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  • Angela Merkel à Dachau

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    Angela Merkel à Dachau

    J'aime bien la chancelière allemande que je nomme souvent avec gentillesse la fille du pasteur. Et là, les conseils avisés de son père lui ont fait défaut. Il lui aurait sûrement décosneillé de desservir dans la même journée, que dis je, dans la même plage horaire et le sinistre camp de déconcentration et d'exermination de Dcahua et un Bierzelt, une tente à bière où les Allemands, grands et petits, ingurgitent des futs de bière, à toute heure.

    Les hommes et les femmes politiques et Madame Merkel en est une, ne font pas dans le détail lorsqu'il s'agit de se promouvoir et de tenter de se faire élire ou réélire. C'est dommage mais c'est ainsi.

    Même de ce coté ci du Rhin on a parfois déploré que des hommes politiques se fassent photographier aux côtés d'une veuve d'homme politique dont ils reveaient de prendre la place.

    La nature est ainsi faite. Et la politique est ce qu'elle est et a toujours été.

  • Jean Kahn, président d'honneur du Consistoire central israélite de France, in memoriam.

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    Le président Jean KAHN est mort dans la nuit de samedi à dimanche à l'âge de 84 ans. Son œuvre immense dans d'innombrables domaines lui survivra. Il fut jusqu'au dernier jours de sa vie le véritable paytriarche du judaïsme français, l'un de ses plus grands leaders laïques.

    Sauf erreur de ma part, il a été le seul à avoir successivement présidé aux destinées du CRIJF et du Consistoire, c'est-à-dire de deux institutions, l'une de nature politique et la soleconde d'inspiration religieuse.

    Je poublierai (D- voulant) en ce même lieu un hommage plus persponnel dès la fin du mois d'août, à la mémoire de ce grand homme, un inlassable militant et défenseur des droits de l'homme.

    MRH

    Jean KAHN, L’obstination du témoignage. Plon, 2003, 18 E 50.  250 pages.

     

             Une fois la lecture de ce beau livre de mémoires et de témoignage achevée, on ne peut s’empêcher de bénir la providence qui a permis à des hommes tels que Jean Kahn de mettre leur talent au service de la communauté juive qu’il a toujours servi. Il ne s’agit pas ici d’une prose dont certains hommes, nostalgiques d’un passé glorieux, se croient autorisés à régaler un public prévenu. En s’attachant à une telle lecture, j’ai découvert beaucoup de choses concernant un homme, un grand dirigeant que je croyais déjà bien connaître et dont l’action va bien au-delà des quatre coudées de la communauté qui l’a vu naître…  Mais il y a aussi et surtout dans cet ouvrage des passages poignants sur la Shoah qui revient comme un leitmotiv, mais sans mièvrerie. Qu’on en juge : Ces enfants que l’on chassait, nus, tremblants, effrayés, vers les chambres à gaz, ce sont nos enfants. Nous, survivants, qu’avons-nous à répéter aujourd’hui sinon que la Shoah est une tragédie juive, exclusivement juive, et qu’Auschwitz est exclusivement un lieu de mort. (p 36)

    Jean Kahn n’hésite pas à énoncer clairement ses choix et à affirmer ses convictions : Je n’ai absolument aucune envie de me réveiller demain citoyen allemand. (p 38)

    Au plan de la biographie intérieure et des années de formation, on apprend des détails sur la famille de ce fils unique, obligé de se replier avec d’autres fugitifs vers des régions plus accueillantes durant l’Occupation. Il y a aussi l’évocation émue du rabbin Abraham Deutsch et du professeur André Neher qui lui font partager les idéaux d’un judaïsme authentique et éclairé, sans omettre de lui insuffler l’amour d’Israël où le célèbre universitaire strasbourgeois ira finir ses jours. Jean Kahn rappelle aussi l’engagement total d’André Neher en faveur de l’accueil et de l’insertion des rapatriés d’Algérie, de Tunisie et du Maroc. Néher, auteur d’une thèse remarquable sur le prophète Jérémie et introducteur de la pensée du Maharal de Prague en France, ne se voulait pas uniquement un grand penseur mais entendait aussi agir hic et nunc pour le bien-être de juifs si différents de ceux nés dans son Alsace natale. En ce sens, il a ouvert la voie à l’auteur qui a toujours su discerner l’essence profonde derrière le transitoire et l’apparent.

