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  • La France et ses immigrés.

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    La France et ses immigrés : la place de l’Islam dans ce pays

    Tout le monde a entendu parler de ce rapport, apparemment publié par mégarde sur le site de Matignon et a suscité lire, voire le grand courroux du président de la République, furieux d’apprendre par ses conseilleurs le contenu étonnant de ce rapport, rédigé dans un esprit tout à fait inattendu.

    Le journal Le Figaro a fait sa une sur ce rapport qui évoque, aux yeux de certains critiques, une forme d’islamisation de la France, que cette impression soit fondée ou infondée. Le rapport, rédigée par conseiller d’Etat dont les idées étaient connues, suggère d‘aller bien au-delà de l’intégration et veut parler d’inclusion. Que signifie ce terme ? Eh bien, l’auteur nous le dit : il opte pour une place toujours plus grande accordée à l’immigration non européenne, la généralisation de l’apprentissage de la langue arabe, la refonte des manuels d’histoire de France où plus de place serait accordée à la colonisation et à l’héritage arabo-musulman de l’Hexagone, donner des noms de rues et de places à des personnalités musulmanes, etc… En une phrase favoriser l’émergence d’une sorte de pays franco-musulman.

    Je ne me prononce pas sur le bien-fondé ou l’imprudence d’une telle proposition, mais je note que tout le monde, tous les acteurs de la vie politique de droite comme de gauche ont pris leurs distances avec de telles propositions. Il suffisait de voir les traits du visage du président Hollande pour s’en rendre compte.

    Marine Le Pen ne pouvait pas ne pas se saisir de la chose. Elle avait été précédés dans cette affaire par les dirigeants de l’UMP qui ont dénoncé de telles idées.

    Quelles que soient les idées que l’on peut se faire de cette question, la place des immigrés non européens en France, un constat s’impose : l’affaire reste très sensible, bien que tous les gouvernements aient toujours remis à plus tard cette épineuse question. Surtout lorsqu’on lit dans ce fameux rapport qu’il faudrait permettre le port du voile dans certaines conditions, que la laïcité ne devrait pas être aussi stricte, etc…

    Comment réagir d’une manière objective et intelligente dans un débat qui touche au cœur même de l’identité française ? Je pense que la population n’est pas encore mûre pour supporter de tels changements. L’histoire de France ne peut pas s’accommoder d’une si grande place dévolue aux rites religieux ou qui s’en inspirent.

    Veillons, toutefois, à ce que personne ne puisse exploiter ce problème politiquement. Pour le reste, l’avenir nous dira…

  • La collecte du sang en Israël et la député issue des Falachas

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    La collecte du sang en Israël et la députée issue de la communauté des Falachas

    La nouvelle a suscité une grande émotion, une députée de la Knését, originaire de la communauté des Falachas et arrivée en Israël à un très jeune âge s’est plainte, lors de don du sang, de ce qu’elle a interprété comme une insupportable ségrégation, qu’elle a reliée à la couleur de sa peau. En effet, quand elle demanda à l’infirmière les raisons de ce rejet, celle-ci répondit que telles étaient bien les instructions du ministère de la santé. Depuis cet instant, la dépurée a alerté la presse qui s’est bruyamment emparée de l’affaire, sans aller jusqu’au fond des choses.

    Le tintamarre médiatique s’est chargé de compliquer une affaire qui n’en était pas une. Certains sont allés jusqu’à dire qu’on refusait du «sang noir», comme si le sang pouvait avoir une autre couleur que celle qu’on lui connaît.. D’autres y ont vu la main d’un rabbinat ultra-orthodoxe qui entretiendrait toujours de solides soupçons sur les racines supposées de la judéité de certaines communautés vivant en Israël.

    Le ministère de la santé ne pouvait pas ne pas réagir. Selon ses indications cette attitude  s’expliquerait par au moins deux facteurs qui n’ont rien à voir, ni de près ni de loin, avec je ne sais quel «racisme biologique» de sinistre mémoire.. Le premier facteur serait l’appartenance à un groupe sanguin très rare, peu compatible avec les besoins réels de l’immense majorité de la population israélienne. Le deuxième facteur relève du fameux principe de précaution : comme les moyens de détection du virus du sida ont nettement évolué allant vers plus de perfection, les hôpitaux sont très attentifs à ne pas disséminer de telles maladies en distribuant du sang susceptible d’être contaminé. Il s’agit donc de ne pas mettre en danger la santé d’autrui.

