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  • De la démocratie turque ou au néo-impérialisme ottoman ?

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    De la démocratie turque ou au néo-impérialisme ottoman ?

    Ce n’est pas la première que l’on parle de l’évolution de la Turquie moderne, à la grande fureur de certains qui feraient mieux, comme disait Spinoza, de tenter de comprendre au lieu de s’indigner, de manière presque automatique. Aujourd’hui, la Turquie de M. Erdogan, non contente de frapper désespérément à l’huis d’une Europe rétive, veut dominer la région du Proche orient arabe, s’allie avec la Syrie pour ensuite s’en séparer, pactise avec l’Iran pour ensuite permettre aux USA l’installation partielle d’une batterie de missiles anti-missiles… Bref, une démarche que Walter Rathenau, éphémère ministre de la République de Weimar, avait , en parlant de son propre pays, qualifié de politique en zigzag. Mais qui serait le Rathenau de la Turquie  contemporaine?

    Serait-ce l’actuel Premier Ministre qui cherche par tous les moyens à se frayer une voie vers l’hégémonie régionale, surfant avec une terrible maladresse sur les différentes oppositions locales pour se retrouver à la tête d’une partie du monde qui n’a pas gardé de très bons souvenirs de la domination ottomane ? On pourrait oublier tous ces atermoiements et fermer les yeux sur tous ces revers diplomatiques, mais depuis quelques jours la Turquie a franchi un pas qui pourrait lui coûter cher : le régime actuel turc menace la France de représailles et de rétorsions si l’Assemblée Nationale poussait plus avant l’examen d’un projet de loi qui place la négation du génocide arménien au même niveau que la négation de la Shoah. Et ce n’est que justice ! Un génocide en vaut un autre et sa négation doit, à ce titre, être prohibée par la loi.

    Lors de son visite officielle en Arménie, le chef de l’Etat a appelé la Turquie à reconnaître les erreurs du passé et à adopter une attitude responsable vis-à-vis de sa propre histoire. Plus d’un million et demi d’Arméniens furent massacrés entre 1915 et 1917 parce qu’ils étaient ceux qu’ils étaient… Mais les gouvernements turcs successifs n’ont jamais consenti à faire un pas dans la bonne direction. Officiellement, on reconnaît la disparition d’un demi million de morts, «victimes collatérales des aléas du premier conflit mondial.»

    Le parlement français et le ministre Alain Juppé ont refusé de plier et que font les Turcs ? Au lieu de comprendre et de voir dans cette approche une démarche historique légitime, de nature à rendre justice à un peuple martyr, ils remplacent les arguments par des invectives, voire même par des menaces. Les autorités turques actuelles qui s’emportent un peu trop vite ces derniers temps, devraient y regarder à deux fois avant de s’emballer. N’est pas Soliman le magnifique qui veut. La France dispose, elle aussi, de maint levier pour contrecarrer les représailles et les boycotts de toute nature.

    D’habitude, le président Abdullah Gûll, grand diplomate rompu aux négociations internationales, rattrapait les bévues de son président, aujourd’hui, il lui emboîte le pas, sans trop de discernement. On a vraiment l’impression que le régime d’Ankara commence à buter contre ses propres limites. Les erreurs diplomatiques s’accumulent : rupture avec Israël au grand dam de l’armée turque, alliance inconsidérée avec la Syrie de Bachar el Assad qui a commis des crimes contre l’humanité, rapprochement avec l’Iran des Mollahs pour ensuite s’en écarter aussi précipitamment qu’on s’en était rapproché, ouverture tous azimuts vers l’Asie centrale tout en frappant avec insistance à la porte d’une Europe plus que réservée… Et maintenant, c’est la France, patrie des droits de l’homme qui a toujours accueilli des Turcs (voyez Strasbourg et l’Alsace en général) qui fait l’objet des récriminations de M. Erdogan lequel invite Paris à scruter sa propre histoire coloniale… Mais la France, elle, n’a jamais commis de génocide et a œuvré avec détermination au développement de ses anciennes colonies.

    Avant de donner des leçons aux autres, il faudrait cesser d’emprisonner des journalistes et des activistes kurdes et jeter en prison des opposants. Il faudrait aussi donner une meilleure image de son propre pays.

