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  • L'écrasante responsabilité de M. Poutine dans l'échec du G8

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    L’échec du G 8, l’écrasante responsabilité de Vladimir Poutine

    Le premier ministre canadien a été très bien inspiré de dire que le G8 n’était autre que le G7 plus un… tant que le président russe est resté inflexible en ce qui concerne la question syrienne. Comment s’explique la position russe ? Tout simplement, comme on sait, les Etat étant des monstres froids, la Russie sait que si elle perd ses positions en Syrie, c’est tout le Proche Orient qui lui échappe, une région névralgique pour la politique mondiale, d’où les USA l’ont systématiquement exclue à force de manœuvres et de belles intrigues. Bachar est le seul régime qui ait encore des relations convenables avec la Russie laquelle dispose in situ de facilités portuaires par sa marine de guerre. C’est dire que seul un réarmement massif des insurgés par les Occidentaux est susceptible de faire évoluer la situation : chasser par la violence armée Bachar et le contraindre à abandonner le pouvoir.

    Lorsque l’affaire syrienne aura été réglée, il faudra s’intéresser au régime russe qui commence à poser un problème global. Certes, la Russie est l’ombre d’elle-même, ce n’est plus l’ancien glacis soviétique qui maintenait le monde dans un état de guerre larvée, imposait la souveraineté limitée à tant de peuples d’Europe de l’est et réprimait sévèrement chez lui toute contestation.

    Aujourd’hui, on a affaire à tout autre chose : c’est la liberté d’opinion et de manifestation qui est menacée en Russie. Les opposants sont emprisonnés, les adversaires du pouvoir bâillonnés et l’économie est de plus en plus contrôlés par des groupes liés au pouvoir.

    Que vont faire les Occidentaux ? Probablement passer outre, armer les rebelles sans tenir compte des menaces de M. Poutine et attendre la fin de l’histoire. En politique étrangère, c’est la situation sur le terrain qui compte : si les Occidentaux avaient eu plus de courage ils n’auraient pas attendu l’usage d’armes chimiques ni l’intervention du Hezbollah sur le champ de bataille. Et al-Qoussaire ne sera pas tombée. Les preuves, toujours les preuves, certains régimes ne s’embarrassent de telles précautions. Je ne dis pas qu’il faut les imiter mais tout de même.

    Le Psalmiste qui est probablement l’homme le plus religieux et le plus pur que la terre ait jamais porté le dit : avec l’homme pur, tu sera intègre mais avec l’homme pervers tu seras tortueux

  • Du nouveau en Syrie?

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    Du nouveau en Syrie ?

    Bien que les membres du G8 ne parviennent pas à avancer en raison de l’entêtement inhumain de la Russie et de son président, les choses bougent en Syrie. Comment donc ? Vous avez dû remarquer que depuis un certain temps, les défections au sein de l’armée loyaliste avaient cessé, peut-être parce que les officier doutaient de l’issue de la confrontation avec le régime ou parce que la surveillance exercée par les Iraniens et le Hezbollah sur les troupes régulières s’était resserrée. Or, depuis deux ou trois jours, les défections au sommet se sont multipliées, près de dix généraux, plus du double pour les colonels sans compter les officiers subalternes ont fait défection et se sont réfugiés en Turquie… A quoi attribuer ce regain soudain de défections, alors que la rébellion semblait souffrir de langueur après des débuts vifs et prometteurs ? C’est incontestablement la décision du Pr Obama d’envoyer des armes et des munitions aux rebelles qui a fait renaître le mouvement anti-Assad, lui a insufflé une nouvelle vigueur. Dans le sillage des USA, la France et la Grande Bretagne ont décidé de pousser les feux et d’assurer le transport de ces armes jusqu’à leur destination. Certes, il demeure une incertitude et celle-ci est loin d’être mineure : éviter d’armer des islamistes qui se retourneront ensuite contre les Occidentaux. A ce sujet les  hésitations n’ont plus de sens car, visiblement, Russes et Chinois, misent sur un Assad qui reprendra la main grâce à son aviation de combat et à ses blindés. Bien sû, on n’en est pas encore à l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne, mais avec des missiles et de la DCA, Bachar ne pourra plus agir comme il le fait aujourd’hui.