    D’ailleurs, la député en question a elle-même dit qu’elle n’avait eu aucun problème lors de son incorporation à Tsahal où bien évidemment elle avait subi les mêmes examens médicaux que tous les autres conscrits.

    Mais ce qui frappe dans cette affaire (qui n’en est pas une) c’est l’attention presque morbide (et toujours malveillante) avec laquelle on scrute, depuis l’étranger, les faits et gestes d’Israël, de son armée et de ses dirigeants. Au fond, c’est peut-être l’enfant illégitime d’altérité juive mal comprise. Or, Israël se veut un état juif.. C’est une altérité mal comprise parce que mal expliquée, mal reçue et très mal assumée.

    L’observateur extérieur, même très bien intentionné, se dit ceci : ces gens ne mangent pas comme nous, ils ne se marient qu’entre eux, cela fait des millénaires qu’ils se veulent différents des autres, mais pour qui se prennent-ils ? Se croient-ils meilleurs que les autres parce qu’ils se veulent le peuple soi disant élu ?

    Hélas, ceux qui s’autoproclament porte-parole ou représentants de l’altérité juive ne savent pas de quoi il retourne. S’ils avaient une once de science du judaïsme ils sauraient ce que l’on m’a enseigné à l’âge de cinq ans. Dans le commentaire des rabbins sur la Genèse (Midrash Rabba), concernant le verset relatant la création du premier homme, Adam, les Docteurs des Ecritures se posent la question suivante : mais pour quelle raison Dieu, qui est tout-puissant, n’a t il créé qu’un seul homme ? Il aurait pu en créer au moins deux, voire plusieurs ? Les Sages répondent : il n’en a créé qu’un seul pour t’enseigner que la famille humaine est constituée d’individus égaux entre eux. S’il en avait créé plus d’un, tu aurais pu dire à ton prochain ceci ; je descends du Adam numéro un alors que toi tu proviens du Adam numéro trois ou quatre.

    Une telle réponse, remarquable en soi, coupe l’herbe sous les pieds de toute théorie raciste. On soupçonne souvent -derrière la volonté de protéger et de conserver cette altérité (éthique et rituelle)- des noires arrière-pensées qui n’existent pas toujours. Déjà dans les chapitre XI à XXV du livre de la Genèse, au sujet d’Abraham, il est bien dit qu’à travers lui seront bénies toutes les familles de la terre..

    Toutes, sans exception aucune.

     

  • Nelson Mandela ou les obsèques interminables

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    Nelson Mandela ou les interminables obsèques

     

     

     

    Cet article prend la défense d’un homme dont certains, depuis une semaine, instrumentalisent sans vergogne la disparition. Ce matin, encore, impossible de prendre des nouvelles du reste du monde car toutes les chaînes de télévision diffusent d’insipides discours célébrant les insurpassables qualités et vertus du disparu alors que la dignité et la pudeur réclament de laisser cet homme entrer dans la paix éternelle et le repos.

     

     

     

    Cette captatio benevolae (captation d’héritage) avait commencé bien avant la mort de ce grand homme, quand on voyait l’actuel président Jacob Zumma se presser, éclatant de santé et de corpulence, contre un Mandela, déjà ailleurs, le sourire figé et le regard dans plongé dans le vide. Peu importait : il fallait capitaliser des soutiens en prévision de la prochaine échéance électorale… Et l’homme n’a pas agi ainsi une seule fois, on a même eu l’impression que ces obsèques s’étirant à l’infini avaient été savamment étudiées afin de permettre à une ANC, en perte de vitesse dans les sondages de se servir de Mandela, irremplaçable figure tutélaire du parti, de rebondir et de regagner le terrain perdu. En vain, car on vient d’entendre sur I-TELE qu’un sondage donne 51% de sud Africains qui souhaitent le départ de Zumma.. Ce qui signifie que ce matraquage a produit l’effet inverse à celui que ces gens escomptaient.

     

     

     

    Mais comme l’a dit il y a une demi heure Olivier Ravanello d’I-TELE la pire des instrumentalisations, la plus éhontée et la plus cynique aussi, fut celle opérée par B. Obama qui n’a pas hésité à s’auto proclamer le digne héritier du disparu, faisant même remonter à ce grand personnage les origines de sa vocation politique.. En somme l’avocat de Detroit aurait toujours eu pour mentor l’homme de Soweto. Ce n’est pas convenable et Ravanello a bien eu raison de dénoncer en termes énergiques une telle tentative de récupération qui ne trompera personne. B. Obama devra déployer bien des efforts pour laisser une trace même minime dans l’Histoire.

