- Page 3

  • La traque des anciens Nazis et le jugement de Klaus Barbie, hier soir sur France2

    Imprimer

    La traque des anciens Nazis et le jugement de Klaus Barbie, hier soir sur France2

    C’était inimaginable, quand on y pense ! Tous ces criminerls nazis qui ont tenté de fuir leurs responsabilités qui, à l’exception du Feldmarschall Keitel, ont tenté de s’esquiver et d’échapper à un juste châtiment, la mort par pendaison, ordonnée par les juges du tribunal de Nuremberg.

    Chaque fois que je suis un tel programme, je me demande comment cela a pu être possible. Et surtout dans le cas de Klaus Barbie, le chef des tortionnaires de la Gestapo de Lyon, un homme qui a pu bénéficier de quarante années de vie paisible avec sa famille, loin de cette Europe où il avait commis tant de crimes contre l’humanité. Nous adressons des félicitations, posthumes , hélas, car il est mort il y a un mois, au journaliste Ladislas de Hoyos, le premier à avoir interviewé Barbie à La Paz et à l’avoir piégé. C’était incroyable : on voit comment le journaliste fait parler en français un allemand naturalisé bolivien, alors que ce dernier prétend n’avoir jamais mis les pieds en France, ni même à Lyon.

    L’Amérique du sud s’est hélas illustrée dans cet hébergement des anciens Nazis (mais elle ne fut pas la seule, les pays arabes du Proche Orient, la Syrie, notamment, et l’Egypte l’ont fait aussi), et ces derniers, comme Klaus Barbie, ont pu accéder aux plus hautes positions. Ce qui renforça leur impunité, par exemple le général Banzer de Bolivie ne répondant pas à la demande d’extradition présentée par le président Georges Pompidou…

    Je connais l’un des résistants juifs torturés par Barbie, il s’agit de M. Marcel Stourdzé dont le propre frère le rabbin Samuel Stourdzé fut fusillé par les Nazis. Marcel m’a souvent raconté comment Barbie lui parlait. Sie sind ein Terrorist und obendrein ein Jude ! (Vous êtes un terroriste et par dessus le marché, un juif). A ce moment là, Marcel portait un monocle qui vola en éclats sous les coups et les gifles du tortionnaire.

    Mais le témoignage le plus poignant et le plus insupportable fut celui d’une vieille dame juive d’origine allemande dont Barbie avait tué deux de ses enfants : à la barre des témoins, elle hurla sa douleur et ne cacha pas son indignation en voyant que le tortionnaire de ses enfants martyrisés était encore en vie…

    C’est au tristement célèbre maître Vergès qu’échut le douteux privilège de défendre l’indéfendable. Songez, il osa même demander à Marcel comment il pouvait être sûr qu’il s’agissait bien de Barbie… Parfois, la fonction d’avocat suscite en moi des sentiments plutôt mêlés… Barbie dit quelques phrases affreuses du genre : c’était la guerre, j’ai combattu durement les résistants que je respecte, mais c’était la guerre et la guerre, dit-il avec un cynisme consommé, est finie… Comme si cela pouvait passer l’éponge sur de tels actes innommables !

    Ce fut la première fois que la France jugeait un criminel pour crimes contre l’humanité lesquels sont, comme vous savez, imprescriptibles.

    La seconde émission parlait de la traque des Nazis et tourna à la gloire des époux Klarsfeld qui se sont acquis un indiscutable mérite dans cette affaire. Mais l’homme qui a vraiment changé le cours des choses fut le viennois Simon Wiesenthal qui fut moins médiatisé mais redoutablement plus efficace. N’y voyez aucune restriction ni sous entendu, mais simplement un fait historique, absolument vérifiable.

    En somme, il fallait voir ces deux émissions, ce fut presque un devoir de piété historique.

  • La crise avec l’Iran

    Imprimer

    La crise avec l’Iran

    Cette fois-ci, seul un miracle peut éviter une violente confrontation entre l’Iran et les puissances occidentales, à la tête desquelles se trouve les USA dont la Vie flotte s’apprête à repousser les prétentions iraniennes de fermeture du Détroit d’Ormuz. Mais pourquoi donc l’Iran des Mollahs s’entête-t-il à ce point ? Pourquoi cherche-t-il une confrontation qui lui coûtera très cher ?

