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  • lA SYRIE? ISRAEL ET LA TURQUIE

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    QUE SE PASSE T IL EN sYRIE,

    lES iSRA2LIENS REGARDENT? AMUS2S? LES R2CRIMINATIONS DU TURC ERDOGAN CONTRE SON 2P2H2M7RE ALL2I SYRIEN;HIER LE PREMIER MINSITRE ISLAMISTE A VIOLEMMENT TANC2 SON VOISIN SYRIEN QUI A D2J0 TU2 ENVIRON  DEUX MILLE CITOYENS DE SON PROPRE PAYS; M ERDOGAN SE REND D2SORMAIS COMPTE QUE SES ANCIENS ALLI2S ISRA2LIENS N42TAIENT PAS SI MAL QUE CELA ET QUE PEUT ËTRE LES AVAIT IL MAL JUGE.

    lE GOUVERNEMENT ISRA2LIEN VEUT PROFITER DETTE DECEPTION POUR RENOUER AVEC aNKARA ET IL PARAÏT QUE C EST EN BONNE VOIE; ON R2FLCHIT DE PART ET D AUTRE A LA QUESTION DE SAVOIR COMMENT SAUVER LA FACE DES DEUX PARTIES. C EST QUE LES TURCS SONT ENCORE PLUS ORIENTAUX QUE LES ISRAELIENS;

    MAIS POUR FINIR IL FAUT RELEVER QUE LES MASSACRES EN SYRIE VONT BON TRAIN ET QUE POUR UNE FOIS LES GENS? LA PRESSE ET LES INSTITUTIONS INTERNATIONALES  VONT COMPRENDRE QUE LES VRAIES VALEURS HUMANISTES SONT DU COTE QUE L4ON NE SOUPCONNAIT PAS ET QU APRES TOUT? ISRAËL CE N EST PAS SI MAL

  • notre shoah

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    Lisez ce livre de Amir Gutfreund, Les gens indispensables ne meurent jamais

    L’été est favorable à la lecture, même pour ceux dont la fonction professionnelle est de lire sans arrêt. Mais au moins, durant l’été, on ne lit pas que des livres de philosophie ou d’histoire, même si je ne les oublie guère. Quand j’ai commencé à lire ce livre dont le titre original hébraïque est tout différent (Ha-Shoah shélanou), j’ai été tout de suite conquis. Ce qui est incroyable, c’est que son auteur n’est pas, que je sache, un écrivain professionnel mais un ancien colonel de l’armée de l’air (Heyl ha-awir). Dès sa parution en Israël, l’ouvrage remporta un grand succès et fut traduit en maintes langues, dont le français. De quoi s’agit-il ?

    Des enfants qui sont nés en Israël de parents ayant échappé à la Shoah. C’est-à-dire des enfants et petits enfants qui découvrent chaque jour les affres vécues par leurs aînés durant la guerre. Et bien entendu, les ravages causés par la Shoah ont créé des vides dans les génération : la plupart des enfants n’ont plus de grands parents en raison de la politique d’extermination.

    L’auteur nous présente donc une galerie de portraits étonnamment vivants avec leurs grandeurs et leurs défauts, leurs beaux aspects et les moins beaux, bref des exemplaires de vie humaine, avec cette spécificité extraordinaire qu’est d’être un rescapé. Le livre contient fort peu de dialogues, mais des descriptions psychologiques d’une remarquable finesse, sans concession mais toujours avec une certaine tendresse. Comme le livre est inénarrable, on se contentera d’évoquer quelques uns des principes gisant à son fondement. Trois lois, au moins, y lit-on, ont déterminé l’éducation des enfants de ce milieu un peu particulier : la loi de compression qui signifie ceci : comme les grands parents et parfois même les parents n’ont pas survécu, il fallut se chercher des grands parents, des oncles et des tantes de substitution. Ainsi, nous voyons défiler dès le début du livre une pléthore de grands parents qui n’en sont pas vraiment mais qui donneraient tout l’or du monde pour jouir de ce titre pleinement. Il y a toujours une ironie affectueuse dans cette manière de brosser des portraits sans complaisance : le vieux grand père avare qui ne dépense jamais rien, réutilise dix fois, voire plus, les sachets de thé au point de vouloir, après, en faire un matelas ou un oreiller… Tel autre qui dépense des trésors d’ingéniosité pour ne pas payer ses factures, pour multiplier les comptes en banque à peine alimentés… Ou encore ces femmes qui cachent (mal) leurs multiples frustrations en se plaignant de maux de tête ou de maladies imaginaires.. Plus durement hélas, des enfants malades souffrant de maladies congénitales…. Et puis les secrets inavouables : des femmes qui ont dû consentir à leurs tortionnaires nazis des faveurs au point de tomber enceintes de leurs œuvres, d’anciens kapos juifs qui –mais ce fut très rare-, trahirent leur appartenance religieuse et se firent les supplétifs des bourreaux pour sauver leur vie, etc…

