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  • Le peuple juif a-t-il encore un leadership religieux en Israël ?

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    Le peuple juif a-t-il encore un leadership religieux en Israël ?

    Je vous ai parlé des indignés en Israël ; ensuite, jai évoqué la situation soico-économique de ce pays, censé être le pays des juifs, donc soumis, en principe, aux valeurs juives d’honnêteté, de générosité et d’amour du prochain. Or, nous constatons avec l’absence de plus en plus scandaleuse de toutes ces valeurs, ce qui rissque de faire perdre à ce pays sa légitimité, non pas au plan international, cela n’arrivera pas, mais au plan spirituel et éthique, ce qui, à mes yeux, est nettement plus préoccupant.

    Pourquoi en est-on arrivé là et comment ? Qui aurait dû, par vocation, assumer de manière dévouée et désintéressée le leadership religieux et éthique de ce peuple ? Les rabbins, bien sûr, la communauté religieuse, les harédim auto-proclamés.

    Lorsque vous vous jouez un coup d’œil approfondie sur la soci-culture israélienne actuelle, vous remarquez aussitôt (pardond pour la dureté ddu constant) que les religieux participent eux aussi, voire parfois plus que les autres, à cette course effrénée et désordonnée vers l’aisance matérielle. Vous noterez que je ne dis pas le bonheur.

    Lorsque vous écoutez le discours rabbinique et religieux actuel dans ce pays, c’est cette réalité peu réjouissante qui s’impose à vos yeux : au lieu de veiller à la vertu du peuple, à la restauration de sa vocation spirituelle qui a fait de lui un peuple choisi, constitué de prêtres et d’hommes vertueux, les religieux plongent dans la mêlée, arrachent tout ce qu’ils peuvent arracher et passent leur temps à défendre les propres intérêts sectoriels.

    Ce n’est pas bien et il faut bien voir qu’il y a là une instrumentalisation assez impudique de la religion, et surtout de la pratique religieuse. Pourquoi demander de l’argent à tout bout de champ ? Pourquoi multiplier les agapes à chaque occosion, mariage, enterrement et circoncision ? J’ai entendu des familles se plaindre d’avoir à organiser pour tant de bouches inutiles, le chabbat du hatan, le chabbat des rabbanim, de la kalla, etc, autant d’occasions de manger pour rien, mais aux frais de quelqu’un d’autre..

    Tout le monde sait qui je suis et ce que je publie. Dans les Pirké Avot, il est dit que celui qui aime la Tora doit se morfondre pour elle (mi shé mémit et atsmo aléha). Il est aussi interdit d’instrumentaliser la Tora, littéralement de la transformer en pioche pour creuser… En d’autres termes, c’est exactement le contraire de la situation actuelle.

    Les religieux devraient se dévouer au peuple et non pas faire pression sur le gouvernement pour lui arracher plus de crédits et de privilèges. Nous voulons bien que les religieux aient des écoles juives où sont enseignées les matières sacrées, que les couches pauvres ou déshéritées soient prises en compte, mais pas des privilèges.

    Savez vous que l’année dernière, certains religieux ont eu le front de demander au gouvernement l’octroi d’un salaire mensuel minimum pour étudier la Tora ? Comment voulez vous que ce pays décolle enfin ? En agissant ainsi, les religieux se servent eux-mêmes mais desservent la Tora. Il nous faudrait un nouveau leadership religieux, honnête, désintéressé, dévoué et incarnant de manière authentique les valeurs juives.

    Que l’on se souvienne de ce terrible cri : malheur aux créatures qui offensent la Tora (Oy lahém la-biryot mé ‘elbonah shél Torah)

  • Le procès Moubarak : l’accusation d’avoir été favorable à Israël..

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    Le procès Moubarak : l’accusation d’avoir été favorable à Israël..

    Je suis en direct depuis ce matin vers 11 heures, heure locale, le procès du président Hosni Moubarak, en direct sur la télévision égyptienne. C’est assez incroyable : dans une cage, allongé sur une civière, mais le regard dur et les mâchoires serrées, l’air déterminé, le raïs déchu (al-Raïs al makhlou’) fait face à ses juges et répond d’une voix assurée :présent (hadar) lorsque le président de la cour prononce son nom. Il est entouré de ses deux fils, tout de blanc vêtus. C’est terrible : moi qui suis un rationaliste conviancu et qui pense que tout effet est reconductible à une ou plusieurs causes, aisément repérable, j’en viens à me dire qu’une providence (malvaiellante dans le cas H. Moubarak) tire les ficelles. L’homme le plus puissant du Proche Orient, le véritable Pharaon d’Egypte, trois décennies durant, comparaît sur un lit, donc, couché, devant ses juges.

