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  • Titre de la noteL'enjeu des élections législatives en Israë

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    L'enjeu des élections législatives en Israël

     

    Il est presque certain que l’actuel Premier Ministre Benjamin Netanyahu sortira vainqueur, voire même renforcé de ces élections au motif que le parti travailliste est un véritable champ de ruines et que Me Tsippy Livni a perdu toute crédibilité électorale.

     

    Les thèmes qui dominent la campagne sont la sécurité du pays et ses véritables frontières, c’est-à-dire la politique d’implantations. Les Israéliens, de gauche comme de droit, rejettent l’idée même de colonisation, arguant qu’on ne peut pas être accusé d’être étranger chez soi, c’est-à-dire en terre d’Israël. Qu’on soit ou non d’accord avec cette présentation des choses, il faut aussi tenir compte de la situation démographique du pays (un Etat qui se veut juif, c’est-à-dire où l’appartenance religieuse est un fait incontournable) et la crainte de la suffocation territoriale : en clair, un Etat palestinien dont la population connaîtrait une croissance exponentielle constituerait, à terme, un danger mortel pour l’Etat d’Israël. C’est ce constat dont on a peu parlé qui a motivé la décision d’Ariel Sharon d’évacuer unilatéralement Gaza. Il était devenu impossible de comprendre dans les frontières élargies d’Israël une telle population.

     

    A côté de la politique des implantations (hitnahalut) il y a le problème arabe, c’est-à-dire des Palestiniens ayant la nationalité israélienne. On en parle peu en Europe mais il faut bien reconnaître qu’en Israël la question obsède les citoyens. Et Benjamin Netanyahou a bien pris conscience de ce problème au plan électoral puisqu’il a laissé se développer sur sa droite un parti nouveau dirigé par son ancien chef de cabinet Naftali Bennett qui prospère justement sur de tels thèmes.

     

    Benjamin Netanyahou aura donc à la Knesset une majorité confortable. Certes, il s’agira, comme toujours en Israël, d’une coalition mais qui sera dominée par le likoud et les partis religieux qui serviront d’appoint. Mais la paix ne sera toujours pas visible à l’horizon. Le Premier Ministre israélien n’en est pas le seul responsable. Il tient compte de certaines configurations et de certaines mentalités dont on ignore tout à l’extérieur des frontières d’Israël : quand on remonte de la Mer Morte en direction de Jérusalem et qu’on aperçoit à moins d’un jet de pierre (sans jeu de mots ni allusion péjorative) les immeubles de Ramallah ou d’autre villages palestiniens, on est saisi par l’effrayante proximité, voire l’intime enchevêtrement  des lieux.

     

    Que la vie serait belle dans cette région du monde où Dieu a fait sa révélation, donné sa Tora et fait connaître à l’humanité tout entière son message, message que les hommes, dans leur folie, se sont empressés de diviser avant de se diviser eux-mêmes de manière irrémédiable.

     

    Mon regretté maître et ami, le professeur Roger Arnaldez, avait jadis écrit un très beau livre au titre évocateur : Trois messagers pour un seul  Dieu… (Albin Michel, 1983). Un jour, alors que nous prenions un verre ensemble près de la bibliothèque du Saulchoir (des Pères Dominicains) où il aimait travailler, je m’étais trompé en disant du même Dieu au lieu d’un seul Dieu… Il m’avait alors, avec la bonté et l’amour du prochain qui le caractérisaient, expliqué la différence : Dieu n’est comparable à nul être, il est, sans être, tout en étant, on parle donc d’unicité (seul dans son espèce, un peu comme le soleil) et non de «mêmeté »

     

    Mais c’est un abîme qui sépare  la spiritualité du monde la politique. Il est tout de même déplorable de voir que les Juifs et les Arabes que tout devrait rapprocher sont devenus des ennemis irréconciliables. Chaque soir, lorsque j’écoute les chaînes satellitaires arabes, je m’amuse à traduire instantanément en hébreu ce que j’entends en arabe : les deux langues,  celle d’Israël et celle d’Ismaël, appartenant au même groupe linguistique nord sémitique, sont si proches… Je remonte alors vers les racines communes en passant par l’araméen (la langue de Jésus) pour aboutir à une langue proto-sémitique.

