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  • Le nouveau président tunisien par interim : Moncef Marzouki

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    Le nouveau président tunisien par interim : Moncef Marzouki

     

    Voici un homme taillé dans du roc, au caractère bien trempé, qui vivait en France tranquillement comme médecin spécialiste et qui n’a écouté que son cœur, quittant une situation bien confortable, pour se jeter dans la campagne électorale dans son pays , la Tunisie.

    Aujourd’hui, le voici porté à la présidence de la république, pour un an au moins, le temps d’écrire la constitution et d’organiser de nouvelles élections.

    Nous nous soulignerons jamais assez notre admiration pour un homme d e gauche, sensible à la laïcité à la française mais qui va se trouver face à des islamistes qui sont bien organisés et qui savent exactement ce qu’ils veulent… Comment M. Marzouki va-t-il s’en sortir ?

    Je doute fort qu’un homme doté d’une telle volonté et si résistant, capitule devant les islamistes, il a passé tant d’années en France et sait ce que vaut la démocratie laïque et républicaine. Certains esprits chagrins se sont demandés si nous n’allions vivre une expérience du style de Neauphle le Château avec ce vieillard qui causa au monde entier tant de désagréments.

    Je ne le pense guère car le médecin n’est pas un Ayatollah et la Tunisie n’est pas l’Iran. Quant à la suite, nous verrons bien. Allah ya’lem !

  • La Russie de Vladimir Poutine

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    La Russie de Vladimir Poutine

    Ce qui se passe aujourd’hui en Russie où une foule de citoyens, deplus en plus nombreux, contestent la régularité des élections, est hautement préoccupant. On croyait le bourrage des urnes réservé au régime soviétique ou aux régimes africains ou orientaux, et voilà qu’une grande nation comme la Russie ; cultivée et animée de valeurs culturelles très fortes, défraie la chronique.

    Vivrons nous prochainement un printemps russe, à l’instar des printemps arabes ? Ce serait un peu gênant pour la population russe qui savoure depuis une décennie la liberté et la démocratie. Tout simplement, la Russie de M. Poutine commence à faire tâche. L’embastillement des manifestants ne résoudra pas l’affaire. Et ce jeu de chaises musicales, un jour je suis président et le lendemain premier ministre, fait penser à l’époque révolue des roitelets africains. Et je ne parle même pas de ce pauvre ancien oligarque Khodorowsky qui était pourtant libérable et sur lequel on s’acharne à coup de condamnations supplémentaires. Combien d e temps cela va-t-il durer ?

    M. Poutine ne devrait pas oublier que le peuple russe a renversé le Tsar et qu’il s’est plus tard débarrassé du communisme réputé indéboulonnable. Voir ces dizaines de milliers d’hommes et de femmes manifester pacifiquement en hurlant ; la Russie sans Poutine, ne laissait pas d’être impressionnant.

    Aucune dictature n’a pu se maintenir éternellement : l’auteur du pavillon des cancéreux et d’Août 14 l’avait bien dit… Il convient de s’en souvenir.

  • La Syrie, le Hezbollah et la France

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    La Syrie, le Hezbollah et la France

    Qui a commandité et exécuté l’attentat contre les soldats français de la Finul au sud Liban il y a quelques jours ? Selon les autorités françaises, ce serait une action de représailles des Syriens et de leurs alliés libanais contre l’activisme de Paris à l’ONU visant à démettre le régime de Bachar al-Assad.

    La réponse ne s’est pas fait attendre : une volée de bois de l’ambassadeur de France à l’ONU mettant en cause, en termes fort peu diplomatiques, l’immobilisme et l’indifférence du Conseil de sécurité, alors qu’en Syrie, les troupes de Bachar ont déjà tué plus de 5000 personnes, par lesquelles plusieurs centaines d’enfants. L’ONU a aussi parlé de soldats exécutés en raison de leur refus de tirer sur leurs frères manifestants.

    J’ai pu voir sur al-Djézira dimanche les blindés syriens tirer dans les rues de Hama, mais surtout on nous a montré l’enterrement d’un enfant tué quelques heures plus tôt. Distinctement, on entendait les balles et surtout, le cortège funéraire risquait sa vie car même les enterrements ne découragent les troupes syriennes.

    Là où la situation devient pratiquement surréaliste, c’est quand la télévision d’Etat montre les gens votant aux élections municipales : la majorité de la population syrienne rejette le régime et celui-ci, comme si de rien n’était, maintient des élections dans un pays en insurrection depuis bientôt un an…

    Hier soir, France 24 a publié une interview du président turc Abdullah Gull, un homme intelligent et pondéré, un vrai diplomate de carrière, qui a parlé de la situation dans le pays voisin : il a contesté que des raids armés partent de son pays vers la Syrie, ce qui a déclenché le scepticisme (fondé ?) du journaliste. Mais le plus important est qu’il estime que le règne des El-Assad à Damas touche à sa fin.

