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  • La Bible et le roman de Thomas Mann, Joseph et ses frères, par MR Hayoun

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    CONFÉRENCE MENSUELLE À LA MAIRIE

      DU XVIE  ARRONDISSEMENT DE PARIS

    Le mercredi 22 mai 2013 à 19heures

                      L’histoire de Joseph dans la Bible[1]

             et  sa métamorphose chez Thomas Mann,

                               Joseph et ses frères

     

             Thomas Mann est venu à cette tétralogie presque par hasard. C’est un artiste, vieille connaissance de son épouse, qui lui adressa la demande suivante :  aurait-il la gentillesse d’écrire quelques lignes sur des croquis représentant la vie passionnante de Joseph, selon le récit de la Genèse ? Mann s’y mit dès 1926, détricotant le récit biblique pour en faire une superbe épopée. Le projet, une décennie plus tard, occupa l’espace de quatre volumes couvrant près de 1500 pages. En 1933 le premier tome parut, intitulé les Histoires de Jacob. Le second, le jeune Joseph, parut l’année suivante. Le troisième, bien plus fourni, intitulé Joseph en Egypte fut publié en 1936, trois bonnes années après l’exil de Thomas Mann et après avoir été déchu de sa nationalité allemande par les nazis. Le dernier tome, Joseph, le nourricier, parut en 1943, au beau milieu de la seconde guerre mondiale.

                Même si on laisse provisoirement de côté, les préoccupations politique du moment –et elles étaient très graves- l’auteur a voulu trouver dans la Bible une source d’inspiration. Il a aussi choisi le personnage le moins religieux qui soit, le plus ouvert, celui sut s’adapter à sa nouvelle patrie, l’Egypte pharaonique, y fait souche puisqu’il épousa Asénét, la fille d’un prêtre égyptien dont il eut deux fils… Certes, la tradition biblique a vite de rapatrier cette famille peu orthodoxe dans le giron judaïque strict, puisqu’au chapitre 49 de la Genèse, l’avant-dernier du livre, le patriarche Jacob adopte littéralement les fils de Joseph, issus d’un mariage exogamique, en disant : ces deux là seront pour moi comme Ruben et Simon (les deux premiers fils des douze fils de Jacob.

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  • Ce suicide dans la cathédrale de PAris, hier…

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    Ce suicide dans la cathédrale de Paris, hier…

    La nouvelle a fait l’effet d’une bombe : un homme d’une cinquantaine d’années, sain de corps et d’esprit, a mis fin à ses jours hier dans une enceinte sacrée, pour, prévenait-il dans un communiqué lu sur une radio par l’un de ses amis, dénoncer les dérives de notre temps et de ce pays…

    Quelles que puissent être la solidité de tels motifs, on ne peut s’empêcher de dire sa tristesse devant un fait aussi tragique. Sans céder à l’effet d’accumulation, il faut reconnaître qu’on vit à une drôle d’époque : ce n’est d’ailleurs pas la première fois que quelqu’un met publiquement fin à ses jours. Est-ce le caractère troublé de notre époque ? Est ce la crise économique, le chômage, le relâchement des mœurs et la permissivité ambiante qui expliquent tout cela ? Pour répondre honnêtement, je ne sais pas.

    Mais il ne faut pas que nous devenions comme ces pays lointains où les gens désespérés s’imbibent d’essence et craquent une allumette pour quitter ce monde où ils n’ont vécu que la haine, l’incompréhension et la misère.

    Comment interpréter la symbolique d’un tel geste si tragique ? Et d’abord, existe-t-elle vraiment cette symbolique ? Là aussi, je ne sais que répondre. Mais je dois dire, avant toutes choses, que je suis, comme vous tous, affecté par cette nouvelle.