     

    Comment des gens qui parlent presque la même langue, peuvent ils se détester à ce point ? Cette philologie est passionnante, mais elle aussi se situe à des années lumières de la réalité politique ou territoriale, lorsqu’il s’agit de s’installer un village ou un kibbouts dans une portion de la terre d’Israël. Les philologues n’ont encore jamais dirigé la moindre entité politique…

     

    J’ai entendu un jour, il n’y a pas si longtemps, un dirigeant israélien dire que la guerre d’indépendance (milhémét ha-shihrour) n’était pas encore achevée. Je comprends mieux aujourd’hui la portée de cette déclaration.

     

    Que faut-il espérer ? La paix, bien sûr, mais aussi que le cœur des hommes soit touché par la Grâce.  L’apport d’Israël peut être une chance, une bénédiction pour la région. Une amitié judéo-arabe peut naître, elle est inscrite dans les faits. Même si elle tarde à venir.

     

    Maurice-Ruben Hayoun

    In Tribune de Genève du 22 janvier 2013

  • Titre de la noteLe cinquantième anniversaire du traité de l’Elysée

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    Le cinquantième anniversaire du traité de l’Elysée

     

     Que serait l’Europe sans l’axe franco-allemand, en dépit des hauts et des bas traversés par cette relation qui demeure exemplaire ? Certes, il ne faut pas se cacher la réalité : il y a un traitement dissymétrique des deux pays, en faveur, on le sait, de nos voisins et amis d’outre-Rhin. La France a perdu son triple A mais continue d’emprunter sur les marchés internationaux  à des taux raisonnables, parfois même plus bas, car elle continue d’inspirer une certaine confiance. C’est sur tout le reste, c’est-à-dire l’appareil productif, l’industrie et les PME, sans oublier le chômage, que se cristallisent les inquiétudes. Pour ne pas dire les points noirs.

    Nicolas Sarkozy avec son caractère généralement impétueux avait un beau jour dit à toute la France que le pays devait prendre exemple (in die Schule gehen) sur son puissant voisin, mais comme il intervenait sans discontinuer, cette importante annonce est presque passée inaperçue. Mais sur le fond, il avait raison.

    Ce qui me frappe, moi qui ai vécu à cheval sur les deux pays (j’ai enseigné à l’Uni de Heidelberg 24 ans et à celle de Berlin [FU] trois ans), c’est la différence de mentalité. Quand j’y pense, je me rends compte que j’ai plus été formé par l’Allemagne que par la France (mon pays natal que j’aime) et que même mes maîtres à la Sorbonne étaient des immigrés germanophones originaires d’Europe centrale et orientale.

    Les savants allemand nous ont appris à apprendre tant dans les domaines philosophiques que littéraires.  L’école de la philosophie idéaliste allemande est insurpassable. Un homme comme Ernest Renan qui fit notre fierté au cours de tout le XIXe siècle est un pur produit de la science allemande. Dans ses Souvenirs d’enfance et de jeunesse, ouvrage figurant dans toutes les bonnes bibliothèques des familles françaises (exceptées celles des catholiques intégristes) l’auteur écrivit cette phrase inoubliable : j’appris l’hébreu, j’appris l’allemand et cela changea tout… L’ancien édifice éthico-religieux  dont Renan était le produit ne résista pas longtemps à l’examen, sans même parler de la critique…

     

    Or, Renan, c’est la quintessence de l’esprit français, lui qui écrivait que l’Académie Française était la cour suprême de ce même esprit hexagonal. C’est dire combien les échanges culturels et spirituels entre la France et l’Allemagne sont importants. Il est vrai qu’environ un siècle auparavant, c’étaient Voltaire et certains encyclopédistes français qui donnaient le ton à la cour du roi de Prusse.

