- Page 3

  • Egypte, une révolution dans la révolution?

    Imprimer

    Ce qui se passe présentement sur les bords du Nil est tout de même inquiétant, même si la direction prise n'est pas contestable. Elle demeure inquiétante en raison du nombre de vistimes. Les généraux égyptiens sont intervenus car ils éstimaient que leur patrie était en danger et que l'ancien président Morsi n'était pas un rassembleur mais plutôt un diviseur. En effet, l'écriture, qualifiée de scélérate par un correspondant d'une télévisin française, de la constitution, risquait de scinder ce pays en deux entités irréconciliables. On ne peut pas laisser basculer un pays du poids et de l'importance de l'Egypte dans le grion d'un islmaisme inquiétant. J'ai entendu ce matin les propos d'un dirigeant islmaiste qui exhoratait les démocraties occidentales à ne pas apporter leur soutien aux généraux et à œuvrer our le rétablissement de M. Morsi dans ses anciennes fonctions. Cela peut se comprendre de sa part, mais la France, pour sa part, laisse paraître un certain soulagement à la lumière des derniers événements: l'Egypte, poids lourd du monde arabo-musulman, doit continuer à être un facteur de paix et de tolérance dans la région. Or, les minorités non musulmanes, notamment les coptes qui vivent sur les bords du Nil depuis tant de siècles ne se sentaient plus protégés or, ils sont une partie intégrante de la communauté nationale. Nous émettons le vœu que le pays sera bientôt dôté d'un gouvernement au large spectre et des délais raisonnables seront annoncés pour les prochaines échéances électorales. Les Frères musulmans doivent faire partie de la nouvelle équipe dirigeante, en tout cas leur aile modérée. Certes, tous ne l'entendront pas de cette oreille mais il faudra bien remettre l'Egypte sur pied.

    Le pays a besoin de paix et de stabilité. L'économie doit repartir et les investissements revenir sur place. Les troubles attribués à des nostalgiques de l'ancien régimes furent le fait du peuple. Je ne crois pas qu'un parti politique, quel qu'il soit, ait pu, par ses mots d'ordre, mobiliser tant de millions de manifestants. Ce qu'il faut, c'est que les partis extrémistes comprennent que nul ne peut confisquer le pouvoir à son profit et qu'il faut un consensus le plus large possible. Le nouveau président interimaire, juriste très compétent et respecté, l'a dit. Il faut lui faire confiance.

  • Soutien à l'armée égyptienne, rempart contre l'intégrisme

    Imprimer

    Version:1.0 StartHTML:0000000105 EndHTML:0000005803 StartFragment:0000002408 EndFragment:0000005767

    Il faut soutenir l’armée égyptienne, libératrice du joug de l’islamisme

     

     

     

    Je viens d’entendre Mohammed el Barada’i dire que si l ‘armée est intervenue, c’est au nom du peuple. Pour nous autres Suisses, Français et Européens en général, cela est difficile à comprendre, à voir dans la garde prétorienne du régime un rempart de la démocratie, mais dans certains , c’est ainsi. Et vous savez lesquels : on ne peut pas leur imposer notre type de démocratie.

     

     

     

    Pour nous, la place de l’armée est dans les casernes et aux frontières, elle n’intervient pas dans le jeu politique, c’est la grande muette, on n’a pas le droit de faire grève et elle obéit aux ordres. Dans un pays comme l’Egypte, le président est toujours issu des rangs des forces armées, seul corps organisé et discipliné du pays. Voyez l’Algérie, la Tunisie de Ben Ali, l’Egypte, le Syrie, l’Irak, pas d’exception à cette règle, même les émirats du golfe ont une ossature militaire.

     

     

     

    Donc, il ne faut pas s’étonner que la démocratie dans certains pays doive s’accommoder d’autres pouvoirs qui lui sont intrinsèquement étrangers. Il n’y a pas dans ces pays une réelle culture démocratique remontant à des temps anciens. Aucun autre corps social n’aurait pu faire barrage à l’accaparement de tous les pouvoirs par M. Morsi. Il n y avait que l’armée ; cetes, celle-ci a défendu ses intérêts car elle est le premier facteur économique dans le pays. Connaissez vous la blague (nokta) de la rue égyptienne : quel est le point commun entre votre chemise, votre voiture et votre téléviseur en Egypte ? Tous sont fabriqués dans usines appartenant à l’armée…

     

     

     

    Une réserve, toutefois : M. El Barad’i a des sentiments mêlés à l’égard d’Israël et tout le monde n’a pas gardé d’excellents souvenirs du temps où il dirigeait l’AIEA dans le cadre de la crise iranienne… Gageons que ses nouveaux maîtres sauront lui expliquer la feuille de route du pays : paix à l’extérieur et assainissement de l’économie à l’intérieur. Le reste est superflu : l’Egypte doit d’abord songer à nourrir ses enfants.

