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  • L’infirmière, la famille royale bruitannique et des journalistes australiens : la frontière entre le bien et le mal…

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    L’infirmière, la famille royale bruitannique et des journalistes australiens : la frontière entre le bien et le mal…

     

    Le monde entier a entendu parler de cette tragique méprise qui a vraisemblablement coûté la vie à une jeune infirmière. Comment une telle chose a t elle pu se produire ? Toujours le même schéma : deux journalistes inconscients, à la recherche de ce qu’ils imaginaient être un scoop mondial, se font passer au téléphone pour la reine Elisabeth II et le prince Philip. Ils appellent l’hôpital où la princesse a été admise suite à des nausées en relation avec son début de grossesse. L’infirmière qui prend l’appel croit vraiment avoir affaire au couple royal et les renseigne en toute bonne foi. Sans penser à mal mais fiers de leur mauvais coup, et surtout sans imaginer ce qui allait se produire par la suite, les deux journalistes publient la nouvelle qui fait le tour du monde. Entretemps, le corps inanimé de la jeune infirmière est découvert, non loin de son lieu de travail…

     

    Il faut laisser à l’enquête en cours le temps de déterminer s’il y a un rapport de cause à effet entre les deux faits : le coup de fil mensonger et la mort de la jeune infirmière. Il n’est pas question d’accuser ici qui que ce soit, mais simplement d’attirer l’attention sur la nécessité d’instiller dans l’exercice de toute profession un minimum d’éthique, sans quoi aucun rapport authentiquement humain ne pourra plus exister dans nos sociétés. En termes plus clairs, nos sociétés, d’humaines deviendraient inhumaines.

     

    Comprenez moi bien.  Ce matin, je voulais poursuivre mon analyse de la situation en Egypte lorsque le cas de cette jeune femme, si injustement  arrachée à l’affection des siens, m’a interpellé  au point de décider de changer mes plans et de rendre hommage à sa mémoire.

     

    Mais je dirais aussi quelque chose sur l’exercice de la profession de journaliste dans notre monde. Comme nos sociétés ont perdu tout sens de la mesure, que le succès et la réussite, même outrageusement acquis, sont rois, les journalistes se croient tout permis et ne reculent devant rien pour retenir notre attention, se faire voir et valoir… Bref une sorte d’anarchie morale caractérisée.

     

    Discutez avec des journalistes et ils vous diront ceci : si ce n’est pas moi qui le fais, d’autres le feront et obtiendront le succès derrière lequel je cours désespérément depuis si longtemps… Une telle argumentation est lamentable. Car il n’y a plus d’autorité morale dans nos sociétés, l’éthique elle-même a tendance faire sourire ceux qu’i s’en réclament ou calquent leur attitude et leur présence au monde sur ses principes.

     

    Mais franchement, en quoi la santé de telle ou telle princesse ou membre de la famille royale nous intéresse t elle ? Comme le disait Ernest Renan, l’humanité est incurablement dupe et son existence est d’une vacuité abyssale. Pourquoi ne pas sculpter sa statue intérieure au lieu de se focaliser sur la vie d’autrui, qui, souvent, n’est guère un si haut exemple dont il conviendrait de s’inspirer. Les journalistes devraient tout de même faire preuve d’un peu de retenue à défaut d’être éthiques :  le droit à l’information n’est pas sacro-saint, au nom de quoi peut-on saccager des vies lorsqu’on croit disposer d’informations exceptionnelles ?

     

    Voyez comment certains journalistes font la chasse aux hommes politiques : il y a quelque temps, c’était tel ou tel ancien président soupçonné d’avoir eu un compte bancaire dans de lointaines contrées, aujourd’hui c’est un ministre soupçonné des mêmes faits mais que son principal accusateur s’ingénie à laver de toute accusation… Et les journalistes à l’origine de l’affaire se prévalent d’un droit absolu d’informer, se drapant dans une dignité plutôt douteuse.

     

    Aujourd’hui, dès qu’une personnalité connue a un problème avec la justice, le secret de l’instruction vole en éclats et la presse s’en donne à cœur joie pour nous inonder de nouvelles, plus ou moins vérifiées. Le malheur est que la couverture médiatique se rétrécit comme peau de chagrin lorsque l’intéressé ou l’accusé bénéficie d’un non-lieu ou d’une relaxe.

