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  • A Berlin la montagne a accouché d’une souris ?

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    A Berlin la montagne a accouché d’une souris ?

     

    C’est probablement le meilleur avis à porter sur cette rencontre tant attendue du nouveau président français à Berlin. Visiblement, ces deux dirigeants de pays voisins et intimement liés ont besoin de mieux se connaître. De plus, la chancelière avait évité de recevoir le candidat François Hollande lors de la campagne et avait même largement soutenu Nicolas Sarkozy. Au fond, on a assisté à une simple prise de contact qui équivaut à un étalage de divergences. Ce qu’il y a de nouveau, c’est qu’on n’est pas allé au clash, les deux dirigeants promettant de tout faire pour travailler harmonieusement.

     

    Mais la presse français, contrairement à la presse allemande, n’a pas bien expliqué ce que l’on entend par la croissance de ce côté ci du Rhin. Les Allemands entendent tout autre chose. Ils ont de la mentalité française une conception qui correspond parfois à ce qu’elle est vraiment, et se méfient d’un processus qui nous ramènerait au début de la crise, c’est-à-dire à un moment où les dettes vous tiennent chaud, où vous vivez avec et où vous vous y installez. Les Allemands ont une approche radicalement différente.

     

    Mais les déclarations du président français qui n’a pas encore l’habitude des négociations internationales et nourrissait quelques appréhensions lors de ce premier voyage à Berlin, ne sont pas entièrement infondées ; il a dit clairement que sans un minimum de relance, la France ne pourrait pas respecter les engagements pris, à savoir les 3% du déficit. Il est sincère et honnête, qui pourrait le lui reprocher ? Ses adversaires répondent alors que son programme économique ne correspond pas à la réalité et les Allemands diraient qu’il est unausführbar, impossible à traduire dans les faits ( in die Tat umzusetzen). Voilà où nous en sommes.

     

    En fait, voici ce qui va se passer : après cette première prise de contact, les deux gouvernements vont mieux cerner leurs projets respectifs et rapprocher leurs positions. Certains avancent in petto que François Hollande va trouver un habillage politique adroit pour la consommation intérieure et qu’il poursuivra les mesures d’austérité en les répartissant mieux, c’est-à-dire en levant de nouveaux impôts. Nous verrons cela lors de la prochaine loi rectificative du budget.

     

    Une chose est sûre, les Allemands observent le nouveau dirigeant français comme une ménagère surveille le lait sur le feu. Il ne faut pas oublier une chose : Angela Merkel est une fille de pasteur et en Allemagne on aime la clarté : les Allemands nomment cela kristallklar ou sonnenklar… Et Angela qui a grandi sur les genoux des Evangiles doit se souvenir de l’injonction contenue dans l’Evangile de Saint Matthieu : que votre oui soit un oui, et votre non, un non…

  • Que va devenir Nicolas Sarkozy ?

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    Que va devenir Nicolas Sarkozy ?

     

    La question peut se poser. Le président qui n’a pas été reconduit dans ses fonctions avait prévenu : en cas de défaite, il quittera la vie politique. Mais au soir du second tour, lorsqu’il reconnut sa défaite, il fut plus évasif, évitant d’être trop catégorique, laissant planer un petit doute sur son avenir politique. Du coup, les commentateurs s’en sont servis pour élaborer des théories qui ne sont pas toutes fausses, loin de là…

     

    Les hommes politiques ont besoin d’être au pouvoir comme nous, hommes normaux, avons besoin d’air pour respirer. Donc, Nicolas Sarkozy va probablement régler sa nouvelle vie, assez loin, mais jamais trop de la politique, et observer avec l’intelligence du grand fauve la scène. Si aucune personnalité ne s’imposer par son charisme et son intelligence politique, il se montrera et affichera sa disponibilité.

     

    Mais il serait vraiment naïf d’imaginer que ses amis d’hier vont sagement attendre qu’il se remette en selle avant d’agir : connaissant un peu l’engeance politique il ne m’étonnerait guère de découvrir que certains fourbissent déjà leurs armes pour occuper les premières loges. En soi, c’est naturel, mais le modus operandi des hommes politiques m’a toujours semblé répugnant. Je demande pardon pour la dureté du terme. Car au fond, qu’est ce qui distingue l’univers des humains du monde animal ? C’est la civilisation, c’est la culture. Or, dans le monde politique, il n y a ni amitié ni pitié. Ne prévaut que la volonté de vaincre, laquelle présuppose une véritable mise à mort (spiritualiter, s’entend) du rival ou du concurrent…

     

    Je prendrai deux cas d’une gravité variable : vous vous souvenez de Jean Tibéri, maire de Paris, dénoncé, vilipendé par les siens, accusé de tous les maux et voyant que son épouse était, elle aussi, la cible de ses adversaires. L’affaire avait été conduite par des amis politiques qui rêvaient de prendre sa place. Le résultat est connu, c’est Bertrand Delanoë qui a été élu.