    Tous les peuples peuvent avoir commis des erreurs. Mais certains les reconnaissent et veulent les réparer. D’autres pas.

  • Fiat justitia, pereat mundus ? il ne fallait pas condamner Jacques Chirac

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    Fiat justitia, pereat mundus ? il ne fallait pas condamner Jacques Chirac
    Il est malaisé, voire déconseillé de commenter des décisions de justice. Mais comme celle-ci est rendue au nom du peuple français, on peut dire respectueusement ce qu’on en pense tout en reconnaissant la dignité, la sagesse et l’intégrité morale des juges. Toutefois, le verdict rendu dans l’affaire des emplois fictifs de la Mairie de Paris, plus de vingt ans après les faits, nous blesse profondément : en effet, il frappe d’indignité un homme, aujourd’hui malade et octogénaire, qui a été durant douze ans le chef de l’Etat. Ayant incarné la France tout ce temps là, Jacques Chirac voit, volontairement ou involontairement cet opprobre éclabousser le pays tout entier.
    Les magistrats connaissent leur affaire et je doute qu’on puisse leur reprocher une quelconque motivation partisane dans cette affaire. Et pour ma part, je m’en garderai bien. Mais on reproche souvent à la magistrature d’être déconnectée des réalités du monde politique et économique, et de refuser de tenir compte de certaines servitudes. A cela les juges rétorquent qu’ils sont là pour appliquer la loi que les législateurs, qui l’ont promulguée, oublient parfois de respecter. La sanction serait donc automatique… Mais ce raisonnement ne tient pas car il conçoit l’appareil judicaire comme un rouage à part, indépendant et coupé du reste de la société.. En condamnant si lourdement l’ancien président de la République, les juges ont voulu montrer que la loi est la même pour tous et que même si cela ne change rien au fond de l’affaire, les principes sont saufs. C’est là une attitude théorique qu’un philosophe, même aspirant à devenir magistrat, ne saurait admettre : aucune décision judicaire n’est rendue en vase clos, aucun verdict ne saurait, dans une société diversifiée, trouver exclusivement en lui-même sa propre justification. Au fond, les magistrats sont nommés, payés et promus pour le pouvoir politique, issu du suffrage universel.…
    On dit que le droit romain est le père de tous les droits ; effectivement, il s’en est inspiré pour se construire et édifier son propre système. Ce sont les Romains qui, dans leur sagesse, ont émis le principe (irréalisable) suivant : fiat justitia pereat mundus : que la justice soit, le monde dût -il en périr. La sacralité de la justice a aussi touché les autres civilisations puisque même le Talmud énonce que, s’il le faut, la loi transpercera la montagne Ykkov ha-din et ha-har… Pour revenir à des références plus philosophiques, on peut mentionner ce que Kant a dit des racines métaphysiques du droit, même si droit et loi ne désignent que des notions voisines qui ne se confondent pas l’une avec l’autre.
    Pour rendre une justice parfaite, il faut une société parfaite. Or, la justice humaine et la justice divine n’ont rien en commun, si ce n’est une simple homonymie. Un auteur arabo-andalou du XIIe siècle, Ibn Badja ((l’Avempace des Latins) avait écrit un traité mémorable intitulé Le régime du solitaire où il conseillait à l’homme parfait d’éviter la société imparfaite des hommes et de s’esseuler. Mais il a surtout dit que les sociétés parfaites se distinguaient des autres en deux points : elle ne requéraient ni juges ni médecins car chacun savait, de lui-même, comment se conduire dans sa vie personnelle et dans sa relation à l’Autre.
    Que la justice soit, le monde dût il en périr ! Or, les peuples au nom desquels les juges rendent la justice (on l’oublie parfois) ne veulent pas la destruction de leur monde, ils ne veulent que la société devienne un champ de ruines ni que la fin de vie d’un homme malade soit cruellement aggravée. Ce n’est plus de la justice mais de l’acharnement.
    Dans le camp de l’opposition, j’ai nettement apprécié la position de François Hollande dont on connaît la proximité corrézienne avec Jacques Chirac. L’ancien leader socialiste se distingue par son sens de l’humain et a su retrouver son congénère en transcendant les clivages politiques. Que ressent un être humain normalement constitué quand il écoute la candidate écologique (une ancienne juge, il est vrai) demander avec une lueur d ‘acier dans le regard la démission de Jacques Chirac du Conseil Constitutionnel ! C’est terrible, on nous dit que la politique est cruelle, mais là on atteint le paroxysme des haines partisanes.
    Une vieille tradition orientale affirme que lors de la création de l’univers, Dieu se rendit vite compte que son œuvre ne subsisterait pas une seconde si elle n’était fondée que sur un pilier unique, celui de la rigueur implacable du jugement, Il décida donc de lui adjoindre un autre pilier, celui de la miséricorde et de la grâce dispensatrice de bienfaits. Et depuis, ce mariage harmonieux a donné naissance à la plus belle des réactions de l’âme humaine : le repentir.
    Un grand magistrat siégeant lui aussi au Conseil constitutionnel a dit dans un article mémorable : nous rendons la justice les mains tremblantes., celui que nous jugeons est un autre nous-même… Jacques Chirac avait le droit d’en bénéficier.
    Les juges n’ont pas fait à Jacques Chirac un beau cadeau de Noël. Devons nous en rester là ? Non point. Il reste au président de la République le droit de grâce. Qu’il en fasse usage et la France entière lui en saura gré.

