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  • Angela Merkel, super star

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    Angela Merkel, superstar

     

     

     

    Je me demande vraiment ce que pense Helmut Kohl, celui qui découvrit Angela Merkel et lui donna sa toute première chance, une chance qu’elle a saisie pour ne plus la lâcher. Mais, au gré de son ancien protecteur, elle l’a vraiment lâché, lui Helmut Kohl, détruisant, dit il, ce qu’il avait entrepris de construire.

     

     

     

    Ainsi va le monde : on est souvent dépassé par ceux que l’on promeut et le temps qui passe peut nous rendre amer.

     

     

     

    Mais en dépit de ces réflexions un peu désabusées, il faut bien rendre hommage à cette fille de pasteur, née et éduquée de l’autre côté du mur, une jeune femme au tempérament bien particulier et si germanique, qui ne s’est jamais accommodée d’un Nicolas Sarkozy trop latin, qui n’arrêtait pas de la toucher, de gesticuler autour d’elle, elle la protestante sévère et rigide, qui ne sourit presque jamais et qui, en dépit des apparences, a un caractère bien trempé. A l’époque, lorsque les politiciens chevronnés d’Allemagne l’ont vue arriver, notamment ceux de Bavière, ils eurent l’impression qu’elle ne ferait pas le poids et qu’elle ne faisait vraiment pas l’affaire. Ce serait, au mieux, un chancelière d transition et voici qu’elle a déjà deux mandatures derrière elle et s’apprête, à moins que tout ne trompe (wenn nicht alles täuscht) à en ajouter une troisième.

     

     

     

    Ce qui me frappe aujourd’hui, ce n’est pas que les Allemands s’apprêtent à la reconduire, il faut bien reconnaître que cela va de soi, car si vous regardez le candidat des sociaux démocrates, vous comprenez de suite qu’il ne fait pas l’affaire et constitue une sorte de candidature de témoignage. J’écris cela (bei allem Respekt) mais tout de même, l’autre candidat fait penser à petit notaire de province…

     

     

     

    Il y a un indice qui ne trompe pas : c’est que les Français, connus pour  leur laisser aller et leur laxisme votent pour Angela, en dépit de toutes les tentatives, plus ou moins sournoises de mettre en  évidence les failles et les imperfections du système allemand. Depuis quelques jours, et grâce l’aide des grands media, on voit sur les écrans de télévision des citoyens allemands se plaignant de leur précarité, des difficumtés qu’ils ont à se loger, voire même à manger à leur faim… Certains journaux français, toujours les mêmes, leur emboîtent joyeusement le pas. Mais cela ne suffira pas pour inverser la tendance.

     

     

     

    Quand il faut redresser une situation, on recourt à des moyens radicaux et je pense que tous ceux qui, en France, ont posté leur chèque à l’administration fiscale le 16 septembre avant minuit, savent de quoi je parle.

     

     

     

    Pour parler d’efforts à fournir, bref de sacrifices à faire, les Français recourent à une image de cuisine : pour faire une omelette, il faut casser des Œufs. Les Allemands y vont bien plus fort et utilisent des références à la menuiserie et au fer. Voici ce qu’ils disent : là où l’on rabote, des copeaux  tombent… (wo gehobelt wird, fallen Späne). Quand vous situez ces deux images dans leur contextes respectifs, vous comprenez aussitôt les différences entre les Français et les Allemands. Et surtout vous comprendrez enfin pourquoi les Allemands comme les Français votent Angela.

     

  • La France, le Mali et la Syrie

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    La France et le Mali

    Aujourd’hui, le président français François Hollande sera ay Mail pour l’investiture du nouveau président élu et assurer les habitants de ce pays que la France, et aussi l’Europe, les soutiennent et s’engagent à veiller sur leur sécurité. Mais il faut aussi qu’ils fassent des efforts pour et par eux mêmes afin d e se prendre en charge. Ceci est nécessaire.

    Des observateurs généralement avertis et bien informés s’interrogent encore sur cet activisme de Fr Hollande sur de tels théâtres d’opération. Ils se demandent si cela ne fait pas partie de la volonté du chef de l’Etat d’émousser un peu l’image de son prédécesseur, tout auréolé de sa victoire sur Khaddafi. C’est un peu court comme explication car on n’engage pas l’armée française au budget déjà très resserré pour satisfaire un ego personnel. Mais la même question revêt encore plus d’acuité lorsqu’il s’agit de la Syrie où la situation est bien plus complexe. Et ces mêmes observateurs s’interrogent encore sur le détermination du président Hollande qui semblait, à différents moments, encore plus en pointe que son allié majeur Barack Obama.. .

