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  • Le général al-Sissi, un démocrate?

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    Le général égyptien Aboul Fatah al-Sissi, un partisan de la démocratie ?

    Les résultats du référendum en Egypte viennent d’être publiés : bien que la participation n’atteint pas les 40%, les suffrages exprimés sont à plus de 90% en faveur de la constitution. La voie est donc ouverte à une candidature de l’homme fort du pays, le général qui, en réalité, tient déjà entre ses mains les rênes du pays.

    La constitution est intéressante sur au moins trois points, censés apporter au pays le calme et la stabilité : le statut de l’armée, le statut de la femme et la place de l’islam.

    L’Egypte, depuis le milieu des années 50, a accordé à l’armée un rôle central, ou plutôt celle-ci se l’est accordé à elle-même, sans rien demander à personne. Aucun droit de regard sur son budget, aucune attaque contre elle n’est permise et elle a le droit de traduire devant ses propres juridictions militaires quiconque s’en prend à elle. Un status im statu, un Etat dans l’Etat. L’armée devient donc intouchable, elle garde la haute main sur toutes les affaires du pays et elle reste la seule force organisée du pays. En plus, elle est, comme son nom l’indique, armée. Donc capable de briser toute résistance, d’où qu’elle vienne.

    Le statut de la femme constitue un net progrès par rapport à ce que voulaient les islamistes enfin chassés du pouvoir. Cela montre une fois encore l’impéritie de ces hommes qui n’ont pas su imposer graduellement leurs idées et ont, contre toute attente, violenté la conscience des gens qui se sont estimés par trahis par peux là mêmes pour lesquels ils avaient voté. Et en ce sens, l’armée a bien agi en accordant aux femmes la place qu’elles méritent au sein de la société.

    En fait, le rôle de l’islam. Là, l’armée a fait preuve d’un discernement, même s’il convient d’attendre pour juger sur des cas concrets. L’islam est prépondérant, ce qui est normal chez les Arabes mais les partis fondés sur la religion sont interdits. C’est-à-dire une interdiction du confessionnalisme qui ne veut pas dire son nom.et qui barre la route à toute résurgence d’un parti islamique ou à un retour des Frères musulmans.

    Quelle leçons tirons nous de cette aventure sur les bords du Nil ? On m’a parlé un jour d’un vieille grand mère qui conseillait la douceur et la mesure, résumant sa pensée dans la formule suivante : celui qui tout prendre finira par tout perdre..

    C’est ce que le président déchu M. Morsi doit méditer dans le lieu où il est tenu au secret.

  • Ces jeunes lycéens qui quittent tout pour faire le djihad en Syrie

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    Les lycéens de Toulouse qui partent faire la djihad en Syrie

    J’avais en tête au moins deux autres sujets de politique internationale, notamment les suites du référendum en Egypte et l’attentat particulièrement sanglant à Kaboul qui visait un restaurant libanais très fréquenté, notamment par la communauté des expatriés. Il y aurait plus de 20 morts sans compter les blessés. Mais lorsque j’ai vu ce couple de maghrébins, particulièrement bien intégrés, n’ayant aucun signe distinctif, parlant parfaitement bien le français, pleurer le départ de leur enfant de 15 ans pour la Syrie où ils comptent se battre contre le régime de Bachar, je n’ai plus hésité : il fallait en parler et aider ces parents éplorés à retrouver leur progéniture et empêcher que leur cas ne fasse école. Il y avait déjà eu la semaine dernière les pleurs de cette femme française de souche dont les enfants, convertis à l’islam à son insu, ont du jour au lendemain, changé leurs habitudes et enfin pris le chemin la Syrie où ils ont péri au combat…

    Le problème est grave et le ministre français de l’intérieur en personne a pris les choses en mains et ses indications ne laissent pas d’inquiéter : le cas n’est pas isolé et je me demande même pour quelles raisons ces drames se produisent à Toulouse.. Est ce dû à l’activité particulièrement virulente des propagandistes islamistes sur place ? Ou bien est ce dû à d’autres facteurs qui nous échappent ?