    Mais plus frappant encore, c’est la haine des gens d’Egypte envers Israël. Le chef des avocats des parties civiles, l’ancien bâtonnier du Caire, prend la parole et en vient rapidement à la question du gaz égyptien, injustement bradé selon lui, à Israël ! Incroyable !! Comment impliquer Israël (qualifié d’ennemi (al ‘oudou), alors que l’Egypte a un traité de paix avec son voisin juif, alors que l’ancien Raïs comparaît pour meurtres : tous les juristes savent que le pénal tien le civil en l’état or l’histoire du gaz du Sinaï est une possible affaire de corruption, donc relevant des chefs d’accusation civiles..

    Que va-t-il se passer ? Probablement pas grand-chose car même l’actuel chef de l’Egypte, le maréchal al-Tantawi, a été l’homme lige de Mouvarak durant plus de vingt ans !

    Le tribunal offira sûrement aux foules vindicatives une victime expiatoire, en la personne du ministre de l’intérieur Habib  el Adli et quelques uns de ses aides pour aller au poteau d’éxécution.

    Ce qui m’a frappé, par contre, positivement, c’est la manifestation des partisans du président déchu qui sont venus en force. La leçon est à méditer.

    En ce mois de Ramadan où les croyants musulmans se rapprochent de la spiritualité, ne serait-ce pas le moment de pardonner (mussamiha) au lieu de poursuivre….

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  • Le procès Moubarak : l’accusation d’avoir été favorable à Israël..

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    Le procès Moubarak : l’accusation d’avoir été favorable à Israël..

    Je suis en direct depuis ce matin vers 11 heures, heure locale, le procès du président Hosni Moubarak, en direct sur la télévision égyptienne. C’est assez incroyable : dans une cage, allongé sur une civière, mais le regard dur et les mâchoires serrées, l’air déterminé, le raïs déchu (al-Raïs al makhlou’) fait face à ses juges et répond d’une voix assurée :présent (hadar) lorsque le président de la cour prononce son nom. Il est entouré de ses deux fils, tout de blanc vêtus. C’est terrible : moi qui suis un rationaliste conviancu et qui pense que tout effet est reconductible à une ou plusieurs causes, aisément repérable, j’en viens à me dire qu’une providence (malvaiellante dans le cas H. Moubarak) tire les ficelles. L’homme le plus puissant du Proche Orient, le véritable Pharaon d’Egypte, trois décennies durant, comparaît sur un lit, donc, couché, devant ses juges.

    Mais plus frappant encore, c’est la haine des gens d’Egypte envers Israël. Le chef des avocats des parties civiles, l’ancien bâtonnier du Caire, prend la parole et en vient rapidement à la question du gaz égyptien, injustement bradé selon lui, à Israël ! Incroyable !! Comment impliquer Israël (qualifié d’ennemi (al ‘oudou), alors que l’Egypte a un traité de paix avec son voisin juif, alors que l’ancien Raïs comparaît pour meurtres : tous les juristes savent que le pénal tien le civil en l’état or l’histoire du gaz du Sinaï est une possible affaire de corruption, donc relevant des chefs d’accusation civiles..

    Que va-t-il se passer ? Probablement pas grand-chose car même l’actuel chef de l’Egypte, le maréchal al-Tantawi, a été l’homme lige de Mouvarak durant plus de vingt ans !

    Le tribunal offira sûrement aux foules vindicatives une victime expiatoire, en la personne du ministre de l’intérieur Habib el Adli et quelques uns de ses aides pour aller au poteau d’éxécution.

    Ce qui m’a frappé, par contre, positivement, c’est la manifestation des partisans du président déchu qui sont venus en force. La leçon est à méditer.

    En ce mois de Ramadan où les croyants musulmans se rapprochent de la spiritualité, ne serait-ce pas le moment de pardonner (mussamiha) au lieu de poursuivre….

