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  • La France n'a pas à s'excuser auprès de l'Algérie

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    Le voayge de François Hollande en ALgérie: la France n'a pas à s'excuser

    Les relations de la France avec son ancienne colonie ne sont pas près de s'apaiser. Elles ont toujours été passionnelles alors que ce la fait plus de cinquante ans que la France s'est désengagée de son ancienne colonie. Si l'on fait le procès de la colonisation il faudrait alors le faire pour le monde entier. C'était une attitude dictée par une forme d'européanocentrisme considérant que le vieux continent détenait la vérité et le progrès, et qu'il était en droit de les exporter partout où il voulait.

    Il faut être juste: la colonisation n'a pas apporté que des malheurs. Certes, certains moments furent très durs , notamment pour ce que l'on nommait jadis pudiquement les événements ou les opérations de maintien de l'ordre. Il y eut même des répressions sanglantes, desd luttes à mort où la compassion n'eut, hélas, pas la moindre place. Mais la France n'a pas fait que cela en Algérie. Elle a créé des villes, foré des routes, construits des maisons, des écoles et des hôpitaux: en une phrase, elle a donné à ce pays, devenu grand producteur de gaz et de pétrole les armes de la prospérité: qui a découvert les puits de pétrole de Hassi Messaoud? Qui a donné à l'Algérie ses infrastructures? C'est la France.

    Et, par dessus tout, on a donné à l'Algérie une langue européenne qui a permis à ses habitants d'entrer de plain pied dans la culture européenne et mondiale. Certes, la langue et la cultures arabes sont des choses importantes mais a bien vu que l'arabisation à tout crin de l'enseignement et de la recherche à causé un grand retour que le pays n'a toujours pas rattrapé…

    Que l'on me comprenne bien, il n'est pas question de fonder en raison ou en morale l'entreprise discutable que la colonisation mais on finit par éprouver de l'agacement en entendant certains réclamer une repentance.

    La France accuille sur son territoire des centaines de milliers d'Algériens, elle soigne dans ses hôpitaux ses citoyens, jusques et y compris le premier d'entre eux qui reçut un salvifique traitement au Val de grâce.

    Et puis, il y a le profond ressentiment des pieds noirs et des harkis qui furent massacrés lors de l'indépendnace. De grâce, ne nous jetons pas à la figure les morts de part et d'autre. Laissons à des esprits médiocres ce calcul dégrandant et peu édifiant. Et allons de l'avant.

    Le rédime alégrien devrait se démocratiser, mieux répartir la manne pétrolière et retenir chez lui ses ressortissants. En effet, on ne comprend pas bien que les Algériens critiquent mais rêvent de s'y rendre et d'y vivre.

    En un demi siècle d'indépendance, qu'a fait le régime pour ses citoyens? Alors, cessons de critiquer la France. Et construisons, bâtissons un avenir fondé sur le respect et l'égalité. Ne remuons pas trop les chocs de mémoires antagonistes.

  • Titre de la noteL’euthanasie

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    L’euthanasie

     

    C’est une question très grave car elle touche au devenir de l’homme en tant que tel.. L’humanité a fait tant de progrès, elle a repoussé bien plus loin les limites de l’existence humaine, elle a soigné et parfois même guéri des malades graves mais elle ne parvient toujours pas à alléger la douleur de ce terrible passage que l’on nomme : de la vie au trépas.

     

    Est ce que les gouvernements et les politiques en général sont habilités à légiférer en de pareilles circonstances ? Est ce qu’il leur revient de prescrire, de donner des lignes directrices dans ce domaine ? Faut de mieux oui, et surtout après s’être concerté avec le milieu médical qui sait mais qui se refuse à prendre tout seul une telle responsabilité.

     

    Mais qui aura le pouvoir de décider à quel moment il convient d’arrêter la vie ? Qui acceptera de prendre cette écrasante responsabilité ? Par nécessité, les politiques et les médecins, voire l’ensemble des professions médicales et paramédicales : souvenez vous des procès impliquant des infirmières qui avaient pris sur elles de mettre fin aux souffrances indicibles de patients incurables

     

    Je pense que c’est là que se situe le problème : abréger la vie pour que l’homme mourant cesse enfin de souffrir.