    En tout état de cause, il convient pour le gouvernement de prendre ces affaires au sérieux car on n’imagine pas les catastrophes à venir si, un jour, ces jeunes fanatisés et endoctrinés revenaient dans leur pays, la France, pour y semer la terreur et la destruction… La question qui se pose ne relève pas uniquement de la stratégie policière ou de la manière dont on peut contrecarrer de telles dérives. Il s’agit de briser le cycle de l’endoctrinement et du recrutement…… Ce qui relève d’un tout autre raisonnement.

    Comment de jeunes enfants, tout juste âgés de 15 ans, partent d’un coup, rompent tous les liens affectifs, sociaux et culturels pour basculer dans le djihad, dans l’inconnu ? Comment sont ils sensibles aux prêches de fous qui leur rabâchent du matin au soir que leur Dieu les a élus pour se sacrifier et pour aller au paradis ? Cette aliénation, cette néantisation du lien social et familial, sont incompréhensibles, de prime abord.

    Plus grave encore : comment la grande civilisation européenne, d’extraction judéo-chrétienne,  prêchant l’amour de l’autre, la commisération et la compassion ne parviennent elle pas à s’ancrer dans l’esprit de ces pré adolescents, pourtant nés et éduqués en France et d’en chasser les éléments délétères de cette culture de mort ? Sont- ce la permissivité, la perte de tous repères, la dislocation des liens familiaux qui expliquent une telle dérive sectaire ? Que trouvent ces enfants chez les terroristes qu’ils ne trouvent pas ici, sur place, chez eux et avec leurs parents qui les aiment, les nourrissent et les élèvent ?

    L’affaire est grave et il convient de ne pas se tromper de diagnostic. Il semble pourtant que nos démocraties, suisse, française ou européenne, n’aient pas vraiment saisi la nature ni la gravité de l’enjeu. Pendant des décennies, on a fait confiance à un processus d’intégration qui ne tenait pas ses promesses. Pendant des décennies on a laissé s’accumuler les problèmes de ces nouveaux venus qui devaient, par leurs seuls moyens, trouver leur place dans une société complexe et difficile à laquelle ils n’avaient pas été préparés, avec des parents qu’ils n’admiraient plus, des grands parents auxquels ils adressaient des reproches, bref sans modèles ni repères..

    Que font les pouvoirs publics ? Pensent-ils attendre l’apparition dévastatrice d’un nouveau Mohammed Merah pour réagir enfin ?

  • Le monde de l'entreprise sera t il un jour reconnu en France?

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     Le monde de l’entreprise libérale sera t il un jour pleinement reconnu en France ?

    C’est bien la question que l’on est en droit de se poser quand on prend connaissance des déclarations assez surprenantes d’un ministre français chargé justement de la production et  donc de la lutte contre les fermetures d’entreprises et du chômage que cela génère.. Tout le monde aura reconnu de qui il s’agit…

    Ce ministre a cru bien agir en faisant de la surenchère, il demande au MEDEF de créer non pas un mais deux millions d’emplois en contrepartie des avantages octroyés il y a quelques jours par le président de la République. Une telle demande a suscité les commentaires amusés et ironiques des observateurs qui font remarquer à juste titre que l’on ne crée pas des emplois comme un pommier donne des pommes : les emplois émanent de la croissance et de la bonne santé des entreprises. Si les gains sont bons et prometteurs, les emplois arrivent presque automatiquement. On recrute car on veut se développer, mieux écouler ses propres produits. Ce n’est pas une affaire de donnant-donnant : je vous aide et vous me créez des emplois, cela dénote, ajoutent les journalistes spécialisés, une mentalité étatique et un dirigisme économique. Or, pour que l’économie redémarre et que la croissance revienne, il faut des gens mus par l’appât du gain et la volonté de réussir, deux attitudes éminemment suspectes aux yeux du socialisme et du dirigisme économique.

