- Page 2

  • Quatre soldats français tués par un taliban infiltré : la France doit-elle quitter l’Afghanistan ?

    Imprimer

    Quatre soldats français tués par un taliban infiltré : la France doit-elle quitter l’Afghanistan ?

    L’assassinat de quatre soldats du contingent français des forces internationales, en action en Afghanistan, n’est pas le premier incident grave, ayant coûté la vie à des soldats occidentaux : il y a quelque temps 5 soldats britanniques avaient été lâchement assassinés dans des conditions presque similaires, suite à une altercation avec un Afghan, plutôt proche des Talibans. Est-ce un hasard ? Non, car les Talibans ont revendiqué l’attentat, reconnaissant avoir recruté ce soldat de l’armée afghane, retourné par leurs soins.

    Horrifié, le président français a immédiatement dépêché sur place le ministre de la défense qui doit rendre un rapport dans les meilleurs délais. Selon ses conclusions, il sera décidé si les troupes restent ou si elles rentrent en métropole. A été aussi décidée la suspension de toutes les activités de soutien à cette armée qui ne sait même pas protéger ses instructeurs occidentaux.

    Un hommage solennel sera rendu, je l’espère, à ces héros morts pour la défense de la civilisation et de la liberté. Une pensée sincère et profonde à leurs familles frappés par un si cruel deuil. Mais comment se prémunir contre de tels chevaux de Troie ?

    Que pouvons nous en dire à l’heure actuelle ? C’est à l’armée afghane de scruter les origines de ses recrues et de mettre en place un système de renseignements en mesure d’approfondir ses investigations. Cela s’appelle dans nos démocraties : la sécurité militaire. Un exemple : lorsque l’Etat d’Israël a reçu plus d’un million et demi de juifs russes, Tsahal était conscient que le KGB avait bien infiltré dans le flot des immigrants quelques taupes et autres cellules dormantes pouvant être activées le moment venu. Or, en Israël tout le monde est astreint à un service militaire assez long. On fait donc très attention avant de confier aux uns et aux autres des tâches impliquant, à un haut niveau, la sécurité nationale. Les Afghans devraient s’en inspirer.

    Les autorités afghanes n’ont pas tort de dire qu’un retrait prématuré de la France sous le feu serait interprété par l’ennemi comme une victoire, voire un encouragement. Et il équivaudrait à un affaiblissement de la position des Occidentaux. Rappelez vous Beyrouth lorsque les armées occidentales avaient dû quitter le Liban suite à des attentats suicides qui firent des dizaines de morts dans leurs rangs…

    Mais dans ce cas, il faudrait peut-être battre un peu notre coulpe : un soldat, et nous le disons la mort dans l’âme et le cœur chancelant, court toujours le risque de mourir de mort violente et de ne pas faire de vieux os. C’est horrible, c’est triste, mais c’est ainsi. Et les peuples primaires ou moralement sous développés ou simplement fanatiques le savent et usent de cette arme indigne et déshonorante (style attentats suicides) car ils savent que les Occidentaux veulent des guerres avec zéro mort.

    Ce serait même, dit-on, l’origine de l’interjection O.K. qui signifierait alors zero Killed, zéro mort… A la suite d’opérations militaires, cette inscription figurait sur un tableau noir de la salle de presse.

    Tout un programme ! On l’a vu avec l’intervention en Libye où ne fut engagée que la force aérienne, même si certains commandos de marine furent discrètement envoyés sur place pour guider les avions.

    Alors, que faire ? LA France a déjà perdu 82 soldats sur place. Un important personnage de l’Etat me confiait il y a deux ou trois ans, que la défense de la liberté en Europe et dans le monde occidental en général, commence à Kaboul, avant-poste de nos valeurs contre la tyrannie et la barbarie…

    Dans ce cas, il faut rester. Coûte que coûte, car, si l’on part, les terroristes viendront encore plus près de nous…

  • Iran-Israël : le compte à rebours a commencé…

    Imprimer

    Iran-Israël : le compte à rebours a commencé…

    C’est la lecture du journal Le Monde en date d’aujourd’hui, le 20 janvier qui m’incite à revenir sur cette épineuse question. La diplomatie française qui a visiblement inspiré toute cette page 3 du Monde insiste sur la nécessité de mettre immédiatement en application les mesures de rétorsion économique contre l’Iran (pétrole, banque centrale, interdiction de ventes d’armes etc…) afin de mettre le régime des Mollahs devant l’alternative suivante= ou bien ils tiennent à la survie de leur régime et abandonnent le nucléaire militaire ou bien ils tiennent au nucléaire et là c’est la guerre économique, suivie, probablement, de la guerre tout court.