    Cet amour d’Israël, ce dévouement à la cause sioniste seront mis en œuvre à Strasbourg même, la ville natale de Jean Kahn où le Conseil européen et le Parlement européen ont leur siège. A ce sujet, l’auteur nous livre quelques réflexions désabusées sur le personnel diplomatique israélien dont il stigmatise à juste titre l’impéritie ; à l’exception notable de Shimon Pérés. Dont il loue les capacités d’analyse et le savoir-faire diplomatique.

    Mais c’est le choc de la guerre de 1967 qui stimula fortement en l’auteur cette idée de communauté de destin entre les juifs de la Diaspora et Israël. Certes, les convictions sionistes de Jean Kahn étaient bien ancrées, sans être toutefois partagées par le plus grand nombre. Il y  eut ce témoignage émouvant de Raymond Aron qui, dans un rare élan de solidarité avec son peuple, reconnaît qu’il est impossible d’atteindre la stricte objectivité lorsqu’il s’agit d’Israël…

    C’est un noble représentant de la grande lignée –hélas éteinte, depuis- de dirigeants communautaire, en l’occurrence Alain de Rothschild  qui sut donner à cette vocation juive d’un brillant avocat strasbourgeois les prolongements qu’elle méritait. Réduisant volontairement ses activités professionnelles  pour mieux s’occuper de la communauté (d’abord de Strasbourg puis du Consistoire du Bas-Rhin) Jean Kahn suivra une voie toute tracée mais non dépourvue d’épreuves : Vice-Président du CRIJF, puis Président de cet organisme et enfin Président du Consistoire Central de France. A ces différents titres, l’auteur eut à s’occuper de tant de problèmes et notamment de l’affaire du Carmel d’Auschwitz. Certains témoignages personnels –et donc incontestables- recueillis par Jean Kahn auprès de quelques ecclésiastiques chrétiens réputés proches d’Israël et du judaïsme nous laissent pantois…  Evoquant les souffrances indicibles du peuple juif durant la seconde guerre mondiale, Jean Kahn se voit répondre que les cendres qui subsistent au fond de l’âtre ne sont autres que celles du… Christ !

    L’affaire du Carmel d’Auschwitz a manqué de réduire à néant les efforts les plus puissants du dialogue judéo-chrétien. Jean Kahn nous apprend qu’il réussit à débloquer la situation en permettant à l’Eglise polonaise, considérablement endettée, d’obtenir un prêt de 300.000$ contracté par l’Eglise de France, afin de permettre le déménagement des religieuses dont la Supérieure, réfractaire au départ, fut opportunément remplacée par une personnalité moins rigide…  Mais cette christianisation de la Shoah, cette tentative de réappropriation de la souffrance juive, comme si «le christianisme était la vérité du judaïsme» reste inquiétante : Jean Kahn a raison de souligner que l’affaire n’est guère achevée tant que la croix domine de sa taille le lieu des morts sans sépulture…

    Bien avant cette affaire et aussi, hélas, après, Jean Kahn eut à condamner et à combattre les négationnistes, ceux qui niaient tout simplement l’Holocauste. Ce combat se poursuit, mais l’auteur a montré que son engagement ne connaissait pas de frontières idéologiques ni religieuses. Lorsque la guerre des Balkans éclata avec son cortège d’horreurs, il se sentit mobilisé et rencontra maintes fois Bernard Kouchner sur place afin d’apporter de l’aide et de rapprocher des communautés que la haine et la guerre avaient séparé pour longtemps.