    Et puis il y cette vie ghettoïsée où les originaires de telle ou telle bourgade de Pologne ou de Russie cèdent à l’instinct grégaire, que l’on retrouve, même aujourd’hui, et de manière inattendue, dans les familles de juifs tunisiens.

    Mais là où éclate la tendresse du narrateur, on a peine à contrôler son émotion : tous ces hommes et ces femmes, étonnamment humains, ont eu des destins brisés, hachés menu, et ce pour une raison unique : parce qu’ils étaient nés juifs.

    Alors et les enfants ? Car c’est un enfant de rescapés de la Shoah qui parle, d’où le titre du livre. Il y a un legs transgénérationnel, où les enfants vivent par procurateur les drames dont leurs parents ont pourtant refusé avec obstination de leur livrer les détails. Les pages sont très poignantes où les enfants exercent leur ingéniosité pour soutirer à leurs parents des détails sur ce qu’ils ont vécu. Ils prétendent devoir faire des exposés sur la Shoah à l’école. Mais les adultes se méfient et ne e livrent qu’avec parcimonie. Alors, l’auteur reconnaît lui-même qu’il se mit à dévorer les livres d’histoire, de témoignages, tout ce qu’il put trouver dans les bibliothèques. Les cours de matières académiques lui importaient peu, le vrai plat de résistance, c’était la littérature sur la Shoah.

    Nous voyons alors apparaître cette vieille tension entre les historiens et les victimes de la Shoah : ce n’est pas du tout la même approche. Ecrire l’histoire exige le bannissement de l’émotion et requiert des qualités autres que les sentiments qui animent les témoins du drame : comment décrire avec exactitude le nombre de déportés agonisants achevés sur place par les SS lors de la marche de la mort ? Combien étaient-ils ? Comment réagissaient les SS en comprenant enfin que, pour eux, tout était fini et qu’ils connaîtraient la mort et, au mieux, la captivité ou la déportation en URSS, l’ennemie tant redoutée ? Et le chien du commandant du camp qui dévorait les nourrissons, etc ? Je ne donne pas plus de détails car cela me semble insupportable.. Et comment voulez vous que les parents et grands parents livrent de telles choses aux enfants ?

    Cela me permet de revenir sur les deux autres principes ou lois qui complètent la première, la loi de compression. On ne jette jamais de la nourriture, tout est réutilisable, que ce soit pour les chats, les chiens, les oiseaux ou autres ! La dernière loi était la suivante : plus tard, tu comprendras, quand tu auras l’âge de comprendre…

    On comprend bien désormais pour quoi les chefs d’Etat étrangers sont immédiatement conduits au mémorial Yad wa-Shem pour bien faire comprendre que ce pays a été fondé par des survivants, des êtres voués à une mort quasi certaine. Comment voulez vous grandir et avoir une enfance normale, je ne dis pas heureuse, dans de telles conditions ? Le rôle joué dans la Shoah dans la définition du juif contemporain est primordiale, voire incontournable. Mais au moins le livre de l’auteur n’est pas conçu pour vous arracher des larmes et ne cède jamais au dolorisme. On sent vraiment la confrontation d’un être jeune avec le fardeau du passé, celui de ses parents. Le miracle, si je puis dire, est la poursuite de la continuité, ce que les gens ici appellent dor hémshékh. Car, au fond, les jeunes auraient fort bien pu renier ce passé qui n’est pas le leur mais celui de leurs parents. Au contraire, ils l’ont accepté en le surpassant et se promettant de ne plus jamais le revivre. C’est la raison pour laquelle le jour de la Shoah est aussi celui de la bravoure, ha-guevoura.