     

    Le second exemple est plus récent et n’a pas du tout la même gravité. Certains membres influents du PS ont tenté de remettre sur la table une vieille affaire autour de Jean-Marc Ayrault, une affaire qui remonte à très longtemps et qui n’a pas remis en cause la probité de l’homme…

     

    Vous voyez, les hommes politiques entre eux n’hésitent pas à s’entredéchirer. Je voudrais conclure cet article par une note amusante où j’opposerai l’homme politique, de tout bord, prêt à tout, ne reculant devant rien, pour accéder au pouvoir, au philosophe, au penseur, dévoué à sa spéculation qui n’est ni boursière ni immobilière. C’est un éminent collègue arabisant d’Aix en Provence, le professeur Claude Gilliot qui a attiré mon attention sur cette citation que voici :

     

    Abu Nasr al-Farabi,, grand philosophe du Xe siècle, appelé le second maître par les Arabes (le premier étant Aristote) a écrit ceci :

     

    Deux bouteilles m’ont accompagné, ma vie durant. Et c’est grâce à elles que j’ai pu tenir. L’une, remplie d’encre et l’autre, de vin. Grâce à la première j’ai enseigné la sagesse et diffusé le savoir, et avec la seconde, de mon cœur, j’ai éloigné tous les chagrins de la vie…

    Je pense vraiment qu’aussi bien l’entrant que le sortant devraient méditer cette perle de la sagesse.

  • La gauche en Allemagne, allemande avant d’être de gauche…

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    La gauche en Allemagne, allemande avant d’être de gauche…

     

    Certains commentateurs politiques français semblent pendre leurs désirs pour des réalités, oubliant allégrement ce que nos voisins d’Outre-Rhin nomment das Realitätsprinzip : ces hommes et ces femmes qui inondent les ondes de nouvelles approximatives veulent faire croire que les résultats de l’élection régionale en Rhénanie-Westphalie affaiblissent la chancelière au point de la faire dévier de sa trajectoire qui est de maintenir la rigueur… Certes, Madame Merkel n’a pas gagné les élections de ce land qui est très important, mais son parti allié, les FDP a bien réussi et c’est précisément lui qui, au sein de la coalition gouvernementale, opte foncièrement pour une rigueur accrue. Il y a donc une problème d’interprétation au sein des deux pays qui constituent l’épine dorsale de l’Europe.

    Les cultures politiques de ces deux pays sont nettement différentes l’une de l’autre. Les Allemands ne parviennent pas à comprendre la mentalité française qui consiste à bien vivre, à prendre du bon temps et à cacher la poussière sous le tapis. Ce que tous les gouvernements de ce côté ci du Rhin ont fait avec persévérance depuis plus de trente ans. Un Raymond Barre avait une mentalité germanique et l’on se souvient comment les Français l’on traité !

    Ce qui hérisse les plus les Allemands, tant ceux qui ont voté pour le parti de Madame Merkel que les autres, c’est le désir des Français de mutualiser les dettes, en d’autre termes de faire payer les Allemands. C’est une idée qui les fait bondir et on les comprend, eux qui affirment depuis des années qu’ils sont les meilleurs payeurs (die besten Zahler in Europa) du continent.

    Comment va se passer le dîner de travail entre les deux dirigeants ? Aucune décision finale ne sera prise ce soir là, c’est-à-dire mardi soir, en revanche, la chancelière fera sûrement une explication de texte au nouveau président mais elle le fera avec des fleurs, durch die Blume Toute la manœuvre consistera à laisser croire que le nouveau président français aura obtenu gain de cause, même si, en réalité, les choses n’auront pas changé.