    On se pose la question et de plus en plus on se dit que c’est le mouvement des Gardiens de la Révolution qui a mis la main sur tous les rouages de l’exécutif en Iran qui pratique son sport favori : la fuite en avant.

    Comment oser réduire ou limiter les mouvements de la flotte de guerre US en Méditerranée alors qu’on ne dispose pas du tout des moyens nécessaires pour y arriver ? Et surtout pourquoi franchir la limite permise pour l’enrichissement de l’uranium, au delà des 20%, seuil que l’on ne dépasse que si l’on a des objectifs réellement militaires ?

    Aurons nous atteint le point de non-retour ? Espérons que non. Mais les faits sont là : dans quelques jours, fin janvier, l’UE, les USA et le Canada n’achèteront plus de gaz ni de pétrole iraniens, ce qui représente 70% des revenus des Mollahs. Par ailleurs, on se prépare à geler les avoirs de la banque centrale iranienne et à en restreindre sévèrement les mouvements.. Ce sera une véritable guerre économique, c’est-à-dire le prélude à la guerre tout court.

    Et cette fois ci, les Iraniens ne pourront plus pratiquer le jeu qu’ils pratiquent depuis plus de 9 ans avec les instances internationales. Leurs amis syriens sont sur la défensive, l’Irak en pleine déliquescence et le Hezbollah libanais incapable d’agir car Israël le châtiera terriblement et il ne pourra plus être ravitaillé…

    Le Président Obama franchira-t-il le pas ? C’est plus que probable, car sa crédibilité est en jeu. De plus, il faut compter avec les monarchies pétrolières du Golfe qui seraient colonisées et satellises de fait si l’Iran des Mollahs devenait une puissance nucléaire. Au moindre froncement de sourcils des maîtres de Téhéran, les cheikhs se soumettraient.. Restent Israël, les USA et l’UE qui ne manqueront pas de réagir. Et même l’Egypte des généraux fait cause commune avec les USA.

    Si les Mollahs veulent sauver leur régime et le reste, ils devraient mieux contrôler l’actuel président de leur pays qui en est réduit à visiter quelques petits Etats d’Amérique du sud qui croient narguer leur puissant voisin américain en le recevant…

  • La Syrie aujourd’hui, après les massacres…

    Imprimer

    La Syrie aujourd’hui, après les massacres…

    Les amis de la Syrie de Bachar ont réussi à imposer leur point de vue : en l’occurrence, le Liban, l’Algérie et l’Irak, ont empêché la Ligue Arabe de condamner le régime syrien qui tue et continue de tuer ses citoyens. Pourtant, chacun sait que les mois ou les semaines de ce régime sont comptés. Il ne pourra plus se maintenir à l’intérieur, en raison des massacres, et à l’extérieur il n’a plus de soutien, car même le Liban, l’Irak, l‘Iran et l’Algérie qui continuent de l’assister, sont eux mêmes menacés par la vague de contestation frappant les pays arabes depuis près d’un an…

    Ce qui est fort dangereux pour le régime actuel, c’est que le chef de l’armée syrienne libre a publiquement appelé à l’internationalisation, ce qui signifie en clair la saisine de l’ONU et l’intervention d’armées étrangères. On s’y achemine lentement. Déjà, les puissances hosties à la Syrie parlent de s’en référer à l’ONU afin de bénéficier de ses conseils éclairés en matière de protection des droits de l’homme et des minorités opprimées. Par ailleurs, la Russie semble prendre ses distances et serait en quête d’un général syrien apte à prendre la relève et à permettre à Bachar et à ses affidés de quitter le pays. On parle même d’offre d’asile… Reste la Chine qui ne pourra pas faire cavalier seul bien longtemps. La Russie qui connaît bien l’armée syrienne détient quelques cartes majeures et pourrait faire discrètement pencher la balance.

    Mais que se passera-t-il après ? Le Proche Orient connaîtra encore une vague de troubles et de conflits. L’Irak va encore connaître des troubles interethniques et les USA l’ont opportunément quitté par ne pas y être mêlés. L’Iran joue un jeu dangereux et les Sunnites voudront prendre leur autonomie, quant aux Kurdes, cela fait longtemps qu’ils jouissent d’une large autonomie, assurent leur propre sécurité et ne veulent pas livrer leur Vice Président, El Hachemi à la justice de M. Nouri el Maliki…

    Un récent éditorial du journal Le Monde livrait une analyse du chaos apocalyptique qui nous attend au Proche Orient : une Syrie en déliquescence, un Irak en voie de démembrement, une Egypte qui ne se remet pas de l’après-Moubarak, un Liban dominé par le Hezbollah et un Iran condamné à l’aventurisme et à la fuite en avant…

    Dans tout ce spectacle affligeant, seul Israël demeure une valeur sûre et démocratique. Il y a quelques leçons à en tirer si l’on s’avise enfin de voir les choses calmement et lucidement. Cela arrivera-t--il un jour ?