  • DSK EST DE RETOUR !

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    DSK EST DE RETOUR !
    Enfin, du grand Dominique Strauss-Kahn ! A Pékin, l’ancien patron du FMI a montré ce qu’il savait faire, allant jusqu’à donner gentiment des conseils avisés à ses alter ego d’hier, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Cela s’est passé à Pékin où l’homme de Washington fut reçu avec bien des égards, entouré non plus de policiers mais de gardes du corps et suivi avec une respectueuse attention par les meilleurs experts économiques de Chine.

    Quelle mutation ! Quel talent ! DSK ne devrait plus faire de politique mais attendre patiemment de reprendre les rênes du FMI ou d’un autre grand organisme financier international. Et aussi, oserai-je dire, surtout, mener une vie plus calme et se ranger du point de vue du sexe. C’est la première fois que je salue sans réserve une si belle initiative chinoise…

    J’ai l’habitude de citer la théorie psychologique d’Aristote qui a décrit l’Ethique à Nicomaque et l ‘Ethique  à Eudème. Il y explique que nous avons tous deux types de vertus, intellectuelle (dianoétique) et psychologique (éthique). En somme, le cœur et l’entendement. Il faut marier les deux : et ici DSK montre qu’il reste un brillantissime économiste et qu’il va redevenir un mari fidèle et aimant… C’est vraiment tout ce que je lui souhaite.

    L’homme peut-il se réformer et s’amender ? Oui, en théologie, cela s’appelle le repentir, le retour sur soi et en soi. C’est ce qui est exposé dans le chapitre XVIII d’Ezéchiel où Dieu dit qu’il ne recherche pas la mort du pécheur mais son retour vers de meilleures dispositions.

    Quand j’ai vu et parlé avec DSK la veille de Kippour au Palais des congrès, c’est ce que j’ai pensé sans le lui dire vraiment. Mais en cette journée de jeûne, de contrition et de rémission des péchés, il a peut-être pris la bonne voie.

    Mais j’ignorais qu’elle passerait par Pékin et par l’internet. Les voies du Seigneur sont impénétrables.

    Et n’oublions pas Anne Sinclair sacrée femme de l’année, devant Madame… Lagarde !  Est ce un signe ?

  • QUE VA DEVENIR L’EGYPTE ?

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    QUE VA DEVENIR L’EGYPTE ?
    L’irréparable s’est peut-être produit hier et avant-hier en Egypte, lorsque des éléments de la police militaire et de l’armée tout court ont violemment réprimé les manifestants de la fameuse Place Tahrir. La situation est complexe et il convient de l’analyser sans idée préconçue ni esprit partisan.