    Comme l’homme a mis fin à ses jours dans un lieu de culte, une église, en l’occurrence, où les thèmes de crucifixion, de sacrifice sacré, sont omniprésents, on pourrait penser que la victime a voulu donner sa vie dans une certaine forme de culte sacrificiel, cherchant à verser son propre sang pour rédimer les péchés commis par d’autres, ne reculant pas, pour ce faire, devant le sacrifice suprême. On pense évidemment au Christ et au chapitre LIII d’Isaïe que les Pères de l’Eglise interprétaient dans ce sens. Mais il y a tout de même une différence de poids : Jésus a été crucifié, il a été pris et mis à profit, il ne s’est pas suicidé alors que le geste dont nous parlons a été volontaire, déterminé, objectivement choisi…

    Notre société doit se réveiller, elle doit ouvrir l’œil sur ce qui se passe dans le terrible anonymat des grandes villes où les gens se croisent sans se voir, se frôlent sans se parler. N’oublions pas la phrase de Hegel, l’homme est homme parmi les autres hommes. Quand je dis JE, je pose nécessairement, eo ipso, l’existence d’un TU. Ce qui signifie que l’autre est indispensable à mon existence et à la construction de mon moi…

    . Relisez Martin Buber et surtout son livre Je et Tu (1923). Ou le Journal métaphysique de Gabriel Marcel.

    Et souvenez vous de cette phrase d’Emmanuel Levinas, tirée d’ailleurs des écrits de Rosenzweig et de Buber, mon moi, ce sont les autres…

  • Georges Steiner et l'identité juive, l'interview du journal Le Monde

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    La dernière interview de Georges Steiner dans le journal Le Monde : l’occultation du judaïsme ?

    Ceux qui, comme moi, connaissent et apprécient beaucoup Georges Steiner (nous avions passé quelques jours avec lui à Cluny à l’occasion d’un colloque organisé par la Maison sur le monde de Mazille) et ont lu son interview accordée à Nicolas Weill du journal Le Monde ont été frappés par une absence, une sorte de référence oubliée : le judaïsme et la culture juive.

    Voici un homme, issu d une famille juive viennoise, qui s’est exilé à Paris pour fuir le nazisme, qui fut scolarisé au lycée Janson de Sailly, qui dut, une nouvelle fois fuir aux USA lorsque les hordes hitlériennes occupèrent la France, et qui, malgré tout cela, ne s’est jamais vraiment intéressé au judaïsme, alors que c’est à cause de sa naissance juive que sa vie, sa propre vie, a pris la tournure que l’on sait.

    Ayant longuement discuté avec Steiner et notamment de philosophie juive et de littérature talmudique, je demeure profondément troublé par cette absence, ce désintérêt, voire cette ignorance. Comment peut on être un intellectuel si fin, si polyglotte, si érudit et tout ignorer de sa propre essence, du judaïsme, de son appartenance juive, même non religieuse (de sa judéité, comme on dit aujourd’hui) alors que c’est ce même élément fondateur qui vous a arraché à la patrie de vos parents et vous a contraint à constamment rechercher des cieux plus cléments ? J’avoue ne pas comprendre. Au fond, si Steiner est devenu ce qu’il est devenu et si’l n’est pas resté à Vienne, c’est bien parce que ses origines juives en furent la cause…

    Cet homme connaît plutôt bien toute la culture européenne mais ne dit rien, ne sait rien de l’identité juive, ni de ses textes fondateurs, ni même des textes qui gisent à son fondement. Pourquoi cette désindentification, volontaire ou involontaire, consciente ou inconsciente ? Est ce la volonté d’occulter la racine de tous nos maux ? Est ce une réaction à la Henri Heine qui disait sous forme de boutade que le judaïsme n’est pas une religion, mais une maladie ? Das Judentum ist keine Religion, es ist eine Krankheit… Cette phrase fait partie des déclarations cyniques ou sarcastiques de l’auteur qui en était très friand… Vous en trouvez une liste quasi exhaustive dans le recueil de Hugo Bieber, Heinrich Heine, confessio judaica (1925)