  • SONDAGES : SARKOZY REMONTE DACE A HOLLANDE ET A MARINE

    Imprimer

    SONDAGES : SARKOZY REMONTE DACE A HOLLANDE ET A MARINE

    Commenter les sondages, c’est comme souffler des bulles de savon, elles disparaissent aussitôt après avoir été vues. C’est le lot de tous les sondages, même si leur valeur prédictive est absolument incontestable. Seulement, voilà, comme toute chose existant dans notre bas monde, ils peuvent se tromper. Cependant, il y a, au-delà des épiphénomènes, un indice, devenu une véritable tendance, qui ne trompe pas. C’est la remontée, lente mais inexorable, de Nicolas Sarkozy qui se rapproche du candidat socialiste chaque jour un peu plus. On pourrait parier qu’avant la fin de ce mois de janvier, le président aura rattrapé, voire dépassé son rival socialiste.

    Comment s’explique l’évolution des deux courbes ? Nous laissons Marine de côté puisque, sauf tremblement de terre, elle n’a pas vraiment de possibilité de détrôner l’un des deux poids lourds de l’élection.

    François Hollande est, à son corps défendant, parti trop tôt, en raison des primaires socialistes : comme toute armée qui prend l’initiative, il a marqué des points qu’il peine à conserver pour des raisons objectives : son programme n’est pas encore connu et le président fait campagne sans être encore candidat. Les stratèges socialistes ont un peu tardé à comprendre ce piège et l’ayant enfin identifié, ils repoussent la publication du programme de leur candidat afin de ne pas prêter le flanc à la critique. La position est fine mais difficile à tenir car l’UMP réclame à cor et à cri le programme et a beau jeu de dénoncer l’avancée factice de Fr Hollande dans les intentions de vote.

    Et du côté de Nicolas Sarkozy, comment voit-on les choses ? Il semble qu’on a pris la bonne mesure : sans être officiellement candidat, Nicolas Sarkozy a lancé une quantité de réformes qui l’aident à ré-occpuer le terrain, d’où sa remontée lente mais constante dans les sondages. On sent ici que des experts élyséens sont à la manœuvre. Il y a cependant un problème de nature strictement psychologique : pour quelle raison le Français moyen ressent-il à l’égard de N/.S. une certaine détestation, même si cela est largement injustifié ? Je ne trouve pas de réponse logique à cette question…

    Mais ce qui frappe dans le premier sondage où les resserrements se produisent, c’est qu’au second tour Fr Hollande l’emporterait. C’est assez illogique. Mais c’est de la politique.

  • L’INDEPENDANCE DE L’ALGERIE, IL Y A DEJA CINQUANTE ANS…

    Imprimer

    L’INDEPENDANCE DE L’ALGERIE, IL Y  A DEJA CINQUANTE ANS…

    Ce fut une longue guerre, avec des répercussions qui se font sentir aujourd’hui encore ! Qu’est allée faire en Algérie la France ? Certes, ce fut l’époque de la colonisation, suivie implacablement par la décolonisation. Mais où en est l’Algérie aujourd’hui ? Et où en sont les relations avec la France ? Nous sommes en présence d’un écheveau de complexes que même le meilleur des psychanalystes des nations ne pourrait démêler sans peine ni crise grave.

    Alors que la France a heureusement largement tourné la page, de l’autre côté de la Méditerranée on assiste à des poussées de fièvre régulière contre l’ancienne métropole. Cela peut se comprendre comme on peut comprendre que tant d’Algériens, socialisés à la française, veulent s’implanter en France où leur arrivée massive a créé quelques problèmes de surreprésentation, notamment dans le sud (l’Hérault, le Var, la Provence, la Côte d’Azur), le Nord (Roubaix, Lille, Tourcoing) et la région parisienne (la Seine-Saint-Denis). On sait aussi qu’un certain parti réclame à cor et cris leur départ et leur retour chez eux.