    Les militaires ont le droit, voire l’obligation d’assurer la stabilité et la sécurité de leur pays. Ils ont l’obligation de remettre le pays au travail, de lui assurer un bel avenir et de le réintégrer dans le concert des nations démocratiques.

    De leur côté, les manifestants, ceux qui se battent pour la démocratie et la liberté retrouvées, ont le droit d’empêcher quiconque de confisquer leur révolution ou de faire main basse sur le pays qui respire enfin l’air de la liberté. La plupart des revendications des gens sont justifiées mais ce sont les moyens mis en œuvre qui le sont moins et mettent en péril la sécurité des gens…

    Nous sommes donc en présence de deux volontés contradictoires mais qui ne sont pas inconciliables. Une bonne partie de la population souhaite le rétablissement de la stabilité et le retour au calme. Ces gens ne veulent pas vivre dans la révolution permanente, ils savent que l’Egypte est à la dérive économiquement parlant et qu’il faut tout mettre en œuvre pour que le marasme économique ne se surajoute point à la dérive politique.

    Toutefois, la question posée par la rue et demeurée sans réponse, à ce jour, est au cœur du problème : sur la base de quelle légitimité, l’armée conservera-t-elle le pouvoir jusqu’en juillet 2012 ? Les militants s’opposent aux militaires sur ce point. Pour les premiers, l’armée doit obéir au peuple et protéger ls frontières, pour les seconds, jamais l’Egypte n’a connu un gouvernement autre que celui  issu d’un fameux coup d’Etat militaire des officiers libres…

    D’un point de vue plus général : peut-on laisser aller à la dérive, un pays de 90 millions d’habitants, le plus étendu et le plus puissant du monde arabo-musulman ? C’est peu probable. En outre, les militaires sont trop impliqués dans la gestion du pays, à tous les niveaux, notamment dans la sphère économique. Comment, alors, assainir la situation sans l’armée ? C’est mission impossible !

    Dernier problème : ceux qui veulent tirer les marrons du feu et attendent patiemment dans l’ombre que les adversaires finissent par s’épuiser, tout le monde les connaît. Or, leur arrivée au pouvoir serait désastreuse pour le pays lui-même et pour le reste du monde. Ni  les USA, ni l’UE ne le permettront. Pourtant, le peuple égyptien semble s’être exprimé librement.

    Je me demande bien ce que l’on peut faire, même en juillet 2012… Pourvu que l’armée ne resserre pas son étau, car dans ce cas…

  • UN GOUVERNEMENT D’UNION NATIONALE EN FRANCE : AVEC OU SANS MARINE LE PEN ?