     

  • Nicolas Sarkozy, le retour?

    Imprimer

     

    Nicolas Sarkozy, le retour ?

     

     

     

    La politique intérieure française recèle toujours des rebondissements dont elle détient le mystère. C’est ce que nous avons pu vivre en cette fin de semaine depuis que le Conseil constitutionnel a jugé bon de rejeter les comptes de campagne de l’ancien président.

     

     

     

    La tradition veut que l’on ne critique pas les décisions de cette instance suprême qui dit le droit. Mais sans en discuter les décisions, on peut toutefois en apprécier, positivement ou négativement, les conséquences. Et en l’occurrence, c’est tout l’avenir d’un parti d’opposition, et donc de la démocratie en France qui est remis en question. L’UMP, car c’est d’elle qu’il s’agit, doit trouver plus de 11 millions d’euros et ne peut faire appel à de généreux donateurs (patrons du Cac 40 ou autre) puisque le financement des partis politiques est sérieusement et sévèrement encadré..  Il faut donc se tourner vers les dons des particuliers qui ne peuvent pas donner plus de 7500 €… Vous voyez où en est la situation.

     

     

     

    Et c’est dans ce contexte qu’intervient le début du retour de Nicolas Sarkozy qui a été la cible déclarée ou non de tant d’attaques. En effet, on ne compte plus les affaires (au mauvais sens du terme) dans lesquelles il serait impliqué. Je ne sais qu’en penser, mais tout de même cela me paraît un peu exagéré : de l’affaire Tapie au rejet des comptes de campagne on relève une série de choses qui évoquent fâcheusement le règlement de comptes. Pourquoi s’acharner ainsi sur un homme qui a, certes, gouverné comme il a cru bon de gouverner, mais qui n’est pas plus critiquable qu’un autre ? Le résultat est qu’il veut aujourd’hui accélérer son retour sur la place publique, ce qui va rendre la vie politique française encore plus rude. Et cette victimisation va plaider en sa faveur.

     

     

     

    Dans ce pays, on passe d’une campagne électorale à l’autre, dès qu’une consultation électorale s’achève, les gens pensent à la suivante. Au plan de la sérénité de la vie nationale, ce n’est vraiment pas l’idéal…

     

     

     

    Le peuple français a la faculté d’opter pour l’alternance pour peu qu’il en décide. Ce fut le cas pour l’UMP, c’est aujourd’hui le cas pour le PS et qui sait ce que demain nous réserve ? Eu raison de la situation économique, il est presque certain que les prochaines échéances électorales (européennes et municipales) seront désastreuses pour le pouvoir en place. Et ce ne sera pas fini car il y a la fameuse loi des deux ans, terme auquel les Français manifestent parfois de manière terrible, leur impatience.

     

     

     

    Parfois, je me demande si nous sommes, nous les êtres humains, maîtres des échéances et si les mouvements du balancier de l’Histoire ne sont pas dictés par quelqu’un d’autre, par une sorte d’intelligence cosmique qui digère des milliards de données et en fait ce qu’elle veut bien en faire… Aucun ordinateur au monde peut se mesurer à elle. Des causes, à l’infini, s’enchaînent les unes aux autres et génèrent ce que nous nommons l’actualité ou les événements. Une sorte de puissance cosmique, nommée Dieu ou la Providence ou tout simplement (ce qui est pire) le hasard, qui fait que tel ou tel autre est entraîné à agir comme il agit provoquant des effets dont ignore tout. Qui est le maître de l’Histoire ?

     

     

     

    Partant, la prudence va de soi. Il ne faudrait pas que des actes inconsidérés portent en eux le contraire de ce qu’on en escompte. La vie politique est ce qu’elle est, faite d’affrontements incessants et meurtrissants.

