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  • Qui est responsable des suicides d’employés de France Telecom ?

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    Qui est responsable des suicides d’employés de France Telecom ?

     

    Hier soir, sur une chaîne de télévision française, j’ai suivi un émouvant débat concernant des mises en examen d’un groupe de dirigeants d’une grande entreprise, France Télécom, dont 38 salariés se sont suicidés en raison de conditions de travail littéralement écrasantes. Il convient d’être prudent et de peser chaque terme, chaque mot car il y eut, c’est hélas le cas de le dire, mort d’hommes.

     

    Le débat fut digne. Le problème était le suivant : comment une telle entreprise de près de 100.000 salariés a-t-elle pu être dirigée par une troïka qui demeura insensible (dit-on) aux souffrances de plus en plus insupportables, subies par les femmes et les hommes dont le seul tort fut d’être des salariés ? Replaçons les choses dans leur contexte socio-économique : depuis des années, France-Télécom accumulait des milliards de déficit, ce qui menaçait la pérennité de l’entreprise. Il fut décidé de stopper cette hémorragie en licenciant des milliers de salariés et en mutant à d’autres postes un nombre encore plus important. De telles mesures, dont on ne conteste pas le bien-fondé mais qui furent appliqués sans discernement ont provoqué de graves tourments qui ont dû se surajouter à des vies déjà fragilisées ou compromises par d’autres souffrances qui ne concernaient nullement l’action de l‘entreprise..

     

    Il n’est pas question pour moi de trancher et je ne voudrais pas être à la place des juges qui auront à le faire : mais il me semble que ce qui a fait défaut dans ce monde concurrentiel sans pitié (où les gros avalent tout crus les petits), c’est une notion humaine, l’humanisme patronal. Au fond, nous n’existons plus aujourd’hui que par notre travail. Questionnez un chômeur ou un salarié qui s’attend à perdre son emploi, c’est une lente agonie, une exclusion vécue au jour le jour.

     

    Regardons aussi ce grave problème du côté des chefs d’entreprise, car eux aussi se suicident parfois lorsqu’ils sont confrontes à des difficultés jugées insurmontables si ce qu’’ils ont bâti au cours de toute une vie menace de sombrer.

     

    Mais fallait-il muter à tout va tant d’hommes et de femmes ? Certes, il y avait jadis en France une mentalité dite de fonctionnaires, invirables, qui se considéraient mal payés et qui travaillaient peu. Dans les conditions actuelles, une telle mentalité n’existe plus. Aujourd’hui, quelqu’un qui ferait semblant de travailler car son patron fait semblant de le payer (le paye mal) serait remercié sur le champ.

     

    Mais que dire de ces hommes et de ces femmes qui ont mis fin à leurs jours en invoquant d’insupportables conditions de travail ? Leur sort est tragique mais on ne peut pas imputer aux dirigeants de l’entreprise une culpabilité à 100%. Certes, ils n’ont pas brillé par leur humanisme mais, au fond, dans une entreprise on ne gère pas les humeurs ni le malvivre des salariés. Et pourtant, on devrait, cela aurait épargné des vies.

     

    L’un des participants a bien résumé de telles mœurs : on te casse pour que tu te casses ! C’est-à-dire on vous accable de travail, on vous harcèle sans cesse, en exigeant toujours plus et à la fin soit vous craquez et vous partez, soit, si vous restez, vous mourrez.

     

    De telles pratiques, de telles mœurs sont inacceptables. On n’est plus au XIXe siècle dans les mines du Pays de Galles où l’on faisait travailler les enfants et où la longévité ne dépassait pas 40 ans.

     

    On ne peut plus rien faire pour ces pauvres êtres qui mirent fin à leurs jours. Sinon les réhabiliter et dédommager leurs proches.

     

    Mais de telles choses ne doivent plus se reproduire ici.

  • Les origines religieuses ou les sources bibliques de la mixité sociale

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    Les origines religieuses ou les sources bibliques de la mixité sociale

     

    La Bible est le livre le plus réédité de l’humanité. Pas forcément le plus lu, ni le mieux compris. Pourtant la plupart de ses recommandations ont été traduites dans nos sociétés et dans nos législations, notamment sociales.