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    UN GOUVERNEMENT D’UNION NATIONALE EN FRANCE : AVEC OU SANS MARINE LE PEN ?
    La campagne pour l’élection présidentielle semble entrer dans une nouvelle phase. Ce n’est pas encore la grande agitation car les porte avions ne sont pas encore en haute mer, mais on sent que les mouvements sont plus profonds et plus marqués.
    Il y a d’abord eu cette idée frappante émanant de François Bayrou sur le Made in France, le consommer français etc… Ce slogan, qui n’est pas inintéressant, a été repris par l’ensemble des candidats, des plus sérieux aux plus marginaux ou fantaisistes. Il semble répondre au danger de désindustrialisation qui frappe la France depuis les dernières années Chirac. Il semble que l’Europe ne se protège pas assez et subit de ce fait la concurrence de pays qui n’ont aucune législation sociale, aucune protection de la main d’œuvre, laquelle s’offre à bas prix et reste taillable et corvéable à merci. Ce qui est loin d’être le cas des travailleurs français, plus occupés que d’autres à faire grève, à occuper les usines et séquestrer même leurs dirigeants…
    Ne pensez pas que je reste indifférent aux affres d’une population qui craint de se retrouver au chômage, je comprends fort bien et en appelle à une action de l’Etat, tout en soulignant qu’il ne faut pas tout en attendre.
    Parallèlement à cette situation économique des plus inquiétantes, les partis se demandent de plus en plus ouvertement s’il ne conviendrait pas plutôt de construire un gouvernement d’union nationale, puisque aucun parti ne peut, à lui seul, redresser la situation. Je voudrais rappeler que j’avais été le premier à en parler dans notre journal mais que l’idée n’avait eu aucun écho.
    Aujourd’hui, on en reparle car la presse s’en est saisie. Mais une question se pose : faudra-t-il y intégrer Marine Le Pen ou quelqu’un d’autre de son parti ? Car, si vous adoptez le principe de l’union nationale, vous ne pourrez pas exclure près de 20% de la population.… D’un autre côté, les grands partis ne vont pas sagement accepter de gouverner avec un FN dont ils dénoncent les outrances et l’extrémisme depuis des décennies. A tort ou à raison, ce n’est pas mon affaire. Mais l’idée est elle simplement réaliste, sans même dire réalisable ?
    Voyez vous Marine, à la sortie du conseil des ministres, dire qu’il y a trop d’étrangers en France, que l’on dilapide les prestations sociales, qu’il faut favoriser les Français, que l’immigration est concomitante avec la délinquance, que les banlieues sont des zones de non droit, etc…
    Franchement, j’en doute fortement… Et je crois bien que c’est ce fait qui rend impossible la constitution d’un tel gouvernement. Il faudrait alors, pour y parvenir, un strict programme de gouvernement indiquant avec précision ce que les forces politiques entendent faire ensemble, mais aussi ce dont elles ne veulent à aucun prix.
    Mais il y a une autre difficulté, c’est que le FN, même séduit, craigne de perdre une partie de sa «pureté idéologique» et refuse de perdre de son crédit en se mêlant à des partis qu’il vilipende depuis des décennies. Souvenez vous la bande des quatre, dénoncée avec force par le président fondateur du FN…
    Non, cette voie me paraît impraticable, sauf si les autres partis sont assez adroits pour attirer les plus ambitieux du FN qui rêvent d’accéder au pouvoir, ce qui provoquerait une scission dans ce parti. Un affaiblissement en sortirait immanquablement.

    C’est compliqué, la politique. Un homme politique, aujourd’hui entièrement tombé dans l’oubli et qui avait songé jadis à se faire curé, l’avait dit : la politique, ce n’est pas la Loi et les prophètes…

  • L’ombre de la récession plane sur l’Europe

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    L’ombre de la récession plane sur l’Europe

    Cette fois, c’est indéniable : la récession est à nos portes et ne nous lâchera pas avant des mois. Peut-être même tout le premier semestre 2012, dans la mesure où les mouvements erratiques de l’économie mondiale permet encore de faire des prévisions.

    La Suisse serait très bien inspirée à conserver au chaud sa monnaie, même si l’essentiel de son commerce se fait avec les membres de la zone Euro.

    Tous les économistes pointent du doigt la récurrence des récessions qui surviennent ) des intervalles de plus en plus courts, ce qui est un indicateur des plus inquiétants. Cela signifie aussi que nous parvenons pas à traiter les racines du mal et que nous ne pouvons agir que sur les effets, les causes nous échappant pour le moment.

    On est pris dans une sorte de spirale : la faiblesse de la gouvernance économique de l’Europe, voire son inexistence tout court, entraîne la méfiance des banques qui assèchent le circuit du crédit sans lequel les entreprises ne peuvent plus faire leurs investissements. En conséquence, c’est le ralentissement de la croissance et le chômage qui cela entraîne. Et qui dit chômage dit baisse de la consommation et du moral des ménages. Un véritable jeu de dominos.

    C’est un Noël maussade qui se prépare. Et j’oublie de mentionner les jeunes diplômés qui sont de plus en plus nombreux à chercher un premier emploi. A Paris, je me suis rendu dans un agence bancaire de grande importance. Il y avait deux stagiaires pour recevoir la clientèle et la plupart des services étaient désormais robotisés ou mécanisés, ce qui provoquait le désarroi de vieilles dames, incapables de s’en sortir avec toutes ces machines. Même pour faire un versement en liquide, c’est la machine qui s’en occupe. Et à la poste, c’est la même chose : même un envoi en recommandé pour un colis se fait par la machine.