    Le land qui vient de donner une nette victoire à la SPD est fortement attaché à la rigueur et refuse lui aussi de stimuler la croissance (Ankurbelung des Wachstums) à fonds perdus, c’est-à-dire en injectant de l’argent mécaniquement…

    Je me souviens d’un événement que j’avais vécu à Berlin au début des années 80, alors que j’étais directeur par intérim de l’Institut für Judaistik. La FU (Freie Universität) avait exigé un train d’économie drastique. Les autorités universitaires ont si bien appliqué les mesures qu’au bout de quelques moins, nous reçûmes une note du président pour dire qu’il fallait cesser et que les objectifs avaient été atteints.

    Incroyable, inimaginable en France… C’est là tout le problème.

  • Tourbillon d'amopur de Laura

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    Voici le tourbillon d'amour qui a permis à LAURA d'obtenir le troisième prix d'un concours de peinture d'Issy Les Moulineaux.

    Nous tenons à la féliciter.

  • Il y a un an éclatait l’affaire DSK et Nafissatou Dialo… Réflexions dominicales sur la Providence

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    Il y a un an éclatait l’affaire DSK et Nafissatou Dialo…

    Réflexions dominicales sur la Providence

     

    Vous vous souvenez certainement de la phrase suivante : le battement d’ailes d’un papillon dans un endroit du globe peut provoquer une énorme catastrophe à l’autre bout de la planète… C’est à quelques détails près ce qui s’est passé le 14 mai de l’année dernière dans une suite d’un hôtel de luxe de New York. Ce jour là se dessinait le destin présidentiel de François Hollande. Je doute fort, sans irrespect envers l’actuel président élu, qu’il eut pu terrasser un DSK, jadis favori des sondages et des Français. Mais la Providence -et la bêtise- en ont décidé autrement.

    Mon propos ici n’est pas de parler de l’élection mais de la conjonction des faits, de leur sens, de leur mode d’agencement et de savoir si l’Histoire avance aveuglément ou si elle obéit à un esprit, une intelligence cosmique, ou que les Romantiques allemands du XIXe siècle nommaient l’âme du monde (die Weltseele)… En fait, s’il existe une téléologie…

    Les questions de la science et de la providence divines m’ont toujours passionné. Je ne réussis pas à m’en déprendre car ma formation philosophique m’entraîne vers d’autres rivages tandis que ma sensibilité religieuse, ma religiosité proprement dite, me retiennent sur le versant opposé de la montagne.

    La question est : l’avenir est-il écrit quelque part ? Existe-t-il un intellect, nécessairement cosmique, préposé au gouvernement de ce bas monde et auquel tous les êtres vivants seraient assujettis ? La philosophie religieuse, la pensée croyante l’affirme, mais en face d’elle, il y a une opposition qui est loin d’être négligeable.

    Si un appel téléphonique urgent avait été reçu par DSK dans sa suite du Sofitel peut-être aurait-il fait ses bagages bien plus vite et n’aurait il même pas remarqué la femme de chambre, instrument d’une Providence plutôt défavorable ce matin là ? S’il n’avait pas appelé pour récupérer son portable, la police de New York n’aurait jamais su où il se trouvait, il se serait tranquillement posé en Europe d’où, auréolé de son statut de patron du FMI, il aurait tranquillement assuré sa défense et serait (peut-être) passé entre les mailles du filet.…

    Vous vous souvenez de cette horrible catastrophe aérienne au départ de Rio de Janeiro ? Un couple de Français, un professeur de médecine et son épouse, sont arrivés en retard à l’aéroport, l’avion était déjà parti, et cette arrivée tardive leur sauva la vie…

    J’avoue que je pourrais multiplier les exemples mais je me perdrai alors en conjectures…

    Un très haut fonctionnaire que j’apprécie pour sa rectitude et sa compétence, grand commis de l’Etat, ayant à son actif de très hauts postes dans l’administration et les cabinets ministériels me disait tout récemment que ce qui ne s’est pas fait ne devait pas se faire… Phrase fatale, empreinte de bon sens mais aussi de fatalisme, et qui, en outre, pourrait faire croire à l’existence d’une Volonté cosmique, instruite des faits et gestes des habitants de notre monde et décidant, en dernier ressort, de l’avenir, au point de le faire advenir… Mais là, l’omniscience de cette intelligence cosmique entrerait en collision avec le libre arbitre humain. On dit même, je l’ai maintes fois écrit dans mes livres, que la science divine est productrice d’être…

    J’avoue que de telles spéculations pourraient me faire chavirer. Il vaut mieux s’en tenir là. Les sages du Talmud dans la mishna du traité babylonien Haguiga mettent en garde contre toute spéculation métaphysique. Le Siracide les avait précédés dans cette voie.