    Il y eut aussi les affaires de boycott, dénoncé par les autorités françaises (notamment François Mitterand) mais qui avaient la vie dure. Jean Kahn parvint à régler celle opposant l’Etat d’Israël à une célèbre marque de parfum. Mais il y eut aussi l’inlassable lutte contre l’extrémisme ici même, au sein de l’hexagone. Jean Kahn paya de sa personne puisque le leader de l’extrême droite française l’assigna devant deux ou trois juridictions (la cour de cassation y compris), mais en vain : Jean Kahn sortit victorieux de cette confrontation. Dans ce même contexte, il s’est mobilisé en faveur d’une association d’homme politiques locaux et nationaux, soucieux de refuser toute alliance avec le Front National.

    Mais une activité si débordante a fini par avoir des conséquences sur la santé de celui qui la déployait : alors qu’il revenait d’un voyage du Mexique où il s’était rendu au nom de la commission nationale consultative des droits de l’homme qu’il présidait et qu’il prit immédiatement après un autre appareil pour se rendre au Luxembourg ce 17 décembre 1997, Jean Kahn s’écroula à la tribune, victime d’un accident cérébro vasculaire. Au terme d’une convalescence et armé d’une volonté indomptable, l’auteur parvint à surmonter cette nouvelle épreuve : la naissance d’un nouveau petit-fils vint panser sa blessure et lui assurer que l’existence avait encore maintes joies à lui offrir.

    Voici une vie passionnante, bien remplie et exaltante. La preuve aussi que l’on peut œuvrer inlassablement en faveur de sa communauté religieuse, sans jamais tomber sous la coupe d’un communautarisme désuet. L’auteur incarne un judaïsme digne, conscient de lui-même et largement engagé dans le siècle. Maintes valeurs juives gisent au fondement même de la culture universelle. N’oublions jamais qu’Israël qui a offert le monothéisme à la conscience humaine lui a aussi fait don de la Bible et du Décalogue, lequel ne contient qu’une référence intrinsèquement juive, le respect du repos et de la solennité du chabbat. Un fait qui mérite d’être médité

     Mais le combat exaltant et prenant, continue…

  • Y a t il une vie entre 2007 et 2025?

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    Entre ceux qui ont les yeux fixés sur 2025 et ceux qui scrutent les années Sarkozy, mais qui donc se préoccupe de la France d’aujourd’hui ?

    Alors que nous n’avons pas encore émergé de la torpeur de l’été, les préoccupations des hommes politiques français, de droite comme de gauche, nous entraînent dans un monde onirique car tous se retirent de la réalité : le gouvernement qui a la charge de conduire les affaires ne tarit pas d’éloges et de promesses sur ce que sera ce beau pays qu’est la France en 2025, grâce à la révolution numérique, et l’opposition d’aujourd’hui, qui n’a toujours pas digéré sa défaite de 2012, a les yeux tournés vers les années Sarkozy afin, dit elle, d’en faire l’inventaire… Belles perspectives. Mais qui donc  veut bien se préoccuper de la situation hic et nunc ?

    Ou alors la situation est si grave, si peu récupérable que l’on préfère faire le gros dos en attendant que les choses se passent et se tassent puisqu’on ne dispose apparemment d’aucun levier, de nature à peser sur la situation actuelle. Il faut faire des efforts pour rester objectifs.

    D’un côté, vous avez un président de la République qui, tout en se démenant, est le seul à croire en une inversion de tendance, mais vraiment le seul dans ce pays, et de l’autre, une opposition à court d’idées et de projets et qui veut revenir sur le passé au lieu de faire preuve d’inventivité. Un chroniqueur a fait ce matin un jeu de mots entre inventaire et inventivité. Il a bien raison.

    En fait, le pays a besoin d’un électrochoc qui le redresse et lui explique qu’un effort violent doit être fourni, au moins durant toute une législature avec une réduction des dépenses, une distribution des minima sociaux à ceux qui en ont vraiment besoin et respectent les lois françaises, et surtout plus d’augmentations d’impôts. Cela serait fatal et au gouvernement actuel et à l’économie.