     

    La vieillesse est l’inéluctable suspendu au dessus d e nos têtes : nul ne peut y échapper. Mais l’on se demande si la longévité dont nous bénéficions est une chose intégralement bonne. Jadis, les êtres humains avaient une espérance de vie plus limitée, retardant ainsi, voire rendant impossible la survenue de maladies chroniques. Aujourd’hui, quand un être entame sa quatre-vingts dixième année, ses glandes endocrines, son muscle cardiaque, ses reins et ses poumons ne sont peut-être pas programmés pour durer en bon état aussi longtemps.

     

    C’est donc un grave débat qui va commencer à partir d’aujourd’hui car le professeur Sicard veut remettre au président français un rapport sur la question de l’euthanasie.

     

    Même si la science doit avoir le dernier mot il ne faut pas oublier les autorités religieuses qui ont elles aussi leur mot à dire…

     

     

  • Titre de la noteLe cas Gérard Depardieu...

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    Le cas Gérard Depardieu...

    On peut dire que la France entière est en émoi, tout le monde en parle et pourtant c'est une chose qui se produit tous les jours dans notre monde de libre circulation des hommes et des idées. Mais cette fois ci, la presse a donné ce non événement un retentissement sans pareil. Gérard Depardieu s'en va en Belgique, nous dit on, car il estime que la pression fiscale est devenue véritablement confiscatoire.. C'est son point de vue et il faut le respecter comme on doit respecter les opinions adverses.

     

    En revanche, les échanges verbaux, par presse interposée, sont un peu excessifs. Même M. Depardieu est allé trop loin en parlant de rendre son passepart. De l'autre côté, le gouvernement aurait l'ignorer superbement au lieu de réagir de cette manière.

    La sitaution économique est délicate, un certain nombre de gens ayant de hauts revenus (ce qui est légitime) parlent de payer moins de taxes en se réfugiant dans les pays voisins. On a eu l'exemple d'une immense capitaine d'industrie qui emprunte le même chemin fiscal et chercherait même à troquer sa nationalité d'origine contre la nationalité belge. Est ce un crime? Non, mais dans la période actuelle, cela fait d"sordre, au moment où l'on demande à tous de faire un effort.

    Nous connaissons tous des gens qui partent pour toutes sortes de raison. Mais, je le répète, c'est la résonnance donnée qui a fait le débat. Si personne n'en avait soufflé mot, on ne se serait aperçu de rien.

  • Titre de la noteL’Allemagne et Israël

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    L’Allemagne et Israël

     

    L’attitude de l’Allemagne lors du dernier vote à l’ONU concernant l’admission de la Palestine en tant que simple Etat observateur a été un peu ambiguë, mais les fondamentaux de la politique étrangère de Madame Merkel et de la république Fédérale depuis sa naissance n’ont pas été trahis. D’ailleurs, l’Allemagne a tenté de faire bonne figure devant les Etats arabes en désapprouvant la construction de nouveaux logements israéliens dans la partie orientale de Jérusalem et en Cisjordanie. Soyons honnêtes et n’accablons pas de grands alliés d’Israël : l’Allemagne ne pouvait pas faire moins, elle a condamné l’initiative israélienne du bout des lèvres. Quant aux USA, ils se sont contentés d’un laconique : ceci est contre productif

     

    Lors de la visite de Benjamin Netanyahou chez la chancelière, les choses se présentaient bien. Le Premier Ministre israélien a été plutôt satisfait de l’attitude allemande, le danger étant que les autres membres de l’UE suivent l’exemple français et votent massivement dans le même sens. L’Allemagne, par son abstention, a fait pencher la balance dans l’autre direction.

     

    Ce qui est intéressant dans toute cette affaire, c’est évidemment la responsabilité historique de la patrie de Goethe, Schiller et Hegel vis-à-vis du peuple juif. Et cela Madame Merkel, qui est une fille de pasteur, ne l’a pas oublié. Il y a aussi les choses que l’on ne dit pas car elles relèvent de notes secrètes : il s’agit de l’aide allemande à Tsahal et de la coopération entre les services des deux pays.