  • Vivre en Israël : les indignés du centre et de la périphérie

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    Vivre en Israël : les indignés du centre et de la périphérie

    Entendu hier sur Kol Israël en langue française : un spécialiste de la situation socio-économique de ce pays, sefarade d’origine, expliquait les disparités des classes sociales en situant les habitants soit dans le centre, favorisé et développé, soit dans les périphéries du nord et du sud. Le pays, disait-il, est divisé en deux parties par cette frontière invisible qui explique la réaction des indignés et des manifestants qui de Dan à Beershéva ( pour reprendre une expression biblique qui signifie du nord au sud) se plaignent du renchérissement de la vie et de la inadéquation des salaires. Etrange, cette bi-partition du pays qui a pourtant investi des sommes considérables dans le développement économique, apparemment sans distinction. Ce n’est pourtant pas ce que laissait entendre l’expert auquel je faisais allusion plus haut : sans le dire vriament, il insinuait que les premiers arrivés, tous d’extraction ashkénaze, ont misé sur le développement des zonés habités par eux, les plus centrales, les plus accessibles, les mieux desservies par les moyens de communication les plus moderne, laissant le reste du pays à leurs parents pauvres, tous originaires de pays arabes ou orientaux.

    Tout n’est pas faux dans cette analyse qui pourrait éveiller les vieux démons de la société israélienne. Hier, en dînant à Tel Aviv, et ensuite en déambulant dans les rues, j’ai pu voir ce qui restait des tentes et des attroupements des iindignés, mais surtout j’ai pu, au restaurant, écouter discrètement des conversations des gens. De quoi parlaient ils ? DE la situation présente, évidemment.

    De quoi parlaient-ils ? De la crise, des inégalités, de l’injuste répartition des richesses et des revenus et de l’inadéquation du système, en général. La vérité, c’est sue les Israéliens demandent confusément le retour à cet Etat Providence, essentiellement travailliste qui servit de moule créateur à Israël et dont la vertu plasmatique a amorti, atténué tous les chocs. Il suffisait de se tourner vers l’Etat dès que quelque chose produisait. Cette époque est révolue depuis fort longtemps et la nostalgie qu’elle évoque s’apparente à la volonté de s’en retourner au bon vieux temps..

    Il faut dire que la situation, ou plutôt la mentalité dans ce pays est à nulle autre pareille. Le dire n’est pas un acte d’inimitié, et encore moins d’hostilité.

    En voici quelques exemples : essayez donc de trouver un entrepreneur ou tout corps de métier du bâtiment et vous allez tout comprendre. Impossible d’avoir des prix fixes, des devis valables et surtout de voir les ouvriers arriver le jour dit et d’effectuer les travaux prévus ou de les avoir achevés à l’heure dite. C’est une chose quasi impossible. Et dès que ces gens voient que vous êtes étrangers, et notamment français (l’Euro vaut 5 shékél aujourd’hui), les prix, comme par enchantement, s’envolent.

    Essayez d’équiper une c uisine avec le minimum d’appareils ménagers, vous allez vous retrouver avec des produits de fabrication chinoise qui font long feu… En fait, une quantité de petits faits vous rendent la vie amère voire impossible tant vous devez consacrer de temps pour les résoudre, alors que dans des pays comme la France, ces choses là ‘nont pratiquement aucune importance.

    Je me suis entretenu avec des gens proches de moi, installés ici depuis près d’un demi siècle, des Israéliens attachés à leur pays, prêts à le défendre au prix de leur vie et dont les enfants ont été incorpoés dans les meilleures unités de l’armée, ils m’ont dit que mal ui ronge ce pays est l’avidité, parfois même la cupidité.

    S’enrichir vite et n’importe comment. Et cela se ressent dans de nombreux secteurs, notamment celui du logement et de l’alimentation.

    De l’extérieur, on réalise mal ce que se longer en Israël veut dire ! Les observateurs extérieurs pensent souvent que c’est une façon déguisée de coloniser de nouvelles terres, d’empiéter sur le domaine d’autrui, etc.. En fait, c’est l’exiguité de l’espace et la paucité des terrains qui sont en cause : dès que les jeunes gens songent à se marier, ils se mettent en quête d’une habitation, ce qui représente la chose la plus difficile à accomplir. Ils se plaignent de la voracité des entrepreneurs et des promoteurs immobiliers qui, dans ce pays, détiennent le vrai pouvoir. Je me suis mêmelaissé dire que certains, dans les instances officileles, ne seraient pas insensibles à des prébendes qui mènent tout droit à la corruption.