    Il est de tradition depuis quelque temps de citer l’Allemagne en exemple. Et d’expliquer que si l’outre-Rhin va bien mieux qu’ici, c’est parce que l’ancien chancelier Gerhard Schröder a pris de courageuses mesures de redressement. Cela lui a coûté les élections et la perte du pouvoir. Mais il l’a fait, plaçant le bien être général avant ses visées partisanes. Aujourd’hui, l’Allemagne se porte bien. Ne faudrait-il pas en faire autant, coûte que coûte ( es koste, was es wolle).

  • Egypte, la victoire des militaires

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    L’Egypte, la victoire des militaires

    C’est bien ce qui est en train de se produire et la quasi totalité des puissances occidentales ainsi que les Etats arabes modérés en sont satisfaits, quoiqu’ils en disent… Les Frères musulmans dont on peut penser qu’ils viennent de subir une répression digne de l’époque naserienn, ont galvaudé tout le capital de confiance que le peuple d’Egypte avait placé en eux. Comme on le disait récemment ici même, il faut rassembler et non se conduire comme le chef d’un clan.

    Je suis stupéfait en entendant de simples citoyens, anciens électeurs de M. Morsi dire que les membres de la confrérie ne sont ni des frères ni des musulmans… C’est un peu excessif. Certes, ils ont commis d’impardonnables erreurs politique qu’ils paient très cher aujourd’hui. Mais tout de même les extraire d’une mosquée en ruines sous les quolibets et des rangées d’hommes furieux, armés de haches, c’est un peu trop.

    Mais les anti Morsi disent que leurs adversaires politiques usaient d’un slogan un peu extrémiste : ou on gouverne l’Egypte, ou on brûle l’Egypte. En tout état de cause, les Frères ont perdu la partie, des centaines d’entre eux ont été tués, des dizaines de milliers sont en captivité et le pouvoir songe sérieusement à les dissoudre comme du temps de Nasser et de Sadate.

    Lorsque le temps des vacances sera derrière nous, les spécialistes dont je ne suis pas, tireront tous les enseignements de ce qui vient de se passer : l’islamisme cela ne marche pas, pas même dans les pays musulmans à 9O%.

    Les gens veulent autre chose et surtout vivre confortablement et assurer l’avenir de leurs enfants dans la paix, la sécurité et la prospérité.

  • L'Egypte: ne pas confondre chaos et guerre civile

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    L’Egypte : ne pas confondre chaos et guerre civile

     

     

     

    J’ignore si vous éprouvez le même sentiment que moi, mais au cours de ce mois d’août, on a l’impression que les grands moyens d’information sont tombés entre les mains de jeunes journalistes, certes charma,ts et sympathiques, mais largement inexpérimentés et peu rigoureux. Ce n’est pas une critique méchante ni une remarque désobligeante, mais les commentaires et les analyses laissent maintes fois à désirer. J’ajoute que ce mal du mois d’août frappe la France depuis des décennies et lui est spécifique puisque aucun autre pays n’est ainsi à l’arrêt comme la France en août, et ce depuis le président de la République jusqu’à l’O.S. de chez Renault…

     

     

     

    Il ne faut donc pas s’étonner que les commentaires sur la situation en Egypte soient si peu précis et que l’on en retire une impression d’inachevé, de superficiel et d’imprécision. Et je me limiterai ce matin à l’usage manquant de discernement du terme : guerre civile (en arabe harb ahliya). La situation est grave dans ce pays, le sang coule à flots, c’est affreux, mais ce n’est pas une guerre civile car l’écrasante majorité de la population égyptienne se tien aux côtés de l’armée qui s’est lancée dans la bataille contre les islamistes après s’être assuré de son soutien. Souvenez vous des dizaines de millions d’Egyptiens qui défilaient il y a un mois et demi dans les rues pour réclamer le départ de M. Morsi. Aujourd’hui, ceux qui veulent le retour du président destitué se compte par dizaines de milliers et non par millions. Je ne nie pas la présence de Frères musulmans dans les rues, mais je relève qu’ils sont une minorité. Cette remarque ne vise pas à laver l’armée de toute faute dans cette répression, mais ses chefs admettent qu’il leur faut recourir aux grands moyens pour remettre le pays en ordre et au travail…

     

     

     

    Les jeunes journalistes inexpérimentés se sont mis à parler de guerre civile, en pensant inconsciemment à la situation syrienne qui est radicalement différente, tant par ses causes que par le nombre de ses victimes : chez Bachar, il y a vraiment une guerre civile, mais pas en Egypte.