    Doit on comprendre que les entrepreneurs et les facteurs économiques sont encore considérés comme l’anti-France, une France frileuse, faite de fonctionnaires, voire la phrase de Jean-Pierre Chevènement, «une France moisie» ? Je ne plaide pas pour ma paroisse puisque je ne suis pas un entrepreneur, mais j’avoue nourrir une certaine admiration pour ceux en France ou en Suisse qui quittent les sentiers battus et se lancent à leurs risques et périls dans l’inconnu…

    Savez vous à quoi me fait penser cette nouvelle alliance, ce partenariat gouvernement / entrepreneurs ? A ce proverbe chinois, jadis mis en avant par l’éditorialiste André Fontaine qui l’a même pris comme titre d’un livre : un lit pour deux rêves…… L’idée est simple au lieu de rêver la même chose, la même vie, on vit dans un monde autre, différent, voire opposé à celui du partenaire. En l’occurrence, le gouvernement attend désespérément une création massive d’emplois pour se renflouer et sauver son pari économique alors que les entrepreneurs sont mus par d’autres motivations. Je n’exclus pas qu’au final ils se rejoignent, mais pour l’heure, il y a loin de la coupe aux lèvres.

    L’Allemagne, la Suisse et l’Autriche, sans même parler de la Hollande s’en tirent nettement mieux car il n y a pas cet héritage égalitariste hérité de la révolution française et d’une conception mal comprise de l’idée de nation.

    Or, entrepreneurs et salariés font partie de la même nation, pas au même niveau, c’est vrai, mais de la même nation.

    Parfois, il est bon de le rappeler.

  • Le scepticisme grandit après la conférence de presse du président français..

