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  • Les racines juives de l'Eglise chrétienne

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    Les racines juives de l’Eglise chrétienne

    A première vue, on donne l’impression d’enfoncer des portes ouvertes. Mais s’i l’on considère cela au vu de l’actualité la plus proche, on se rend vite compte qu’il n’en est rien. Le pape François qui tranche tant par rapport à son éminent prédécesseur, un grand érudit, un homme à la foi profonde mais de tempérament germanique, a décrété pour hier, samedi, un jour de jeûne et de prière. En agissant de la sorte, il a illustré les voies anciennes du judaïsme antique dans lequel Jésus a vu le jour. Déjà dans la littérature biblique, surtout la partie hébraïque que les chrétiens appellent l’Ancien Testament, on exalte la foi en un Dieu sauveur, accomplissant des prodiges pour sauver son peuple qui obtient la rédemption grâce au jeûne et à la prière. Il y a là, de manière souterraine, une condamnation du recours à la force et une exaltation (un peu mystique, donc irréelle) du pouvoir divin même en notre bas monde.

    Le pape François a donc demandé à ses ouailles, mais aussi bien au-delà, d’user  d’un glaive à double tranchant qui ne fait pas couler la moindre goutte de sang, ne détruit pas la moindre habitation, ne brûle pas la moindre récolte, ne touche pas à un seul cheveu d’un enfant ou d’une femme : à savoir la prière et l’acte de contrition, deux attitudes fort anciennes qui s’enracinent au cœur même de la foi et de la spiritualité juives dont le christianisme est issu.

    Cela peut paraître un peu désuet face à l’intervention armée qui se prépare et qui, selon moi (qu’on me permette de le dire ici) a toute son utilité et son bénéfice : arrêter le bras meurtrier d’un pouvoir syrien tyrannique et ne reculant devant rien. Le pape François a brandi la seule arme dont il dispose, celle de l’oraison, de la supplique et du retour sur soi par le jeûne qui nous aide à transcender, pour un temps, notre condition matérielle.

    Ce qui est encore plus frappant mais qui relève sûrement des hasards du calendrier, c’est que le pape François a décrété ce jour de jeûne, un samedi, et exactement une semaine, jour pour jour, avant  la célébration de Yom kippour, le jour des propitiations ou du grand pardon, au cours duquel les juifs du monde entier, même les plus éloignés de la pratique religieuse, jeûnent, prient et viennent se recueillir dans les synagogues. Il y a là peut-être plus qu’une simple coïncidence.

    Le génie du christianisme, pour parler comme Chateaubriand, est intimement lié à celui du judaïsme, que cela plaise ou non. Maintes tentatives furent faites au cours de l’histoire pour trancher ces racines juives du christianisme. Que ce soit Marcion, le théologien chrétien qui considérait   que l’héritage juif de l’Eglise était un boulet dont il fallait se débarrasser au plus vite ou son lointain continuateur, celui qui l’a le plus étudié en Allemagne, le théologien protestant du début du XXe siècle, Adolphe von Harnack, tous ont voulu faire du christianisme une doctrine qui ne devait rien au judaïsme. Et surtout von Harnack qui, dans son Essence du christianisme (Berlin, 1900) a fait de Jésus une plante poussée dans un terreau dont elle ne se serait jamais nourrie…  La foi rend aveugle, mais la passion aussi, tout autant…

    Par son initiative, le pape François, homme sage et réfléchi, a montré qu’il n’en était rien. Cela ne suffira assurément pas pour faire du judaïsme un Ersatz du christianisme. Dit autrement, judaïsme et christianisme sont des religions différentes l’une de l’autre mais qui ne seront jamais indifférentes l’une à l’autre car l’une a servi de matrice à l’autre…

    Quand j’étais professeur de philosophie médiévale à l’université de Heidelberg, j’étais toujours impressionné par la journée du 21 novembre qui était un jour férié, dédié au recueillement et à la prière, Buß- und Bettag.  C’est une institution de l’église évangélique et mes étudiants me faisaient sourire en disant que c’était un yom kippour qatane, un Grand pardon en miniature. Celui des protestants. Quand je promenais alors dans la zone piétonne, j’observais les gens qui se rendaient dans les églises, un missel à la main…