     

     

     

    Encore un exemple : le téléspectateur qui veut être informé de la situation sur le terrain à l’heure où nous rédigeons, n’y parviendra pas car les journaux se suivent sans grand discernement et les invités interviewés peuvent réciter une leçon apprise par cœur sans être vraiment interrogés par le journaliste qui leur fait face…

     

     

     

    Alors que se passe-t-il vraiment en Egypte ? L’armée, seule force organisée du pays, a senti que les Frères qu’elle a combattus des décennies durant, n’ont pas changé, que l’exercice du pouvoir ne les avait pas placés devant leurs responsabilités et que leur seul objectif n’était pas de sauver l’Egypte mais de noyauter l’administration et l’armée à tous les échelons. M. Morsi que l’armée a surveillé depuis le premier jour, comme on surveille le lait sur le feu, n’a pas compris car il n’a pas l’étoffe d’un homme d’Etat. Il n’a pas les qualités nécessaires pour diriger un si  vaste pays qui nécessite une grande présence d’esprit et un grand savoir-faire : notamment naviguer entre les différents écueils…  Au lieu d’être un rassembleur, il a agi comme un petit chef de faction : songez qu’il avait nommé au gouvernorat de toute une province un ancien repris de justice, un terroriste poseur de bombe !!!

     

     

     

    L’armée ne pouvait pas ne pas réagir. Et je ne parle même pas de l’asphyxie économique.

     

     

     

    Le combat est inégal et les pays, tant arabes qu’occidentaux, qui protestent contre la répression, sont en fait ses partisans secrets. Le Figaro a eu l’intelligence dire que M. Obama condamne mais ne sanctionne pas. D’ailleurs, lui et son secrétaire d’Etat à la défense se sont répartis les rôles : après le discours de M. Obama suspendant les manœuvres conjointes, Ch. Hagel a bien précisé qu’il n’était pas question de rompre avec l’Egypte et son armée. Quant à l’Arabie saoudite, son roi vient de dire qu’il soutenait l’armée dans sa lutte contre les terroristes. Seul le petit Qatar, petit mais très riche, s’entête à pratiquer une politique étrangère à la Guillaume II, en zigzague  (Zick-Zack-Kurs) …

     

     

     

    Et l’on sait où l’a mené cette politique aventurière…

     

  • Politique fiction, chronique fictive: Hosni Moubarak savoure sa revanche

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    POLITIQUE FICTION = CHRONIQUE FICTIVE

     

     

     

    La revanche du président Hosni Moubarak.

     

    Nul n’aurait pu le prévoir, et sûrement pas le vieux Raïs qui vit le sol soudain se dérober sous ses pieds. Lui, le maître incontesté de l’Egypte, le pays sur lequel il régnait sans partage depuis plus de trente ans, lui qui avait nommé et promu tout ce qui comptait sur les rives du Nil, se vit un jour arracher au calme et au luxe d’une splendide villa sur les bords de la Mer rouge pour être interné dans une prison militaire médicalisée car le nouveau régime, issu de la révolution, avait dû se résoudre à le traduire en justice. Il devait comparaître, allongé sur une civière, pour faire face à ses juges et rendre des comptes sur la période qui avait immédiatement suivi la révolution. Il avait alors vécu des jours terrifiants, songeant maintes fois à mettre fin à sa vie. Et peu de temps après lui, son épouse avait été incarcérée à son tour, précédé de ses deux fils. Tout le clan Moubarak se retrouvait derrière les barreaux.

