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  • Le recul des insurgés en Syrie

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    Le recul des insurgés en Syrie C’est incontestable, si l’on n’aide pas de manière substantielle les insurgés syriens, ce sont les troupes de Bachar qui reçoivent, elles, aide et fournitures d’armes de tous côtés, qui l’emporteront et le peuple syrien aura fait une révolution pour rien. C’est un très mauvais signal que les USA envoient au monde arabo-musulman : au lieu de montrer leurs muscles et de faire peur à Bachar, les USA font semblant de réfléchir et de ne pas se presser avant d’agir ; pendant ce temps si précieux, Bachar reconquiert les territoires perdus et ses soldats , aidés par le Hezbollah, ont très probablement repris le contrôle de la région de Qoussaire, route stratégique permettant d’acheminer aide et renforts à des garnisons assiégées et coupées du monde extérieur. Les USA agissent comme un tigre en papier, pour reprendre une terminologie jadis utilisée par les Chinois et les Vietnamiens pendant la guerre. Les Français, par la voix de M. Laurent Fabius, ont réagi mais que peuvent-ils faire tous seuls, ou même avec les Anglais ? Peu de choses, car ce sont les Américains et les Russes qui ont leur mot à dire, et ces deux là ont décidé de se réunir prochainement à Genève avec, justement, des représentants de Bachar… Comment est ce possible ? On sait que le sénateur Mac-Cain s’est récemment rendu dans les zones libérées, en lisière de la frontière turque. Mais il n’a rien pu promettre au général, chef d’Etat-major de l’ASL, qui lui réclamait de l’armement lourd et de la DCA, au à tout le moins une zone d’exclusion aérienne. C’est vraiment honteux de voir ces hommes et ces femmes se tordre de douleur suite à l’agression à l’aide d’armes chimiques, tandis que dans le même temps, certains se demandent gravement si ces armes ont réellement été utilisées… Cela me fait penser à un passage du livre des Juges, notamment le chapitre contenant le cantique de Déborah et de Barak ben Abinoam qui avaient appelé les tribus d’Israël à leur secours… Certaines ont aussitôt envoyé des combattants mais la tribu de Ruben a préféré temporiser. Et pour s’en gausser, le cantique dit ceci : dans les gorges de la tribu de Ruben, il existe de grands spéculateurs (bi-felagot Réouben gedolim hikkeké lév…) Ils parlent mais n’agissent pas. En arabe, il y a une belle formule pour dire ceci : des actes, pas des paroles ; Af’al la akwal Au fond, la vie est un éternel retour…

  • La persistance du malaise social en Turquie

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    La persistance du mouvement de contestation en Turquie

    Il ne faut jamais se mettre la jeunesse à dos : voici une leçon que nous avons apprise depuis mai 1968 et que les soi-disant printemps arabes nous ont remis en mémoire. Mais apparemment l’actuel Premier Ministre turc ne veut pas en tenir compte. Pire, cédant à sa nature belliqueuse, il excite les manifestants en les menaçant de susciter des contre manifestants. Et cela a déjà produit des suites sanglantes et éminemment regrettables puisque on déplore déjà deux morts.

    Comment en est on arrivé là ? C’est que les régimes islamistes ne peuvent pas, ne savent pas se modérer et interviennent brutalement dans la vie quotidienne des gens au nom de principes qui ne sont pas universels. Soi dit en passant, ils confondent l’essence de l’islam, sa nature profonde, qui est d’être une spiritualité comme les autres, avec des pratiques qui n’en forment que l’architecture extérieur. Ce qu’il faut, c’est spiritualiser sa nature, la transcender afin de ressembler aux anges, si je puis m’exprimer ainsi.

    Enfin, comme en Tunisie et en Egypte où le chaos s’installe chaque jour un peu plus, le régime turc actuel mêle la religion à la politique. Depuis le XVIIIe siècle, depuis nos grands encyclopédistes, sans même parler de Voltaire à Paris et à Berlin (Berlin où vivant le grand philosophe Moïse Mendelssohn) on sait que politique et religion sont un mélange détonnant. Reportez vous à sa Jérusalem ou pouvoir religieux et judaïsme (Berlin, 1783) où l’auteur mettait en garde contre de tels empiétements. Malheureusement, le Premier Ministre turc n’a pas de telles lectures.

    Mais la situation n’est pas désespérée pour autant. J’ai écouté le président Gull à la télévision hier soir et si le traducteur a bien rendu ses propos (je ne sais pas le turc) eh bien cet homme, ancien diplomate de grande classe, a déploré que le Premier Ministre agisse de la sorte et emploie la manière forte… Sera-ce suffisant ? J’en doute, mais c’est un bon signe.

    Je vois mal comment on pourrait poursuivre les négociations pour l’adhésion de la Turquie à l’Europe, même de manière purement formelle, dans de telles conditions. Le Premier Ministre turc doit apprendre à se modérer, lui qui se voyait déjà à la tête d’une flottille ottomane brisant le blocus de Gaza alors que sa position privilégiée aurait dû lui permettre de jouer un rôle pacificateur.

  • Fin de partie pour M. Erdogan en Turquie?

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    Fin de partie pour M. Erdogan en Turquie ? Ce qui est en train de se passer en Turquie était largement prévisible et même prévu par le monde entier. A une exception près, l’actuel premier ministre islamiste, l’ancien ami de la Syrie qu’il rejette aujourd’hui violemment et l’ancien ami d’Israël qu’il rejette après l’avoir accepté et adulé, de concert avec l’allié américain. On rit cordialement quand on s’entend dire que M. Erdogan est un islamiste modéré et on pense à cette ministre soviétique de la culture, devenue célèbre par sa sagace remarque : une femme n’est pas un peu enceinte, elle l’est ou ne l’est pas. M. Erdogan qui pourrait être un grand homme d’Etat s’il ne s’emportait rapidement, s’il n’était aussi impulsif et aussi imprévisible. S’il avait pris le temps de la réflexion, il n’aurait pas mobilisé contre lui et sa politique à courte vue tant de jeunes et de moins jeunes. Et le pire est que la contagion s’est étendue d'Istanbul à Ankara et à Izmir. Quelle idée d’aller à l’encontre des lois laïques d’Ata turc,, le père de la Turquie moderne ? S’il écoutait ses conseillers ou simplement le président de la république. M. Gull ; grand diplomate des années passées, cela lui aurait évité de se retrouver dans des difficultés qui vont aller croissant ; plus d’une décennie au pouvoir, M. Erdogan s’est cru assez fort pour supplanter les conquêtes du Père des Turcs. Il en paie aujourd’hui les conséquences. Mais comment un homme d’Etat se permet il de telles ingérences grossières dans la vie privée de ses concitoyens ? Ne pas s’embrasser en public, ne pas boire de boissons alcoolisées… Qu’est ce cette police des mœurs d’un autre âge ? Et ce matin on apprend que les émeutes ont repris, qu’elles se son étendues à tout le pays et que le Premier Ministre refuse de reporter son voyage au Maghreb… ce qui a pour effet d’animer encore plus les manifestants. La Turquie va connaître de grands troubles dans les semaines et les mois à venir car au lieu d’assouplir sa politique et d’aller vers la population, l’actuel Premier Ministre pratique une politique d’une autre âge. Or, la Turquie est une grande nation, les islamistes devraient s’en souvenir. Il y a des gens qui ne comprennent pas qu’ils ne sont pas encore de notre temps.