     

    Un conservateur allemand, partisan d’une révolution conservatrice, autrement dit, Carl Schmitt avait au début du XXe siècle prononcé quatre conférences qu’il réunit dans un ouvrage intitulé Politische Theologie (Théologie politique). Il y expliquait que la plupart des idéaux civils et politiques étaient de provenance religieuse ou théologique et avaient été laïcisés sous forme de législations sociales. En somme, Carl Schmitt fut l’un des premiers à admettre la genèse religieuse du politique. Il a certes commis des erreurs, notamment en se rapprochant des nazis, ce qui lui valut l’interdiction d’enseigner après la guerre (Lehrverbot).

     

    Prenons quelques exemples, notamment en ce qui concerne la mixité sociale. C’est une loi, éminemment éthique, qui fait obligation d’admettre chez soi ou dans son voisinage immédiat des ilots peuplés de gens qui ne sont pas nécessairement du même niveau social. Même si certaines municipalités renâclent à s’y soumettre, la loi parvient à fissurer ce monolithisme granitique social qui conduirait à une sclérose où les mêmes se transmettraient les mêmes postes de génération en génération.

     

    On serait étonné de découvrir que dans des traditions exégétiques fort anciennes (Ve-VIe siècles) il est reproche au patriarche Abraham de ne pas avoir invité un contingent de pauvres lorsqu’il fêta le sevrage de son fils Isaac. N’est ce pas là une magnifique illustration de cette mixité sociale où les riches ne restent plus exclusivement entre eux et où les pauvres ne sont plus confinés dans leur misère ?

     

    Cet équilibre social est maintes fois défendu dans la littérature prophétique : les vieux prophètes hébraïques comme Amos, Isaïe et Jérémie mettent en garde contre la spéculation immobilière, en milieu urbain comme en milieu rural, dénoncent ceux qui accumulent les champs et les domaines, privant leurs frères de tout moyen de subsistance.

     

    Jacob Kaplan, ancien doyen d’âge de l’Institut, avait jadis prononcé une conférence devant l’Académie des Sciences Morales et Politiques, au cours de laquelle il montrait l’origine biblique des grandes lois sociales contre l’esclavage, pour le respect de la dignité humaine et la solidarité entre les différences couches sociales. Il faut, écrivait l’ancien grand rabbin de France, que les hommes puissent vivre ensemble de la façon la plus harmonieuse possible. Il paraphrasait ainsi le verset biblique des Nombres : pour que ton frère puisse vivre avec toi (wa-hay ahikha immakh)

     

    Même si un débiteur se révèle durablement insolvable, il ne saurait être condamné à tout perdre. Il peut louer sa force de travail pour rembourser ses dettes mais jamais plus de sept ans. Et au terme de son engagement, il ne doit pas partir les mains vides, il faudra lui remettre un petit pécule lui permettant d’affronter sa nouvelle situation dans de bonnes conditions. Et même durant ses années de travail, on lui épargnera un dur labeur car il demeure un être humain à part entière. Sa dignité d’homme libre doit être respectée et préservée.

     

    Notre culture française nous a fait oublier une telle genèse religieuse du politique, ce qui n’est pas le cas de nos voisins allemands qui adorent deux Bibles : celle de Luther bien évidemment et le Wilhelm Meister de Goethe, grand roman de formation (Bildungsroman). Outre-Rhin, la Bible fait partie d’une authentique culture et l’enseignement de la religion est considéré comme une authentique matière académique.

     

    Comme les Arabes, les Allemands ont du mal à trouver un terme qui corresponde en tout point à notre concept de laïcité. Comme les Arabes , ils opposent l’en-deçà à l’au delà, les choses mondaines aux choses divines. En fait, la ligne de partage est une fois de plus la Bible, le comportement face à l’héritage religieux. On se souvient de l’opposition française à évoquer l’héritage spirituel de l’Europe, das geistig-religiöse Erbe.

     

    Les puissantes mutations sociologiques qui traversent nos sociétés vont nous contraindre à réviser nos attitudes et nos modes de pensée. On peut lire la Bible comme un monument littéraire et pas nécessairement comme un texte exclusivement religieux.

