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  • La libération de Gilad Schalit, enfin !

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    La libération de Gilad Schalit, enfin !

    Benjamin Netanyahou est un grand homme d’Etat qui a tenu parole. Ce fut long mais il est parvenu à réaliser sa promesse : ramener le jeune Gilad à la maison. Certes, ce n’est pas encore fait car le Hamas n’est guère fiable et on ne sait toujours pas si le jeune soldat est vraiment vivant. Il faut donc attendre, mais pour la première fois, les deux parties, Israël et les terroristes ont, sous l’égide des généraux égyptiens, fait la même déclaration.

    Les termes de l’échange sont les suivants : Gilad contre 1027 prisonniers palestiniens, dont quelques femmes et même le terroriste Marwan Barghouti, le planificateur d’attentats des mouvements de jeunesse, le tanzim. Cette disproportion dans la valeur d’une vie contre mille autres permet de former quelques réflexions sur la Weltanschauung des uns et des autres : estimer que la vie d’un Israélien vaut celle de mille personnes est certes flatteur pour les uns et dépréciatif pour les autres. Mais ce n’est pas là l’essentiel.

    Ce que l’on peut dire, c’est la profondeur du fossé qui sépare les uns des autres. D’un côté, Israël qui permet la visite de la famille et de la Croix rouge, renseigne sur l’état de santé de ses prisonniers, et de l’autre, des gens qui ont refusé de donner le moindre signe de vie depuis plus de deux ans et demi.

    Mais un jour, il faudra bien faire les comptes, revoir avec minutie ce qui s’est passé, découvrir où Gilad a été caché durant ces cinq années, par qui il a été séquestré et qui lui a fait du mal.

    Un autre danger menace le Hamas, c’est le retour de leaders retenus en Israël durant si longtemps où ils purent mieux comprendre la socio-culture d’Israël, sa langue, ses traditions et ses espoirs. Après tout, il n y a pas de fatalité, de loi d’airain opposant à tout jamais Juifs et Arabes.

    Mais cela n’arrivera qu’après que les réponses aux questions posées auront été apportées.

    Bon retour à la maison Gilad et bonnes fêtes de Soukkot

  • La démondialisation : le pari fou d’Arnaud Montebourg

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    La démondialisation : le pari fou d’Arnaud Montebourg

     

    Il y a quelque chose de tragi-comique dans le cirque qui entoure désormais (mais pour combien de temps ?) le troisième candidat du PS. Celui-ci, ivre d’arrogance et d’assurance de soi, devrait se méfier et méditer les larmes amères de Ségolène, une femme qui, il y a moins de cinq ans, parvenait, elle, à la deuxième place dans une élection en grandeur nature. Et qui aujourd’hui est remerciée sans ménagement, dans les oubliettes de l’Histoire.

    Que s’est-il passé en réalité et à quelle situation devons nous faire face ? Nous sommes en présence d’un petit avocat qui confond arguments de plaidoiries et enjeux politiques issus de grande programmes. Cet homme qui n’est ni porteur d’un projet ni animé d’une vision (comme l’est François Hollande qui a étonné tout le monde) s’est choisi un créneau, délaissé par les autres candidats. Il a donc parlé au nom de tous les mécontents, des chômeurs et des laissés pour compte de la crise. Ne méprisons pas ces gens, ils sont droit à notre estime et à notre aide. Mais M. Montebourg a opté pour eux en leur adressant un discours sur mesure qui reste, toutefois, impraticable. Et aujourd’hui, se croyant propriétaire de leurs voix, il entend devenir un faiseur de rois !

    Qu’il se méfie car dimanche 16, ces mêmes journalistes qui l’accompagnaient partout, tendant leurs micros et griffonnant sur leurs calepins, ne le reconnaîtront plus et n’auront plus d’yeux que pour le vainqueur, très probablement François Hollande, le seul socialiste qui sache raison garder et ne cède pas vraiment à la surenchère de son camp : à qui dépensera le plus ?

    Les deux candidats restés en lice devront se garder de faire allégeance à l’avocat de Bourgogne qui vit son quart d’heure de gloire présentement. Je préfère nettement Manuel Valls qui n’est pas tombé dans le populisme : comment oser proposer sérieusement la dé-mondialisation dans un univers qui devient chaque jour un peu plus un village planétaire ? Les voix recueillies par M. Montebourg émanent de gens auxquels la mondialisation a porté préjudice et il faut y remédier. Mais de là à prétendre mettre au pas la finance internationale quand on est un simple élu socialiste local, c’est faire preuve d’infantilisme politique et d’une naïveté abyssale.

