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  • La fin du régime syrien

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    La fin du régime syrien

    Hier, les choses se sont accélérées à Damas, oui au centre même de Damas, car à moins de huit cents mètres du palais présidentiel (je me fonde sur le reportage de Al-Arabiya ), des dizaines de milliers de manifestants ont bouché l’artère principale de la capitale : ils enterraient les morts de la veille et exigeaient le départ du président et la chute de son régime.

    Cette fois ci, les Chinois ne pourront pas dire qu’ils ignoraient tout de la situation syrienne puisque l’un de leurs dirigeants était sur place et il est peu probable que ses aides ou son ambassadeur ne lui aient pas dit ce qui se passait dans la ville…

    On dénombrait encore le lot habituel de morts, tués par balles, même dans le centre de Damas que le pouvoir n’arrive plus à défendre comme il l’aurait souhaité. Si ce pouvoir ne réussit plus à endiguer le flot de manifestants dans sa propre capitale, c’est que la fin est proche . On notera l’extrême jeunesse des morts d’hier : entre 17 et 21 ans ! Au moins quatre jeunes gens ont péri.

    Et pour compliquer l’ensemble, le gouvernement iranien, se sentant lui aussi menacé et en sursis (même vis à vis de son propre peuple) envoie deux petits navires de guerre d’un autre âge soutenir son allié syrien et narguer les Israéliens qui prennent l’affaire très au sérieux. Et je n’oublie pas les tentatives d’attentats contre les légations israéliennes dans différents pays dont les auteurs, tous iraniens, ont été arrêtés… Ces actes ne sont pas de nature à faire baisser la tension.

    Enfin, ce jour, le conseiller du président Obama pour la sécurité est actuellement en Israël pour débattre de la crise iranienne et il n’est pas sûr que les Américains n’en profitent pas pour donner une leçon mémorable au régime iranien, surtout si celui-ci osait envoyer des vedettes rapides s’approcher d’un peu trop près du Lincoln…

    Peut-on encore parler d’un printemps arabe. Vivement l’été !

  • Le sinistre référendum de Bachar el Assad

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    Le sinistre référendum de Bachar el Assad

    S’il n’était entouré d’une incroyable effusion de sang, ce référendum du 26 février serait juste une aimable plaisanterie, mais il campe un dictateur, prêt à tout, pour continuer à s’imposer. Représentez vous la chose suivante ; un président non élu mais désigné par le parti unique, le Baath, succédant à son père dans le cadre d’une monarchie républicaine un peu particulière et qui, depuis presque une année, affectée de violentes manifestations, férocement réprimées, veut montrer que son peuple l’aime et exige son maintien au pouvoir. Alors qu’en réalité, ce peuple ne rêve que d’une chose : son départ immédiat. La suite est prévue : succès écrasant du référendum, défilé de la victoire et renforcement de lé répression de ceux qui vont apparaître comme de dangereux terroristes, ennemis du peuple et des valeurs républicaines… à la Assad !

    Mais comment organiser une telle consultation populaire, pour le moins cruciale aux yeux du pays et des citoyens ? Un pays dont la plupart des villes sont à feu et à sang ? Même à Damas, il y eut hier un rassemblement absolument inattendu de milliers de protestataires… Et el Assad veut y maintenir son référendum dont il pourra, après coup, se prévaloir auprès de l’ONU et du monde entier… C’est à peine croyable !

    Un mot sur les vetos conjugués de la Russie et de la Chine : ces deux pays craignent par dessus tout une contagion du soulèvement en cours dans les pays arabo-musulmans.. M. Poutine se rend chaque jour compte que sa réélection ne sera pas une promenade de santé, même si elle est déjà acquise. Il sait, cependant, qu’elle sera largement contestée, même sil recourt à des procédés pas très kashers. Et il y a la question tchéchène qui est loin d’être réglée…

    Le gouvernement chinois, de son côté, commence à redouter les actions d’une forte minorité musulmane, plutôt sécessionniste dans certaines régions reculées de l’empire.

    Imaginez ce qui se passerait si, les troubles venant, ces deux pays se voyaient trainer devant des juridictions internationales et devant se justifier à la face du monde entier. Ce serai dramatique pour ces deux gouvernements.

    En raison de ces considérations assez sordides, le peuple syrien souffre et va souffrir encore.