     

    Aujourd’hui, le monde a changé, l’économie, la finance dominent et personnellement cela ne me gêne pas vraiment. Ce n’est pas de la résignation, mais du réalisme. L’esprit a tendance à reculer par rapport au reste. Vous savez ce que disait Voltaire dans son exégèse railleuse de la Bible ? L’homme ne vivait pas que de pain, mais il en vit aussi…

     

    Quel vœu peut on formuler pour la décennie à venir ? Que les Français travaillent un peu plus,  mais de ce côté là, les Allemands n’ont pas trop à se plaindre. Souvenons nous de cet adage de Bismarck, placardé dans toutes les salles de classes de l’Allemagne de Guillaume II : Der Mensche ist nicht auf Erden um glücklich zu sein, sondern um seine Pflicht zu tun (L’homme n’est pas sur terre pour être heureux, mais pour accomplir son devoir)

     

    Pareille chose est absolument inimaginable chez nous.

     

    Mais notre vœu le plus cher (le moins réalisable ?) est que les Français soient un peu plus allemands et les Allemands un peu plus français.

     

    Maurice-Ruben HAYOUN

    In Tribune de Genève du 22 janvier 2013

     

     

  • Titre de la noteLa qualité douteuse de Django…

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    La qualité douteuse de Django…

    Ce matin encore, au lever, je me demandais si j’avais bien fait d’aller voir ce soi disant grand film de Tarantino sur l’abolition de l’esclavage. Certes, certains décors étaient somptueux mais cela ne suffit pas à sauver le film. Certes, l’acteur qui joue très bien le rôle de du Dr Schulz tient ses promesses mais on se défend mal d’une impression d’inabouti, de bâclé. C’est vraiment un western spaghetti et je me demande s’il faut aller le voir.

     

    Chaque fois que ce type de déconvenue survient, je m’interroge sur le rôle des critiques cinématographiques qui vendent le produit au lieu de s’interroger sincèrement sur la valeur cinématographique des films. J’ai observé les spectateurs qui sortaient de la précédente séance, les avis étaient partagés mais la salle était bondée, plus une seule place de libre. La même chose pour la séance que j’avais choisie.

     

    Un autre élément plaide en défaveur du film : lorsqu’un produit est médiocre il faut au moins avoir égard à la patience des spectateurs et ne pas allonger inutilement les choses, eh bien, on peut dire qu’une bonne demi heure eût pu être enlevée sans que cela ne porte atteinte au film lui-même. A un moment donné, on avait l’impression de voir un film de Kong fu  ou de Trinita.

     

    C’est bien dommage car ce réalisateur nous avait habitués à mieux. Attention au film de trop

     

  • Titre de la noteDu Mali à la Syrie

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    Du Mali à la Syrie

    La fin tragique de la prise d’otages en Algérie permet de revenir sur ce qui se passe en Syrie. Si la presse occidentale s’est exclusivement concentrée sur les événement sen Afrique du nord, délaissant entièrement les massacres en Syrie, qui, eux, sont quotidiens, les télévisions arabes, quant à elles, consacrent à Damas  une large part, en dépit du déplacement du centre de gravité de l’actualité.

     

    Mais Damas vient de faire preuve d’un cynisme incroyable : l’agence de presse officielle du régime vient de publier un communiquer déplorant l’hypocrisie (je mets des guillemets) de la légalité internationale qui combat le terrorisme en Afrique du nord tout en l’encourageant et en le soutenant en Syrie. Il fallait beaucoup de cran pour oser publier un tel communiqué, au fond Damas n’est pas prêt de céder et je dois dire que je suis pessimiste quant à l’issue définitive de ce conflit.

     

    L’armée syrienne loyaliste tient bon, elle sait mobiliser ses forces, notamment aériennes, elle a repoussé des offensives des insurgés, et elle n’est plus secouée par cette épidémie de désertions et de défections. Comment expliquer cela ? Probablement par le resserrement de la surveillance de la police politique, mais peut-être aussi par la force du régime dont on avait sous estimé dans l’euphorie les capacités de résistance. C’est un régime qui a mis plus de quatre décennies à se renforcer et à mettre le pays au pas.