    Enfin, un livre sur lequel on pourrait passer des heures et dont la lecture nous emplit d’une intense émotion.

  • Des indignés en Israël

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    Des indignés en Israël

    A la fin du chabbat, samedi soir, toutes les télévisions israéliennes étaient mobilisées pour rendre compte des 300 000 personnes venues manifester en masse à Tel Aviv et à Jérusalem contre le vie chère et la hausse des loyers et du coût des appartements. Tout le monde était là et cela peut être dangereux pour le gouvernement de Benjamin Netanyahou. Car même les Arabes israéliens étaient de la partie, les religieux comme les laïcs. Tout le monde estime que les salaires n’ont pas augmenté alors que le coût de la vie s’est envolé. Que faire ? Le gouvernement a promis de lancer un programme massif de logements sociaux et d’habitations à bas prix. Sera-ce suffisant ? Nous voulons l’espérer.

    Le malaise est profond et m’a surpris car les chiffres de l’économie et du chômage sont plutôt rassurants mais en moyenne seulement : il y a un certain nombre de gens des classes moyennes inférieures qui ne s’en sortent pas et n’arrivent plus à joindre les deux bouts. C’est assez curieux mais on a l’impression que les indignés ont fait des petits même en Israël. J’ai regardé France 24 dans le Néguev et les nouvelles n’étaient guère rassurantes. Surtout la manifestation d’hier soir à Tel Aviv qui a rassemblé tant de monde : il est rare que les Israéliens manifestent dans de telles proprotions un samedi soir, surtout qu’ici le dimanche est un jour ouvrable.

    A moins que tout ne trompe, Benjamin Netanyahou tient bien le gouvernail er ne semble pas menacé pour une très simple raison : le parti travailliste est exsangue et le parti Kadimah est toujours l’ombre de lui-même. Les élections se dérouleront donc à la date prévue et la politique étrangère du gouvernement va dans le sens de la majorité des électeurs qui sont échaudés par les atermoiements des Palestiniens. Si vous interrogez les Israëliens, peu espèrent encore en une paix durable avec leurs voisins. En outre, l’affaiblissement alarmant de M. Obama n’est pas pour déplaire ici où l’on s’interroge sur ses chances de réélection. Il faut dire que ses prises de position à mi mandat avaient sérieusement irrité les gens.

  • L'espion juif de Hitler

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    L'espion juif de Hitler

    Dachau, non loin de Munich le 10 avril 1941. Tous les déportés ont pris le chemin de la forêt pour effectuer leurs travaux forcés dans le camp de la mort. Seul le juif Paul Fackenheim a reçu l'ordre de ne pas bouger. Il teemble de peur sur la place du rassemblement. Que va t il lui arriver? Son furocnle sanguinolent au cou le tourmente et le fait souffrir.

    Soudain, deux infirmiers arrvient et nettoient sa plaie, il est consuit à l'infirmerie où un chirurgien le débarrase une fois pour toutes de son mal. On le conduit l'infirmerie du camp. Et dans une pièce attennante, deux hommes en civil le prient affablement de s'asseoir. Le plus athélétique des deux  lui pose la question suivante: voulez vous servir votre pays et sortir de cet enfer? Fackenheim ne sait que réussir, n'en croyant pas ses oreilles. IL accepte. Et les choses vont très vite: on l'embrque dans un train pour Bruxelles, et de là à Berlin et ensuite AThènes où il reçoit des cours de morse et d'émissions de messages codés.

