisque c’est bien lui qui l’institua (sans même prendre conseil avec les autorités de Jérusalem ou du Temple) vise un but : montrer qu’au moment où le sort des juifs de la capitale Suze  et de tout l’immense royaume multiethnique et multilinguistique perse semblait scellé, une opération de type providentialiste, en d’autres termes, la divine providence peut confier à d’humaines mains, celles d’une jeune orpheline juive de fort belle prestance, le soin de déjouer le funeste projet d’un courtisan orgueilleux et anti-juif et de retourner contre lui et les siens ses noires arrière-pensées.…

     

    L’action est un modèle du genre dramatique que l’auteur domine avec une maestria  de très haut niveau. D’abord, on n’est pas dans l’empire perse proprement dit. C’est une belle fiction littéraire, même si l’on use de multiples expédients (faste de la cour perse, literies d’or et d’argent, le vin qui coule à flots, les banquets qui durent des semaines, emploi récurrent de termes persans, noms des protagonistes tirés de cette même aire culturelle, etc). Il s’agit d’un esprit hellénistique, vivant certainement à la fin du IIIIe siècle ou au début du IIe avant notre ère à Alexandrie et qui se sert des schémas classiques de l’historiographie perse (comme l’a montré de manière convaincante Arnoldo Momigliano) pour sa mise en scène en l’honneur du destin juif . Et bien que le nom du Dieu d’Israël ne soit pas cité une seule fois, oui, pas une seule et que celui du roi Assuérus le soit un peu moins de deux cents fois, (sur cent soixante- sept versets que compte le rouleau)  c’est bien le Dieu d’Israël qui est ici à la manœuvre. Il y a cependant un acte de contrition et d’expression de piété spécifiquement juive qui est mis à contribution, c’est le jeûne de trois jours que la jeune Esther demande d’observer afin que son entreprise de sauvetage réussisse et qu’elle puisse trouver grâce aux yeux du roi. Or, cette humilité, cette soumission n’ont de sens que si elle s’adresse au Dieu d’Israël qui doit, ainsi, étendre sur son peuple sa main protectrice.

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  • L'acharnement judiciaire autour de Nicolas Sarkozy

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    L’acharnement judiciaire autour de Nicolas Sarkozy

    A l’évidence, cet éditorial n’est pas partisan, même si à quelques heures de mon vol pour Genève où je dois animer un dîner-débat, je résume mon propos de ce matin en ces termes lapidaires : Nicolas Sarkozy acculé à Paris et acclamé à Genève.

    De quoi s’agit-il ? Eh bien, d’une démarche que n’a connu aucun président de la République après son départ de l’Elysée, pas même Jacques Chirac dont l’épisode judiciaire s’est tout de même mal fini. J’étais personnellement contre, arguant qu’un homme devenu vieux ne devait pas voir sa fin de vie ternie par une condamnation. Ce fut hélas le cas. On ne rappellera jamais assez aux juges que la justice est là pour assurer une harmonieuse vie sociale. A partir du moment où la justice met le monde en pièces au lieu de l’amender, remplit elle vraiment son rôle ? L’adage latin que la justice soit, le monde dût-il en périr, ne fonctionne pas (fiat justitia, pereat mundus). Un adage d’un vieille sagesse orientale stipule que Dieu a créé son univers par le biais de son attribut de miséricorde et non par l’intermédiaire de l’attribut de la rigueur implacable du jugement)… Pour quelle raison ? Par ce que ce monde assis sur une implacable justice n’aurait pas tenu une seconde ! A bon entendeur, salut !

    Tout ceci pour dire que le quinquennat de N Sarkozy est passé à la moulinette car chaque jour que D- fait apporte son intarissable lot de (prétendus ?) scandales, d’affaires et d’accusations. La question posée est grave et touche au cœur même des institutions de la république française : existe t il toujours une séparation des pouvoirs ? Sommes nous encore loin de l’instrumentalisation de la justice ? Est ce une chasse à l’homme puisque le pouvoir en place n’a plus, dit-on, le moyen d’enrayer la dégringolade électorale qui le menace ? Franchement, je n’en sais rien. Mais je pense vraiment que l’opinion, et les avocats, sont en train de monter en puissance et d’accuser les autorités de parti pris et de main mise sur l’institution judiciaire.

    Il faut faire preuve de prudence. Tous les jours, les journaux indiquent que la côte de popularité des deux têtes de l’exécutif ne se redresse guère. Et comment cela serait il possible dans la situation actuelle ? S’acharner sur un homme (qui n’aurait pas fait mieux) n’est pas une option sérieuse et provoque l’effet inverse à ce que l’on escomptait. Le gouvernement devrait se concentrer toujours plus sur la lutte contre le chômage, le rétablissement du pouvoir d’achat sans se préoccuper du retour en grâce des battus d’hier. Il ne faut pas que N.S. obsède le sommeil des gouvernants actuels. Qu’ils montrent ce qu’ils savent faire et les Français jugeront..

    Ce qui heurte la sensibilité des gens, c’est ce tir groupé sur un homme et un parti dont on veut noircir l’image. Personnellement, je n’ai d’engagement ni avec l’un ni avec l’autre, mais ma sensibilité d’homme et de citoyen est un peu froissée par ce que je vois et entends.

    La France est un pays dont les habitants confondent souvent l’égalité et l’égalitarisme. Un ancien président de la république ne sera jamais, quoi qu’en on en dise, un citoyen comme les autres. Certes, nul n’est au-dessus de la loi mais on sait bien que le statut pénal du chef de l’Etat, même après ses fonctions, ne ressemble à rien d’autre.

    Le pouvoir a eu l’intelligence ou le réflexe de sauver l’ancien chef de l’Etat de l’abominable accusation d’abus de faiblesse, lui évitant ainsi un humiliant renvoi en correctionnelle……… Je ne sais pas ce qui se serait dans les rues des villes et des villages de France si cela avait eu lieu… Rendez vous : un homme, devenu chef de l’Etat, accusé d’avoir tirer profit de la fortune d’une vieille dame.. Je frémis à cette simple évocation, tant cela paraît inimaginable.

    On pourrait m’opposer que je remets en question l’indépendance de la justice. Non point, je ne le fais pas. Mais il ne faut pas être naïf : on n’ouvre pas un dossier à tel moment ou à tel autre par hasard. Et surtout, on ne fuite tel ou tel détail à tel moment ou à tel autre, par hasard. Cela profitera aux extrêmes qui diront comme aux années trente : tous pourris…

    Il est temps de se ressaisir. Le gouvernement actuel traverse un moment difficile et tous doivent souhaiter sa réussite car il y va du redressement de la France. Le maintien au pouvoir n’est pas une fin en soi. Il est vrai que la nature humaine est ce qu’elle est et quand on arrive au sommet, on n’est pas nécessairement un saint. Mais il faut, néanmoins, utiliser des méthodes acceptables.

    Mais ceux que D- a doté de l’intelligence du cœur devraient regarder un peu plus loin que le bout de leur nez : que se passerait-il si l’alternance se faisait en 2017 ou, avant, en cas de dissolution de l’assemblée nationale ? Assisterions nous à une chasse à l’homme à l’envers ? D- nous en préserve.

    Que la justice fasse son travail loin du tintamarre de l’information sensationnelle, loin des plateaux de télévision : tout le monde y gagnerait, l’opposition qui ne serait plus accusée abusivement et le pouvoir, qu’el qu’il soit, dont les efforts pour reconstruire ensemble, seraient effectivement reconnus.

    Mais ma formation de philosophe idéaliste ne m’interdit pas de poser la question : prenons nous le bon chemin?