     

    Je repense aux propos excessivement optimistes de M. Fabius présidant que le régime n’en avait plus pour très longtemps, et voilà que cela dure depuis presque deux ans. Les Russes ont peut-être dit la vérité en arguant que Bachar était indélogeable. Cependant, des renseignements émanant de source saoudienne ont annoncé que les généraux et les dignitaires du régime commençaient à regrouper leurs familles dans le réduit alaouite de Tartous et de Lattaquié, où se situe opportunément une base navale russe. Selon les mêmes sources, Bachar lui-même ferait des séjours plus fréquents dans une frégate russe mouillant dans les mêmes eaux.

     

    L’unique manière d’en sortir est de mieux armer les insurgés en assumant le risque du grand danger islamiste. Les Occidentaux sont paralysés par ce qui se passe en Libye où la chute de Kadhafi a laissé la voie libre aux islamistes. Il faut courir ce risque.

  • Titre de la noteDu Mali à la Syrie

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    Du Mali à la Syrie

    La fin tragique de la prise d’otages en Algérie permet de revenir sur ce qui se passe en Syrie. Si la presse occidentale s’est exclusivement concentrée sur les événement sen Afrique du nord, délaissant entièrement les massacres en Syrie, qui, eux, sont quotidiens, les télévisions arabes, quant à elles, consacrent à Damas  une large part, en dépit du déplacement du centre de gravité de l’actualité.

     

    Mais Damas vient de faire preuve d’un cynisme incroyable : l’agence de presse officielle du régime vient de publier un communiquer déplorant l’hypocrisie (je mets des guillemets) de la légalité internationale qui combat le terrorisme en Afrique du nord tout en l’encourageant et en le soutenant en Syrie. Il fallait beaucoup de cran pour oser publier un tel communiqué, au fond Damas n’est pas prêt de céder et je dois dire que je suis pessimiste quant à l’issue définitive de ce conflit.

     

    L’armée syrienne loyaliste tient bon, elle sait mobiliser ses forces, notamment aériennes, elle a repoussé des offensives des insurgés, et elle n’est plus secouée par cette épidémie de désertions et de défections. Comment expliquer cela ? Probablement par le resserrement de la surveillance de la police politique, mais peut-être aussi par la force du régime dont on avait sous estimé dans l’euphorie les capacités de résistance. C’est un régime qui a mis plus de quatre décennies à se renforcer et à mettre le pays au pas.

     

    Je repense aux propos excessivement optimistes de M. Fabius présidant que le régime n’en avait plus pour très longtemps, et voilà que cela dure depuis presque deux ans. Les Russes ont peut-être dit la vérité en arguant que Bachar était indélogeable. Cependant, des renseignements émanant de source saoudienne ont annoncé que les généraux et les dignitaires du régime commençaient à regrouper leurs familles dans le réduit alaouite de Tartous et de Lattaquié, où se situe opportunément une base navale russe. Selon les mêmes sources, Bachar lui-même ferait des séjours plus fréquents dans une frégate russe mouillant dans les mêmes eaux.

     

    L’unique manière d’en sortir est de mieux armer les insurgés en assumant le risque du grand danger islamiste. Les Occidentaux sont paralysés par ce qui se passe en Libye où la chute de Kadhafi a laissé la voie libre aux islamistes. Il faut courir ce risque.

  • Titre de la noteLes mystères d’une attauqe djihadiste contre le site gazier algérien

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    Les mystères d’une attauqe djihadiste contre le site gazier algérien

     

    Ce qui frappe le plus les observateurs avisés qui connaissent bien l’Algérie et l’essence de son régime depuis le jour de l’indépendance de ce pays, ce n’est que les autorités ne communiquent pas sur ce qu’elles font présentement, ni  leur refuse de dire combien il y a de morts (hélas) et de blessés, ni même la brutalité (qui s’imposait) de leur assaut, non, ce qui étonne c’est la déconcertante facilité avec laquelle les islamistes ont réussi à se présenter tranquillement, sans être inquiétés, devant les portes de ce site gazier dont on disait à qui voulait l’entendre que c’était une sorte de Fort Konx…

     

    Certes, il y eut d’abord un flottement sur le point de départ des assaillants ; certains ont voulu établir un lien avec les événements au Mali, mais ce pays est trop loin, d’autres ont songé à la Libye voisine, d’autres enfin à la Mauritanie …On avait l’impression qu’on cherchait à dissimuler une autre vérité, la seule qui s‘impose vraiment, c’est que les terroristes étaient déjà sur place, tapis dans l’ombre sur leur propre sol en Algérie… Comme les journalistes œuvrent vite, comme ils sont tenus de fournir des informations à la va vite, ils ne réfléchissent pas assez. Dison aussi, à leur décharge, qu’on ne leur en laisse pas le temps.