    Enfin existe-t-il des plans urbanistiques en Israël ? On pourrait en douter. Imaginez que vous achetiez un bel appartement sur le littoral avec vue imprenable sur la mer. Il n’est pas exclu, voire même il est parfaitement prévisible, que vous collera à moins de cinquanate mètres, un autre immeuble encore plus élevé ui vous obstruera la vue. Vous pouvez le constater tous les jours dans les villes côtières de ce pays. Consulté, un avocat m’a dit qu’il suffisait de demander à la mairie les plans d’urbanisme. Mais il a ajouté que la méthode israélienne consiste à vendre tous les terrains et à laisser une partie, la plus proche de l’eau, pour les hôtels… J’ai répliqué : mais que disent les gens qui ont économisé toute leur vie pour avoir un toit au dessus de leurs têtes ? Rien, me répondit ils, car la demande est très forte et les programmes immobiliers ne parviendront jamais à satisfaire la demande..

    Je pourrais multiplier les exemples dans de nombreux secteurs. Nous ne cherchons pas à accabler un petit pays menacé par la guerre et poursuivi par la haine d’implacables voisins qui l’accusent injustement d’avoir spolié leurs frères ; nous ne mettons pas non plus du côté de ses détracteurs. Nous disons simplement que tant de dysfonctionnements doivent cesser et qu’il faut moraliser un certain nombre de pratiques qui sont essentiellement étrangères à l’éthique juive, à l’éthique tout court..

    Les récents développements nous l’ont montré : rien ne justifiait une augmentation si indue du prix du fromage blanc ! Et c’est pourtant ce qui mit le feu aux poudres. Israël arrive à des moments cruciaux de son existence. S’il n y a pas dans les plus brefs délais l’injection d’un minimum de valeurs juives, pourtant essentiellement dans ce pays, il rsique de connaître la pire des défaites, non point militaire, ce qu’à D- ne plaise, mais spirituelle. Les gens ne croiront plus en rien. S’ils ont fait refleurir le désert, ce n’était pas pour que certains s’engraissent considérablement (mashminim mi-bessaram shél ahérim) au détriment du plus grand nombre.

    Le budget de la défense est déjà si considérable et on le comprend. Il faut qu’une réforme fiscale voie le jour et surtout une certaine moralisation des pratiques commerciales et économiques.

    On n’a pas rebâti un Etat d’Israël pour les spéculateurs de toutes sortes. Mais un Etat incarnant les valeurs juives. On doit se le rappeler.

  • Le peuple juif et la souffrance

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    Le peuple juif et la souffrance

    Notre Shoah de Amir Gutfreund (II)

    Je poursuis la lecture de ce grand roman qui se veut une approche nouvelle et originale de la Shoah. Je suis arrivé à des pages où l’auteur se livre à des réflexions saisissantes sur le sens de la souffrance et la place qu’elle occupe, hélas, dans l’histoire juive.

    L’auteur raconte comment lui-même et sa petite amie ont décidé de s’affamer pour ressentir ce que ressentirent leurs parents et leurs proches dans le camp de Buchenwald. Les descriptions incroyables ; les deux adolescents ont vraiment entrepris de se priver de nourriture. Ils s’imaginaient en train de ronger les moceaux de bois de leurs lits, ils ne mangeaient que des trognons de pommes, des peaux de banane, ne buvaient qu’au robinet, etc.. Incroyable tentative d’incorporer cette Shoah qui accompagne chaque pas de leurs parents. Je pense surtout à ce grand avocat polonais, spécialiste renommé dans son pays natal mais qui dut, après la Shoah, émigrer en Israël où il ouvrit une petite quincaillerie. Cet homme a développé une théorie intéressante sur la manière de punir les criminels nazis.