    Est ce que l’Algérie a enfin trouvé l’équilibre ethnique et politique auquel elle aspire depuis des années ? On le lui souhaite de tout cœur mais souvenons nous de l’interruption du processus électoral par l’armée, inquiète de voir le FIS prendre les commandes du pays. Et tout récemment, lors des printemps arabes, une partie de l’Algérie s’est soulevée , vite contenue par des forces de l’ordre omniprésentes, sous le regard attentif de l’armée.

    Ce qui fait le plus défaut dans ce pays, c’est la mauvaise répartition des richesses, de la manne pétrolière. On ne comprend pas que dans un pays avec de telles ressources (gaz, pétrole) les jeunes ne rêvent que d’une chose ; partir en France, un pays qui ne souhaite plus recevoir d’étrangers en raison de la crise et aussi, il faut bien le reconnaître, de l’opposition des cultures. Le fameux dialogue, auquel nous avions tous cru, n’a pas marché. Plus personne n’en parle, plus personne n’y croit. Et c’est fort dommage. Nous allons probablement vivre de longues décennies de repli sur soi dans la plupart des pays d’Europe, en raison justement de la crise.

    Des journalistes, experts en question d’immigration, m’ont récemment dit que nombre d’Algériens, nés et formés en France, s’en retournent à Alger pour faire profiter leurs compatriotes de leurs connaissances et de leur savoir-faire. Ils sont à la fois français et algériens et constituent une sorte de passerelle vivante. Mais ils ont tôt fait de constater la disparité des institutions et préfèrent l’Etat de droit en France.

    Que font-ils alors ? Ils tentent de régler ce déchirement par une volonté redoublée d’imposer la démocratie. Et ce n’est pas chose facile.

    Souhaitons donc à ce pays tout le bon, comme on dit à Genève, une meilleure répartition des richesses, un retour chez soi dans le calme et l’harmonie et un heureux anniversaire.

  • MARINE LE PEN AURA-T-ELLE LES CINQ CENTS SIGNATURES ?

    Imprimer

    MARINE LE PEN AURA-T-ELLE LES CINQ CENTS SIGNATURES ?

    Qui croire ? Aura ou aura pas ? Il s’agit des cinq cents parrainages nécessaires pour une candidature aux élections présidentielles. La mesure avait été prise jadis afin d’éviter les candidatures fantaisistes. Mais aujourd’hui, elle peut se révéler une arme fatale, voir léthale pour certains candidats. Je ne parle évidemment pas de Madame Christine Boutin et de Madame Eva Joly qui ne font (pardon) qu’amuser la galerie : l’une avec sa bombe atomique en carton-pâte et l’autre avec son front anti-Sarkozy en chocolat.

    Le cas de Marine est un vrai problème et risque de poser quelques difficultés au président de la République s’il se présente, comme tout semble le confirmer : on ne lance pas des projets de réformes à 100 jours du vote si on n’a pas l’intention de rempiler…

    Alors Marine aura-t-elle les signatures ou pas ? C’est presque certain q’elle les aura. Ce serait imprudent de faire campagne, même en sous main, pour qu’elle ne les eût pas car en cas d’éviction de nature administrative, un Français sur cinq crierait au scandale. C’est ainsi.

    Il faut dire que sur certains points critiques, vitaux aux yeux des Français, le pays n’a pas été géré/ Et vous devinez lesquels, je ne les mentionne pas expressément  pour ne pas faire de la publicité à ce que l’on pourrait combattre.

    Alors, si elle va avoir les signatures pourquoi tout ce tintamarre ? Probablement pour de la victimologie. Attendons pour voir. Mais il m’étonnerait fort que Marine n‘eût pas ses signatures.

  • Etranges fruits du printemps arabe : l’Egypte, la Tunisie, etc…

    Imprimer

    Etranges fruits du printemps arabe : l’Egypte, la Tunisie, etc…

    Il arrive parfois que la potion soit plus amère que le mal. C’est ce qui risque de se vérifier tant en Egypte qu’en Tunisie. Dans le premier pays, il semble que les autorités, déjà bousculées et malmenées par la rue, soient tentées d’offrir la tête de l’ancien président Hosni Moubarak en guise de victime expiatoire tandis qu’en Tunisie, un président prétendument de gauche et que la France a si généreusement accueilli durant de longues années, reçoit avec des courbettes le chef du Hamas à Gaza, mouvement terroriste reconnu comme tel par l’ONU, les USA et l’UE.