    Yom Kippour est le jour où culmine la spiritualité juive, une spiritualité qui se veut à la fois nationale et universelle car elle a les yeux fixés sur l’humanité dans son ensemble sans perdre de vue le temple de Jérusalem. Israël prie pour l’humanité en priant pour lui, nous enseigne Hermann Cohen. Ce jour là est le jour de naissance du messianisme éthique autour duquel s’accorderont, selon les vieux prophètes hébreux, toutes les nations. Tel fut le vœu du prophète hébreu du VIIIe siècle, Isaïe.

    Ernest Renan dit dans son Histoire du christianisme que ce vieux prophète avait nettement inspiré Jésus. Il l’a surtout précédé de huit bons siècles. Mais les notions de prière, de purification et de recueillement n’ont pas d’âge car elles sont éternelles.

  • Le Pr Obama et la Syrie de Bachar

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    Le Pr Obama et la Syrie de Bachar

    Je ne sais pas lire sur les lèvres ni déchiffrer ce que cachent les sourires ou de molles poignées de main, mais j’ai bien l’impression que Obama semblait se dire à lui-même, en saluant son hôte à Saint Petersburg, V. Poutine : tu ne sais pas ce qui t’attend

    Tout montre que le président US a compris la gravité de la situation et les erreurs qu’il a accumulées. Il a compris qu’il avait mal manœuvré mais que ce crime contre l’humanité, commis par Bachar, est inexcusable : tout défaut américain dans ce domaine ruinerait la crédibilité du parapluie nucléaire US et discréditerait ce grana pays à tout jamais.

    Certains commentateurs se sont étonnés, à juste titre, de l’incroyable amateurisme tant de David Cameron que de Barack Obama. Ces affirmations sans discernement sur la ligne rouge, et les conséquences qu’on en tirerait ont considérablement porté préjudice à la crédibilité du camp occidental. Et puis, il y a plus, au plan moral : les Syriens qui souffrent se demandent par quoi s’explique cette impassibilité de l’Occident chrétien qui se voile la face dès que des graves crimes sont commis dans une zone qui ne relève ni de leur culture ni même de leur civilisation… Un jour, on serait amené à rendre des comptes.

    Je ne m’explique pas que des hommes d’Etat qui ont exercé le pouvoir mettent solennellement en garde contre toute intervention, alors que les conventions internationales commandent justement de réagir (sous chapitre VII de l’ONU)..

    Qu’attendons nous ? A part le vote du Congrès des USA ? Il y a déjà plus de 100 000 morts en Syrie, et près d’un million, voire plus, de déplacés ou de réfugiés en Turquie, en Jordanie et ailleurs…. Une intervention ciblée sur des sites exclusivement militaires est de nature à affaiblir la machine de guerre de Bachar, au moins l’armée de l’air qui maintient une supériorité du camp du pouvoir…

    Quoi qu’il arrive, les historiens diront que cette crise syrienne aura révélé qu’il faut de grandes qualités pour se conduire comme des hommes d’Etat

  • Vladimir Poutine et la Syrie: les dessous d'un soutien indéfectible

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    Vladimir Poutine et la Syrie : les dessous d’un soutien indéfectible

    Il est déjà arrivé à V. Poutine de dire le peu d’estime qu’il portait à la personne et au régime de Bachar el Assad, et dans le même souffle, de clamer qu’il le soutiendrait jusqu’au bout. Pas forcément lui mais son régime, ce qui crée un mur infranchissable entre la Russie actuelle et l’Occident qui ne veut plus d’Assad ni de son régime alors que Moscou s’accommoderait de son départ mais pas de la chute de son régime.

    Pourquoi ? Au fond, la position de la Russie en Méditerranée orientale importe peu à ses dirigeants, ce qu’ils ont en tête et qui est une véritable obsession, c’est le danger islamiste. Ancien des services secrets russes, Poutine sait que l’islamisme a aussi pris part à l’effondrement du système soviétique. Et chaque jour que D- fait, il pense à la Tchétchénie dont la capitale a été réduite en cendres avant d’être rebâtie.