    J’avoue être assez déconcerté par cette attitude : Steiner est polyglotte, il sait l’allemand, l’anglais, le français, le grec et le latin, et probablement bien d’autres langues européennes, mais pas un mot d’hébreu, ni rien de marquant en philosophie juive, alors qu’un homme comme Thomas Mann (qui n’avait rien de juif sinon … une épouse) évoque avec bonheur des mots d’hébreu dans son Joseph et ses frères… En fait, l’auteur de la Montagne magique et de Docteur Faustus a réécrit toute l’histoire biblique de Joseph : des quatorze chapitres de la Genèse, consacrés au fils préféré du patriarche Jacob, (du chapitre 37 à 50, la fin du livre) il a tiré  1150 pages qui se lisent avec délectation… ! Et même dans les Buddenbrook , le déclin d’une famille (1901, qui lui valu en 1929 le prix Nobel de littérature), Thomas Mann dresse un portrait flatteur du rabbin de Lubeck dont il vante l’érudition, dépassant de loin celle de ses collègues protestants (… dessen Gelehrsamkeit die seiner christlichen Kollegen weit übertraf…m

    Si je dresse ce constat, ce n’est pas pour amoindrir les mérites d’un homme qui a beaucoup apporté à la littérature contemporaine. C’est tout simplement pour souligner une attitude que je ne parviens toujours pas à comprendre, en dépit de ma fréquentation assidue des grands auteurs judéo-germaniques (et Steiner en est un) depuis des années..

    Cela me fait penser à Sigmund Freud, autre juif viennois fameux qui occulta complètement sa référence juive au point de prétendre qu’il n’entendait rien au yiddish ni au judéo-allemand alors que nous savons de science sûre que sa chère mère ne maitrisait pas le haut allemand : mais alors dans quelle langue parlait elle à son cher petit ?. Hayyim Yossef Yérushalmi a écrit un excellent ouvrage intitulé Le Moïse de Freud : Judaïsme terminable et interminable… dont j’ai longuement rendu compte ici-même.

    Et puisqu’on parle de yiddish il faut dire que c’est la seule référence de Steiner dans cette interview à la judéité. Il évoque certains cercles yddishophones de New York où l’on aime tant l’autodérision. Est ce que Dieu existe, demandent ces braves gens ? Pas encore, répondent –ils… J’avoue que cela ne me fait pas rire.

    Parfois je rêve, je rêve que ces hommes que j’admire, qui ont tant apporté à la culture universelle, cultivent aussi leur propre terreau, celui qui les a mis au monde et les a nourris. Le sol nourricier, der Nährboden, comme on dit en allemand…… Leur apport serait alors gigantesque, ils transformeraient le judaïsme, en approfondiraient les concepts en renforçant leur valeur universelle et universaliste. Ils sauraient tous l’hébreu et l’araméen, ce qui leur faciliterait l’accès navigation dans la Bible et le Talmud. Et pour finir, ils contribueraient à l’émergence d’une nouvelle identité juive, en paix avec elle-même, admise par le reste de l’humanité, jouant le rôle d’un phare de l’humanité, mission que les prophètes du VIIIe siècle avent Jésus lui avaient assignée…

    Mais je rêve…

  • L'apprentissage de l'anglais, un recul de la francophonie?

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    L’apprentissage de l’anglais, une atteinte à la francophonie ?

    C’est bien connu et on ne reviendra pas là-dessus, ce serait enfoncer une porte ouverte : les Français se prennent pour la huitième merveille du monde. Leur langue leur semble être celle que parlaient Adam et Eve au paradis ! Et l’on se souvient des récriminations justifiées des touristes à Paris, ces dernières années, butant sur des interlocuteurs qui ne comprenaient pas un traître mot d’anglais. Heureusement, les choses se sont améliorées ; même les policiers, notamment les plus jeunes, comprennent un peu l’anglais, jamais l’allemand, mais nos voisins d’outre-Rhin sont largement bilingues…

    La langue anglaise ! Voilà le prétendu corpus delicti. Or, il faut apprendre l’anglais sans que cela ne fâche contre le français. Voyez ici même à Genève, tout le monde parle français mais tout le monde parle aussi l’anglais et parfois même l’allemand comme à Berne et à Zurich… Mais en France, il y a un certain nombre de gens qui développent un point de vue antinomique : chaque progrès de l’anglais serait, selon eux, une défaite pour le français et un recul de la francophonie.