  • Mais qui gouverne en Egypte ?

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    Mais qui gouverne en Egypte ?

     

    Après le décret inconstitutionnel du président Moursi en vue de rétablir le parlement dissous par l’autorité judicaire suprême, les positions semblent se durcir puisque cette même cour constitutionnelle a de nouveau réagi en suspendant le décret présidentiel. Mais pour le moment, il n’y aura pas de confrontation armée car les généraux qui ont jusqu’ici agi en fins diplomates savent être patients et ont le droit de leur côté. Le problème est que cette situation ne saurait perdurer et risque de mener à la paralysie des institutions. La question est donc : que vont faire les Frères musulmans ? Que va faire le nouvel élu ? Va-t-il se libérer d’une pesante tutelle et suivre sa propre voie ou restera-t-il soumis aux mouvements de foules et aux revendications de ses militants ?

     

    Si l’on pousse le système dans ses ultimes conséquences, il faudra bien procéder à de nouvelles élections législatives afin de donner au pays un nouvel organe législatif. Il y a fort à parier que les Egyptiens auront médité la leçon et qu’ils enverront au parlement une autre majorité. M. Moursi le sait et c’est pour cette raison qu’il a tenté ce petit coup de force. Mais il connaît aussi l’étroitesse de sa marge de manœuvre. Il suffit de voir due sur toutes les photos officielles, le président islamiste est solidement encadré par les généraux et la maréchal Tantaoui . C’est bien plus qu’une simple formalité protocolaire.

     

    En fait, les Egyptiens se sont fait plaisir, si je puis dire, en optant pour un changement radical, un peu comme un jeune couple s’adonne aux embrassades passionnées sans limite. Avec le temps, la réalité reprend ses droits : les mêmes difficultés, les mêmes attentes, les mêmes frustrations. Mais les Egyptiens ont voulu tourner le dos une fois pour toutes à l’ère Moubarak. C’est légitime et compréhensible, mais guère sage.

     

    Il faudra élire une nouvelle assemblée, plus modérée et plus équilibrée, qui saura écrire une constitution digne de ce grand pays, non encore démocratique, qu’est l’Egypte.

  • les conversation de Mohammed Mera avec le Raid

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    Il ne fallait pas diffuser à la télévision les conversation de Mohammed Mera avec le Raid

     

    Un violent débat secoue le monde audiovisuel français à la suite de la diffusion des paroles de l’assassin M. Méra. Les familles des victimes ont été, à juste titre, révulsées, par cet avantage post mortem donné à un assassin multirécidiviste (sept victimes), alors que les victimes ne pourront plus, à tout jamais, faire entendre leur voix. On comprend l’émoi, voire l’indignation de leurs familles.

     

    Les journalistes, ou bien ceux qui se font passer pour tels, reprennent le vieil argument usé jusqu’à la corde du devoir d’informer. Mais en réalité, ce qui les motive ‘est autre que la recherche du scoop et de l’audimat en hausse. Que l’on me comprenne bien : je ne cherche pas à dévaloriser le métier de journaliste (que je ne suis pas mais que j’exerce indirectement ici même depuis des années), je veux simplement montrer que l’on ne saurait permettre à quelques personnes de décider de plonger tout un pays, voire le monde entier, dans la stupeur et la consternation.

     

    Et je laisse de côté les délits qui accompagnent cette grave transgression. Ces enregistrements étaient sous scellés, les juges avaient promis que ce secret de l’instruction ne serait jamais violée et voilà qu’une grand chaine de télévision passe outre et diffuse une sorte de résumé qu’elle s’est elle-même arrogée de confectionner… Depuis quand des journalistes se transforment-ils en juges, en greffiers ou en maîtres de l’éthique ?

     

    Ceux qui me lisent régulièrement savent bien que je n’ai pas l’indignation facile. Je voudrais simplement dire que l’information n’est pas un droit qui surclasserait tous les autres. En fait, cette abstraction ne veut rien dire. Ce n’est pas l’information qu’on voit circuler ou défiler sur les écrans de télévision, mais des hommes et des femmes qui se veulent des journalistes mais qui, pour certains, devraient se soumettre au jugement de la conscience.