    Mais pourquoi donc le président Obama n’a t il pas réagi plus vite ? Il aurait évité la mort de tant d’innocents.

  • Comment va évoluer la situation politique en France?

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    Comment va évoluer la situation politique en France ?

    Nous vivons dans ce pays une véritable évolution politique, conditionnée par le chômage, l’inflation, l’insécurité et l’immigration illégale. Petit à petit, les extrêmes se rapprochent du centre de la vie politique. Faut il s’en lamenter ? Pas nécessairement. Car si le FN devient comme on a tendance à le dire, un parti comme les autres, grâce aux efforts de sa nouvelle présidente, il affine son programme et quitte l’extrémisme et les outrances qui caractérisaient son ancien leader Jean-Marie Le Pen. Mais d’un autre côté, cette normalisation pourrait aussi être inquiétante car certains thèmes réputés dangereux deviennent eux aussi normaux, tels l’immigration non européenne, la criminalité liée à ces populations allogènes et l’insécurité en général. Ce qui pose le problème de l’identité culturelle de l’Europe. On sent monter une intolérance de plus en plus forte à l’égard de certaines pratiques qui n’ont droit de cité sous nos latitudes. L’exclusivisme religieux, l’inégalité des hommes et des femmes, l’abus des facilités accordées par la France (sécurité sociale, minima sociaux, l’octroi d’appartements pour familles nombreuses, l’invasion des banlieues devenues presque incontrôlables), autant de thèmes qui pèsent à chaque élection. Et le parti socialiste l’a appris hier à ses dépens à l’occasion du remplacement de M. Jérôme Cahuzac… C’est le FN qui a éliminé son candidat et qui a réalisé un score encore inouï. Est ce un avertissement, est ce un signal de ces profondes mutations ? Je ne sais. Mais en tout état de cause, il faudra faire attention car une fois installées, ces nouvelles mentalités sont difficiles à expulser. Les Français, comme tous les autres pays européens veulent rester entre eux chez eux. C’est peu rassurant mais en cette période de fortes tensions, il vaut mieux en tenir compte, quitte à repartir d’un bon pied une fois l’orage passé.

  • Barack Obama: Armer sérieusement les rebelles syriens?

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    Barack Obama : Armer sérieusement les rebelles syriens ?

    Il m’arrive parfois de repenser à une petite phrase assassine, émise jadis par l’ancien homme lige de VGE, Michel Poniatowski, du temps de M. Jimmy Carter : Les grands hommes d’Etat se trouvent de ce côté ci de l’Atlantique. On se défend mal de l’impression qu’avec l’actuel locataire de la Maison Blanche, la même question peut légitimement se poser.

    En effet, quand vous observez le temps interminable mis par M. Obama pour être fidèle à ses propres propos concernant la ligne rouge, i.e. l’utilisation d’armes chimiques par Bachar, vous vous demandez à qui on a affaire : à un avocat de province ou au chef de la plus puissante nation du monde ?

    Après moult tergiversations et des avancées aussitôt tempérées par des reculs, le Danube de la diplomation de tous les temps s’est enfin décidé à agir : il va armer les rebelles, mais pas de manière significative, avec des armes légères alors que Bachar, aidé de ses alliés (qui ne s’embarrassent pas des mêmes scrupules) étrillent les rebelles en usant allégrement de gaz Sarin, formellement interdit par les conventions internationales.

    Si cela continue, cela risque d’être trop tard : si l’aide américaine n’arrive pas au plus vite et dans des conditions significatives, de nature à changer le rapport de forces, plus de 100.000 Syriens seront morts pour rien et Bachar ne sera pas inquiété tandis que son régime continuera d’empêcher tout accord au proche Orient.