    Sont ce des intérêts de politiques industrielle et commerciale qui poussent ce président à aller se battre en Syrie contre un adversaire aux réactions absolument imprévisibles, intérêts discrètement défendus par l’Arabie et le Qatar ? On continue de s’interroger. A un moment donné, les USA semblaient même faire le mort tandis que la diplomation français allait ferrailler à Moscou qui n’a rien voulu lâcher.

    A moins que tout ne trompe, il semble qu’un nouveau scenario se dessine : l’Occident reprend la carte de l’ONU qu’il veut jouer jusqu’au bout, démontrant que c’est Bachar qui a utilisé les armes chimiques. Les Russes et les Chinois s’opposeront à une résolution se réclamant du chapitre VII… Et au terme de quelques tentatives infructueuses, les USA frapperont, en disant qu’ils ont donné sa chance à la diplomatie, mais en vain.

    Qu’il fallait agir. Mais tout ceci ne fera pas oublier les énormes maladresses de l’actuel locataire de la Maison Blanche

  • L'immorale diplomatie russe

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    L’immorale diplomatie russe au Proche Orient

    Toute la presse s’en fait l’écho ce matin, après la publication du rapport des experts (comme si on avait encore des doutes à ce sujet) : des armes chimiques ont bien été utilisées en Syrie par le pouvoir, d’une part, et d’autre part John Kerry a conclu un marché de dupes avec les Russes. Tout le dossier syrien échappe désormais aux USA sauf, je dis bien sauf si Barack Obama avait enfin un sursaut, un élan de courage et attaquait les sites militaires en Syrie sans rien demander à personne.

    Quand on se souvient que Kerry avait dénoncé il y a quelques jours l’esprit munichois et qu’il en est lui même la victime, tout comme son pays ! La Russie voudrait que la guerre civile se poursuive, elle veut un Genève II qui n’aura jamais lieu, mais cela lui fera gagner du temps. Bref, la Russie est juchée sur des dizaines de milliers de cadavres syriens juste pour exister au Proche Orient.

    Tout le monde sait qui a utilisé les armes chimiques contre de pauvres et innocents civils, il n y a que les diplomates pour demander des preuves. C’est assez indigne. Tout le monde sait que les rebelles n’ont ni la capacité ni la technologie pour manier de telles armes, hautement volatiles et dangereuses, exigeant des précautions infinies dans le maniement et le mélange des substances. Et le rapport n’ose même pas dire sur qui se portent les soupçons.

    Mais ce n’est pas là la chose la plus grave. On doute désormais des USA, leur isolationnisme risque de modifier durablement les équilibres mondiaux. Les anciennes républiques soviétiques n’auront plus confiance ni en l’OTAN ni en les USA.

    On se demande comment les Américains ont pu se laisser berner de cette manière. Ont ils encore la possibilité de croire en eux et de se faire respecter ? Déjà Israël envisage de faire cavalier seul dans la gestion de sa propre sécurité.

    Est ce l’Amérique en tant que telle qui a commis une faute ou est elle simplement mal gouvernée ?

  • La pression fiscale en France

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    La pression fiscale en France

    C’est sans précédent, nous dit on, retraités et actifs se sont réunis pour clamer leur étonnement et leur mécontentement dès réception de leur feuille d’impôts. Certes, le gouvernement avait prévenu qu’il ferait des hausses d’impôts pour résorber les déficits et équilibrer les comptes publics. Mais là les gens sont confrontés à des dates fixes et l’administration fiscale ne plaisante pas. Il faut s’acquitter de son impôt en temps et en heure.

    Durant la campagne électorale, on avait entendu les candidats dire qu’ils n’augmenteraient pas les impôts ni ne baisseraient le niveau des prestations sociales : c’était la quadrature du cercle, il fallait soit l’un soit l’autre, et chaque candidat insistait sur sa partie pour séduire les électeurs.