     

    L’entremise allemande est très appréciée au Proche Orient, y compris à l’égard du Hezbollah qui accepte souvent des médiations allemandes. Plus proche de nous, la médiation allemande a été pour beaucoup dans la libération de Gilad Schalit. J’avoue ne pas savoir à quand remonte cette influence allemande dans ce Proche Orient si peu germanique, mais cette influence existe bel et bien.

     

    Par delà le douloureux passé et les chaines indestructibles de l’Histoire, tant de liens ont existé et existent encore les deux peuples, le peuple juif et le peuple allemand. Un éminent rabbin-philosophe, du nom de Julius Guttmann, l’auteur de l’insurpassable ouvrage Die Philosophie des Judentums (Munich, 1933), qui a fui le régime nazi et a fini ses jours vers le milieu des années cinquante à Jérusalem, a écrit ceci : l’Allemagne est le lieu de naissance (Geburtsstätte) du judaïsme moderne… Ce n’est pas rien, surtout sous la plume d’un tel savant.

     

    Lorsque Madame Merkel s’est rendue à la Knését pour y tenir un discours en allemand (le président lui en avait donné l’autorisation) elle avait dit dans son discours.  Wir werden Israel nie allein lassen. : Nous n’abandonnerons jamais Israël

     

    Je trouve qu’elle a tenu parole et c’est tout à son honneur. Es gereicht ihr zur Ehre.

     

    Un jour viendra où l’on remettra en valeur ce magnifique legs intellectuel et spirituel du judaïsme allemand (das geistige Vermächtnis des deutschen Judentums). On reparlera alors de la symbiose culturelle judéo-allemande. Et on redonnera vie à ceux qui ont été tués. C’est ainsi qu’on interprète un beau verset du Cantique des Cantique : dovev sifté yeshénim : remuer les lèvres des gisants, ceux qui ne sont plus là pour parler et prendre leur défense.

     

    Nous le faisons pour eux.

     

    Maurice-Ruben HAYOUN

    In Tribune de Genève du 16 décembre 2012

  • Titre de la noteUn changement de la politique russe en Syrie ?

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    Un changement de la politique russe en Syrie ?

     

    La diplomation russe a gardé quelques habitudes de la longue et sinistre hibernation qu’on nomme la période soviétique. Ils font dire par un membre subalterne de leur parti ou de l’ancien parti communiste quelque chose qui sert de ballon d’essai : soit que les membres du Politburo discutent entre eux et ne se sont pas encore mis d’accord, soit ils attendent de voir les réactions de l’étranger.

     

    Dans ce même contexte , c’est ce qui vient de se passer avec la Syrie sur laquelle le ministre adjoint de Monsieur Lavrov, en charge des affaires étrangères, dit pour la première fois que la victoire des insurgés n’est plus à exclure et que le régime perd de plus en plus de terrain. Les rebelles ont conquis deux aérodromes militaires dont ils pillent les arsenaux car en s’enfuyant les troupes loyalistes n’ont rien détruit.  Les insurgés ont donc de solides bases arrières. C’est un fait nouveau et peut être même déterminant.

     

    Il y a enfin la recrudescence des attentats à la voiture piégée en plein Damas, ce qui signifie que le régime n’st plus très bien gardé puisqu’il ne parvient même plus à stopper les infiltrations au cœur de sa capitale.

     

    Ces faits expliquent la déclaration du ministre russe mais ne laissent pas présager de changement dans la politique de son pays face à Bachar el Assad dont il n’a pas critiqué le régime ni la conduite des opérations. Il faut dire que le jour où les techniciens russes (dont certains en cours d’évacuation) cesseront d’assurer la logistique de l’armée syrienne, celle-ci s’effondrera.

     

    Toute la question est de savoir dans combien de temps : il y a déjà plus de 40.000 morts et personne ne fait rien. Les Occidentaux ne livrent pas d’armes sophistiquées de peur qu’elles ne tombent en de mauvaises mains… Car après Assad, il faudra voir avec les islamistes d’al-Quaida. Et là, c’est une autre affaire.