    Pourquoi ce soudain emballement de la diplomatie française ? Les milieux informés seraient persuadés de l’imminence de frappes israéliennes particulièrement violentes, ce qui déstabiliserait la région encore un peu plus, alors qu’elle n’en a guère besoin. Différents indices concordants mènent vers une telle conclusion.

    Tout d’abord, le discours faussement placide du ministre Ehoud Barack qui souligne que la ligne rouge serait franchie si l’on évacue le combustible vers la nouvelle centrale enterrée dans la montagne… Le deuxième indice est le report des manœuvres militaire israélo-américaines assez gigantesques prévues pour les prochaines semaines et que l’on a remis à plus tard pour des raisons budgétaires… La fin mot de l’histoire serait en fait le transport sur place d’une formidable armada US afin de contrer les représailles iraniennes contre l’Etat hébreu .

    Il y a aussi quantité de faits troublants en Iran qui s’apparentent nettement à une sorte de préparation du terrain. Tout le monde f ait semblant de croire à une attaque aérienne massive menée classiquement par des chasseurs bombardiers qui regagneraient tranquillement leurs bases ou leurs porte avions… Sans être un fin stratège, je doute fort de ce scénario. En revanche, il y a tant d’autres moyens qui ont déjà été mis en œuvre ; sabotages de silos de missiles balistiques, introduction de commandos à partir du Kurdistan irakien, emploi d’opposants au régime, notamment les Moudjahidin et autres opposants qui rêvent de se débarrasser du régime actuel, exfiltrations de savants et parfois même attentats contre ces mêmes scientifiques… Tous ces événements se déroulent en Iran, parfois même au cœur de Téhéran ou dans d’autres capitales où des généraux ont disparu avec leurs familles.

    Le journal Le Monde ajoutait que les chambres américaines avaient voté à l’unanimité comme un seul homme pour des sanctions très dures alors que le camp républicain réclame à cor et à cri une sévère correction de l’Iran, ce que le Pr Obama hésite à faire ne voulant pas risquer sa réélection… Le problème est qu’il n’est pas sûr du tout de la réaction israélienne qui n’a pas pour habitude de remettre sa sécurité entre les mains d’un allié, fût-il le grand frère US.

    Il semble que la diplomatie française ait bien –jaugé la situation : l’Occident ne tolérera pas un Iran des Mollahs avec du nucléaire. Ce sera l’un ou l’autre. Si les Mollahs avaient la sagesse d’abandonner le nucléaire, ils sauveraient leur régime et assureraient leur survie pour quelque temps encore. S’ils jouent avec l’instinct de survie d’Israël, ils pourraient bien tout perdre…

    Sauront-ils mesurer les enjeux ? La religion ne fait jamais bon ménage avec la politique. Dieu règle les choses du Ciel et les hommes doivent avoir les pieds sur terre.

  • Le 75e anniversaire de l’orchestre philharmonique d’Israël

    Imprimer

    Le 75e anniversaire de l’orchestre philharmonique d’Israël

    Hier soir, tout à fait par hasard, j’ai vu sur ARTE une émission remarquable consacrée à cet anniversaire marquant de l’orchestre philharmonique d’Israël. Quelle histoire, quelle épopée ! En 1936, voire même un peu avant, on assiste à des recherches de la part de juifs sionistes, en vue de faire venu en Palestine mandataire des pianistes et des solistes juifs pour constituer ce grand ensemble musical désormais célèbre dans le monde entier.

    On a vu la participation de Leonard Cohen, d’Isaac Stern et, surtout, de Toscanini, venu dans ces années là, manifester, auprès de ses amis juifs, son refus du fascisme et du national-socialisme. On a vu aussi des survivants de cette épopée raconter comment, avant la venue du célèbre chef italien, tout l’orchestre constitué d’hommes et de femmes venus de tous les coins du monde, devait répéter dans un immense hangar du port de Tel-Aviv !