    La mission est la suivante: il être parchuté au dessus de Haifa et espionnera les mouvements de troupes britanniques qui doivent aider l'Afrikacorps de Erwxin Rommel, le renard du désert. Fackenheim est parachuté mais un comité d'accueil britannique l'attend  au sol: des nazis fanatiques l'ont dénoné aux BRitanniques car ces fanatiques ne pouvaient vivre avec l'idée qu'un juif pût représenter le REich.

    Fackenheim frôle la mort à maintes reprises et pourtant il finira une très bonne guerre comme chef de cuisine des forces armées de Sa Gracieuse Majesté britannique.

     

    Vous pouvez lire son histore chez Michel BAr Zohar, L'espion juif de Hitler, Fayard, 1970. Vous passerez un bon moment, surtout au bord de l'eau.

  • Le procès de Hosni Moubarak

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    Mais que se passe t il au juste sur les bords du NIl: selon toute apparence, les généraux égyptiens sont pris à leur propre piège. Ils ont cru offrir une pâture, une véritable victime expiatoire au peuple en sacrifiant leur ancien chef et voila que le peuple révolté par tant d'années de souffrances et de dictature, ne veut plus rien entendre et réclame justice!

    Que les choses soient bien claires: malgré toutes les fautes de l'ex Raïs, j'ai pour lui une ceetaine commisération. Sa vue hier, allongé sur une civière, face à ses juges, m'a profondément trioublé. Certes, la dictature est abominable mais citez moi un seul pays, partageant la même culture et la même civilisation, qui n'ait le même problème.

    Les généraux n'aveirnt pas prévu que certains avocats de la défense demandearaient l'audition du chef de la junte actuelle, car c'en est une, pour qu'il témoigne Or, Hosni Moubarak, à lui seul, n'a pas pu mettre toute l'Egypte sous coupe réglée, il lui a fallu des relais, lesquels gouvernenent aujourd'hui le pays.

    Moubarak face à ses juges a dû méditer sur l'ingratitude et le cynisme des grands de ce monde qui, il y a encore quelques moi,s le serraient dans leurs bras, lui faisaient la bise, lui donnaient l'accolade et voila que maintenant plus personne.

    On ne sait jamais quand une révolution s'arrête ni où elle veut bien s'arrêter. Les généraux qui ont tous été promus par Hosni Moubarak sont eux aussi partie prenante dans le régime déchu. Ils n'ont pas choisi la bonne méthode: le premier d'entre eux devrait s'adresser à la nation, comme les Arabes aiment le faire, et dire la vérité: plus de haine, plus de guerre, le développement, le travail, encore et toujours.

    Ne pas dire la vérité au peuple égyptiens, aujourd'hui, c'est tenter de chevaucher un tigre affamé...

  • La commémorztion de la chute du Temple de Jérusalem

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    La commémoration de la chute du Temple de Jérusalem

    Depuis dimanche, les juifs religieux d'Israël et du monde entier, mais cela se fait plus sentir à Jérusalem, les juifs religieux observent une certaine retenue dans l'expression de la joie et de l'allgéresse. Car la tradition juive a fixé au jour du 9 av, cette année mardi prochain, le souvenir de la chute du temple. C'est donc une semaine de semi deuil qui culmine le jour du jeûne et se termine immédiatement après. La semaine dernière dans les synagogue on a récité certains passages bibliques, mais dès le samedi qui vient on lira la péricope prophétique d'Isaïe (ch. 1) qui prend violemment à partie les Judéens qu'il traite des fils fils corromus et corrupteurs. Mais de la semaine suivante, on lira le chapitre 40 d'Isaïe, dit le Deutero-Isaïe qui commence ainsi: Consolez, consolez mon peuple (Nahamou, nahamou 'ammi).