  • Les plans sociaux en France

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    Les plans sociaux en France

    Il y a une nouvelle génération de leaders syndicaux qui émergent car l'aspect humain des fermetures d'usines saute désormais aux yeux. Je pense à l'émigré italien ou espagnol, devenu le porte parole de la CFDT qui a interpellé le président de la République avec cœur. On ne saurait le lui reprocher car c'est un homme honnête et dsintéressé. On ne peut pas être insensible à ces demandes même si elles ne nous paraissent pas viables économiquement.

    Je ne me place pas dans le domaine de la subjectivité mais dans celui des tristes réalités économiques. On est en train de vivre une époque nouvelle avec des problématiques nouvelles: du matin au soir, nous sommes confrontés à des plans sociaux, des fermetures d'usine, un peu comme si le précédent gouvernement avait tout remis à plus tard afin d'éviter ce triste impact.

    Ce qui rend d'autant plus touchant les interpellations de ces syndicalistes. Lorsqu'ils vous parlent d'une injustifaible, d'une inacceptable chosification, réification des hommes, des ouvriers, comment ne pas réagir, ne pas se sntir concerné par l'injustice et la détresse?

    Pourtant, ce sont les adeptes du réalisme économique qui triompheront. Les gouvernements, quels qu'ils soient, devraient tout de même étudier des réactions plus musclées.

    Le profit, c'est bien, mais le bonheur et l'équité c'est nettement mieux.

  • Syrie, on s’achemine vers la fin du régime d’el-Assad

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    Syrie, on s’achemine vers la fin du régime d’el-Assad

     

    L’annonce de la reconnaissance par les USA de l’opposition comme l’authentique et légitime représentante de l’Etat et du peuple syrien a été faite cette nuit par le président Obama cette nuit. Cela marque un tournant. Les USA première puissance mondiale rejoignent donc la France et la Grande Bretagne ainsi que d’autres pays de moindre importance.

     

    Su la terrain, la situation se décante lentement en faveur des insurgés qui ont conquis au moins un aéroport militaire et utilisent désormais des armes plus sophistiquées, ce qui laisse supposer que des membres de forces spéciales occidentales opèrent à leurs côtés. Certes, les forces loyalistes tiennent toujours, les désertions se font plus rares et les défections d’officiers supérieurs ont presque entièrement cessé. Et s’i elles continuent, elles se font plus discrètement ou les media préfèrent ne pas en parler.

     

    Le grand point d’interrogation tient à la résistance de l’armée d’Assad. Certes, c’est une armée su le pied de guerre depuis plus de quarante ans en raison de la confrontation avec Israël. Les troupes sont donc aguerries, bien équipées par la Russie et choyées par le régime, mais leur  résistance ne laisse pas d’étonner : cette armée est soumise à rude épreuve depuis plus de vingt mois, elle a mis en action presque toutes ces unités, y compris les unités navales qui bombardèrent jadis des camps palestiniens. L’armée continue à recevoir des munitions, à entretenir son matériel grâce aux techniciens russes ; bref, elle tien le coup.

     

    Il y a fort à parier que dans les coulisses, certains pays fournissent des armes à des groupes armés sûrs dont on sait qu’ils n’ont pas partie avec les islamistes d’al-Quaida. Mais en tout état de cause, la nouvelle la plus importante est bien cette toute nouvelle reconnaissance par les USA.

  • Titre de la noteLa pauvreté

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    La pauvreté

     

    C’est un phénomène aussi vieux que l’humanité : depuis que les premiers humanoïdes ont fait leur apparition  sur cette terre, ils étaient accompagnés d’un frère jumeau qui n’est autre que la pauvreté. Déjà dans le livre du Deutéronome on dit clairement qu’il faut se porter au secours de son frère démuni car le miséreux ne manquera jamais sur terre…

     

    Pourquoi cette calamité et d’où provient elle ? Nous naissons tous nus et égaux (en apparence), certains s’en tirent plutôt, d’autres moyennement et d’autres, enfin, pas du tout. Il y a, certes, des origines sociales à la pauvreté, lorsque les inégalités vont en s’accroissant et que rien, ou presque, n’est fait pour y porter remède.

     

    De la pauvreté il est de plus en plus question dans nos sociétés et aujourd’hui même le Premier Ministre français, M. Jean-Marc Ayrault doit prononcer un discours annonçant l’augmentation de 10% sur cinq ans du RSA. Est ce la panacée ? Non point, mais c’est un pas dans la bonne direction. Car il faut s‘attaquer aux racines du mal. Et ces racines là sont si profondes et si anciennes que chaque gouvernement recule devant l’amplitude de la tâche.