    Mais dans ce cas, au moins, l’irréparable n’est pas commis. Ce qui, hélas, n’est pas le cas de la jeune infirmière, si tant est que le canular tragique est à l’origine de sa disparition.

     

    .Respectons la présomption d’innocence mais lançons un appel à la retenue et à la conduite morale.

     

    Après tout, la morale est ce qui séparée l’humanité de l’animalité.

     

    Maurice-Ruben Hayoun

    In Tribune de Genève du 8 décembre 2012

  • Titre de la noteEn Egypte, les choses ne s’arrangent pas…

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    En Egypte, les choses ne s’arrangent pas…

     

    Et c’était prévisible. Le problème est que des gens comme Mohammed Morsi ne parviennent pas à se dépasser, à inventer des choses nouvelles, bref à sortir du cadre dans lequel ils ont été formés et élevés. Prenons un exemple : un véritable homme d’Etat aurait compris que le pays est en ébullition, qu’il faut absolument surseoir à des décisions qui vont engager la population pour une longue période… Eh bien, dans le cas qui nous occupe, le président et son parti font preuve de cécité.

     

    Rendez vous compte : ce président, élu par défaut (car l’autre candidat prévu avait eu un problème avec la législation en vigueur dans de telles élections), invite l’opposition à venir dialoguer avec lui, tout en affirmant haut et fort qu’il ne reviendra sur rien. Même un enfant encore à la mamelle demanderait à quoi peut bien servir cette rencontre si rien ne change, si le président actuel ne revient pas sur ce qui heurte l’opposition…

     

    L’opposition, notamment M.M. Amr Moussa et El Baradaï ne sont pas des idiots, ils connaissent toutes les ficelles de la politique intérieure égyptienne. Ce qui est encore plus préoccupant, ce sont les appels à la démission du président actuel. Et l’Egypte, en tout état de cause, va entrer dans une zone de turbulences et d’instabilité. Les morts d’hier sont près d’une dizaine tandis que les blessés se comptent par centaines. C’est un très mauvais début.

     

    Il m’étonnerait fort que ce président réussisse à se maintenir contre la volonté de son peuple. Certes, il est soutenu par ses partisans, mais si cele s’envenime on ira vers un scénario à la syrienne, sauf si l’armée siffle la fin des affrontements et prend les choses main. Selon moi, c’est bien ce qui risque de se passer.

     

    La grande leçon à tirer : dans moins de deux décennies, le Proche Orient que nous connaissons ne sera plus le même. Les régimes auront tous changé, les frontières ne seront plus les mêmes en raison de tous ces foyers de tensions, de séparatismes et d’antagonismes religieux.

     

    Ne survivront que ceux qui auront su s’adapter.

  • La déstabilisation du président égyptien, vecteur de l’islamisme

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    La déstabilisation du président égyptien, vecteur de l’islamisme

     

    Les hommes politiques sont parfois incorrigibles : même parvenus à la magistrature suprême, ils s’entêtent, pour certains, à se comporter comme des hommes de partis ou d’institutions alors qu’ils ont été élus pour demeurer au service de tous…  C’est exactement ce qui vient d’arriver à M. Mohammed Morsi, issu de la confrérie des Frères musulmans.

     

    Depuis hier soir, plus de cinq victimes et des centaines de blessés autour du palais présidentiel au Caire, qui est désormais entouré d’une ceinture de blindés. Quel changement, quelle transformation ! Du fond de son hôpital-prison, le président Hosni Moubarak, autrement mieux préparé à exercer les fonctions suprêmes de l’Etat doit savourer sa revanche. M. Morsi est parvenu à scinder son paix, à le diviser, à en monter une faction contre une autre. Le tout afin d’imposer ses idées islamistes et de donner à l’Egypte un régime que la majorité du peuple refuse et rejette.

     

    Comment ce président a t il pu gâcher si piteusement les innombrables atouts qu’il avait en main ? Comment a t il pu méconnaître à ce point les réalités fondamentales de son pays ? IL a réussi un tour de force que nul n’avait pu réaliser avant lui : unifier l’opposition contre lui alors que ses programmes hétéroclites l’empêchaient de le faire. Eh bien, grâce à M. Morsi, l’opposition parle d’une seule voix et on a vu M. El Baradai et M. Amr Moussa, côte à côte, réclamer le retrait du décret scélérat et anti-démocratique.