    Il faut se rendre à l’évidence : l’anglais s’est acquis des positions presque inexpugnables. Il faut regagner des parts de pays et de locuteurs sans dénigrer la langue de Milton. Cela ne sert à rien.

    En revanche, ce qu’ l’on pourrait faire, sans contrarier personne : c’est enseigner le français, soigner l’écriture des journaux, corriger les journalistes, couronner les bons écrivains. Ne jamais confondre le succès avec le talent.

    J’ai remarque que les Africains parlent le plus souvent un français plus correcte que les Français de France. Même à Kigali, j’ai un jour suivi une interview sur France 24 où un jeune manager exposait dans un français châtié les objectifs de son usine. En Normandie, les paysans locaux ne parlent pas aussi bien…

    On observe aussi un phénomène que j’ai relevé même sur les télévisions satellitaires arabes : l’introduction de néologismes en langue arabe, à partir de l’anglais, comme : salle de presse, droits de l’homme, chute du régime, etc…

    Ce qui montre que toutes les langues sont sœurs. En France, contrairement à l’Allemagne et à la Suisse ou aux USA, on ne lit guère la Bible. Revoyez les passages du livre de la Genèse où Adam nomme les choses ; relisez l’épisode mythique de la tour de Babel et de la confusion des langues, présentée comme une véritable plaie de l’humanité…

     Et comme le disait un poète ancien : toutes les langues sont étrangères, la traduction n’étant qu’ un processus de naturalisation en direction de l’humain.

  • Couples présidentiels: d'une époque à l'autre…

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    Couples présidentiels : d’une époque à l’autre…

    Cette idée de comparer les différents couples présidentiels depuis le général de Gaulle jusqu’à François Hollande ne vient pas directement de moi, mais j’avoue qu’elle m’a séduit. J’ai donc décidé de la développer ici même dans notre Tribune de Genève, ce soir.

    On peut même avancer que dis qui tu épouses je te dirai qui tu es… Mais les choses ont tellement changé qu’aujourd’hui il n’est guère question d’épouser. Vivre ensemble irait mieux. Autres temps, autres mœurs..

    Tante Yvonne, Madame Yvonne de Gaulle, se faisait appeler ainsi tant elle était la belle-mère et la tante idéale. Femme sage et très catholique, elle ira même finir ses jours chez les religieuses, dévouée à son époux et à ses enfants, le contre amiral de Gaulle en a témoigné, elle ne vivait que son mari lequel ne vivait que pour la France. Voici une femme de président qui s’est intégralement sacrifiée pour les autres et pour son mari ;: qui oserait aujourd’hui, ne serait ce que formuler une telle demande ? Non seulement, il n’obtiendrait rien, mais en outre on se gausserait de lui et la femme en question, pour peu qu’elle en décide demandera le divorce alors que son président de mari vient tout juste d’être élu…

    Arès de Gaulle , il y eut Georges et Claude Pompidou, et là, les choses commencèrent de changer. Madame Pompidou sur laquelle les rumeurs les plus malveillantes ont cour alors qu’elle était parfaitement honorable, avait déjà plus de visibilité que tante Yvonne. Ses toilettes étaient plus dans le vent, elle adorait se promener dans les musées, intervenait discrètement auprès de son é poux en faveur de certains artistes et montrait qu’elle existait. Georges Pompidou comme Charles de Gaulle menait des vies conjugales plutôt calmes et raisonnables.

    Les choses vont quelque peu changer avec Valéry Giscard d’Estaing, élu très jeune à la présidence de la république dans un pays où il fallait avoir blanchi sous le harnais pour accéder à la magistrature suprême. Anémone Giscard d’Estaing était très effacé auprès de son mari lequel passe pour avoir eu quelques passions pour des jeunes femmes de passage. Voyages en Afrique, parties de chasse, sorties nocturnes discrètes de l’Elysée, bref, un vie parfois agitée sur le plan matrimonial. Mais du côté de ‘l’épouse, RAS, rien à signaler.