     

    L’inculture, le chômage, la maladie ne sont pas uniquement des causes génératrices de pauvreté, ce sont aussi des résultats d’une situation sociale peu enviable. Un peu comme la poule et l’œuf : qui est responsable de qui ? Qui précède qui ?

     

    Laissons de côté l’aspect théorique et concentrons nous sur ce que vivent nos concitoyens et sur ce que nous vivons nous mêmes de près ou de loin : d’après des sondages (même si je n’aime pas les enquêtes d’opinion et que je doute fort de leur sincérité) beaucoup de Français ont peur de devenir pauvres, redoutent de sombrer dans la précarité et ne voient guère d’avenir appréciable pour leurs enfants. Et je ne parle même pas des travailleurs pauvres, c’est-à-dire ayant un emploi mais ne pouvant ni se loger ni se nourrir de manière décente.

     

    On a alors tendance à se tourner vers les gouvernements, la plupart du temps. Rares sont les cas où l’individualisme triomphe, où quelques personnalités croyant en elles mêmes et en leurs chances, se lancent dans des projets fous mais qui finissent par être payants. Cela reste un phénomène marginal, seul l’Etat peut agir pour sortir le plus grand nombre de la misère. Et quels sont les moyens d’action de cet Etat ? La fiscalité, la levée d’impôts nouveaux, ce qui veut dire  que certaines couches de la population sont appelées à faire preuve de solidarité avec d’autres couches sociales moins bienvenues… Et c’est là que les choses se compliquent car certains (et on peut les comprendre) préfèrent s’exiler plutôt que d’être ponctionnés (comme ils disent) à tort et à raison.

     

    Je ne vois qu’une solution, renforcer l’élan de solidarité mais sans rendre les pauvres tributaires d’un assistanat permanent. Ne laisser personne sur le bord de la route tout en disant que l’aide ne sera pas pérenne mais qu’il faut se prendre en main le plus vite possible.

     

    Il y a aussi un autre problème de nature morale : comment s’occuper de nos pauvres avant de porter assistance à ceux des autres ? Nous ne pouvons pas faire de discrimination mais il faut bien reconnaître que de plus en plus de Français sont pour l’arrête immédiat et définitif d’une émigration, attirée par les minima sociaux dans ce pays. Il faut se rendre à l’évidence : on ne peut pas tout faire. Il faut, certes, aider les pauvres étrangers chez eux, dans leurs pays. On ne peut pas les accueillir alors que les nationaux souffrent déjà tant.

     

    Regardez les résultats du Front National aux trois élections législatives partielles en France : le FN n’a, certes, pas gagné, mais il fait de bons scores, ce qui montre qu’il s’installe dans le paysage politique. C’est un signal d’alarme et il serait sage d’en tenir compte.

  • Titre de la noteLe président Morsi et le piège du référendum

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    Le président Morsi et le piège du référendum

     

    Tous les journaux l’annoncent : cette journée est pour l’Egypte la journée de tous les dangers. Car le président égyptien dont l’opposition réclame la démission n’a pas su aller au bout de sa démarche et a préféré s’installer lui-même dans une sorte de nasse d’où il peine à sortir : le maintien de la date de ce référendum dont une majorité de ses concitoyens ne veut pas.

     

    Pour complaire à ses partisans de la confrérie des Frères musulmans, M. Morsi a choisi le passage en force. Pour ne pas être débordé par les manifestants qui campent aux portes de son palais, il a dû faire appel à l’armée, celle-là qu’il avait cru mettre hors circuit en mettant à la retraite ses plus hauts gradés, jadis promus par le président Moubarak.

     

    C’est la seconde erreur, car tout en affirmant son autorité, l’actuel président révèle sa faiblesse : il compte sur cette même armée pour rétablir l’ordre. Or, le ministre de la défense a confié à M. Morsi qu’il n’était pas certain de la loyauté des troupes vis à vis du régime. Un entendement sain aurait aussitôt commandé de reporter la consultation populaire, en trouvant un motif qui n’aurait trompé personne mais aurait permis de sauver la face. M. Morsi n’en rien fait et a préféré camper sur ses positions, pour continuer de complaire aux Frères musulmans.