    Poutine se dit que si le régime syrien tombe, ce sont les islamistes, il parle toujours de wahabites, qui prendront le pouvoir, ce qui pourrait donner des idées aux musulmans de Russie et d’ailleurs. La tentation wahabite est grande dans les ex républiques soviétiques à majorité musulmane. Et Poutine le sait bien. C’est bien pour cette raison qu’il soutient mordicus le régime de Bachar. Songez qu’en deux ans et demi, la Russie a opposé son veto au moins trois fois pour éviter une condamnation de Bachar.

    On se souvient des livres de Hélène Carrère d’Encausse concernant les avancées de l’islam dans l’ex URSS. Elle parlait alors de l’homo islamicus dont l’idéologie ne pouvait s’accorder avec le communisme.

    Aujourd’hui, on ne peut pas comprendre la politique russe en Syrie sans cet arrière-plan de politique intérieure. Toutes les autres raisons sont secondaires.

  • Oradour sur glane: entre le pardon et l'oubli

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                    Oradour sur Glane, presque soixante-dix ans après :

                                              Entre le pardon et l’oubli

    En France, mais aussi dans certains milieux allemands, mais pas partout, Oradour est devenu un symbole, celui de l’incroyable barbarie nazie commise par une division SS Das Reich, le 10 juin 1944, quelques jours après le débarquement allié en Normandie. Ivres d’une folie meurtrière, les SS avaient massacré l’ensemble de la population du village, plus de six cents personnes, hommes, femmes et enfants, sans la moindre pitié. Les survivants du massacre ne se comptent même pas sur les doigts d’une seule main.

    La raison de cette évocation nous vient de la visite conjointe des présidents français et allemand, François Hollande et Joachim Gauck, qui vont se rendre à Oradour cet après-midi même pour y prononcer des allocutions à la mémoire des victimes. Chacun se souvient de la visite conjointe de Fran çois Mitterrand et de Helmut Kohl à Verdun. Plus poignant encore et hautement symbolique, l’agenouillement du chancelier Willy Brandt devant le mémorial de Varsovie. Il y eut d’autres témoignages de demande de pardon, de reconnaissance de la faute et d’appel à la paix et à la sérénité.

    Cette affaire pose, aux plans théologique et philosophique, la question du pardon des crimes et des offenses, et celle de l’oubli. Pouvons nous pardonner sans oublier ? Et dans ce cas, quelle serait la portée et la valeur de ce pardon ? Peut on accorder la rémission des péchés ( en allemand Sündenvergebung) ? Et qui pourrait le faire, sinon les victimes elles mêmes, qui ne sont plus et dont les lèvres ne bougent plus, figées pour l’éternité ?

    Deux détails m’incitent à traiter de cette question en m’appuyant sur des références bibliques, attendu que le président allemand, contrairement à son homologue français, est un pasteur, donc un homme de religion dont l’autorité morale lui a valu le poste éminent qu’il occupe.

    La première question qui se pose est celle de la faute collective : peut-on parler de Kollektivschuld ? Absolument pas, cela irait à l’encontre de la théologie biblique telle qu’exposée dans le chapitre XVIII du livre d’Ezéchiel : le père ne paiera pas pour les fautes du fils ni le fils pour les crimes par son père. Ceci est absolument clair. D’ailleurs, pour bien illustrer son propos, le prophète Ezéchiel frappe une formule que l’on retrouve aussi chez Jérémie : Les pères ont mangé du verjus mais ce sont les dents des enfants qui en furent agacés.

    Mais bien avant Ezéchiel, contemporain de la destruction du premier temple de Jérusalem, au Vie siècle finissant, on lit dans les chapitres de la Genèse consacrés au patriarche Abraham cette confrontation entre ce dernier et Dieu qui se voit interdire d’anéantir le juste avec l’impie, l’innocent avec le coupable… Dieu se voit rappeler sa propre théodicée..

    Bref, il doit lui aussi respecter un principe fondamental de la conscience humaine, l’individualisme religieux. On ne paie pas pour les autres, pas de justice clanique, pas de loi du talion..