    Où allons nous ainsi ? ET l’on s’étonne que la chômage s’accroisse indéfiniment…

  • L’Iran, les retrait des troupes US d’Irak et Israël

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    L’Iran, les retrait des troupes US d’Irak et Israël

    Avez vous lu le long article paru en page 2 du Figaro d’hier ? Son auteur revient sur les changements impliqués par le retrait massif des Américains d’Irak. J’ai aussi suivi hier sur Al-Aabiya le discours en direct du Président Obama à Fort Bragg en Caroline du nord où il tirait les enseignements de cette guerre en Irak qui a duré 9 ans et changé le visage du Proche Orient.

    Mais l’article du Figaro met l’accent sur tout autre chose, et notamment les préparatifs israéliens, réels ou supposés, afin d’écarter la menace iranienne. On sent une relation établie entre la mise à l’abri des troupes US et l’imminence d’une attaque contre l’Iran qui ne pourra pas se venger en exerçant des représailles contre les soldats américains basés en Irak. Certes, il reste le Koweït et le Qatar, mais là les Américains peuvent mieux résister et développer de puissantes contre-attaques.

    Ce scénario rejoint les rumeurs publiées dans un journal britannique, généralement bien informé, selon lequel, des choses devraient se passer dans cette région du globe vers la mi janvier, date à laquelle le retrait US aura été achevé. L’espace aérien irakien sera moins bien verrouillé que du temps des Américains et certaines forces pourraient l’utiliser pour surprendre les Iraniens.

    L’article revenait aussi, en conclusion, sur la guerre de l’ombre qui se déroule en Iran même et qui a pris des formes multiples, dont la plus spectaculaire est cette série d’explosions dans des silos de missiles balistiques iraniens que ces derniers s’empressent désormais d’enterrer afin de les soustraire à d’autres attaques.

    Mais la question le plus brûlante est la suivante : s’agit-il d’une explosion (accidentelle ou criminelle) ou d’un réel bombardement, mais selon un mode non conventionnel, c’est-à-dire par des avions indétectables ? Au fond, c’est peut-être la leçon à tirer de ce drone abattu ou tombé de lui-même qui a pénétré sur 250 km en Iran avant d’être intercepté ou de tomber. Certains pensent qu’il s’agissait d’un test pour voir l’efficacité des contre mesures iraniennes, livrées par la Russie…

    Tout ceci est si compliqué, tellement plus que la recherche de la paix, une bonne fois pour toutes. Mais est ce encore possible ?

  • Louis Alliot, le nouveau visage du Front National

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    Louis Alliot, le nouveau visage du Front National

    J’ai eu une curieuse sensation ce matin en regardant, comme chaque jour, l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV car j’y ai vu un homme et entendu un discours qui tranchent tous deux singulièrement par rapport à l’image que Jean-Marie Le Pen donnait de son parti, lui qu’il a même fondé.

    Je me défends mal de l’impression que J-M. Le Pen emportera avec lui son ancien parti alors que la nouvelle présidente a amorcé un virage qui indique clairement qu’elle veut exercer le pouvoir et ne cherche plus à se complaire dans une opposition à la fois générale et stérile.

    Mon analyse de ce que j’ai entendu n’a rien à voir avec mes propres idées politiques. Un professeur se doit d’observer une distance critique entre ce qu’il est et ce qu’il écrit ou dit. Et dans le cas de Louis Alliot, je n’ai pas retrouvé l’outrance, la violence du discours de l’ancien président-fondateur du FN. J’ai aussi appris, à ma grande surprise, que cet homme politique de la nouvelle génération (il est né en 1969) s’est rendu en Israël pour rencontrer ses compatriotes qui y vivent. On peut deviner de quoi ils ont parlé. Mais par-delà les discussions, ce fut nettement une opération de déminage pour la femme dont il partage la vie et qui se présente à la magistrature suprême. IL faut donc supputer que Marine se rendra dans l’Etat juif avant le mois de mai 2012.

    Ce qui m’a aussi frappé dans le discours, c’est la modération dans l’expression, le ciblage de certaines catégories de gens qui détestent, haïssent la France tout en y vivant et en profitant (parfois illégalement) de prestations sociales,, etc… Parallèlement, le refus de procéder à des amalgames et vous savez tous lesquels. Bref, c’est une véritable opération de rénovation, en profondeur, que ce parti a entrepris, sans le dire vraiment. Je m’interroge sur les sentiments profonds du président-fondateur, contraint de voir ce qui se passe mais n’osant pas désavouer publiquement sa propre fille qui conduit une politique censée la mener vers le pouvoir.