    Quant à la France, elle n’a pas oublié l’ambassadeur Delamare, tué à quelques mètres d’un barrage syrien au Liban…

  • Retour de Genève

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    Retour de Genève

    Bonsoir, chers Amis,

    Je reviens de Genève et de Lausanne (quelle belle ville ! Quel bel hôtel où planent les mânes d’Albert Cohen) où nous avons passé cinq journées fort agréables. J’ai ou donner ma conférence sur la Haggadah Bodmer à la Fondation Martin Bodmer, à l’invitation du professeur Charles MELA et de Madame Sylviane MESSERLI. Le public, plutôt nombreux, a manifesté un intérêt certain pour cet ouvrage.

    Après, dimanche soir, ce fut l’émission du Grand Oral de M. Pascal DECAILLET qui m’a comme d’habitude étonné par sa vivacité d’esprit et la pertinence de ses questions. Il a exposé devant tous ses téléspectateurs le projet commun que nous entendons mener à bien. Vous en saurez plus tard.

    Dès demain, je repends les blogs régulièrement. Bien à vous tous.

  • Droit de vote des étrangers aux élections locales ?

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    Droit de vote des étrangers aux élections locales ?

    Le débat prend de l’ampleur à l’orée de toute élection nationale importante : faut-il permettre aux étrangers de prendre part aux élections dans des pays où ils vivent depuis plus de cinq ans ? La réponse est évidemment négative puisque pour voter, en général, il faut être de la nationalité du pays de sa résidence. Faute de quoi, on peut y vivre, y travailler, sans commettre ni fraudes ni délits et voter chez soi, par correspondance ou aux consulats de sa patrie.

    En fait, dans ce débat, les dés sont pipés car chacun a à l’esprit une distinction que nul n’ose exprimer publiquement car cela pourrait susciter de la xénophobie : il y a une différence d’approche entre les ressortissants d’Europe, des USA et du monde occidental, en général, et les autres.. Pour quelle raison ? Probablement à cause du hiatus qui existe entre les deux sphères culturelles. La lecture du journal Le Monde d’hier ou d’avant-hier a suscité en moi une certaine stupéfaction lorsque je pris connaissance des réactions de certains citoyens désignant nommément les responsables de la dégradation de leur cadre de vie…

    Et ces Messieurs ou Mesdames tout le monde commencent à être de plus en plus nombreux, au point même d’exercer une influence décisive sur l’issue des élections, notamment présidentielles.

    Alors que faire ? Quelle serait l’attitude la plus juste, la plus éthique ? Probablement une intégration suffisante permettant l’acquisition de la nationalité du pays dans lequel on travaille et élève ses enfants. Mais pour cela il faut accepter de s’intégrer et ne pas réclamer sans cesse des dérogations aux lois en vigueur, notamment en ce qui concerne la laïcité.

  • Pratiques dirigées contre les femmes en Israël ?

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    Pratiques dirigées contre les femmes en Israël ?

    Dans toutes les religions, dans tous les intégrismes, dans toutes les doctrines qui rêvent de revenir vers un état de pureté et d’innocence paradisiaques, qui n’a jamais existé si ce n’est pas dans leurs esprits chagrins, des hommes ont tenté de confiner les femmes, cette autre moitié du ciel comme disait Mao, dans un espace réduit. Comment s’explique cette attitude qui revient sans cesse à différents épisodes de l’histoire de l’humanité ?

    Ce qui m’amène à en parler n’est autre que la lecture d’un article de presse sur la difficile cohabitation en Israël entre des milieux ultra-orthodoxes et les idées modernes d’égalité et de bonne entente entre les sexes. J’ai lu que dans certaines lignes d’autobus, dans certains quartiers de Jérusalem, notamment, les membres de communautés religieuses refusaient d’être assis aux cotés de femmes et que ces dernières étaient reléguées à l’arrière des véhicules… J’ai moi-même vu sur des plages israéliennes, des endroits isolés, retirés, où les religieux et les religieuses (tout habillées) pouvaient se baigner sans être importunés par des tenues contraire aux bonnes mœurs et à l’idée que certains veulent bien s’en faire…

    Je crois sincèrement et sans vouloir choquer ni agresser personne que certains devraient s’offrir une bonne psychanalyse qui leur permettrait de voir plus clair dans leur propre âme. Pourquoi faire de la femme le symbole honni de la tentation ou un véritable suppôt du diable ? Ceux qui rejettent la présence des femmes dans tous les secteurs de la vie sociale, au motif qu’elles suscitent en eux des tentations et des pensées impures devraient s’interroger sur eux mêmes et voir pourquoi la seule présence, à leurs côtés, d’une représentante de la gente féminine leur pose problème… De manière plutôt paradoxale, ce sont ces mêmes milieux qui conçoivent le plus d’enfants. Et j’ajoute que c’est très bien mais qu’ils ne viennent pas dicter aux autres la conduite à tenir.