    Un vent absolument nouveau va souffler avec l’arrivée de François Mitterrand à l’Elysée. Marié et père de deux fils, Mitterrand ne cachait nullement ses aventures extra conjugales et tout le monde connaît l’existence de Mazarine et de sa mère. Il n’est pas question de porter ici le moindre jugement mais il faut bien reconnaître que l’ancien président avait tout fait pour dissimuler sa double vie comme un secret d’Etat. Je me souviens qu’un soir il y avait un dîner à l’ambassade de France à Dakar avec Monsieur Leeuwen ; j’étais assis entre son épouse Catherine Clément et un sénégalais en boubou lequel trouva le moyen de me dire de sa voix tonitruante : votre président, il est bigame… Passons ! De mauvais esprits prêtent à l’épouse de François Mitterrand une vie assez libre.

    Avec Jacques Chirac, les choses avancent sur un chemin bien français. Bernadette Chirac est certes bien élevée, sait se tenir, est née dans une certaine aristocratie, mais n’est pas vraiment cette bombe sexuelle que Chirac finira par trouver chez une ardente journaliste qu’il aurait, dit-on, même envisagé d’épouser avant de se raviser et de rester auprès de son épouse légitime laquelle reconnaît dans ses mémoires que son mari avait un solide appétit, et pas uniquement de bons plats.. En revanche, l’éducation reçue par Madame Chirac dans son milieu le la prédisposait pas à avoir une vie parallèle. Dans ce sens on la rapprocherait plutôt de Yvonne de Gaulle…

    Nicolas Sarkozy est probablement celui qui connut les pires difficultés avec son épouse. Divorcé une première d’une femme corse, il s’éprit de Cécilia qui était alors mariée à Jacques Martin. Les deux, Nicolas et Cécilia, finirent par se marier et eurent ensemble un fils, Louis. Je les avais vus avec ma fille Laura et sa mère lorsque nous passions nos vacances d’été à La Baule à l’Ermitage… La suite, vous la connaissez : le nouveau président, à peine élu, affronte une épreuve inhuamine : son épouse part avec un autre homme en Jordanie… M. Sarkozy se sépare de Cécilia et épouse une chanteuse-mannequin, de nationalité italienne, de surcroît… Les mauvaises langues présidaient que cela ne tiendrait pas et pourtant cela continue de marcher, même après le départ de l’Elysée. Mais quelle différence en quatre décennies.

    Enfin François Hollande avec sa compagne, elle-même divorcée et mère de deux ou trois enfants. L’actuel président de la République, père de quatre enfants qu’il eut de Ségolène Royal vit avec son amie, désormais première dame de France, sans être marié. Il ne l’ »tait pas plus avec Ségolène Royal…

    Les choses changent. On peut mesurer l’évolution de mœurs en analysant le comportement des présidents et de leurs épouses. Est ce une avancée, est ce une régression, aux moralistes de le dire. Le philosophe se contente d’indiquer et laisser chacun faire librement son choix…