     

    Est ce à de simples journalistes de décider si les services spéciaux ont été bernés ? Est-ce à eux de régler le tempo de cette horrible affaire ? Non point. Mais ils ont gagné, sont parvenus à leur but puisqu’on parle tous d’eux. Difficile dans ces conditions de réagir comme il convient car on fait alors de la publicité à ce que l’on veut combattre…

  • Le président islamiste d’Egypte révèle sa vraie nature

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    Le président islamiste d’Egypte révèle sa vraie nature

     

    Sommes nous ce que nous faisons ou faisons nous ce que nous sommes ? La réponse à cette aporie philosophique ne semble pas avoir longtemps préoccupé le nouveau pharaon d’Egypte, M. Mohammed Moursi. Le nouvel élu vient de prendre un décret bafouant la décision de la cour constitutionnel, celle là même qui avait, il y a peu, proclamé sa victoire aux élections présidentielles, de dissoudre pour vice forme le parlement égyptien. Que fit M. Moursi ? Il décida de passer outre, ouvrant la voie à une confrontation violente avec l’armée, garante de l’ordre constitutionnel en Egypte… Que va-t-il se passer ? L’armée ne va pas manquer de réagir puisqu’une autre juridiction a confirmé l’arrêté de la cour constitutionnel, laquelle a rappelé qu’elle était l’organe suprême et que sont décisions s’imposaient à tous. Y compris le président.

     

    M. Moursi a donc invité le parlement dissous à se réunir ce matin au Caire. Il va falloir surveiller de près la réaction des forces de l’ordre : vont-elles empêcher les anciens députés de pénétrer dans l’enceinte du parlement ? Vont-elles les laisser occuper les lieux, sachant que toutes leurs décisions seront frappées de caducité ? Le monde entier attend, les yeux fixés sur le Caire.

     

    La confrontation entre les généraux et le nouveau pouvoir était inéluctable. On découvre aussi que la phraséologie des classes politiques arabes est toujours la même. On fait des discours, on s’appelle frères et amis et ensuite on prend des décisions qui vont à l’encontre de cet unanimisme de façade.

     

    Un pays comme l’Egypte a quelques priorités qui sont vitales : l’économie, le tourisme, la stabilité intérieure et la paix à ses frontières. Or, les islamistes veulent détourner le mandat donné par le peuple. Regardez ces jeunes gens qui manifestent sur cette place Tahrir, que veulent ils ? Du travail, uns situation dignitaire, en un mot un avenir. Que veulent leur donner les islamistes ? Des illusions, l’aspiration à un univers onirique qui n’existe que dans leur imagination surexcitée..

     

    Que va-t-il se passer ? Probablement un retour en arrière, une emprise plus forte, voire violente de l’armée sur le pays. Si le président chargé de faire respecter la constitution la viole à des fins partisanes, comment voulez vous que les généraux restent inertes ? On l’avait déjà dit : conquérir le pouvoir est une chose, l’exercer avec intelligence en est une autre…

  • Que ne ferait pas Kofi Anan pour qu’on continue de parler de lui…

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    Que ne ferait pas Kofi Anan pour qu’on continue de parler de lui…

     

    Il est très difficile pour des hommes qui eurent leur heure ou leur quart d’heure de gloire de rester chez eux, d’écrire leur mémoires et de voir d’autres leur succéder.. C’est exactement ce que fait M. Kofi Anan. Alors que son mission est mort-née, alors que les morts continuer de se compter par centaines chaque semaine, notre homme veut y croire : il rencontre Bachar el Assad, se rend à Téhéran alors que l’opposition armée réaffirme son opposition totale cet dirigeant sanguinaire, d’une part, et que, d’autre part, les Occidentaux ne veulent pas de l’Iran dans ce conflit et souhaitent l’évincer. M. Anan, lui, pense pouvoir offrir un rôle au pays des Mollahs.