     

     

     

    Prostré dans sa cellule, refusant de s’alimenter, ne portant plus aucun intérêt à tout ce qui l’entourait, le vieux Raïs méditait amèrement sur l’ingratitude et la versatilité des hommes. Lui, l’homme que l’on consultait il y a encore tout juste un mois de tous les coins du monde, pour lequel on déroulait le tapis rouge dans les grandes capitales, se retrouvait seul dans une chambre d’hôpital militaire…

     

     

     

    Lorsqu’il réussit à surmonter cette vague de désespoir qui déferla sur lui des mois durant, on lui permit de nouveau de profiter de certains avantages, comme regarder la télévision et lire la presse. Les médecins militaires qui soignaient l’octogénaire malade qu’il était usaient d’un grand et profond respect à son égard, jusques et y compris ceux qui avaient été touchés par le virus islamiste…

     

     

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  • Le Caire brûle-t-il?

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    Pui, l'Egypte donne l'impression de sombrer, mais les généraux tiennent le coup et ne cèdent pas. Le pouvoir a toujours été entre les mains des militairs et la chute du président Moubarak fut une erreur ou, à tput le moins, un fait prématuré. L'Egypte n'était pas prête pour passer des mains d'un régime autoritaire à un autre régime islmaiste. Toujours l'autoritarisme mais d'une autre couleur.

    Le nombre de morts est accablant, mais les militaires et la majorité de la population se disent que c'est hélas le prix à payer pour rétablir l'ordre et pour que l'Egypte redevienne un pays calme.

    L'armée et les frères musulmans sont ent rain de constater qu'il n y aura plus jamais de terrain d'entnte entre eux. Je le refis encore une fois: du lieu secret où il a été transféré, le vieux Raïs qui a nommé tous les généraux en ces trente dernières années, doit regarder ce spectacle avec un mélange d'amertume et de satsfaction. Lui seul a pu régner en maître absolu sur les bords du Nil, connaissant fort bien ce pays qui l'a vu naître et dont il a su rassembler les forces comme personne avant lui.

    Mohammed Morsi ne rviendra plus jamais au pouvoir et il est prévisible que les généraux lui intenteront, par une justice aux ordres, un certain nombre d'accusations qui se traduiront par un certain nombre d'annnées de prison. Du coup, les condamnations pluevront et son casier judidiciare l'empêchera de candidater une nouvelle fois...

    Un dernier mot: les riverains des places occupées par les pro Morsi ainsi que les acteurs de la vie économique ne supposrtaient plus ce qui s'apprenatit à une véritable paralysie de la vie ésociele et économique: comment sirculer dans les rues de la capitale égyptienne dans un tel désordre qui commençait à trop durer? Il fallait y mettre un terme. Or, les Frères musulmans ne faisaient pas le poids face à l'armée, unique détentrice du pouvoir depuis le début des années cinquante: on ne change pas comme cela un état de faits qui dure depuis des décennies.

    Le seule risque qui pourrait menacer cette reprise en maixn est un mouvement dissident au sein de l'armée, mais le jeune généralisme al-Sissi veille: il s'est déjà assuré de la persnne de certains commandants d'unités, sensibles aux appels de Mohammed Morsi. Et surtout, sa position de chef d'état mjaor et de ministre de la défense lui donnent la haute main sur l'armée, seule force oranisée et discplinée du pays.

    L'ordre régnera sous peu (ba'ad qalil) sur les bords du Nil. Mais il faut absolument arrêter l'ffusion de sang.

  • La loi et l'ordre face à la justice et à la liberté?

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    La loi et l'ordre face à la justice et à la liberté?

    Depuis des lustres, les ministres de l'intérieur et de la justice s'opposent en raison de leurs désaccords. ESt ce que ces désaccords sont irréductibles, inconciliables? Il semble que oui car les deux orgnaosmes défendent des vues opposées. La justice et c'est tout à son honneur poursuit un objectif: veiller au respect des lois en toutes circonstances, respecter la dignité humaine, accorder à tous le droit de se sdéfendre (même aux pires criminels, les violeurs et knidnappeurs d'enfantss, etc…) alors que le ministère de l'intérieur est celui de la sécurité et de l"ordre public.