     

    Mais imagine t-on un convoi d’au moins dix véhicules lourdement armés traversant des  distances immenses dans le désert sans être repéré ? Certes, ils portaient des uniformes de l’armée algérienne, mais tout de même, ce pays est bien contrôlé et on ne comprend pas que ce convoi soit arrivé de si loin sans encombre : comment auraient –ils pu faire près de 1500 km et être frais et dispos pour leur attaque ?

     

    Une autre constatation nous force à aller plus loin : lors de la lutte à mort (plus de 150.000 morts) opposant l’armée aux terroristes durant les années quatre vingt dix, jamais personne n’a pu s’approche de ces sites gaziers qui sont la poule aux œufs d’or du pays. Comment donc, soudain, les terroristes s’ y introduisent sans problème ou presque ?

     

    Même la formulation des revendications des terroristes ne laisse pas d’être composite et masque mal une main éditoriale peu assurée. La guerre au Mali n’a rien à voir avec l’opération, en revanche, la demande de libérer des prisonniers est plus naturelle, tout comme la volonté de faire élargir des djihadistes emprisonnés par les USA… Cela demeure fantaisiste, mais cela a un rapport naturel avec l’attaque. Même si l’on sait que l’Algérie ne négocie jamais ce type de choses.

     

    On ne peut pas ne pas penser aux manipulations suspectées jadis de certains groupes terroristes auxquels on attribuait un peu trop facilement des massacres au cœur même de l’Algérie. Nous ne disons pas, nous ne le pensons même pas, que les autorités auraient elles mêmes monté l’affaire, c’est absolument à exclure. Certains organes de presse susurrent déjà l’existence probable de complicités intérieures. Dans le langage des spécialistes de ce genre d’affaires, inside job. Ce ne sont, à ce jour, que des suppositions non étayées par des prueves dignes de ce nom

     

    Et le gouvernement français dans cette affaire ? Il ne veut pas froisser la susceptibilité des Algériens devenus des alliés à ménager car ils sont aussi délicats que du mimosa quand il s’agit de leur souveraineté nationale. On l’a vu dans leur réponse aux propositions d’aides étrangères..

     

    Mais patience, tout finit par se savoir. Et peut-être que toutes nos hypothèse seront balayées par des versions officielles dignes de foi. Nous le souhaitons vraiment car certains aspects de cette affaire sont troublants.

  • Titre de la noteLe coup de main des islamistes contre le site gazier algérien

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    Le coup de main des islamistes contre le site gazier algérien

     

    Dans ce même blog, j’annonçais hier dès que la nouvelle se fut répandue que les Algériens ne négocieraient jamais avec les terroristes et que toute cette affaire s’achèverait par un bain de sang. Cette prévision s’est avérée.

     

    Mais il ne faut pas incriminer l’Algérie : le régime de ce pays a toujours été opaque, les généraux de l’armée tenant le pays d’une main de fer depuis son indépendance, et surtout la mémoire récente de ce pays expliquent toute l’affaire : près de 200 000 morts durant la guerre civile au cours de laquelle la sécurité militaire, redoutable bras armé du régime, n’a reculé devant rien pour pacifier le pays. Il fallut ensuite réconcilier ces deux Algériens qui se sont combattues sans pitié. Et en dépit de la finesse du président actuel les braises couvaient sous la cendre.

     

    En somme, les autorités de ce pays ne pouvaient pas négocier, ce qui aurait conduit d’autres groupes islamistes à attaquer  d’autres sites. On s’en serait pas sorti…

     

    En outre, les revendications étaient déraisonnables ! Comment peser sur la France pour qu’elle cesse ses bombardements ? Comment libérer des centaines de terroristes qui avaient du sang sur les mains et qui sont détenus en Algérie ? Impossible !