  • Germanisme et hellénisme II

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    Germanisme et hellénisme II

    Ce que redoutaient les diplomates allemands les plus avisés ainsi que la chancellerie de Berlin a fini par se produire : on renvoie au visage de la nouvelle Allemagne, une Allemagne réunifiée, démocratique, respectueuse des doits de l’homme les horribles crimes du régime hitlérien qu’elle a toujours condamnés. Comme l’Allemagne est le plus gros contributeur à la caisse commune d’une Europe malade et bientôt presque ruinée, les Grecs, encore eux, s’en prennent au gouvernement de Madame Merkel et rappellent le coût de l’occupation allemande de leur pays durant la seconde guerre mondiale.

    Ceux qui me connaissent et me lisent régulièrement savent que je n’ai aucune, mais alors aucune sympathie pour le régime nazi ni pour ses doctrines racistes et inhumaines. Je suis donc très sensible aux souffrance endurées par tous les peuples d’Europe, jadis martyrisés par le règne violent national-socialiste. Mais de là à exhumer opportunément je ne sais quelle facture (près de deux cents milliards d’Euros !), maquillée en dommages et réparations de guerre, aujourd’hui, il fallait vraiment y penser ! AU passahge, on relève que cela reviendrait à alléger la dette grecque de plus de 60%. Joli coup !

    Vous savez à quoi cela me fait penser ? Il y a quelques années, la Pologne a protesté lors de la pondération des voix au sein du parlement européen. Les Polonais n’étaient pas satisfaits du nombre échu de députés européens… Savez vous ce qu’ils ont dit ? Eh bien qu’ils seraient bien plus nombreux et donc auraient eu plus de députés, n’étaient la guerre et les massacres qui s’en suivirent J’accepte cette idée au plan moral mais rejette son instrumentalisation.

    Parfois, je m’interroge sur l’esprit de ceux qui conseillent les gouvernements, mais le nôtre…

    Les quelques députés ou hommes politiques qui ont cette idée de réparations allemandes ont, certes, réussi un coup médiatique, mais il n’aideront pas d’un centime leur pays à se relever. C’est une instrumentalisation assez inattendue d’un drame dont personne ne conteste la réalité. Mais cela n’aidera pas à effacer des années de laxisme et d’incurie des finances de ce pays à la dérive, la Grèce.

    Comme M. Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances, réitérait avec raison ses doutes sur la solvabilité grecque et sur le sérieux du gouvernement d’Athènes, ces députés grecs ont sorti de leur chapeau cette affaire des réparations. C’est un pur argument de plaidoirie, comme disent les avocats. Et puis, l’occasion était trop belle, il nous la faut saisir, comme disait un auteur célèbre. Puisque les Allemands nous houspillent à longueur de journées, eh bien on va leur renvoyer notre cinglante réponse à la figure…

    Il n’est pas du tout sûr que cela marche. En outre, les Allemands de la nouvelle génération ne supportent plus qu’on leur prête de noires arrière-pensées qu’ils n’ont pas.

    Relisez le chapitre 18 du livre d’Ezéchiel : les fils ne paieront pas pour les péchés des pères, seuls l’âme pécheresse rendra des comptes.

    Que les Grecs d’aujourd’hui dont nous comprenons les souffrances d’hier et d’avant hier s’appliquent à assainir enfin leurs finances pour demain et après-demain. Au lieu de poursuivre des chimères.

  • Un directeur de prison qui tombe amoureux d’une jeune détenue en France…

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    Un directeur de prison qui tombe amoureux d’une jeune détenue en France…

    Quelle curieuse affaire qui serait presque romantique si, en arrière-plan, il n’ avait pas eu mort d’homme, après une terrible séquestration et des tortures dans un appartement sordide de la banlieue parisienne. Je veux parler de cet ancien directeur de la prison de Versailles qui avait comme pensionnaire, si je puis dire, une jeune femme ayant servi d’appât afin de piéger ce pauvre Ilan Halimi…

    J’étais assez réservé quant à cette jeune fille qui a été défendue par un avocat de mes amis auquel j’avais dit ma déception de le voir œuvrer en faveur d’une telle personne, responsable, quoiqu’indirectement, de la mort d’Ilan Halimi, après d’indicibles et d’interminables souffrances.