    En fait, si vous êtes arrêté un jour par des policiers, vous aurez besoin d'un avocat qui se prévaudra des lois en vigueur pour vous défendre et exiger votre libération, si aucune charge sérieuse ne spèse sur vous. En fait, les deux organismes doivent se compélter. Mais c'est plus facile à dire qu'à faire.

    Et on voit, selon tous les sondages, que les Français sont mécontentents de leurs justice et donc de ceux qui la rendent eu leur nom. On dénonce de plus en plus le laxisme des juges et ces derniers rétorquent en dénon!çant à leur tour le délire sécuritaire de leurs concitoyens.

    On peut considérer que les délinquants sont généralement mieux traités que leurs victimes. Certes, les prisons ne sont pas des cluvbs Méditerranée, mais apr!s tout quna don est en prison, ce n'est pas pour rien. IL faut respecter la dignité humaine mais la privation de liberté signifie bien quelque chose.

    J'ai été bouleversé par le reportage de cette pauvre maman qui déplorait le viol de sa jeune fille par un multirécidiviste qui était en régime de semi liberté. REndez vous compte, rélléchissez à qui vous pouvez rencontrer dans la rue ou sur la route. Est ce que de tels prédateurs peuvent être remis en liberté, même conditionnelle? Non point.

    Quand on commet des crimes et / ou des délits, c'est en prison qu'on vous envoie. Pas en semi liberté ni en résinsertion.

    Il est très triste qu'on fasse de ce débat, crucial pour la vie en société, un thème éectoral ou idéologique. Tout le monde devrait être pour la sécurité des personnes et des biens.

  • La ville de Marseille, une ville française comme les autres?

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    Oui, Marseilles est-elle encore aujourd'hui une ville fançaise comme les autres?

    La question se pose légitimement lorsqu'on prend connaissance d'une certaine réalité, de plus en plus dénoncée par des acteurs présents in situ. Ce matin, on pouvait écouter les déclarations très marseillaises du député PS Patrick Menucci, celui là même qui défendait les thèses de Ségolène Royal avant de se choisir des références plus obligeantes aujourd'hui. Il a dit deschoses justes et intéressantes mais il n'a pas vraiment répondu aux questions posées par le journaliste. Pourquoi?

    Parce que Marseille est devenue une ville en déshérence, une ville où la population immigrée n'est pas vraiment intégrée où la vie est certes belle grâce à la mer et au ciel bleu mais où beaucoup de gens vivent avec un salaire minum très bas ou des minima sociaux. Il y a aussi à Marseille une insécurité très grande: depuis le début de l'année, on dénombre pas moins d'une dizaine de meurtres par armes à feu sur la voie publique en raison d'une lutte à mort de trfaic de drogue. Tout à l'heure, sur BFM TV le journaliste a repris les déclarations de certains bons marseillais, français de souche, qui se plaignent de ne plus se sentir chez eux, d'être envahis par des populations étrangères, bref, si on les comprend bien la canebière de Marcel Pagnol a vécu.

    Il faut prendre garde, il ne faut pas abandonner une telle ville à ce triste sort, il suffit de voir les progrès du FN sur place pour comprendre que la population française en a assez de ce sentiment de malvivre et de malêtre. D'après le dernier sondage en date, ce serait le parti de MArine Le Pen qui se classeraits econd s'il y avait des élections aujourd'hui. Or, les élections muicipales auront lieu dans quelques mois et il est peut être un peu tard pour changer les choses.

    Dans des affaires comme celles-ci, il faut remiser l'idéologie au magasin des accessoires et écouter les cris d'une population qui souffre.

  • Israël doit-il libérer des terroristes palestiniens?

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    Oui, la question se pose dans toute son acuité: l'Etat juif, harcelé depuis sa naissance par des terroristes qui lui dénient le droit à l'existence doit-il vraiment, pour aboutir à un accord de paix, libérer des  Palestiniens, notamment ceux qui ont, comme on dit, du sang sur les mains?