     

     

     

    Heureusement, il y a la fête de la rose, et depuis peu celle de la violette…

     

  • Les généraux égyptiens, la démocratie et les USA

    Imprimer

     On se demande comment qualifier la demande de M. Obama de traiter correctement le président déchu  Morsi, celui là même sur lequel les USA avaient misé afin de sauver leurs bonnes relations avec le pays du Nil. Naïveté, cynisme qui se fait passer pour de l'amitié compatissante? On s'interroge. Ceux qui ont sacrifié Moubarak sans ciller n'ont jamais demand s'il se sentait dans sa cellule médicalisée, lui qui les avait servi une bonne trentaine d'années… N'y voyez pas la moindre pointe d'anti américanisme, je fais partie des amis des USA mais les présidents US m'ont toujours sidéré (G.W. Busch excepté), lui au moins a su secoué les choses et aller de l'vant.

    C'est bien de veiller sur la démocratie, mais c'était tout le contraire de cela avec les Frères musulmans qui partent d'un postulat vici à la base: la religion est la panacée, c'est une erreur, il faut séparer les croyances de la politique et de l'économie, et c'est un croyant en D- qui l'écrit. Aueune théocratie n'a réussi, pas même celle du royuame de Judée.

    Si les généraux égyptiens dont j'ai toujours dit qu'ils tissaient leur toile en secret, sont intervenus, c'est contraints et forcés, il n y avaiy plus d'ordre public en Egypte, le président déchu a utilisé toute cette année à infiltrer la haute administration et il avait commencé à le faire avec les rangs de l'armée. On lui a dit stop brutalement.

    Tous reconnaissent que M. MOrsi n'avait pas de programme, sinon d'islamiser le pays qui est déjà musulman. Certes, la prière peut beaucoup, mais elle peut surtput faire tomber la pluie. Et bénir les récoltes, mais pour récolter il avait avoir semé. Et pour ce faitre il fait retrousser ses manches. D- ne l'a encore jamais fait pour nous.

    Souhaitons à ce beau pays qu'est l'Egypte de la paix, de l'espoir et enfin une prospérité tant méritée.

  • La chute de M. Morsi en Egypte; un précédent dangereux?

    Imprimer

    La chute de M. Morsi créé t elle un précédenat inquiétant? Les juristes pointilleux se posent la question, ils n'est pas du tout certain qu'elle empêche les généraux égyptiens de dormir, eux qui ont déjà place l'ancien président et son équipe en résience surveillée, émis plus de 300 mandats d'arrêt contre les chefs des Frères musulmans et interdit à tant d'autres de quitter le territoire. Il se murmure même dans certains milieux que les militaires rassemblent des éléments pour intentter un procès contre l'ancien dirigeant déchu: gabegie économique, infiltration des rouages de l'Etat, nominations hasardeuses à la tête de la justice, incitantion ) la haine religieuse, bref toute une panoplie de mesures qui rappellent des souvenirs pas très agréables…

    Ne cherchons pas dans un pays arabo-musulman comme l'Egypte un pointillisme juridique qui fit parler par exemple un grand philosophe comme Kant des racines métaphysiques du droit: même si le monde n'existait pas, le droit aurait, lui, toutes les raisons d'exister.

    Les militaires, surtout ceux de ces pays ne s'embaarrassent pas de tels scrupules. Mais le cas de l'armée égyptienne elle a bien agi, avec intelligence et pondération. Pour des généraux, ils ont fair preuve de grande sagesse, j'ai presque envie de dire qu'ils ont illustré à merveille la phrase de Hegel, la patience du concept: on observe soigneusement une situation, on précède tous les autres acteurs en entrant dans leur atelier mental, prévoyant avant eux mêmes les mesures qu'ils vont prendre. Et une fois qu'on a établi le schéma de ce qui va se produire, on se prépare et on attend. Certains diront que c'est tout simplement de la stratégie... C'est possible.

    L'armée d'Egypte, seule et authentique maîtresse du pays, a laissé M. MOrsi faire ce qu'il voulait pendant un an, il a enfoncé encore plus le pays dans des difficimtés sans nom. Et après, elle a sifflé la fin de la partie.

    Ce n'est pas très constitutionnel, mais c'est ainsi dans ces régions du monde.