     

    Le régime dont les manifestants exigeaient la chute et le départ de son chef n’a plus qu’une double perspective, aussi humiliante l’une que l’autre, devant lui : retirer le décret ou partir. M. Morsi ne partira pas ni ne retirera son décret, ce qui veut dire que les troubles vont se poursuivre, la situation économique, déjà précaire, s’aggraver et donc le mécontentement croître.

     

    Dans son coin, l’armée ne restera pas inactive. C’est bien elle, on l’oublie parfois, qui a demandé à son ancien chef de partir, afin de ne pas heurter le peuple. Or, ce même peuple, profondément divisé, demande à être gouverné au centre, ce que ne peut ni veut faire le président actuel. L’armée attend donc que les choses atteignent une telle gravité que l’on finira par faire appel à elle. Après tout, c’est elle qui dirige le pays depuis le milieu des années cinquante. Et apparemment, la confrérie aura simplement constitué une petite parenthèse dans l’histoire politique récente de l’Egypte.

     

    L’art de gouverner est subtil, ce n’est ni la ni les prophètes car les peuples se nourrissent d’aliments et non pas d’idéologie ni de la seule parole divine. Comme disait Voltaire (que M. Morsi n’a jamais lu), l’homme ne vit pas que de pain, mais il en vit aussi…

     

     

  • LES LUMIERES DE HANOUKKA

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    Les lumières de Hanoukka

     

     Du 8 au 16 décembre, ce samedi soir qui vient, à la sortie du sabbat, les juifs du monde entier (mais aussi tous ceux qui le souhaitent) allumeront la première bougie de la fête de hanoukka qui dure huit jours.

     

    Certes, il y aune histoire officielle qui explique ce geste religieux mais aussi profondément humaniste. Au cœur de la nuit, des ténèbres, une huitaine de petites bougies scintillent dans un petit instrument appelé hanoukkiya, sorte de bougeoir que toute famille juive possède chez soi en plusieurs exemplaires, ce qui permet à tous ses membres de s’acquitter de leur devoir.

     

    A quand remonte ce rite purement humaniste qui a permis de sauver le monothéisme sous toutes ses formes (paroles d’André Néher, comme me le rappelle mon ami le sous préfet Alain BOYER) à un moment où il était gravement menacé par le paganisme de la soldatesque grecque ?

     

    Sous Antiochus Epiphane IV, vers 165 avant notre ère,  ce roitelet se risqua à une hellénisation forcée de la Judée, provoqua la révolte des Maccabées et des judéens attachés à leur tradition ancestrale. Pour bien marquer son autorité, ce monarque détruisit les murailles de Jérusalem  et en profana le temple en y introduisant le culte idolâtre. La riposte fut foudroyante : sous la conduite des Macchabées et de Matthias ben Yohanan, la judée se déchaîna contre l’agresseur qui s’imaginait pouvoir la séparer de son Dieu et du monothéisme en général.

     

    Lors de la reconquête, il fallut nettoyer le temple des souillures qui l’avaient rendu impur.  Dans ce même temple brûlaient des lampes à huile. Mais les païens avait tout compromis et c’est à grand peine que l’on découvrit une unique fiole d’huile qui ne devait durer que 24 heures. Et miracle ! La fiole a tenu huit jours, ces mêmes huit jours que les juifs commémorent durant cette fête de hanoukka.

     

    Que veut dire ce terme hébraïque ? Simplement, l’inauguration, une façon de pendre la crémaillère, la remise en état du temple de Jérusalem, débarrassé des souillures et de l’abomination du culte idolâtre. D’où la pertinente remarque de Neher : le monothéisme réaffirme ses droits face à un paganisme qui se croyait triomphant.

     

    Durant les huit jours de cette fête, les juifs religieux insèrent dans les dix huit bénédictions (prière statutaire tri quotidienne) tout un couplet qui commence par ces termes : A l’époque de Mattathias ben Yohanan, le grand pontife, des Maccabées et de ses fils, au moment où le royaume grec impie chercha à leur faire oublier la Tora de Dieu et à les éloigner des commandements et préceptes divins…

    La tradition rabbinique a institué cette fête qui n’est donc pas d’origine biblique (comme d’ailleurs la fête de Pourim), mais qui reste une joyeuse commémoration  familiale.