    Les hommes que nous sommes avons toujours eu du mal à maîtriser nos envies et nos tentations, en un mot, notre sexualité. Mais pourquoi incriminer les femmes pour cela ? Que serait une vie sans amour ? Que serait une vie sans séduction, sans attrait, sans désir ? Cela me fait penser aux soirées mornes et enneuyeuses dans les capitales des pays communistes de l’ancienne Europe de l’est… En termes plus clairs : comment voulez vous vivre sans désir ? Et pourquoi incriminer les femmes lorsqu’on n’est pas capable soi-même de mettre de l’ordre dans ses pulsions ?

    Il y a dans le Talmud de Babylone, une phrase qui a fait couler beaucoup d’encre et qui continue d’accomplir un effet particulièrement délétère : qol ba-ischa erwa : la voix d’une femme est une nudité. Ce qui signifie qu’on ne doit pas écouter une cantatrice chanter car cela susciterait en nous des pensées impures. J’en avais traité à la fin des années 90 dans mon Que sais je ? sur La liturgie juive… Et l’on m’a récemment confié qu’un Grand rabbin que je croyais intelligent,, moderniste et courageux avait refusé d’honorer de sa présence une manifestation au cours de laquelle une femme chantait un passage du Cantique des Cantiques, ce magnifique spécimen où l’ancien Israël menait une vie normale et sensuelle, non encore transformée par un courant intégriste qui lui fit haïr ce qu’il y a de plus agréable dans l’existence humaine…

    La dimension religieuse est essentielle dans la définition contemporaine de l’existence juive. Elle a donc -et comment- droit de cité dans la société israélienne mais elle ne doit pas persécuter les autre ni les exclure. Faute de quoi, elle s’exposerait à des représailles qui seraient tout sauf agréables. Qu’une personnalité si proche d’Israël comme Hillary Clinton ait jugé bon d’intervenir sur ce point devrait donner l’éveil.

  • le manuscrit hébreu n° 81 de la Fondation Martin Bodmer de Genève (Cologny)

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    Chers Amis,

    Demain soir, à 18h15 je présenterai D- voulant, le superbe manuscirt hébraïque de la Fondation Bodmer, dans la bibliothèque de la Fondation, route de Guignard à Cologny. Il faut s'inscrire auprès de la Fondation.

    Le livre que j'ai introduit sera mis en vente sur place et a été édité par les Presses Universitaires de France.

     

     

    le manuscrit hébreu n° 81 de la Fondation Martin Bodmer

    de Genève (Cologny)

     

    La bibliothèque Martin Bodmer de Cologny compte dans son fonds une magnifique haggadah (275mm x 195mm) de la fin du XVe siècle, réalisée par le célèbre scribe et enlumineur Joël ben Siméon ( Feibush Ashkénazi). Cette haggadah avait appartenu au début du XXe siècle à C. Fairfax Murray avant d’être acquise, lors d’une vente aux enchères à Londres, par Martin Bodmer le 9 décembre 1958

    Qu’est ce que la fête de Pessah ? Qu’est-ce qu’une haggadah et quelles sont les différentes versions existantes de ce récit de la sortie d’Egypte ? Quelle place occupe dans le calendrier liturgique juif  cette fête de Pessah qui n’était, à l’origine, qu’une simple occasion de réjouissance agraire, une sorte de comices agricoles?

    Pour bien appréhender l’importance et la signification de ce remarquable manuscrit hébraïque de la haggadah de Pessah, le récit de l’Exode, il convient de répondre préalablement à ces questions. On comprendra alors le soin apporté à de tels textes qui faisaient partie du patrimoine religieux de tout foyer juif, tant à l’époque médiévale qu’aujourd’hui. Au plan de la sociologie religieuse, il suffit de relever ce fait déterminant : certaines familles juives, particulièrement observantes, sans être vraiment orthodoxes, refusaient de donner leur fille pour épouse à un prétendant qui ne saurait pas lire … la haggadah de Pessah et ne pourrait donc pas tenir son rang lors de cette mémorable veillée !