     

    Que faire pour que M. Anan comprenne enfin ? Probablement voter une résolution de l’ONU lui retirant sa mission. Je l’ai vu hier tout sourires avec Bachar, parler de modération, de changement, d’entente alors que les insurgés qui ont eu plusieurs de morts ont une exigence non négligeable : le départ de Bachar. Je ne vois pas un seul parti d’opposition accepter de parler ou de siéger avec le bourreau de son peuple. Alors que des généraux de haut rang quittent le régime, M. Anan veut le ranimer et prolonger son agonie. La vieillesse, disait le général de Gaulle, est un naufrage…

     

    Hier, en regardant al-Jazeera, j’ai entendu Bachar évoquer, devant une télévision allemande, le sort réservé à Muammar Khaddafi. Il évoquait le lynchage du leader déchu et le qualifiant de sauvage (wahshi). C’est vrai et il est vrai que ces images n’étaient pas à la gloire de l’humanité. Mais Bachar devrait comprendre que c’est le même sort qui l’attend s’il persiste à rester à Damas au lieu de prendre le premier avion pour Moscou. Même s’il y avait un accord signé, il ne sera pas respecté. La société syrienne est profondément divisée et nul ne pourra recoller les morceaux.

     

    Tout le monde s’en est rendu compte, sauf M. Anan

  • La Syrie, la défection du général Tlass, fer de lance de l’armée d’Assad.

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    La Syrie, la défection du général Tlass, fer de lance de l’armée d’Assad.

     

    C’est une très mauvaise surprise pour Bachar el assad que la défection de son général, Tlass, un véritable ami d’enfance avec lequel il a grandi et joué quand il était enfant et adolescent. Il faut rappeler brièvement qui est ce général et pourquoi sa défection marque le début de la fin pour le régime syrien.

     

    Cet homme est le fils du général Mustapha Tlass, ancien chef d’Etat major de l’armée syrienne du temps de Hafez el Assad, puis l’inamovible ministre de la défense de ce même président au service duquel il nettoya férocement la ville de Hama (près de 30.000 morts) où les Frères musulmans avaient osé se soulever et tuer près d’une centaine de jeune cadets de l’armée. La répression fut sans précédent, à l’poque il n’y avait ni ONG, ni téléphone portable ni internet, pas un seul réseau social. Hafez el Assad et Moustapha Tlass avaient pu massacrer en silence et en toute tranquillité.

     

    Pourquoi donc le fils de Moustapha a-t-il déserté ? D’après certaines informations, il aurait compris que la répression aveugle n’aboutirait à rien et il optait, sans le dire vraiment, pour une sorte de consensus, de dialogue national qui marquerait l’arrêt des massacres qui semblent l(‘avoir révulsé. Il n’est pas exclu qu’on l’y ait aidé. Vous vous souvenez sûrement de ce qui s’était passé en Irak, lors de l’invasion des troupes américaines : la CIA avait acheté tout le haut commandement irakien dont on avait préalablement exfiltré les familles et les proches vers le Koweit voisin afin de les mettre à l’abri d’une éventuelle vengeance de Saddam Hussein. La CIA et les Israéliens qui tiennent leurs fiches à jour, observent depuis fort longtemps les moindres mouvements de cette armée qui est toujours menaçante, s’est faite l’alliée de l’Iran et aide le Hezbollah.

     

    Ce qui vient d’arriver à la tête du commandement syrien, même si Bachar feint de minimiser cette défection. Qui sera immanquablement suivie de beaucoup d’autres. J’ai été étonné de l’assurance de certains dirigeants français dans leurs discours lors de la réunion de Paris : au plus haut niveau, on prévoyait la chute du régime syrien. Evidemment, ces responsables avaient des informations confidentielles et avaient été prévenus de la défection du général Tlass qui est peut-être déjà dans l’Hexagone. Le réfugié doit être entre les mains des services qui le débriefent.

     

    Et un tel homme a beaucoup de choses à raconter. Bachar ne passera pas l’été à Damas.