    Selon lui, les jugements et les exécutions n’étaient pas adaptés. Il eût fallu enfermer les grands criminels nazis dans les mêmes lieux de détention que leurs anciennes victimes et leur faire vivre les mêmes traitements afin qu’ils puissent subir ce qu’ils firent subir aux autres. Les pages concernées sont très émouvantes car l’auteur , encore très jeune, semble avoir suivi ces échanges avec une exceptionnelle attention. Le peuple juif, souligne t il, aurait bien pu disparaître lors de la période nazie.

    Et cela donne lieu à une vaste réflexion de l’auteur les relations entretenues par les juifs avec la souffrance en général. Pourquoi les juifs ? Et pourquoi Isqraël ? Pourquoi le sort s’est il acharné sur ce peuple au point sue son histoire n’en est pas vraiment une tant elle ressemble plutôt à une martyrologie ?

    On comprend mieux le mur infranchissable qui sépare hermétiquement les enfants de leurs parents, rescapés de la Shoah : les enfants buttent sur un silence obstiné bien que tout dans la vei quotidiennes de leurs géniteurs renvoie indistinctement aux expérience de la Shoah.. D’où la volonté des enfants de s’affamer pour vivre ce que leurs parents et grands parents ont pu endurer.

    Il est vrai que cela n’a aucune commune mesure ce que les Israéliens d’aujourd’hui, dits les indignés de Tel Aviv, prétendent subir. Question d’époqueet aussi de tempérament..

  • Les émeutes en Grande Bretagne

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    Les émeutes en Grande Bretagne

    Le Premier Ministre David Cameron, fidèle à lui-même, a bien ragi quoique avec un petit retard qui aurait pu lui être fatale car il risquait de saper la confiance que les Anglais plaçaient en lui afin de redresser son pays

    On se souvient d’un fameux discours de Cameron prononcé à Munich, aux côtés de la chancelière fédérale Angela Merkel. IL y dénonçait le multiculturalisme et somme les groupes ethniques présents sur le sol britannique de s’assimiler et de s’intégrer entièrement. Il y dénonçait aussi vivement le communautarisme. On a eu la réponse des communautés il y a quelques jours. ET elle fut navrante et désastreuse.

    Qu’a dit le Premier Ministre britannique entre les lignes ? Que les émeutiers ne pouvaient pas se réclamer d’un mouvement social ni de revendications de même nature et qu’il y avait entre eux et la communauté britannique, en tant que telle, une différence de culture. En d’autres termes, la majorité des émeutiers, notamment mineurs, provenaient de familles non britanniques, n’ayant jamais pu partager les valeurs britanniques, faute de volonté de s’éduquer et de rejoindre le corps social traditionnel.

    Ce type de discours pourrait avoir, selon certains, des connotations un peu étranges. Mais elles ne me semblent pas avoir animé le discours du Premier Ministre anglais qui ne cherche qu’une chose : redresser son pays et lui donner une cohésion sociale.

    La société anglaise a durant de longues années supporté et accepté les communautarismes au point que des partis d’extrême droite se sont développés et ont menacé de faire de mauvaises manières aux Pakistanais et aux Noirs en général. C’est inadmissible, mais il fallait mieux réfléchir sur cette politique d’immigration qui a permis à des groupes ethniques non européennes de s’installer au cœur même de la capitale et d’y imposer ses mœurs et son mode de vie. Certains se souviennent de certains lieux de culte d’où partaient des prêches enflammés contre l’Occident. David Cameron et son gouvernement ont décidé de lutter contre ce fléau, mais ils ne l’on pas fait avec suffisamment de détermination. A présente, ce sera chose faite puisque notre homme envisage même de recourir à l’armée. D’ailleurs, les signes de fermeté ne manquent pas : les tribunaux siègent sans discontinuer et la télévision dénonce, photos à l’appui, les pilleurs et les fauteurs de trouble.

    Plus généralement, aucun pays d’Europe, abritant en son sein de tels groupes vivant en cercles fermés, n’est à l’bri de telles flambées de violence. Cela pose à nouveau le problème de l’intégration sociale et religieuse.

    Rendez vous compte : en plein cœur des grandes villes britanniques, des groupes d’auto défense qui pratiquent le contrôle au faciès et autres gracieusetés.. C’est inimaginable.