    Aujourd’hui, de l’aveu même de la Commission Européenne de Bruxelles, le seuil de tolérance a été atteint. Cela nuit même à la croissance car si vous n’avez plus de job ou plus d’argent pour acheter, il n y aura pas de croissance.

    Je pense que nous irons vers une société mondiale plus fragmentée, plus différenciée. Les gens seront contraints d’opter pour le système de retraite par capitalisation et non plus par répartition, ce qui présupposait la solidarité entre les générations et les classes sociales. Cette idée généreuse va connaître une fin peu glorieuse pour la bonne raison que plus rien ne sera comme avant lorsque les équilibres auront été atteints.

    Hier le président François Hollande a parlé, il a dit que la pause fiscale aura bien lieu en 2014 mais les réactions ce matin ont été assez nuancées. Il a aussi répété que la courbe du chômage s’inverserait à la fin de la l’année. Il reste encore 90 jours : attendons et espérons.

  • L'accord de Genève sur la Syrie, un leurre de soi-même?

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    L’accord de Genève : marché de dupes ou règlement sérieux ?

    C’est la question qui agite à la fois les chancelleries et les salles de rédaction du monde entier. Cet accord ressemble à s’y méprendre à un compromis que les deux parties avaient en tête depuis le début de la crise. Et ce serait, selon certaines sources, une mise en scène orchestrée par les USA et la Russie pour dégonfler le problème tout en faisant peur à Bachar.

    Selon des journaux américains généralement bien informés, des unités d’élite de l’armée syrienne auraient dissimulé une quantité non négligeable d’armes chimiques à travers le pays, rendant leur découverte quasi impossible aux inspecteurs de l’ONU qui, de toutes façons ne pourront pas se déplacer tranquillement en Syrie, car la résistance et l’ASL se considèrent un peu comme les dindons de la farce. Leur chef l’a dit hier sans ménagement : les USA se soucient très peu des morts à l’arme chimique, il n’est plus question d’enquêter ni de traduire Bachar devant un tribunal pénal international, plus question de frapper, plus question d’armer la résistance, Bachar ayant qu’il ne désarmerait qu’à deux conditions : a) que les USA cessent de menacer son pays, b) que les USA ne livrent plus d’armes aux rebelles……

    Voici un accord qui sera irréalisable sur le terrain, les Russes agissant au nom de la Syrie comme s’ils en exerçaient un protectorat auto- proclamé. Ils n’ont pas promis de ne pas exercer leur droit de veto si la Syrie ne respectait les décisions de Genève. Une nouvelle fois, les gens qui ont fait confiance à l’Amérique se retrouvent seuls et déçus, les USA ne retenant que leurs intérêts et rien d’autre. La politique international n’est pas liée à l’impératif catégorique de Kant.

    A mon sens, c’est  l’enseignement majeur de la crise que l’on vient de vivre : la crédibilité US s’est évanouie, les Américains ayant entamé un désengagement général malgré les apparences, notamment au Proche Orient. Ce qui les intéresse, c’est l’Asie et la Chine dont ils redoutent l’émergence qui leur fera une concurrence sérieuse ; ils sont sauvegardé leurs fournitures en pétrole chez eux, ils n’ont donc plus besoin du Proche Orient..  Leur reste du monde se débrouillera bien tout seul. Une administration républicaine n’aurait jamais agi de la sorte…

    Mais les USA ont commis une lourde erreur en négligeant les suites de leur dérobade : l’Iran sait désormais que les USA ne le frapperont jamais, la Corée du Nord a déjà remis en activité l’un de ses réacteurs nucléaires. Les Arabes modérés savent que les USA ne voleront pas à leur secours en cas de guerre et Israël a compris qu’il lui faudra agir seul…

    Je pense aux Syriens de la résistance qui ont cru jusqu’au bout en l’Amérique et qui se retrouvent seuls, face à un Bachar renforcé et plus sûr de lui que jamais.

  • Kippour

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    Kippour…

    Ce terme représente à lui seul le point culminant de la religion et de la spiritualité juives. C’est, comme on le dit en langue araméenne selon le traité talmudique qui porte son nom YOMAH, le jour crucial, il n’en existe pas d’autre, celui au cours duquel se décide, nous dit-on, l’avenir de l’humanité, à la fois au plan individuel et au plan collectif. C’est le jour qui suit l’épreuve du jugement lorsque tous les hommes, sans exception aucune, défilent devant le tribunal céleste qui juge leurs actions. Seront ils condamnés, seront ils rédimés ? Tout dépend, nous dit on, de la sincérité de leur repentir et de leurs bonnes résolutions pour l’avenir.