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    Le scepticisme grandit après la conférence de presse de François Hollande Bien que seul un tiers des Français jugent positivement la conférence de presse de leur président, celui-ci a au moins marqué un point : il a largement perturbé l’opposition de la droite républicaine qui part au combat en ordre dispersé : certains se disent prêts à soutenir les efforts du président Hollande, d’autres entendent le juger sur ses actes, et d’autres enfin relèvent qu’il s’oriente enfin vers la bonne direction. Que peut-on dire, en gros, sans prendre de position partisane marquée ? Deux choses : a) d’abord que le président a reconnu publiquement le rôle indispensable des entreprises dans la vie économique du pays et son apport crucial dans un éventuel redressement. Notamment lorsqu’il a parlé de l’offre qui doit précéder la redistribution, ce qui est un schéma préconisé par Dominique Strauss-Kahn b) ensuite la nécessaire réforme de l’Etat et la compression des dépenses publiques. Et même s’il a affirmé vouloir préserver le modèle social français, il a reconnu entre les lignes que de nombreuses prestations, devenues insoutenables, allaient progressivement disparaitre. Ce qui signifie, en clair, que la fiscalité a atteint des sommets et qu’elle apparaît déjà comme une mesure confiscatoire aux yeux des citoyens. Ces deux principes sont vertueux mais depuis hier leur mise en pratique apparaît très aléatoire. Il y a d’abord le financement des allègements de charges consentis aux entreprises, à charge pour ces dernières d’embaucher le maximum de chômeurs. Le président a enfin admis que ce n’est pas à l’Etat de se substituer aux forces vives de l’économie nationale ou mondiale. Les entreprises doivent jouer leur rôle, mais voilà il y a la tradition colbertiste du pays et la main mise de l’Etat sur l’économie et les rapports sociaux : chaque fois qu’un conflit social éclate, et l’on comprend la légitime colère des salariés, ces derniers bloquent les routes, retiennent les cadres en otage ou occupent leur usine. Et immédiatement après ils en appellent à l’Etat qui se voit contraint de s’occuper de sujets qui, en principe, ne le concernent pas. C’est la ligne de démarcation entre le social-démocrate (dont la matrice est bien l’Allemagne de Bismarck et de Guillaume II) et le social-libéral qui réduit, autant que faire se peut, le rôle de l’Etat. On se souvient encore de la cuisante remarque de Lionel Jospin qui eut le malheur de dire aux gens de se prendre en main ; eh bien, avant le coucher du soleil il dut revenir sur ses propos tant l’indignation était grande dans son propre camp. Or, c’est là le point nodal du problème : le président Hollande a, assez habilement, il faut le reconnaître, affirmé qu’il comblerait ou compenserait la disparition des rentrées fiscales consenties aux entreprises par des économies réalisées sur les dépenses de l’Etat : réduire le mille-feuille administratif dans les régions, les départements et les communes, concentrer et mutualiser les échelons administratifs ( ce qui était déjà dans le rapport de la commission Attali), bref faire ensemble ce que tant d’autres font séparément. L’idée est brillante, géniale même, mais quelque peu aléatoire car tous les gouvernements s’y sont risqués sans succès. Un exemple criant, qui saute aux yeux : il y a trop de députés, trop de régions, en gros, trop d’élus. Mais voilà, aucune assemblée, aucun groupe ne voudra se faire hara-kiri, réduire le nombre de ses membres, alors qu’il faudrait le faire. Il suffisait, ce matin même, de regarder la revue de presse des quotidiens régionaux pour s’en convaincre. Il y a enfin cette batterie de comités ou d’observatoires que le président appelle de ses vœux qui vont venir se surajouter à ce qui existe déjà. Et je n’évoque même pas le divorce entre les Français et leurs élites dont les citoyens pensent (à tort ou à raison ?) qu’ils ne vivent pas sur la même planète.. Tout en souhaitant, pour la France, que le président Hollande rallie à sa cause la majorité des Français, on ne peut méconnaître le caractère risqué de son pari. C’est particulièrement vrai ce matin, un peu comme si il a fallu attendre que les choses se décantent et que les commentateurs puissent enfin affiner leurs analyses, pour y voir clair. Le seul pari gagné, je me répète, c’est la division de l’opposition qui, une fois le calme revenu, ne tardera pas à reconstituer son unité. C’est habile, c’est astucieux, c’est un exercice réussi, mais est-ce ainsi que l’on doit diriger un grand pays comme la France ? J’ai lu dans Le Monde daté du 9 janvier que le secrétaire général adjoint de l’Elysée, M. Emmanuel Macron, avait déployé de gros efforts pour rallier le chef de l’Etat à ses thèses. Si c’est le cas, c’est bien. Il faut l’en féliciter. Mais un immense chantier attend le chef de l’Etat s’il tente vraiment de réformer cet ingouvernable mille feuille qu’est devenue la France : il faudra réduire de manière drastique les dépenses sociales et reconsidérer largement le modèle social français… Et c’est une mesure urgente qui n’attendra pas 2017, une année dont les observateurs ont relevé qu’elle était souvent évoquée par le discours dans son propos liminaire. Et que fait-on en 2014, 2015 et 2016 ? Le pays attendra – t-il ?

  • François Hollnade sera t il suivi par le parti socialiste?

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    La conférence de presse du président Hollande : sera t il suivi par les députés socialistes ?

    Le président Hollande a limité les dégâts et plutôt réuni sa conférence de presse, bien que ce fût un exercice plutôt convenu. Les questions sur sa vie privée n’ont pas plu sur lui, en dépit de quelques protestations de membres de la presse étrangère, habitués à des questions plus agressives.

    Le plus intéressant dans cette rencontre prévue de longue date était le programme économique. Le tournant social-démocrate ou  social-libéral, est bien là. Le président, après de 18 mois de tâtonnements, s’est converti au réalisme politique et économique : il sollicite l’aide du patronat et reconnaît que seules entreprises sont aptes à créer des emplois.

    Dans tout autre pays, cela fait partie des choses naturelles, en France cela conduira dans les semaines suivantes à des déchirements internes, voire à des divorces. Que va faire la gauche de la gauche, je ne parle pas du PC ou du front de gauche mais des élus socialistes qui vont devoir faire face à leur électorat traditionnel ?

    Fr. Hollande a pensé réduire le chômage mais il a aussi présent à l’esprit sa réélection en 2017. Et là on peut se demander si les socialistes ne vont pas se diviser. Il est clair qu’une nouvelle politique ne saurait se faire sans un nouveau gouvernement.