    Et puis, il existe le pardon qui intervient après la repentance. Les Allemands appellent cette repentance, le retour en soi, sur soi (Einkehr), un peu comme le dit le Deutéronome : reviens à ton cœur (en toi-même) et l’Eternel ton Dieu te reviendra. Très belle image.

    On ne peut pas oublier ce qui s’est passé mais on ne doit pas le reprocher ni l’imputer aux descendants de ceux qui l’ont commis. La République Fédérale est une Allemagne nouvelle, solidement ancrée dans le camp de la démocratie et de la liberté. Certes, il y eut, à certaines époques, des hésitations à poursuivre une dénazification rigoureuse, mais aujourd’hui l’Histoire a fait place nette.

    En prenant conjointement la parole à Oradour, les deux présidents ouvrent une page nouvelle dans l’histoire des relations entre les deux pays. Ce n’est pas rien, ce n’est pas une simple commémoration qui viendrait s’ajouter à tant d’autres. Non, c’est quelque chose d’absolument nouveau puisque ce fut, à ma connaissance, le seul exemple d’un vrai holocauste en miniature sur le sol français où de simples civils furent suppliciés pour assouvir la haine meurtrière de soldats en perdition.

    Par cette visite, le président allemand, le pasteur Gauck, remet à l’honneur les vraies valeurs morales de l’Allemagne spirituelle (das geistige Deutschland), celle qui a marqué  la constitution éthique de notre continent.

  • Réminiscences de la prime enfance: le Cantique des cantiques, cinquante ans après

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    Réminiscences de la prime enfance :

           LE CANTIQUE DES CANTIQUES IL Y A PLUS DE 50 ANS

    Le titre peut égarer mes lecteurs, même habituels. Pourtant, c'est bien ce que je veux dire : j'ai vécu une expérience qui m'a rappelé le Cantique des Cantiques que je lisais aux côtés de mon regretté père à la synagogue de David Bohbot (Zal) à Agadir, avant le tremblement de terre, qui eut lieu en 1960/61.

    Les gens savent parler de la mémoire, des souvenirs de l'enfance et de l'adolescence. Renan lui-même nous a laissé un inoubliable ouvrage intitulé, Souvenirs d'enfance et de jeunesse, écrit à la demande de son fidèle éditeur Michel Lévy. Mais il y a plusieurs types de mémoires, la plus connue, la plus élémentaire est la mémoire visuelle, ensuite vient la mémoire olfactive. Mais rien ne vient concurrencer la mémoire auditive, celle que des mélodies de la tendre enfance éveillent en nous, même à l'âge adulte. C'est l'expérience que j'ai vécue ce vendredi soir, veille de chabbat, à la synagogue séfarade de Nataniya où les juifs issus du Maroc, d’Irak et de Libye sont largement majoritaires. Une obligation familiale de nature liturgique commandait ma présence dans ce lieu, car je devais réciter des prières spécifiques. En pénétrant dans la belle salle de prières, un peu surchargé et à l’ameublement un peu baroque, je ne me doutais pas que j'allais redécouvrir des choses profondément enfouies dans ma mémoire d'enfant. D'où la référence aux cinquante ans..

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  • La France et les menaces syriennes

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    La France et les menaces syriennes

    C’est l’honneur de la France et de son gouvernement d’avoir pris la décision que l’on sait au sujet du conflit syrien. Au moment où même l’Europe se voile la face devant des cadavres d’enfants cruellement tués par des armes chimiques, la France, précédée par les USA, a dit non. Un mot de cette exhibition de petits cadavres, on avait l’impression qu’ils étaient pris dans un profond sommeil, un sommeil, hélas, dont ils ne réveilleront plus.

     L’Histoire ne pardonnera pas à ceux qui ont tergiversé pour gagner du temps en disant qu’on n’était pas certain de l’usage de telles armes et que si cela était avéré, on ne saurait toujours pas avec certitude qui en était l’auteur. Ceci est une offense à la mémoire des victimes. Et aussi un certain mépris pour ceux qui se battent et versent leur sang pour que d’autres vivent dans une Syrie libre et démocratique.