    On peut se poser la question suivante : mais pourquoi le judaïsme qui, contrairement au christianisme ne croit pas au péché originel du Psaume 51, a t il axé toute sa religiosité autour de la confession des péchés  et de la nécessité de se purifier ? N y a t il pas là une sorte d’obsession de la pureté qui renverrait corollairement à la nature pécheresse de l’homme, celle là même à laquelle le judaïsme veut tourner le dos ?

    Ici, un renvoi s’impose à une exégèse midrachique d’un passage de l’Exode, celui de la révélation au pied du Mont Sinaï. Chacun sait que pour le judaïsme on ne parle pas vraiment de revelatio, d’une sorte d’épiphanie, mais plus concrètement du don de la Tora. A la limite extrême, aux yeux du judaïsme, la Tora et son contenu éthique comptent bien plus que l’essence divine de son auteur. Si l’on veut voir jusqu’où va cette idée on peut s’en référer au Zohar, bible de la kabbale, née au cours de la fin du XIIIe siècle, où se lisent la question suivante et la réponse qui lui est apportée : Qu’est ce que Dieu ? C’est la Tora… Attention, on a dit qu’est ce que et non pas qui est Dieu, ce qui renverrait à tout autre chose.

    Mais revenons à Kippour dont la racine signifie le rachat, l’action de rédimer et aussi ce qui est en rapport avec la propitiation . D’ailleurs le vrai nom de cette solennité (qui n’est pas une fête puisque c’est un jugement sur la vie et la mort) dans la Bible hébraïque, c’est yom ha-kippourim, ce que La Pléiade rend par jour des propitiations. La même racine KPR a donné kapporét qui signifie le propitiatoire.

    Dans la Bible on insiste tant sur cette journée de contrition et de jeûne où l’homme doit faire son examen de conscience afin de retrouver une sorte de pureté et d’innocence originelles. Mais l’institution synagogale, si je puis dire, de cette affaire, s’explique surtout par la destruction du Temple de Jérusalem dont la fonction majeure était justement de conférer aux fidèles la rémission de leurs péchés, moyennant l’immolation d’un animal, comme le prescrivait le culte sacrificiel de la caste sacerdotale (dans le livre du Lévitique). La destruction du temple de Jérusalem a  totalement changé le centre de gravité du judaïsme puisque le culte sacrificiel qui permettait l’effacement des fautes n’existait plus et qu’il fallait bien trouver autre chose. C’est alors que le souffle de nos lèvres (aréshét sefaténou), c’est-à-dire la prière, s’est imposé en lieu et place de l’immolation d’animaux. Mais il a toujours été précisé que celui qui offre le sacrifice doit savoir que la lame qui tranche le coup de l’animal devait s’en prendre à lui mais qu’un Dieu miséricordieux, compatissant et ami de l’humanité en a décidé autrement.

    Si au cours du Nouvel an (qui lui aussi n’est pas une fête mais une solennité austère) les lectures bibliques comprennent les chapitres XXI et XXII du livre de la Genèse où la naissance d’Isaac est présentée comme le miracle équivalant à celui de la création de l’univers, les péricopes choisies pour kippour par la tradition portent sur les unions illicites, les interdits sexuels. Pour le judaïsme, comme pour toute religion digne de ce nom, la morale sexuelle est la ligne rouge (parlons en des lignes rouges !) séparant l’humanité de l’animalité. Toute une série de nudités interdites sont énoncées et l’homme est sommé de ne pas enfreindre de telles lois énumérées dans le livre du Lévitique.

    L’autre passage le plus important de ces lectures de la Tora porte sur les chapitres du prophète Jonas, un texte qui montre que la miséricorde divine n’a pas de fin et ne demande qu’à se manifester au bénéfice de l’homme, à condition qu’il fasse amende honorable et se repente sincèrement.