     

     

     

    Je me suis toujours demandé comment les hommes politiques font pour exhiber un tel cynisme, subir tant d’avanies, braver le ridicule, dans le seul but de rester au pouvoir et de continuer de bénéficier de ses oripeaux… C’est étrange ! Mais le ver est dans le fruit. Quand ils finissent par être renvoyés dans leurs foyers (dans la mesure où ils en ont conservé un), ils sombrent généralement dans la démence ou la mélancolie. Ils se rendent soudain compte qu’ils n’ont pas eu de vie, pas joui de la liberté, mais ils ont plutôt été l’esclave de leur vanité et de l’image qu’ils se faisaient d’eux mêmes. Une sorte d’idolâtrie, un culte de leur image extérieure au lieu de passer sa vie à peaufiner leur statue intérieure.

     

  • Il faut stopper le massacre des musulmans en Centrafrique

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    Il faut stopper les massacres de musulmans en Centrafrique

     

     

     

    Je n’ignore pas que les musulmans ont eux aussi perpétré des massacres de civils innocents. Mais il ne faut pas que la loi clanique de la vengeance remplace la justice. Il faut donc que ces meurtres cessent immédiatement. Les militaires français doivent y veiller, ils doivent pas saisir les armes des musulmans sans leur assurer une protection convenable. Car, vu la situation sur place, et au regard des massacres subis respectivement par les deux communautés, le sang appelle le sang et si l’on  n’y prend pas garde, plus aucune cohabitation ne sera possible en Centrafrique. En outre, si les musulmans continuent à être massacrés, cela ne manquera pas d’attirer des éléments d’Al-Quaida qui ne demandent qu’à élargir leur installation dans tous les pays d’Afrique noire.

     

     

     

    Mais la détérioration de la situation sécuritaire au Mail, en Centrafrique et ailleurs pose un véritable question que ,ul ne peut éluder : est ce que tous ces pays méritent vraiment d’être indépendants ? Car cela fait plus d’un demi siècle pour certains d’eux qu’ils sont souverains. Et voici qu’il implosent, n’assurant aucune sécuité ni aucun avenir à leirs concitoyens. Je crains que certains lecteurs n’y voient un relent de néo colonialisme. Libre à eux, mais ce serait une méprise totale. Les Africains ont montré au cours de toutes ces années qu’ils n’étaient pas en mesure de s’autogérer.

     

     

     

    Même l’immigration vers les pays d’Europe n’est plus envisageable : ces pays ne veulent de population étrangère et leurs populations rechignent à intégrer des immigrés démunis de tout. Il suffit de voir les remous soulevés par le dernier rapport sur l »intégration pour s’en convaincre. Quitter son pays pour s’imposer chez les autres ne peut plus se faire : il faut rester chez soi et demander, au mieux, une aide étrangère pour améliorer sa sitaution. Après, à chacun d’agir pour pérenniser  chez soi le confort et la prospérité.

     

     

     

    J’ai toujours été frappé par le contraste suicant : tant à Genève qu’à Paris les ambassades et légations noires se trouvent dans les quartiers les plus cossus de ce deux grandes villes. Et parfois, ces mêmes pays qui se vautrent dans un luxe immérité ne peuvent même pas offrir de l’eau potable à tous les habitants/

     

     

     

    Nul ne peut préténdre que cela aussi découle du colonialisme ocidental…

     

  • Gérard HESS un memoriam

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    Gérard HESS (ZaL), Histoire d ‘une amitié

     

     

     

    Chère Valérie, cher Jacky,

     

    Monsieur le Grand Rabbin René Gutmann

     

    Monsieur le Sous-Préfet Alain Boyer

     

    Mesdames, Messieurs

     

    (et si vous le permettez) chers amis,

     

     

     

    Je joins évidemment mes propres remerciements à ceux de Valérie que je remercie de nous recevoir, et à ceux d’Alain : c’est un grand réconfort de vous voir, chers Amis, ici, dans un lieu où Gérard a vécu, tous présents à cette petite cérémonie fidèlement dédiée à la mémoire d’un homme, d’un être cher, d’un grand ami dont la présence, les conseils et la bienveillance ont beaucoup compté pour nous tous.