     

    Essayons d’aller au delà du cadre de l’histoire religieuse et voyons, d’un point de vue universel, ce que représente cette fête, ce qu’est sa symbolique : cette fête tombe généralement au cours du mois de décembre, il fait froid et sombre.  On est généralement un peu triste en raison du ciel bas et du peu de luminosité solaire. Les bougies de hanoukka nous rapprochent de la lumière, de la chaleur et de la joie.  C’est aussi une façon de rappeler que l’hiver ne dure qu’un temps et qu’après l’oppression et l’obscurité ( la tyrannie et la honte du paganisme avec son culte orgiaque et ses abominations) arrivent la liberté et la joie des lumières.

     

    Hermann Cohen, le fondateur de l’école néo-kantienne de Marbourg a parlé de Kippour comme de la fête de l’humanité messianique, Hanoukka est la fête de l’humanité monothéiste, celle qui a découvert le monothéisme éthique, une divinité unique et qui se conduit moralement envers ses créatures.

     

    L’église primitive ne s’est pas séparée sans peine de cette belle fête qui incarne les espoirs de tout ce qui porte sur le visage les traits de l’humain. Certains vont jusqu’à y trouver les origines de la proximité temporelle avec Noël. Il y eut des infiltrations réciproques : ce sapin auréolé de lumières scintillantes, tout en étant un héritage des tribus nordiques christianisées, n’est pas sans évoquer les bougies de la hanoukkiya… D’un autre côté, il y a les cadeaux de Noël qui ont commencé à devenir une pratique même chez les juifs. Il faut toutefois rappeler que l’on avait coutume de donner des gâteaux ou des cadeaux, voire de l’argent aux enfants, durant cette fête.. Voici un excellent exemple de l’interpénétration des deux cultes issus d’un même tronc ; on ne pourra jamais dire qui est la source et qui est l’emprunteur…

     

    Alors hanoukka, vecteur d’un syncrétisme religieux moderne ? Quand j’étais professeur à l’Université de Heidelberg, j’ai assisté un jour à une curieuse cérémonie : Noël et hanoukka étaient très proches ce soir là, le sapin voisinait avec les bougies de hanoukka…. Mes édutiants allemands, juifs ou pas, me demandèrent de réciter les prières hébraïques ; ils m’apprirent ensuite ; alors que la bière coulait à flots qu’on célébrait WEIHKOUKA, mélange de Weihnachten (Noël) et Hanoukka… Mais Dieu n’aurait pas à reconnaître les siens car il se reconnaîtra en chacun de nous.

     

    Maurice-Ruben HAYOUN

  • Titre de la noteL’avenir de DSK

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    L’avenir de DSK

     

     

     

    Ce DSK a vraiment la baraka. Le 19 décembre au soir, il en aura fini avec la justice qui annulera sa mise en examen dans l’affaire du Carlton. Dégagé de toute entrave judiciaire, DSK se concentrera sur son rôle de consultant et sera donc sollicité à terme par des partis ou des personnalités politiques.

     

     

     

    Comment se dessinera alors son avenir personnel et professionnel ? Tout peut arriver. Certes, avant de nombreuses années, aucun parti ne le choisira pour être son candidat aux élections présidentielles. Mais il n’est pas exclu qu’il redevienne dans un avenir proche un conseiller officieux des plus hautes autorités de l’Etat. Un sorte d’éminence grise qui inspirerait la politique de tel ou tel gouvernement d’Europe et d’ailleurs.

     

     

     

    Quelles réflexions cela inspire t il au philosophe ? D’abord, l’homme DSK : ses qualités éthiques sont nettement en retard sur ses qualités dianoétiques, pour parler comme Aristote. Ensuite, les media ont la mémoire courte, de même les populations qui peinent à tout comprendre dans ce tintamarre.

     

     

     

    DSK reviendra donc. Ce que j’espère ce que sera un DSK régénéré. Stable psychologiquement et débarrassé de toute volonté de redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû être.

     

  • Titre de la noteBachar el Assad et les armes chimiques

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    Bachar el Assad et les armes chimiques

     

     

     

    Le régime syrien actuel n’en a plus pour très longtemps. Je l’avais déjà relevé lorsque l’on eut la preuve que les insurgés, encadrés et formés par les forces spéciales occidentales ont réussi à toucher et à détruire un avion de chasse et un hélicoptère de combat. Dès lors, la guerre en Syrie vivait un tournant, le régime ne pouvant plus se prévaloir de la maîtrise du ciel. Or, c’était la seule ressource qui lui restait s’il voulait ne pas dégarnir le front du Golan et ne pas engager des corps d’armée dont il n’est plus si sûr de la loyauté.