    Tant que l’Europe n’aura pas défini une authentique politique d’intégration et d’insertion, aucun pays ne sera à l’abri. Le ministre frnaçais de l’intérieur, M. Claude Guéant, avait eu le courage et l’intelligence d’en parler dans une tribune libre publiée il quelques semaines par le journal Le Monde. Il y définissait avec générosité les notions d’intégration et d’assimilation. Espérons que son appel sera entendu. Car il ne faut pas oublier les émeutes dans les banlieues françaises. Qui ne remontent pas à si loin. Il est encore temps d’agir au lieu d’avoir à réagir.

  • Quel avenir pour la Syrie ?

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    Quel avenir pour la Syrie ?

    Il semble bien que les jours de Bachar el Assad soient désormais comptés. Un indice qui ne trompe pas : le rappel des ambassadeurs des pays du Golfe, Arabie saoudite en tête. Certes, le royaume wahabite qui décapite et punit corporellement les déviants n’est pas un parangon de démocratie mais tout de même ! Il fut le premier à demander d’arrêter la machine à tuer (sic).

    Ce rappel d’ambassadeurs arabes pour cause de répression est inédit : auparavant, en d’autres temps, réprimer les mouvements de révolte et de contestation était monnaie courante. Aujourd’hui, les temps ont changé : on ne tue plus les citoyens dans l’indifférence générale.

    Que va-t-il se passer ? Même si la répression s’arrêtait comme par enchantement, du jour au lendemain, on ne voit pas les contestata ires négocier ou pactiser avec leurs bourreaux d’hier. C’est une impossibilité quasi mathématique. Alors quel avenir pour la Syrie de l’après Baath et de l’après el Assad ?

    Un article lu hier dans la presse israélienne n’a pas cessé de me préoccuper. En voici les grandes lignes, résumées le plus fidèlement possible, même si personnellement je ne partage pas toutes ses conclusions.

    La Syrie, comme son voisin libanais, est un conglomérat de communautés religieuses et ethniques, unies ensemble de force et jamais consultées pour déterminer librement leur avenir. Il y aurait donc un effilochage de la Syrie, une sorte de décomposition suivie d’une recomposition, un peu comme les Tchèques se sont séparés des Slovaques. Mais dans le cas de la Syrie, c’est plus vaste, plus grave et plus profond.

    Les Alaouites se regrouperont autour de Damas et des régions les plus densément peuplées par cette ethnie. Ils se préserveraient et constitueraient ainsi une entité à part, ayant son armée, son territoire et sa souveraineté. Les Syro-Chaldéens en feraient de même et se regrouperaient ainsi autour de certains centres. Les Sunnites, le groupe le plus important (près de 70%) conserveraient la plus grande partie du pays.

    Ce serait une sorte de reconstitution ou de recomposition confessionnelle de ce pays. Le Liban voisin pourrait en profiter pour modifier la carte politique et religieuse de la région…

    Est-ce que cette analyse du journal israélien est crédible ? Est-ce que ce n’est pas plutôt une vue de l’esprit qui conforterait en quelque sorite la position d’Israël dans la région ? Après tout, dit l’article, la géographie actuelle de la région est un héritage de la période coloniale… Que représente par exemple la Jordanie, surtout si on tente de voir ce qui sépare un Jordanien d’un Palestinien ?

    Le problème est que le moindre changement de cet ordre provoquerait de graves troubles. C’est pourquoi la solution du problème syrien ne sera pas aisée ni sans conséquence. Il n’est pas exclu, aussi, que certaines de ces communautés ethnico-religieuses se tournent alors vers l’ennemi d’hier pour solliciter son aide et son soutien…

    Vue de l’esprit. Mais si cela se produisait, on ne serait pas sorti de l’auberge…

  • La femme de chambre du Sofitel de New York retire son masque

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    La femme de chambre du Sofitel de New York retire son masque

    Ce que les avocats de DSK avaient prévu apparaît au grand jour : toutes cette affaire, si sordide soit-elle et qui comporte tant de zones d’ombre, apparaît enfin sous son vrai jour : une vaste entreprise d’extorsion de fonds. Attention ! Je ne dis pas que DSK est blanc comme neige dans cette affaire, mais je souligne qu’on ne peut pas prouver qu’il a fait violence à cette femme, même si, dans mon esprit, un tel homme n’aurait jamais dû se conduire de cette façon.