     

     

     

    Je ne parlerai pas longuement, non que je n’ai pas grand’ chose à dire mais simplement par pudeur et par respect. Je vous dirai néanmoins pourquoi, avec l’approbation de Valérie et de Jacky, ainsi que l’accord de mes amis ici présents, René Gutman et Alain Boyer, j’ai décidé de dédier mon tout dernier ouvrage, Martin Buber (Pocket, 2013) à la mémoire de ce grand ami que Gérard a été pour nous tous.

     

     

     

    Je commencerai par rappeler dans quelles circonstances j’ai eu le privilège de rencontrer Gérard et Valérie et comment depuis cette date mémorable, nous avions scellé une amitié qui ne s’est jamais démentie, en dépit des aléas et des épreuves qui restent le lot de toute existence humaine.

     

     

     

    Cette rencontre n’a pas été l’effet du hasard. Si j’osais, je dirai sans hyperbole que la divine Providence avait, en quelque sorte, confié à d’humaines mains le soin d’organiser notre rencontre : c’est à la grande synagogue rue de la victoire à Paris que le regretté grand rabbin André Chekroun m’a présenté Gérard et Valérie. Il m’avait dit textuellement ceci : vous êtes l’un des administrateurs de cette synagogue, vous vivez à Paris et travaillez à Strasbourg, eux vivent et travaillent à cheval sur  ces deux villes…… Prenez soin d’eux, je vous en prie.

     

     

     

    Cette rencontre sous de si bons auspices révèle l’attachement très fort de Gérard au judaïsme en tant que religion mais aussi en tant que culture, un attachement qui ne se démentira jamais. Je tiens à souligner ici qu’au début je me demandais qui était vraiment ce Monsieur HESS, le plus grand concessionnaire de voitures de l’est de la France, issu d’une éminente famille judéo-alsacienne, alors que moi, j’étais un simple universitaire, spécialiste de philosophie médiévale et du renouveau de la pensée judéo-allemande au XIXe siècle. Qu’est ce qu’on pouvait bien faire ensemble ?

     

     

     

    L’avenir qu’on ne peut pas deviner à l’avance na tarda pas à m’apporter la réponse : une amitié qui a duré un petit quart de siècle et dont je ressens, chaque jour qui passe, l’absence. Gérard m’a témoigné une amitié et une affection que je ne méritais guère ; une amitié dont j’essaie de me rendre aujourd’hui, et notamment ce soir ; il m’a introduit dans sa famille, m’a invité à célébrer les veillées pascales (sederaim) chez lui à la maison à Strasbourg, tant rue Wagner que rue du Fort Louis, il m’a fait inviter par son frère et sa belle sœur Jacky et Sylvie que je salue, il m’a même invité chez sa mère Madame HESS (ZaL), m’a présenté le rabbin LEDERER de Bischheim… La liste serait très longue mais je n’aurais garde d’omettre des séjours à Cran en Suisse et dans ses domiciles parisiens successifs

     

     

     

    Je puis donc dire, sans risque d’exagération que dans l’histoire de cette amitié, le plateau de la balance penche nettement en faveur de Gérard. Jusqu’à la dernière minute, il a assisté à mes conférences, à mes dîners débats, il est venu régulièrement m’écouter à la mairie du XVIe arrondissement,  il a acquis et fait connaître à ses amis tous mes livres… Bref, ce fut non seulement un ami très cher mais aussi un bienfaiteur.

     

     

     

    Et puisque nous parlons de livres, il est temps pour moi de dire comment j’en suis venu à dédier ce Martin Buber à la mémoire de mon ami. Durant sa maladie, Gérard et moi parlions au téléphone au moins une fois par semaine. Alors que je prenais de ses nouvelles, lui me demandait délicatement sur quoi je travaillais actuellement et nous en vînmes naturellement à parler de Buber. J’ajoute aussi que malgré son état de santé, Gérard avait tenu à être présent lors de la remise de ma cravate de commandeur de la légion d’honneur.  Lui et Valérie m’ont rapporté de Strasbourg cette cravate que le défunt Président Jean KAHN avait tenu à m’offrir : c’est vous dire combien Gérard et Valérie étaient intimement associé aux grands moments de vie.

     

     

     

    Mais revenons à Buber. Lorsque j’annonçai à Gérard que je travaillais sur ce sujet, il me dit qu’il avait dans sa bibliothèque un ouvrage en français de ce dernier, susceptible de m’intéresser. Il ajoutait que dès qu’il le retrouverait il me l’enverrait. Cette déclaration provoqua en moi une vive émotion. Assurément, je connaissais ce livre mais que mon ami, si gravement malade, ait eu cette attention altruiste, cette volonté de m’aider, me troubla. Je fis comme si je ne connaissais pas ce livre…… et demandai à Gérard de me l’envoyer.