    Les enfants adorent cette lecture surtout lorsqu’elle est faite en français et en hébreu, comme c’est le cas au Palais des congrès où se tient l’office de kippour de l’Ulif, d’ailleurs le plus grand office de kippour de Paris et de toute la France… On voit un prophète un peu léger qui veut fuir loin de Dieu, s’embarque sur un bateau qui menace de faire naufrage, est jeté à l’eau par les marins, finit dans l’estomac d’un monstre marin d’où il adresse au Seigneur une vibrante prière… Cette épisode m’a toujours fortement ému : même dans les entrailles du monstre marin ( mi-mé’é ha-dagga) Jonas adresse une prière à son Dieu qui l’exauce. Rejeté sur le rivage, Jonas, tout secoué, accepte de remplir sa mission et de se rendre à Ninive, la métropole régionale.

    Jonas annonce au roi que la ville sera détruite dans trois jours par décret divin, en raison de ses innombrables fautes. Emu, le roi décrète trois jours de jeûne et de repentir, tant pour les hommes que pour les animaux. Et lui-même troque ses vêtements royaux contre l’habit d’un simple pénitent. Dieu n’est pas insensible à cela et accepte d’accorder sa grâce aux condamnés, sans se douter qu’il aura aussi à gérer le mécontentement de son prophète qui lui reproche d’être trop compatissant. Dieu fait alors pousser un arbuste qui protège Jonas d’un soleil de plomb… Mais aux premières lueurs de l’aube, ce petit arbre meurt et Jonas est pris d’une grande fureur…

    C’est alors que la Bible administre sa leçon : Jonas voulait mourir en voyant qu’une petite végétation  a disparu et que dire de Dieu qui aurait été contraint de signer la condamnation à mort de centaines de milliers d’êtres….

    C’est la leçon de kippour qui montre aussi que le judaïsme éclairé et bien compris est la religion de la grâce, du pardon et de la miséricorde. Ce n’est donc plus le Dieu jaloux, ce fameux Dieu cruel que même une pièce de Racine critiquait et qu’on nous apprenait au lycée…

    Et vraiment cette légende du prophète Jonas se lit comme un conte de fées. Or, les contes ne finissent jamais mal.

     

  • Que se passe-t-il en Turquie?

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    Que se passe-t-il en Turquie ?

    Les régimes autoritaires pèchent tous de la même façon : ils se lancent dans des croisades à l’extérieur pour divertir l’attention de leurs administrés qui ont, eux, le regard fixé sur les problèmes de politique intérieure. C’est ce qui est arrivé à tous les pays arabes qui se sont servis d’Israël comme d’un abcès de fixation et aujourd’hui c’est la Turquie de M. Erdogan qui est rattrapée par ce même processus. Car au bout d’un certain laps de temps, l’évidence finit par s’imposer aux yeux de tous et les peuples réclament que l’on s’occupe aussi de leurs propres problèmes au lieu de caresser des rêves lointains. Les manifestations de plus en plus violentes reprennent en Turquie. Un jeune manifestant est mort, touché à la tête par une grenade lacrymogène. Et les troubles repartent de plus belle. Aujourd’hui, les manifestants réclament tous le départ de M. Erdogan qui, évidemment, n’en fera rien. Plus de dix ans de pouvoir quasi absolu a coupé le premier ministre islamiste de la réalité dans son pays, surtout depuis qu’il s’est mis à poursuivre un rêve de grande puissance régionale. Il ne faut pas oublier ce grand procès intenté à d’anciens généraux, dont l’ancien chef d’état major interarmes, accusé de comploter contre le régime. Les lourdes condamnations qui s’ensuivirent ne laisseront pas indifférente l’armée turque qui ne peut pas ne pas être choquée par l’incarcération de son ancien chef. Et M. Erdogan ferait mieux de méditer l’exemple égyptien… Aujourd’hui, l’incendie s’est déclaré en Syrie, aux portes de la Turquie et si les frappes occidentales devaient intervenir, la Turquie, ouvertement anti-Assad, subira inéluctablement des représailles. Or, ce pays est membre de l’OTAN… La Syrie, les troubles intérieurs, la question kurde, le refus de l’Europe d’admettre son pays, tous ces points devraient convaincre l’actuel Premier Ministre de mettre un peu de miel dans son thé à la menthe. L’avenir de la Turquie réside dans une approche plus détendue des questions et dans un exercice moins autoritaire du pouvoir.