    En espérant que personne ne me fera sottement et inopportunément un procès d’intention, je dois bien dire que ce recentrage va changer radicalement la donne en France. Les thèmes mis en avant par l’UMP et le FN se ressemblent en partie, sans se confondre. Si certaines strates nouvelles de la société française continuent de se conduire dans les banlieues comme elles le font depuis un certain nombre d’années, il y a fort à parier, que la crise aidant, elles risquent d’avoir des réveils douloureux.

    En effet, la situation économique exerce une influence décisive sur la mentalité politique du moment. Même si elle semble stagner ou s’essouffler, Marine reste tout de même à 16%, ce qui la place pratiquement au troisième rang de l’élection présidentielle. CE qui signifie que ce sont ces électeurs qui détermineront le résultat fina, même sans y être…

    Finalement, c’est la fille qui réalise le vœu le plus cher du père. Comment ? En recentrant le discours et en plaçant une certaine forme de patriotisme au-dessus d’une xénophobie repoussante.

  • Morale et politique, le cas syrien

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    Morale et politique, le cas syrien

    Certains lecteurs –et vous êtes de plus en plus nombreux à visiter ce blog- trouveront que l’on suit avec assiduité les événements en pays d’islam… Pourtant, ce qui se passe en Syrie dans une indifférence quasi-générale, est étonnant. Mais ce qu’i l’est encore plus, c’est que le ministère français des affaires étrangères, par la voix la plus autorisée, vient d’introduire dans les relations internationales, la notion de morale.

    Marx avait coutume de dire que les Etats sont des monstres froids qui sacrifient qui ils veulent, pour peu qu’ils en décident… Pourtant, dans ce cas précis, Alain Juppé a réintroduit la notion de morale. Il a bien fait et pourtant un homme de son envergure sait pertinemment que de telles notions (la morale, l’éthique, la justice, la défense des opprimés) n’entrent jamais en ligne de compte dans de telles affaires… Et s’il en était autrement, on n’attendrait pas indéfiniment que le nombre de morts augmente, pour intervenir d’une manière ou d’une autre…

    Quand on écoute les télévisions européennes, je veux dire occidentales, on ne peut pas mesurer l’étendue du drame des manifestant syriens qui se font littéralement tailler en pièces par les forces de sécurité et par l’armée de Bachar el-Assad. J’ai vu et écouté récemment sur Al-Djazira les hommes d’une même famille courir enterrer l’un de leurs enfants sous les balles, à la maison les femmes hurlaient de douleur en invoquant Dieu et appelant à la manifestation de la justice divine. J’ai aussi écouté l’interview d’un soldat déserteur, à genoux devant la tombe de sa femme, à la frontière turque où il s’était réfugié, et il a fait la déclaration suivante en arabe : ayant déserté, il a appelé son épouse sur son portable la priant de venir le rejoindre avec leur fils. L’épouse se mit en route, mais arrêté au poste frontière, on vérifia son identité et on découvrit de qui elle était l’épouse et qui elle allait rejoindre… La suite, vous pouvez la deviner, lé véhicule fut arrosé de balles de mitrailleuse. Ce sont les témoins directs de cette scène horrible, attendant leur tout dans un véhicule voisin, qui relatèrent le drame à ce soldat déserteur…

    L’ambassadeur français à l’ONU a parlé de manquement à la morale, il a bien fait mais les valeurs morales n’ont pas encore fait une entrée déterminante dans les arènes internationales… Un exemple impliquant un grand personnage ( non dépourvu du cynisme ) que j’admire, Henry Kissinger, et qui disait que parfois, avant de réussir à faire une percée conceptuelle dans un conflit, il fallait un bon réchauffement du front, en clair un certain nombre de morts pour que l’on puisse enfin parler de cessez-le-feu ou de négociations de paix.