    Mais ce n’est pas tout : le jour de la proclamation de l’indépendance du nouvel état d’Israël, il fallut jouer l’hymne national, la Tikwah, devant Ben Gouruon et les membres l’exécutif dans le musée de Tel Aviv.

    Les plus anciens racontent aussi que Bernstein et quelques autres ont tenu à se transporter à Beershéva qui venait d’être libérée afin de jouer devant les soldats qui s’étaient battus pour la conquête de cette cité du sud d’Israël.

    Et on a aussi écouté l’interview de Daniel Barenboïm qui semblait déplorer la surreprésentation des juifs russes dans l’orchestre : pour y entrer, dit le célèbre maestro, il faut être russe ! Ce qui modifie quelque peu même le son et la résonance de cet orchestre.

    Je n’ai pu m’empêcher de penser à un violent pamphlet signé par Wagner, Les juifs et la musique où la grande figure de Bayreuth enrageait de voir les virtuoses juifs gagner en célébrité et en influence.

    Mais tout cela est du passé, un passé révolu. Il faudrait qu’aujourd’hui la musique unisse et rapproche ceux qui sont éloignés.

  • Réception hier à Paris à l’Ambassade d’Allemagne en l’honneur de Plantu, le célèbre caricaturiste du journal Le Monde

    Imprimer

    Réception hier à Paris à l’Ambassade d’Allemagne en l’honneur de Plantu, le célèbre caricaturiste du journal Le Monde

    J’avoue avoir hésité avant de décider de me rendre à l’invitation de l’Ambassadeur R. SCHÄFERS pour honorer l’œuvre de Plantu, l’homme qui résume en quelques coups de crayon les meilleurs éditoriaux (ou les moins bons) du journal Le Monde.

    Le public était bien choisi, des ministres, des hommes politiques, des élus enfin des journalistes, des grands patrons (dont Jean-Louis Beffa avec lequel j’ai longuement parlé)… Bref, le tout Paris se retrouvait pour rendre un hommage mérité à l’œuvre d’un homme qui a déjà exposé ses dessins à Berlin et prochainement aussi à Düsseldorf.

    Tout en jugeant incontestable le talent de l’artiste, j’avoue qu’il est un peu comme le bon vin : il se bonifie avec l’âge. Et surtout l’association Cartooning for peace lui a permis de se recentrer et de ne pas suivre aveuglément les tendances assez regrettables du journal Le Monde, concernant certains conflits hérités du XXe siècle.

    C’est vrai que quelques oups de crayon peuvent en dire bien plus qu’une page entière écrite en petits caractères dans un journal sérieux. Mais parfois la caricature a tendance à forcer le trait quand ce ne serait que pour retenir l’attention. Ce sont les risques du métier.

  • Les conséquences de la parte par la France de son triple AAA

    Imprimer

    Les conséquences de la parte par la France de son triple AAA

    Quand on dit que nos ancêtres les Gaulois avaient peur que le ciel leur tombe sur la tête, on pense aux réactions dramatisées à l’extrême, depuis cet affreux vendredi 13 au cours duquel le coq gaulois aurait perdu l’une de ses plus belles plumes.

    Les cercles gouvernementaux ont commencé par encaisser le coup, une sorte de léthargie en résultat et c’est seulement le lendemain que le Premier Ministre français a relevé le gant, assignant à la nouvelle l’importance qui lui revenait, ni plus ni moins.

    De son côté, le candidat de l’opposition a tenté de tirer le plus de profit possible de cette affaire, tout en spécifiant que l’affaire ne l’enchantait guère, mais qu’elle plaçait son adversaire dans une posture délicate…

    Et quiconque écoutait la radio ou regardait la télévision dans l’Hexagone ou en Suisse, avait l’impression que le ciel était tombé sur la tête d es Français.