    Un mot, cependant, du texte que nous avons sous les yeux : cette magnifique haggadah illustrée, qui n’était évidemment pas le bien commun de tous les foyers juifs de l’époque, porte dans son colophon le nom d’un scribe-copiste et enlumineur célèbre, Joël ben Siméon Feibusch Ashkénazi, vivant au milieu du XVe siècle. Originaire de Cologne[1], il quitta cette métropole rhénane à la suite d’un décret d’expulsion des juifs et trouva refuge dans la capitale morave, Bruenn[2], qu’il dut, de nouveau, abandonner pour rejoindre l’Italie du nord où il ouvrit un important atelier réunissant copistes et enlumineurs. Voici ce que Joël écrit textuellement au folio 11a en gros caractères carrés (et non pas en utilisant l’alphabet cursif de Rashi[3]) :

    Je suis Joël ben Siméon -que sa mémoire soit une bénédiction- appelé Veibush[4] Ashkénazi, originaire de la ville de Cologne, sise sur les bords du Rhin

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  • Un condominium franco-allemand ?

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    Un condominium franco-allemand ?

    Le précédent article sur une hypothétique germanophobie française, émanant de quelques milieux très restreints, ne devrait pas être l’arbre qui nous cacherait la forêt : il est normal que les deux plus grandes puissances, politiques et économiques, prennent les choses en main, voire saisissent le taureau par les cornes. Mais est-ce qu’une telle attitude s’apparente à je ne sais quelle visée impérialiste ou hégémonique de nature à soumettre d’autres Etats, moins puissants et ayant plus de problèmes à régler ? Ce ne me semble pas être le cas.

    Un peu d’histoire au sujet de ce terme peu utilisé, condominium : ce fut, si ma mémoire ne me trompe, le ministre des affaires étrangères de Georges Pompidou, Michel Jobert, qui avait utilisé ce terme pour fustiger une certaine connivence entre les USA et la désormais défunte URSS, deux superpuissances qui s’entendaient au mieux de leurs intérêts respectifs sans se soucier des autres. En ces temps là, la France brillait par un anti-américanisme primaire qui a très vite trouvé ses limites. Les auteurs qui ont remis ce terme à la mode (François Bayrou, si je ne me trompe ?) ont probablement voulu tirer profit de ses connotations xénophobes, voire nationalistes. Le malheur, c’est qu’aujourd’hui, ce ne sont les USA qui sont visés mais nos alliés et voisins allemands.

    C’est vrai, c’est un condominium de fait ou, pour parler comme Aristote, ce n’est pas un condominium d’intention première : les Français et les Allemands n’ont pas cherché intentionnellement à jouer ce rôle, mais il fallait bien faire quelque chose pour éviter que la plupart des membres de la zone Euro finissent comme la Grèce.

    Hier soir, sur France 2, j’ai pu suivre l’intervention du Premier Ministre François Fillon. Fidèle à son habitude, le chef du gouvernement a été rassurant et limpide. Il n’a pas cherché à dissimuler la gravité de la situation mais a su limiter l’impact de l’agence de notation (Standard & Poor’s) qui menace de dégrader une bonne partie des pays de la zone Euro, et notamment les deux, accusés de vouloir dicter leur loi aux autres. En fait, sans souhaiter que le pays se voie retirer son triple AAA, je me demande bien ce qui pourrait arriver si cela se produisait. Au fond, il y a un paradoxe à voir les USA vivre avec un A en moins tandis que des pays comme l’Allemagne et la France continueraient à en bénéficier. Et depuis cette dégradation, les USA continuent de vivre et même, dans une certaine mesure, de renouer avec une croissance (qui reste encore timide).

    Il faut une zone Euro à deux vitesse mais une Europe intégrée : nous ne pouvons pas avoir la même monnaie et les technocrates, responsables de l’introduction et surtout de l’extension de l’Euro à l’ensemble des pays de l’UE ont commis une grave faute d’appréciation. Il faut donc adopter un mécanisme correcteur : qui, mieux que l’Allemagne et la France, seraient en mesure de le faire ?

    Si certains veulent nommer cela un condominium, libre à eux. En allemand, je crois que le terme qui conviendrait le mieux serait Vorreiterrolle.

  • Faut-il interdire la prostitution ?

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    Faut-il interdire la prostitution ?

    C’est un véritable serpent de mer : la prostitution revient sur les devants de la scène. Et j’en parle aujourd’hui, car le parlement français se penche une nouvelle fois sur la question et envisage, comme en Suède, de pénaliser le client en le criminalisant… Est-ce la bonne solution ? J’avoue que c’est là un problème qui divise et intrigue tout le monde, tous partis et toutes religions confondus.