     

     

     

    Ne contrôlant plus de larges portions du territoire nationale, le régime a, semble-t-il, envisagé de rassembler des armes  chimiques dont il serait en train de mélanger les composantes afin de réduire ses ennemis. La CIA l’a su et le président US a adressé au régime une mise en garde d’une sévérité inouïe : si le régime  devait franchir cette ligne rouge, ce serait la fin pour lui… Et l’OTAN lui a emboîté le pas.

     

     

     

    La question qui se pose est désormais la suivante : Bachar aira t il jusqu’au  bout ? Où  pourrait il se réfugier (hormis l’Iran) s’il venait à tuer à l’arme chimique sa population ?

     

     

     

    Les combats se rapprochent de Damas dont l’aéroport vient tout juste d’être rouvert. Les insurgés sont de plus en plus nombreux. Bachar acceptera t il de mourir à Damas ou se réfugiera t il dans un réduit alaouite dans la région de Lattaquié où il y a des casernes, un aéroport et des ports, c’est à dire un min état alouite ?

     

     

     

    On ne connaît pas la psychologie de cet ophtalmologiste qui était destiné à un tout autre destin, n’était la mort accidentelle de son, frère Bassel. Il reste une autre possibilité, un putsch militaire pour sauver ce qui peut encore l’être.

     

     

     

    Je doute cependant que les sbires du régime, même ses affidés les plus inconditionnels acceptent de tuer à l’arme chimique leurs compatriotes.

     

  • Le gouvernement français a t il bien géré l’affaire de Florange avec L. MIttal ?

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    Le gouvernement français a t il bien géré l’affaire de Florange avec L. MIttal ?

     

     

     

    C’est la question que tout le monde se pose. Il est normal que le gouvernement fasse de son mieux pour préserver des emplois et ne laisse pas choir un site si dépourvu de moyens. Mais fallait il faire de la préservation de 629 emplois de sidérurgistes une cause d’intérêt et de portée nationales ? C’est sur ce dernier point que porte la contestation.

     

     

     

    Reprenons les choses dès le début. Dans sa campagne électorale, le président de la République avait fait une promesse formelle : il n’abandonner pas les salariés d’Arcelor Mittal à leur triste sort, pieds et poings liés devant un patron que l’on présente volontiers (y compris par les ministres du gouvernement) comme dépourvu du moindre scrupule et animé par une seule chose : le profit. Et je dois dire qu’aucune voix autorisée ne s’est encore fait entendre pour le défendre.

     

     

     

    Après son élection, François Hollande ne pouvait pas se renier. Il a fallu faire face car les sidérurgistes (qui sont si attachants et si émouvants) ont mobilisé la presse et l’opinion publique nationale. Face aux réalités économiques qui ne se laissent pas impressionner par les promesses électorales, le gouvernement s‘est retrouvé dans un douloureux tête à tête avec le patron du groupe. Le problème est que le gouvernement ne parlait pas d’une même voix.

     

     

     

    Le Premier Ministre qui a de l’expérience et sait très bien gérer ce type de problème a récupéré le dossier, ce qui n’a pas empêché un autre ministre de proposer des solutions un peu risquées et de faire dire qu’il avait au moins un repreneur sérieux dipsoé à investir et à faire vivre le site de Florange. La suite, tout le monde la connaît. Il n’en était rien.

     

     

     

    Le Premier Ministre a donc négocié une honorable sortie de crise avec l’entrepreneur Mittal, mais les termes de cet accord, apparemment secrets ne font pas l’unanimité, voire même suscitent un profond scepticisme chez les salariés.

     

     

     

    L’erreur qui a été faite et qui reste la source de tous les malentendus fut de proposer une nationalisation, c’est à dire une expropriation, même temporaire. La France aurait été mise en accusation devant les tribunaux, les investisseurs étrangers auraient rechigné devant une telle mesure et surtout, toutes les entreprises en cessation d’activité auraient réclamé la même mesure en leur faveur. Apparemment, le ministre en question n’a pas beaucoup réfléchi avant de parler. Ce qui pose la question de son maintien non pas au gouvernement, mais à ce poste. Il faudrait lui accorder un autre portefeuille mieux exposé et moins stratégique, aux yeux des médias.