    Voyons la chose avec le sang froid qui s’impose : cela fait 30 ou 40 ans que les habitants de l’Hexagone vivent au-dessus de leurs moyens : trop de dépenses sociales, pas assez de travail, trop de vacances, trop de dettes, bref trop de vie à crédit. Et ces syndicats qui n’arrêtent de demander des augmentations et des congés… Un beau jour (ou plutôt un mauvais jour) on doit bien faire les comptes…

    Et ces comptes ne sont pas roses car ils font apparaître que la France doit dévaluer d’environ 15% si elle n’avait pas l’Euro. C’est dire.

    Allez donc demander au salarié français (quand il a du travail) de renoncer à cette somme à la fin du mois.

    On a trop souvent confondu égalité et égalitarisme. Il faut retrousser ses manches et travailler. Les vacances, cela vient après.

  • Existe-t-il un rapport entre la Syrie et la Birmanie ?

    Imprimer

    Existe-t-il un rapport entre la Syrie et la Birmanie  ?

    Oui, c’est l’idée qui vient à l’esprit en regardant la visite du ministre français des affaires étrangères, Alain Juppé, lors de sa rencontre avec la célèbre opposante birmane, qui a décidé, après tant d’années en résidence surveillée , de saluer la libération de prisonniers de premier plan,et de participer aux prochaines élections législatives …

    Comme en Syrie, mais moins sauvagement, c’est un clan de généraux qui accapare le pouvoir depuis plusieurs décennies. Comme en Syrie, il y a eu un soulèvement conduit par des moines bouddhistes, d’où le nom de révolution safran, par allusion à la couleur de la robe des jeunes religieux qui ont sacrifié leur vie pour faire plier les généraux, sourds, des années durant à tous les appels et surtout forts du soutien d’une Chine qui semble faire sa spécialité du soutien aux régimes dictatoriaux, comme dans le cas syrien. Alors que l’autre soutien à la Syrie la Russie, semble hésiter et suit désormais un cours en zigzag : d’un côté on envisage le vote d’une résolution à l’OUNU, et de l’autre on envoie tonte une escadre faire relâche dans le port militaire de Lattaquié…

    La Birmanie reçoit un ministre français, mais bientôt ce sera le tour des Américains, même si Madame Hilary Clinton a déjà visité la célébré opposante birmane. Donc, les pressions peuvent avoir une certaine efficacité, tardive mais incontestable puisque la situation n’est plus ce qu’elle était il y a quelques mois…

    Pouvons nous à présent transférer ce raisonnement et cet espoir au cas syrien ? On cherche des éléments susceptibles de donner quelque espoir à une issue pacifique de la crise syrienne.

    Dans l’état actuel, on ne voit rien de bon , car l’optimisme naturel ne saurait confiner à la naïveté… N’oublions pas le cas de Hama au début des années quatre-vingts avec ses dizaines de milliers de morts, entouré d’un silence, à la fois pesant et criminel : Hafez el Assad est mort dans son lit et son frère Rifa’at n’a jamais été inquiété qu’il se soit trouvé à Damas, à Genève ou à Paris…

    Le clan au pouvoir en Syrie sait qu’il a tué trop de gens pour pouvoir espérer le moindre dialogue national dont les Arabes sont si généralement friands pour surmonter des crises. Les ponts sont rompus, tout dialogue est impossible : la seule chose qu‘on espère éviter, ce sont les 10.000 morts… C’est peut-être ce que recherche la remuante diplomatie qatarie qui préconise, depuis hier, d’envoyer des soldats de la Ligue arabe à défaut d’observateurs qui ont écoué dans leur mission. Ce fut une erreur d’envoyer des observateurs. Les opposants syriens l’ont dit en français sur France 24 : la présence des observateurs (morakabbin) n’a pas empêché l’accroissement vertigineux des victimes : les soldats du régime n’ont pas hésité à ouvrir le feu en direction d’observateurs, coiffés de casquettes blanches et revêtus de dossards phosphorescents…

    On doute que les membres de la L.A. suivent le petite émirat qatari dans cette voie, en revanche, on ne peut saluer le courage de l’Emir A Thani car le régime syrien n’ayant pas pour habitude de se montrer clément envers ses adversaires. Souvenez vous de l’ambassadeur français Delamare…