    François Hollande, qui, semble-t-il, a de grandes chances de l’emporter ne se couchera pas devant un personnage qui entend dicter sa loi aux vainqueurs, un peu comme un avocat est payé après avoir déposé ses conclusions, qu’il gagne son dossier ou qu’il le perde.

    La politique doit reprendre de la hauteur. Ceux qui s’abaisseraient pour glaner quelques voix, incertaines, du reste, pourraient être victimes d’un retournement de situation.

    Quant au héros du jour, nous verrons s’il est toujours si courtisé par les médias le 16 octobre au soir…

  • Primaires socialistes : les larmes de Ségolène

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    Primaires socialistes : les larmes de Ségolène

     

    Quand j’étais enfant, mon père m’expliquait une page du talmud qui fit sur moi grande impression : Dieu, me dit-il, compte les larmes des femmes. L’enfant que j‘étais était naturellement ému, mais ne comprenait pas encore le contexte socio-économique d’une telle assertion…

    J’y ai pensé ce matin en voyant les larmes de Ségolène Royal couler devant le monde entier. Mais j’ai aussi vu l’élégance de son ancien compagnon, le père de ses quatre enfants, lui dire tout aussi publiquement que ces idées ont fait leur chemin, qu’elles se sont inscrites, d’une manière ou d’une autre, dans les programmes des autres candidats : bref, dit d’une manière plus brutale, Ségolène fait désormais partie de l’Histoire.

    François Hollande va probablement l’emporter, même si Me Aubry va se révéler une adversaire pugnace, qui ne se laissera pas faire. Cela dit, l’arithmétique étant ce qu’elle est, l’écart est trop grand pour qu’elle puisse rattraper son rival. N’était l’éparpillement des voix suite au nombre élevé de candidats, François Hollande serait passé dès le premier tour.

    Pourquoi parle-t-on des larmes des femmes ? Parce que ceux qui les font couler commettent une double injustice : rendre malheureuses des femmes que nous aimons et s’en prendre à des êtres qui n’ont pas la même capacité que nous les hommes pour se défendre… Mais il est vrai que les choses ont commencé à changer et qu’aujourd’hui, les femmes seraient plutôt celles qui font pleurer les hommes…

    En état de cause, les larms de Ségolène ne seront pas vaines, elles n’auront pas coulé en pure perte.

  • Les primaires socialistes

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    Les primaires socialistes

     

    Il semble que cela prenne, si l’on en croit les premiers taux de participation donné par le PS. Près de deux millions personnes ont voté alors qu’il n’était que 18heures 30. Si cela s’avérait, ce serait un succès pour ce parti, et notamment pour celui qui a le vent en poupe, François Hollande.

    Il est quasi certain que l’homme de Tulle va remporter les primaires, peut-être même dès le premier tour, encore que sa rivale attitrée Martine Aubry se soit un peu plus imposée dans les sondages. Dans ce cas il n y aurait pas de second tour.

    Mais en tout état de cause, la droite commence à s’agiter et des voix de plus en plus nombreuses réclament des primaires, pas nécessairement pour mai 2012 mais pour la suite. Est ce un mal en soi ? Non point. Mais cela attisera les appétits et aussi les conflits. On n’imagine pas que les blessures ouvertes durant ces primaires disparaîtront comme par enchantement lorsque le candidat, de droite comme de gauche, sera désigné. Cela laissera des traces et d’aucuns seraient enclins à faire mordre la poussière à un candidat, jugé mal désigné.

    Quels pronostic pour la vraie consultation ? Très réservés. Mais les choses ne se passeront pas très bien pour la droite si le chef de l’Etat ne change pas un peu. Gérard Larcher , l’ancien président du Sénat, a dit que les élus locaux ne comprennent pas le président. Si cela devait s’avérer, c’est très grave, car ce sont les édiles locaux qui font les élections… Le problème est toujours le même : écoutera-t-il ?