    Cette jeune fille fut donc condamnée à une peine de prison et internée dans la prison de Versailles, dont le directeur ne tarda pas à succomber à son charme. L’accusation affirme que ce directeur aurait entretenu avec elle des relations intimes et lui aurait même fourni des puces pour téléphone portable, ce qui est strictement interdit par le règlement.

    Une histoire incroyable dans la France de 2010 ! Un directeur de prison, ayant, par ailleurs une famille, et qui cède à une passion dévorante, au point de tout perdre : famille, statut, honorabilité… Tout ! Plus deux ans de prison dont un an ferme.

    Au fond, s’il n’y avait pas eu ce meurtre, ce crime de sang auquel cette jeune fille a été mêlée, ce serait presque un sujet de roman du XIXe siècle ! Un représentant de l’ordre établi, un chaînon appréciable de la loi et l’ordre, oublie tout, sacrifie tout pour les yeux de la belle qui finit, suite à cette passion dévorante, par le ruiner et tout détruire. Si cet homme, assez inconscient, avait lu un certain chapitre du livre des Proverbes il aurait été mis en garde contre la séductrice qui cajole l’inconscient lequel ne se rend compte de rien, jusqu’au moment où une flèche lui fend le foi (c’est la Bible qui s’exprime ainsi)…

    On dit même qu’un livre est en cours d’écriture et un film en préparation. Comme quoi, de nos jours, tout finit dans les journaux et la télévision.

     

  • Les Intouchables n’est pas un grand films, the artist, oui…

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    Les Intouchables n’est pas un grand films, the artist, oui…

    Tout le monde en France en a parlé, tout le monde a dû aller le voir et pourtant ce film, les intouchables, fait penser à une divertissement pour les enfants des écoles ou une colonie de vacances. Je suis donc allé le voir, contraint et forcé. Mon impression est qu’il s’agit d’une mise bout à bout de différents sketchs éculés, mais qui font encore un peu rire ou un brin d’émotion qui se veut communicative.

    Et tous les commentateurs ou critiques cinématographiques ont glosé sur le fait qu’un noir aide un homme blanc malade, qu’en fin de compte nous sommes tous des êtres humains etc…, comme si on avait besoin de cela pour le savoir et en être convaincus. Bien sûr que nous sommes tous faits à l’image de D-, même si nos cultures diffèrent en raison de l’état d’avancement de nos civilisations respectives.…

    En fait, il ne faut pas confondre un spectacle qui attire tant de monde et un film de qualité qui a valeur de chef-d’œuvre. Et je pense évidemment à The Artist. Voici un film avec de vrais grands artistes, sans mièvrerie, sans émotivité à crédit, des gens qui ont d’ailleurs raflé tous les distinctions les plus importantes.

    Le problème de l’art cinématographique est devenu le même que celui de la vie économique. Que l’on me comprenne bien : je ne dis pas qu’un bon film film est un film d’art et d’essai, un film que peu de gens vont voir. Non, je maintiens simplement que dans quelques semaines, au pire quelques mois, plus personne ne parlera des intouchables. Alors que nous pouvons nous référer à des chefs d’œuvre qui marquèrent l’histoire du cinéma.

    Quand je vois ce que l’on nous propose, uniquement pour faire de grosses ventes, je suis atterré. C’est à qui mieux mieux dans le veulerie et le bassesse. Ce n’est pas le cas des intouchables, je veux bien l’admettre, mais on devrait plus mesurer la qualité d’un film à la longueur des fils d’attente devant les salles de cinéma…

    The Artist est un film qui restera et marquera son temps.

  • l’Iran, Israël et la Syrie

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    l’Iran, Israël et la Syrie

    Depuis quelques jours, et à la suite d’une conférence internationale qui s’est tenue à Herzliya, près de Tel Aviv, sur le thème de la sécurité régionale, les rumeurs vont bon train : Israël va annihiler les velléités nucléaires de l’Iran. Cette agitation cache quelque chose, notamment en raison de ce grand renfort de publicité qui n’est pas dans les habitudes des dirigeants israéliens : lorsqu’ils se préparent à faire une action militaire, ils n’en parlent pratiquement jamais, bien des mois avant l’attaque. Partant, aucune action ne sera entreprise dans l’immédiat.