    La vraie solution pour empêcher la poursuite de l’effusion de sang et chasser le clan du dictateur est d’instaurer une zone d’exclusion aérienne à la frontière turque ou, mieux, à la frontière israélienne car Tsahal a les moyens militaires de la faire respecter. Ainsi, et si l’opposition syrienne, dit vrai, des divisions entières de l’armée pourraient faire défection et se diriger vers cette ligne et cette zone, assurés de ne pas être pulvérisées par l’armée de l’air loyaliste… N’oubliez pas la mémoire des peuples de la région : les Arabes se souviennent de la volte-face US du président Bush père lorsqu’il incita les Chi’ites à se révolter pour les abandonner ensuite à leur triste sort qui devint alors tragique et désespéré : ils furent massacrés par les blindés de Saddam… Les soldats syriens qui rêvent de faire de faire défection ne veulent pas subir le même sort et on les comprend.

    Dans la mesure où l’opposition syrienne est vraiment au fait de ce qui se passe au sein de l’armée syrienne que le clan Assad tien pour le moment bien en main, la proposition qatarie est peut-être la solution.

    Mais une chose est sûre et certaine : le massacre a assez duré et le régime n’a fait aucune ouverture sérieuse. Après autant de morts, surtout civils, on ne peut plus se parler. Ce serait donner une prime aux dictateurs du monde entier.

    Est ce que l’exemple birman est probant ? A d’autres, de plus experts que nous de juger..

  • La France perd son triple A

    Imprimer

    La France perd son triple A

    A l’évidence, le gouvernement français a mal géré sa communication en envoyant le ministre de l’économie et des finances annoncer cette sombre nouvelle à la télévision. Certes, ce n’est pas de sa faute, mais il eût fallu plus de force de conviction, d’esprit d’entraînement et d’enthousiasme pour redonner aux Français un peu d’allant et de confiance ne soi. François Fillon aurait mieux fait l’affaire, mais peut-être se réserve-t-il pour une allocution ultérieure.

    Mais le plus grave se situe en amont : il fallait dire aux habitants de ce pays que depuis plus de trente ans leur pouvoir d’achat, sans cesse grandissant, n’était pas gagné, c’est-à-dire ne reflétait pas la richesse réelle de leur pays, mais qu’il était emprunté (au sens propre du terme) et artificiel. Les plus anciens parmi nous se souviennent du courageux Raymonde Barre lorsqu’il supprima l’échelle mobile des salaires, suscitant une incroyable levée de boucliers. Et plus proche de nous, le gouvernement de Nicolas Sarkozy, faisant face à d’innombrables grèves pour imposer (je dis bien imposer) une bien timide réforme des retraites.

    Qui aura le courage de dire la vérité aux Français ? Surtout en cette période de campagne électorale ? Faudra-t-il entonner une sombre élégie, un peu comme David apprenant la mort de Saül et de Jonathan sur le champ de bataille de Guilboé, ou, au contraire, agir comme un homme, prendre le taureau par les cornes, retrousser ses manches et se mettre enfin au travail, au lieu de continuer à tout attendre d’un Etat-Providence (Welfare state) que l’on transforme en Ersatz de parents, même quand on n’a plus l’âge de se comporter comme des enfants ?

    Dans l’un de ses livres, l’actuel chef de l’Etat se targuait (et je n’ai pas de raison d’en douter) de savoir transformer toutes les épreuves en forces, c’est-à-dire faire face, relever le défi, explorer de nouvelles voies et surtout dire la vérité aux Français.

    Les économistes les plus sérieux mais aussi les plus pessimistes sont d’avis que les Français vivent largement au-dessus de leurs moyens, à hauteur d’environ 15% ! Rendez vous compte : si quelqu’un gagne un salaire moyen brut de € 5000, la mesure de rétablissement le ramènerait à € 4250. Je doute que les gens acceptent, surtout s’il gagnent €2000, car cela les ramènerait à € 1700 !

    Pour un pays comme la France, le premier à avoir fait une révolution en Europe, le seul à avoir osé décapiter un roi de droit divin,, ce serait la fin de tout.

    Le problème est que le traitement économique et financier de la crise profonde que nous traversons n’est pas suffisant, il faut un accompagnement social et politique. Or, de telles mesures édulcoreront fortement le pouvoir curatif de la potion.