    Donc, le gouvernement français a pris une bonne décision. Mais il n’a pas eu la présence d’esprit (et c’est tout à son honneur)  de prévoir que le président US actuel amorcerait une sorte de danse médiévale, appelée drapier des lanciers (un pas en avant et trois pas en arrière). Ce qui a poussé une bonne partie de la presse française à parler d’un président français piégé par son homologue américain. J’ignore les sentiments exacts qui ont traversé le cœur de François Hollande quand il a appris la démarche assez sinueuse du président américain mais je suis prêt à parier qu’il ne fut pas submergé de joie. La France se retrouvait, seule, en première ligne, avec un allié américain qui promettait de faire ce qu’il hésitait à faire. Il y va, sans y aller, tout en y allant ! Je pastiche une formule du philosophe Hegel qui écrivait à propos de Dieu : il est, sans être, tout en étant.

    Mais M. Obama a t il jamais entendu parler de Hegel ?

    Les USA iront, c’est sûr, mais l’accompagnement médiatique et politique de leur engagement est calamiteux. J’en viens à présent aux menaces syriennes : ce pays dispose d’un bon nombre de diplomates compétents et acquis au régime baassiste. On notera que si le corps des officiers généraux a connu une véritable hémorragie depuis deux ans, les diplomates qui ont déserté se comptent sur les doigts des deux mains. Le ministre des affaires étrangères Mouallem intervient toujours avec circonspection, en choisissant ses mots et ne lançant jamais de menaces en l’air. Les Syriens ont donc décidé que dans la coalition laborieuse qui se constitue, la France représentait une sorte de maillon faible sur lequel on pouvait faire pression. Nul ne contestera la disparité des moyens militaires entre la France et les USA. François Hollande a rapatrié les forces combattantes d’Afghanistan, il a ordonné le retour d’une bonne partie du corps expéditionnaire français au Mali. Cette projection des forces françaises à l’extérieur (Opex) est remarquable mais ne saurait durer ni grossir indéfiniment, le budget des armées ne le permettrait pas.

    Tous ces paramètres sont connus de Damas où le régime ne s’embarrasse guère de scrupules : on l’a vu avec ce qui s’est passé le 21 août. Le plus grave, c’est qu’on s’est tous tu lors de précédents recours à ces armes chimiques, ce qui a encouragé Bachar à aller plus loin et à récidiver sur une large échelle.

    Alors que peut faire la Syrie contre les intérêts français, puisque ce sont les propres termes de son président ? Je ne suis pas un expert de la question, mais il semble évident que le contingent français de la Finul doit être en état d’alerte permanente le plus vite possible. On sait que le sud du Liban est un no man s land contrôlé par le Hezbollah auquel la cour pénale internationale reproche déjà de graves attentats dont le dernier en date a coûté la vie au premier ministre Rafic Hariri. Or, pour la milice terroriste chiite, le maintien au pouvoir de Bachar est une question de vie ou de mort. Et on ne parle même pas de l’allié iranien dont le concours actif et efficace a permis à l’armée syrienne de ne pas s’effondrer.  Cet arc chiite joue sa survie au Proche Orient : sans Bachar, plus de piton iranien dans la région et sans l’Iran plus de Hezbollah ! C’est cette imbrication qui constitue l’unique excuse pour les contorsions du président Obama. Mais les USA connaissent bien l’état de l’armement iranien : une flotte de guerre peu performante, une flotte aérienne qui n’est plus à la hauteur depuis longtemps, ce que toutes les rodomontades ne peuvent guère dissimuler. Cela pèse peu par rapport à l’armada américaine qui croise en Méditerranée orientale. Sans même parler des autres bases dans la région et des éléments pré-stationnés non loin du théâtre des opérations.