     

     

     

    Voici donc le livre, chers Amis, dédié à la mémoire de Gérard mais que lui, figé dans l’éternité, ne pourra pas lire. Ne soyons pas tristes : son épouse, son frère, ses enfants, ses neveux, toute sa famille, le liront en pensant à lui.

     

     

     

    Mais pourquoi Buber ? Je me souviens avoir dédié à Gérard et à Valérie ainsi qu’aux enfants un livre que j’avais fait sur l’Ethique du judaïsme de Hermann Cohen en 1996. J’en avais fait l’annonce à Gérard dans l’avion que nous prenions souvent ensemble de Strasbourg à Paris. Et il s’en était réjoui. Nous en fîmes une présentation dans son ancien domicile qui se trouve à quelques mètres d’ici.

     

     

     

    Cette fois-ci c’est un autre grand penseur judéo-allemand que j’offre à Gérard par l’intermédiaire de son épouse, de son frère et des enfants.

     

     

     

    Buber naquit en 1878 à Vienne et mourut en 1965 à Jérusalem. Ce fut le philosophe de la rencontre, de l’échange, du dialogue et de la relation authentique. C’est bien pour cela qu’il écrivit un ouvrage philosophique majeur, intitulé JE ET TU. Sans le TU, le JE n’existe pas. Ce qui a fait dire à Levinas qui a rencontré et beaucoup lu Buber que mon moi ce sont les autres. Je ne peux dire Je que s’il existe un TU. Donc, c’est par l’autre que je suis moi-même.

     

     

     

    C’était cela le secret de la personnalité de Gérard, le contact avec les autres, l’ouverture en direction des autres ; le refus du repli sur soi. Il ne se satisfaisait pas de son activité économique exclusivement et quelle ne fut ma surprise de le revoir chaque fois que j’étais invité à parler de mes livres dans le cadre de cette grande société philosophique dont il faisait partie, que ce soit rue Cadet ou rue Christine de Pisan… Il était là, il était toujours là.

     

     

     

    Pour toutes ces raisons, j’ai estimé qu’il existait tant d’affinités entre Gérard HESS et Martin Buber. Buber a dit de sa grand mère paternelle que, lorsqu’elle parlait aux gens, elle leur parlait vraiment. Gérard aussi.

     

     

     

    Me permettrez vous, Monsieur le Grand Rabbin, pour terminer mon propos, de citer une interprétation d’un verset du Cantique des Cantiques par nos sages ? Il s’agit d’un verset un peu difficile à traduire et qui fait allusion à un liquide qui s’égoutte des lèvres des gisants (Dovéve sifté yéshénim. Nos Sages disent : faire bouger les lèvres des gisants. De ceux dont la bouche est figée pour l’éternité. Mais nous, les amis et la famille de Gérard parlons pour lui et maintenons en vie sa mémoire. Au fond, on vit &ternellement UND ON CONTINUE DE VIVRE SANS LE CŒUR DE CEUX QUI VOUS ONT AIMÉ.

     

  • La misère matérielle grandissante de la jeunesse d'aujourd'hui

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    La misère matérielle grandissante de la jeunesse d’aujourd’hui

     

     

     

    C’est un vrai problème auquel la société est confrontée et qui va en s’aggravant : de plus en plus de jeunes ont du mal à vivre tout en poursuivant leurs études. On a vu récemment un reportage où de jeunes étudiantes avouaient devoir faire commerce de leurs charmes pour parvenir à subvenir à leurs besoins, tout en étudiant. Ceci est affreux. La crise est passée par là et contraint les hommes et les femmes à changer leurs habitudes de manière plus ou moins radicale… Et ce n’est pas avec la politique actuelle que les choses vont s’améliorer.

     

     

     

    Dans une ville de la province française, mais pas à Genève Dieu soit loué, on a montré e propriétaire d’une boulangerie pâtisserie qui remet les sandwichs et les gâteaux invendus, le soir, dans des sachets devant sa boutique afin les nécessiteux viennent les manger. C’est une initiative très loubale et devrait faire des émules. On a même vu un tout jeune étudiant dire avec candeur que cela lui permettait de se nourrir car ses moyens financiers ne lui permettaient même pas de se nourrir à partir de ses propres ressources.

     

     

     

    Jadis la crise touchait les enfants mais aujourd’hui elle touche les enfants et les parents, ce qui contraint les grands parents à voler au secours de leurs petits enfants.