    En revanche, on se rend compte que derrière les événements syriens et les avertissements israéliens à l’égard de l’Iran il y a une lutte sourde entre le régime des Mollahs et l’Arabie Saoudite. C’est probablement la raison pour laquelle le discours de l’ambassadeur syrien à l’ONU, que j’ai suivi hier, était particulièrement dur à l’égard de la monarchie wahabite. L’ambassadeur, qui a parlé dans un silence de mort, s’est plaint de la guerre menée contre son pays et a raillé les Saoudiens qui utilisent encore, dit-il, le sabre, pour les exécutions de criminels, signant ainsi une régression de plus de mille ans… On le voit, ce ne sont pas des gracieusetés.

    Pourquoi s’acharner sur la Sa Syrie ? Probablement, en plus des massacres, parce que c’est la meilleure façon de peser considérablement sur le régime iranien qui n’aura plus d’alliés forts dans la région, car la chute, imminente du régime d’el Assad, entraînera un affaiblissement considérable du Hezbollah libanais, privé de ses alliés inconditionnels. Il en sera de même du Hamas, livré à lui-même et contraint d’accepter les conditions de son frère ennemi, le Fatah : les sourires et les embrassades de Kahled Maschaal adressés à Mahmoud Abbas le prouvent.

    L’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis surveillent aussi la situation à Bahreïn comme on surveille le lait sur le feu. Il ne fait de doute pour personne que l’Iran tente par tous les moyens de s’imposer comme le leader régional incontesté. Or, cela est inacceptable pour les sunnites d’Arabie et du Golfe qui considèrent les Iraniens comme des impies, des déviationnistes dangereux… Il n’est pas impossible que ces pays permettent discrètement aux Israéliens d’enjamber leur espace aérien pour accomplir leur mission. Qu’ils le reconnaissent publiquement ou non, les régimes arabes modérés de la région sont des alliés d’Israël.

    En fait, les Iraniens commencent tout juste à se rendre compte qu’ils se sont eux mêmes enfermés dans une impasse. Ils ont menacé de fermer le détroit d’Ormuz et ont intimé aux USA l’ordre d’évacuer la région. Mais lorsqu’ils virent arriver sur zone ce mastodonte qu’est le Lincoln, sous leurs fenêtres, ils se écrasés et faits tout petits… Qui pourrait envisager une confrontation entre un Iran armé artisanalement et l’hyperpuissance américaine ? Enfin, la crise économique en Iran va peut-être provoquer un soulèvement et favoriser l’émergence d’un régime enfin démocratique et surtout plus lucide…

  • Hellénisme et germanisme : Athènes et Berlin

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    Hellénisme et germanisme : Athènes et Berlin

    Les derniers événements survenus à Athènes montrent que l’abîme grec est insondable, que la logique européenne ne fonctionne plus vraiment dans ce pays qui fut pourtant, durant l’Antiquité, le berceau de notre civilisation, même si ce dernier terme se voit affublé de sous entendus inquiétants, voire infondés, depuis quelques jours.

    J’ai été choqué par l’apparition de quelques images et slogans, représentant la chancelière fédérale en uniforme nazi. C’est une insulte à la moralité de cette fille de pasteur qui a toujours été inspirée dans son action politique par de grands principes éthiques. Dans son pays, elle a toujours combattu avec une grande rigueur toutes les résurgences de l’idéologie national-socialiste. Alors pourquoi recourir à de telles assimilations, aussi injustes qu’infondées ?

    Il est difficile d’apporter une réponse unique à cette question mais on peut dire, sans crainte de se tromper, que la Grèce contemporaine n’est pas vraiment celle de Socrate, Platon et Aristote, tous philosophes amis de la vérité et formés à la stricte morale stoïcienne. Ce ne sont plus des principes qui guident les hommes politiques grecs, de droite comme de gauche, depuis longtemps.

    Certes, le gouvernement allemand, suivi et parfois même précédé par une presse très remontée contre Athènes, développe à longueur de colonnes, des thèmes qui pourraient être perçus comme l’expression d’une arrogance ou d’une supériorité germanique. Hier encore, on pouvait lire un slogan porté par des manifestants à Athènes, Merkel, raus ! Ce n’est pas convenable et les Grecs intelligents le savent bien : leur pays n’est plus administré depuis longtemps, ses recettes fiscales sont devenues pratiquement inexistantes, la plupart des armateurs s‘ingénient à ne jamais payer le moindre euro d’impôt chez eux…

    L’homme de la rue vit des moments difficiles auxquels des êtres compatissants ne peuvent rester insensibles mais il doit comprendre que l’Europe n’est que le thermomètre et non point l’agent infectieux responsable de la fièvre. Les Allemands ont raison de refuser de continuer à payer pour tous les autres. Et l’on peut comprendre que le ministre allemand des finances, M. W. Schäuble, ait distribué à Lisbonne blâmes et satisfécits : les premiers à la Grèce et les seconds au Portugal… Et cela n’a fait que nourrir les oppositions et fortifier les noires arrière-pensées injustement prêtées aux Allemands.