  • A la terrasse d'un café du Ve / XII Arrondissement de Paris Titre de la note

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    A Paris, à la terrasse d’un café du 5e / 13e arrondissement… Je dois ce matin tôt conduire mon véhicule chez un garagiste spécialiste pour la révision qui est déjà en retard. Je vais tout près du Val de grâce, contourne l’avenue des gobelins et finit par trouver par hasard le boulevard Saint-Marcel. Cela faisait longtemps que n’avais remis les pieds dans cet endroit. Après avoir remis le véhicule au garagiste, je dois patienter jusqu’à 11h30 afin de lui laisser le temps une révision complète. J’avais prévu ce temps d’attente et mis dans mon cartable une paire de lunettes de vue et deux livres, l’un de mon ami Philippe Olivier que vous recommande, intitulé Pour ceux qui n’aiment pas l’Allemagne (Edition Hermann) et l’autre que je vous recommande tout autant, d’un auteur italien que je ne connaissais pas Erri de Luca, Première heure (Gallimard, Folio, 2012) offert par mon ancien étudiant de Genève, M. Joseph Rueff, et que je trouve sublime. J’ai mis ces heures d’attente à profit pour en achever la lecture attentive de ce livre qui se présente comme une réflexion actualisée du judaïsme biblique, commençant avec l’histoire des patriarches et finissant avec la proclamation de l’Etat d’Israël par David ben Gourion dans un musée de Tel Aviv. Mais je n’ai pas mis nez dans le livre sans discontinuer. Au cours de la marinée, je n’ia cessé de scruter les passants, écouter les dialogues, observé tout ce qui se passait autour de moi. Et ce fut très instructif. J’ai débord relevé la nature de la sociologie du quartier, j’y ai vu tant de personnes âgées, d’allure plutôt modeste, des gens simples, un peu différent de ce que je vois habituellement. J’ai vue des couples d’une certain âge lire le journal épaule contre épaule et j’ai imaginé ce que pouvait bien être une vie à la retraite, avec moins de moyens, un corps et des articulations moins robustes, bref la vieillesse. C’est curieux la vie. Parfois, on évolue à côté des gens, on ne les voit même pas, on ne les connaît pas. On ne les écoute pas. Mais ce livre de l’italien m’a empli de joie et a fortement tempéré mon pessimisme. Il faut espérer. Et un philosophe à la terrasse d’un café y découvre tant de choses qu’il ne trouve guère dans les livres. Par exemple, cette jeune femme, assise à la même terrasse et qui découvre après avoir mangé son petit déjeuner qu’elle a oublié son porte-monnaie et laisse , en garantie de paiement, son propre passeport, avant de revenir avec de l’argent. Deux heures après, elle n’était pas de retour…

  • La France en récession...

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    La France en récession… Pour la seconde fois en peu d’années la France traverse une récession. Le président de la république va donner la seconde conférence de presse de son quinquennat. Nul doute qu’il tentera de trouver des solutions à la crise que traverse le pays depuis plus de quatre ans car il serait injuste de lui imputer exclusivement les dysfonctionnements actuels. Des diplomates européens en poste à Paris reprochent à la France de ne pas avoir pris les bonnes décisions il y plus de dix ans alors que d’autres pays, principalement l’Allemagne, l’ont fait, et à vrai dire, sous la férule d’un chancelier fédéral socialiste. C’est la vieille antienne que l’on reprend : les Français si charmants et si attachants, ne travaillent pas assez. Il fait bon vivre en France ma is si les choses restent en l’état, il sera très difficile d’y vivre tout simplement. Prenez l’exemple de ce mois de mai, comme tous les autres mois de mai de toutes les années précédentes : il y a trop de ponts, de viaducs, de jours fériés en tous genres et la production s’en ressent. Les partenaires commerciaux étrangers s’en plaignent constamment et rien ne change. Loin de nous l’idée ou la volonté de priver les Français de leurs chères vacances, mais il faudra bien un jour se remettre au travail. Prenons l’exemple des retraites. Bien sûr, il serait inhumain et absolument cruel de contraindre des gens qui ont trimé toute leur vie de partir plus tard vers une retraite méritée. Mais tous les pays d’Europe allongent et la durée des cotisations et celle des années de travail. UN simple graphique fait comprendre que la pyramide risque de reposer sur sa tête au lieu de s’appuyer sur une base large… Il y a un paradoxe français dont même Georges Pompidou parlait sans pouvoir le résoudre. Est-ce que le pays est fatigué ou bien ses habitants ont ils vieilli ? Réponse, cet après midi lors de la conférence de presse du président de la république…

  • Chavou'ot, la Pentecôte juive

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    La fête de Chavou’ot, la Pentecôte juive

    Aujourd’hui et demain, ls 15 et 16 mai, les fêtes pratiquants du monde entier fêtent la Pentecôte, chavouot, les semaines, au nombre de sept car, comme son nom l’indique, on doit compter sept semaine afin d’arriver au cinquantième.

    A l’origine il s’agissait d’une fête agraire, jour auquel on commençait la moisson ; mais après lorsque le courant charismatique revit religieusement toutes ces fêtes agraires, on affecta à chavouot une mission hors du commun, absolument extraordinaire, le don de la Tora sur le Mont Sinaï. C’est dire l’importance absolument unique de cet événement. On y lit à la synagogue la péricope du chapitre 20 (versets 1 à 17), celle des Dix commandements.