  • L’office de kppour au palais des congrès à Paris

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    L’office de kppour au palais des congrès à Paris

    Quelle belle prière ! Que la liturgie juive est belle pour ceux qui la comprennent et la suivent avec patience et persévérance ! Quel savant dégradé qui nous conduit depuis la gravité du Kol Nidré de la veille (annulation de tous les vœux formés sous la contrainte) jusqu’aux confessions finales chantées presque allegro, car le but n’est pas d’angoisser les pauvres pécheurs que nous sommes mais de nous donner l’espoir qu’ils seront pardonnés, qu’il repartiront du bon pied afin d’être plus justes, plus équitables, plus généreux et plus droits..

    Comme chaque année beaucoup de people au Palais des congrès : j’ai même parlé quelques instants avec DSK et son épouse Anne Sinclair, le couple n’a rien perdu de sa popularité. Les gens ont sauté au cou de DSK pour lui crier leur amour. DSK était en forme, il a gardé la barbe, m’a paru un peu éprouvé, un peu voûté, mais plein d’allant et le regard droit et fixe…… Je lui ai souhaité shana tova très sincèrement, et après tout c’est kippour, le jour de la rémission des péchés après un repentir sincère.

    La religion juive est une religion axée sur le culte des ancêtres (avoténou : nos patriarches) et voit toujours en D- le père, le roi et le protecteur. La plus belle prière qui tient en quelques mots, en une phrase, anu ‘ammékha wé atta malkénu : nous sommes ton peuple et tu es notre roi. Oui, le seul et vrai roi d’Israël c’est le Seigneur, créateur des cieux et de la terre. Le monarque n’est que le calife le stathouder de D- sur terre

    Quel spectacle, voir cette salle de près de 4000 personnes, couvertes par des châles de prière (taleth) qui écoutent pieusement le son du shofar, marquant la fin de la solennité. Quel recueillement peu auparavant lorsque nous avons les prières de Yzkor, pour nos chers disparus.

    Le chœur était parfait comme d’habitude. Il y eut des discours, notamment ceux du rabbin Williams et celui du nouveau président Bensahel qui rendit hommage à son éminent prédécesseur M. Bloch et salué très dignement l’assemblée à laquelle il a exposé en termes clairs et précis son programme pour les années à venir. Beaux discours, donc, l’un teinté d’humour très british, l’autre, sincère, direct, plein d’intelligence du cœur..

    Je regrette une seule chose, c’est qu’on ait permis cette année encore de faire d’une chaire synagogale une tribune politique : venir parler de politique, d’Etat palestinien, d’une manière si peu approfondie, si banale, alors que l’assemblée a atteint le point culminant de la spiritualité juive, est dommageable, voire regrettable. Les discours d’analphabètes ne sont jamais bons, surtout pas dans un lieu où prient ces gens d’une même confession, certes, mais pas nécessairement d’une même sensibilité politique.

    Kippour est le moment d’éternité, même en ce bas monde, où le peuple juif prie à la fois pour lui et pour l’ensemble de l’humanité : ne réduisons pas cet esprit visionnaire à des considérations d’un tout autre niveau.

    Il est vrai, cependant, que même ce péché devrait être pardonné, à condition qu’il ne se reproduise pas. C’est bien l’esprit du jeûne et c’est ce que dit le prophète que nous citons maintes fois en ce jour unique : mekhassé pecha’aw lo yatsliyah u-modé we-ozev yerouham (Celui qui cache ses péchés ne réussira pas mais celui qui les reconnaît et les arrête sera gracié…

  • Yom Kippour, ce soir…

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    Yom Kippour, ce soir…

     

    Dans moins de deux heures, les juifs du monde entier, même les moins attachés à la tradition religieuse, iront se recueillir dans les synagogues du voisinage.

    Le jour de kippour, le jour des propitiations est pour les juifs LE JOUR. C’est d’ailleurs le titre araméen du traité consacré à ce jour ( YOMAH), le seul qui compte dans l’année liturgique puisque toute l’humanité défile devant son créateur qui décrète la vie, la mort, la guerre, la paix, la réussite, la déchéance… C’est dire l’importance de cette solennité austère.

    Du coucher du soleil ce soir à la tombée de la nuit, demain samedi, nulle nourriture ne sera ingérée par quiconque, exception faite des malades et de ceux qui suivent un traitement médicamenteux.

    Aucun travail n’est permis ce jour là, aucune activité sexuelle, aucune boisson, aucun mets durant la période du jeûne. Le jour de jeûne est clôturé par la sonnerie du shofar, la corne de bélier, qui émet des sons saccadés, signe à la fois de joie mais aussi d’exaucement de nos prières pour Israël et le monde entier.