     

     

     

    Dans un pays aussi opulent que la France, des jeunes n’ont pas la possibilité de se nourrir convenablement. Et je ne parle même pas du logement. Mais comment faire ? La situation est assez compliquée : le gouvernement taxe de manière excessive, cette surcharge fiscale bloque la consommation, or sans consommation pas de croissance et sans croissance pas de lutte efficace contre le chômage……

     

     

     

    Quand j’ai vu ce jeune étudiant parler de sa situation, je n’ai pu m’empêcher de me sentir concerné car il a l’âge de mes jeunes étudiants. Et à l’idée de faire des cours devant des jeunes qui ne mangent pas à leur faim ou qui doivent sauteur des repas m’a plongé dans un malaise  sans fond…

     

     

     

    Je n’aimerais vraiment pas avoir vingt ans aujourd’hui..

     

  • La mort de deux soldats français en Centrafrique

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    L’intervention française en Centrafrique

    L’armée française vient de perdre hier soir ses deux premiers soldats qui patrouillaient non loin de l’aéroport où le présent Hollande s’est immédiatement rendu pour se recueillir face à la dépouille de ces deux jeunes militaires. Certes, l’armée est là pour cela et dans le métier des armées, le risque de perdre la vie est toujours là. Mais fallait il intervenir dans ce pays bien plus grand que la France et donc très difficile à contrôler ? On ne pouvait pas rester l’armée au pied alors que des centaines de civils se font massacrer, mais une question se pose avec insistance : pourquoi la force interafricaine met elle tant de temps à venir ? Après tout, ces affaires concernent les Africains au premier chef. Par ailleurs, la confrontation est en train de dégénérer en affrontements ethniques et religieux, entre chrétiens et musulmans, ce qui ne tardera pas à attirer in situ des éléments d’al-quaida   Et dans ce cas, que fera l’armée française ?

    Le président Hollande n’a pas été très précis dans l’ordre de mission donné aux forces françaises : doivent elles assurer la sécurité dans le pays ou aussi faire régner l’ordre, veiller à l’organisation d’élections libres et instaurer la paix entre les communautés religieuses ? Déjà les critiques fusent et l’on se demande si le chef de l’Etat n’a pas commis une maladresse qui s’apparente à une  ingérence dans les affaires intérieures. L’opposition et une grande partie ont dès hier mis l’accent sur cet aspect. Certes, le président Hollande n’a pas tort de dire que l’actuel président de la Centrafrique est largement responsable de la situation actuelle et que cela exclut le maintien à son poste ; mais il reste que cet homme est bien le président du pays. Et si l’on voulait mettre les points sur les i il faudrait renvoyer la plupart des leaders africains actuels.

    Nous sommes face à une situation plus que grave, voire dramatique. Tous les pays d’Afrique sont minés par de telles dissensions, toutes aussi sanglantes les unes que les autres. Et ce continent va bientôt être peuplé par un milliard d’habitants qui voudront migrer vers des cieux plus cléments, ce qui augmentera le racisme et la xénophobie.

    La seule idée qui me paraisse viable est la formation accélérée d’une force d’intervention rapide constituée d’éléments africains intégralement. Il nous faudra l’instruire, et l’équiper. On se demande vraiment pourquoi ce continent, si riche en matières premières est démuni de tout. Ou presque.

  • L'Afrique du sud sans Nelson Mandela

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    L’Afrique du sud sans Nelson Mandela

    L’homme qui vient de quitter ce monde et auquel la majorité des dirigeants de la planète s’apprêtent à rendre un dernier hommage est un personnage qui n’est pas vraiment de l’espèce humaine mais plutôt angélique. Avoir passé 27 ans dans une prison avec ses compagnons de lutte, en sortir et refuser de se venger, de faire payer aux oppresseurs d’hier le mal qu’ils lui ont fait, cela relève d’un ange. Et second point, être le père de la nation et n’exercer qu’un seul mandat alors qu’il aurait pu, comme ses collègues d’Afrique noire,  devenir un tyran corrompu, voilà qui tranche avantageusement par rapport à la pratique habituelle. C’est donc un homme hors du commun, un être absolument extraordinaire qui nous quitte. Même dans sa vie privée, il a su faire la part des choses et accorder son pardon. Lorsqu’il se rendit compte de ce qu’avait son épouse Winnie alors qu’il se trouvait en détention, il se contenta d’en divorcer mais a tenu à la protéger , même de loin, notamment après de graves accusations qui pesaient sur elle… Et puis il y a aussi cet amour des enfants, de tous les enfants quelle que soit la couleur de leur peau.