    Ajoutons un mot sur l'attitude des USA. Ce grand pays ami et allié ne comprend pas l'évolution des situations. Ceux qui analyseent le sens des propos de M. Obama devant la crise égyptienne en ressortent stupéfaits. M. Obama et ses conseillers sont obnubilés par un cauchemar: que la révolution islamique d'Iran fasse des émules, c'est la raison pour laquelle ils ont lâché le président Hosni Moubarak si vite.. Et ils se sont trompés une nouvelle fois, comme en Irak, comme en Afghanisatn/

    L'armée d'Egypte n'est pas une armée arabe comme une autre. Certes, c'est une armée, mais ses différentes guerres contre Israël  - toutes perdues, évidemment, l'ont aguerrie et lui ont donné une certaine maturité politique dont elle a su faire preuve durant toute l'année écoulé et surtout ces tout derniers jours.

    M. Morsi s'en mord les doigts. Mais il est trop tard. Il va avoir tout le temps de émditer sur l'intérêt qu'il y a à oublier son petit voisin fort et propère pour ne s'occuper que de son pays.

  • Fin de partie en Egypte………

    Imprimer

    La fin d'aventure islmaiste en Egypte

     

    Conformément aux prévisions, l'actuel président islamiste n'a même pas eu l'instinct de survie qui lui commandait de partir en paix. Certes, il a déserté le palais présidentiel dont l'armée n'assurait plus sérieusement la garde. Certes ses partisans se sont heurtés aux autres manifestants, faisant des morts et des blessés. Mais c'est suicidaire de vouloir désobéir à l'arméee car le vieux maréchal Tantawi, remercié sans ménagements, doit à présent savourer sa revanche, tout comme le président Hosni Moubarak.

    les appels au martyr lancés par les imams des Frères musulamns n'y chenront rien: les dès sont jetés, die WÜrfel sind gefallen. C'est très probablement M. El-Baradei qui va occuper la place bien qu'il soit dénué de tout charisme. Mais cette affaire pose pose des problèmes constitutionnels tout en étant prometteuse.

  • Mohammed Morsi, la fin du commencement

    Imprimer

    Mohammed Morsi,  la fin du commencement

    On peut relever, sans immodestie de notre part, que les choses se déroulent en Egypte conformément aux prévisions. L’armée s’est rangée du côté du peuple, elle a fait défiler dans le ciel cinq ou six hélicoptères ornés du drapeau national, apportant son soutien au peuple. M. Morsi aurait dû saisir cette opportunité pour partir la tête haute, si je puis dire. Têtu et peu animé de discernement politique, il a commis l’erreur de rejeter l’ultimatum de l’armée. Celle-ci n’aura donc aucun scrupule à le bouter hors de son palais, voire même à le mettre aux arrêts pour mauvaise gouvernance et ou pour politique préjudiciable au peuple, sans compter les très nombreux excès et exactions commis contre ceux qui pensent différemment des Frères Musulmans.

    Mais faisons un bref retour en arrière et essayons de titrer quelques enseignements de ce qui se passe : pour la première fois, un peuple musulman, mais non arabe à l’origine, rejette fermement le régime des islamistes qu’il avait pourtant porté à sa tête un an plus tôt. Le verdict est clair et net : la religion inspirant la politique, cela ne marche pas. La maturité politique de ces partis politiques est insuffisante. Ce n’est pas la religion que l’on met dans son assiette, ce ne sont pas des prières que l’on récite face aux boutiquiers qui nous vendent du pain, des légumes, de l’eau et de la viande, ce sont des écus sonnants et trébuchants. Or, l’Egypte est ruinée, exsangue, et par dessus le marché, en proie à des troubles. Nul doute que l’exemple égyptien sera scruté par d’autres pays voisins ou lointains, tentés par la même expérience désastreuse.

    Au fond, M. Morsi peut se prévaloir d’une élection régulièrement gagnée pour rester au pouvoir. Mais l’armée ne l’entend pas de cette oreille et juge que la situation ne ferait qu’empirer s’il conservait, y compris en apparence, les rênes du pouvoir. Dans l’histoire, c’est bien la première fois qu’un peuple de cette région du monde, si peu habituée à la démocratie, rappelle fermement qu’il est la source absolue de toute légitimité politique et qu’il peut, s’il le juge bon, défaire ce qu’il a fait précédemment.