    Comme le lui demandait un hebdomadaire la semaine dernière, le président s’est réveillé.

     

  • Titre de la noteLes Français ne veulent plus d’une première dame… M. Trierweiler sacrifiée

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    Les Français ne veulent plus d’une première dame… M. Trierweiler sacrifiée

    Ce qui vient de se passer en France est assez rare. D’abord, depuis un certain temps, les Français ont eu l’impression que l’on diffusait sous leurs yeux un vaste écran de fumée afin de leur faire oublier la gravité de leur situation économique : mariage pour tous qui a déchaîné les passions, ensuite l’affaire M’bala M’bala et à présent, même si ce n’était guère prévu ni programmé, le mélodrame autour de la vie privée du président de la République. L’observateur attentif de la chose politique verra que le PS a changé ce matin de stratégie pour défendre son chef qui est aux commandes du char de l’Etat : plus de première dame de France, plus de statut pour la personne qui partage la vie d’un président, plus de cabinet, plus de budget, plus d’accompagnement lors des voyages officiels.

    C’est un changement total de pied et de stratégie. En fait, les stratèges du PS ont sacrifié madame Valérie Trierweiler. Ce n’est pas très élégant de leur part, et ce d’autant plus que cette personne est encore hospitalisée et à ma connaissance, aucun communiqué de l’Elysée ni de personne d’autre ne lui a souhaité publiquement un prompt rétablissement..

     

    C’était très frappant ce matin car les porte paroles du PS ont martelé que la première dame était un héritage résiduel de la monarchie, que la République n’avait que faire de cette rémanence de la monarchie et que tout irait mieux sans elle.. En fait, assez adroitement mais avec un cynisme consommé, on n’a trouvé que cette méthode pour sauver le président :  comme tout homme, il a le droit de mener la vie amoureuse qu’il souhaite, si l’on supprime le corpus delicti, eh bien, il n y a plus de délit. Les juristes, ou plutôt les moralistes, apprécieront. On assiste à une opération qui consiste à broyer quelqu’un qui disparaît purement et simplement et auquel on n’a aucun compte à rendre puisque le président et son amie ne sont pas mariés et que le premier a un statut tandis que la seconde n’en a guère et ne devrait plus en avoir. C’est aménager sur mesure une nouvelle configuration pour le chef de l’Etat. Ses amis ont donc allumé un contre-feu : ils ont sauvé leur chef mais ont dû, pour cela, sacrifier sa compagne..

    Que pouvons nous en dire ? Eh bien ceci me rappelle une phrase que feu Bernard Stasi m’avait dite lors d’un dîner au cours duquel on devait parler de choses qui l’intéressaient. Parlant de Jacques Chirac, il m’a dit : les pouvoirs d’un président de la Ve république sont sensiblement équivalents à ceux d’un monarque républicain… Verbatim. Or, depuis Valéry Giscard d’Estaing et peut–être déjà le général de Gaulle (qui rencontrait régulièrement, dit-on, une pensionnaire de la Comédie Française) tous les présidents ont eu des vies amoureuses parallèles : Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy et aujourd’hui Fr. Hollande..

    Pour que les principes soient en accord avec la réalité, il faut donc supprimer ce côté officiel de la femme du chef de l’Etat, hérité de la monarchie : plus de budget, plus de cabinet, plus de statut officiel, en une phrase. Les partisans du maintien de la tradition arguent que la femme du chef de l’Etat ou sa compagne humanise la fonction, lui donne un aspect compatissant, visite les hôpitaux, répond à la souffrance des Français etc… Leurs adversaires, partisans de la suppression, renvoient à ce qui se passe en Allemagne et dans l’Europe du nord..