    Chez nous, les juristes disent que le pénal tient le civil en l’état. Or, la Guinéenne et son avocat ont compris que le procureur ne veut ni ne peut poursuivre et qu’il fait traîner l’affaire afin que l’essoufflement médiatique arrive enfin. Car, si le dossier contenait des charges sérieuses, pourquoi repousser la comparution plus tard ? De plus en plus, il apparaît que l’on s’oriente vers une sorte de non-lieu, même si, je le répète, DSK n’en sera pas quitte vis-à-vis de la morale.

    Hier sur France 24 que nous recevons à Tel Aviv, j’ai pu entendre l’interview d‘un journaliste qui a écrit un ouvrage sur Anne Sinclair. Elle semble être un personnage central dans la décision de DSK de se présenter à la présidence. N’a-t-elle pas, ainsi, causé la perte de l’homme qu’elle aime ? N’est ce pas une sorte d’instrumentalisation de l’amour ? Il y a parfois des bonnes intentions qui mènent en enfer..

    Mais ce n’est pas le plus important. Ce qui l’est, à mes yeux, c’est la suite. Que va-t-il se passer entre les époux ? Que vont-ils faire ? ET DSK pourra t il rebondir ?

    Pour finir, je pense aussi que la justice américaine devra réviser ses procédures pénales en s’abstenant notamment d’exhiber des hommes menottés pour rien. Mais ce chapitre sera sûrement évoqué lorsque l’Etat de NY devra payer des dommages à des gens injustement accusés.

  • Ankara vient à résipiscence…

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    Ankara vient à résipiscence…

    Ce qui ne laisse pas de retenir l’attention avec le gouvernement turc actuel, c’est à la fois sa naïveté et son manque de discernement des nuances. Il s’était jeté de manière irréfléchie dans les bras de l’alliance maléfique syro-iranienne tout en demandant de rejoindre l’Union Européenne. Dans l’esprit des concepteurs de cette curieuses démarche il y avait l’idée suivante : nous allons montrer aux Européens qu’ils ont tout intérêt à nous recevoir et à nous traiter comme l’un des leurs, faute de quoi nous rejoindrons le camp qu’ils combattent et qui les préoccupe tant.

    M. Erdogan avait aussi un autre fer au feu, il voulait jouer les grands intermédiaires, un peu comme Otto von Bismarck jadis et s’était même mêlé du nucléaire iranien, dans l’intention de ménégaer aux Iraniens une sortie honorable

    . Aujourd’hui, les fronts sont renversés. Un journal iranien, proche des gardiens de la révolution, menace indirectement la Turquie, l’accusant d’ingérence dans la crise syrienne..

    Le Premier Ministre turc ne sait plus comment sortir de ce guêpier : avec l’aplomb des matadors, il dit à la télévision qu’il dépêche en Syrie son ministre des affaires étrangères et s’adresse à son voisin comme s’il était encore une province de l’empire ottoman… Résultat, le Syrien publie un communiqué disant qu’il n’a d’ordre à recevoir de personne et que toute autre attitude sera considérée comme une inacceptable ingérence. Il faut dire que M. Erdogan oublie un peu vite ses précédentes démarches : le régime de Damas n’a pas oublié qu’il cherche à rendre respectables les Frères musulmans, honnis et violemment combattus en Syrie…

    En gros, la politique étrangère des islamistes d’Ankara ressemble au cours en zigzag de Guillaume II. Un coup à droite, un autre à gauche et ensuite on a visera si cela ne marche pas.

    Une telle attitude est regrettable car la Turquie, par son histoire, son emplacement stratégique et ses richesses pourrait jouer un rôle à l’exacte mesure de ses légitimes ambitions. Disons le honnêtement : elle ne fera pas partie de l’Union Européenne avant longtemps, si tant est que l’adhésion puisse un jour se produire. Et puis, sa politique étrangère actuelle (qui déplaît à l’armée) fait peser sur elle bien des soupçons. Reconnaissons aussi, pour être équitable, que ce pays a fourni de gros efforts, même si on est encore assez loin d’une vie démocratique normale. Et je ne parle même pas des problèmes kurde et arménien..