    Au fond, il y a des situations qui sont si conflictuelles que toute initiative pour y remédier se révèle vaine. C’est d’ailleurs ce qui a motivé la décision du président Obama de faire maigrir son armée, de ne plus considérer l’Afghanistan et l’Irak, en somme tout le Proche Orient comme une priorité. C’est l’Asie qui concentre sur elle l’attention de l’hyperpuissance US et cela signifie en clair que Washington n’accorde plus aux Arabes et au conflit israélo-palestinien une importance majeure. On peut comprendre le choix de Barack Obama qui, comme tous les présidents US avant lui, se concentre sur l’alliance indestructible avec Israël, les autres pays recevant, pour les contenter, un peu d’aide américaine.

    Pourquoi une telle action ? Les cas de l’Egypte et de la Tunisie nous donnent la réponse.

    Au lieu de s’unir, de fêter ensemble le retour à une vie démocratique, de relancer l’économie et le tourisme, la rue égyptienne s’entête à vouloir dessaisir l’armée qui est le facteur politique et économique numéro 1 du pays. Et voici que l’on croit satisfaire tous les mécontents en leur faisant croire que le président Moubarak, véritable homme d’Etat malgré quelques défauts véniels de ces pays (corruption, clientélisme, passe-droits, etc), finira au bout d’une corde. Sauf un grand coup tordu (du style d’une crise cardiaque opportune) jamais l’armée ne permettra que son chef se balance au bout d’une corde. En revanche, le cas de l’ancien ministre de l’intérieur et de ses aides me semble plus compromis…

    Avoir fait toute cette révolution pour en arriver là, alors que le tourisme qui est le poumon de l’Egypte, est à l’arrêt… Et cette rhétorique anti israélienne qui n’arrange pas les choses ; j’ai parlé avec des gens qui ne veulent plus aller en Egypte pour cette raison.

    Ce qui m’amène en Tunisie où M. Marzouki que l’on croyait attaché aux valeurs démocratiques et à la paix, reçoit avec le sourire le chef du Hamas que le parti islamiste Annahda lui a imposé, car il occupe tous les ministères régaliens. Là aussi le pari est insensé : que vient faire la Tunisie dans cette galère ? Ce petit pays, qui vit du tourisme et des olives, va connaître des lendemains difficiles s’il continue dans cette voie… Il est vrai que dans ces pays ignorant le cartésianisme, le oui et le non n’en sont pas (contrairement à la belle parole des Evangiles : que votre oui soit un oui et votre non un non). On reçoit un homme compromettant mais après son départ on l’oublie…

    Tant l’Egypte que la Tunisie ne se relèveront guère si elles persistent dans la voie du populisme : verrait-on l’UE, les USA et le monde libre aider des pays qui agissent de la sorte ? C’est peu probable. Au fond, Barack Obama a peut-être raison, mieux vaut se concentrer sur les problèmes de l’Europe et des USA.

  • Qui était vraiment Maître Eckhart ? A propos de l’ouvrage de Kurt Flash : D’Averroès à Maître Eckhart

    Imprimer

    Qui était vraiment Maître Eckhart ?

    A propos de l’ouvrage de Kurt Flash : D’Averroès à Maître Eckhart

    Dans cet ouvrage qui remet en question bien des idées reçues, il convient d’accorder une certaine attention au sous-titre figurant sur la couverture (Les sources arabes de la «mystique» allemande) sans omettre le complément du titre en première page, la naissance de la «mystique » allemande de l’esprit de la philosophie arabe. Et dans ces deux occurrences, le terme mystique est soigneusement entouré de guillemets.

    La raison en est simple et saute aux yeux de quiconque considère les toutes premières pages avec l’attention requise : l’auteur ne considère pas le maître allemand du XIVe siècle comme un mystique, purement et simplement. Pour ce faire, il se fonde avec raison sur des déclarations spécifiques de maître Eckhart dont la moins étonnante n’est pas celle où il déclare que l’Ancien Testament, le Nouveau Testament et Aristote (interprété par Averroès et Albert le grand) enseignent «la même chose».