    Je ne voudrais pas passer pour le thuriféraire de l’Allemagne (qu’on m’accuse régulièrement d’encenser, c’est le cas de le dire, dans tous mes articles) mais il faut bien reconnaître qu’elle récolte les fruits des réformes faites par Gerhard Schröder… Un socialiste ! Mais un socialiste allemand ! Le PS, quant à lui, n’a que deux recettes : taxer les riches pour lever des fonds qu’il allouera ensuite généreusement à ses partisans afin qu’ils continuent de voter pour lui.

    Mais ne cédons pas à la sinistrose ambiante : si le pouvoir sait enfin réagir courageusement, il peut retourner la situation en sa faveur : mettre le peuple français devant ses responsabilités, lui expliquer la nécessité d’une cure, d’une meilleure gestion de la Sécurité Sociale et lui expliquer enfin qu’égalité ne signifie pas égalitarisme.

    Y parviendra-t-il ? Dans l’état actuel, il est permis d’en douter.

  • le programme économique de Marine Le Pen

    Imprimer

    le programme économique de Marine Le Pen

    Comme chacun sait, l’économie n’est pas ma spécialité, mais hier en fin d’après-midi, j’ai suivi, par hasard, l’heure d’interviewe de Marine par Michel Field sur LCI. Il s’agit du programme économique de la candidate du FN. Je me suis alors demandé quel effet une telle présentation pouvait avoir sur l’électeur moyen que nous sommes tous. Et ce matin, voici qu’on annonce une avancée (de trois points) de la candidate qui fait le plein dans le couches populaires, jadis acquises au PC, lequel a totalement disparu des écrans radar, nonobstant les allégations de ses dirigeants actuels…

    Comment faut-il interpréter ces résultats, en dehors de tout esprit partisan ou de toute opinion préconçue ? Même si certaines options générales (refus de l’Euro) semblent assez irréalisâtes, le programme, aux yeux des non-initiés, paraît cohérent. : l’inversion du flux migratoires, la réduction des visas d’entrée de 200.000 à 10.000, ces mesures semblent séduire la population française puisqu’elle semble en favoriser l’application en optant pour Marine. Marine a énoncé ce que coûtent les immigrés au pays et le journaliste a eu beau tenter de souligner ce qu’ils rapportaient à la France, il n’est pas arrivé à ébranler la démonstration de la candidate. L’observateur extérieur, incompétent par nature, ne peut pas les départager, mais il est incontestable que Marine a marqué des points. La même chose vaut du sujet de la criminalité et de l’insécurité… La plupart des citoyens, notamment dans les banlieues, devenues aux yeux de certains, des zones de non droit, en sont convaincus et demandent une reprise en main.

    Il y a aussi la réduction des dépenses de sécurité sociale, l’opinio communis étant persuadée que les immigrés en profitent trop et que le déficit disparaîtrait s’i l’on y mettait bon ordre… Est ce vrai ? Aux experts de juger.

    Il y a aussi cette réduction des mauvaises dépenses, de la gabegie réelle ou supposée de l’Etat : Marine a énoncé des réductions qui ramèneraient des milliards : est-ce vrai ? Je l’ignore.

    Mais ce qui frappe le plus, c’est le retrait de l’Euro, et sur ce point précis, la candidate du FN semble avoir légèrement modifié sa position car elle ne rejette plus l’Euro purement et simplement puisqu’elle prône le rétablissement d’un panier de monnaies nationales qui seraient cotées les unes vis à vis des autres dans une sorte d’ECU, ce qui laisserait, selon elle, un peu de souveraineté nationale monétaire aux Etats, sans pour autant éradiquer la notion même de monnaie commune.

    Mais la belle blonde ne nous dit pas comment renégocier la dette, comment résorber les déficits, alors que ces sommes colossales sont adossées à l’Euro. Comment évaluer, j’ose dire dévaluer, ces sommes, car, et elle le sait, sitôt sortie de la zone Euro, la France serait contrainte de dévaluer… Vous vous souvenez du serpent monétaire européen ?

    On peut comprendre les hésitations des Français qui ne croient plus en les grands partis et risquent de donner leurs voix à des partis non traditionnels. En gros, les sondages montrent que les Français sont tentés par les mesures préconisées par Marine (rejet des étrangers, repli sur soi, réduction drastique des déficits, rétablissement sans faille de la sécurité, reprise en main des banlieues, etc)… toutes mesures ayant trait au rétablissement d’un certain type de vie dans l’Hexagone..