    Au risque de ma répéter je le redis : qu’aurions nous fait sans l’Allemagne dans cette bataille pour sauver l’Euro ? Il ne sert à rien de dire aujourd’hui que les pays du club Méditerranée (comme le dit imprudemment Angela Merkel) ont leur place en Europe mais pas dans la zone Euro. C’est d’ailleurs ce qui finira par se produire. Les Allemands, à force de rigueur et d’endurance, ont intégré tout un pays, la RDA, et il faudrait presque autant de milliards pour sauver la Grèce. Et qui va payer ? les Grecs ?

    Ce que je redoute, c’est une scission entre l’Europe du nord, composée de très bons élèves et une Europe du sud, vivotant pour ne pas dire végétant à l’ombre des grands, dont la France risque de ne plus faire vraiment partie. On l’a vu récemment lors de réunions de pays disposant encore du triple A, la France n’étant pas conviée.

    Un point d’optimisme de la part du philosophe, pour ne pas finir sur un note de découragement car quand on a des convictions, on sait se mobiliser pour les défendre : nos vieux maîtres nous ont enseigné en Sorbonne que la philosophie est aux deux tiers grecque et allemande pour le dernier tiers. Même Heidegger serait impensable sans l’héritage hellénique. Un éminent collègue a même écrit que toute la philosophie occidentale n’est qu’une note infra-paginale à l’œuvre de Platon…

    Il est vrai que dans contexte on avait affaire à de grands maîtres guidés par l’amour du vrai et la recherche de la sagesse.

    Feuilletez donc un dialogue platonicien de votre choix, n’importe lequel, on est loin des arrangements politiques à courte vue.

    Mais si elle le veut, la Grèce contemporaine peut s’inspirer d’un si haut exemple et cesser de s’en prendre aux Allemands qui tentent de sauver ce qui nous reste d’Europe…

  • Eva Joly ne devrait-elle pas renoncer ?

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    Eva Joly ne devrait-elle pas renoncer ?

    La rumeur enfle, en dépit de l’aplomb apparent que semble afficher la candidate écologiste. Ses dernières prestations télévisées ou radiophoniques ont été assez décevantes, pour user d’un euphémisme. Les gens ne comprennent pas très bien comment un mouvement qui avait le vent en poupe s’est choisi une telle candidate.

    Que l’on nous comprenne bien : ce n’est rien de personnel, et les électeurs réticents ou déçus ne font qu’extérioriser le malaise, le désappointement que leur inspire une candidate si peu adaptée aux exigences de la communication moderne…

    En fait, il y a dans le choix de cette candidate un certain cynisme : maints dirigeants de ce même mouvement écologique, déçus de ne pas avoir été choisis, ont préféré opter pour une sorte de suppléante qui n’a aucune chance., non point de l’emporter mais simplement de faire un score comparable à ce que l’on peut légitimement attendre d’un candidat écologiste…

    Le résultat est qu’un mouvement prétendument porteur, observé par un grand nombre d’indécis, va souffrir de cette désaffection qui s’annonce massive. Sauf erreur, la candidate ne dépasserait pas 2% des intentions de vote. Alors que faire ? faut-il vraiment poursuivre ? Comment feront les écologistes pour rembourser les frais de campagne ?

    Il reste encore quelques semaines avant la date limite du dépôt des candidatures. Il faut dépasser les petits calculs personnels et les égoïsmes : certains se voient déjà députés à l’Assemblée Nationale et ne souhaitent pas indisposer le PS qui leur a généreusement accordé des circonscriptions gagnables.

    Alors, un pour cent de plus ou de moins, cela n’a guère d’importance.