    Alors qu’était maître Eckhart ? Un commentateur biblique ? Et dans ce cas il nous faut rechercher les ressorts profonds de son exégèse biblique… Etait-il un théologien puisqu’il portait le titre de maître en théologie et dans ce cas aussi, il faut savoir comment lui-même entendait ce vocable et comment le pratiquait-il ? Ou était-il un philosophe, un peu comme Maimonide que l’auteur allemand du XIV avait étudié à partir d’une traduction latine ? On a laissé le titre de mystique pour la fin car Kurt Flash émet les plus sérieuses réserves quant à l’attribution d’une telle qualité aux œuvres (latines) du maître allemand du XIVe siècle.

    On se souvient que Maître Eckhart doit à une mort prématurée en 1327/28 le bonheur d’avoir été condamné, à titre posthume, par le pape Jean XXII pour hérésie, tout juste un après sa disparition. Si la condamnation s’était produite du vivant de l’auteur, c’eût été l’infâmie du pain de la tribulation et de l’eau de l’angoisse… Les autorités ecclésiastiques avaient subodoré l’hérésie dans tous ces emprunts contractés auprès de l’Averroès latin dont la plupart des thèses avaient été condamnées, même si le maître ne les avait pas toutes reprises à son compte (éternité de l’univers, unité de l’intellect, etc). Aux yeux d’Eckhart, la philosophie recouvrait les grands écrits d’Aristote : logique, physique, métaphysique, éthique…

    Dès les premières pages de son livre, Kurt Flash annonce son intention de mettre en lumière ce qui lui paraît être les véritables sources de la pensée eckhartienne. Mais il faut lire ce livre en ayant présente à l’esprit la grande controverse qui a agité les esprits après la parution d’un récent ouvrage sur les sources gréco-latines de l’Europe chrétienne dont l’objectif affiché était de repousser l’influence judéo-arabe (Avicenne, Averroès et Maimonide) et de lui substituer une prégnance chrétienne et latine. Or, Kurt Flash milite principalement contre cela, tout en cherchant à montrer que les historiens de la philosophie allemande du XIXe siècle, responsables de la dévolution du titre de mystique à Maître Eckhart, ne connaissaient pas encore l’imposant corpus latin de leur auteur. S’ils l’avaient pris en considération, ils auraient immanquablement découvert la grande influence averroïste subie par l’auteur.

    Il est vrai que cette méprise est excusable quand on se limite à l’un des deux corpus : pour qui lit l’un des deux, Maître Eckhart n’a été que ceci ou cela. Si on se plonge dans les sermons allemands, on se défendra mal de l’impression que leur auteur n’est pas insensible à une certaine forme de pensée mystique. Mais si l’on considère exclusivement les textes philosophiques, portant l’empreinte indéniable d’Averroès, on penchera vers d’autres qualificatifs. Au fond, on pourrait presque, comme dans le cas de Moïse Maimonide, s’interroger sur l’unité ou la dualité de la pensée d’Eckhar

    Lire la suite

  • Un nouveau Premier Ministre pour la France ? Grave erreur…

    Imprimer

    Un nouveau Premier Ministre pour la France ? Grave erreur…

     

    Rentré d’une longue semaine de repos en Normandie, je reprends un à un les exemplaires du journal Le Monde que je n’ai pas pu lire durant le temps écoulé et mon regard tombe sur une tribune libre de Lionel Stoléru, ancien secrétaire d’Etat à la formation professionnelle de Valéry Giscard d’Estaing qui recommande de changer de Premier Ministre (Le Monde daté du 30 décembre, page 19)

    Franchement, je ne crois pas que ce soit une bonne idée et l’auteur se sent lui-même tenu de rappeler quelques solides qualités de François Fillon qui ont d’ailleurs soutenu –et largement justifié- son exceptionnelle longévité à Matignon. Mais dans l’énoncé des motifs, censés justifier un tel changement de pied, l’auteur de l’article souligne, je ne le cite qu’en substance, le peu d’autonomie dont dispose l’hôte de Matignon, vis-à-vis de l’Elysée. L’hôte de l’Elysée se voit lui aussi reprocher de ne pas être bien entouré… Soit.