     

     

     

    Car ce soir, en rencontrant le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault, les syndicats vont tenter d’opposer sa solution à celle de leur ministre…

     

  • La Palestine et Israël

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    La Palestine et Israël

     

     

     

    On a présenté l’admission de l’autorité palestinienne comme état observateur à l’ONU comme un changement radical de la situation au Proche Orient. Nous aurions souhaité qu’il en fût ainsi, c’est à dire que cela contribuât puissamment à la paix. A améliorer les relations entre les deux parties et à avancer sur la voie de la paix. Il semble bien que nous allons vivre une situation inverse.

     

     

     

    Comment sortir de cette ornière ? Les accords d’Oslo prévoyaient une autre procédure. Et les Israéliens auraient pu adopter une atout autre attitude, à savoir dénoncer ces mêmes accords et procéder à une remise en question générale. Par chance, ils ne l’ont pas fait. Mais ils sont mis en marche un train de constructions de maisons dans une portion de territoire qui sera, quoiqu’il arrivé, rattaché au territoire israélien.

     

     

     

    Mais cette reconnaissance, toute théorique à l’ONU, ne comporte pas des avantages mais implique bien d es devoirs et des obligations. Et la toute première est de savoir de quelle Palestine il s’agit : celle de Mahmoud Abbas ou celle du Hamas. Au nom de qui parle le chef de l’autorité palestinienne ?

     

     

     

    Et lorsqu’il y aura des obus des mortiers ou des missiles tirés vers le sud d’Israël, qui en revendiquera la paternité ? De même, les instances internationales devront mettre en accusation les Palestiniens lorsqu’Israël se plaindra. Et lorsque l’Etat juif ripostera, il sera alors à l’intérieur de son droit.

     

     

     

    On le voit, les difficultés ne font que commencer pour les Palestiniens auxquels même le Congrès des USA va couper les vivres/ A moins que, oui à moins que ce soit le départ d’une aube nouvelle où la partie palestinienne s’engagera sérieusement dans la voie  d’un règlement, reconnaître l’essence juive d’Israël dans des frontières sûres et reconnues.

     

     

     

    On en est encore un peu loin.

     

  • LLes ennuis du président Mohammed Morsi en Egypte.Les ennuis du président Mohammed Morsi en Egypte.es ennuis du président Mohammed Morsi en Egypte.Titre de la note

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    Les ennuis du président Mohammed Morsi en Egypte.

     

     

     

    Tout ceci était parfaitement prévisible et donc évitable. Pas du tout inéluctable. Et pourtant, les Frères musulmans, fidèles à leur nature essentielle, ont tout fait pour accaparer le pouvoir et le confisquer à leur  avantage exclusif. Et cela ne marche pas. Quand on parcourt à grande vitesse, sans entrer dans les détails, ce que dit cette nouvelle constitution islamistes, on se rend compte de l’inexpérience et de l’immaturité des juristes qui ont rédigé ce texte.

     

     

     

    Et cela nous ouvre les yeux sur ce que l’on a abusivement nommé le printemps arabe, tentant de claquer la notion de printemps de Prague ou de printemps des peuples sur une réalité tout à fait différente. Les journalistes vont vite en besogne : ce qui s’est passé tant en Egypte, en Libye qu’en Tunisie, c’est un soulèvement contre un pouvoir dictatorial qui a nié l’Etat de droit et a maintenu les populations dans un états de dénuement quasi général, réservant toutes les prébéndes et les meilleurs postes à une clientèle restreinte du régime en place (al hazb al-hakem). C’est tout autre chose qu’une soif de démocratie.

     

     

     

    Dans ces trois pays, cités ci-dessus, il n y avait pas de partis démocratiques aptes à prendre la relève et les votants ont jeté leur dévolu sur des islamistes. Le résultat est là, ce qui explique que les Occidentaux, les USA en tête, répugnent à aider puissamment les insurgés de Syrie de peur de voir les islamistes arriver les premiers au palais présidentiel d’Assad.

     

     

     

    Le monde arabo-musulman a besoin d’une refonte en profondeur, la culture doit changer et le politique doit être soigneusement séparé du religieux.

     

     

     

    Le président islamiste d’Egypte l’a oublié, il en paie aujourd’hui le prix. En fait, sa marge de manœuvre est encore plus étroite que celle de son prédécesseur. On l’a vu lors des discussions avec Me Hillary Clinton au sujet de Gaza. Il y avait le verbe haut et la docilité en politique internationale.

     

     

     

    Il est temps de considérer que les peuples sont adultes.