    On peut se poser la question légitimement même si, comme chacun sait, on ne fait la paix qu'avec ses ennemis, en espérant que les ennemis d"hier seront les voisins pacifiques de demain. C'est un raisonnement que doivent tenir tous les diplomates et les hommes d'Etat mais que les proches des victimes, tragiquement disparues, ne peuvent ni ne veulent comprendre.

    C'est le sentiment que j'ai éprouvé ce matin en prenant connaissance des plaintes déposées devant la cour suprême d'Israël par des proches de victimes qui disent vivre des cauchemars depuis des années et qui ne peuvent pas vivre avec l'idée que les assassins de leur proches vont couler des jours heureux, non loin du lieu de leurs crimes et de leurs fordaits, tandis que leurs victimes, elles, ne reviendront plus jamais.

    C'est un grave débat. Il pose la question suivante: est-ce que Dieu, est-ce que la morale, oui, l'éthique, doit exister partout, manifester sa présence partout, ou, au contraire, faire la part des choses, admettre implicitement ou explicitement que certains domaines (la politique, l'économie, la diplomatie, etc…) relèvent d'autres lois?

    En termes plus directs: est ce que l'actuel Premier Ministre d'Israël a raison, en vue de promouvoir des négociations de paix avec quelque chance de succès, de faire fi de principes élevés (one ne libère pas des assassins d'Israéliens) en arguant que dans ce domaine précis, l'éthique commune, habituelle, cesse de s'appliquer? On pourrait presque parler comme chez Sören Kierkegaard d'une suspension téléologique de l'éthique… Ce qui signifie que pour réaliser un objectif bien plus élevé, on commet un acte que la morale ordinaire réprouve.

    Toujours dans ce domaine de téléscopage entre la politique internationale et l'éthique, on ne peut pas ne pas penser à Max Weber qui distinguait nettement entre d'une part l'éthique de responsabilité et d'autre part l'éthique de conviction.

    La première signifie que l'on peut agir contrairement aux principes éthiques car certains domaines, comme les négocaitions avec l'ennemi, rendent nécessaires des accommodements avec les principes: cela s'appelle prendre ses responsabilités, donc assumer certaines choses que l'on ne ferait pas en temps normal. Au fond, c'est ce que font les hommes politiques du monde entier. Car, comme disait Churchill, la politique n'est rien d'autre qye l'art du possible.

    L'éthique de coniviction, c'est tout autre chose: on conforme son action à ses principes, sans jamais en dévier. Et on place la fidélité à l'éthique au-dessus de tout le reste, c'est la valeur suprême. C'est une nouvelle mouture du kantisme avec son fameux impératif catégorique…

    Cette dernière attitude est très belle mais elle est irréaliste. J'en reviensà la requête des familles des victimes de ces terroristes qui vont être libérés, et qui demandent à la cour suprême d'interdire cette libération de condamnés à des lourdes eines, voire à vie.

    Franchement, je n'arriver pas à faire le départ entre les deux: je ressents une immense soldiarité avec les victimes et avec leurs familles, mais je me dis que j'aurai probablement fait la même chose que Benjamin Netanyahou si je m'étais retrouvé dans la même situation.

    Les plus cyniques - et la plupart des diplomates le sont pour des raisons professionnelles- arguent qu'Israël a réalisé un joli coup puisqu'en libérant de vieux prisonniers, entièrement démonités et ayant perdu toute valeur sur le plan militaire, il fait passer par la même occasion la construction de plus de mille logemens dans des secteurs contestés…

    Mais sur le  plan des principes, cela ne change rien: nous ne sommes pas plus avancés. Faut-il le faire ou ne pas le faire? Franchment, ce sera toujours un cote mal taillée.

    Les piétistes et les mystiques de toutes les religions ont l'habitude de dire que Dieu est partout présent et qu'il n'existe pas de domaine où il ne serait pas présent… Certains disent même qu'il faudrait le réintroduire dans des secteurs où sa présence serait incompréhensible tant l'impureté et le dévoiement moral y sont omniprésents…

    Ont ils raison? J'avoue ne pas savoir…