     

    Comment imposer à tout un pays une constitution rédigée à la va vite par des islamistes qui ne représentent pas la sensibilité générale des Egyptiens ? Que faire des femmes, des coptes, des chrétiens orthodoxes, des libéraux, des démocrates, des laïcs et autres ? Ce sont, en principe, des Egyptiens comme les autres. Ou bien en st-il autrement ?

     

    On redoute le pire si la date est maintenue. Si la sagesse ne l’emporte pas, c’est l’armée qui reprendra la rênes du pouvoir. Et la parenthèse islamiste sera refermée.

  • Titre de la noteLa reculade du Président MORSI : le retour de l’armée ?

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    La reculade du Président MORSI : le retour de l’armée ?

     

    C’était prévisible et on l’a maintes fois répété ici même : l’actuel président de l’Egypte ne pouvait pas maintenir les mesures qu’il a prises de manière si inconsidérée, et qui montrent combien les Frères musulmans ont du mal à se couler dans des moules démocratiques, pressés qu’ils sont de confisquer le pouvoir et de soumettre à leurs propres choix le reste de la population.

     

    Un mot des suites de cette affaire : le président vient d’annuler le décret infâme par lequel il entendait se placer au-dessus de toutes les lois (alors qu’il est censé les garantir et les faire respecter) et barrer la route à tout recours subséquent : c’est à dire l’inconstitutionnalité absolue ! Aujourd’hui encore, on en est à se demander quel est le juriste qui a bien pu lui mettre pareille idée dans la tête. Ces conseillers ont dû lui dire que la loi de Dieu qu’ils prétendent incarner est au-dessus des lois humaines : c’est le fondement même des dictatures fondamentalistes et du pouvoir religieux sans partage.

     

    Devant une telle façon de bafouer la loi, le peuple égyptien s’est dressé pour dire non et exiger même la démission du dictateur en herbe.  J’ai entendu sur Al-Jazeera et Al-Arabiya hier des manifestants dire que les Frères musulmans se comportaient comme un état dans l’Etat (status im statu : dawla dakhl dawla) ; un autre a dit que l’on ne pouvait pas régler en quelques heures une constitution destinée à régir près de 90 millions d’habitants.

     

    Le problème, aujourd’hui, est que M. Morsi est allé trop loin et que personne ne lui fait plus confiance, au point de demander sa démission : on a vu fleurir les mêmes slogans que ceux qui ont visé le président Moubarak : arhal (dégage) al chaab yorid sokout a niddam (le peuple exige la chute du régime)… Bref, par des mesures qui signent son manque de stature de véritable homme d’Etat, cet homme risque de précipiter l’Egypte dans une sorte de guerre civile.

     

    Or c’est justement ce que veut éviter l’armée dont on disait qu’elle était décapitée ou assoupie. Or, c’est elle qui a sifflé la fin de la récréation intimant l’ordre à M. Morsi de retirer son inacceptable décret, ce qu’il a été contraint de faire. Mais le mal est fait et le maintien du référendum à la date prévue annule la mesure d’apaisement.

     

    On se demande aussi pourquoi l’esprit cartésien est la chose du monde la moins bien partagée : en annulant le décret mais en maintenant la date du référendum, M. Morsi fait une chose et son contraire. Le calme serait revenu s’il avait préconisé un report sine die de ce vote. En voulant tout prendre et tout garder, il risque de tout perdre…

     

    Le schéma que nous avions dessiné ici même il y a quelques semaines se concrétise : l’armée a laissé faire, a fait preuve de docilité, connaissant en son sein les travers des Frères musulmans qu’elle a combattus durant 65 ans ! Elle savait qu’ils ne se convertissent à la démocratie que temporairement, une fois qu’ils ont remporté les élections. Après avoir voté dans le bon sens, on ne vote plus…

     

    Le Proche Orient ne peut plus se permettre de telles convulsions épisodiques et l’Egypte est le cœur du monde arabo-musulman. Il faut se ressaisir ou alors rendre le pouvoir à l’armée.