    Mais qui nous garantit qu’un éventuel successeur de M. François Fillon disposera, quant à lui, d’une plus grande liberté de manœuvre, qu’il sera plus écouté et plus suivi ? Au premier coup d’œil, l’observateur attentif (et M. Stoléru en est évidemment un) découvre que ce n’est pas un problème d’homme, mais de système, la présidence de la République étant la clef de voûte de nos institutions… Vous voyez ce que je veux dire : il faut un exécutif fort mais il doit être aussi plus équilibré et les pouvoirs mieux répartis.

    Mais M. Stoléru ne s’arrête pas là. Ayant dessiné ce qui lui paraît être le profil idéal du nouveau Premier Ministre, il jette son dévolu son le caractère et le style d’un Raymond Barre (éminent chef de gouvernement de VGE) et va jusqu’à donner des noms de candidats putatifs dont celui de M. Jean-Claude Trichet… Comme si le président de la République qui a souvent critiqué en termes assez forts la politique de la BCE allait confier les rênes de son gouvernement à l’ancien président de cette institution européenne… M. Stoléru nous avait habitués à des regards plus profonds et plus fouillés.

    Je n’ai encore jamais eu l’honneur de rencontrer M. François Fillon, mais je connais un peu son entourage immédiat. Je puis donc dire et redire que jamais on ne trouvera un homme aussi compétent, ni aussi fidèle, ni aussi loyal que lui.

    Changer d’attelage au milieu du gué alors que le Président ne compte se déclarer candidat à sa propre succession que dans plusieurs semaines serait un geste inconsidéré.

    Et l’intelligence politique nous dit qu’il ne le fera pas.

    François Fillon est très bien à son poste.

  • La Turquie de Monsieur T. Erdogan

    Imprimer

    La Turquie de Monsieur T. Erdogan

     

    En d’autres temps, on aurait même pu parler de provocation. Tant l’actuel Premier Ministre turc ne recule devant rien pour faire parler de lui et surtout pour s’imposer comme le leader incontesté d’un monde arabe qu’il cherche à satelliser en en faisant un monde islamique, ce qui supprimerait la dernière différence qui le sépare de ce même monde dont il rêve de prendre la tête.

    On avait déjà relevé ici et là cette étrangeté de voir un Turc prendre la parole devant la Ligue arabe au Caire : Et pour faire quoi ? Bien entendu pour pincer les cordes les plus sensibles du nationalisme arabe en évoquant en termes virulents la Palestine. Et à dénigrer son allié d’hier, Israël. Mais M. Erdogan semble ne pas voir que les Arabes n’ont pas gardé le meilleur souvenir de la domination ottomane au XIXe siècle. Et notamment dans le territoire de l’actuel Etat d’Israël : incurie, laissez aller, corruption de l’administration, absence de corps judiciaire, pas de cadastre, etc…

    Dans sa volonté de satelliser les Arabes, la Turquie de M. Erdogan a un rival de poids, l’Iran des Mollahs. Mais les deux prétendants ont le même fonds de commerce : la rhétorique anti-israélienne. Or, les Turcs sont bien placés pour avoir qu’Israël ne disparaîtra jamais. Enfin, il y a dans ces réactions cutanées un dissentiment provoqué par le rejet de la part de l’Europe. Mais comment admettre un tel pays lorsque son gouvernement accorde son indulgen,ce et sa reconnaissance à un mouvement terroriste, dénoncé comme tel par l’UE ? Et qui, de surcroît, occupe un autre pays de l’UE, Chypre…

    Et aujourd’hui, considérant que cela ne suffisait pas, le même homme en vient à courtiser le Hamas, mouvement reconnu comme une organisation terroriste. C’est probablement le pas de trop, le Premier Ministre devrait se méfier du vibrionnisme et tenter de s’inspirer de la sérénité et de la diplomatie de son président, M. Abdullah Gûll…

    Il est évident que l’homme traverse une phase d’agitation aigüe : après les attaques violentes contre Israël, il s’en est pris à son allié d’un jour, Bachar el Assad, qu’il voue aux gémonies après l’avoir porté aux nues… Depuis peu, il entendait dicter à la France sa conduite en raison du vote d’une loi reconnaissant comme une faute la négation de tout génocide. Mais le chapitre n’est pas encore clos.

    On se demande comment réagissent certains secteurs de l’opinion et de l’Etat turcs : par exemple, ce que pense l’armée, formée aux valeurs kemalistes de laïcité et de séparation de l’église et de l’état. Et on ne parle même pas de la réaction des USA qui commencent à penser qu’il en fait vraiment trop…