    Rendez vous compte : ce passage prétend que celui qui veut savoir ce qu’il avait avant et ce qu’il y aura après, ce qui est en haut et ce qui est en bas, il eût mieux valu qu’il ne fût jamais venu au monde. Condamnation sans appel de la Métaphysique bien avant que Kant ne signe son arrêt de mort

    Mais je ne suis pas sûr que DSK ait jamais reçu ce type d’enseignement dans sa jeunesse. Et c’est bien dommage.

    Mais ce n’est pas François Hollande qui s’en plaindrait…

  • Un état de grâce pour le président François Hollande ?

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    Un état de grâce pour le président François Hollande ?

     

    On souhaite au nouveau président qu’il réussisse dans son entreprise de redresser la France et de l’aider à conserver son rang parmi les nations. On ne peut qu’accepter démocratiquement l’alternance et en respecter les termes : désormais, une ère nouvelle s’ouvre pour le pays, un nouveau gouvernement va prendre les rênes du pouvoir. Il faut, je me répète, lui souhaiter de réussir.

     

    Est ce que cette entreprise sera facile ? Et si oui, combien de temps faudra-t-il pour redresser le pays, à savoir combattre le chômage, juguler les déficits et réduire enfin cette dette colossale ? En d’autres termes accordera-t-on au nouveau président un état de grâce généralement dévolu à tous les nouveaux locataires de l’Elysée ? Tout le problème est là.

     

    En cette fin de semaine, j’étais à l’écoute de toutes les radios et de la plupart des programmes politiques ou économique des télévisions. Quelle que soit l’orientation de ces organes d’information, la tonalité était indiscutablement la même : ce sera très difficile, d’aucuns, notamment ceux qui avaient presque éreinté Nicolas Sarkozy, allant jusqu’à parler de quadrature du cercle.

     

    A commencer par les annonces faites hier soir par la Commission Européenne : un taux de croissance plus bas que prévu (1,3 au lieu de 1,7), un déficit plus élevé pour l’année suivante (4,3 au lieu de 3%). Certains ont même évoqué la nécessité pour l’Etat de débourser environ quatre milliards d’Euros d’impôts indûment perçus… Cela commence à faire beaucoup… Et on n’évoque même pas les plans sociaux qui se préparent et que les grandes entreprises retenaient dans l’attente des résultats de l’élection présidentielle.

     

    Mais même le non-économiste qui écrit ces lignes n’a pas été convaincu par la réponse officielle selon laquelle ces mauvais résultats avaient été anticipés… Je doute surtout que l’on puisse convaincre Madame Merkel avec de tels arguments : je l’ai encore entendu avant-hier dire clairement devant le Bundestag qu’on ne pouvait pas travailler ainsi (so kann man nicht arbeiten) . C’est qu’une fille de pasteur protestant est généralement très à cheval sur les principes. Quand elle dit qu’on ne renégocie pas, c’est bien ce qui va se passer.

     

    Mais la position française semble avoir opté pour une approche plus subtile : on ne remet plus en question le pacte de stabilité mais on voudrait reposer sur deux jambes : l’austérité, certes, mais aussi la croissance, cette fameuse seconde jambe… C’est presque de l’exégèse biblique, les Allemands aiment bien mais il n’est pas sûr qu’ils se laissent convaincre. Ce sera encore plus difficile pour cette entreprise des project bonds qui s’apparente à une mutualisation de la dette… La chancelière a dit qu’avec une telle politique on revenait à la situation dans laquelle on se trouvait au début de la crise. Bref, une vraie quadrature du cercle, les Allemands utilisent une autre expression qui veut cul de sac : wir sind in der Zwickmühle…

    Ce qui me frappe le plus dans toute cette affaire, c’est la réaction des Français face à cette situation : quand un sondage leur demande quelle est la toute première mesure qu’ils appellent de leurs vœux et de leur feu, ils répondent : la réduction immédiate du salaire mensuel du président et de ses ministres…

  • Que devient la Syrie?