    Est- ce normal, est-ce légitime ? Du point de vue d’une majorité de Français, fortement touchés par la crise, la réponse est positive. Attendons pour voir.

  • La guerre de l’ombre contre l’Iran se poursuit…

    Imprimer

    La guerre de l’ombre contre l’Iran se poursuit…

    Depuis hier, c’est un nouvel expert nucléaire iranien qui est victime d’un attentat en plein Téhéran. Les autorités iraniennes ont aussitôt accusé la CIA et le Mossad, mais en réalité, les Mollahs d’Iran ont mis tout le monde entier contre eux : tous les Occidentaux et même certains Arabes qui ne veulent plus entendre parler des Chi’ites, encore moins de chi’ites possesseurs de la bombe atomique.

    L’article du Figaro de ce jour, en page 6, illustre bien la nouvelle guerre de l’ombre que mènent tous ces services contre l’Iran des Mollahs et dresse un parallèle intéressant avec ce quie st arrivé à L’osirak de Saddam Hussein…

    Mais ce qui est le plus frappant, outre le fait de pouvoir agir impunément en plein Téhéran, c’est la déclaration du général israélien Gantz, chef d’Etat-major de son pays, qui assure que l’année 2012 en Iran sera jalonnée d’événements fort inhabituels.

    L’article rappelle que les Iraniens ne savent toujours pas comment a été détruite leur base de missiles balistiques… Ils ne savent pas plus comment le second virus (après nuxnell) a pu s’infiltrer dans les ordinateurs de la centrale de Natanz et causer tant de dégâts : c’est que la CIA et Tsahal disposent de fortes puissances attelées à ces projets.

    Enfin, il y a le Kurdistan irakien d’où le Mossad infiltre tant d’agents et de saboteurs qui s’occupent de retarder le programme iranien. On peut donc dire que la guerre de l’ombre se poursuit de plus belle, avec une similitude étonnante avec ce qui était arrivé aux savants irakiens du nucléaire.

    Est ce que cela va dissuader l’actuel leader iranien ? C’est peu probable. Ce qui veut dire que toutes ces actions clandestines vont se poursuivre. En plus de la guerre économique sans merci (bancaire et pétrolière) qui commence le 27 janvier à Bruxelles.

  • La situation en Syrie et l’échec de la médiation arabe

    Imprimer

    La situation en Syrie et l’échec de la médiation arabe

    La Ligue arabe a échoué en Syrie ; d’une part, des soupçons graves pèsent sur la taure même du général dirigeant les observateurs sur place, et en plus l’un de ses membres vient de claquer la porte et veut rentrer chez lui :; c’est le délégué algérien qui trouve inqualifiable l’attitude des forces d Bachar dans la ville de Homs, bastion et foyer de la révolte.

    Le régime est loin d’être à terre. Il est, certes, affaibli mais il n’est pas vaincu, loin de là. Même les Arabes les plus critiques à son égard et qui rêvaient de sa disparition, tempèrent leur attitude : les Etats du Golfe ne réclament plus posément le départ de Bachar et même la Turquie se modère puisque le bouillant Erdogan a mis un bémol à ses critiques. Pourtant, le flot des réfugiés grossit chaque jour d’avantage.. Encouragé par ce revirement, Bachar a prononcé un discours près d’une heure et demi et s’est présenté dans la foule de ses partisans à Damas, même si à quelques kilomètres de là, les manifestant réclamaient son départ.

    Qu’attend le monde civilisé pour réagir ? Attendons nous que le nombre de morts atteigne les dix mille ? ON est hélas en chemin vers ce chiffre. Et hier, c’est sous l’effet d’un obus de mortier qu’un journaliste français de France 2 est mort à Homs. Rendez vous compte ! Au mortier, dans une ville où résident près d’un million de civils, de femmes et d’enfants.

    Il faudra bien que Le Conseil de sécurité s’occupe du dossier, la Ligue arabe ayant manifestement fait preuve d’esprit timoré, d’irrésolution et d’impuissance. Pendant ce temps, le peuple syrien souffre.