    M. Morsi comment une lourde erreur en rejetant l’ultimatum de l’armée, cette armée qui a vécu trois décennies durant à l’ombre du président Moubarak lequel doit savourer sa revanche dans sa cellule : il a tenu trente ans, a apporté à son pays la paix et un certain renouveau économique. Certes, ce n’était pas la prospérité mais il a su imposer une certaine stabilité.

    Quand on jette un coup d’œil circulaire sur la région, on ne trouve que de la haine et du sang : l’Irak, la Syrie, le Liban, la Libye, l’Egypte, Bahrein, même la Turquie se met à tanguer dangereusement. Mais dans cette région si mouvementée, existe un petit Etat dont le niveau culturel et économique est comparable à celui de l’Europe, un pays démocratique où les généraux gagnent toutes les guerres mais ne menacent jamais le gouvernement en place, un pays à la pointe des découvertes technologiques, médicales et autres. En somme, un Etat qui pourrait être une chance pour ses voisins s’i ces derniers voulaient enfin la saisir et regarder la réalité en face.

    Devinez lequel…

  • L'Egypte de Mohammed Morsi au bord du gouffre…

    Imprimer

    L’Egypte de Mohammed Morsi au bord du gouffre… Les choses se déroulent comme on l’avait prévu. L’Egypte de M. Morsi, un an après les élections présidentielles, est au bord du gouffre et même à feu et à sang, si l’on tient compte de l’incendie du siège des Frères musulmans au Caire. Des millions d’Egyptiens, je dis bien des millions, ont clamé hier leur rejet de l’extrémisme religieux et de l’intolérance. Le peuple d’Egypte est tolérant dans son essence, habitué à la diversité et à l’ouverture sur le vaste monde du bon Dieu. Il sait qu’il compte dans son sein une importante minorité copte, l’une des plus anciennes composantes du christianisme primitif. Et qui sont d’aussi bon patriotes que leurs concitoyens musulmans. Or, du tempe du président Hosni Moubarak, il n’y eut jamais autant de persécution sanglantes anti-chrétiennes. Aujourd’hui rien ne va plus et l’Egypte est ruinée, sans les subsides des monarchies du Golfe et celles des USA, elle ne pourrait plus survivre. L’élection de M. Morsi fut donc un gigantesque malentendu. L’armée a joué le jeu, mais elle demeure l’unique maîtresse du jeu et il n’est pas très éloigné le jour où le ministre de la défense, une jeune et dynamique général, fera irruption dans le bureau présidentiel, flanqué d’autres généraux, pour dire à l’occupant du palais que l’entrecôte est fini et qu’il faut partir : the game is over L’armée qui est le seul corps organisé du pays depuis le coup d’Etat du général Naguib, supplanté par Nasser et ses amis, a toujours dirigé le pays. Et hier, elle a survolé les manifestations montres en déployant des bannières un peu ambiguës : l’armée est avec le peuple. Mais quel peuple ? Celui des Frères musulmans ou celui des opposants ? L’enjeu est à la fois simple et clair : que le peuple, que des millions de personnes disent demain ou après demain, nous voulons la loi et l’ordre et l’armée égyptienne reprendra le pouvoir en douceur. C’est exactement cela qui se passera. Pour ne pas froisser le puissant allié américain qui l’équipe et la nourrit à coup de millions de dollars, l’armée d’Egypte attendra que le régime islamiste tombe comme un fruit mûr et que son retour au pouvoir soit considéré comme un retour providentiel, sans avoir à s’imposer par la force des baïonnettes . L’armée est l’un des plus aguerries du monde arabe. Epuisée par tant de campagnes perdues face à Israël, elle a appris la politique et a compris, plus vite et plus profondément que les autres armées arabes que le jeu diplomatique était plus risqué et plus payant que le reste. Elle a compris qu’elle ne pouvait pas compter sur grand’ chose de la part des Arabes et que seuls les USA étaient pour elle un allié sûr. M. Morsi aura été un parenthèse riche d’enseignements. De ce qu’il ne faut pas faire. Souhaitons à l’Egypte de ressortir raffermie de cette crise. Et après tout, on peut confier à M. Morsi l’inauguration des chrysanthèmes mais plus la réalité du pouvoir.