    Le désaveu cinglant infligé à M. Ahmaninedjad en Iran et l’élection dès le premier tour d’un réformateur M. Rohani, offre une bonne fenêtre de tir pour forcer l’Iran à se retirer du Proche Orient et à cesser tout appui au régime syrien actuel.

    Mais pour y arriver il faut un homme solide à la Maison Blanche. Espérons que M. Obama sera à la hauteur.

     

  • Les élections présidentielles en Iran

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    Les

     élections présidentielles en Iran

    Une remarque préliminaire s’impose : ce n’est pas fini, une hirondelle ne fait pas le printemps. Les autorités de ce pays en marge et au ban des nations sont capables de fausser les résultats et de déclarer élu celui des candidats qui leur inspire confiance. Elles l’ont déjà pour le président sortant, elles n’hésiteront pas, si leurs intérêts sont menacés, à la faire une nouvelle fois. Partant, il ne faut pas crier victoire, et même si le candidat prétendument modéré et réformateur devait l’emporter, cela ne changerait pas grand’ chose car, ainsi que nous le verrons tous, son premier geste sera d’aller faire allégeance auprès du Guide de la révolution et de lui baiser sentencieusement la main.

    Cela posé, venons en aux faits. Contrairement à ce que prétendent maints observateurs un peu superficiels, les sanctions, notamment bancaires et pétrolières, ont atteint le cœur du système économique iranien ; certes, quelques petites choses passent à travers les mailles du filet mais pour l’essentiel la situation est horriblement difficile. La monnaie nationale a perdu 80% de sa valeur, l’inflation est galopante et les gens ont été obligés de puiser largement dans leurs économies –au point même de vendre les bijoux de famille- pour survivre. Ce qui explique que l’économie et le rapprochement des autres nations soient au cœur du programme de M. Rohani qui a su rassembler autour de lui les mécontents et répondre aux aspirations des gens. LA haine de l’Amérique et d’Israël ne peut pas tenir lieu de politique étrangère éternellement. Un jour ou l’autre, on cesse d’exister par le rejet de l’autre. Il faut exister par soi-même. Et l’Iran des Mollahs butte contre ses propres limites. Dire que le vrai, l’unique problème de l’Iran, c’est l’Amérique, ne suffit plus.

    Faisons un bilan des années Ahmaninedjad : il est catastrophique. Cet homme, issu des cadres des gardiens de la révolution, a ruiné la réputation de son pays, l’a gravement isolé sur la scène internationale, et a même provoqué sa banqueroute. L’Iran mettra des décennies avant de remonter la pente, retrouver la confiance et l’estime de ses partenaires et ne pourra plus être prise au sérieux en raison de la nature même de son régime. Et ce président sortant n’a pas réussi à focaliser l’attention de ses compatriotes sur la politique étrangère, notamment le Moyen Orient et la haine contre les juifs et Israël.

    En apparence, le régime tient bon et ses phalanges armées lui assurent une certaine sécurité. Mais ces apparences ont trompeuses : près de 70% de la population iranienne n’a pas quarante ans, toute cette jeunesse adore le mode vie des USA, veut écouter de la bonne musique, voyager à l’étranger et se rapprocher de l’Occident. Si M. Rohani était vraiment élu, cette jeunesse reprendrait espoir et ferait bouger les lignes. Ce n’est pas gagné d’avance, mais avec un autre président, les choses ne pourront plus être d’un monolithisme granitique .

    Reste la question majeure : comment faire subsister un zeste de démocratie dans un régime que même le candidat dit modéré, M. Rohani,  a qualifié respectueusement de théocratique ? La seule modification qu’il propose est qu’elle devienne un peu participative.… Mais comment participer à un régime qui s’estime le représentant de Dieu sur terre ? Comment contester des gens qui pensent prendre le thé avec D-ieu chaque jour que celui-ci crée ?