  • L’Egypte révolutionnaire, l’an un…

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    L’Egypte révolutionnaire, l’an un…

    En ce jour, l’Egypte de l’après Moubarak fête son premier anniversaire, un anniversaire de désillusion, de mécontentement et de frustration. Pire encore, un anniversaire, au cours duquel la béance entre le peuple et son armée, jadis considérée comme la haie protectrice de la nouvelle ère, se creuse dangereusement. L’armée qui a toujours piloté le pays depuis la chute du roi Farouk, parle même de complot contre l’Etat et assure qu’elle ne cédera ni devant les pressions ni devant les menaces. Cette mise en garde est grave et prépare à des lendemains douloureux. L’alliance entre le peuple et l’armée a vécu.

    Les généraux, rompus à l’art de conserver le pouvoir, soit de manière brutale soit de façon insidieuse, ont déjà passé un accord secret avec l’aile modérée des frères musulmans, lesquels se séparent des slogans anti-armée et ont fait preuve d’une grande intelligence politique : ils ont pu, grâce à cette adroite politique, envahir le parlement de la manière la plus légale possible et se préparent probablement à investir l’un des leurs, le plus modéré possible, pour la présidence. Les termes de l’accord secret sont aisément reconnaissables : pas de remise en cause des accords internationaux de l’Egypte (accords de paix avec Israël, alliance avec les USA, lutte contre le terrorisme, etc), pas de contestation ni de près ni de loin, du rôle de l’armée, ni de sa prépondérance dans le secteurs économique, pas de contestation de son budget, etc , moyennant quoi, les prétoriens laisseront les islamistes diriger l’Etat. Sous leur contrôle vigilant.

    Mais cela signifie qu’un parti, aidé par l’armée, aura frustré le peuple de sa victoire. Certes, vous savez bien que je ne pense pas de mal du président Hosni Moubarak qui a accordé à son pays plus de trois décennies de stabilité et de paix. Mais c’est sa politique économique ultra libérale et favorisant quelques oligarques, qui a provoqué sa chute : si tous ces désœuvrés avaient du travail et de quoi nourrir convenablement leurs familles, croyez vous qu’ils iraient manifester sur la place Tahrir de jour comme de nuit ?

    Le problème avec les militaires est qu’ils n’ont pas su calmer la rue en redistribuant des aides sociales, en montrant que l’Egypte allait changer et que la masse du peuple devrait favoriser le calme et la stabilité, seules garantes du retour des investisseurs… Or il n ‘ y a rien de tout cela et même le tourisme est inexistant alors qu’il faisait vivre des centaines de milliers d’Egyptiens.

    Certes, le vieux Raïs a laissé se développer dans son pays, et surtout dans son environnement immédiat, le népotisme et la corruption, dans un océan de misère. Ce qui provoqua sa chute. Mais je trouve que l’Histoire, un jour, lui rendra justice. Dans l’intervalle, l’Egypte n’est pas au mieux de sa forme et il n’est guère exclu que l’armée, seule ou avec les frères musulmans, conserve le pouvoir tout en se raidissant.

    Une hirondelle ne fait pas le printemps…

  • La Russie de Poutine et le monde arabe…

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    La Russie de Poutine et le monde arabe…

    J'ai écouté tout à kl'heure sur al-arabia le discours, bref mais fort, du roi d'Arabie Séaoudite au sujet du véto russe et chinois à l'ONU, au conseil de sécurité, concernant la Syrie.

    Le roi, en pleine possession de ses miyens, a parlé avec lucidité, stigmatisant en termes fermes mais mesurés ce déni de justice infligé au peuple syrien.

    J'ai apprécie le couplet où il disait que le monde ne saurait être par l'injustice, la violence et l'iniquité.

    J'ai bien peur que M. Poutine n'ait pas pris la msure de la gravité de son cynisme dans le monde arabe: le roi saoduien n'a pas apprécie son attitude, l"assimilant à un permisd e tuer impunément son propre peuple. Il a utilisé le terme abadan, jamais.

    On voit bien que Bacahr ment: ses troupes ont pilonné Homs durant des des jours et depuis l'aube, les chars ont pénétré dans les quartiers tenus par les rebelles.

    Tout de même, les Israéliens devraient faire quelque chose. Ils ne devraient pas se retarncher derrière la non ingérence. Car ce principe, aujourd'hui, cause la mort de civils innocents. Plus de 50 pour la cette seule journée!!

    Quant à la Ligue Arabe, elle s'est déconsidérée.