    Les sages du talmud ont opéré une distinction entre deux figures bibliques charismatiques, Noë et Abraham. Qu’est ce qui les sépare et qu’est ce qui les unit ? L’un comme l’autre sont à l’origine d’une humanité nouvelle, lavée de ss péchés  et Abraham est l’origine de l’humanité monothéiste. Mais la différence est de taille : l’un, Noë, n’a prié que pour lui et sa famille lorsque D- lui a annoncé sa volonté d’amender le monde en le détruisant…

    Abraham , lui, a prié pour lui-même et pour tous les autres, notamment pour les villes pécheresses de Sodome et Gomorrhe . Il a aussi prié pour sa femme Sara, pour son fils Ismaël et pour son autre fils Isaac.

    C’est toute la différence. Demain, pas de blog avant la nuit tombée.

  • Nicolas Sarkozy, le genocide arménien et la Turquie

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    Nicolas Sarkozy, le genocide arménien et la Turquie

     

    Le président français est actuellement en visite à Erevan, la capitale arménienne. Il a fait une déclaration, à la fois grave et juste, sur le génocide dont furent victimes tant d’Arméniens et qui constitue, depuis, une énorme pomme de discorde entre ce pays et la Turquie.

    Chacun sait que tout en ne souhaitant pas l’adhésion de la Turquie à l’UE, le président Sarkozy ne cherche pas à rejeter ce pays, situé à la charnière de l’Europe et de l’Asie et dont l’attachement à une certaine forme de laïcité pourrait servir de modèle à des pays arabo-musulmans en gésine de régime démocratique et de respect des droits de l’homme. Cela ne signifie nullement que la situation y soit satisfaisante sur ces deux points, mais cela veut dire que ce pays est le seul pays musulman à avoir opté depuis le fondateur de la Turquie moderne, pour un peu de séparation entre l’islam et l’Etat.

    Mais ce n’est pas le sujet, ce jour. Ce qui importe aujourd’hui, ce sont les fortes paroles du président français qui recommande aux Turcs de revoir leur histoire et de reconnaître les erreurs du passé. Cela fait des années que les pays du monde libre leur demandent de le faire. Ce ne sera pas facile, vu la mentalité turque et la corde bien tendue du nationalisme de ses habitants. C’est pourtant un travail qu’il faut faire sur soi-même.

    Cette introspection mérite d’être accomplie jusqu’au bout et facilitera les relations futures entre ce grand pays et le reste du monde. Personne ne fera jamais l’impasse sur une telle tragédie vécue par le peuple arménien dont les enfants sont, depuis, disséminés à travers le monde. Il suffirait qu’une commission d’historiens impartiaux se réunisse et rende ses travaux. Le gouvernement pourrait alors expliquer que ce fut une erreur historique regrettable mais qui appartient désormais au passé.

    Ainsi la Turquie sera-t-elle enfin débarrassée de ce boulet qui -avec le problème kurde- entrave le moindre de ses mouvements.

    Et alors un certain premier ministre ne sillonnera plus l’univers en donnant des leçons de bonne conduite au reste du monde. Et ce n’est pas être contre ce grand pays que de le dire. La preuve, le président de la République française l’a fait.

  • L’Egypte post Moubarak et Israël

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    L’Egypte post Moubarak et Israël

     

    Le focus vu ce matin sur France 24 : les inquiétudes exprimées par les habitants du sud d’Israël qui voient avec une appréhension les changements opérés en Egypte par des bouleversements abusivement appelés printemps arabe. Il s’agit d’un kibboutz appelé du nom biblique de Kadesh Barnéa’ : un viticulteur du kibboutz peut parler sans porte voix au soldat égyptien, juché sur un mirador à moins de cent mètres de là…… Il met quelques verres à pied sur le muret et lève son verre à la santé du soldat, un certain Mahmoud avec lequel il entretient des relations de bon voisinage.

    L’interview se déroule normalement lorsque un véhicule blindé israélien survint, rempli de soldats armés jusqu’aux dents qui intiment l’ordre de décamper en raison du danger de la zone frontalière. Mais l’interview se poursuit un peu plus loin avec le responsable de la sécurité du kibboutz qui dit redouter à tout instant des infiltrations en raison du peu d’empressement des nouvelles autorités égyptiennes à contrôler hermétiquement la zone, comme c’était le cas du temps de Hosni Moubarak.