    Mais sur ce point, j’avoue que le pays peut nous réserver des surprises : la pensée iranienne, héritière de la civilisation perse, a, au cours de son histoire, déployé des trésors d’ingéniosité exégétique. Ses adeptes peuvent démontrer une chose et son contraire, ce que nous, en Occident, nous appelons tomber dans les travers de l’exégèse… Mais eux n’en sont guère gênés. La pensée cartésienne, teintée de judéo-christianisme n’a pas pris racine dans ce pays. Les principes de l’identité et de la contradiction, mis à l’honneur par Aristote, ne sont pas valides sous de tels cieux. Ni les injonctions de Saint Matthieu qui recommande à ses lecteurs ceci : que votre oui soit un oui et votre non un non… Souvenez vous des démarches des négociateurs iraniens concernant le nucléaires : elles durent depuis plus de dix ans et on n’a pas avancé d’un pouce.……

    Quoiqu’il arrive, le pays ne pourra pas continuer ainsi, seul contre tous. Et eu égard à la plasticité de leur esprit, le haut clergé iranien a peut être compris qu’il pouvait instrumentaliser la volonté populaire de changement : la situation socio-économique est si explosive que l’on peut adopter une neutralité apparente afin de faire office de soupape de sécurité. Ce qui empêchera l’implosion du régime et assurera, d’une certaine façon, sa survie. En soldant les années Ahmaninedjad et en lui imputant tout ce qui n’allait pas auparavant.

    Ainsi, sans jeu de mots, Mahmoud Ahamaninedjad se retrouverait chargé de tous les péchés d’Israël. Quelle ironie de l’Histoire.

  • Grèce, l'arrêt de la télévision d'état

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    Grèce : l’arrêt de la télévision d’état… Contrairement à l’ambiance générale qui condamne cette mesure, le gouvernement grec a peut-être été très bien inspiré de fermer à une institution réputée pour sa gabegie et dont le prix de revient était cinq fois plus élevé que celui des circuits privés, soumis à la dure loi de la concurrence. Certes, la mesure aurait gagné à être moins brutale, mais si ce gouvernement avait choisi la voie de la concertation, il aurait été floué par ses partenaires et aurait perdu un temps précieux. Il est une chose que l’on ne réussit pas à se représenter dans de très larges milieux grecs et étrangers : la Grèce n’est pas seulement en faillite, elle est à la ramasse, elle a déjà englouti des milliards d’aide, elle a bénéficié d’abandon de créances tant de ses créanciers privés que publics. Mais cela ne suffit toujours pas puisque l’Etat ne peut pas percevoir d’impôts ni contrôler ses dépenses qui vont crescendo. Donc, une telle mesure comme la cessation de transmettre qui touche le secteur audiovisuel public était inévitable. Certes, il ne faut rester insensible à la misère des gens, au chômage qui touche autant les jeunes que les vieux, aux étudiants qui quittent leur pays pour aller chercher ailleurs un avenir meilleur et d’autres situations tout aussi poignantes. Mais la Grèce n’a jamais pris de mesures sérieuses, ses précédents gouvernements ont même stipendiés des banques d’affaires et d’investissements pour fausser les comptes de la nation et vivre ainsi à la remorque de l’Europe, laquelle ne peut plus faire face. L’alternative devenait alors celle-ci : prendre des mesures enfin drastiques ou disparaître. Dans l’espoir d’un hypothétique renouveau. Ou alors, quitter la zone Euro, ce qui reste la seule bonne solution pour ce pays. Mais alors, la situation ne sera pas pire, elle sera désespérée.

  • Que va t il se passer en Turquie?