    Cette injonction est cnesée montrer que D- n'bandonne jamais définitivement son peuple et qu'il ne fait que le corriger (je me permets d'ajouter: un peu trop durement)

    Ce qui est intéressant, ce sont les dispositions prieses durant la semaine qui précède la commémoration: et là les religieux se sont déchaînés: pas de nage en mer, pas de sorties au cinéma, au restuarnat, pas d'achats d'effets neufs, pas de consommation de viande, etc.. ce qui fait que Clara et Laura nous ont contraints à consommer du poisson hier soir au restaurant.

    Tout passe et je suis tujours émerveillé de voir comment ce judaïsme, intelligent ou non, érudit ou ignorant, renaît toujours de ses cendres.

  • Les Arabes en Israël

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    Les Arabes en Israël, suite.

     

    Quel hasard, hier soir en allant dîner à Tel Aviv chez Barbounia, petit restaurant de poissons très populaire dans cette ville, j'ai écouté la radio. Le journaliste évoquait le président arabe d'une commission parlementaire israélienne qui déplorait le peu d'Arabes israéliens dans les services publics. Et il citait nomément la société du téléphone, Bézek. PLusieurs membres de cette commission sont arabes; l'une des femmes parlementaires qui en font partie a dit que Bézék devait infléchir sa politique de recrutement dans ce sens, faute de quoi on le lui imposerait par la voie législative.

    Je vais vous dire ce que je pense de tout cela. Dans la loi juive, il est strictement interdit de restreindre ou de limiter les ressources d'un être humain ou de l'empêcher de profiter du fruit de son travail. Il y a même un verset des Psaumes qui va dans ce sens ( al timna tov mi béalaw). Mais il y a aussi la recommandation de se protéger et de sauver sa vie. Or, comme je l'écrivaia hier, ces deux principes ne sont pas toujours en accord absolu dans l'esprit de certains. Lors du dîner quelqu'un a énoncé la liste des actes terroristes commis par certains Arabes israéliens... D'autres convives ont dit qu'ils n'étaient pas tous ains. Heureusement- Mais la conclusion générale fut qu'il fallait être sur ses gardes. Dans l'attente de lendemains meilleurs...

  • De la question arabe en Israël

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    De la question arabe en Israël

    Chaque année, chaque été, je tente de voir si les populations juive et arabe communiquent entre elles. Je ne dis pas se mêler l’une à l’autre, car ce serait irréaliste et trop d’obstacles en obstruent encore la voie. Je vise simplement ce que les diplomates ou les professeurs nomment des relations courtoises. Ce qui veut dire, en clair, que l’on se déteste cordialement mais que l’on fait semblant qu’il n’en est rien… C’est ainsi que certaines universités parisiennes ont instauré un règlement qui nous contraint à nous adresser les uns aux autres avec la formule bien convenue : Mon cher collègue .. alors qu’il n’en est rien.

    Ce qui m’a frappé hier soir sur le bord de mer à Natanya, c’est le confinement (volontaire ?) de quelques familles arabes israéliennes dans des fast food et leur déplacement en groupes, jamais seuls, toujours en famille : les femmes tchadorisées, les hommes marchant devant et les enfants derrière. Ce qui a aussi retenu mon attention, c’est le regard des gens, même des touristes francophones dont la plupart sont des séfarades et connaissent donc bien ls Arabes car ils naquirent dans leurs pays en Afrique du nord. Le regard n’est pas franchement hostile (même si parfois, c’est bien le cas), il est surtout interrogateur. Il signifie : mais que veulent ils ? Que font ils ici ? Par exemple, je n’ai encore jamais des Arabes attablés dans des restaurants à côté de nous, même sur le bord de mer, j’ai pu voir des jeunes filles arabes, sérieusement encadrées par leurs grands frères ou leurs amoureux, déambulées le long du rivage. Mais déjeunant ou dînant comme tout le monde, jamais ! Même à Tel Avi, cela m’avait intrigué. Je n’ai vu d’Arabes israéliens sur des terrasses que dans le voisinage immédiate de Jaffa, yafo en hébreu, une cité magnifiquement rénovée, une ville où vous allez de découverte en découvertes et sur laquelle les artistes peintres ont jeté leur dévolu en raison de l’existence (pour combien de temps encore ?) de larges volumes, de lofts si prisés des créateurs.