    Mais revenons à la crise actuelle syro-turque : le ministre turc a été fraîchement accueilli à Damas. Or la Turquie a fait d’énormes investissements en Syrie et les sociétés turques sont très présentes en Syrie, comme, d’ailleurs, en Irak. C’est cet intérêt économico-commercial qui a aidé M. Erdogan à jouer ses nouveaux amis syro-iraniens contre l’alliance avec Israël. Or, aujourd’hui, cette nouvelle politique butte de manière scandaleuse contre ses limites et le Premier Ministre amorce, à sa manière, un retour vers la case départ. Il sait bien que le régime syrien ne saurait se déjuger ni partir en exil en abandonnant le pays à la révolte et au chaos. Mais il se rend compte que tout au long de sa frontière (plus de 800km) les chars syriens manœuvrent et répriment dans le sang des manifestations..

    Et puis, il y a les exigences des USA, un pays sans lquel la Turquie ne pourrait pas fonctionner plus ou moins normalement. Si l’on a dépêché un émissaire turc à Damas, c’est parce que Washington l’a demandé fermement.

    M. Erdogan n’avait pas prévu tous ces bouleversements. Mais gouverner, c’est prévoir.

    ll fallait réfléchir un petit peu avant de s’en prendre publiquement à Israël à Davos, il fallait réfléchir avant de lancer cette flottille vers Gaza. Bref, pour finir ce billet sur une note à la fois respectueuse et optimiste, citons un passage du prologue du Faust de Goethe : Wer strebend sich bemüht, den werden wir erlösen.

  • le neuf av

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    La journée du 9 du mois d’Av Cette journée de deuil et de contrition est tout de même impressionnante. Hier soir, retour d’un agréable passage à Herzliya, une sorte de Neuilly de Tel Aviv, nous avons voulu prendre l’air sur le kikar de Natanya. Et là, surprise, tous les restaurants étaient fermés, quelques personnes âgées étaient attablées mais rien sur les tables, pas un seul verre, pas une seule assiette. Rien, absolument rien. Depuis hier en fin d’après-midi, nous avions remarqué que la plage se vidait de manière inhabituelle, vers 18h, alors que les nageurs sont encore nombreux sur le sable ou dans l’eau, là plus personne. Les gens se disaient entre eux que la veille du jour de deuil national, la destruction des deux temples de Jérusalem, il fallait aller se recueillir et rejoindre les synagogues et se préparer au grand jeûne, qui dure plus de 25 heures. En cette journée de souvenir, on récite le rouleau des Lamentations, attribué au prophète Jérémie, réputé pour ses plaintes et ses récriminations, d’où le nom de Jérémiades.. Même pour la prière du matin, on ne met pas les tefillin, on attend la fin de l’après-midi pour le faire. Lors de la prière du soir, qui précède la rupture du jeûne, les choses vont nettement mieux et le deuil est en passe de disparaître. Cette manière de revivre un passé par une nation à la fois vieille et jeune, ne laisse pas d’être intéressante. Même les laïcs y accordent une certaine importance même s’ils ne se soumettent pas aux mêmes obligations rituelles. C’était particulièrement frappant hier soir à Herzliya. Différences sociologiques, moindre attachement à une forme populaire de la religion, approches plus historiques et plus critique de la tradition. Les scènes les plus vives se déroulent à Jérusalem où le dernier vestige du Temple est là, sous les yeux de la foule des orants. C’est dire la complainte des gens qui implorent la reconstruction du Temple détruit. N’oublions pas que l’historiographie deutéronomiste a exalté le rôle de David et de son fils, le roi Salomon, faisant de ces roitelets des monarques forts et puissants. Charles Maurras accordait une grande importance aux cimetières et au culte des morts pour la patrie. La tradition juive n’a git pas très différemment en maintenant en vie le souvenir de la destruction du Temple. Je me souviens du temps de mon enfance où mes parents prenaient très au sérieux cette triste commémoration. Mais la tradition juive a su faire des concessions intelligentes à la vie : de même qu’un deuil ne dure jamais plus de six jours, car il est suspendu à l’arrivée du chabbat, ainsi la semaine suivante, c’est-à-dire dans trois jours, c’est une autre ambiance, celle de la consolation et du renouveau. Pour comprendre la sensibilité israélienne et la mentalité pluriséculaire du peuple juif, il faut se pencher sur leur façon de vivre les tragédies du passé. Afin d’éviter à tout jamais qu’elles ne se reproduisent.