    Que dire ? Tout d’abord qu’il faut plus d’éthique dans la vie. Je ne dis pas que le chef de l’Etat, quel qu’il soit, n’a pas droit au bonheur.. Après tout, le président allemand, bien que pasteur, vit depuis plus de dix ans avec une compagne, sans être formellement divorcée de son épouse légitime. Quand j’en fis respectueusement la remarque à un très haut fonctionnaire allemand de mes amis, il me répondit par une boutade : C’est l’avantage du protestantisme par rapport  au catholicisme. Voire.

    Voyez vous, je me suis souvent demandé pour quelle raison la liturgie de Yom Kippour, le jour des propitiations, incluait une lecture du Pentateuque (le Lévitique) interdisant les unions sexuelles illicites. Un peu comme si résidait bien là le summum d’une conduite éthique. Mais déjà dans le livre de la Genèse, on voit clairement que l’une des causes de la survenue du Déluge était justement l’inconduite morale des hommes sur terre (car toute chair avait corrompu ses voies sur terre : ki shihét kol basar et darko ‘al ha-aréts).

    Souhaitons sincèrement au Président de la république une bonne conférence de presse et l’emploi des bonnes recettes pour le redressement social et économique de la France.

  • François Hollande et Vélérie Trierweiler

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    François Holland et Valérie Trierweiler : perplexité………

    Je m’étais pourtant promis de ne pas écrire sur ce sujet si controversé. J’ai pu observer, néanmoins, la montée en puissance de l’affaire. Au tout début, les choses étaient feutrées, presque inaudibles, mais dès dimanche soir, les grands journaux télévisés en faisaient leur une pour ne pas dire leurs choux gras. Décidemment, l’Homme ne maîtrise pas ce qu’il faut bien nommer son destin. Et je ne parle pas précisément de tel  ou tel homme, de telle ou telle femme, mais du genre humain. Voici une affaire qui tombe mal= alors que le président se promettait de reprendre les choses en mains, de déboucher l’horizon, son horizon politique, et de faire rentrer dans la configuration morose actuelle, un coin de ciel bleu, un petit rayon de soleil, voici qu’une affaire privée vient tout remettre en question.  Mais que faut il penser de tout cela, au juste ?

    On ne peut pas reprocher à un homme ou à une femme de tomber amoureux. Mais la chose se complique singulièrement lorsque l’homme en question vit déjà en couple avec quelqu’un d’autre et qu’il est, de surcroît, président de la république. Un président de la république a droit à une vie privée tant que celle-ci ne compromet pas ses responsabilités publiques. Or, comment admettre que le président, celui-ci ou un autre, s’affiche publiquement avec une femme, dite la première dame de France, alors qu’en réalité, il en aime une autre ? Il y a là le chevauchement de deux natures, de deux réalités qui s’excluent mutuellement. Tout le monde connaît aujourd’hui la thèse d’Ernst Kantorowicz sur le corps sacré du roi : il y a l’homme privé qui vit sa vie comme il l’entend et il y a l’homme investi de la responsabilité suprême par des millions de ses concitoyens…

    En effet, dire que les deux ne se rejoignent jamais est une vue d de l’esprit, et dans ce cas précis, on assiste même à une violente collision puisque la première dame a mal accepté  la révélation du scandale et qu’elle a été hospitalisée. On espère qu’elle sortira de cet établissement et qu’elle se remettra rapidement. Mais le problème reste posé et le sera sûrement demain lors de la conférence de presse du président français.

    Ceux qui ont entendu ce matin, sur I-Télé,  peu après huit heures, les révélations du directeur de Media part  sur l’appartement qui abritait les rencontres, réelles ou supposées, entre le président et son amie, seront très intrigués par l’arrière-plan controversé de la chose. Le journaliste a cité des noms de Corses issus du grand banditisme, ce qui a posé le problème de la sécurité du chef de l’Etat.