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    Que va t il se passer en Turquie ? Le ciel politique continue d’être chargé en Turquie. Comme on pouvait s’ y attendre, l’actuel Premier Ministre a choisi la manière forte alors que d’autres solutions s’offraient à lui. Il n’a pas écouté les conseils de modération du président Abdullah Gull qui, en diplomate très expérimenté, prônait la modération. M. Erdogan pouvait lancer une série de consultations ou de négociations avec les uns et les autres, laisser pourrir le mouvement, le vider de son contenu révolutionnaire, etc… Non, il a préféré envoyer les unités anti-émeutes de la police ! Imaginez l’humeur des contestations réveilles par les assaut policiers d’une rare violence ! En fait, que demande M. Erdogan ? Il demande aux mécontents de rentrer chez eux comme si de rien n’était, comme leurs revendications étaient absolument infondées. C’est une grave erreur d’appréciation. Le problème est que les islamistes n’ont pas vraiment de culture démocratique. La meilleure preuve nous en est donnée par l’actuel Premier Ministre en personne : il a osé dire à ses partisans d’aller donner une leçon aux contestataires… Mais c’est dresser une partie de la Turquie contre une autre. C’est-à-dire cultiver les ferments de la discorde et aboutir à la guerre civile. Le problème est que la Turquie est nécessaire à l’équilibre régional et si les troubles ne sont pas jugulés intelligemment, cela risque de changer beaucoup de choses, notamment dans la gestion du conflit syrien où le part de Bachar semble reprendre la main.

  • La Turquie de M. Erdogan: le spectre de la guerre civile?

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    La Turquie de M. Erdogan : le spectre de la guerre civile ?

    Ce n’est pas une supposition gratuite : devant la complication de la situation, la nature profonde d’un être se révèle de manière assez impétueuse, c’est ce qui arrive au Premier Ministre turc actuel qui s’est cru dans le rôle de Soliman le magnifique ou d’Ata Turc… Or, ce ne sont pas ses menaces ni ses rodomontades qui vont faire reculer la jeunesse et les ouvriers qui manifestent pour appeler de leurs vœux la poursuite d’une vie démocratique, dépourvu de directives autoritaires. Il faut changer de méthode et l’actuel chef du gouvernement n’en prend pas le chemin.

    Sans s’en rendre compte, il a choisi de cliver, de diviser le pays en deux factions rivales puisqu’il somme ses partisans islamiques de donner une leçon aux manifestants et veut faire croire qu’il est le seul homme fort du pays. La ligne de fracture qui se dégage met à nu un divorce  profond entre ces classes moyennes qui protestent et les masses  affiliées à l’AKP.

    Le malaise dans le pays est très profond, le plan de construction sur la place Taksim n’est que le révélateur, ce n’est nullement la cause de la crise. Celle-ci aurait pu survenir pour un tout autre prétexte. Et malheureusement, l’autoritarisme du premier ministre a fait le reste.

    Mais un indice suscite bien des inquiétudes : de l’Iran à l’Afrique du nord en passant par tous les autres pays arabes et musulmans, un profonde zone d’instabilité s’installe. Jetons un coup d’œil du côté de l’Iran où les sanctions économiques ont rendent l’économie nationale moribonde. L’Egypte est au bord de la faillite et les Libyens lui ont offert un prêt de 2 milliards de dollars, alors qu’eux même se débattent dans des troubles (hier plus de 30 morts à Benghazi). La Syrie n’est plus à décrire tant l’horreur va crescendo. La Tunisie ne parvient pas à sortir du malstrom où les islamistes l’ont précipitée. L’Algérie est suspendue à l’état de santé de son président hospitalisé en France. En une phrase, on l’impression que ce tout ce petit monde, resté à l’écart du progrès et de l’évolution, ne réussit pas à tourner la page. Pourquoi ? Probablement le refus de vivre avec son temps et d’affronter la réalité nouvelle. Ni la religion, ni l’idéologie ne seront ici d’un grand secours.

  • Bachar reprend la main: reflux en Syrie…

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    Bachar reprend la main : reflux en Syrie

    C’était prévisible, le régime syrien a réussi à reprendre la cité stratégique d’Al Qoussaire qui commande l’arrivée de renforts en hommes et en matériel pour assurer la survie du régime : avec l’aide des Iraniens et du Hezbollah, Bachar a réussi à chasser ses ennemis de la ville où les morts se comptent pour dizaines, voire par centaines et les blessés par milliers. Les insurgés, à court d’armes et de munitions , ont préféré battre en retraite dans l’attente de jours meilleurs.