  • La Syrie, la France et la Turquie

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    La Syrie, la France et la Turquie

     

    On le relève peu, et pourtant c’est l’un des rares effets positifs de la crise syrienne : elle a permis un net rapprochement entre la France et la Turquie, ce pays qui avait osé critiquer violemment la politique française à la suite de l’adoption d’une loi condamnant le génocide arménien. Il est vrai que le conseil constitutionnel avait émis un avis défavorable Mais les Turcs avaient réagi avec l’outrance qu’on leur connaît, dictée par leur sourcilleux nationalisme.

     

    Aujourd’hui, cette affaire de brouille entre les deux pays est oubliée, les mesures anti-françaises imprudemment prises ont été annulées. Il ne pouvait pas en être autrement, depuis que la Turquie se trouve confrontée à un grave problème avec son voisin syrien ! Une frontière d’un peu moins de 1000 km, avec des hostilités qui s’en rapprochent toujours un peu plus, et même un avion patrouilleur, probablement un avion espion, abattu par la défense sol air du régime d’El Assad.

     

    Eu égard à la réaction énergique de la France au sujet de cette crise, la Turquie ne pouvait plus faire preuve d’indifférence à l’égard de Paris. Le rapprochement fut à la mesure des défis. Paris et Ankara veulent le départ de Bachar. La France a mis à la disposition des rebelles des moyens de communications plutôt sophistiqués afin de leur permettre de mieux coordonner leurs actions. Quant à la Turquie, elle accueille sur son territoire des centaines, voire de soldats déserteurs, et depuis peu des escouades de généraux et de colonels qui font défection, écœurés par les exactions dont sont victimes les insurgés et aussi les populations civiles.

     

    La réunion qui se tient ce jour à Paris sou l’égide de la France et de la Turquie, rassemble plus de cent pays. Certes, des membres aussi importants que la Chine et la Russie seront absents, mais le ministre Laurent Fabius a trouvé les arguments qui vont leur donner à réfléchir. Si ces deux puissances veulent conserver leur influence en Syrie, elles devront changer d’attitude à l’égard d’un peuple martyrisé. Faute de quoi, lorsque celui-ci se sera débarrassé de son tyran, il ne voudra plus entendre parler de pays qui ont largement concouru à ses souffrances…

     

    La voix de la raison sera-t-elle enfin entendue par ces grands animaux au sang froid ? Il faut l’espérer. Quand ce ne serait que pour abréger les souffrances de tout un peuple.

  • Exposition d'œuvres de Jacques NESTLE

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    Exposition des œuvres d’un grand peintre à Paris le jeudi 5 juillet 2012

    Jacques NESTLE (1907-1991)

    A la salle des fêtes de la mairie du XVIe arrondissement

    Du 5 au 21 juillet 2012

    Vernissage le jeudi 5 juillet à 18h30

    «  Je ne suis ni un peintre ni un artiste, je suis simplement un homme qui peint… » : c’est ainsi que pourraient se résumer la vie et l’œuvre de Jacques NESTLE.

    Cet homme qui voua sa vie à la peinture naquit en 1907 dans l’Allemagne wilhelmienne à Sarrebruck, en Sarre, région frontalière de la France, d’un père d’origine napolitaine et d’une mère sarroise.

    Fruit d’une triple culture, italienne, allemande et française, la grande guerre et les troubles inhérents à la période mouvementée de la République de Weimar conduisent ce jeune homme à quitter sa région natale pour se rendre dans la capitale allemande où il est fasciné par la Berliner Secession. De cette époque date sa première exposition : quatre tableaux dévoilés en 1925, dont l’un retiendra durablement l’attention et aura les honneurs d’une importante revue d’art.

    NESTLE ne résiste pas à l’attraction de Paris, où règne une effervescence artistique ; il y exercera toutes sortes de métiers, d’abord dans une imprimerie, ensuite en qualité de chef décorateur et d’architecte d’intérieur, ce qui lui permet d’assurer sa subsistance

    Mais son unique raison d’être restera la peinture ; deux rencontres déterminantes vont enrichir son parcours et influer sur son art : Matisse qui remarque ces toiles et ses dessins, l’encourage et l’inspire durablement, tandis que Kahnweiler lui témoigne un grand intérêt et souhaite le promouvoir.