    Reste l’hypothèse de l’embrasement général de la région, mais dans ce cas Israël interviendra et ne fera pas preuve de la moindre retenue. Je pense que le nouveau président Rouhani en est conscient et commettra de faux pas qui pourrait mettre en danger son régime…

    En conclusion, il faut prendre très au sérieux les menaces syriennes car elles émanent d’un régime blessé et prêt à tout pour survivre. Et surtout qui se bat le dos au mur. Et enfin, comprendre que le Proche Orient, l’Orient en général, ne sera jamais cartésien. Et que la formation de nos diplomates mérité d’être sérieusement revue

  • Le nouvel an juif

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    Rosh ha shana, le nouvel an juif

     

    Dans deux jours, le 4 septembre au crépuscule, les juifs du monde entier se réuniront dans les synagogues de leur lieu d'habitation pour entériner solennellement l'entrée de la nouvelle année. Il faut savoir que contrairement à d'autres religions, le judaïsme rabbinique a conservé à cette fête une certaine austérité qui tranche par rapport aux joyeuses ripailles et beuveries du Nouvel an civil. Les juifs prient pour être inscrits dans le livre de la vie, pour que régne la paix sur terre et pour que l'humanité développe entre tous ses membres des liens de fraternité et d'amitié.

    J'ai toujours été frappé par les prières universalistes de cette solennité qui dure deux jours pleines et au cours desquels on sonne de la corne de bélier, sauf si rosh ha shana tombe un samedi. Mais les rabbins libéraux du XIXe siècle en Allemagne ont permis une telle sonnerie, même le chabbat...

    On prie aussi pour la prospérité des pays et des puissances, on prie pour que le glaive s'éloigne de nos territoires et de ceux des autres peuples. Comme le soulignait Hermann Cohen (ob. 1918) dans ses Ecrits juifs (Jüdische Schriften) c'est à cette occasion qu'Israël apparaît comme un peuple de prêtres, une avant-garde de l'humanité monoithéiste chargée de faire au reste du monde l'apostolat du messianisme.

    Quand j'étais enfant, j'étais ébloui par un poèle synagogal chanté par les juifs séaérades, intitlué Ahot ketana (La petite soeur). Le refrain en est le suivant: que s'achève l'année et ses tourments pour que reprennent enfin la nouvelle année et ses bénédictions.

    C'est ce que Israël apporte au monde depuis son apparition sur la scène de l'Histoire, même si les peuples s'entêtent à le nier ou le refuser.

    Un message d'amour et d'espoir.

  • Mr oBAMA ET LES M2ANDRES DE LA PENS2EE

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    <M. Obama a tteint les limites du supportable. Il s'est lui-même fourré dans un inextricable guêpier. Et voici que depuis hier il a enrichi une danse qui se pratiquait au Moyen Âge, d'un genre nouveau. Il s'agit du fameux drapier des lanciers: un pas en avant et trois pas en arrière!

    On a déjà eu l'occasion de dire notre pensée sur ce cours en zigzag du président actuel des USA. Il commence par dire qu'il va y aller, qu'uil y a une ligne rouge et que l'on va voir ce que l'on va voir. Ensuite, il dit qu'il attend les preuves. Une fois les preuves réunies, il décide de ne pas décider car, ajoute t il, on ne sait pas certitude qui a mis en oeuvre les armes chimiques. Encouragé par ces atermoiements, Bachar récidive sur une grande échelle et l'opinion publique mondiale est horrifiée par ce qu'elle voit. L'émotion est considérable.
    M. Obama comprend enfin qu'il doit réagir. Il se lance dans l'affaire avec tant de maladresse que ce fidèle allié britannique lui fait défaut. Le président US réplique qu'il n'a en vue que les intérêts américains. Donc, il se prépare à y aller.

    Mais il y va sans y aller tout en y allant! Peu sûr de lui-même, M. Obama prend soint de préciser qu'il ne veut pas renverser Bachar, ni provoquer un changement de régime, mais simplement punir, faire peur et prévenir un futur recours aux armes chimiques.

    Et enfin, dernière trouvaille, car M. Obama n'est jamais à court d'idées, il veut une consultation du Congrès des Etats Unis!!!

    Seigneur, et cet homme préside aux destinées de la plus grande nation au monde. On peut comprendre les griefs des Républicains quand ils parlent de cette présidence.

    Avez vous déjà un attaquant informant précisément son ennemi de la date de l'attaque?

    M. Obama a affaiblit la position des USA.