    Et que font les Occidentaux pendant ce temps là ? Ils réfléchissent, se concertent, imaginent des scenarii, parlent de pseudo ligne rouge etc… Sans bouger, sans faire mine d’avancer ou de menacer, même en paroles, un régime qui s’est tristement illustré en utilisant des armes chimiques contre son propre peuple. Fort de cette victoire à la Pyrrhus, le régime claironne partout sa victoire, répète que les insurgés n’ont plus qu’à choisir entre la reddition ou la mort…

    Il est certain que les choses ne se passeront pas ainsi car 100.000 victimes ne sauraient être tombées pour rien. Les insurgés mais aussi ceux qui les soutiennent, les arment et les appuient n’abandonneront pas aussi facilement mais franchiront une étape supplémentaire en haussant le type d’armement livré aux rebelles. Il leur faut de l’artillerie lourde et une DCA efficace. Ces deux types d’armement changeront le cours du conflit et feront pencher la balance vers les insurgés.

    Peut-être que l’Europe finira par agir avant d’attendre le mois d’août. On ne peut qu’espérer, sinon les rebelles n’auront plus que leurs yeux pour pleurer. Et ce serait alors une défaite morale pour l’Occident judéo-chrétien qui aura assisté, sans bouger, à l’annihilation d’un peuple et à l’évanouissement de ses espoirs…

  • Les jours ne s'arrangent pas en Turquie

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    Les choses ne s’arrangent pas en Turquie, le jour du retour de M. Erdogan

    Comment ramener le calme et l’ordre dans le pays d’Ata Turc ou de Soliman le magnifique ? Apparemment, l’arrogance et l’orgueil de l’actuel Premier Ministre risquent de lui coûter cher puisque les syndicats se sont alliés aux étudiants et au courant laïque pour demander un changement à la tête du gouvernement.

    Les Turcs ne supportent le caractère impulsif et imprévisible de leur Premier Ministre islamiste, eux qui ont toujours maintenu un équilibre stable entre leur environnement arabe et musulman immédiat, d’une part, et un rapprochement avec un Occident qu’ils admirent, d’autre part. Comment, par exemple, avoir osé modifier les conditions de consommation et de vente d’alcool dans un pays où le raki est roi, un peu comme le pastis à Marseille ? Nous avons entendu des citoyens turcs s’indigner de cette mesure aussi inique que stupide.

    Or, en douze ans, le Premier Ministre a modifié tant de choses et bousculé largement les dogmes fondateurs de la république kémaliste. Il a d’abor battu en brèche les règles laïques, ensuite, il a ramené le statut de la femme à un état antérieur à son arrivée au pouvoir, ensuite il a réduit sérieusement le rôle de l’armée soumise à une purge absolument inouïe, il a tourné le dos à une alliance stratégique avec Israël, il a misé sur le mauvais cheval en Syrie avant de se raviser en constatant que Bachar était le boucher de son peuple, il a enfin organisé cette flottille turque vers Gaza qui a tourné au désastre… Et cette liste n’est pas exhaustive. Et je ne parle même pas des négociations infructueuses avec l’Europe qui n’admettra une telle Turquie en son sein, pas même avec le simple statut de partenaire privilégié.

    Que va t il se passer ? M. Erdogan n’aura sûrement pas l’intelligence de se retirer, même si son propre parti le lui demandait afin de sauver ce qui peut encore l’être. Cependant, des fissures se font jour : le président de la république Gull a déjà pris ses distances. Le vice Premier Ministre est allé jusqu’à s’excuser des violences policières. Et au lieu de s’en retourner rapidement dans son pays, M. Erdogan a préféré poursuivre sa tournée en Afrique du Nord.

    Ce qui va se passer n’incite guère à l’optimisme.