    Certes, on peut aussi dire qu’un certain calcul sous-tendait toute son action. Il savait qu’il n’était pas capable de diriger un tel pays, que sans les Blancs l’Afrique du sud ne serait pas allée bien loin, que l’économie était à terre et que les lois de la vie internationale requéraient d’autres compétences… Cela aussi est vrai. Mais ne suffit pas à détruire le mythe.

    Je ne cacherai pas que je suis un peu contrarié de voir ce tintamarre médiatique autour de la dépouille mortelle d’un grand homme. Impossible d’ouvrir un journal, d’écouter une radio ou de regarder une télévision sans tomber sur de telles obsèques. Chacun, même parmi les hôtes étrangers, va tenter de tirer la couverture à lui. On ne devrait pas se servir d’un mort. Les morts sont sacrés, intouchables.

    Mais lorsque tout ce ci se sera évanoui, c’est bien connu, tout finit par passer, les Sud africains se retrouveront seuls face à eux mêmes. Et ils n’auraient plus cette statue du commandeur au-dessus de leur tête.

    Ce sera l’heure de vérité : sauront-ils préserver l’héritage de Mandela ? Nous verrons bien.

  • Sarkozy-Hollande, l'impossible décrispation?

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    Sarkozy-Hollande : l’impossible décrispation ?

     

     

     

    On peut vraiment se poser la question à la lumière d’un fait qui aurait dû aller de soi et n’entraîner aucun commentaire alors que ce matin  la presse s’en fait largement l’écho. J’en fais le résumé pour les lecteurs peu familiers de la scène intérieure française : Pour les obsèques de Nelson Mandela, un homme à l’immense mérite qui a évité un véritable bain de sang dans son pays, le président Hollande a adressé une invitation à son prédécesseur afin de faire le voyage dans le même avion, ensemble. Comme on pouvait s’y attendre, les uns et les autres avaient peut –etre de noires arrière penses et au final l’ancien président Sarkozy a donc décliné l’offre de son prédécesseur……

     

     

     

    Il n’ y a qu’en France que de telles choses se produisent : aux USA,  et partout ailleurs en Europe, les chefs d’Etat se font un devoir d’inviter leurs prédécesseurs anciens ou immédiats car chacun d’eux a, à un moment précis, représenté toute la nation. En France, c’est chose impossible ou presque. Certes, dans cette occurrence précise, voir les deux hommes côte à côte aux obsèques de Mandela ou voyageant dans le même avion aurait entraîné des spéculations et il se murmure que l’actuel chef de l’Etat ou son entourage aurait pu instrumentaliser un tel voisinage, un tel co-voiturage, pour éveiller l’idée d’un éventuel gouvernement d’union nationale ou, simplement, redorer le blason deM. Hollande qui accuse une baisse vertigineuse dans les sondages. Il faut bien comprendre la puissance à la fois évocatrice et dévastatrice de l’image…

     

     

     

    Mais l’essentiel est ailleurs : je me souviens de mes années d’étudiant, Valéry Giscard d’Estaing était alors aux affaires et il avait parlé de décrispation de la vie politique et du statut de l’opposition. Il n’en est rien sorti et une certaine presse nous avait endoctriné au point de semer une véritable haine à l’encontre du président de cette époque. Cette démarche fut outrancière.

     

     

     

    Or, nous sommes tous tombés dans ce travers et le successeur de VGE n’a guère mieux fait que son prédécesseur. Chaque fois que je m’entretiens aujourd’hui avec VGE soit lors de réceptions à la nonciature ou dans une grande ambassadeur, comme l’Hôtel de Beauharnais, je découvre un homme qui ne méritait pas, mais alors pas du tout, cet excès d’indignité, ce surcroît de détestation.. Mais voilà, la décrispation n’est pas là, sera t elle un jour au rendez-vous ?

     

     

     

    On se souvient de la profonde méfiance de M. Hollande à l’égard des hauts fonctionnaires de l’Elysée et d’ailleurs. En somme, de tout de ce qui évoquait, à ses yeux, de près ou de loin, l’action de son prédécesseur. Je comprends que l’on change le préfet de police de Paris car c’est un poste sensible à ne confier qu’à un haut fonctionnaire sûr… En effet, un ancien ministre de l’intérieur m’a confié que chaque soir, après 18 heures, il s’enfermait dans son bureau avec le préfet de police de la capitale pour faire le point. Et que certains documents ultra sensibles étaient mis par lui-même dans le coffre fort de son bureau… Mais tout de même, la haute fonction publique offre suffisamment de gages de sérieux et de fidèlité. Cela s’appelle le service de l’Etat.