    Il y a évidemment les deux extrêmes : ceux qui sont absolument contre, veulent faire la chasse aux femmes qui font commerce de leurs charmes et ceux qui optent pour tout le contraire : libéraliser, permettre le racolage sur la voie publique, dans les maisons, bref, une véritable permissivité sans aucune gêne… Je pense sincèrement que le bon sens et l’humanité envers les uns et les autres se situent loin de ces deux pôles.

    Alors que faire ? J’avoue que mon puritanisme m’incite à réagir fermement et à interdire, mais des psychologues, des sociologues et même des médecins nous disent que des mesures coercitives ne servent à rien, que hommes et femmes sont appelés à échanger des sentiments, des objets, bref faire du troc : et d’ajouter que certains mariages sont une véritable prostitution légale, que les la plupart des gens qui vivent ensemble ne s’aiment pas, etc…

    A mes yeux, tout ceci est difficile à admettre. Vendre son corps pour de l’argent ou pour autre chose est moralement inadmissible. Mais je suis touché de voir des jeunes femmes parler du plus vieux métier du monde en se prénommant travailleuses du sexe…

    La seule chose qui soit acceptable (et encore) ce sont des Eros center comme à Hambourg, me dit-on où des personnes adultes, suivies médicalement et protégées des proxénètes et autres mafieux, se livrent à de telles activités…

    Mais cela reste quand même quelque chose de difficile à admettre. On dit que le législateur français envisage de sanctionner le client ; et voici que les mêmes travailleuses du sexe se plaignent qu’on leur retire le pain de la bouche. Ne pourraient-elles pas trouver un autre travail ?

    C’est un problème inextricable : au XIXe siècle et au début du XXe, on pouvait lire que de grandes dames bourgeoises, peu désireuses de satisfaire les besoins de leurs époux, appelaient de leurs vœux le concours si efficace de ces femmes qui donnaient à leurs hommes ce qu’elles-mêmes ne souhaitaient pas leur fournir…

    On n’en sort pas.

  • Aux origines du slogan «sionistes assassins». le mythe du meurtre rituel et le stéréotype du juif sanguinaire

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    Aux origines du slogan «sionistes assassins». le mythe du meurtre rituel et le stéréotype du juif sanguinaire Par Pierre-André TAGUIEFF. Etudes du Crif numéro 20

    La lecture de cette petite étude solidement documentée et sobrement rédigée doit tordre le cou à certaines idées fausses, tout en sachant que l’on ne vient jamais vraiment à bout de préjugés qui ont la vie dure. Depuis Wilhelm Marr on parle d’antisémitisme, mais depuis que temps on a introduit le terme de judéo phobie.

    L’auteur de cette étude nous offre un beau survol de la question qui va de l’accusation d meurtre rituel qui est fort ancienne puisqu’on la trouve, sous une forme assez proche, déjà à Alexandrie sous la plume du bibliothécaire de la ville.

    En principe, et si les antisémites avaient un peu de jugeote, l’affaire aurait dû faire long feu pour la bonne raison que l’interdit de la consommation animal est formelle dans le livre de la Genèse. Sang animal déjà, a fortiori du sang humain ! Par ailleurs, comment introduire je ne sais quoi dans le rituel de Pessah, au moment où les contrôles de la cacherout sont encore plus tatillons qu’à l’accoutumée. On l’a vu dans le mémoire de Salomon Reinach sur l’accusation de meurtre rituel : rien n’y fit. Cela n’empêcha certaines affaires d’éclater …

    Notre éminent collègue P-A Taguieff montre les tribulations d’une telle accusation depuis l’Antiquité (se servant de l’excellent ouvrage de Peter Schäfer) jusqu’à un général syrien de triste mémoire, Moustafa Tlass l’inamovible ministre de la défense de son pays. ON voit qu’il existe un curieux glissement d’une époque à une autre, alors que cette accusation avait pris naissance dans des milieux exclusivement chrétiens, ce sont d’autres qui reprennent désormais le même slogan, remis au goût du jour pour critiquer certaines actions de l’armée israélienne. Et c’est de là qu’on est passé à l’accusation de juif sanguinaire et tueur d’enfants. On a même entendu un premier ministre islamiste modéré dire de Tsahal ; they kill babies !

    Hier soir sur Al-Arabya, le journaliste a recensé que l’armée syrienne a déjà toué 318 enfants sur plus de 4800 victimes. On croit rêver…

    Il fait féliciter P-A Taguieff pour son excellent travail qui servira de référence au grand public cultivé mais aussi à ceux qui veulent en savoir plus, grâce aux copieuses notes regroupées en fin de volume.