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    Le drame syrien

     

    Deux chiffres résument à eux seuls la nature de la tragédie syrienne : 55 morts hier lors de l’explosion de voitures piégées à Damas, et, au total 850 morts (sans compter les blessés, les disparus et les prisonniers) depuis l’instauration de ce prétendu cessez le feu. : je ne puis m’empêcher de redire ma colère devant la naïveté de M. Kofi Anan qui a pris que les méthodes de la diplomatie traditionnelle auraient quelque effet sur un régime syrien, habitué au seul langage de la force et de la répression. J’ai appris hier dans une émission télévisée que lorsque Bachar s’est rendu au défilé du 14 juillet à Paris, il avait, deux semaines auparavant, fait réprimer durement, dans le sang, une mutinerie de prisonniers politiques…

     

    Qui a bien pu commettre les attentats de Damas programmés pour tuer le maximum de gens. On reconnaît le modus operandi des insurgés irakiens et aussi la main du Hezbollah, ce qui équivaudrait à un acte désespéré du régime, désireux de montrer à l’ONU et à l’opinion internationale que ses adversaires sont des terroristes. En tout état de cause, la communauté internationale reste scandaleusement inactive face à des massacres qui ne vont pas s’arrêter.

     

    A défaut d’une condamnation à l’ONU, en raison du blocage des Russes et des Chinois, il convient de suivre la voie choisie par le Qatar et l’Arabie saoudite. C’est triste mais il n y a pas d’autre solution en vue.

  • Que va faire, que peut faire François Hollande ?

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    Que va faire, que peut faire François Hollande ?

    C’est la question que tout le monde se pose. Que va-t-il faire ? Son programme économique va désormais se heurter à l’épreuve des faits. Les promesses faites aux Français tranchaient par rapport au réalisme affiché par l’ancien président qui n’a pas su répondre aux attentes de la population. Son heureux rival a su aller au devant des gens et plaider en faveur de retour de la croissance, si modeste soit-elle. Pourtant on voit se dresser devant lui, le principe de réalité, le fameux Realitätsprinzip, si chère à Madame Merkel. Or, c’est bien elle qui tient les cordons de la bourse et sans elle rien ne sera possible. C’est bien pour cette raison que dès son investiture acquise, le nouveau président s’envolera vers Berlin afin de tenter de convaincre la chancelière. Celle-ci doit, en principe, lui expliquer que le pacte de stabilité n’est pas négociable. Petit point à signaler : ces deux termes réalité et stabilité sont des constantes du caractère germanique et de la langue allemande. On en parle peu, généralement, du côté français.

     

    Alors que va faire François Hollande ?Il est légitime qu’il cherche à appliquer son programme économique et social. Il est souhaitable qu’il cherche à le faire de la manière la plus astucieuse, la plus adroite afin de ne pas compromettre l’équilibre des finances publiques et la réduction progressive de la dette du pays. Alors, concrètement, que va-t-il faire ?

     

    Depuis deux jours, il consulte à la fois ses conseillers et les décideurs de la zone Euro. Il est vraisemblable qu’il va ménager la chèvre et le chou, décrétant des mesures destinées à frapper l’imagination et à mobiliser ses partisans pour les élections législatives qu’il souhaite ardemment gagner afin d’avoir les coudées franches. Il a certainement réduire les salaires des grands patrons du Cac 40. Il ne faut pas sous-estimer l’impact d’une telle mesure dans un pays où l’égalité est souvent confondu avec l’égalitarisme et où la réussite est si mal vue, alors qu’on en aurait tant besoin. Il va aussi chercher à réduire les plans sociaux qui ont été mis sous le boisseau dans l’attente des résultats de cette élection dont il est sorti vainqueur. François Hollande va aussi accorder la retraite à 60 ans à tous ceux qui ont commencé à travailler à 14-15 ans.

     

    Mais, sur un plan structurel, c’es-à-dire pour ce qui est des grandes masses, des tendances lourdes, que pourrait-il faire ? Sans vouloir être pessimiste ni irrespectueux, il lui faudra attendre sa rencontre avec Me Merkel pour décider de la suite. La chancelière trouve qu’il envoie un bien mauvais signal à la Grèce en optant pour une renégociation du pacte. C’est tout l’avenir de la zone Euro qui est en jeu.

     

    Mais le nouveau président pourrait aussi nous étonner en se convertissant à la rigueur et à la stabilité, mais accompagnées d’une dose significative de mesures sociales destinées aux plus défavorisées du genre aide accrue aux familles, aux mal logées, aux chômeurs, à la formation professionnelle, à l’aide médicale, aux retraites, à la prise en charge des personnes âgées, etc…

     

    Mais, je le répète, ce n’est pas une tendance lourde, ce qu’il faut, c’est une nouvelle orientation économique du pays. Mais le cadre européen actuel, cela semble très difficile. C’est tout le pari de la démarche. Je le redis en guise de conclusion : l’austérité mieux répartie, des sacrifices plus équitables seront mieux acceptés par la population.