    Impressionné ou inquiet, NESTLE ne donnera pas suite à son offre, scellant ainsi son destin d’artiste méconnu, gardien jaloux de ses œuvres.

    C’est à nous qu’il appartient de découvrir et de faire valoir aujourd’hui son bel art abstrait des années trente et quarante, même si l’artiste a volontairement détruit une grande partie de sa production.

    Peinture insolente, impertinente, parfois même inconsciente, dira le peintre d’une partie de son œuvre, marquée du sceau de l’ authenticité qui fait les plus grands peintres. Devant cette oeuvre plurielle et flamboyante, on se prend à rêver d’un autre MATISSE devant les corps de ses femmes dénudées, d’un autre PICASSO devant ses visages tortueux, ou encore d’un MIRO et d’un KANDINSKI devant ses grandes toiles, telles des feux d’artifice où dominent les bleus, les gris et des noirs lumineux.

    Cette peinture forte nous absorbe et nous remplit l’œil. Son art abstrait riche de sens nous parle sans manières. Il est simplement authentique. Telle est la nature profonde de cette œuvre.

    L’artiste ne peut revendiquer la propriété spirituelle de son œuvre… dit NESTLE qui ajoutait que le génie est le moment où l’œuvre se manifeste dans un instant de création. Et là, elle est de tous les temps, présent et à venir et décrit l’ être saisi de l’envie irrépressible de peindre, sans savoir pourquoi ».

    C’est peut-être cela le secret de NESTLE, l’homme qui évita soigneusement de trop s’exposer de son vivant pour nous léguer une véritable peinture d’exception.

  • asser Arafat a-t-il été empoisonné ?

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    Yasser Arafat a-t-il été empoisonné ?

     

    Hier soir, regardant la chaîne satellitaire arabe al-Jazeera, j’ai été stupéfait d’entendre que l’on soupçonnait un empoisonnement de l’ancien leader palestinien. Un poison qui aurait, selon la chaîne, provoqué sa mort. La nouvelle fut répétée à maintes reprises, suivie de nombreuses interviews, y compris de l’épouse du défunt. Les médecins français de l’hôpital militaire de Percy, au nombre de 50, ne parvenaient pas à expliquer la rapide et inexorable détérioration de l’état de santé du leader palestinien. Depuis cette date, l’année 2004, sa veuve n’eut de cesse de chercher à percer le mystère, ce qui est parfaitement légitime et compréhensible.

     

    Selon les résultats d’analyses effectuées sur des échantillons biologiques du défunt lui-même et de ses effets personnels, des traces anormales de polonium auraient été découvertes. D’où l’idée de l’empoisonnement. Mais la question qui se pose est évidemment la suivante : qui serait responsable de l’empoisonnement et où donc a-t-il été commis ? A Ramallah ou en France où le leader palestinien avait été admis pour y être soigné ?

     

    L’enquête le déterminera en espérant que le gouvernement français ne sera pas mis dans l’embarras. Yasser Arafat avait beaucoup d’ennemis, y compris dans des lieux qu’on ne soupçonnerait pas en temps normal.

     

    De multiples questions se pressent dans notre esprit : pourquoi avoir attendu huit années pleines pour obtenir de tels résultats ? Où ont été conservés les effets personnels du défunt avant d’être remis au laboratoire de Lausanne ? Quels médecin suivait cet homme, parkinsonien connu, du temps où il vivait encore à Ramallah ?

     

    Cet empoisonnement, réel ou supposé au polonium rappelle ce qui est effectivement arrivé à Londres à un ancien espion du KGB qui avait fait défection. Le monde entier avait pu le voir sur son lit d’hôpital alors qu’il luttait contre la mort. Des accusations convergentes avaient alors été articulées contre le régime russe, donnant lieu à une grave crise diplomatique entre les deux pays. Depuis, aucune preuve irrécusable n’a été apportée.

     

    Est-ce une vraie affaire qui mérite des éclaircissements ou s’agit –il d’un coup de pub pour maintenir un feuilleton de l’été ? Voici une affaire à suivre. En espérant que les choses, déjà si compliquées dans cette région du monde, n’iront pas en empirant.