  • Le fiasco de Barack Obama

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    Le fiasco de Barack Obama

    Si rien ne change dans les tout prochains jours, Obama passera pour le plus incompétent des présidents US. Il est en passe de ruiner la crédibilité de son pays. On comprend bien que les USA veuillent se désengager de tout, du reste du monde, mais il faudrait battre en retrait en bon ordre et non pas capituler en rase campagne. Rendez vous compte du message désastreux envoyé à l’Iran et à la Corée du Nord, sans même parler des groupes terroristes qui sauront désormais que les USA ne sont rien d’autre qu’un tigre en papier.

    Obama a engagé ses alliés derrière lui et maintenant il les abandonne au milieu du gué, notamment la France qui a pris, c’est tout à son honneur, une position en flèche. Et qui, aujourd’hui, est abandonnée à son triste sort.

    Ce qu’il faut redouter ce sont les réactions d’Israël et des états arabes modérés qui sauront désormais que les USA ne veulent plus sortir de chez eux. Le discours de Barack Obama fut, révérence gardée, lamentable : alors que cet homme dispose d’une énorme force de frappe, alors que la constitution US lui donne le droit d’intervenir, il s’est volontairement pris les pieds dans le tapis à la face du monde entier.. Savez vous  combien de mois, voire d’années il faudra pour vérifier que Bachar a donné l’emplacement de tous les sites des armes chimiques et combien de temps il faudra pour les détruire ? Or, il n’existe pas en Syrie d’usines pour le faire : savez vous combien de temps il faudra pour les faire sortir de terre ? Et pendant ce temps le tyran syrien continuera de tuer son peuple. Les historiens apprécieront comment un président US a ruiné la crédibilité de son pays. Il fallait vraiment s’appeler Obama pour réussir cette performance.

  • L'inextricable bourbier syrien et la faiblesse des démocraties occidentales

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    L’inextricable bourbier syrien et la faiblesse des democraties occidentales

    Nul ne peut souhaiter la survenue d’une guerre, nul ne peut aimer des bombardements, d’autant que cela pourrait causer des dégâts collatéraux mais nul ne peut supporter de telles reculades permettant à des tyrans sanguinaires de s’abriter derrière de vagues promesses. C’est pourtant ce qui risque d’arriver, suite à une bévue orale du secrétaire d’Etat John Kerry qui a manqué une rare occasion de se taire lorsqu’à Londres, une question lui fut posée, apparemment anodine, et à laquelle il a eu le malheur de répondre… ruinant les efforts désespérés de son président qui cherche à avoir l’aval du Congrès des USA.

     Cette réponse à laquelle personne n’a prêté attention a été saisie par la diplomatie russe, sur mobilisée ces derniers temps et lui a donné l’occasion d’organiser une riposte, d’allumer un contre feu, prolongeant l’impunité des autorités syriennes, pourtant coupables d’un recours interdit aux armes chimiques. Pourtant M. Kerry passait pour un homme intelligent et un diplomate hors pair. Voyez le résultat ! Même le Pr Obama a dû s’aligner et modifier ses plans !

    Si le monde civilisé n’avait pas à faire à des gens déterminés et ne respectant rien, comme par exemple l’Iran et la Corée du Nord, ce ne serait pas grave. Mais là, ces deux pays défiant la légalité internationale, vont se sentir pousser des ailes en relevant que l’hyperpuissance est un simple papillon dont les ailes sont collées à un morceau de papier.

    Ce qui frappe d’autant plus, c’est que le monde occidental s’attache à une simple idée, une parole en l’air, dont la formulation est fort imprécise, et cela sciemment, et qui n’a même pas été formulée officiellement par le principal intéressé, Bachar el Assad. Comment en sommes nous arrivés là ? Pourtant, John Kerry avait lui-même évoqué cet esprit munichois qui ne doit pas ressusciter… On connaît la suite.

    Une chose est particulièrement choquante : on a voulu punir Bachar pour les 1500 tués à l’arme chimique, mais que faire des 100 000 autres victimes de ce régime ? Et que faire de la résistance nationale syrienne ? Ces hommes qui espéraient tant en une intervention occidentale se sentent abandonnés, livrés presque pieds et poings liés au dictateur sanguinaire.