    On le voit, cette affaire risque de devenir un scandale d’Etat. Tout d’abord, une clarification s’impose concernant les relations du président Hollande et de sa campagne. Ensuite, le président doit comprendre que sa fonction lui impose des règles de sécurité strictes auxquelles il doit se soumettre. Du temps de Giscard d’Estaing Raymond Aron avait vertement tancé le locataire de l’Elysée en ces termes : quand on est président de la république, on reste à l’Elysée et on travaille…

    Reste l’aspect humain, intime, c’est-à-dire ne concernant que l’homme au plus profond de son être : la fonction est harassante, dévorante, peut-être même dépasse t elle les capacité d’un homme normal. Mais il faut drôlement tenir à une femme pour la rejoindre sur un scooter, en pleine nuit, sans aucune protection ni escorte, dans une rue de Paris où l’attend l’élue de son cœur…

    Après tout, aimer n’est pas un crime mais quand on est président de la république, cela peut être très dangereux. Surtout quand on ne prend pas quelques précautions.

  • L'affaire Dieudonné M'bala M'bala: un feuilleton interminable?

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    L’affaire Dieudonné M’bala M’bala : une feuilleton sans fin ?

    Le scénario semble bien rôdé : on se présente pour tenir un «spectacle» qui a été interdit. On introduit un recours devant le tribunal administratif local et on attend. Depuis que le Conseil d’Etat a opté pour l’interdiction pure et simple, le polémiste réédite le même coup chaque fois. Il a déjà été débouté deux fois, il va récidiver. Mais ses conseils lui ont suggéré de changer de nom, voire de contenu même… de son «spectacle» Le problème est qu’on ne parle que de cela : la France ne mérite t elle pas mieux ? Sera t elle encore livrée aux agissements indignes de l’un de ses fils qui se prétend un patriote en demandant à ses fans stupides d’évacuer le site en chantant… la marseillaise ? De la part d’un individu contre lequel le ministère de la justice et des finances ont déclenché des enquêtes préliminaires, cela ne manque pas d’air…… Le 14 janvier, donc dans trois jours, le président de la République va tenir une conférence de presse au cours de laquelle des sujets importants vont être traités ; on parle même d’un tournant social-libéral : que va t il se passer si M. M’bala M’bala continue son petit jeu ? Les journalistes qui tiennent là un bon filon, vont ils déserter la conférence pour se mettre aux trousses d’un humoriste qui ne plus rire personne ? Pour ma part, et sauf rebondissement entièrement inattendu, c’est le dernier ou l’avant dernier billet que je consacre à cette affaire.

  • Hier soir, le Conseil d'Etat a sauvé l'honneur de la France

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    Hier soir, le Conseil d’Etat a sauvé l’honneur de la France

    Oui, hier soir, la France entière retenait son souffle. Je puis vous dire que juste avant ma conférence à la mairie du XVIe arrondissement, vers 19 heures, tous les présents arboraient un large sourire et commentaient la bonne décision de la plus haute juridiction administrative française. J’avoue que je nourrissais quelques doutes en repensant aux jugements à la Salomon rendus par les Sages du Palais Royal au sujet du voile islamique ou de l’accompagnement des sorties scolaires.. Mais cette fois ci le Conseil a bien agi et a pris ses responsabilités. Il faut reconnaître que la circulaire Valls n’était pas très bien calée juridiquement : on ne peut pas interdire un «spectacle» avant qu’il ne se produise, même lorsqu’on sait qu’il s’agit d’un multiple récidiviste. Mais là, les Sages ont pris leurs responsabilités et ont cassé la décision du tribunal administratif de Nantes .

    Mais notre joie, notre soulagement risquent d’être de bien courte durée, et même si, comme je l’espère, les juridictions administratives des villes concernées, devaient suivre la jurisprudence du Conseil d’Etat, le spectacle offert au monde  est affligeant. D’où un certain nombre de questions qui se posent et auxquelles il convient que les autorités compétentes apportent des réponses :

    1/ Comment se fait-il que l’Etat ait attendu si longtemps pour réagir ? Comment se fait-il que toutes les condamnations de D. M’bala M’bala n’aient pas exécutées et que les amendes n’aient pas perçues ? Comment se fait il que l’on réalise tardivement que Diedonné a organisé son insolvabilité ?