     

     

     

    Mais pour le voyage en Afrique du sud n’aurait on pas pu agir autrement et instaurer une sorte de courtoisie républicaine traditionnelle ? En France, l’antagonisme gauche-droite est trop fort et dessert les intérêts du pays. N.S. a été détesté de manière excessive même s’il en fut un peu responsable car il s’était trop mis en avant. Certains disaient qu’il aurait même souhaité présenter le 20 heures de TF1 !!

     

     

     

    Mais l’actuel chef de l’Etat reconnaît aujourd’hui lui aussi qu’il est très difficile de diriger un pays comme la France. J’en veux pour preuve les résultats des sondages. Certes, on ne gouverne pas avec les sondages, mais il serait imprudent de ne pas en tenir compte.

     

     

     

    Il faut porter remède à cette fracture du pays. Ce mot fracture  a fait son apparition dans le vocabulaire politique ors de l’élection de Jacques Chirac qui avait évoqué la fracture sociale, mais une fois élu il a pratiqué une politique aux antipodes des idées développées dans sa campagne. Il est vrai que le même personnage avait fourni une illustration insurpassable du cynisme en politique : les promesses, a dit ce grand homme, n’engagent que ceux qui les écoutent…

     

     

     

    Rendez vous compte ! Et il fut réélu, c’est à désespérer de la formation politique des Français…

     

     

     

    Cette fracture me fait penser à une autre expression qui fit florès du temps de Raymonde Barre : la France est coupée en deux ! Et pas seulement dans les bulletins de météorologie nationale……

     

     

     

    Il y a moins d’un an, lors d’un déjeuner à Matignon à l’invitation d’un membre important du Cabinet, je fis l’éloge d’un très haut fonctionnaire de l’Elysée sous N. Sarkozy. Mon interlocuteur en fut très surpris, mais après que j’avais argumenté, il me dit ceci : vous avez raison, il ne faut pas être sectaire.

     

     

     

    En effet, pas de sectarisme : tous ont servi la France et chacun l’a fait à sa façon.

     

  • La France a tort d'intervenir militairement dans la Centrafrique

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    La France a tort d’aller en Cenbtrafrique

     

    Décidément François Hollande a un goût prononcé pour les opérations extérieures de l’armée française. Alors que l’opération n’avait pas encore commencé que déjà il multipliait par deux le nombre du corps expéditionnaire. Pire, il dit urbi et orbi que la France restera sur place le temps qu’il faudra. Or, l’Hexagone n’a ni les moyens ni la vocation de devenir le gendarme de cette région du monde dont la population augmente très vite et qui atteindre la milliard d’habitants dans eu de temps. Et la plupart de ces hommes et de ces femmes ont un rêve, rejoindre l’Europe qui leur semble être un eldorado… Il faut absolument empêcher un tel exode.

     

     

     

    D’autre part, a t on le droit de laisser des populations civiles se faire massacrer ? Sans bouger et rester l’arme au pied ? C’est donc une action humanitaire, mais le problème que tous ces pays qui demandaient l’indépendance sont secoués par tant de troubles, de guerres tribales et de conflits interreligieux.

     

     

     

    Le  président est bien inspiré en disant que la France va former une force africaine d’intervention rapide. Mais il sait aussi que ces armées ne sont douées que pour des coups d’Etat. A part le Rwanda et le Nigeria qui ont des armées puissantes et bien équipées, que dire des autres pays d’Afrique ?

     

     

     

    Pour toutes ces raisons, la France ne devrait pas le petit doigt dans l’engrenage… J’ai entendu l’homme qui se dit aujourd’hui président de la Centrafrique dire qu’il compte sur le France, qu’elle doit rester sur place longtemps, qu’elle doit ramener l’ordre et la sécurité, bref il se comporte comme la France était encore la puissance coloniale…… C’est inouï.

    M.M. Sarkozy et Guaino avaient donc raison de dire à Dakar que les ennuis de l’Afrique ne viennent pas hors d’Afrique et le nouveau pouvoir à Paris ne va pas à tarder à le découvrir.

     

     

     

    Mais une chose demeure, il faut que les Africains cessent de s’entretuer. La conscience humaine ne peut pas le supporter, même lorsqu’il s’agit de cultures si différentes de la culture européenne.