    Le dommage collatéral le plus grave se trouve du côtés des alliés des USA dans le monde qui savent aujourd’hui qu’on assiste à un désengagement tous azimuts des Américains. Pas seulement au Proche et au Moyen Orient  que les USA semblent traîner comme un boulet. Je pense aussi au Japon qui compte sur le parapluie nucléaire US… Je pense aussi aux Palestiniens modérés de Ramallah qui espèrent en l’Amérique. Je pense aussi aux monarchies pétrolières du Golfe, alliées traditionnelles des USA, et je n’oublie pas Israël qui va finir par se décider à intervenir militairement contre les installations nucléaires iraniennes…

    En d’autres termes, si le Pr Obama ne trouve pas un moyen d’intervenir d’une manière ou d’une autre, sa présidence sera gâchée et il aura gravement compromis la force de dissuasion de son pays. La liste de ses impairs est longue, mais la pire des fautes est son indécision, ses doutes, son irrésolution face à des adversaires déterminés et sans scrupules.

    Certes, il faut aimer et poursuivre la paix. La guerre est horrible, mais le peuple syrien la vit au quotidien depuis plus de deux ans et demi.

  • Le Front National, deuxième parti de France?

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    Le Front National, deuxième parti de France ?

    Après l’éventuelle intervention militaire en Syrie, c’est le thème qui agite l’opinion publique et occupe une grande place dans l’actualité. Depuis un certain temps, et notamment l’effacement de Jean-Marie Le Pen et son remplacement par sa fille Marine, l’image du FN a incontestablement changé, sa politique aussi et son enracinement dans l’opinion. Les structures traditionnelles des partis existants (UMP, PS) s’évertuent à l’ignorer mais pourtant il faut bien se rendre à l’évidence. Que cela plaise ou, le FN a changé de politique sans changer de ligne. Il s’est ancré dans un certain nombre de classes sociales qui l’ignoraient précédemment. Certes, la crise est passée par là et ses conséquences se font sentir. Il y a aussi les affaires qui éclaboussent régulièrement des ténors ou des seconds couteaux de grands partis.

    Sans même parler du chômage contre lequel tant la droite que la gauche n’ont pas encore trouvé le remède miracle. Que faire ? Pour le moment, le gouvernement français actuel tente de réduire les déficits, d’équilibrer les comptes de la nation mais ses ponctions fiscales s’apparent , au gré de certains, à une politique confiscatoire. Est ce vrai ou faux, à d’autres, plus experts, de juger.

    Mais deux autres thèmes récurrents depuis de nombreuses années, expliquent que le FH ne soit plus un parti protestataire ni un à un mouvement extrémiste : l’immigration, l’insécurité et les menaces pesant, selon certains, sur l’identité nationale. Ce sont ces thèmes qui ont gagné certaines couches des classes moyennes au FN, ce sont ces gens, jadis modérés, qui se retrouvent, dans des banlieues, au contact de populations non encore assimilées ni acquises à la socio culture française.

    Il faut comprendre les gens. Les Français sont un vieux peuple, ouvert et généreux et la France a une longue tradition de pays d’accueil. Le problème est que les citoyens français les plus exposés se sentent moins protégés et ne trouvent que le FN pour défendre leur cause. Ces gens qui ont tendance à déchoir dans l’échelle sociale en raison du chômage et de la crise économique ne trouvent plus dans les partis traditionnels l’aide espérée.

    Enfin, les idées du FN ne sont plus stigmatisées en public car leur validité est apparue aux yeux d’une frange croissante de la population. Vous avez tous vu les sondages plaçant Marine Le Pen en seconde position , avant le PS ( !!) qui a pourtant la majorité partout à l’assemblée et au Sénat et siège à Matignon et à l’Elysée…

    Alors, que faire ? Il semble que les pouvoirs publics prennent graduellement conscience de ce qui se passe. On le voit avec l’excellente charte de la laïcité de Vincent Peillon, on le voit aussi avec la lutte accrue contre les fraudes aux minimae sociaux, et enfin avec le durcissement de l’accueil des immigrés et des demandeurs d’asile. Sera-ce suffisant ? On veut l’espérer.

    Mais il faut se garder de prendre ses désirs pour la réalité. Cette situation actuelle est le résultat d’une longue évolution. Il faudra donc de longs efforts, fermes et soutenus, pour que la France retrouve le chemin de sa grande tradition de générosité et d’accueil. Tout en restant elle-même, c’est-à-dire en préservant l’identité nationale française.