    Que faut il en penser ? D’abord, les nouveaux maîtres de l’Egypte, sont, comme leur prédécesseur, conscients qu’ils ne peuvent se passer des subsides des USA qui leur permettent de vivre. Ensuite, l’armée égyptienne, malgré ses effectifs pléthoriques, est incapable d’affronter l’Etat juif et irait à une catastrophe incommensurable si elle manifestait la moindre velléité belliqueuse.

  • Pas de printemps arabe en Syrie

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    Pas de printemps arabe en Syrie

    C’est une lourde responsabilité que la Chine et la Russie porteront devant l’Histoire et la conscience morale universelle : à cause de ces deux pays, les tueries continuent en Syrie. Pas de résolution du Conseil de sécurité, malgré une version très modérée, pour ne pas dire édulcorée de la résolution. Russes et Chinois se disent échaudés par les exploits militaires des Occidentaux et de l’OTAN en Libye et ne veulent pas rééditer le même coup pour un autre pays arabe. C’est une grave erreur. Car les slogans anti russes et anti-chinois commencent à fleurir dans les rues des villes syriennes, indignées de voir que ces deux pays restent indifférents devant les effusions de sang.

    Pourtant, chaque jour qui passe creuse davantage le fossé séparant les insurgés du pouvoir en place. La situation est dramatique : les insurgés ne s’arrêteront pas en raison de tous les martyrs tombés pour la bonne cause, quant au pouvoir en place il s’imagine qu’en cédant, il signerait son arrêt de mort.

    Depuis que des unités entières de l’armée se sont mutinées car elles refusaient de tirer sur le peuple dont elles sont issues, on peut dire, sans risque de se tromper, que la partie est jouée et qu’elle se soldera par la défaite à plus ou moins court terme du pouvoir en place, lâché par ses alliés traditionnels, excepté l’Iran.

    Mais pendant ce temps, chaque semaine, le sang de civils innocents coule. Est-ce normal ?

  • La Turquie et ses Kurdes

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    La Turquie et ses Kurdes

     

    Vu ce matin sur France 24, le fameux focus consacré aux Kurdes de Turquie, à leur combat désespéré pour se faire reconnaître et à la répression qui s’exerce contre eux. Le reportage a aussi dénoncé les attentats visant des civils turcs innocents. Bref, nous nous trouvons face à un conflit qui perdure depuis des décennies et qui ne sera pas réglé de sitôt.

    En fait, la Turquie a un rêve depuis l’arrivée du fondateur de la Turquie moderne : rendre le territoire et la population homogènes alors que des pans entiers de cette nation pensent autrement. Il n’ y a pas que les Kurdes, il y a aussi les Arméniens qui continuent à nourrir une vindicte tenace tant en Suisse, en France et en Allemagne contre ce qu’ils jugent une politique injuste à l’égard des minorités non musulmanes dans l’ancien empire ottoman.

    Récemment, l’armée turque a lancé une vaste offensive contre les rebelles turcs du PKK qui semble avoir donné quelques résultats sur le terrain, mais peut-on résoudre militairement un tel conflit où plusieurs millions de Kurdes au sein de la Turquie et en dehors demandent un peu plus d’autonomie politique et culturelle ? Je comprends les autorités turques qui savent bien que l’on commence ainsi et l’on finit par réclamer une indépendance. Mais nous n’en sommes pas encore là. Et puis, si l’on soutient les Palestiniens que rien ne distinguent de jordanien, pourquoi ne pas soutenir les Kurdes ?

    En tenant compte de cet arrière-plan, on est presque étonné de voir un premier Ministre turc sillonner le monde arabo-musulman, proposant à qui mieux mieux ses propres solutions de la crise alors qu’il en a une, bien profonde, chez lui et qui ne réclame pas que des potions cosmétiques. Il y va de l’unité de la Turquie en tant que pays souverain.

    Pourquoi huer une grande chanteuse turque qui chante aussi en langue kurde ? Elle a le droit de le faire, sans faire de vagues. Comment voulez vous qu’un tel pays puisse un jour adhérer à l’UE ? Les autorités ont mis sous les verrous des élus au Parlement … C’est à peine croyable.

    Je vois déjà la vague d’indignation de gens qui liront cet article d’un regard rapide et superficiel, sans supporter que l’on puisse parler des minorités qui souffrent chez eux.

    Que M. Erdogan voit d’un peu plus près ce qui se passe chez lui : charité bien ordonnée commence par soi-même