     

    N’oubliez jamais qu’on est en France…

  • Chronique d’une défaite annoncée… Nicolas Sarkozy

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    Chronique d’une défaite annoncée… Nicolas Sarkozy

     

    Le spectacle offert par les télévisions, me laisse songeur. Tous les puissants d’hier rasent désormais les murs, les journalistes qui courbaient l’échine deviennent insolents, les questions se font plus insistantes, le regard plus appuyé. Toutes ces manifestations humaines, trop humaines, hélas, m’ont rappelé les enseignements du talmud et de la Tora sur la fugacité du pouvoir humain, l’aspect périssable de la puissance et de tous ceux qui en détiennent une parcelle dans notre bas monde.

     

    Mais mon éducation morale m’empêche, m’interdit de piétiner les gens quand ils sont à terre. C’est une fin de règne et l’homme qui a subi ce terrible échec, lequel lui est largement imputable, a tout de même accompli quelques prouesses pour le pays : il a résisté aux différentes crises et a sauvé l’Euro, aux côtés de Madame Merkel.

     

    Sur les dizaines, voire les centaines de sondages effectués depuis près d’un an, aucun ne le donnait gagnant, aucun ne lui prédisait la moindre chance.

     

    Selon mon humble avis, ce sont les qualités ou plutôt les insuffisances psychologiques de Nicolas Sarkozy qui expliquent l’échec qui est retentissant. Un homme qui n’écoute que lui-même, qui a commencé son quinquennat en ignorant tous les autres, qui a qualifié le Premier Ministre de collaborateur, et tant d’autres choses…

     

    Mais existe-il sur terre un seul homme qui ne se trompe jamais ?

  • LES LEÇONS D’UN SCRUTIN : LA DEFAITE DE NICOLAS SARKOZY

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    LES LEÇONS D’UN SCRUTIN : LA DEFAITE DE NICOLAS SARKOZY

    Il faut se garder d’avoir raison après coup : c’est pourtant ce qui se passe aujourd’hui depuis l’échec de Nicolas Sarkozy et l’élection de François Hollande. Un auteur allemand disait déjà que la défaite est toujours orpheline alors que la victoire a, elle, beaucoup de pères.

    Il y eut en tout premier lieu un départ trop tardif qui peut s’expliquer par la volonté louable de ne pas se désintéresser de la conduite des affaires de l’Etat dont il avait la charge tandis que François Hollande caracolait en tête des sondages au point d’avoir été indéboulonnable, le moment décisif enfin venu. On se le rappelle : aucun sondage, pas un seul, n’avait prévu la victoire de N.S.

    Il y eut ensuite l’attitude assez epu aimable de Marine Le Pen à l’égard de la droite parlementaire. On s’est bien rendu compte que la stratégie des Lepénistes consistait à faire perdre le parti qui leur interdisait de se développer et d’avancer. On peut même dire qu’une partie des voix du FN se sont reportées sur la candidat du PS lui permettant de vaincre.

    Il y eut aussi la défection du centre droit, et surtout la décision de François Bayrou de donner son suffrage à François Hollande, sans consigne de vote pour ses électeurs…

    Enfin, il y eut la droitisation du discours, même si une majorité de Français pensent qu’il faut s’en prendre à l’immigration et à l’insécurité. La société française est très divisée et la grave crise économique n’arrange pas les choses.

    Peut-on se projeter dans un avenir proche ? Si Fr. H. applique son programme à la lettre, le lien entre la France et l’Allemagne sera gravement détérioré, le Bundestag , dans sa majorité, ne supporte plus l’Euro. Et, en effet, en une nuit, en un week end, les Allemands penvent revenir au Mark. Pour la France, un retour au franc serait plus aléatoire, et je m’exprime en termes diplomatiques.

    Que va faire Fr. H. ? On peut présumer qu’il fera preuve de prudence et de pragmatisme. Il y aura quelques mesures phare pour ne pas mécontenter sa base et calmer les revendications sociales. Ensuite, ce sera un resserrement du budget de l’Etat sans jamais utiliser le mot de rigueur. Mais il est esclu que Me Merkel accepte cette importante relance de l’économie et de la consommation que l’on préconise de ce côté ci du Rhin.