     

    Par contre, il n’est pas exclu que certaines complicités aient été à l’œuvre pour permettre la libre circulation des terroristes en plein territoire algérien… Des complices, mécontents que le président algérien ait permis le survol de son territoire par l’aviation militaire française… Il est impossible que cette affaire ait été initiée à partir d’un pays voisin. C’est du cœur même de l’Algérie que sont partis les terroristes, que cela plaise ou non.

     

    Longtemps, les Algériens ont pratiqué une politique ambigües à l’égard de leurs salafistes. Aujourd’hui, c’est la manière forte, l’unilatéralisme, mais pendant de longues années, ce fut une politique du double langage et de la double sincérité. Voyez ce qu’en pense Alain Juppé…

     

    Hélas, toute l’affaire aura fait près de 50 morts dont plus d’otages que de terroristes. Cyniquement, on pourra dire que le monde se met aux côtés de la France et comprend enfin que le terrorisme islamiste doit être combattu sans faiblir.

     

  • Titre de la noteLe Mali, L’internationalisation du conflit

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    Le Mali, L’internationalisation du conflit

     

    La prise d’otages dans le site gazier algérien, situé aux confins de la Libye, et que l’on présente comme une brillante trouvaille stratégique des terroristes islamistes est en réalité une lourde erreur commise par des hommes sans agenda politique et habités par une culture de mort qui est en fait leur talon d’Achille : car, lorsqu’ils proclament leur indifférence face à la mort, ils indiquent à leurs adversaires, à savoir tout le reste du monde, qu’il n y a pas d’autre solution que de les anéantir, puisque rien ne compte à leurs yeux, pas même leur propre vie.

     

    Que se passe t-t-il ? D’abord, cette prise d’otage dans cet important site gazier n’a rien à voir avec l’intervention militaire française au Mali. Les islamistes ne venaient pas du Mali mais de Libye ou de Mauritanie. Ensuite, une telle opération plutôt bien préparée, n’a pas pu être mise sur pied en quelques jours. Enfin, les revendications des ravisseurs portent sur la libération de leurs compagnons emprisonnés en Algérie et non point sur l’arête des hostilités au Mali. Ce dernier point n’est venu qu’après.

     

    Les commentaires journalistiques sont assez  ubuesques, il faut dire qu’ils se sentent obligés de tenir antenne ouverte, tant à la radio et à la télévision, au lieu de s’en tenir à l’essentiel et de passer à autre chose. Mais c’est ainsi.

     

    Les bombardements français ont fait l’effet d’un coup de pied dans la fourmilière, les terroristes écrasés sous les bombes ont vu leurs dépôts d’armes, de munitions et de carburant partir en fumée. Ils ont même dû chercher refuge dans cette petite bourgade malienne qu’ils ont occupée durant la nuit il y a deux jours mais d’où les légionnaires et les forces spéciales sont en train de les chasser, voire de les y anéantir. La décision de François Hollande a pris tout le monde de court, les terroristes avaient tout prévu, sauf cela, ils ne s’imaginaient pas qu’un pays occidental évolué enverrait ainsi ses soldats se battre dans le désert pour y livrer une douteuse guerre des sables.

     

    La bêtise des islamistes est venue tout compliquer et faciliter la tâche de la France qui sera rejointe sur le terrain par presque tout le monde : si j’étais machiavélique, je pourrais dire que les services ont manipulé les islamistes les conduisant à commettre l’irréparable car chacun sait que les Algériens, qui ont le sentiment national à fleur de peau ne négocieront jamais. Or, qu’ont exigé les assaillants ? La livraison de nouveaux pick up leur permettant de quitter les lieux avec leurs otages… Mais quel gouvernement accéderait à une telle demande sans se déconsidérer à tout jamais ? Les terroristes ont donc signé leur arrêt de mort.

     

    Je pense à un autre pays dans une autre région du monde, qui est, depuis sa naissance, aux prises avec des terroristes. Il se fait régulièrement condamner par l’opinion publique. Mais aujourd’hui, l’opinion publique internationale se voit confrontée personnellement aux mêmes situations et ne cache plus son désarroi : comment agir avec des gens qui n’ont aucune considération pour la vie humaine ?