    Une certaine solennité s’empare du récitant et des orants lorsque les versets en question sont récités. Le Décalogue est la charte éthique de l’humanité civilisée. C’est la pérennité du code moral qui dépend de Dieu, lequel ne change pas, contrairement aux monarques qui se croyaient éternels , étaient vénérés comme des dieux mais finissaient bien un jour par disparaître.

    La tradition juive voit dans la fête de Pessah la libération physique du peuple d’Israël, sa liberté intervient lors de la remise de la Tora, la loi juive. On passe donc en 50 jours de la libération à la liberté.

    Cette même tradition fait un jeu de mots intéressant entre deux mots hébraïques : harout (gravé dans le marbre) et hérout (liberté grâce au respect de la loi de Dieu). Et le message est le suivant : ne dis pas harout mais hérout . Ne lis pas harout, gravé, comme si on était esclave de la lettre, mais hérout, la liberté que Dieu garanti en nous proposant sa loi.… C’est toute la dialectique de l’autonomie et de l’hétéronomie du sujet moral, si chères à Kant.

  • Le PSG et ses drôles de supporteurs: Note 2500

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    Le PSG et ses drôles de supporters.. NOTE 2500

                      J’ai beaucoup de respect pour l’actuel ministre de l’intérieur Manuel Valls, mais ce fut une erreur de permettre aux supporteurs du PSG de manifester dans Paris, dans les beaux quartiers, notamment la Place du Trocadéro. On a vu remonter des artères de Paris une faune étrange qui ne pense qu’à casser et caillasser les belles voitures et les beaux magasins.

    Ayant donné une conférence rue Copernic, je prends mon véhicule place Victor Hugo et ai la sagesse de prendre rue de la pompe, de longer la Mairie et de prendre rue de Passy pour rentrer. C’est alors que je vois, rentrant au garage, une marée humaine envahissant l’avenue du Président J F Kennedy, un peu comme une inondation déferlant sur les beaux quartiers.

    Après près d’un demi siècle d’habitation dans Paris, c’est la première fois que  je vois la confrontation de deux France, de deux Paris, l’un sage et intégré de ce côté du périphérique et l’autre de l’autre côté. En écrivant ce blog, j’entends à travers les fenêtres, même fermées, les klaxons et les hurlements. Est-ce la révolution ?

    Sur la place du Trocadéro, les CRS chargent les casseurs ; les journalistes ont été priés de quitter les lieux. Le long de la Seine, les supporteurs (ou les délinquants) du PSG foncent vers leur stade mythique, mais je me pose une question : ces gens sont donc incapables de se réjouir dignement ?

    De sombres pensées envahissent mon esprit. Il y a des gens qui sont différents des autres. Il faut que la société se réforme, qu’elle soit plus généreuse, qu’elle offre au plus grand nombre des perspectives plus réjouissantes, sinon ils casseront tout , se sentant rejetés, laissés pour compte. Mais comment s’y prendre ? En tout cas, pas en cassant tout sur son passage.

  • Les attentats à la frontière syro-turque

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    Les attentats à la frontière syro-turque

    C’est une véritable tragédie qui vient de se dérouler dans cette petite ville frontalières où des voitures piégées ont explosé tuant près de 50 personnes et en blessant bien plus. Les autorités turques ont arrêté environ 7 suspects, tous de nationalité turque mais qui auraient été recrutés par les services secrets syriens, les Moukhabarat.

    Est ce vraiment surprenant ? C’est inexact car le régime syrien a constamment recouru à ce genre d’attentats, que ce soit au Liban ou ailleurs. Il a aussi recours aux services du Hezbollah libanais qui se charge d’effectuer les basses œuvres pour son compte.

    Est ce un tournant dans la conflit ? Peut-être car il ne faut pas oublier que la Turquie fait partie de l’OTAN et que cette dernière, dominée par les USA, pourrait intervenir.

    La Turquie abrite courageusement sur son sol des centaines de milliers de réfugiés et ferme les yeux sur les manœuvres de l’opposition armée. La Syrie, au bord du du gouffre, ne pouvait pas le tolérer.