    J’ai entendu des gens dire au restaurant que ces Arabes étaient originaires de la localité arabe voisine, Tulkarem. Pour les gens de Natanya, c’est une référence assez sinistre car c’est de là, dit-on, que sont venus il y a des années des commandos suicides qui se sont faits exploser parmi les dîneurs sur les terrasses des cafés. Je me souviens moi-même de la présence de gardes armés faisant les cent pas devant ces mêmes terrasses, il y a quelques années.

    Donc, pour revenir à la question, les populations se croisent sans se voir, se côtoient sans vraiment échanger. Est-ce étonnant ? Pas vraiment. Avant de prendre mes vacances, j’ai regardé au Saint-James les programmes d’al=Djazira, lundi soir dernier, si je ne m’abuse.. Et, hasard ou coup providentiel, j’ai vu un reportage de plus d’une heure sur les Arabes israéliens, chrétiens et musulmans. Tous, à une exception près, se sont plaints d’être confinés mais tous disaient aussi qu’ils se condiréaient comme des Palestiniens de l’intérieur et revendiquaient, nonobstant cela, fermement leur nationalité israélienne.. Leur contradicteur s’est insurgé là contre, arguant qu’aucun pays au monde ne pouvait réchauffer en son sein les Œufs du serpent (verbatim et pas de moi). On ne peut pas, disait-il, admettre chez soi des gens qui ne rêvent que d’une chose : assister à la chute des structures sionistes de l’Etat d’Israël.

    Mais les jeunes et virulentes jeunes Palestiniennes interviewées ont rétorque en se plaignant du faible taux d’élites arabes formées par Israël. Mais là je dois dire que c’est inexact : il suffit de se rendre dans les universités de Haïfa et de Beershéva pour se convaincre du contraire.

    Mais la vraie question qui se pose même si personne n’ose l’exprimer au grand jour est tout de même celle-ci : si un Etat palestinien venait à exister un jour, certains pensent que l’emplacement naturel de tous ceux qui se disent palestiniens de l’intérieur serrait dans les frontières de cet Etat. Et là nous aurions un imbroglio politico-juridique à côté duquel même la question des réfugiés serait un problème mineur.

    Alors où se trouve donc l’ébauche d’une solution ? J’ai toujours pensé que la question ne sera en voie d’être réglée que si l’on exhume nos racines communes : aucune langue n’est aussi proche de l’hébreu que l’arabe. Aucune généalogie ne rapproche les Juifs des musulmans que la généalogie abrahamique… Les Juifs ont fait avec leurs voisins arabes (même si cela ne fut pas toujours facile et le cas de Maimonide est emblématique à ce sujet) plus qu’avec toute autre nation, ils sont créé une langue, à la fois littéraire et philosophique, le judéo-arabe. Depuis Daoud ibn Merwan al Muqammis jusqu’à Joseph ibn Waqar en passant par Saadia Gaon et tant d’autres (sans même parler des philologues et des grammairiens karaïtes) les penseurs de cette aire culturelle et géographique ont écrit la philosophie juive en arabe mais avec des caractères hébraïques. Je pense à un philosophe iranien médiéval Mohammed ibn Zacharya al Tabrizi dont j’ai édité le commentaire des XXV propositions de Maimonide dans la seconde partie du Guide des égarés. Al-Tabrizi (fin du XIIIe siècle) a commenté en arabe ces XXV propositions et son texte fut traduit deux fois en hébreu.. C’est dire les affinités intellectuelles entre les hommes de culture.

    Mais voila, tous les gouvernements israéliens n’ont eu affaire qu’à des groupes terroristes ou des leaders qui ne rêvaient que d’une chose : les détruire et prendre leur place. Et ça, ce n’est pas de la culture, c’est de la haine. Or Goethe disait que la haine que la haine se situe au plus bas niveau de la culture (Der Hass liegt auf der untersten Stufe der Kultur).