    2/ On ne s’explique pas vraiment que le ministère de l’intérieur soi seul à la manœuvre et que le ministère de la justice observe un silence assourdissant. Pourquoi avoir recouru à une circulaire adressée aux préfets alors que le ministère de la justice dispose d’un arsenal complet pour s’en prendre à un hommes qui se vautre dans des diatribes antisémites inqualifiables ?

    3/ Il est très difficile de comprendre que dans un pays comme la France, plus de 5000 personnes se pressent pour assister à un spectacle qui n’en est pas un et veulent rire de choses qui ne sont guère risibles ? C’est probablement ici la plus grave défaite morale jamais essuyée par ce pats. Je sais bien que le niveau d’exigence éthique de la population baisse, surtout en cette période de désarroi économique et d’affaissement social, mais tout de même ! La France, matrice de la Révolution, pays des droits de l’homme, qui laisse un type qui n’est même pas amusant, monopoliser son attention depuis des jours, au point d’oser se mesurer au ministère de l’intérieur, symbole de la puissance de tout l’appreil sécuritaire de l’Etat ?

    4/ Toute cette affaire a mis à nu les dessous des batailles politiques internes. Il se murmure dans les milieux dits informés que certains au sein de la majorité actuelle n’auraient pas vraiment pleuré toutes les larmes de leur corps si l’actuel ministre de l’intérieur avait mordu la poussière… Cela aurait contribué à éloigner le spectre de mutations politiques internes et même servi les intérêts des plus hautes autorités de l’Etat dont le désamour est inversement proportionnel à la popularité du ministre de l’intérieur… Si de telles rumeurs devaient s’avérer, cela n’augure rien de bon pour le pouvoir.

    5/ Enfin, et c’est le plus important, la situation des juifs de ce pays ne ressort pas mieux garantie. En s’attaquant à la mémoire de la Shoah, en tournant en dérision les souffrances et le sacrifice suprême d’hommes, de femmes, de vieillards et d’enfants durant la seconde guerre mondiale, et ayant pu le faire impunément (puisque toutes les condamnations de D. M’bala M’bala) n’ont rien donné, le pouvoir a éveillé le doute et le soupçon dans l’esprit des juifs de France : comment la République peut elle rester inerte face à un homme qui agit de la sorte et récidive impunément ? Il est à craindre qu’un nouvel exode ne reprenne comme du temps où les agressions antisémites en France étaient quasi-quotidiennes.

    En conclusion, ceux qui ont osé se prévaloir de la liberté d’expression pour donner raison à ce polémiste de bas étage, ceux qui ont osé avancer qu’il fallait attendre qu’il commette un nouveau délit pour agir, alors que nous avons affaire à un multiple récidiviste, oui, ceux là se trompent lourdement..

    Jamais je n’aurais imaginé qu’une telle honte pouvait s’abattre sur ce pays. Heuresement que les Sages du Palais Royal sont là..

  • Le Décalogue

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    CONFÉRENCE DU JEUDI 9 JANVIER 2014 MAIRIE DU XVIE ARRONDISSEMENT DE PARIS LE DECALOGUE Ce terme lui-même mérite d’être explicité car il s’agit de déterminer s’il s’agit vraiment de lois, de préceptes,, de commandements ou de simples règles. Ensuite de déterminer s’il s’agit d’éléments relevant de l’éthique pure ou d’un système religieux précis. Il faut donc revenir à la terminologie hébraïque elle-même qui recourt à l’expression assérét ha-dibberot. Le mot ne connaît pas d’autres occurrences dans la Bible. Dibberot est le pluriel (rare) de dibbéra ou dibbérét (mot, parole). Cette remarque d’ordre philologique a son importance car la Bible n’a pas jeté son dévolu sur d’autres termes en rapport avec l’idée de commandement ou de préceptes, comme mitswa, hoq, pekuda, ou même Tora. La Bible a eu recours à un terme spécifique formé sur la racine DBR signifiant à la fois une chose, une parole… Il est important que la Tora parle de assérét ha-dibbérot et non de assérét ha mitswot, pour bien montrer qu’il y a là quelque chose de totalement à part.

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