     

    Nous devons tous avoir une pensée pour les otages et aussi pour les soldats français qui se battent pour la liberté d’un pays ami. Les Algériens, étant chez eux, ils ne céderont à aucune supplique car il n y a pas si longtemps ils ont vécu de très douloureux moments avec la guerre civile. Ils vont donner l’assaut, c’est sûr.

  • Peut-on compter sur l’Afrique ? Les Africains sont-ils fiables ?

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    Peut-on compter sur l’Afrique ? Les Africains sont-ils fiables ?

     

    Les questions peuvent paraître rudes et un peu directes, mais elles s’imposent. Ce  que nous voulons , c’est savoir quand donc les troupes promises par les Africains vont enfin arriver au Mali alors que les forces spéciales françaises sont déjà à pied d’œuvre. Ce qui nous inquiète, c’est cette indolence africaine qui aurait pu virer à la catastrophe, si la force d’intervention rapide des Français n’avait pas fonctionné instantanément…

     

    Ce qui est terrible, c’est que les Africains n’ont pas de moyens de transport pour convoyer leurs troupes et lorsque celles ci arriveront –si elles arrivent un jour- il faudra les équiper, les entraîner et les commander. Selon vous, combien de temps cela prendra t il ? Des semaines, voire des mois. C’est pourquoi on sourit lorsqu’on entend les autorités françaises dirent que les Français accompagnent l’armée malienne alors que celle ci joue le rôle de simples supplétifs.

     

    Le problème de l’auto-suffisance de ce continent se pose. Et continuera de se poser.

     

    On ne se fait pas de soucis concernant l’issue des opérations. Les djihadistes sont en pleine débandade. Leurs bases arrières sont détruites pour la plupart et cette fois ci l’Occident n’a pas commis la même erreur qu’en Afghanistan, il n’a pas laissé les islamistes conquérir l’Etat. Il est intervenu plus vite, prenant de court les islamistes.

     

    On trouvera ces remarques plutôt sèches, mais réfléchissons : que ce serait il passé si le président Hollande n’avait pas agi avec célérité ? Le drapeau des terroristes islamistes flotterait sur Bamako et les 6000 Français présents sur place seraient des otages…

     

    Les Africains vont devoir s’atteler à deux piliers majeurs de la bonne gouvernance : se réformer eux-mêmes, changer de culture indolente pour de la rigueur et enfin, lutter contre la corruption de leurs dirigeants.

     

     

  • Titre de la noteLe Mali, encore et encore

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    Le Mali, encore et encore

     

    Il n y a pas de problème de division nationale concernant le Mali. Le consensus régne, à l’exception d’un ou de deux politiciens de second rang qui essaient de se faire remarquer par la presse en adoptant des positions critiques. Tous les partis ont compris qu’il y avait urgence à agir, que les terroristes islamistes profitaient des palabres pour avance, alors que devant eux il n y avait rien……

     

    Ce qui nous frappe aujourd’hui, c’est l’état d’impréparation des Etats africains et leur très faible résistance face aux terroristes islamistes. Des pays comme la Tunisie, le Mali, la Mauritanie, voire tant d’autres, auraient, le cas échéant, besoin d’assistance. Ce qui veut dire qu’on risque de mettre le doigt dans un engrenage. Mais il faut le faire et il faut le faire tous ensemble.

     

    Sur le terrain, il n y a pas de problème pour la France. L’armée de l’air a anéanti ou sérieusement désorganisé les colonnes terroristes qui se sont emparés d’une petite bourgade pour se fondre au sein de la population et échapper ainsi aux frappes françaises qui ont déjà décimé leurs rangs.

     

    Mais une grave inquiétude subsiste au sujet des Africains qui n’enverront pas de troupes avant de longs mois. Et qui n’ont pas de moyens de transport. Et si ces troupes finissent par arriver, il faudra les équiper… Bref, on se demande pourquoi ces pays ont pris leur indépendance…

     

    Il va falloir faire monter vers le nord du Mali des centaines de soldats français qui vont atteindre l’affectif record de 2500 hommes. A mon avis, cela ne s’arrêtera pas là.. L’Afrique n’a pas fini de faire parler d’elle…