    C’est triste mais c’est ainsi. Et ce sera toujours ainsi. Ceux qui ont lu un jour des extraits du traité de Clausewitz De la guerre se souviennent sans doute de cette phrase frappée au coin du bon sens : les conflits ne naissent pas de la volonté des hommes mais de la rupture d’équilibre… C’est à cette phrase cynique que Bachar doit d’être encore dans son palais à Damas.

    Mais reconnaissons, tout de même, que cette référence à la morale, publiquement proclamée, a piqué au vif le ministre russe des affaires étrangères : il a renvoyé l’accusation à son expéditeur, arguant que les défenseurs de cette règle morale font preuve de partialité et n’exercent de pression que sur une des parties… C’est peut-être le début d’une évolution, une petite brèche ouverte dans la muraille du cynisme.

    Restent les Chinois dont les intérêts économiques en Syrie sont considérables. Mais dans ce cas précis, je dispose d’une autre citation, notamment d’Anthony Eden, ancien ministre des affaires étrangères et Premier Ministre de Grande Bretagne : Le monde n’est pas basé sur la justice, mais sur le pétrole.

    C’est le sempiternel débat entre la morale et le cynisme.

    Ne faites jamais de politique, laissez cela à d’autres…

  • Le cas Arnaud Montebourg

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    Le cas Arnaud Montebourg

    On se demande sir la candidature de François Hollande n’est pas en train d’exploser en vol ; Surtout quand on voit les déchirements internes du PS et tout particulièrement les mouvements de M. Montebourg, qui a éjecté de toutes les structures entourant le candidat PS à l’élection présidentielle … Si Montebourg voulait se venger de François Hollande en sabotant sa campagne, il ne s’y prendrait pas autrement.

    Reprenons les choses dès le début : il y a cette longue primaire où Montebourg s’est cru, l’espace d’une soirée, le faiseur de roi : la presse à ses trousses, le journal de France 2 à 20 heures, les exigences égrenées sur le ton du procureur qui demande la peine maximum, bref tout y était, je veux dire tout sauf l’élémentaire prudence de celui qui aurait dû apprendre à se méfier des caciques et des éléphants du PS.

    Et du coup, le buzz médiatique est retombé comme un soufflet au fromage d’Auvergne. C’est que l’homme a de l’expérience et part du principe suivant : si ce n’est pas avec moi, ce ne sera pas sans moi… C’est ainsi qu’il avait commencé par tenter de ravir son poste de président du groupe parlementaire à cet excellent homme qu’est Jean-Marc Ayraut. CE fut un échec retentissant. Notre homme ne s’est pas découragé et s’en est pris aux Guérini de Marseille, même affaire ! Après, se voyant siolé au sein de son propre parti, il demande que l’on ne reconduise plus aux législatives les personnes âgées de plus de 67 ans ! C’est qu’il s’y voyait, tout seul, à régenter son petit monde, distribuant les mandatures, les prébendes etc… En fait il a le charme des égocentriques, ne parlent que d’eux, ne voient qu’eux et refusent le monde tel qu’il est pour se limiter à la représentation qu’ils s’en font…

    Mais notre homme aurait pu s’en tenir là et se dire que la chose était pliée et qu’il ne ferait pas partie du grand cortège ! Le voilà qui s’attaque à une autre fédération et qui met en cause Jack Lang, d’une manière ou d’une autre. Or, M. Lang est un vieux routier de la politique qu’il pratiquait de main de maître alors que Montebourg était encore au biberon.

    Et je ne parle pas de la lettre au ton comminatoire envoyée à Martine Aubry dans laquelle il lui reproche sa gestion calamiteuse de la crise……

    Cela commence à faire beaucoup de monde et tout homme sensé et intelligent comprendrait que d’autres vont finir par cibler notre procureur, notre Monsieur propre…

    Pensez vous qu’il va s’arrêter ? Impossible, car alors on ne parlerait plus de lui et cela lui serait insupportable. C’est un peu dommage car le camp d’en face va réagir et les dirigeants de la campagne de François Hollande vont finir par réagir. Et alors… Montebourg ferait mieux de se souvenir de ce dicton anglais : people who live in glass houses should not throw stones…